samedi 8 août 2026

VASSORT-LE CONTRASTE HISTORIQUE

Avant (L'ère des joailliers indépendants) : 
la marque commande. L'atelier indépendant imagine, crée le volume et impose un style. 
Aujourd'hui (L'ère financière) : 
Le studio marketing conçoit. L'atelier intégré exécute. La marque vend un logo.


Atelier Vassort

L'intelligence de la main au service de la Place Vendôme
Les joailliers de la maison Vassort cumulaient des compétences rares, héritées de traditions séculaires. Capables de maîtriser les techniques ancestrales de fonte, de ciselage et de martelage, ils assurent également la transmission orale des secrets d'atelier de génération en génération. Guidés par un « œil absolu », ces artisans déploient une précision chirurgicale pour façonner le métal au centième de millimètre.


L'atelier où je travaillais quand j'avais presque 20 ans .. cliquer sur toutes les photos pour les agrandir

Dans les coulisses feutrées de la haute joaillerie parisienne, certains noms ont façonné l'histoire sans jamais apposer leur signature sur les chefs-d’œuvre qu'ils créaient. Les Ateliers Vassort incarnent à la perfection cette élite de l'ombre. Référence absolue du savoir-faire artisanal de l'après-guerre jusqu'à la fin des années 1990, cette structure familiale a été le partenaire privilégié des plus grandes maisons de la Place Vendôme et du luxe international.


    
Collier Laurier de Vassort                            Collier Passementerie de Vassort

Le Studio de Dessin : le pivot de l'imaginaire
Avant que le métal ne soit forgé, les rêves de la place Vendôme prenaient vie au sein du studio de création des ateliers. C'est là que les gouaches étaient dessinées avec une virtuosité technique absolue. L'équipe, hautement qualifiée, comptait dans ses rangs des talents tels qu'Elisabeth Pigou, Martine Buffard, Marie-Paule Quercy, Lucien Desquesne, Bernard Prade ou encore Patrick Vassort.
Parmi eux, Jacques Courtois s'est imposé comme une figure marquante. Son style, célébrant les volumes audacieux et typiques des années 1970 et 1980, est resté profondément respecté. Après l'aventure Vassort, il poursuivra une brillante carrière indépendante, collaborant notamment de manière étroite avec la maison horlogère et joaillière Piaget.


Collier Broderie de Vassort                       Croquis de colliers par Vassort

Souvent le dessinateur jette des idées sur le papier, il propose, on choisit. Vient le dessin du bijou choisi. Il peut aussi travailler avec des calques (papier) : il ébauche un dessin puis superpose avec un papier calque, s'inspire du dessous et apporte des modifications et ainsi de suite jusqu'à l'idée définitive qui va le conduire au gouaché.

   
                                     1978                                                                         1978

Une ruche d'élite : l'excellence à la cheville
Au cœur du système Vassort battait un outil de production hors norme : un effectif de plus de 110 artisans d'élite, une taille colossale pour un atelier de haute joaillerie à façon. Pour encadrer cette main-d-œuvre d'exception, André Vassort s'appuyait sur des chefs d'atelier de grand talent. Pour nourrir cette exigence, l'atelier s'appuyait sur un réseau d'excellents fournisseurs. Les diamants provenaient de négociants réputés. Les pierres de couleur étaient sourcées pour des maisons devenues de véritables institutions parisiennes.
Enfin, la précision reposait sur des métiers de niche indispensables : lapidaire ou responsables de la bonne marche des ateliers, telle la récupération des poussières d'or, récupération des boues de lavage d'atelier, filtres d'aspiration du polissage et autres.

1978

1978

Fin d'une époque et héritage
En août 1997, les Ateliers Vassort ferment définitivement leurs portes, marquant le crépuscule de l'ère des grands ateliers indépendants de la place Vendôme. Face à la nécessité de sécuriser et de sanctuariser ces savoir-faire uniques, l'industrie du luxe entame alors une profonde mutation structurelle.
Les équipes de l'atelier ont alors suivi deux trajectoires majeures. Une grande partie des joailliers a été immédiatement absorbée par les studios intégrés des grands groupes de luxe (comme Cartier ou Van Cleef & Arpels), qui commençaient à internaliser leurs sous-traitants.  
L'autre partie s'est tournée vers la transmission : plusieurs maîtres artisans, à l'image du chef d'atelier Joaillerie Joël Godard, sont devenus des piliers de l'enseignement à la Haute École de Joaillerie (BJOP) de la rue du Louvre à Paris. En transmettant leurs gestes aux jeunes générations, ils ont sauvé de l'oubli les secrets de fabrication qui ont fait la gloire de la maison Vassort.
Quant aux autres, ils se sont retirés dans la discrétion la plus totale, emportant avec eux les souvenirs d'une époque dorée où la perfection se mesurait à la lueur d'une cheville de bois, au cœur de Paris.

1995.

L'industrialisation du rêve : la fin du style au profit de la griffe ?

La fermeture des Ateliers Vassort en août 1997 n’est pas qu’un simple fait divers économique : elle marque le crépuscule d’un système séculaire. Historiquement, les grandes maisons de la Place Vendôme fonctionnaient en grande partie comme des commerçants détaillants avec des vitrines prestigieuses. L’imagination, l’audace technique, et l’émergence des grands courants esthétiques  "de la révolution organique de l’Art nouveau à la rigueur géométrique de l’Art déco"  naissaient directement à la cheville, au cœur de ces ateliers indépendants qui insufflaient leur propre vision du beau. 

1978

1995

Il y a seulement vingt-six ans, les Ateliers André Vassort fabriquaient encore des objets exceptionnels qui étaient l’ordinaire des gens extraordinaires… Les Ateliers Vassort ont fermé, les fabrications de série ont vu le jour, une autre forme de joaillerie est devenue aujourd’hui l’extraordinaire des gens ordinaires…
Les gens extraordinaires n'invitaient pas leurs fournisseurs, maintenant c'est l'inverse, les gens ordinaires sont honorés de recevoir une invitation de la part de leurs fournisseurs à laquelle ils se précipitent de peur de ne pas y être « vus » ! C’est un processus d’identification, d’appartenance, « on en est là… », le marketing est passé par là… 
texte de Patrick Vassort

1995

L’irruption des géants financiers comme LVMH ou Richemont ou encore Kering Eyewear & Beauty/Jewelry a radicalement bouleversé cette dynamique. En rachetant méthodiquement leurs sous-traitants pour sécuriser le savoir-faire et maximiser les marges, ces conglomérats ont internalisé l'artisanat et, par extension, standardisé la création.
Le luxe des Ateliers Vassort, c'était le moyen de voler du temps à la mort. Maintenant, comme dans « Totem et tabou », le luxe d’aujourd'hui, c’est permettre au plus grand nombre possible de personnes, pour qui le seul critère sélectif qui perdurera sera le prix, de s’identifier à l’objet promu « le must ». Le luxe des Ateliers Vassort était l’apanage des leaders, il est devenu la potion magique des suiveurs. Texte de Patrick Vassort **Voir en fin d'article une explication de Totem & Tabou.


Collier Ruban  par Vassort


1997

Ce basculement pose une question vertigineuse pour les historiens de l'art de demain : dans cinquante ans, que retiendrons-nous de la joaillerie des années 2000-2026 ? Si le XXᵉ siècle se découpe en courants stylistiques évidents, l'époque actuelle semble se caractériser par un vide esthétique conceptuel. On sait aujourd'hui saturer le platine de diamants parfaits et couvrir les corps des femmes les plus fortunées de la planète de pierres au caratage astronomique, mais la prouesse technique et la démesure financière ont-elles remplacé le style ? En remplaçant le génie créatif de l'artisan indépendant par des directeurs artistiques interchangeables et des logiques de logos, la joaillerie moderne a glissé de l'histoire de l'art vers l'histoire du marketing. Un constat qui rend l'héritage des maisons comme Vassort plus précieux et nostalgique que jamais.


ARCHIVES DES ATELIERS VASSORT : STRUCTURE ET CAPITAL HUMAIN

Direction, Stratégie et Gestion Administrative

Une structure caractérisée par une gestion très familiale et des cercles de confiance étroits.

Direction & Stratégie :

Jean Buffard : secrétaire général, éminence grise et chef de cabinet d'André Vassort. Gardien de la structure administrative. Sa famille était ancrée dans l'entreprise (sa parente Martine Buffard travaillait au studio de dessin)
Gestion financière :
Madeleine Vassort : en poste jusqu'à son décès en 1970 (à l'âge de 58 ans).
Catherine Vassort & Maryse Odiardi : ont succédé à Madeleine Vassort après 1970.
Approvisionnements :
Robert Denis : responsable des lingots d'or (également chef d'atelier).
Alain Charbonnier : responsable des pierres précieuses.


Dessin de la montre de poche Vassort


1997 : Dessins de Patrick Vassort pour BREGUET

Le Portefeuille Clients (Prestige National & International)
L'atelier concevait et fabriquait à façon pour les plus grands noms du luxe mondial. L'export représentait plus de 65 % du chiffre d'affaires, géré par Hélène Frouard.
Clients France (Place Vendôme) : Boucheron, Van Cleef & Arpels, Chaumet, Cartier, Mauboussin, Dior, Nina Ricci, Poiray, Hermès, Puiforcat, Fred, Perrin, Gérard.
Clients internationaux : Harry Winston, Tiffany, Breguet.
Commandes exceptionnelles : réalisation de pièces d'exception pour des clients souverains, notamment le Sultan de Brunei.
Rayonnement mondial : présence physique des filiales basées à New York et Bangkok.


Bracelet Godrons pour Hermes


Bracelets pour Hermès


Bracelets pour Hermès


Le Réseau de Fournisseurs Spécialisés
Des partenaires devenus pour certains de véritables institutions de la gemmologie parisienne.
Diamants : Gaston Ott, Georges Derain, Marcel Rubel, Jacques Carcassonne, Mezbourian.
Pierres de couleur (émeraudes, rubis, saphirs) :
Daniel Piat : Maison devenue une institution incontournable à Paris, transmettant son expertise de génération en génération.
Gérard et Claude Grospiron, puis Xavier : grands négociants au sommet du marché de la vente de pierres de couleurs, mais aussi des lapidaires de renom spécialisés dans la taille des gemmes pour le serti invisible.


Modèle pour Puiforcat


Bague lien amovible pour Puiforcat

Mécanismes sophistiqués & Objets d'art : Etienne et Jean-Pierre Brun, Suzanne Profilet, André Bonte, Ronsous, Moghi.

4. Le Studio de Dessin & Création

Pivot secret de la maison où prenaient vie les gouaches avant la mise en fabrication.
Jacques Courtois (dessinateur) : resté une figure majeure après la fermeture de l'atelier. Installé en indépendant, il a collaboré étroitement avec la Maison Piaget et exécuté des commandes spéciales pour la Place Vendôme. Style recherché, marqué par la virtuosité des volumes des années 1970-1980.



Les dessins de la couronne de Farah Diba qui sont sur cette table sont de Jacques Courtois, dessinateur chez André Vassort.

Isabelle Langlois (créatrice/coloriste) : A fait ses classes au sein du studio Vassort grâce à sa tante. Marquée par la dextérité des artisans lors des commandes pour le sultan de Brunei, elle fondera plus tard sa propre maison de joaillerie éponyme.
L'empreinte Vassort chez Isabelle Langlois, petite-fille de René Grospiron
Avant de devenir la célèbre créatrice et coloriste que l'on connaît aujourd'hui, Isabelle Langlois a fait ses classes rue Sainte-Anne. Entrée au studio de dessin des Ateliers Vassort grâce au consentement de sa tante, la jeune femme y a reçu un choc esthétique et technique qui la marquera à vie. Immergée dans l'effervescence de commandes extraordinaires — à l'instar de parures impériales réalisées pour le sultan de Brunei —, elle y découvre la perfection absolue des chefs d'atelier. Un héritage de rigueur et de splendeur qu'elle fera plus tard fructifier en fondant sa propre maison de haute joaillerie éponyme.


Bague style art déco, émeraudes rubis par Vassort


Mais aussi émeraude et tourmaline.

Martine Buffard : dessinatrice (fille ou proche parente du secrétaire général Jean Buffard).
Autres créateurs : Elisabeth Pigou, Marie-Paule Quercy, Lucien Desquesne, Bernard Prade, Patrick Vassort. (Note : À la fermeture, la plupart de ces créateurs ont rejoint discrètement les studios de création intégrés des grands groupes comme Cartier ou Van Cleef & Arpels).
Les Ateliers et la Main-d'Œuvre Artisanale (plus de 110 salariés)
La force vive de l'atelier se composait de plus de 110 artisans d'élite, encadrés par des chefs spécialisés.






Bague André Vassort pour CARTIER. Paris 1970, en or 18 carats sertie de diamants (3,36 carats) et d'onyx

L'équipe d'encadrement (les chefs d'atelier)
Joël Godard (chef d'atelier joaillerie) : incarnait l'excellence de la rue Sainte-Anne. Après la fermeture, il est devenu une figure centrale de l'enseignement à la Haute École de Joaillerie (BJOP) rue du Louvre, sauvant les secrets de fabrication de l'oubli.
Joël Godard, le passeur de secrets de la rue du Louvre.
Il incarne le pont invisible entre la haute joaillerie d’atelier du XXe siècle et les nouvelles générations d’artisans. Chef d'atelier principal de la Joaillerie rue Sainte-Anne, Joël Godard exigeait quotidiennement le niveau de perfection absolu imposé par la Place Vendôme. Lorsque les Ateliers Vassort ferment définitivement au début des années 1990, il refuse de voir ce patrimoine gestuel disparaître. Il devient alors une figure centrale de l’enseignement à la Haute École de Joaillerie (BJOP), située rue du Louvre à Paris. En transmettant à la cheville les exigences, les astuces techniques et la rigueur de la maison Vassort, il a sauvé de l'oubli de précieux secrets de fabrication indispensables à la pérennité de l'excellence française.
Claude Charbonnier (chef d'atelier Joaillerie & Fonderie) : expert doublement clé au sein de la structure.
André Valbelle (chef d'atelier Joaillerie & Horlogerie) : Supervisait notamment la division horlogère.
André Thibault : chef d'atelier principal.
Robert Denis : Chef d'atelier principal (également en charge des approvisionnements d'or).


Système breveté par Patrick Vassort pour bracelets interchangeables

Les corps de métiers spécialisés.

Les 90 joailliers étaient emmenés par des figures de proue techniques :
Pierre Voeltzel : joaillier pionnier sorti de l'anonymat pour son génie technique appliqué à la médecine. Choqué par les accidents d'arrachement de doigts (scalping), il a co-breveté avec le chirurgien Dr Thierry Dubert une alliance de sécurité munie d'un mécanisme invisible s'ouvrant en cas de forte traction.
Grâce à un mécanisme invisible inséré au cœur de l'or, la bague s'ouvre instantanément en cas de forte traction, alliant ainsi la survie du doigt à la préservation du symbole.


Parure André Vassort


Collier Bustier par Vassort

André François : Excellence technique reconnue. Il a fait enregistrer son propre poinçon de maître-fabricant (initiales A F avec deux marteaux en croix) et s'est installé à son compte au 29 rue de Richelieu pour créer pour la haute joaillerie.
François Prat : issu d'une grande lignée d'artisans. Sa descendance et ses élèves ont continué à essaimer dans les ateliers de la rue de la Paix, transmettant la technique de fabrication "à la cheville".
André Contet : Joaillier pionnier de l'équipe historique.
Sertissage (12 sertisseurs) : dirigé par Émile Mallet (chef d'atelier).
Polissage (4 polisseuses) : équipe incluant Suzanne Vosse et M. Bizot.

Métiers supports de précision :
Monsieur Claire : lapidaire (taille et ajustage des pierres).

Je termine par Monsieur Zifel : responsable de la récupération des poussières d'or. Un métier légendaire de la place Vendôme consistant à retraiter les "déchets" (balayures, filtres d'aspiration, eau de lavage des mains). Ce poste artisanal a disparu après la fermeture au profit de filtrages industriels automatisés.
Monsieur Zifel, le "chercheur d'or" des parquets
Pour les néophytes en bijouterie-joaillerie, c'était un métier presque mystique, indissociable de nos métiers. Au sein des Ateliers Vassort, Monsieur Zifel occupait le poste ultra-spécifique de responsable de la récupération des poussières d’or.
Sa mission ? Traquer la moindre particule de métal précieux invisible à l’œil nu. Chaque jour, il filtrait l’eau de lavage des mains des joailliers.
On ne se lavait pas les mains dans un évier relié à la vidange courante, mais sous l'évier il y avait un filtre, un peu comme une poche en coton de filtre de piscine, ou plus récemment des cuves. Or se laver les mains et se brosser les ongles au savon cela faisait rapidement une "boue" dans laquelle il y avait de l'or, on transférait dans un seau pour que les métaux se déposent au fond, puis on siphonait l'eau du dessus, on faisait sécher cette boue métallique et on stockait le tout pour transférer à un atelier spécialisé.



Sur un établi, au centre la "cheville" sur laquelle on limait, on perçait, on soudait. Les limailles tombaient dans cette peau de buffle qui reposait sur les genoux, et régulièrement avec la brosse on ramassait ces limailles dans ces boîtes avec un tamis, plusieurs boîtes réservées pour chaque couleur d'or ou d'argent ou de platine. On appelait cela "faire sa peau", c'est quand même plus sympathique que de faire la peau à quelqu'un ????


Tout ne se retrouvait pas dans ces boîtes.
 Chaque jour, des poussières d’or, d’argent, de platine, des micro‑copeaux et même des petites pierres tombaient : sur les tabliers en cuir, sur les établis, et surtout… au sol, entre les lames du parquet.
Avec le temps, des dizaines d’années de poussières précieuses s’accumulaient dans les interstices du bois. Monsieur Zitel passait au crible les balayures des parquets et récupérait les résidus logés dans les filtres d'aspiration des chevilles. 
Lors de la fermeture des ateliers au début des années 1990, ces figures légendaires ont définitivement disparu de la joaillerie artisanale, balayées par l'arrivée de systèmes de filtrage industriels automatisés.
« Tous les anciens joailliers travaillant pour la place Vendôme ont connu ces gestes quotidiens. Ils faisaient partie de notre métier autant que la lime, le bocfil ou la cheville. »

Une anecdote d'atelier :

Dans les années 1960, alors que je travaillais, après avoir été à l'école de la rue du Louvre, comme jeune apprenti joaillier chez Jacques Candas, rue de Richelieu, je fus le témoin d'une scène qui m'est restée gravée dans la mémoire. Un client important vint visiter l'atelier. En repartant, il lança à Jacques Candas :
« Ils ne sont pas mal logés, tes nègres… À part la peinture et le parquet dégueulasse ! »

Cette réflexion blessa profondément notre patron. Une semaine plus tard, il prit une décision radicale : l'atelier serait entièrement repeint et le vieux parquet remplacé. Il faut dire que les claies reposaient sur un parquet inégal et mouvant.
Tous les ouvriers furent réquisitionnés. Nous démontâmes les établis, les laminoirs, les outils, les claies et tout le matériel.

Les claies étaient de grands cadres de bois ajourés, composés de petits carrés de deux à trois centimètres de profondeur. Elles étaient placées sous les établis afin qu'une pierre ou une pièce de joaillerie tombée ne soit pas écrasée au sol.

Car, dans un atelier de joaillerie, rien ne se perdait. Les limailles d'or tombaient de la cheville, dans les tabliers de cuir, sur les claies… et jusque dans les lames du parquet. Le vieux plancher fut soigneusement démonté. Il sera envoyé chez la société des cendres, qui le brûlerait afin de récupérer les poussières d'or accumulées au fil des décennies.

Mais Jacques Candas voulut aller plus loin.

— « Enlevez aussi les plinthes ! »

Nous nous exécutâmes. À peine la première plinthe retirée, le silence se fit dans l'atelier.

Coincé derrière la plinthe en bois, nous découvrîmes un magnifique diamant de 2,50 carats, d'une qualité exceptionnelle, perdu des années auparavant, à l'époque où le père de Jacques Candas dirigeait encore la maison. Notre patron, pourtant connu pour son caractère et sa voix tonitruante, resta sans un mot. Ce grand gaillard d'un mètre quatre-vingt-dix s'assit simplement sur un tabouret, incapable de cacher son émotion.

Ce jour-là, l'apéritif et le déjeuner furent pour lui.

Je dois ajouter car c'est aussi une époque révolue : notre patron nous invitait tous, deux fois par an. la veille du jour de l'an et le dernier jour de juillet. Après avoir pris l'apéritif, il nous emmenait au restaurant, à ses frais bien entendu. Cela soudait la petite équipe.


Ce que faisait même en 1923 Alfred Van Cleef (la main sur la hanche gauche) qui recevait son personnel dans son château de "la Minaudière".
                                                                                                

Apparemment pas triste chez Van Cleef & Arpels ce même jour.

HISTOIRE ET DEVENIR À LA FERMETURE
Lors de la fermeture définitive de la structure en août 1997, ce personnel si particulier a suivi deux trajectoires principales, tandis que les secrets de fabrication et les dessins restaient protégés par la discrétion des artisans partis à la retraite :
L'absorption par les grands groupes de luxe : Une part importante des 90 joailliers et des forces créatives a été internalisée par des maisons comme Cartier ou Van Cleef & Arpels, qui commençaient à racheter leurs sous-traitants pour sécuriser le savoir-faire historique de la Place Vendôme.
La transmission académique : plusieurs chefs d’ateliers (à l’instar de Joël Godard) ont achevé leur carrière comme maîtres d'apprentissage ou enseignants à la Haute École de Joaillerie (BJOP) à Paris afin de léguer directement leurs gestes techniques à la nouvelle génération.


Les Ateliers André Vassort ont aujourd'hui disparu, mais leur mémoire demeure dans les souvenirs de celles et ceux qui y ont travaillé. Si vous reconnaissez un visage, un dessin, un bijou ou un document, ou si vous souhaitez partager vos souvenirs de cette aventure exceptionnelle de la haute joaillerie française, je serais heureux de recueillir votre témoignage.
Jean-Jacques Richard
richard.jeanjacques@gmail.com



Additif aux termes "Totem et Tabou," de Freud , appliqués à nos métiers

Ces dynamiques psychologiques et anthropologiques structurent deux formes de fidélisation radicalement opposées. L’acheteur choisit son camp en fonction du type de "pacte sacré" qu'il souhaite sceller. Quoique je pense que l'artisan a perdu!!!

La fidélité à l'artisan : un pacte d'initiation et d'alliance
Chez l'artisan, la fidélité repose sur une relation interpersonnelle forte, s'apparentant à un rituel de transmission. Le transfert affectif : le client est fidèle à l'artisan en tant qu'individu. Si l'artisan disparaît ou cède sa place, le lien de fidélité se brise immédiatement, car le "mana" (la force spirituelle de l'objet) ne peut pas être automatisé.
Le sentiment de co-création : en commandant un bijou sur mesure, le client participe à la genèse de l'œuvre. Cette implication lève le tabou de la marchandisation. Le client ne se sent pas consommateur, mais mécène ou membre de la même lignée. 
La transmission générationnelle : on retourne chez l'artisan de la famille. La fidélité devient un tabou inversé : aller voir un concurrent direct serait perçu comme une trahison intime ou un sacrilège envers l'histoire familiale.


 La fidélité aux grands groupes : L'intégration à la tribu et le culte du statut
Pour les grands groupes, la fidélité est dépersonnalisée. Elle s'organise autour de l'adhésion à un dogme et à une communauté de pairs. L'effet totem de reconnaissance : Le client reste fidèle car le logo ou le design iconique (la panthère, le clou, le monogramme) agit comme un signe de ralliement tribal. Porter la marque permet d'être immédiatement reconnu et accepté par les membres de la même classe sociale. 
La peur de la déchéance (le tabou du déclassement) : les grands groupes entretiennent la fidélité par la crainte de perdre son statut. Quitter la marque pour un acteur moins prestigieux est inconsciemment assimilé à une régression sociale ou à une rupture du tabou de l'excellence.
Le rituel d'achat codifié : La fidélité est nourrie par l'expérience client théâtralisée (salons privés, invitations aux défilés, rituels de vente hyper-normés). Le client devient accro au sentiment de sacralisation que le groupe lui renvoie lors de chaque transaction.



André Vassort. Seconde Partie : Ses clients: M.Gerard, Boucheron, Cartier, Mauboussin, Van Cleef & Arpels, Fred, O.J.Perrin, Arfan, Puiforcat, Hermès, Tiffany, Chaumet, Breguet, Dior, Nina Ricci, Poiray,Harry Winston, Turi Jewelry et Schwartz Jewelry

 « Jusqu'à ces dernières années, André Vassort demeurait l'un des grands inconnus de la joaillerie française. Les rares publications qui lui étaient consacrées soulignaient le peu d'informations disponibles sur son parcours. Les recherches présentées ici, enrichies par les témoignages de Patrick Vassort, les archives familiales et de nombreuses sources inédites, permettent aujourd'hui de mieux mesurer l'importance de son œuvre et de restituer une place longtemps oubliée à cet exceptionnel maître-joaillier. »


Suite de la première partie : https://www.richardjeanjacques.com/2026/07/andre-vassort-1911-2002-le-grand.html.

Un petit retour en arrière car je possède cette photographie de celui qui deviendra le meilleur client de André Vassort. A gauche, Mme Amélia Roblet, dessinatrice de Van Cleef ; M. Azoulay  vendeur et directeur dans les années 50 ; et Mme Hélène Stevenin, secrétaire et responsable de caisse dans les années 50 chez Van Cleef. Il resta chez VCA pendant 20 ans.

Ils s'étaient connus en se rencontrant chez Van Cleef et Arpels, mais en tant que grand connaisseur de cette maison, et vu le caractère assez détestable de Jacques Arpels, petit a petit  l'ambiance de la maison devint irrespirable. De grands collaborateurs d'Alfred Van Cleef, tel M. Levy-Debled , présent depuis 1923, admirateur de Alfred et Renée Rachel Van Cleef, quittèrent la maison, le cœur n'y était plus.

C'est ainsi que M. Azoulay quittera Van Cleef & Arpels pour fonder la sienne, en 1968, en utilisant une première fois son prénom, "M. GERARD", et il travaillera avec un unique fournisseur : André Vassort

Louis Gérard est un exemple du caractère d'André Vassort. Alors que Van Cleef & Arpels  représentait près de la moitié de son chiffre d'affaires à lui tout seul, il s'était pris d'amitié avec Gérard Azoulay.
Ils avaient fait connaissance depuis des années dans leurs contacts réciproques au travers de ces deux maisons.
Gérard Azoulay financé par les laboratoires Bellon avec le soutien de la comtesse Jacqueline de Ribes
se mit à son compte avenue Montaigne.
La réaction du caractériel Jacques Arpels ne se fit pas attendre, et malgré ses menaces de stopper toute collaboration avec André, donc de fragiliser fortement sa société, André Vassort a choisi de travailler  aussi avec Gérard Azoulay , installé  sous le nom de M.Gérard Joailliers.Cela n'a pas empêché Van Cleef & Arpels de rester son plus gros client.


Entre-temps le fils d'André Vassort  va choisir le métier de son père qui l envoie en Angleterre. Patrick Vassort part au Royaume-Uni afin de se perfectionner en gemmologie et d'apprendre la fabrication de bijoux chez GOLDMAN au 8 New Bond Street  à Londres.

Il est de retour à Paris en 1964  suit une formation le matin dans l'atelier de joaillerie Ronsous et Moghi en 1949 au 5 rue Mayran à Paris : (Moghi étant le diminutif de  Moghilevsky) Au passage, son poinçon  était comme symbole une flèche horizontale et les lettres J.R. verticales au centre.



En 1955, le 1ᵉʳ janvier, André Vassort va créer la société André Vassort S.A.



Travail fin des années 60, atelier André VASSORT revendu par la maison Gros & Delettrez
Collier en or jaune 750 millièmes composé de maillons quadrilobés texturés sertis de corail et d’améthyste, soit en goutte soit en poire, et de maillons circulaires à torsade stylisée, alternés de maillons ovales bombés. Fermoir avec crochet de sécurité.
Poinçon losange de l’Atelier André VASSORT.
Longueur : 50cm. P. Brut : 155 g.

L’atelier d’André VASSORT est incontournable dans les années 1960-1970, travaillant pour les maisons les plus prestigieuses de la Place Vendôme.
Ce collier peut être rapproché des créations, toutes en texture et aux combinaisons colorées audacieuses, produites pour les maisons VAN CLEEF & ARPELS, BOUCHERON ou encore M. GERARD à cette époque.


1966-68 : conçues comme des feuilles stylisées, ornées de diamants taille brillant, montées en or 18 carats et platine, longueur environ 185 mm, avec poinçons d'importation, d'exportation et poinçons partiels du fabricant français.  


Revendu par la maison Sotheby's

En 1964, Patrick Vassort emprunte les premiers vols directs reliant Paris à New York, "symbole d'un monde qui s'ouvre et qu'il s'apprête à découvrir."




Signé M. Gérard Paris et numéroté, poinçon français et marques du fabricant André Vassort
Longueur environ 200 mm, comprenant : un bracelet composé d'une série de grappes en forme de chevrons serties alternativement d'émeraudes et de saphirs cabochons, entourées de diamants taille brillant et de rubis cabochons, monté sur or jaune ; et une paire de clips d'oreilles assortis. Revendu par Sotheby's


1968 : collier Boucheron revendu par la maison Mohs.
Ce collier en or a été réalisé par l’atelier d’André Vassort pour Boucheron. Entièrement articulé, son motif de plume épouse les courbes du cou, vient se poser élégamment sur les clavicules et témoigne du savoir-faire exceptionnel de la maison parisienne dans le domaine des mailles.
Signé et numéroté, poinçonné. Longueur : 43 cm Poids : 113,35 gr



Collection Serpent, un témoignage d'une "ancienne" de la maison Boucheron:
Bonjour Jean-Jacques,
Concernant Vassort, le plus significatif est sa participation à la collection Serpent à partir de 1968, cette collection est toujours d'actualité dans les boutiques Boucheron déclinée sous de multiples versions.
Il a été aussi l'auteur de ce qui deviendra la collection Fougère en 1961, mais qui ne sera pas reprise ultérieurement.
Par contre Boucheron ne figure pas dans l'histoire iranienne, vu que la couronne a été commandée et faite par Van Cleef et Arpels, Boucheron s'étant fait souffler la commande pour de sombres raisons politiques (un chambellan, ami de Gérard Boucheron, a été remplacé par un autre moins favorable aux Boucheron).

NDLR: Permettez moi de lui garder l'anonymat.


Collier Serpent Bohème de Boucheron par Vassort, 31 éléments  or et diamants , toujours en collection en 2026
Bague serpent Bohème avec cabochon œil de tigre, mais se faisait aussi tout diamants ou couleurs.


Jaïpur Homme
Il n’y avait pas que la ligne « serpent », il y avait également toutes les lignes cristal de roche et onyx et turquoises et les lignes multicolores. Puis Patrick Vassort fut à l’origine de la bague cabochon cristal et onyx qui servit de modèle et deviendra le flacon du parfum Boucheron « Jaipur » lorsque Boucheron fut racheté par un laboratoire suisse et que M. Lerouzic, après avoir conçu et lancé pour Van Cleef et Arpels le parfum « First », concevra et lancera le parfum « Jaipur » pour Boucheron.



Voici les études de Patrick Vassort pour les bijoux de la Maison Boucheron.


Pour la ligne Jaïpur et d'autres



Sachez que Patrick Vassort a commencé par le dessin de bijoux pour Hermès, Breguet… Depuis 50 ans, il peint dans un style coloré et influencé par J. M. W. Turner, Pierre Soulages et Bernard Buffet.
Joaillier et gemmologue de formation, Patrick Vassort développe très tôt une technique pointue à travers ses dessins de bijoux pour Hermès, Breguet, Boucheron, Cartier, Van Cleef & Arpels... 
Dès son plus jeune âge, Patrick Vassort admire les artistes qui maitrisent la couleur, la transparence et la légèreté de la neige, comme Camille Pissarro et Caspar David Friedrich, mais aussi J. M. W. Turner pour sa technique et ses paysages brumeux.  
À 81 ans, toujours dynamique, consultez son site: https://www.vassort.art/


Clips d'oreilles Cartier André Vassort en diamants et or.
Chaque clip est orné d'une étoile sertie de diamants, encadrée d'un ruban d'or cannelé et montée sur or, vers 1950. Taille/dimensions : 7/8 x 7/8 pouce 
Signé : Cartier : fabrication André Vassort Poids brut : 20 grammes


Maison F.D. Gallery : https://fd-gallery.com/


1969 ensemble rubis saphirs diamants sur or jaune, André Vassort pour M. Gérard.


Bracelet souple en or jaune 18 carats, serti de deux rangées centrales de saphirs ronds, bordées de diamants ronds d'un poids total d'environ 12,50 carats. Longueur : 17,1 cm (6 3/4 pouces), largeur : 1,3 cm (1/2 pouce). Poinçon : GERARD (poinçon du fabricant Vassort) (poinçons de garantie français). Poids brut : 26,20 dwt. État général : Rayures sur l'or dues à l'usure. Ébréchures et abrasions aux jonctions des facettes des saphirs. Le poids total des saphirs est estimé entre 22,00 et 25,00 carats.          
Revendu par maison Hindman, 1550 West Carroll Avenue, Chicago.


Superbe design : broche en or jaune d'André Vassort représentant un cavalier et son cheval. Cette broche ajourée, ornée de détails sculptés et de bords polis, est munie d'une épingle à charnière sécurisée au revers. Hauteur : environ 4,5 cm. Poinçonnée or jaune, elle porte la marque du maître André Vassort. Fabrication française, vers 1970. Revendu par 1Stdibs Londres


C'est une grande broche et le poinçon de Vassort est très net.




  Broche en diamants de couleur et diamants taille ronde, poire et marquise, diamants taille ronde, or (poinçons français), 8,7 cm, poinçon de maître (André Vassort). GIA, 2002, rapport n° 12300322 : 3,19 carats, jaune-vert vif, pureté VS1. GIA, 2002, rapport nᵒ 12308263 : 2,57 carats, jaune orangé foncé.
GIA, 2002, rapport nᵒ 12300347 : 2,50 carats, jaune intense, pureté VS1, revendu par Christie's                                                                                                                                                                                                                                            

Très belle parure or jaune diamants, pierres de couleurs, fabriquée par André Vassort année 1970


Sautoir d'André Vassort en or, rubis, émeraude, saphirs chez Marie-Laure Chermezon, Marché Serpette


1970  Mauboussin Collier articulé en or jaune 18 K (750) Signé. Poinçon de maître André Vassort. Pb : 100,4 g


1970 env. : Vassort fabriqua, dessina aussi des bijoux simples, bague enroulée BOUCHERON en or jaune 18 k (750 millièmes) ornée de deux cabochons opposés, un de corail et un de lapis-lazuli. 
Signée "Boucheron Paris" et numérotée, poinçon de maître André Vassort Poids brut : 17,6 g


Petit chien de Vassort fabriqué pour Mauboussin en or, lapis-lazuli, corail rose, années 70. 


ANDRE VASSORT POUR VAN CLEEF & ARPELS, UN COLLIER ET UNE PAIRE DE BRACELETS EN PERLES D'AMÉTHYSTE ET DIAMANTS, années 1970, en or jaune 18 carats, composé de trois rangées de perles d’améthyste polies, rehaussées d’entre-deux texturés sertis de rangées de diamants ronds taille brillant, séparables pour former une paire de bracelets, les diamants totalisant 2,0 à 2,2 carats, signés VCA et numérotés, poinçon de l'orfèvre André Vassort, poinçons de contrôle français, estampillé 750, collier 40,5 cm, bracelets 20,0 cm, 62,3 g. Vente d'Elmwoods


VAN CLEEF AND ARPELS par ANDRÉ VASSORT Parure en or jaune 18 carats (750 millièmes) composée d’un collier formé d’une succession d’anneaux et de motifs floraux sertis de diamants taillés en brillant, pouvant se diviser en trois bracelets, soutenant un pendentif broche formé de trois anneaux en goutte sertis de diamants taillés en brillant surmontés d’un motif floral serti de diamants taillés en brillant. Une paire de pendants d’oreilles ornés d’un motif floral serti de diamants taillés en brillant soutenant trois pampilles également serties de diamants taillés en brillant. (Systèmes à clips). Chaque pièce est signée, numérotée et porte le poinçon d’orfèvre d’André Vassort. Vers 1970. ci-dessus et ci-dessous.



1970 Parure de Van Cleef & Arpels : fabriquée par André Vassort en or, diamants taille brillant, corail, améthystes, taille poire et pendeloques.


Dessin de Patrick Vassort en 1970



Arfan Paris 1970, boucle d'oreille à clip convertible Andre Vassort en or 18 carats et quartz cristal de roche : Un mot à propos de la maison Arfan avec qui Vassort travailla beaucoup, même si cela n'atteignit pas le niveau d'un Louis Gérard : Arfan Paris était une maison de joaillerie française historique, fondée après la Seconde Guerre mondiale par André Arfan. Arfan Paris collaborait fréquemment avec les plus grands ateliers parisiens, notamment le maître joaillier André Vassort. Arfan a cessé ses activités à la fin des années 1980 et ses créations sont aujourd'hui très recherchées.


Je ne connais pas la date de fabrication. Un diamant jaune rond taille brillant au centre, mis en valeur par des émeraudes rondes et rehaussé de diamants ronds taille brillant. 
Diamants jaunes d'un poids total d'environ 2,35 carats Diamants blancs d'un poids total d'environ 1,90 carat. Émeraudes d'un poids total d'environ 1,85 carat. Marque de fabricant pour André Vassort
or jaune 18 carats et platine. Poids total : 18,17 grammes


Collier de la Begum en 1971, fabrication Atelier Vassort


la princesse Salimah Aga Khan (alors Sarah Croker-Poole) discutant à table avec un convive lors d'une soirée mondaine. Sur cette photo, c'était un collier rubis. Le divorce de la princesse Salimah Aga Khan d'avec l'Aga Khan IV a été prononcé en 1995, après 26 ans de mariage. Elle avait épousé le prince Karim Aga Khan en 1969.

1971 Louis Gérard Azoulay


1968 ou 1974 ? IMPORTANTE PENDENTIF «ROSACE » Perles de culture, diamants, or jaune 18 K (750). Poinçon de maître André Vassort. Peut se porter en clip. Diam.: 7,2 cm env. - Pb.: 74.3 gr
Un pendentif rosace similaire en corail et améthyste réalisé vers 1974 chez Boucheron a été exposé lors de l'exposition Serpent Bohème qui a eu lieu en janvier 2015 place Vendôme.
Merci à la maison Aguttes qui a revendu ce pendentif d'avoir signalé le poinçon de maître.


Sertie de saphirs cabochons, encadrée et accentuée de diamants taille brillant, longueur environ 385 mm, signée M. Gérard, numérotée, poinçon de fabricant pour André Vassort, poinçons d'exportation et d'essai français pour l'or, pochette estampillée M. Gérard, vers 1975, revente par Sotheby's.


M. Gérard | Demi-parure émail et diamant.
Comprenant : un collier à motif feuillagé orné d'émail rouge et brun, rehaussé de diamants taille brillant, d'une longueur d'environ 380 mm ; et une paire de clips d'oreilles assortis, sertis de diamants taille brillant, montés en or jaune 18 carats, tous deux signés M. Gerard, numérotés, avec poinçons français et marques de maître d'André Vassort.


Signature de M. GERARD et poinçon d'André Vassort


Or diamants sur cristal de roche

ENSEMBLE COLLIER ET BOUCLES D'OREILLES EN DIAMANTS, CRISTAL DE ROCHE ET LAPIS-LAZULI, M. GÉRARD.
Diamants taille brillant, cristal de roche sculpté et lapis-lazuli, or (poinçons français), pendentif amovible, collier 36,0 cm, boucles d'oreilles 7,0 cm, signé M. Gerard, poinçon de maître AV pour André Vassort, nᵒ 995 et 996 : revendus par Christie's


Publicité M. Gerard : Bijoux de A. Vassort


1975-1980 Bracelet de Vassort pour M. Gerard, or jaune, diamants, saphirs, collection de Thierry Martin.


Quelques dessins pour des clients, par Patrick Vassort en 1978





Van Cleef & Arpels, importante demi-parure composée d’une paire de pendants d’oreilles de forme ovalisée ajourée et articulée en deux parties désolidarisables, sertie d’environ 10,5 ct de diamants extra-blancs, monogrammée, numérotée et poinçon de maître Vassort, et d’un long collier en trois parties divisibles, formé d’une succession de maillons ovalisés sertis de diamants taille brillant extra-blancs de 40,5 ct au total, monogrammé, numéroté et poinçon de maître Vassort, l. 67 cm, poids 76,72



BOUCHERON Paris Bague bombée en or jaune 18 carats (750 millièmes) à décor perlé, sertie d’un cabochon de turquoise. Signée Boucheron Paris et porte le poinçon d’orfèvre de la Maison Vassort. Taille de doigt : 46 Poids brut : 12 g 


Quelques dessins pour des clients, par Patrick Vassort en 1978




1978 Eric BERTRAND Montre classique, le boîtier rectangulaire en acier à fond vissé (numéroté), avec quatre godrons en or jaune 18 carats (750 ‰). Attaches à glissières pour le bracelet. Cadran gris signé, index bâton et aiguilles dorés. Bracelet à godrons en acier et en or jaune 18 carats (750 ‰) à boucle déployante (poinçon d’André Vassort). Mouvement à remontage quartz. (pile à remplacer) Dim. : 30 x 22 mm État : Beau Poids brut : 76,8 g...


1979. Pendentif or jaune, diamants taille brillant et tourmaline rose.


1980. Le "chic" des dessins de Patrick Vassort, pendentif cristal de roche et rubis.


1980  pendant rubis, baguette rubis, diamants trapèzes et tailles brillant



1980 : parure "Granulations" de Boucheron, or  jaune, diamants, fabrication Vassort.


1980


BRACELET ART DÉCO ONYX ET DIAMANTS, PUIFORCAT
Onyx cabochons, diamants ronds, or 18 K (750) et argent (800), poinçons français, 17,8 x 4,1 cm, poids brut : 174,33 g, signé Puiforcat, nᵒ 5, dans son écrin.
La revue Vanity Fair l'indiquait comme ayant été fabriqué en 1930, or après avoir vérifié auprès de Guigone ROLLAND, responsable du patrimoine de Puiforcat, c'est bien 1980. La maison Puiforcat en avait confié la fabrication à André Vassort.


J'ai demandé à la maison Puiforcat s'ils avaient gardé des archives de cette merveilleuse "ligne" dessinée par Patrick Vassort.







Bonjour monsieur,
Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à notre maison.
André Vassort a dessiné pour notre Maison une ligne de bijoux lancée en 1985. Ce projet, mené par l’ancienne propriétaire de la maison, était fortement inspiré de l’héritage Art déco de notre maison, et comportait différents modèles de bagues, de bracelets, et de clips d’oreilles, mêlant l’argent et le vermeil aux pierres dures. Ces pièces étaient fabriquées par un partenaire externe.
La commercialisation de ces produits a été arrêtée après le rachat de Puiforcat par la maison Hermès, dont la stratégie a été de se recentrer sur le cœur de métier de Puiforcat : l’orfèvrerie dédiée aux arts de la table. Nous conservons quelques-uns des dessins d’André Vassort dans nos archives. J’espère que ces éléments vous aideront dans la rédaction de votre article. Bien cordialement, 
Amélie de Cagny
Dir. Marketing opérationnel et communication.
Je la remercie beaucoup, tellement rare que les maisons de ce groupe me répondent.

PUIFORCAT – Dessin André Vassort © Patrimoine Puiforcat 


PUIFORCAT – Dessin André Vassort © Patrimoine Puiforcat 


PUIFORCAT - Dessin André Vassort © Patrimoine Puiforcat 


PUIFORCAT – Dessin André Vassort © Patrimoine Puiforcat 


Bracelet Art déco, Jean Puiforcat en or 18 carats, rubis et jade revendu par Glenn Bradford


Ce bracelet a traversé l'océan Atlantique car Glenn Bradford Fine Jewelry est une maison de joaillerie de luxe familiale fondée par Glenn et Sharyn Bradford, un couple passionné, et basée à Southampton, dans l'État de New York.


Bague jonc en or jaune 18 kt et argent (poinçon : charançon) ornée d'une plaque de jade néphrite.
Travail français signé Puiforcat, circa 1970/1980, style Art déco. Poinçon de maître : atelier André Vassort.


Bague or et argent 1980 Poinçon de maître : atelier André Vassort. Poids brut: 30,19 g Hauteur: 2.60 cm
Largeur : 2,10 cm La bague et les boucles d'oreilles sont en vente à l'excellente Galerie Pénélope: https://galeriepenelope.com/


La Maison Vassort fabriqua pour plusieurs marques des boucles déployantes en or et acier, ici sur une OMEGA montre ronde en or jaune 18 carats (750 ‰). Boîtier extra-plat à fond clippé (signé et numéroté). Bracelet en crocodile (Crocodylia spp. CITES annexe II B), à double boucle déployante en or jaune 18 carats (750 ‰) et acier (poinçon d’André Vassort).  
Brevet déposé de Patrick Vassort (ci dessous)

Dispositif de fixation interchangeable pour articles de bijouterie, pièces d'horlogerie ou petite maroquinerie. Une fixation de bracelet de montre est représentée, dans laquelle la tige (8, 9) du boîtier (3) est une tige en acier dont une première extrémité (10, 11) est vissée dans le boîtier et dont la seconde extrémité (14, 15) coopère avec l'élément de verrouillage pivotant à encliquetage (15, 17), et dans laquelle l'élément de verrouillage (16, 17) comprend un insert en acier (29) qui coopère avec la seconde extrémité (14, 15) de la tige (8, 9) lorsque l'élément de verrouillage (15, 17) est en position encliquetée. L'utilisation de composants en acier, plutôt que d'une tige en or solidaire du boîtier de montre en or, permet d'éliminer l'usure et les défaillances.


O.J. PERRIN
Bracelet en or jaune 18k (750 millièmes) et acier formant un jonc semi-rigide et ouvert à décor d'une tresse et de godrons. Signé. Poinçon de maître d'André Vassort. revendu par la maison Millon
Poids brut : 75,4 g. Tour de poignet : 16 cm env.



Collier or jaune O.J. PERRIN, tresse de godrons, fabrication André Vassort, revendu par la maison Millon.


Collier OJ Perrin en argent et or jaune 18 k, fabrication A. Vassort



André VASSORT pour Catherine DENEUVE et commercialisés par FRED vers 1980 Bague bandeau souple en or jaune 18 carats (750 ‰) et acier à maillons articulés. Poinçon André Vassort. Manque la signature C. Deneuve. Taille de doigt : 51 Poids brut : 6,3 g… Il y eut toute une ligne de bijoux tels que…


André VASSORT pour Catherine DENEUVE et commercialisés par FRED vers 1980 Paire de pendants d’oreilles à système de clips en or jaune 18 carats (750 ‰) le bouton dessinant une boucle soutenant en pampille un cœur de nacre. Signés C. Deneuve et portent le poinçon d’André Vassort. Hauteur : 3,2 cm Poids brut : 12,5 g



 Ce splendide collier à plastron en émeraude colombienne vintage et diamant, réalisé en France à la fin du XXᵉ siècle, vers les années 1980, par le célèbre joaillier français André Vassort, est orné d'une émeraude octogonale d'un poids estimé à 13,20 carats. L'émeraude est accompagnée du rapport nᵒ 105573, daté du 11 mars 2019, de l'Institut suisse de gemmologie (SSEF), indiquant qu'il s'agit d'une émeraude naturelle verte de type béryl, de saturation de couleur moyennement intense et d'origine colombienne, avec une amélioration modérée de la clarté.

En 1986, André se retire de l'affaire et ses enfants Catherine et Patrick, qui co-gèrent l'affaire  à ses côtés depuis une vingtaine d'années, reprennent le flambeau. 
Deux ans plus tard la demande est telle que l'entreprise crée une joint-venture à Bangkok, Merlin Delaunay porte l'effectif total de la maison à près de 300 personnes.


Vassort a fabriqué toutes sortes de bijoux, du plus petit jusqu'aux grandes parures, du bijou  tout or à ceux tout diamants. Celui-ci est un bel exemple, très sympathique, de M. Gérard, ce Sautoir "fleurettes".
Email bicolore, diamants taille brillant et or 18 k (750) Signé et numéroté Poinçon de maître André Vassort. Sautoir "fleurettes"


Quelques dessins pour des clients, par Patrick Vassort  années 1990





A partir des années 1990, les grands groupes financiers rachètent progressivement les maisons de luxe et intègrent à leurs groupes les métiers de fabrication.



Pouvant être porté en sautoir, en collier ras de cou ou transformé en trois bracelets distincts, son pendentif principal est également amovible et peut se porter en clip. Habillée de près de 50 carats de diamants, cette création date de la fin des années 1970, début 1980. Elle arbore le poinçon de maître d'André Vassort. Ce dernier fut l'un des maîtres d'œuvre les plus sollicités de la place Vendôme dès la seconde moitié du XXᵉ siècle. Renommé pour ses collaborations avec des maisons prestigieuses telles que Boucheron, Mauboussin et surtout Van Cleef & Arpels, Vassort a réalisé de nombreux bijoux royaux européens. texte de la maison 58 facettes










M. GERARD PARURE collection MEDICIS composée d’un COLLIER volutes, partiellement transformable en BRACELET, d’un CLIP de CORSAGE « goutte » transformable en PENDENTIF et d’une paire de CLIPS d’OREILLES « grappe », en suite. La monture en or jaune (750 ‰) sertie de diamants taille brillant et rubis ronds, soulignée d’alignements de diamants baguettes. Signée M. GERARD et numérotée, commande spéciale. Dans un étui M. GERARD. Travail français, vers 1980. Poinçon de maître du joaillier parisien André VASSORT. Long. Collier : 32,3 cm (court). Long. Bracelet : 15,3 cm (court). Dim. Clip : 5,2 x 3,3 Vendu par Kahn & Associés : https://www.kahnetassocies.com/


Pour la maison Bréguet





Ce collier est superbe, c'est mon préféré pour sa technologie, sa souplesse, sa simplicité (même si la quantité de diamants est très importante) .
Composé de 4 rangées de diamants ronds taille brillant, rassemblées au centre par un motif feuillu de diamants taille marquise et ronds taille brillant en 4 gouttes en cascade de diamants de taille décroissante.
Diamants d'un poids total d'environ 70,00 carats
Signé M. Gérard, avec numéros de série
Marque de fabricant pour André Vassort
or jaune 18 carats
Poids total : 102,58 grammes
Circonférence intérieure 14½ pouces

En 1995, la société est composée de 
Président-directeur général André Vassort (85 ans)
Directrice générale Catherine Hélène Vassort - Grospiron (48 ans)
Administrateur : Hélène Frouard (75 ans)
Commissaire aux comptes titulaire Gérard Ranchon 65 (ans)
Commissaire aux comptes suppléant : Jean Ménard.

Catherine Hélène Vassort Grospiron, car elle était la fille d'André Vassort et la femme de Claude Grospiron, de la célèbre maison de diamants, pierres fines, lapidaire Grospiron du 34 rue Drouot à Paris. à l'adresse ou en 1895 Alfred Van Cleef et Salomon Arpels avaient créé leur première entreprise





 Louis Gérard Azoulay: Dit M. Gerard, puis Louis Gérard.



Il est né en 1924 et mort en 2006.

 
Après vingt  années passées chez Van Cleef & Arpels, Louis Gérard fonde sa propre maison, M. Gérard, en 1968 et ouvre sa première boutique avenue Montaigne à Paris. Animé par le désir de créer les plus beaux bijoux du monde, Gérard est aujourd'hui surtout connu pour ses colliers, boucles d'oreilles et bracelets d'une grande finesse, sertis de diamants de haute qualité et de pierres précieuses aux couleurs éclatantes. Nombre de ces créations sont réalisées par l'atelier Vassort, un atelier qu'il a probablement découvert chez Van Cleef & Arpels.
À la fin des années 1970, la maison possède des boutiques à Gstaad, Londres, Genève, Cannes et Monaco. Elle est également devenue le premier exportateur de haute joaillerie française. En 1985, l'entreprise est rachetée par un groupe d'investisseurs américains, mais ferme ses portes au moment du départ à la retraite de Louis Gérard. Il la rouvre ensuite sous son nom au 16 avenue Montaigne, lançant une ligne de bijoux plus accessible, idéale pour le quotidien. La maison Gérard a définitivement fermé ses portes en 1991.


                                                                               
André Vassort est né le 23 octobre 1911 à Croissy-sur-Seine près de Versailles dans le département de Seine-et-Oise (actuellement les Yvelines).
En 1943, il crée son entreprise "André Vassort Joaillier" au 34 rue Saint-Anne. Il travaille à l'établi et sa femme assure la gestion de l'entreprise. De 1964 à 1978, la maison connait une croissance exceptionnelle.
André VASSORT (André Émile VASSORT), décédé le 8 avril 2002 à l'âge de 91 ans, a marqué de son empreinte toute une profession.



Patrick Vassort rentre dans la maison en 1966, il a désormais 81 ans, il est devenu un artiste complet, peinture et sculpture,  
 Après une croissance internationale sans pareille, la maison Vassort ferma ses portes en 2000, marquant la fin d’une grande aventure familiale. Patrick, lui, poursuivit la création de bijoux sur demande jusqu'à ce jour, tout en se consacrant davantage à la peinture, au dessin et à l’art sous toutes ses formes. 
Depuis les années 1970 déjà, il est régulièrement sollicité par de grands collectionneurs privés pour ses peintures, ses sculptures, ses bijoux et ses objets de design. Ses œuvres sont aujourd’hui réparties entre Paris, Londres, Manhattan, les Hamptons, et de grandes demeures françaises. En 2023, il expose pour la première fois au grand public avec une exposition solo à l’université Panthéon-Sorbonne appelée "Ping… Pong, injonctions contradictoires". Patrick Vassort y a imaginé une œuvre philosophique ludique autour des disciplines de l'emblématique université de la Sorbonne. Chaque œuvre murale est constituée de balles de ping-pong sur un support en bois, tout en contraste, noir sur blanc et blanc sur noir. Toutes les œuvres sont associées par paire et illustrent une dualité qui symbolise le doute intérieur permanent de l'étudiant, constamment interpellé par différentes possibilités, différents chemins, différents destins. « Être n'est rien, devenir est tout. » Un ping-pong intérieur incessant. Depuis, Patrick Vassort a exposé au Carrousel du Louvre et dans le quartier de TriBeCa à New York en 2024 et au Grand Palais en 2025. 


J'espère que certains se reconnaitront et m'adresseront leurs souvenirs à : richard.jeanjacques@gmail.com


VASSORT-LE CONTRASTE HISTORIQUE

Avant (L'ère des joailliers indépendants) :  la marque commande. L'atelier indépendant imagine, crée le volume et impose un style.  ...