Au XIXᵉ siècle, les découvertes archéologiques fascinent l’Europe entière. Les fouilles de Pompéi, d’Herculanum et les études consacrées aux civilisations antiques réveillent une passion nouvelle pour les arts du passé. Dans ce contexte naît un courant aujourd’hui appelé « renouveau archéologique », qui cherche à ressusciter les formes et les techniques de l’Antiquité. Parmi les joailliers qui participèrent à cet élan, un nom mérite une attention particulière : Ernesto Pierret.
Né à Paris en 1824, Ernesto Pierret s’installe très jeune à Rome, ville alors devenue un centre artistique majeur pour les amateurs d’archéologie et les voyageurs du Grand Tour. Il y apprend le métier d’orfèvre et développe rapidement une grande maîtrise technique. Plusieurs spécialistes pensent qu’il fut proche de l’environnement de la célèbre famille Castellani, dont les créations étrusques révolutionnaient alors la joaillerie italienne.
En 1846, il ouvre son propre atelier à Rome. Très vite, ses créations attirent l’attention des amateurs d’art ancien et des visiteurs étrangers. Dès le milieu du siècle, les guides destinés aux voyageurs mentionnent son nom parmi les joailliers romains les plus remarquables.
Palazzo Pierret,
Pierret se spécialise dans les bijoux inspirés de l’Antiquité, notamment des modèles étrusques. Il remet à l’honneur des procédés techniques extrêmement complexes, parfois oubliés depuis des siècles : granulation d’or d’une finesse remarquable, délicats filigranes, micromosaïques romaines ou encore montures inspirées des découvertes archéologiques.
Mais Ernesto Pierret ne se contente pas de reproduire les bijoux anciens. Là réside probablement sa singularité. Plutôt que d’imiter servilement les modèles antiques, il cherche à recréer leur esprit. Ses œuvres mêlent souvent inspiration historique et interprétation personnelle. Il n’est pas rare qu’il incorpore dans ses créations des éléments anciens véritables : monnaies romaines, intailles gravées, scarabées égyptiens ou pierres antiques.
Cette approche séduisait une clientèle cultivée, passionnée d’histoire et désireuse de rapporter d’Italie un objet évoquant la grandeur du monde antique. Les voyageurs du Grand Tour trouvaient dans ces bijoux bien davantage qu’un simple ornement : un souvenir artistique chargé d’histoire.
Sa signature broche vendue par la maison LEMPERTZ
Après son mariage avec Virginia Crespi, Ernesto Pierret acquiert un palais près de la place d’Espagne à Rome. Ce bâtiment, connu aujourd’hui sous le nom de Palazzo Pierret, porte encore le témoignage de son ascension sociale et artistique.
Bien que son nom soit resté moins célèbre que celui des Castellani, Pierret occupe une place essentielle dans l’histoire de la joaillerie italienne du XIXᵉ siècle. Son œuvre illustre parfaitement cette rencontre entre archéologie, savoir-faire traditionnel et imagination créatrice. À travers ses bijoux, il ne cherchait pas seulement à copier le passé : il tentait de lui redonner vie.
Aujourd’hui encore, les collectionneurs apprécient particulièrement ses créations, témoignages précieux d’une époque où la joaillerie se voulait aussi un dialogue avec l’Histoire.
Broche ronde en forme de disque, ornée de filigranes et de granulation de style néo-étrusque, revendue par la maison d'enchères LEMPERTZ : https://www.lempertz.com/
Comportant une plaque en micromosaïque représentant le buste d'un pharaon égyptien, entourée d'un cadre en or orné de granulation et de filigrane, suspendue par une tête de bœuf ornée d'une guirlande, poids brut d'environ 24 dwts, avec la marque du fabricant ; vers 1860. Revendue par Sotheby's
Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord. Camée français. British Museum
Cette pièce merveilleuse est au British Museum à Londres.
Cette croix tridimensionnelle en or 18 carats est superbement conçue et fabriquée à la main dans le style Renaissance médiévale avec des éléments gothiques et Renaissance. La croix est embellie de saphirs, de rubis, de diamants taillés roses et de perles.
Via rubylane.com
Intaille sur agate représentant un Hoplite: L'hoplite (en grec ancien ὁπλίτης / hoplítēs) est un fantassin de la Grèce antique lourdement armé et organisé en phalange, par opposition au gymnète et au peltaste, équipés plus légèrement. Présent dans chaque cité-État à l'époque classique, il représente le soldat grec par excellence.
Or 18 k (750/1000°) Signé H. : 7,8 cm env. - Poids : 40,8 g
Or 18 k (750/1000°) Signé H. : 7,8 cm env. - Poids : 40,8 g
Au centre, un camée scarabée en lapis-lazuli, monté sur des ailes en or ornées de micomosaique bleue. Longueur 3¾ pouces Signé Pierret or 18 carats Vers 1860
Le « Murray's Handbook to Central Italy and Rome » (1863) le décrit comme « l'un des plus grands artistes romains de bijoux étrusques ».
Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord.
Réalisé par : Ernesto Pierret Date de production : 1860 (vers ; cadre), 1826-1875 (camée)
or et sardonyx. Broderie de perles Hauteur : 3,30 centimètres British Museum.
Ce camée a été provisoirement qualifié de français en raison de l’utilisation d’un portrait de style Renaissance et d’une différence marquée dans sa réalisation par rapport au groupe romain documenté.
Ernesto Pierret travailla à Rome d’environ 1845 jusqu’après 1870. Le motif d’ovales en fil de fer et les perles constituent un motif de bordure caractéristique des camées. Ce même motif, serti de mosaïque, apparaît sur le pendentif à pièces de monnaie de Pierret, qui relève plus manifestement du « style archéologique ».
Créé à Rome par l'atelier de renaissance archéologique d'Ernesto Pierret vers les années 1860, ce collier à franges en or 18 carats représente le style étrusque. Il se présente sous la forme d'une frange de feuilles effilées, densément superposées et légèrement chevauchantes, suspendues à une ligne de perles enfilées sur une chaîne en queue de renard. Ce collier en or raffiné et riche, d'une souplesse et d'une sophistication suprêmes, est à la fois facile à porter et important d'un point de vue historique. Il s'agit d'une pièce rare provenant d'un fabricant romain légendaire, qui s'adapte doucement au cou et à la clavicule.
Galerie Macklowe Notes du conservateur :
Bijoutier néo-révolutionnaire de renommée internationale, Ernesto Pierret (1824-1870) arrive à Rome de Paris en 1845 à l'âge de 21 ans. Il y ouvre son premier salon en 1857 sur la Piazza Firenze et s'installe bientôt au 36 Via dell' Umiltà, non loin des locaux de Castellani. Concurrent de premier plan des Castellani, son travail est souvent indiscernable, par son raffinement technique, son esthétique et sa valeur académique, de celui de la famille la plus célèbre. En 1865, Pierret déménage son entreprise et sa famille dans un ancien palais de la famille Vescovali, au numéro 20 de la Piazza Spagna, qui fait face à la fontaine "La Barcaccia" du Bernini. Situé à gauche de l'escalier espagnol, le palais porte encore le nom de Pierret dans les mosaïques au-dessus de l'entrée. Grâce à l'épouse de Pierret, dont le père était avocat du pape, la clientèle de Pierret a pu avoir une orientation plus conservatrice, ce qui lui a permis de segmenter une clientèle locale de luxe en dehors de celle de la famille Castellani, dont l'un des membres (Alessandro) était un nationaliste et révolutionnaire de premier plan qui était sous le coup d'un ordre de bannissement. Pierret, qui était polyglotte et peut-être - selon certains spécialistes - "moins exigeant" envers ses clients que les Castellani, proposait des bijoux dans les styles étrusque, hellénistique et byzantin. Le nom de Pierret est signé d'une plume appliquée, comme ici, ou d'un monogramme élaboré, rarement utilisé.
la fontaine de la Barcaccia de Bernini. Ernesto Pierret acquiert ce palais au XIXᵉ siècle après son mariage avec Virginia Crespi, issue d’une famille romaine influente. Son nom est resté attaché au bâtiment jusqu’à aujourd’hui.
Ce qui est remarquable, c’est que le palais est bien plus ancien qu’Ernesto Pierret lui-même. Les premières mentions remontent à la fin du XVIᵉ siècle. Lorsque les célèbres escaliers de la place d’Espagne furent aménagés au XVIIIᵉ siècle, l’édifice fut transformé pour s’harmoniser avec le nouveau décor urbain.
Au XIXᵉ siècle, le quartier de la place d’Espagne est un véritable foyer artistique. De nombreux artistes, écrivains et voyageurs français y résident. Ernesto Pierret, joaillier d’origine parisienne installé à Rome, s’inscrit parfaitement dans cette ambiance cosmopolite où l’archéologie, l’art et le goût du Grand Tour se rencontrent.
Au XIXᵉ siècle, sous Pierret, l’immeuble est encore modifié : ajout d’un quatrième étage, terrasse panoramique et embellissements néoclassiques. Le palais prend alors l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui.
C’est un très beau détail biographique : un joaillier devenu suffisamment reconnu pour laisser son nom gravé dans le paysage romain.
C'est désormais un hôtel : la Residenza Pierret, 20 Piazza di Spagna, Place d'Espagne, 00187 Rome,
Excellente situation géographique — avec une note de 9,9/10 ! (note basée sur 427 commentaires)
Évaluée par les clients après leur séjour à l'établissement Residenza Pierret
https://www.booking.com/hotel/it/residenza-pierret.fr.html
Bracelet de style « archéologique » par l'artiste Ernesto Pierret Lieu d'origine : Italie, Rome . Date vers 1865. Dimensions L : 7 1/2 po (19 cm) Or, rubis, émeraudes, diamants, camée d'agate.
Ligne de crédit Fonds de M. et Mme George M. Jones, Jr.
Pendentif cruciforme en or orné d'un médaillon central en micromosaïque de verre représentant la Colombe du Saint-Esprit auréolée d'or. Les quatre bras sont sertis de mosaïque blanche, chacun incrusté d'une lettre grecque en or formant le mot NIKA, Un compartiment circulaire pour les cheveux est prévu à l'arrière. British Museum
ERNESTO PIERRET - ANNÉES 1850-1860
BROCHE BÉLIERS ET CAMÉE Revendue par la maison Tajan
Elle est de forme ovale ornée d'un grand camée sur coquillage représentant le portrait d'une dame de qualité au chignon fleuri. Magnifique monture en or jaune 750/1000ᵉ à décor de béliers affrontés, moulures et petits dômes. Signé PIERRET. Poids brut : 30,57 gr. Dimensions : 6,3 x 5,8 cm.
Sceau de bureau de vente Wartsky Londres : https://wartski.com
Un sceau de bureau en argent, en forme de harpe, aux cordes en or rose, au manche orné de feuilles de chêne, de glands et de perles d'or ciselé, à la caisse de résonance ajourée et ciselée, surmontée d'un buste de Psyché en cornaline sculptée, symbolisé par deux ailes de papillon en argent dans le dos. Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».
Signé : PIERRET
Le récit d'Éros et Psyché apparaît pour la première fois à la fin de l'Antiquité dans L'Âne d'or ou les Métamorphoses de Lucius Apulée. L'histoire de Psyché devient une allégorie du voyage tumultueux de l'âme à travers la vie. Psyché est le mot grec pour « âme » ou « esprit ». Le papillon est un attribut à la fois de l'héroïne Psyché (la mortelle devenue immortelle) et de l'âme. On pensait que l'esprit s'échappait du corps au moment de la mort par la bouche, sous la forme d'un papillon. La harpe représente l'harmonie et la créativité, à l'opposé d'une arme, qui sert à verser le sang ou la violence. Le dieu de l'amour, Éros, est souvent représenté tenant un instrument de musique, symbole de l'amour vertueux, un rébus pour Amor Vincit Omnia (l'amour triomphe de tout). De l'union d'Éros et de Psyché naquit leur fille, Volupta (le Plaisir).
Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».
ATTRIBUÉ À ERNESTO PIERRET : BRACELET SCARABÉE EN OR, STYLE NOUVEL ÉGYPTIEN, CIRCA 1870
Composé de quatre scarabées sculptés, gravés et pivotants, finement travaillés, encadrés de bordures torsadées ornées de perles, chacun présentant un compartiment vitré au revers. Les scarabées sont reliés par des maillons cylindriques arqués, travaillés en filigrane. Monture en or. Longueur : 21 cm.
Revendu par la maison Bonhams ; https://www.bonhams.com/auction/29941/lot/9/attributed-to-ernesto-pierret-egyptian-revival-gold-scarab-bracelet/
Les scarabées étaient des symboles importants dans la culture égyptienne antique, représentant le cycle de la naissance, de la vie, de la mort et de la résurrection. Ils étaient fréquemment intégrés aux amulettes et aux bijoux talismaniques de l'époque, témoignant de l'importance accordée à la notion d'au-delà dans cette culture. Les compartiments en forme de médaillon au revers de chaque scarabée sont typiquement victoriens par leur sentimentalité. Ainsi, ce bijou exquis est une alliance harmonieuse entre les motifs de l'Égypte antique et la culture victorienne moderne.
forme de croix, de style néo-byzantin italien, en or 18 carats et saphirs. Motif de croix grecque byzantine orné d'un décor en filigrane. Sertie symétriquement d'un saphir ovale (env. 2,74 ct, env. 8,85 x 6,84 x 5,28 mm) et de quatre saphirs taille coussin (env. 0,25 ct chacun) dans des montures coniques hautes. Fermoir et attache pour broche. Poinçons : « PIERRET ». 4,5 x 4,5 cm. Poids : 24,33 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1870. Maison Lempertz
Ernesto Pierret, Rome, vers 1870. Maison Lempertz
Dos de cette croix avec saphirs, à gauche la plaque de "PIERRET"
Pendentif en or 18 carats, émail et micromosaïque, de style néo-étrusque, avec chaîne. revendu par la maison ; Lempertz
Ce pendentif long en deux parties présente des motifs de croix grecques ornés d'émail turquoise, de filigranes et d'incrustations de micromosaïque. Il est accompagné d'une fine chaîne munie d'un fermoir en S. Signé et monogrammé « EP » au revers. Longueur totale du pendentif : 5,5 cm. Longueur de la chaîne : 41,5 cm. Poids total : 14,67 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1860.
Orné de neuf intailles sculptées en cornaline, jaspe, agate rubanée, sardoine et jaspe, représentant la déesse Fortuna, des oiseaux assis sur un nid d'oiseaux, représentant Vénus, Achille dans le temple d'Apollon, un buste de gentilhomme avec la chouette de Minerve, Antilope, la déesse Victoria, la déesse Artémis, chacune dans des cadres en fil de fer et perles, entrecoupés de maillons noués, longueur environ 170 mm.
Suite d'intailles néo-étrusques. Intailles en onyx et or jaune, vers 1860. Avec l'aimable autorisation de Hancocks. https://hancockslondon.com/
Cette suite comprend un magnifique collier à pendentifs et un peigne à cheveux en écaille, tous deux ornés d'intailles circulaires en onyx nicolo représentant des figures classiques, entre des barrettes à centre floral. Les intailles du collier représentent diverses figures antiques, dont Cérès, Flore, Salacia, Minerve, Aphrodite et Bonus Eventus. Il ouvre son propre atelier en 1846 et, quelques années plus tard, un guide touristique de Rome de 1853 le décrit comme « l'un des premiers artistes romains spécialisés dans les bijoux étrusques ». Son travail est d'une très grande qualité et présente souvent des micromosaïques, des camées et des intailles, le tout intégré dans de magnifiques ouvrages en or, parfois très ornementés, avec des motifs typiques du renouveau archéologique et étrusque.
Ligne de crédit Fonds de M. et Mme George M. Jones, Jr.
Musée de Tolède: https://emuseum.toledomuseum.org/
Ernesto Pierret (1824-1898), ceinture à transformations pouvant se détacher en bracelet et collier, en or jaune à mailles alternées de perles de lapis-lazuli, milieu du XIXe siècle, l. 79 cm, poids brut 224,2 g.
Gazette Drouot
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret. Revendu par la maison Sotheby's
broche en or, agate et perle, pendentif revendu par la maison Sotheby's
Camée ovale en agate sculptée représentant Vénus et Cupidon, dans un cadre en or orné, entouré de perles, monté en broche et pendentif, le camée signé GA Girardet F. et G. Giniselli Inv., le montage signé Pierret.
cornaline, onyx, or Revendu par Sotheby's
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret.
Une remarque, une précision, un commentaire, m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com





































