À ce titre, je regrette de ne pouvoir trouver les modèles fabriqués par Rigollet pour les grandes maisons.
Louis Rigollet est l'exemple le plus emblématique de ces mains d'élite restées dans l'ombre. Longtemps confondu dans les catalogues de ventes avec un simple acronyme ou un jargon technique d'animation en raison du mystérieux système d'articulation « RIG » qui lui était attribué, cet homme était en réalité un ingénieur du bijou hors norme. Le dépouillement minutieux de la collection des annuaires professionnels L'Azur, des registres de la Garantie, des documents généalogiques et des bases de données internationales des brevets d'invention permet enfin de reconstituer la trajectoire de son atelier de la rue Saint-Sauveur.
Les origines, l'atavisme familial et l'indépendance (1884-1927)
Pour comprendre le génie de Louis Rigollet, il faut s'éloigner des salons feutrés et du marbre de la place Vendôme, et plonger dans la réalité laborieuse des ateliers. Louis Rigollet n'est pas devenu joaillier par hasard ; il est l'héritier direct d'une véritable dynastie vouée au façonnage de la matière et des structures.
Les racines de la famille plongent dans le sol de la Touraine. Son grand-père, Louis Rigollet, marié à Eugénie Cormier, y exerce le rude métier de tailleur de pierres. Dans la région de Tours, cette profession s'articule traditionnellement autour du tuffeau et de la pierre monumentale, exigeant un sens aigu des volumes, de la géométrie et de l'assemblage architectural. Cet esprit de construction glisse naturellement vers la finesse des métaux précieux à la génération suivante : son père, Louis Martin Rigollet (né en 1860) et marié à Laure Eugénie Chinon, fait évoluer le savoir-faire familial en s'établissant comme bijoutier à Tours.
Bercé par cet atavisme, le jeune homme parfait son apprentissage et s'ancre très tôt dans sa vie d'adulte en épousant, en 1906, il a 22 ans, Cécile Couturier (1883-1942). C’est fort de ce bagage familial et de cette stabilité personnelle qu'il monte à Paris. En 1915, au plus fort de la Première Guerre mondiale, la vie du couple s'ancre définitivement dans le 2ᵉ arrondissement de la capitale avec la naissance de leur fille unique, Hilda Cécile Rigollet (1915-1996).
Il devint ouvrier, puis chef d'atelier, puis Louis Rigollet décida de voler de ses propres ailes. Le 23 mai 1924, il franchit l'étape la plus symbolique pour un bon artisan : l'insculpation de son poinçon de maître personnel (numéro de garantie 4127).
Dès 1924, Louis dépose un brevet pour un dispositif protecteur de la pointe des broches utilisées dans les articles de joaillerie et de bijouterie.
Modèle de face à main revendu par la maison Aguttes. Il était pliable, verre dépoli, émeraude, diamants, platine, or gris signé Lacloche, mais fabrication Rigollet. Il s'en fit tout en diamants.
Louis Rigollet semble raffoler des faces-à-main. Un précieux modèle pavé de diamants exécuté pour Lacloche Frères s’en fait le témoin. Un chroniqueur du Grand Négoce confirme : « M. Rigollet a raison de croire aux gestes effrontés du face-à-main : il est très féminin. » L’année suivante, en 1928, le même rédacteur remarque chez Louis Rigollet une parure en brillants et platine poli aux arêtes vives pour laquelle l’artisan joaillier a inventé un système d’articulation qu’il a baptisé « RIG». Le poinçon qui se lit sur le spectaculaire bracelet manchette dans l'introduction semble être le sien. Tiré du livre de Laurence Mouillefarine sur Lacloche
Lunettes d’approche ou de théâtre réalisées pour BOUCHERON en 1925 par Rigollet. Calibrés rubis, émeraudes, deux rangées de diamants taille rose, 1 ct 80 de diamants montés sur platine, signée Boucheron. La lunette se replie en deux pour se ranger dans la partie fourreau en onyx.
Le véritable système d’articulation « RIG » (1924-1928)
L'année 1925 voit la consécration internationale de son premier coup de génie mécanique, déposé en France le 8 mai 1924 (puis décliné sous les brevets GB233717A et US1777679A) en collaboration avec S. Zoppini. Mais c'est en 1928 que le nom de cette invention entre officiellement dans l'histoire de la joaillerie, au croisement de nos propres travaux de recherche indépendants.
Dès début 2016, j'avais sur ce blog réalisé le tout premier travail d'archive déconstruisant le storytelling de la maison Lacloche Frères. Francis Lacloche, alors au ministère de la Culture, me confirma certains faits de la vie de son père. Ces recherches pionnières, qui ont inspiré et nourri les publications ultérieures (notamment l'ouvrage de Laurence Mouillefarine sorti en 2019 chez un grand éditeur), trouvent aujourd'hui leur prolongement technique. Interrogé par mes soins, Francis Lacloche m'a transmis une chronique d'époque exhumée dans ledit ouvrage, où un rédacteur de 1928 remarque chez Louis Rigollet une parure révolutionnaire en brillants et platine poli aux arêtes vives. Le journaliste note alors avec admiration que pour cette création, « l’artisan joaillier a inventé un système d’articulation, qu’il a baptisé RIG ».
Cette mention historique concorde de manière spectaculaire avec mes propres découvertes archivistiques : c’est précisément en septembre 1928 (dans le numéro 31 de la revue allemande Deutsche Goldschmiede-Zeitung, issue de la collection de la bibliothèque Johann Hasse) que l'Office allemand des brevets publie l'extension internationale de son invention (DE465150C) sous la désignation de Gelenkverbindung (connexion articulée).
Le problème technique résolu par Rigollet était majeur : lorsque les bracelets en platine de l'Art Déco s'enroulaient autour du poignet, les maillons rigides s'écartaient, laissant apparaître des espaces vides inesthétiques qui rompaient le pavage de pierres. L'invention de Rigollet déplace l'axe de rotation au ras de la face supérieure décorative du bijou. Le résultat est une articulation invisible où les maillons coulissent les uns sous les autres sans jamais laisser voir le moindre espace vide.
Bague marguerite en platine 850 millièmes présentant un diamant taille brillant moderne d'environ 1 ct dans un entourage de dix diamants taille carré. Numérotée 553. M. O. : Louis RIGOLLET. Dim. du diamant principal : 6,5 - 6,6 x 3,8 mm Poids total estimé des diamants : 1,80 ct Doigt : 54,5 - Poids brut : 6,3 g... revendu par la maison Le Floch
Le 22 février 1937, Louis Rigollet dépose un brevet capital (GB491074A) intitulé « Une méthode améliorée pour sertir les pierres précieuses ». Si Van Cleef & Arpels a breveté le principe général du Serti Mystérieux en 1933, la technique originale consistant à glisser des pierres rainurées sur des rails métalliques en T, reste artisanale, fragile et complexe à ajuster.
Rigollet apporte une réponse mécanique révolutionnaire : le sertissage individuel à encliquetage (dit snap-fit). Il conçoit une petite coupelle métallique invisible dotée d'un côté d'une languette rigide fixe, et de l'autre d'une fine bande de métal flexible munie d'un ergot. Lors de l'assemblage, la pierre rainurée vient se clipser instantanément et définitivement dans la coupelle souple. Ce système élimine le risque de casse des gemmes, assure un maintien parfait et supprime toute griffe visible sur le dessus du bijou. Cette innovation est le chaînon manquant qui a fiabilisé et pérennisé les plus grandes pièces de collection en serti invisible de la place Vendôme, à commencer par ses fameux clips de corsage.
Photo du clip Ballerine de Van Cleef & Arpels en or et rubis et diamants .
L’alliance de guerre, la puissance financière et la retraite (1941-1957)
L'histoire officielle a longtemps situé l'évolution d'après-guerre de l'atelier aux alentours de 1950. Les registres officiels de la Garantie rectifient cette chronologie. C'est en pleine période d'Occupation, le vendredi 2 mai 1941 (registre 1505/préfecture 21110), que naît la raison sociale « Rigollet et Ulmer » et son poinçon de maître associé, le trigramme « LRU ».
L'associé n'est autre que la maison « ULMER & C¹ᵉ », installée au 10, rue Vivienne, grand spécialiste de la bijouterie mécanique pour hommes (boutons de manchettes et chaînes d'or). Cette fusion entre le joaillier d'élite (Rigollet) et le chaîniste de précision (Ulmer) permet à l'atelier du 4 bis, rue Saint-Sauveur de devenir une puissance industrielle majeure après la Libération.
Dans les années 1940 et 1950, l'atelier donne vie aux bijoux transformables en or jaune torsadé, aux bracelets mailles d'une souplesse textile (développés d'après son brevet de cordon métallique souple à ressorts du 25 juin 1931, FR706560A) et aux fameuses montres-bracelets en tresses d'or. La réussite est totale : l'édition de 1950 de l'annuaire L'Azur indique que le capital de la société LOUIS RIGOLLET ET ULMER a explosé pour atteindre le montant spectaculaire de 1 287 000 francs.
Une broche en or français de dix-huit carats, Louis Rigollet avec rubis, diamants et émail
Toutes les grandes épopées artisanales ont un dénouement. Le 9 décembre 1955, alors qu'il prépare sa retraite à l'âge de 71 ans, Louis Rigollet cède son droit au bail concernant la porte-cochère historique et le sous-sol de fabrication du 4 bis, rue Saint-Sauveur à la société Presse et Propagande pour la somme de 900 000 francs. Cet acte juridique marque la fermeture définitive de ce haut lieu de la création parisienne. Le poinçon LRU est biffé des registres, les outillages sont dispersés. Louis Rigollet s'éteint deux ans plus tard, en 1957, laissant un patrimoine matériel immense mais anonyme.
travaillé sous la direction du célèbre Jacques Lacloche, et porte sa marque. Lacloche a réalisé de nombreuses œuvres de la série « Portrait de femme », Curieusement, cette pièce ne figure pas au catalogue de Lacloche. Il est probable qu'il s'agisse d'une idée originale de Rigollet, mais que Lacloche ne l'ait pas adoptée et n'y ait pas apposé sa marque (signature). On suppose donc que Rigollet l'a vendue sous son propre nom (ou sans signature). Par conséquent, cette pièce n'est pas une œuvre de Lacloche produite en série, mais bien une pièce rare et unique. Son charmant décor, représentant une promenade par temps de pluie, possède une dimension narrative qui ne manquera pas de séduire les collectionneurs.
Louis Rigollet est l'exemple le plus emblématique de ces mains d'élite restées dans l'ombre. Longtemps confondu dans les catalogues de ventes avec un simple acronyme ou un jargon technique d'animation en raison du mystérieux système d'articulation « RIG » qui lui était attribué, cet homme était en réalité un ingénieur du bijou hors norme. Le dépouillement minutieux de la collection des annuaires professionnels L'Azur, des registres de la Garantie, des documents généalogiques et des bases de données internationales des brevets d'invention permet enfin de reconstituer la trajectoire de son atelier de la rue Saint-Sauveur.
Les origines, l'atavisme familial et l'indépendance (1884-1927)
Pour comprendre le génie de Louis Rigollet, il faut s'éloigner des salons feutrés et du marbre de la place Vendôme, et plonger dans la réalité laborieuse des ateliers. Louis Rigollet n'est pas devenu joaillier par hasard ; il est l'héritier direct d'une véritable dynastie vouée au façonnage de la matière et des structures.
Les racines de la famille plongent dans le sol de la Touraine. Son grand-père, Louis Rigollet, marié à Eugénie Cormier, y exerce le rude métier de tailleur de pierres. Dans la région de Tours, cette profession s'articule traditionnellement autour du tuffeau et de la pierre monumentale, exigeant un sens aigu des volumes, de la géométrie et de l'assemblage architectural. Cet esprit de construction glisse naturellement vers la finesse des métaux précieux à la génération suivante : son père, Louis Martin Rigollet (né en 1860) et marié à Laure Eugénie Chinon, fait évoluer le savoir-faire familial en s'établissant comme bijoutier à Tours.
C’est devant cette échoppe provinciale, au milieu des outils de transformation et des chalumeaux, que le jeune Louis Camille Georges Rigollet naît le 11 août 1884.
Pour être honnête, c'est cette photographie ancienne qui m'a été confiée, et je lui ai mis un coup de jeune.
Bercé par cet atavisme, le jeune homme parfait son apprentissage et s'ancre très tôt dans sa vie d'adulte en épousant, en 1906, il a 22 ans, Cécile Couturier (1883-1942). C’est fort de ce bagage familial et de cette stabilité personnelle qu'il monte à Paris. En 1915, au plus fort de la Première Guerre mondiale, la vie du couple s'ancre définitivement dans le 2ᵉ arrondissement de la capitale avec la naissance de leur fille unique, Hilda Cécile Rigollet (1915-1996).
Il devint ouvrier, puis chef d'atelier, puis Louis Rigollet décida de voler de ses propres ailes. Le 23 mai 1924, il franchit l'étape la plus symbolique pour un bon artisan : l'insculpation de son poinçon de maître personnel (numéro de garantie 4127).
Nom
Rigollet
Prénom : Louis. Initiales . Localisation : 4 bis rue Saint-Sauveur.
Profession : Fabricant bijoutier joailler
Lieu d'activités 4bis rue Saint-Sauveur, Paris (75)
Symbole (pour les orfèvres) une flèche.
Date d'insculpation (pour les orfèvres) : 23/05/1924.
Numéro du registre de la garantie (pour les orfèvres) : 4127.
Numéro du registre de la préfecture (pour les orfèvres) : 17373
Son poinçon, indispensable pour frapper ses créations en or ou en platine pour les porter aux services de la garantie, porte ses initiales « L » et « R » séparées par une flèche verticale. Le succès technique et commercial l'amène, le 21 septembre 1927, à fonder la S.A.R.L. « Établissements Louis RIGOLLET » au capital de 350 000 francs, installant son atelier au 4 bis, rue Saint-Sauveur, dans le quartier de Bonne Nouvelle (Paris 2ᵉ).
1927 les établissements Rigollet
BOUCHERON Paris Face à main en platine (950 ‰), les lorgnons de forme carrée à pans coupés, le manche ciselé serti de diamants taillés en rose. Signé et numéroté. Poinçon d’orfèvre Louis Rigollet. Vers 1925. Poids brut : 24,1 g… Revendu par la maison Pestel de Bord, une loupe platine et diamants était jointe.
Lunettes d’approche ou de théâtre réalisées pour BOUCHERON en 1925 par Rigollet. Calibrés rubis, émeraudes, deux rangées de diamants taille rose, 1 ct 80 de diamants montés sur platine, signée Boucheron. La lunette se replie en deux pour se ranger dans la partie fourreau en onyx.
Le véritable système d’articulation « RIG » (1924-1928)
L'année 1925 voit la consécration internationale de son premier coup de génie mécanique, déposé en France le 8 mai 1924 (puis décliné sous les brevets GB233717A et US1777679A) en collaboration avec S. Zoppini. Mais c'est en 1928 que le nom de cette invention entre officiellement dans l'histoire de la joaillerie, au croisement de nos propres travaux de recherche indépendants.
Dépôt de son brevet en Allemagne en 1925 mais reconnu en 1928
Dès début 2016, j'avais sur ce blog réalisé le tout premier travail d'archive déconstruisant le storytelling de la maison Lacloche Frères. Francis Lacloche, alors au ministère de la Culture, me confirma certains faits de la vie de son père. Ces recherches pionnières, qui ont inspiré et nourri les publications ultérieures (notamment l'ouvrage de Laurence Mouillefarine sorti en 2019 chez un grand éditeur), trouvent aujourd'hui leur prolongement technique. Interrogé par mes soins, Francis Lacloche m'a transmis une chronique d'époque exhumée dans ledit ouvrage, où un rédacteur de 1928 remarque chez Louis Rigollet une parure révolutionnaire en brillants et platine poli aux arêtes vives. Le journaliste note alors avec admiration que pour cette création, « l’artisan joaillier a inventé un système d’articulation, qu’il a baptisé RIG ».
Cette mention historique concorde de manière spectaculaire avec mes propres découvertes archivistiques : c’est précisément en septembre 1928 (dans le numéro 31 de la revue allemande Deutsche Goldschmiede-Zeitung, issue de la collection de la bibliothèque Johann Hasse) que l'Office allemand des brevets publie l'extension internationale de son invention (DE465150C) sous la désignation de Gelenkverbindung (connexion articulée).
Adopté immédiatement par les grands donneurs d'ordres comme Lacloche Frères, pour qui Rigollet façonne également de somptueux faces-à-main pavés de diamants, ce mécanisme d'une souplesse de tissu prend ainsi officiellement le nom de sa griffe commerciale : le système d'articulation RIG. Il l'a déposé plus tôt en France mais n'a été admis qu'en 1930 aux USA
1927: Louis Rigollet est membre actif de la Chambre syndicale de la bijouterie, de la joaillerie et des industries qui s'y rattachent, qui s'inquiète de l importation des perles de culture japonaises.
En sa séance du 20 mars dernier, à laquelle assistaient: MM. Fouquet-Lapar, Saglier, Hardellet, Giard (au Bureau) et MM. Arvisenet.
Hagneaux, Mellerio, Aucoc, Auricoste, Blanchet, Brézina, Carette, Chapus, Coussin, Delâtre, Delettrez, Desmarès,Duval, Garnier, Landier, Lenfant, Loiseau, Maes, Marnotte, Nicolle, Rigollet, Thibouville,Verger, Weissmann, et après avoir adopté le procès-verbal de la précédente séance, lecture fut faite d'une lettre adressée par M. Fouquet-Lapar à M. le directeur général des Douanes, faisant suite aux différentes décisions concernant les régimes de la soumission cautionnée et de la consignation pour l'importation temporaire des pierres gemmes taillées et des perles fines.
Il fut donné connaissance ensuite de la lettre adressée au président de la Chambre syndicale par M. le ministre du Commerce et que nous publions ci-dessous dans son intégralité :
Monsieur le Président,
Dans les importants arrêts qu'elle a rendus le 28 juillet 1927, la Cour d'appel de Paris, se prononçant sur les procès qui lui étaient soumis à l'occasion de l'importation et de la vente en France de perles de culture, a décidé que ces perles ne sauraient être vendues pour des perles naturelles.
Onyx et pavage de diamants ronds taille ancienne Or 18 k (750) Poinçon de maître Louis Rigollet,
Écrin en forme Dim. : 4 x 3 cm env. – Pb. : 15.1 g
Pour une fois l'écrin est important, la maison Aguttes avait noté sur son catalogue "Poinçon de maître Louis Rigollet années 1920", C'est bon! mais il y a, en lettres d'or sur l'écrin, "Ets" pour "Établissements", donc nous pouvons préciser que c'est à partir de 1927.
Dans les années 1930, les Établissements Louis Rigollet s'affirment comme « Fabricant Joaillier Décorateur » dans l'annuaire L'Azur. L'atelier ne se contente plus d'exécuter, il conçoit la nouveauté en Belle Joaillerie. C'est cette réputation de prototypiste de génie qui pousse la maison Van Cleef & Arpels à lui confier la réalisation de ses projets les plus complexes.
Brevet pour une : agrafe à élément digitiforme servant à retenir sur un vêtement, une coiffure ou autre, un insigne, une montre ou tous les motifs décoratifs.
Bracelet rubis et diamants
Composé d'une série de motifs géométriques, orné de rubis taille carrée, sertis de diamants taille ancienne, 8/8 et carrée, longueur 170 mm, poinçons français pour le platine (850°/00), poinçon de maître, poids brut 73,24 g, vers 1930.
Diamants ronds, anciens, taille simple et baguette, platine (marks français), années 1930, pendentif amovible, marque de fabricant (Louis Rigollet)
Diamants : pour un poids total approximatif de 30,00 à 33,00 carats.
Taille/Dimensions : pendentif de 9,7 cm de haut ; chaîne de cou d’une longueur réglable d’environ 60,0 cm. Poids brut : 81,0 grammes (lot Art)
Ce bracelet de perles de rocaille et de corail à dix rangs signé Louis Rigollet est doté d'un fermoir tube de style plongeur 18 carats rarement vu, avec la marque de Louis Rigollet,
Ce bracelet mesure 6,5 cm de long et comprend dix (10) rangs de rocailles et de coraux, un classique des bijoux de cette époque. Les perles ont un bel éclat, bien assorties et de forme baroque, présentées dans un ensemble unifié et uniforme. Lorsque le bracelet est porté avec une légère torsion, l'effet est comme une corde, une sensation agréable contre le poignet.
Le fermoir très intelligent est facile à mettre et à enlever tout en étant très sûr sur le poignet. Sur le côté du fermoir se trouve un petit bouton qui permet de fixer et de libérer le fermoir.
Le fermoir porte un poinçon de l'aigle français et la marque de la flèche LR (déposée au nom de Louis Rigollet) et est en très bon état général. Parfait pour ajouter une touche de raffinement à la française à votre look, ce bracelet est un incontournable pour celles qui apprécient les bijoux intemporels et exquis.
Le 22 février 1937, Louis Rigollet dépose un brevet capital (GB491074A) intitulé « Une méthode améliorée pour sertir les pierres précieuses ». Si Van Cleef & Arpels a breveté le principe général du Serti Mystérieux en 1933, la technique originale consistant à glisser des pierres rainurées sur des rails métalliques en T, reste artisanale, fragile et complexe à ajuster.
91 074. Bijouterie. RIGOLLET , L. 22 févr. 1937, n° 5273. [Classe 43] Un dispositif de sertissage de pierres précieuses ou de bijoux comprend une coupelle munie d’une languette rigide sur une face et d’une languette souple sur l’autre. La languette rigide s’engage dans un logement de la pierre, tandis que la languette souple s’insère dans un autre logement de la pierre. Comme illustré, le dispositif comprend une coupelle métallique 2 munie, sur l’un de ses bords supérieurs, d’une languette ou saillie 3 destinée à s’engager dans un logement ou une encoche 4 de la pierre 1. À la périphérie opposée à la languette 3, un interstice est ménagé dans la coupelle. Cet interstice est comblé par une fine bande métallique 51 dont la partie inférieure 5, jusqu’aux trous 7, est soudée aux bords de l’interstice. La partie supérieure de la bande, formant une languette souple 6, est munie d’un ergot 8 destiné à s’insérer dans un logement ou une encoche 9 de la pierre. La coupelle peut être brasée ou soudée au support de la pierre, ou bien être munie à sa base d'un col, d'une bride, d'un collier ou de griffes conçus pour passer dans un trou du support et être fixés par rivetage ou brasage. Voir le brevet n° 454 821.
Rigollet apporte une réponse mécanique révolutionnaire : le sertissage individuel à encliquetage (dit snap-fit). Il conçoit une petite coupelle métallique invisible dotée d'un côté d'une languette rigide fixe, et de l'autre d'une fine bande de métal flexible munie d'un ergot. Lors de l'assemblage, la pierre rainurée vient se clipser instantanément et définitivement dans la coupelle souple. Ce système élimine le risque de casse des gemmes, assure un maintien parfait et supprime toute griffe visible sur le dessus du bijou. Cette innovation est le chaînon manquant qui a fiabilisé et pérennisé les plus grandes pièces de collection en serti invisible de la place Vendôme, à commencer par ses fameux clips de corsage.
L’alliance de guerre, la puissance financière et la retraite (1941-1957)
L'histoire officielle a longtemps situé l'évolution d'après-guerre de l'atelier aux alentours de 1950. Les registres officiels de la Garantie rectifient cette chronologie. C'est en pleine période d'Occupation, le vendredi 2 mai 1941 (registre 1505/préfecture 21110), que naît la raison sociale « Rigollet et Ulmer » et son poinçon de maître associé, le trigramme « LRU ».
L'ancien et le nouveau poinçon
L'associé n'est autre que la maison « ULMER & C¹ᵉ », installée au 10, rue Vivienne, grand spécialiste de la bijouterie mécanique pour hommes (boutons de manchettes et chaînes d'or). Cette fusion entre le joaillier d'élite (Rigollet) et le chaîniste de précision (Ulmer) permet à l'atelier du 4 bis, rue Saint-Sauveur de devenir une puissance industrielle majeure après la Libération.
Le bracelet "BRAID" avait été créé en 1947, et en 1954 est sortie cette montre-bracelet pour Van Cleef et Arpels.
L'étude Rossini a revendu cette montre accompagnée d'une bague.
VAN CLEEF & ARPELS (Commande spéciale) Ensemble comprenant une montre-bracelet de dame en or jaune 18K (750) articulée et un anneau tressé en or jaune 18K (750) assorti. - la bague : signée Van Cleef & Arpels et numérotée. Poinçon tête d'aigle. Tour de doigt : 50 - Poids brut : 9 g. - la montre : poinçon de maître de Louis Rigollet. Poinçons tête d'aigle et tête de rhinocéros. Cadran doré signé Van Cleef & Arpels Mouvement mécanique. Le fond du boîtier signé Van Cleef & Arpels et numéroté. Longueur : 18,2 cm. - Diamètre : 1,1 cm. - Poids brut : 48,52 g.
LOUIS RIGOLLET Broche-clip en platine et en or gris 18 K (750) dessinant une gerbe sertie de diamants ronds de taille brillant et de diamants calibrés, ornée de deux pâtes de verre incolores plus importantes, l'une ronde, l'autre taillée en goutte. Non signé, poinçon de maître. Travail français des années 1940. Hauteur : 4,5 cm environ. Poids brut : 19 g Une pince à diamant française de 1940 revendue par maître Ader.
travaillé sous la direction du célèbre Jacques Lacloche, et porte sa marque. Lacloche a réalisé de nombreuses œuvres de la série « Portrait de femme », Curieusement, cette pièce ne figure pas au catalogue de Lacloche. Il est probable qu'il s'agisse d'une idée originale de Rigollet, mais que Lacloche ne l'ait pas adoptée et n'y ait pas apposé sa marque (signature). On suppose donc que Rigollet l'a vendue sous son propre nom (ou sans signature). Par conséquent, cette pièce n'est pas une œuvre de Lacloche produite en série, mais bien une pièce rare et unique. Son charmant décor, représentant une promenade par temps de pluie, possède une dimension narrative qui ne manquera pas de séduire les collectionneurs.
Revendue par "AntiqueGallery Soleil"
Quelques mots sur la maison René ULMER, après le décès de Rigollet, mes parents travaillaient avec cette maison et à mes débuts, vers 1974, j'ai travaillé aussi avec eux, un grand technicien dans ses chaînes, bracelets et colliers. Il était né en 1896 à Mulhouse, il s'était inscrit au registre des métiers en 1936, il fut radié en 1941, parce qu'il s'associa à Louis Rigollet.
Pourtant, pour l’historien du bijou, le collectionneur averti ou le confrère joaillier, la vérité historique ne se lit pas sur l'or imprimé des écrins de la place Vendôme. Elle se traque patiemment au revers des pièces, dans le secret du platine et de l'or, là où le petit losange gravé d'une flèche atteste, pour l'éternité, de la signature du véritable créateur.
Quelques mots sur la maison René ULMER, après le décès de Rigollet, mes parents travaillaient avec cette maison et à mes débuts, vers 1974, j'ai travaillé aussi avec eux, un grand technicien dans ses chaînes, bracelets et colliers. Il était né en 1896 à Mulhouse, il s'était inscrit au registre des métiers en 1936, il fut radié en 1941, parce qu'il s'associa à Louis Rigollet.
Il reprit un poinçon dont le symbole était une hélice d'avion et les lettres R.U. Ce poinçon fut biffé le 24 mars 1964 ayant créé une société Ulmer et Cie, et le même symbole mais les lettres U. Cie ;
Je n'ai pu trouver de pièces de cette "maille Ulmer" qui se faisait dans toutes les couleurs, très belle, très souple. C'était léger et un certain volume avec les côtés du bracelet qui avaient un peu de hauteur.
Pourtant, pour l’historien du bijou, le collectionneur averti ou le confrère joaillier, la vérité historique ne se lit pas sur l'or imprimé des écrins de la place Vendôme. Elle se traque patiemment au revers des pièces, dans le secret du platine et de l'or, là où le petit losange gravé d'une flèche atteste, pour l'éternité, de la signature du véritable créateur.




































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