vendredi 11 septembre 2026

Van Cleef & Arpels : derrière la signature, Georges Richards et Richards & Wildenstein

 Une lectrice m'écrit


Quand un petit poinçon raconte une autre histoire de Van Cleef & Arpels

Un bijou signé Van Cleef & Arpels porte généralement, aux yeux du public, une seule histoire : celle de la célèbre maison de la place Vendôme.

Mais derrière cette signature, il y avait des hommes, des ateliers et des fabricants dont les poinçons, souvent minuscules, permettent parfois de retrouver la véritable histoire matérielle du bijou.

C'est précisément ce qui s'est produit avec un papillon Van Cleef & Arpels des années 1970.


Sur le bord de sa monture apparaît un petit poinçon représentant un coquillage accompagné des lettres G.R. Une marque presque invisible, mais qui allait permettre de retrouver le nom du fabricant : Georges Richards.


Le rapprochement n'est pas une hypothèse fondée sur une simple ressemblance. Le Dictionnaire des joailliers, bijoutiers et orfèvres de Rémi Verlet décrit pour Georges Richards un poinçon composé d'un coquillage et des lettres « Sté G.R. ou G.R. Fabricant ». Le même ouvrage permet de suivre l'évolution de ses poinçons et de distinguer plusieurs périodes de son activité. Georges Richards avait ainsi utilisé auparavant un autre poinçon, une corne d'abondance accompagnée des lettres G.R., avant d'adopter le coquillage.

Mais la découverte devient beaucoup plus intéressante lorsque l'on regarde les bijoux Van Cleef & Arpels qui portent ces marques.


Un sautoir « Vintage Alhambra » signé Van Cleef & Arpels, daté de 1969, porte ainsi le poinçon de Georges Richards. Quelques années plus tard, de nombreux sautoirs Alhambra portent celui de Georges Richards & Wildenstein.

Ce ne sont donc pas deux mentions isolées dans des catalogues de ventes : les poinçons retrouvés sur les bijoux eux-mêmes témoignent d'une collaboration qui s'inscrit dans la durée entre Van Cleef & Arpels et Georges Richards, puis Richards & Wildenstein.

Et l'Alhambra, apparu chez Van Cleef & Arpels en 1968, constitue à cet égard un cas particulièrement révélateur. Derrière l'un des bijoux les plus célèbres de la maison se découvre ainsi le travail d'un atelier dont le nom est beaucoup moins connu du grand public, mais dont le poinçon est conservé sur les bijoux eux-mêmes.

L'enquête sur ce simple « G.R. » conduit ainsi à Georges Richards, à Richards & Wildenstein, à leurs différents poinçons et à la place essentielle qu'ont occupée ces ateliers dans la fabrication de la joaillerie parisienne de la seconde moitié du XXᵉ siècle.


Reprenons ce premier papillon proposé par ma lectrice : il est en or, avec des navettes en corail serties dans l'or, deux diamants pour les yeux et des diamants taille brillant sur le pourtour. Au passage, j'admire le travail du lapidaire qui a fait tout ce qu'il pouvait pour faire concorder les deux côtés en améthyste. 


Le même vu de dos 


On peut lire nettement Made in France 18 Kts (soit 750/1000°) et : Van Cleef & Arpels 


Mon amie lectrice m'a apporté une très belle photo du poinçon qui fait penser que ce papillon est postérieur à 1958. Ce poinçon est situé sur le bord externe du bijou. Mais ce petit poinçon va nous permettre d'aller beaucoup plus loin. Le coquillage accompagné des lettres G.R. n'est pas une simple marque ressemblant à celle d'un fabricant connu. Les archives de la Garantie permettent de l'attribuer à Georges Richards, dont le poinçon « Sté G.R. » avec coquillage fut insculpé le 18 mars 1958, au 1 rue Saulnier à Paris.

Pourtant, quelques années auparavant, Georges Richards utilisait encore un tout autre poinçon...


Azur 1952


Azur 1952

Ce très beau papillon m'a donné envie de chercher ses auteurs et surprise, ce n'est pas une pièce unique, bien que la taille des améthystes en fasse des pièces uniques.


Je découvre cet autre papillon, qui a été mis en vente en Suède par la maison Kaplans, je leur écris, il me répond et demande un service, qui sait ? un de mes lecteurs ?


Cher Monsieur Richard,

Nous ne disposons pas d'autres éléments que les photos visibles sur notre site web. Cependant, je pense que les poinçons sont identiques sur l'épingle et sur l'antenne du papillon (voir photos jointes). Il s'agit probablement du poinçon d'exportation à tête de Mercure et du poinçon de retour à tête de lièvre. Cela indique que la broche a été initialement exportée pour être vendue, puis renvoyée en France pour y être commercialisée, et que les taxes correspondantes ont été acquittées à son retour (voir photos jointes extraites du livre).
Puis-je en profiter pour vous demander si vous connaissez un exemplaire disponible du livre Hallmark publié en 2022 par Rémi Verlet ?
Dictionnaire des joailliers, bijoutiers et orfèvres | L'École des Arts Joailliers
Nous recherchons ce livre depuis deux ans sans succès. Si vous pouviez m'orienter, je vous en serais très reconnaissant.
Cordialement
Karl Springe : gemmologue en chef, spécialiste senior en joaillerie



Même bijou ? Non ! Pas tout à fait : les améthystes sont différentes, mais elles sont tout aussi bien taillées par le lapidaire.


Mêmes gravures.


Mais ce ne sont pas les mêmes poinçons que le précédent papillon.
« MADE IN FRANCE 18 KRS » Van Cleef & Arpels © et surtout les deux petits poinçons sur l'épingle, que Kaplans a lui-même interprétés comme Mercure d'exportation + lièvre de retour, avec toute la prudence nécessaire.


Tiré de l'excellent livre sur les poinçons de Mike Fieggen.
                                                                                    


De 1888 à 1994, poinçon dit "de retour" pour marquer et identifier les ouvrages français exportés puis réimportés.

Ce poinçon sur l'épingle du papillon Kaplans.

J'ai trouvé un troisième papillon. 


Broche en forme de papillon en améthyste, diamant et corail, en or jaune 18 carats. Vers les années 70. Fabriqué en France. Le papillon présente un corps doré, des ailes en améthyste taille cabochon et 8 pierres roses taille cabochon taches de corail. Les bords des ailes et les yeux sont sertis de diamants ronds taille brillant. Il y a 28 diamants taille brillant rond d'un poids total d'environ 1,40 ct. Équipé d'une épingle simple avec fermeture en trombone. Poinçon : « Made in France, 18 carats ». Portant les marques des fabricants et poinçons d'or. Largeur : 73 mm. Longueur : 35 mm. Poids : 31,6 grammes.



Sur le bord haut à droite, on distingue le poinçon du fabricant.



Le papillon d'Adelina, à New York, est particulièrement intéressant parce que, contrairement à celui de Kaplans, on ne voit pratiquement pas les poinçons français d'exportation et de retour sur les photographies disponibles. La fiche 1stDibs le décrit bien comme un bijou français des années 1970, en or 18 K, « Made in France », avec des poinçons de fabricant et des poinçons de titre, mais ne donne pas l'identification du fabricant.

Trois exemplaires aujourd'hui retrouvés permettent de suivre le même modèle sur des marchés différents. Celui vendu à Kaplans porte les poinçons français de Mercure et de retour à tête de lièvre ; celui proposé à New York ne présente, sur les photographies disponibles, pratiquement aucune des marques françaises visibles sur l'exemplaire suédois. On peut dès lors envisager que certains de ces papillons aient quitté directement la France pour l'exportation, tandis que d'autres ont connu un retour sur le marché français.

Mais pourquoi trois papillons pratiquement identiques portent-ils des traces de parcours différents ?

Derrière ce petit coquillage accompagné des lettres G.R. apparaît alors un nom : Georges Richards. Les vieux annuaires professionnels permettent de suivre son évolution bien mieux qu'on ne l'imagine.

L'évolution de la maison Georges Richards

1948 – Les débuts d'un joaillier-fabricant.

En 1948, Georges Richards s'inscrit au registre des métiers avec le statut d'artisan. Il est alors bijoutier en boutique, âgé de 26 ans, et obtient l'insculpation de son poinçon le 7 avril. Son poinçon est une corne d'abondance accompagnée des initiales G.R.


Ce sont justement les vieux annuaires professionnels qui permettent de retrouver cette première étape.

1952
En 1952, l'annuaire Azur le présente déjà comme joaillier-fabricant, installé 1 rue Saulnier, avec la même corne d'abondance et les initiales G.R.


Nouveau poinçon (annuaire Azur personnel)



Annuaire Azur personnel


1954 . Association avec Wildenstein ; naissance de Richards & Wildenstein comme association/société, avec nouveau poinçon. Un coquillage et les initiales GR.
 

1958. Nouvelle étape juridique : la société anonyme Georges Richards et Wildenstein est immatriculée le 25 décembre. Parallèlement, Georges Richards fait insculper le 18 mars un nouveau poinçon, Sté G.R. accompagné du coquillage.

Années 1960-70-80  Richards & Wildenstein continue à fabriquer, notamment pour Van Cleef & Arpels, avec le fameux Sté R.W. + coquillage que nous retrouvons sur les bijoux.


VAN CLEEF & ARPELS
Sautoir "Vintage Alhambra" et pendentif "Perlé" revendu par la maison Artcurial
En or jaune 18 k, le sautoir maille forçat ponctué de seize motifs quadrilobés à surface grenetée et bordure perlée, le pendentif stylisant une croix reprenant le même décor, serti de cabochons de corail (Pleurocorallium elatius) et de chrysoprase.
On joint une paire de pendants d'oreilles faisant parure, retenant des billes de verre vert et de corail (non signée, modifiée).
1969
Sautoir et pendentif signés et numérotés Long. du collier : env. 64 cm, Haut. du pendentif : env. 7.5 cm (avec bélière), Haut. des pendants d'oreilles : env. 5.5 cm, Poids total brut : 94.45 g
Sautoir « Vintage Alhambra » en or jaune 18 carats accompagné d'un pendentif « Perlé » en or jaune 18 carats, corail (*Pleurocorallium elatius*) et chrysoprase — le tout signé Van Cleef & Arpels, 1969 — ainsi qu'une paire de pendants d'oreilles assortis en or jaune 18 carats, corail et verre.

RAPPORT DE CONDITION :
Bon état, patine d'usage 
Sautoir signé VCA, numéroté 115881, daté 69
Pendentif signé Van Cleef & Arpels, numéroté 110830, daté 69
Poinçon du joaillier Georges Richards sur les deux
Poinçon de joaillier attribué à Sté Dupeguy pour les pendants d'oreilles


Le point décisif est dans le rapport de condition :

« Poinçon du joaillier Georges Richards sur les deux » et les deux pièces sont signées et numérotées VCA, datées 69. 

Donc en 1969, nous avons une preuve matérielle très précise : le sautoir Vintage Alhambra porte la signature VCA et le nᵒ 115881, daté 69 ; le pendentif Perlé porte la signature Van Cleef & Arpels, n° 110830, daté 69 ;

Les deux portent le poinçon de Georges Richards.

Donc en 1969, il ne faut pas encore parler de « Richards & Wildenstein » pour cet objet. Le catalogue identifie explicitement Georges Richards, et non Sté RW.



Et ci-après, on découvre que la ligne Alhambra aurait été fabriquée par Richards & Wildenstein pour Van Cleef & Arpels. Et peut-être aussi créée par eux pour V.C.A. ? car je n'ai trouvé que des sautoirs, bagues, bracelets etc. de la ligne Alhambra avec le poinçon Sté RW et coquillage en symbole, Et peut-être même ont-ils participé à la création de certaines variantes pour V.C.A. ? La question mérite d'être posée, car je retrouve de nombreux bijoux de la ligne Alhambra portant le poinçon Sté RW accompagné du coquillage. Ce poinçon désigne le fabricant, tandis que la signature V.C.A. désigne la maison sous laquelle le bijou est commercialisé. Les deux marques peuvent donc parfaitement coexister sur le même bijou.

VAN CLEEF & ARPELS: SAUTOIR "ALHAMBRA" LAPIS-LAZULI
Composé de vingt motifs de trèfle à quatre feuilles en lapis-lazuli, reliés par une chaîne en or jaune à maille forçat, signé V.C.A ©, numéroté, poinçons français pour l'or 18 K (750 ‰), poinçon de maître pour Richards & Wildenstein (Georges), dimensions 80,00 cm, poids brut 48,82 g, accompagné d'un écrin de la maison Van Cleef & Arpels.

Le premier sautoir Alhambra a été imaginé par la maison Van Cleef & Arpels en 1968. Les trèfles à quatre feuilles, chers à Jacques Arpels, sont des symboles de chance et de bonheur. À l'heure où la femme s'émancipe, les lignes fluides et la structure souple de ce collier répondent au besoin de liberté de la femme en quête d'élégance et de praticité. Appréciée par des icônes telles que Françoise Hardy, la princesse Grace de Monaco ou encore l'actrice Romy Schneider, l'Alhambra connaît un succès immédiat et demeure un bijou intemporel, porté aussi bien de jour que de nuit.
Devenue l'une des collections emblématiques de la haute joaillerie, l'Alhambra se décline à l'infini avec des pierres ornementales ou précieuses et sous différentes formes (bracelet, boucles d'oreilles, montres, etc.).



La maison Bonhams apporte un élément supplémentaire à cette réflexion... Ce collier de style « Alhambra » est l'œuvre de la maison Georges Richards & Wildenstein, connue pour avoir réalisé des pièces pour Van Cleef & Arpels ainsi que pour d'autres grandes maisons de joaillerie françaises. Leur poinçon distinctif, représentant un coquillage, a été utilisé à partir de 1972 ; l'entreprise disposait d'ateliers situés au 1, rue Saulnier (75009) et au 90, avenue Paul Doumer (75116) à Paris.


Bonhams indique que leur poinçon distinctif représentant un coquillage aurait été utilisé à partir de 1972. Mais l'annuaire Azur de 1972 que je possède montre encore, dans une annonce de Georges Richards et Wildenstein, les initiales G. R. accompagnées du coquillage. Une fois encore, les documents contemporains méritent donc d'être confrontés aux descriptions ultérieures.


Les initiales sont G. R. symbole un coquillage.

Sur un autre collier Alhambra, la maison Bonhams est encore plus précise:

GEORGES RICHARDS & WILDENSTEIN : COLLIER EN CALCÉDOINE
Orné de vingt motifs quadrilobés en chrysoprase agrémentés de détails perlés, reliés par une chaîne à maillons facettés ; poinçon de maître « Sté RW », poinçons de garantie français, longueur 80 cm.
Notes
Ce collier de style « Alhambra » est une création de la maison Georges Richards & Wildenstein, connue pour avoir réalisé des pièces pour Van Cleef & Arpels ainsi que pour d'autres grandes maisons de joaillerie françaises. 


Sertie de seize motifs à quatre feuilles en malachite, longueur environ 1280 mm, signée VCA, numérotée, poinçons français et de fabricant, pochette estampillée Van Cleef & Arpels. Revendu par Sotheby's.

Je serai clair ; je ne remets pas en cause l'attribution de la création originelle de l'Alhambra à Van Cleef & Arpels ; je cherche à comprendre quelle était, dans cette création, la part respective de la maison et de ses grands ateliers fabricants.



VAN CLEEF & ARPELS: PAIRE DE CLIPS D'OREILLES "ALHAMBRA" LAPIS-LAZULI
Chacune formant un motif de trèfle à quatre feuilles en lapis-lazuli, dans un entourage de perles en or jaune, signée V.C.A. ©, numérotée, poinçons français pour l'or 18K (750 ‰), poinçon de maître pour Richards & Wildenstein (Georges), dimensions 1,50 x 1,50 cm, poids brut 7,30 g. Revendu par la maison Bonhams de Londres



La célèbre maison Barnebys a écrit:
D’après Catherine Cariou, ancienne  directrice du Patrimoine chez Van Cleef & Arpels, impossible de dire quelle est l’origine exacte du motif quadrilobe. Ni abstrait ni figuratif, il fait évidemment référence au motif très présent dans les jardins de l’Alhambra à Grenade, qui est décoré de motifs quadrilobes mauresques (quatre cercles superposés, comme la silhouette du trèfle) mais il évoque aussi un trèfle à quatre feuilles que pourrait avoir proposé Jacques Arpels, très superstitieux.

Cette prudence me paraît plus intéressante que les récits qui ont parfois accompagné, au fil des années, l'histoire de l'Alhambra. Plusieurs traditions attribuent en effet le motif à Jacques Arpels et au trèfle à quatre feuilles, tandis que d'autres insistent sur la référence aux décors de l'Alhambra de Grenade. Faute de document permettant de trancher, je préfère pour ma part m'en tenir aux bijoux et aux poinçons. 


Revendu par Bonhams 
Signées au dos du système de clip « Asprey London » ; poinçons du fabricant (les lettres R W encadrant un coquillage surmonté de STE, probablement pour Richards and Wildenstein, Georges), poinçon de garantie français (tête de Mercure) et poinçon d'importation de Londres. Les clips offrent une bonne tension et sont munis d'embouts en plastique pour plus de confort. Conviennent aux oreilles non percées.
ASPREY: DIAMOND AND SAPPHIRE EARCLIPS
Sapphire cabochons Brilliant-cut diamonds, approx. 0.70cts total 18 carat gold. 
Weight approx. 10.0g


Au dos de cette paire de clips Asprey, figure un poinçon.
Un détail m'intrigue cependant : le poinçon Sté RW  symbole un coquillage que l'on rencontre sur plusieurs bijoux, est ici disposé horizontalement. Je ne retrouve pas cette disposition dans les représentations publiées dans les ouvrages de référence que j'ai consultés. Pourtant, des bijoux de vente publique permettent de constater matériellement son emploi.






Mais il figure aussi sur cette paire de clips

Boucles d'oreilles Georges Richards & Wildenstein pour Van Cleef & Arpels en corail, diamants et or.
Pierres : corail sculpté ; diamants taille brillant d'un poids total d'environ 1,25 carat.
Métal : or 18 carats. Poinçons : pour Georges Richards & Wildenstein ; pour Van Cleef & Arpels ; poinçons français. Poids brut : 24,60 grammes. Dimensions : 21 mm x 22 mm.



1981 Annonce de Georges Richards et Wildenstein, dans l'annuaire Azur (collection personnelle)




1985 — cessation de la SA.



Alors, qui a fabriqué ces papillons ?

Au départ, nous avions simplement trois bijoux signés Van Cleef & Arpels, pratiquement identiques, mais retrouvés sur trois marchés différents. Puis un petit poinçon est venu changer l'histoire.

Le coquillage accompagné des lettres G.R. nous conduit à Georges Richards, joaillier-fabricant installé rue Saulnier, puis à Richards & Wildenstein, dont le poinçon Sté RW apparaît sur de nombreux bijoux réalisés pour les grandes maisons de la place Vendôme.

Les documents retrouvés permettent même de suivre cette histoire dans le temps : Georges Richards est associé à Wildenstein dès 1954 ; la société anonyme Georges Richards et Wildenstein est immatriculée en 1958 et cessera son activité en 1985.

Quant à Van Cleef & Arpels, les bijoux eux-mêmes apportent une réponse particulièrement intéressante : dès 1969, un sautoir Alhambra et son pendentif Perlé, signés et datés par Van Cleef & Arpels, portent le poinçon du joaillier Georges Richards. Les exemplaires plus tardifs portent, eux, le poinçon Sté RW.

Il ne s'agit donc pas de retirer à Van Cleef & Arpels la création de l'Alhambra, mais de remettre en lumière celui qui en a assuré une partie de la réalisation matérielle.

Et c'est finalement ce que racontent les poinçons : derrière une grande signature, il y avait aussi des ateliers, des hommes et des savoir-faire. Des noms aujourd'hui presque oubliés, mais que quelques dixièmes de millimètre de métal permettent parfois de retrouver.

Quant au petit papillon, il aura simplement fallu regarder son poinçon pour qu'il nous raconte une histoire beaucoup plus grande que lui.


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Van Cleef & Arpels : derrière la signature, Georges Richards et Richards & Wildenstein

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