J'avais fait cet article en 2008 mais sous WordPress et, en le relisant, les photos avaient disparu, je le republie.
Boucheron poursuit sur sa lancée pour fêter ses 150 ans et le rythme des événements ne faiblit pas à l'approche de cette fin d'année.
La maison de la place Vendôme, a remarqué un joaillier anglais, Shaun Leane,qui fourmille d'idées, qui innove en respectant une certaine tradition.
C'est un vrai joaillier, je veux dire un professionnel du marteau , de la lime et de la pince,ayant appris le métier en atelier. Il a commencé à 16 ans comme apprenti à Hatton Garden, quartier de Londres, il a passé 13 ans dans un atelier.
Il a fondé sa propre marque en lui donnant son nom en 1999 et six ans plus tard il lance sa première collection. Pour BOUCHERON, il crée ce collier merveilleux.
Cliquez sur la photo pour l'agrandir.
Quel
travail, quelle légèreté, et quelle chance d'avoir une commande
pareille! Souvent dans son histoire, Boucheron a sorti cette ligne de
base, une sorte de point d'interrogation, une ligne sobre que la main
de nombreux joailliers a transmise au crayon qui court sur une feuille
de papier. Partir de la base du cou, et d'un trait, après être passé
derrière ce cou, redescendre vers la poitrine.
Encore faut-il
habiller ce trait, et Shaun Leane s'est inspiré d'une tige remplie
de fleurs qui, lors de la journée, peuvent s'ouvrir.
La
corolle de pétales s'ouvre, nous laisse entrevoir les étamines et
les pistils, ces derniers laissent échapper une fragrance de celle
qui ne laisse pas indifférent, certainement du "B" de
Boucheron, et cela Shaun, à l'instar de la vraie fleur, l'a
réalisé,car en effet, ses onze bourgeons s'entrouvrent.
Alors,
en bon professionnel, un réflexe si vous avez le collier en main,
vous le retournez pour aller voir comment il a fait : "Voyons… il
les a mis où ses ressorts ?" etc. Car un pro, retourne toujours un
bijou pour voir la finition, les mises à jour, les assemblages, etc.
Les
fleurs sont en or noirci et pavées de diamants et de saphirs blancs
et bruns alors que les cœurs sont pavés de rubis. Sous leurs épines
acérées se cache un saphir lilas, taillé en poire de 15 carats, il
est détachable et peut être porté séparément en sautoir.
Quelle
complexité, Boucheron parle de 3200 heures de travail.
Détail
d'une branche cliquez pour l'agrandir.
Les
fleurs s'ouvrent à la main, mais chacune d'entre elles est équipée
d'un bouton permettant de les refermer, ce bouton est dissimulé sous
les pétales.
Boucheron
dit à son propos "qu'il transforme une femme effacée en femme
fatale, sensuelle et irrésistible" Je ne doute pas qu'elle soit
fatale pour se faire offrir un pareil bijou.
Mais
ce collier me réjouit, car le métier ne s'éteint pas, les idées
fusent, les couleurs sont hardies (les budgets aussi) mais la
Joaillerie européenne reste de grande qualité..Cliquez
sur le titre "150 ans de Boucheron, one more time", pour
voir d'autres bijoux de Shaun Leane.
Les photographies sont de Guy Lucas de Peslouan

