lundi 7 décembre 2020

Autres Bijoutiers-Joailliers peu connus de l art deco 1895-1914, mais qui eurent leur importance .



D'autres dessinateurs, ou professionnels du bijou ont eu de belles idées dans l'époque Art Nouveau, mais il n ont pas été reconnus dans le temps.



Par exemple ce joaillier des années 1900, Georges de Ribeaucourt dont peu de bijoux sont revenus sur le marché, a part cette bague or et tourmaline




Par exemple la revue de la Bijouterie Joaillerie en 1903 citait: 
Très intéressante l'exposition de Georges de Ribeaucourt. Je ne saurais oublier qu'il fut l'un, des lauréats particulièrement remarqués des concours de la Chambre syndicale de la Bijouterie, et il y a plaisir à constater que, chaque année, il accuse un nouveau progrès dans l'art gracieux auquel il s'est voué; on verra avec plaisir les reproductions de quelques-unes de ses oeuvres nouvelles.




je trouve très beau ce coffret à bijoux de Georges de Ribeaucourt, créé en 1904, parmi certains excès de l'Art nouveau, ses lignes sont une réussite.
De Ribeaucourt , élève de l'école des arts décoratifs, s'était d abord orienté vers le dessin industriel.
Il travailla avec le dessinateur Camille Sturbelle aux environs de 1902 et ils créèrent ensemble des bijoux en pierres précieuses ainsi que des bijoux d'Art.




En  1902 il gagna le premier prix d un concours organise par la Revue de la bijouterie Joaillerie Orfèvrerie, 



Une explication du, "comment porter ce bijou ce tête "



1903 belle pendule de De Ribeaucourt, observez le balancier.
En 1902 il expose une collection d objets d'art et des dessins de bagues prêtées par Sarah Bernhardt (Evelyne Possémé) Il aurait également travaillé avec la maison Arthus Bertrand.

 Le défaut de tous les autres projets récompensés, ceux de MM. Ribeaucourt, Gilbert de Péjac, Louis Bouché et Léothaud, c'est que les plats ne sont point du tout assez creux pour contenir en sécurité viandes, légumes et garnitures, et pour pouvoir être portés et passés à la main sans danger de répandre les sauces.
M. Ribeaucourt y a paré en quelque mesure par un artifice original : il a coupé diamétralement le marli de ses plats d'un ovale ou d'une ellipse qui déterminent sur tout le pourtour, entre le rebord extérieur et le creux du plat, un plan légèrement incliné et une arête de surcroît, et qui feraient ainsi écouler vers l'intérieur ce qui déborderait sur le marli. Si, d'ailleurs, son légumier est un peu lourd, et si sa saucière mince et coupante manque de base, la Forme de ses plats est pure, et leur décor de Feuilles persillées et de Fleurettes en ombelle est bien massé et jeté avec une décision élégante. (Art et Décoration en 1906)


Bague de Georges de Ribeaucourt




1906 dans la revue de l Art Décoratif




Ernest Guyot, dessinateur, illustrateur, graveur (lithographe), peintre et photographe. - A travaillé comme décorateur céramiste à la faïencerie de Gien, Loiret (1878-1883). - Collaborateur de "L'Illustration" (1883-1938), du "Petit parisien", de "L'Écho de Paris". - Père du photographe Jean Clair-Guyot, il a aussi dessiné des bijoux.




En 1895 en tant que jeunes élèves de l'école Bernard Palissy, Guyot et Goujon ont eu le prix d'atelier




En 1897 , au concours de la société d'encouragement  à l'Art et l'Industrie, le 1 er prix pour un monogramme pour la société est attribué à Goujon.



Voici son monogramme



En 1905 une planche de bijoux intéressants  dessinés par Ernest Guyot, 



C'est homme, Ernest Guyot qui collabora de 1883 à 1938 à l 'Illustration était donc un artiste complet , que sont devenus ses bijoux?



T.H. Goujon   était installé comme ciseleur en 1859-60  et cette page date de 1905




Jules Nègre en 1905-1906



1906 Jules Nègre  obtient le premier prix du concours organisé par Linzeler
Non seulement le premier prix qu il décrocha était de 1000Frs (Compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 1 000,00 Francs en 1906 est donc le même que celui de 397 244,03 Euros en 2019.) mais de plus l'édition de ses modèles par Linzeler. Ce qui a certainement été réalisé, mais ou sont passés ces bijoux ???,





Dans la Revue Art et décoration de 1906
Le programme comportait les principales pièces de la vaisselle d'argenterie usuelle d'une table bourgeoise : plat rond, plat ovale, légumier, couvert, saucière et salière. Leur forme devait être obtenue tout entière par le travail du marteau et des bigornes ; leur décor pouvait se composer au besoin d'éléments fondus, soudés et ciselés. Les concurrents avaient à fournir, avec des coupes et des rendus, des modelés de toutes ces pièces.
Le programme avait clairement défini toutes les conditions de forme auxquelles ces pièces devaient satisfaire pour être d'usage. On s'étonne que M. Jules Nègre, classé premier avec distinction, les ait seul observées; et une fois de plus, comme il arrive en cette sorte de concours, on remarque que ce qui a le plus manqué aux artistes n'est point l'invention, l'ingéniosité, la fantaisie, mais la réflexion, le bon sens et le sens pratique, ou simplement une lecture attentive du programme proposé.
M. Nègre est un technicien excellent et il a le goût sobre et juste. 11 a formé ses pièces de courbes à la fois simples, pures, amples et originales. Ses plats larges et profonds sont propres à contenir les aliments et les sauces ; ils sont commodes à manier, et avec la discrétion de leur décor, avec leurs beaux passages de courbes qui remplacent gorges et moulures, ils sont aussi faciles à nettoyer. Le décor offre de légères branches de capucines, feuilles et fleurs, repoussées sur les bords et sur les marlis; la naissance de ces branches aux deux bouts de l'ovale, ou en deux points opposés de la circonférence des pièces, mai que ingénieusement en saillie un petit ressaut ou le marlï déborde un peu et qui est ainsi très commode pour la prise en mains. M. Nègre avait ajouté à ses pièces modelées un fragment d'exécution, en argent blanc, d'un métier délicat et sûr : on s'assurait ainsi que les formes et le décor de ce service s adaptaient parfaitement à la souplesse du repoussé d'argent et que l'artiste, en modelant son décor à fleur de surface, avait prévu comment l'oxydation colorera bientôt ce très bas relief de l'ornement.
M. Jules Nègre aura donné ce qu'on attendait de ce concours, un bon modèle d'édition; sa saucière et sa salière, il est vrai, n étaient pas assez étudiées; mais, du reste, avec un peu plus d invention, et, avec un peu plus de caractère décoratif, son projet "'eût rien laissé à désirer"



Ce très beau plat de Jules Nègre date de 1906  était publié dans "l'Art décoratifs aux salons de 1906"

Revue de l art ancien et moderne 1906 Jules Negre
Concours d Orfèvrerie
Le n° 2, enfin, avait su présenter des objets des plus intéressants, de bonne tenue générale, très joliment et très adroitement décorés d'un arrangement de capucines en relief délicat. Les plats, de contour agréable et de coupe pratique, le légumier facile à exécuter, à entretenir et à utiliser, accompagnaient la saucière, malheureusement trop circulaire, presque un Loi.
Au scrutin, le jury a classé ces quatre concurrents de la façon suivante : 1er prix, 1.000 francs, M. Jules Nègre (n° 2) : 2e prix, 500 francs, M. G. de Ribeaucourt (n° 11) : 3° prix, 300 francs, M. Gilbert Péjac (n° 12) ; 4e prix, 200 francs, MM. Louis Bouché et Louis Leautain (n° 13).
En résumé, ainsi que nous l'avons constaté plus haut, peu de concurrents connaissaient bien la technique de l'orfèvrerie, et surtout de l'orfèvrerie d'argent. La souplesse de ce métal, la facilité avec laquelle il se travaille et se soude, sa couleur et le degré d'oxydation qu'il peut prendre et qui doit compter dans l'étude du décor à y adapter, sont ignorés de la plupart. De même, parce que l'argent se fond, on semble penser que beaucoup de pièces peuvent être fondues, alors que ce procédé doit être réservé à l'accessoire seul du décor, les formes pouvant toutes se réaliser au marteau, et le décor se repousser dans le métal même.
C'est le grand mérite de M. Jules Nègre d'avoir utilisé ces conditions essentielles, sans préjudice des qualités d'art et de pratique qui lui sont communes avec nombre de ses concurrents

Ou sont passées ses pièces, bijoux ou orfèvrerie?

Paul Hesbert en 1906



Presque rien sur ce dessinateur  pour ces peignes réalisés en 1905 , peignes en corne sculptée, motif libellulle ou fleurs de cerisier.

En 1900 nous apprenons qu' il fait partie de l amicale des anciens élèves du Lycée Janson de Sailly et qu' il est décédé en 1932 a Provins, mais enterré au cimetière des Batignolles.

En 1903 la revue de la BJO le citait ainsi: "Une bonne note à M. Paul Hesbert pour sa boucle de ceinture argent, ses peignes écaille, platanes et algues"

Eugène Lelièvre



Un beau fermoir de manteau fleuri en argent et vermeil par l'artiste et orfèvre français Eugène-Alfred Lelievre. Son atelier était au 14 bis rue des Minimes, Paris. Lelievre a exposé à La Société des Artistes Décorateurs, La Société des Artistes Français et La Société Nationale des Beaux-Art.

En 1892 il avait exposé " La vague;" statuette, marbre. LELIÈVRE (Eugène-Alfred), né à Paris, élève de MM. Mittenholf et Philippe May. — Boulevard . Richard-Lenoir,Paris né en 1856, à Montmartre, à la fin de sa vie en 1945  il demeurait 16 rue du grand prieuré Paris 16 eme.



En 1902 au salon des arts décoratifs  Eugene Lelièvre en collaboration avec son frère Octave Lelièvre obtient la médaille de 3 eme classe .




Bague avec feuilles et boules de Gui , opale d 'or vers 1904  poinçonnée Hibou dans un ovale


EXPOSITION DES ARTISTES DECORATEURS  dans la revue Le Panthéon de l industrie de 1906 

M. EUGÈNE LELIÈVRE Sculpteur
Entre autres qualités, l'art décoratif a celle de permettre de douer de beauté les objets les plus ordinaires et les matières les plus variées.
Nous venons de nous en rendre compte encore une fois en examinant au Pavillon de Marsan une grande vitrine de.. deux mètres .sur un mètre, dans laquelle M. Eugène Lelièvre, sculpteur, 12, rue Debelleyme, à Paris, nous présente différents objets d'art.
Nous voyons là un ensemble de toutes les matières traitées par l'artiste, et ces matières comprennent le bois, le grès, le fer, le bronze, l'argent, l'or, et les pierres.
Parmi les différents objets exposés, nous citerons : un coffret ombellifères, en néphrite et bronze doré ;Un coquillage en argent avec ornementation de flore et de faune marines, qui a valu à son créateur le premier prix de ciselure ;Un calice « Lys », en argent patiné, appartenant au Musée des Arts décoratifs ;
Un vase « Maïs », acquis par le Musée Humanitaire de Milan ;
Un vase « la Soif », en bronze patiné, fondu à la cire perdue' et exécuté pour être dédié à l'Association des Filles-Mères. On voit sur ce vase une mère allaitant son enfant. et, dans le bas, une source vivifiant fleurs et fruits de ses eaux pures. L'ensemble de cette décoration exprime admirablement la vie et sa fécondité.
Citons encore un drageoir « Iris », en bronze doré et argent, pièce unique, exécutée pour la Manufacture de Sèvres.
Par ces différentes œuvres, M. Eugène Lelièvre se prouve un de nos meilleurs décorateurs et nul ne sait, mieux que lui, exprimer une idée, toujours noble et grande, avec les seuls moyens de son art.

Du reste, M. Eugène Lelièvre a été médaillé au Salon ; il est, de plus, membre du Comité de la Société des Artistes Décorateurs, organisateur de la loge d'artistes que l'on a pu admirer au Petit Palais en 1904, et il a obtenu une médaille d'or à l'Exposition de 19.0.0. A Saint-Louis, nous le trouvons hors concours et nous devons encore mentionner qu'il est officier d'Académie et qu'il a obtenu un prix du ministre à l'Exposition d'Horticulture de France.
M. Eugène Lelièvre est ainsi au premier rang de ceux qui ont compris la nécessité d'un effort énergique pour résister aux assauts des industries d'art de l'étranger et qui auront doté notre pays d'un style nouveau et bien à lui.






Au salon de 1906 Eugene Alfred Lelièvre
Orfèvrerie et bijoux avec en haut, au centre un pendentif miroir ouvrant grâce a la charnière du haut, "qu'est ce que j ai pu en fondre des pendentifs glace que les clients me confiaient pour un travail à façon!!!!!"NDLR





La maison Christie's a revendu cette boucle  d'EUGÈNE ALFRED LELIEVRE; BOUCLE en
vermeil  à décor d'un visage de nymphe,  estampillé,  marques 3 1 / 8po. (8cm. De haut)




En 1909 les deux frères  sont associés  et installés au 52 rue de Turbigo:Octave le plus jeune est né en 1869 et décédé en 1948.


Un généalogiste , membre de sa famille, Jean Armager, a bien voulu me confier deux photographies de Eugene  Lelièvre, sur celle ci en 1911 Eugene a 55 ans 



A gauche 1 calice argent, patiné or , en 1912 des frères Lelièvre.




Revendu par la maison Millon, Boucle de ceinture symboliste en argent ouvragé et plaque d'ivoire. Décor finement ciselé figurant un visage féminin dans un environnement bucolique. Signé "E. Lelievre", monogrammé "E" dans le décor et poinçons d'orfèvre sur la boucle et sur la plaque au dos 6,8 x 6 cm.

Il vendit  beaucoup de travaux en bronze, vase, vide-poches etc , en collaboration avec la fonderie Colin.


Sur cette photographie Eugène a 81 ans , en 1938



Ribe Roy





Ribe Roy fut tres critiqué   il fournissait la maison du marchand d'Art Bing, Siegfried Bing dit improprement Samuel Bing, (Hambourg, 26 février 1838 - Vaucresson, 6 septembre 1953), est un marchand d'art, collectionneur, critique d'art et mécène français d'origine allemande.



L'Entrée de la galerie Bing 




Ribe Roy exposa dans le salons parisiens en 1906 voici sa page de boucles de ceintures en métaux patinés, Je n ai pu trouver d'autres réalisations de lui en bijouterie.

Gaston Lafitte




Voici sa participation aux salons de 1906 c'est a dire:
L'ART DÉCORATIF
aux Salons de 1906
SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS
SOCIETE NATIONALE DES BEAUX-ARTS

J ai écris longuement sur Gaston Lafitte dans mon article:


Cela vaut la peine de le lire, je crois.


Peghoux Brunet:


En 1904 la revue de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie 




En 1906 il est cité dans les "salons de Paris" pour ce grand pendentif : Des femmes, des fleurs, émaux et diamants, aussi pour ce pendentif Chimère rubis et un autre Chimere émeraude et diamants  une bague Rèverie et une bague Damnés le tout étant édité par madame G.Brunet



En 1908 il est indiqué au boulevard Picpus  comme "ciselure de bijoux en tous genres"

E. Quentin


Cet homme Eugene Quentin est joaillier, toutes ces épingles de cravates ou de chasse sont de sa fabrication et il est membre du comité des conseillers du commerce extérieur de la France en 1910 une distinction importante et pourtant, peu de choses restent de lui, 



Le poinçon de Eugène Quentin.



1906 Eugene Gustave Quentin est au 51 rue Etienne Marcel à Paris




1908 Quentin est présent à l'Exposition Franco Britannique de Londres et obtient une médaille d 'Or.


C'est aussi en 1908 qu'il est nommé Officier de l instruction publique


Tiffany: 



Au salon de 1906 " Tiffany , installé aussi en France présenta des  bijoux et émaux, puis ci-dessous, dessinés par "François" un pendentif combat de coq et un beau motif pour collier.



J ai déjà traité de Tiffany et Louis Comfort et vous invite a consulter le chapitre:


Louis Aucoc

Louis Aucoc exposa aussi en 1906,  c'est  en 1907 qu'il va se retirer de son affaire et laisser sa maison dans les mains de Georges qui la dirigera  jusque dans les années 1926-27
J ai traité longuement la maison Aucoc sur "Bijoux et pierres précieuses"

Si vous possédez des compléments d information, vous pouvez commenter ci après cet article  ou m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com



vendredi 27 novembre 2020

Art nouveau: avant la vague de 1900, la mode de 1898. Paul Louchet


Qui ne connait Lalique ? l'oeuvre est immense , j ai tenu dans mes doigts cette broche "Je refleuriray" en novembre 2017 à Genève chez Christie's, mais par exemple, connaissez vous  son ami Paul Louchet?

 Avec le temps, une sélection des plus beaux bijoux se fait, la période Art nouveau est datée de 1890 à 1914, comme je le fais souvent j ai cherché une publication de l'époque, et j ai trouvé un numéro de l Ilustration qui date de février 1898. le N° 2870.

Boucle de ceinture GUI, or , ornée de pierres, graines de gui en perles ou opales

Que dit Monsieur Saint Leger journaliste de l'Illustration?
"Les gravures que nous publions donnent une idée précise de la mode actuelle en fait de Joaillerie"
Depuis 1880 le directeur du journal utilisa progressivement  des procédés photomécaniques
Ce procédé, comme son nom l'indique, consiste à générer une image photographique avec de l'encre sur papier plutôt qu'avec du matériel photosensible. Il peut être considéré plus simplement comme le début d'un âge entre l'argentique et le numérique
Cette politique de « la preuve par l'image » va aller en s’amplifiant. 


Broche de corsage

L "illustration"  désirait savoir  quelles étaient en cette année 1898 les pierres les plus à la mode, et écrivait:
"Après les diamants, ce sont actuellement le rubis et l'émeraude qui s'emploient beaucoup dans les bagues. Le saphir qui noircit aux lumières, n'est guère en faveur depuis longtemps."
L aigrette ou le diadème pour la coiffure, le collier en perles et brillant, les barrettes sur velours,  et la broche de corsage étaient toujours de mise.


Un peigne diadème

Ce journal nous apprend que la classique rivière est abandonnée comme collier mais souvent confiée au coiffeur, qui la fait serpenter dans la chevelure.
En revanche depuis quelques temps il y avait une tentative de la part des bijoutiers joailliers pour utiliser l'émail pour alterner avec les diamants.
L' auteur de l'article précisant que "les effets de ces combinaisons dépendent du talent que peuvent y apporter les créateurs de modèle et aussi de la virtuosité de l'émailleur et du monteur"


Aigrette de coiffure

A cette époque , (début de l'Art nouveau) les bijoux et joyaux du XVIII ème siècle du Directoire et même de l'Empire se portent encore tels qu' ils ont été créés. En revanche les bijoux postérieurs  à cette époque, notamment  ceux de 1830 à 1860 absolument démodés, exigent une nouvelle monture. Ce que les acheteurs aimaient et vont aimer pour cette époque ce sont les bijoux à transformation.
Un devant de collier devient un diadème, une aigrette dont on supprime le piquet de plumes fournit une broche de corsage, etc ! 



Boucle de ceinture ROSEAU, or ou vieil argent ornée de pierres taillées et de cabochons


Boucle de ceinture IRIS or , figure en métal ciselé, les fleurs sont rehaussées d'émail.

Pour les pierres précieuses , en 1898, les principales provenance étaient  les mines de Golconde et de Viçapour, exploitées aux Indes  depuis les temps les plus reculés mais à cette date, abandonnées. Les mines du Brésil découvertes il y a un siècle et celles de l'Oural  en 1838. Mais en cette fin de siècle la plus grosse production vient du Cap en Afrique du sud.
Les premières extractions ne donnèrent souvent que des pierres un peu jaunâtres mais en 1898 leur pureté est irréprochable. Certains à cette époque préféraient le diamant du Brésil.


Collier avec broches mobiles

Les plus belles perles venaient de Ceylan, c'etait la "perle d 'orient" . Panama  fournissait également des perles .
L’archipel des Perles (Las Perlas en espagnol) est situé sur la côte pacifique du Panama, dans le golfe de Panama ; il est formé de plus de deux cents îles et îlots, dont la plus grande terre est la Isla del Rey (« Île du Roi »). Il doit son nom à l’exploitation au XVI ème siècle, par les Espagnols des nombreuses perles naturelles, de petite taille, que pêchaient les Amérindiens dans les bancs d’huîtres et qui tapissaient les fonds marins. Les Espagnols les ont découvertes grâce aux parures que portaient les Indiennes.
Mais ces perles sont froides, blanchâtres, pourtant les Américaines et les Anglaises s'en paraient volontiers.

barrette en diamants sur du velours noir

Des barrettes en diamants ornaient un ruban de cou et pouvaient se métamorphoser en autant de petites broches qui s'épinglaient dans les dentelles.


Bracelet en diamants

A l'époque les Françaises préféraient une perle plus vive, une Italienne ou une Espagnole les perles jaunes et de ton accusé.
La perle fine, fort à la mode voyait son prix augmenter  tous les jours, les fermier des bancs d huitres trouvant plus d'intérêt à vendre la nacre qui se renouvelle rapidement plutôt que de laisser au mollusque les années qui sont nécessaires à son développement.
L'Illustration de 1898 écrivait "Dans quelques années les pêcheries ne donneront plus que des produits de dimensions infimes, sans aucune valeur pour les parures. Dieu sait alors ce que vaudront les moindres colliers de perles"

Cet article de l illustration s'intitulait "LA MODE" Le  journal, si au fait de son époque n'avait pas encore intégré les grands maître de la bijouterie-joaillerie de cette fin de siècle.


Revendu par Christie's

S il est un art qui nous donne l'occasion de nous réjouir sans réserve, c'est en vérité l'art du bijou. Car, ici, il ne s'agit plus seulement de progrès a signaler, mais d'une transformation radicale, d'une véritable révolution qui a modifié profondément le bijou moderne.  . 
C'est le Salon de 1895 qui en donna le signal avec la première exposition des créations de Lalique. Car c'est bien lui qui a été le véritable initiateur. C'est lui qui a démoli toutes les vieilles servitudes, bouleversé les routines invétérées et créé un verbe nouveau."

Cette phrase de L. Bénédite, résumait cette révolution, dans Art et Décoration 'Le Bijou à l'Exposition Universelle 1900.
Mais Lalique, Gaillard, Feuillâtre, Fouquet ......sont très connus! mais d autres le sont peu, pas du tout, c'est le thème de cet article.



1905 et 1906  Paul Louchet participe aux salons de la SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS et de la SOCIETE NATIONALE DES BEAUX-ARTS bien que j ai essayé d ameliorer ce cliche, je regrette son manque de netteté, ses peignes sont si élégants.


Cette page de catalogue date de 1905 et concerne Louchet Paul François , si je recherche certains écrits, madame Evelyne Possémé écrit sur Paul et Paul Albert, alors que d'autres à l instar de madame Vivienne Becker  écrivent que  Paul Louchet est le frère de Albert!!!
D'ailleurs dans la revue de la bijouterie joaillerie de 1903 un article dit: 
"Je remarque les émaux cloisonnés de M. Paul Louchet, ainsi que le cadre contenant des dessins d'Albert Louchet, son frère. Je n'insiste pas, ce n'est pas tout à fait de ma compétence ; on me dit d'ailleurs que ces jolis cloisonnés ont été exécutés au Japon même"; leur perfection s'explique alors plus facilement et aussi leur aspect un peu «porcelaine », ce qui est une des caractéristiques des artistes modernes du Nippon."

Dans le doute, je reprends toujours la généalogie des joailliers sur lesquels j'écris et ma conclusion est :



Ainsi le père se nommait Charles Joseph Louchet, né en 1820 et fabricant de bronzes.
Son fils Paul François Louchet est né  le 12 avril 1854 - Paris, et décédé le 16 août 1936 à Meaux, 77284, Seine-et-Marne, Ile-de-France, France, à l'âge de 82 ans.
Fabricant de bronzes / Maire d'Herblay  Élu le 11 septembre 1887 jusqu'en 1895, il était aussi , Artiste peintre.
Maire de la ville d'Herblay en 1887, il élèva de vives protestations — avec un procès qu'il perdra — contre le déversement des égouts de Paris dans les plaines d'Achères. L'épidémie de typhoïde attribuée à l'insalubrité ainsi générée emporta sa fille de quinze ans et, désemparé, Paul Louchet abandonna les affaires pour se consacrer à la peinture à partir de 1890.

Paul Albert est le fils de Paul François,il est né le 22 mai 1883 - Paris, 75003, Paris, 
Décédé le 20 septembre 1916 - Bouchavesnes-Bergen, 80115, Somme, Picardie, France, à l'âge de 33 ans.



Le frère de Paul-Albert  se nomme  Robert Louchet: Né le 12 septembre 1889 - Herblay-sur-Seine, 95306, Val-d'Oise, décédé le 1er décembre 1976 - Villefranche-sur-Mer, 06159, Alpes-Maritimes à l'âge de 87 ans.




Le poinçon ci-dessous de Robert Louchet; c'est étonnant qu' il ait pu prendre comme symbole "deux louchets croisés" comme  son frère Paul François




En 1926 Robert Louchet est installé au 8 rue Boudreau et signale être aussi au 3 Rue Auber. les deux rues sont perpendiculaires et a coté de l'opéra Garnier.



"Naïade " du premier des Louchet Charles Louchet, dont le poinçon figure ci dessous, un grand bronzier, cette pièce est en bronze avec une partie dorée datée par Sotheby's en 1900, comme on dit,pour la date, je n en mettrais pas ma main au feu. 




Donc pas facile de s'y retrouver, d'autant qu' il existe un Pierre Charles Louchet 1888-1945, petit fils de Charles Louchet,  neveu de Paul François et fils de Charles Savinien Louchet et ce Pierre Charles Louchet était orfèvre.


Louchet Ciseleur 3 Rue Auber



Vivienne Becker publie dans son livre sur l'art nouveau, une photo de ce bracelet en or orné de figures féminines luttant contre le courant, mais quel Louchet?




Mais l essentiel de l oeuvre réside dans ses sculptures et ciselures, ce vase est intéressant car il est de Paul et de Lelièvre.  Epoque : 20ème siècle matière : Bronze doré et patiné Hauteur : 30 cm
Profondeur : 13,5 cm. En vente à la galerie Vega à Versailles
Vase couvert Epoque Art Nouveau en bronze doré ciselé et patiné Signé Louchet et E Lelièvre sur le pièdouche, richement orné de feuilles et de fleurs sur son pourtour et de cinq anses en bronze doré, fond en bronze patiné brun veiné, couvercle en bronze patiné brun surmonté d une pomme de pin et entouré d'une bordure en bronze doré, il repose sur un pièdouche également en bronze doré.
                                                          



Sotheby's a revendu ces deux pièces  de Paul Louchet : Boucle de ceinture et agrafe de cape en vermeil, la boucle de ceinture en forme de marguerites, signée Louchet, France, vers 1900, l'agrafe de cape double à décor de chardons, vers 1900


En tous cas, il semble bien que le plus célèbre des Louchet  fut Paul François Louchet , un ciseleur, un très grand bronzier, un joaillier dont peu d' oeuvres de Bijouterie Joaillerie circulent.
Bronzier, ciseleur, sculpteur, peintre et graveur français. Paul Louchet est formé par Jules Lefebvre et Henri Harpignies. Il expose au Salon de Paris. Ami de Louis Majorelle, de Jean Daum et de René Lalique, il est président de la chambre syndicale des fabricants de bronze (https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Louchet).

Demeure au 20 rue Notre Dame de Nazareth (75003), au mariage de son frère Henri Nicolas qui fut aussi Bronzier 




Des dessins de Bijoux de  Paul Louchet , je les ai trouvés à Vienne , une galerie sympathique ., Alors merci Hanna , que je cite volontiers en la remerciant:  http://www.wilnitsky.com/ 

Merci pour votre demande! Veuillez trouver les photographies demandées ci-jointes. Lors de leur utilisation, veuillez nous mentionner comme «Boris Wilnitsky Fine Arts, Vienna».
Pourriez-vous également nous envoyer un lien vers l'article une fois que vous l'avez publié?
Merci!
 Cordialement
Hanna Keßler
Kunsthandel Boris Wilnitsky | Boris Wilnitsky Beaux-Arts.

Ce qui nous permet de voir le grand talent de Paul François Louchet , aussi bien il reste nombre de ses bronzes, autant, que de mal pour trouver  des bijoux de lui.
Ce fut  un grand ami de Lalique et de Daum et Majorelle.



1903 dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie:

Je remarque les émaux cloisonnés de M. Paul Louchet, ainsi que le cadre contenant des dessins d'Albert Louchet, son frère. Je n'insiste pas, ce n'est pas tout à fait de ma compétence ; on me dit d'ailleurs que ces jolis cloisonnés ont été exécutés au Japon même"; leur perfection s'explique alors plus facilement et aussi leur aspect un peu «porcelaine », ce qui est une des caractéristiques des artistes modernes du Nippon.

Alors question: ces dessins de Paul ou Albert? comme je l ai expliqué en étudiant sa généalogie , Albert est le fils de Paul François



Ces dessins de bijoux sont ainsi marqués ce qui peut nous gratter la tête; Lequel des Louchet.?



 Paul Louchet élabora également: bijoux, pendentifs et céramiques avant de se consacrer à la peinture. Il collabora avec les plus grands de ses contemporains à l'exposition Universelle de 1900 il exposa plusieurs oeuvres en collaboration avec Louis Chalon représentatives du style Art nouveau. Il est reçu membre de la société des Beaux-Arts et présente avec grand succès un stand à l'exposition Universelle à Chicago.









Je trouve ce pommeau de canne splendide, avec les  mandibules qui tiennent cette aigue-marine


La maison ROSEBERY de Londres a revendu cette bague de Paul Louchet, elle écrit:
Une bague en or Art Nouveau attribuée à Paul Louchet, modelée en haut relief avec la figure désespérée d'Eve, le serpent à ses pieds et des branches de pommier portant des fruits s'étendant à travers les épaules le cerceau avec marque de dosage français, Paul Louchet ( 1854-1936) est né à Paris, a étudié avec Jules Lefebvre et est devenu bien connu à Paris en tant que sculpteur, et avec son frère, Albert, a ouvert une fonderie à Paris où il a moulé son propre travail, ainsi qu' édité et conçu les œuvres d'autres sculpteurs.
Je ne suis pas d'accord avec eux sur Albert, je l ai expliqué plus haut,  Paul Albert est le fils de Paul François, mais c'est une belle bague.



Paul louchet fabriqua aussi de nombreuses pendules en Bronze et émail comme celle ci:
La maison Christie's a revendu une horloge en bronze et émail marbré vert .
Je remarque que sur beaucoup de pièces de Paul Louchet se trouve ce motif d une feuille, un trèfle à quatre feuille, un symbole?



On la retrouve même sur cette épingle cravate en or et opale avec un motif feuille.



Sotheby's qui a revendu cette pendule de Louchet indique : le corps en bronze coulé de trèfle stylisé et de feuilles de nénuphar, les panneaux latéraux et avant décorés d'émail bleu-vert, une fine ligne de bronze encadrant chaque section, le cadran émaillé blanc opposé par un baromètre conforme
avec une plaque circulaire 'PARIS LOUCHET CISELEUR', socle estampillé 'LOUCHET CISELEUR'



MASCOTTE "GRENOUILLE TRAINANT UNE COQUILLE" PAR LOUCHET, FRANCE, VERS 1920,
Une coquille d 'escargot estampillée Louchet sur son embase, Bonhams la date de 1920
Une mascotte était un bouchon de radiateur, il s 'en fabriqua beaucoup en matière précieuse, a l instar de celle de Rolls Royce.

 
Christie's a revendu cette Boucle en argent en forme de libellule SIGNÉE LOUCHET CIS. 3in. (7,5 cm) de large; ainsi que deux autres boucles en argent de Louchet décorées respectivement d'un dragon et d'une cigale. Il semblerait que ce ne soit pas de l oxydation de l argent mais des restes d une couche d 'or,  donc du vermeil.



Paul Louchet fabriqua un grand nombre de petites statuettes en bronze doré ou en vermeil, et surtout en tant que fondeur il produisit une très grande quantité  de statue et statuette. celle ci par exemple a été revendue par Sotheby's  .
UNE FIGURE EN BRONZE PATINÉ Moulé d' après un modèle de L.Chalon, signé et marque de fonderie Louchet dans la maquette 25po. (63,5 cm.) De haut



Cette très belle statuette de Louchet est exposée et conservée au musée d'Amiens



C'est pour tout ce qui est avant, qu'il reçut la légion d honneur  et demanda que ce soit Mr Louis Aucoc fils qui la lui remette.



Si vous pouvez complèter cet article , le commenter , je vous en serais reconnaissant de m adresser des photos ou des textes à richard.jeanjacques@gmail.com


Dans mon prochain article sur les auteurs de l'art nouveau en bijouterie- joaillerie:Ernest Guyot, Goujon, Lelièvre, Quantin, De Ribeaucourt, Jules Nègre, Peghoux, Paul Hesbert, et RibeRoy