mardi 24 octobre 2023

Georges Andrey, son fils Jacques Andrey une partie de l'Univers du joaillier Cartier


 Un joaillier peu connu, l'ennui pour sa mémoire étant de n'avoir eu pratiquement qu'un seul client. Et ce Client n'a pas mis en avant son fournisseur.

Georges Andrey n'a travaillé pratiquement que pour Cartier, mais des pièces de lui circulent sans que son poinçon soit totalement identifié, ou que la Marque, à l'époque n'ait  identifé son travail, d'ou le besoin d'écrire qui il était, en espérant que des lecteurs m'apportent des compléments, des témoignages, ou photographies.



Georges Andrey est né le 22/12/1868 dans cette petite maison au 60 rue Du Couedic dans le 14 eme arrondissement.  C'est au-dessus des sites majeurs du parcours actuel des catacombes qu'est tracée la rue du Couédic .Ancienne rue Neuve-d'Orléans, du fait de sa proximité avec l'avenue d'Orléans, actuelle avenue du Général-Leclerc. Du temps où elle se trouvait sur le territoire de la commune de Montrouge, la rue prend par décret du 24 août 1864 le nom de « rue Du Couédic ».
Georges est le Fils de Eugene Horace Marie Andrey journalier, 37 ans en 1868 ,et de Alphonsine Mathilde Gabriel, gilétière de son métier et agée de 30 ans.

A 20 ans Georges est déclaré Bijoutier et habite au 18 rue Saint Lazare à Paris. Il habite chez ses parents. Sonpère est alors, employé aux Chemin de fer d'Orléans.


L immeuble du 18 rue d'Orléans est interessant deux entrée de chaque coté de ce restaurant, le porche de droite a cette époque  est  "Le théâtre d'Application", plus connu sous le nom de "La Bodinière", de grandes oeuvres y furent crées mais il ferme en 1909. Au début des années vingt, il existait un petit oratoire réunissant des juifs originaires de l'Empire ottoman. En 1931, la synagogue est inaugurée et s'agrandit encore en 1937. Nombre de ses fidèles disparaissent au cours de l'Occupation. Administrée par l'ACIP depuis 1965, elle est alors affectée au rite algérois. Sur sa façade de style oriental, on peut lire le psaume 122 : « Nous sommes pleins de joie quand on nous dit : allons inaugurer la maison de Dieu. »

Georges Andrey a 20 ans, mesure 1 mètre 75,  il a  les cheveux chatains foncés et les yeux gris.
En 1884 il part faire son service militaire au 4 ème régiments de Cuirassiers jusqu'en septembre 1892.
Il se marie en 1893  et habite toujours chez ses parents rue Saint Lazare, il déménage et va habiter au 70 quai de l'hotel de ville. en 1895 change de logement et va habiter 30 rue Saint Merri dans le 4 eme, en décembre 1895 il se trouve au 17 rue du mail dans le 4 eme . Son fils Jacques va naitre dans cette rue, le 19 juillet 1896, plus tard son fils Jacques deviendra dessinateur en joaillerie et travaillera chez Cartier
En 1900 Il part à Colombe 3 rue des Vallées habiter chez Mr Breyat.


En 1899, l’inauguration du magasin Cartier au  13 rue de la Paix, marque un tournant essentiel dans l’histoire de la Maison : Cartier s’affirme désormais comme créateur, et non plus «détaillant», s’entourant d’ateliers spécialisés avec lesquels sont établis des liens d’exclusivité, tels Andrey, Charpentier, Droguet, Harnichard, Lavabre ou Picq, qui exécutent les bijoux d’après ses dessins et selon ses instructions 
En 1900 un certain Henri Andrey (d'après Rémi Verlet dans son dictionnaire des poinçons )constitue une société le 17 janvier au 10 rue Vivienne avec Firmin Noel et Louise Trivioux , le poinçon avait été insculpé  le 11 mars 1899.
Je ne sais d'ou vient ce nom de Henri ,  je n'ai pas trouvé la constitution de société 


Mais l'annonce de cette constitution n'indique que le nom "Andrey"


C'est le poinçon conservé par la garantie(et qui se trouve sur le nouveau site du ministère de la culture)  le symbole, trois boules en triangle en bas  et en haut les initiales AN & Cie.
Nom Andrey Prénom  Noël ????? (& Cie) initiales.AN et Cie Adresse 103 rue de Provence  Fonctions et activités , Fabricant bijoutier Trois boules en triangle. Date d'insculpation  11/03/1899 Date de  biffage 2 juin 1902
Donc ces écrits sont imprécis.
Et c'est d' ailleurs  en 1902 que Georges Andrey va succeder  à cette société, son entreprise se trouve au 10 rue Vivienne  puis au mois d'Aout 1903 il déplace l'atelier au 15 rue de Gaillon dans le 2 eme arrondissement.

A la suite d'une erreur , en partie de ma part , j'avais pensé que ce poinçon était celui de Gustave Aubry suite à un courrier d'un ami galeriste voir: https://richardcourrierdeslecteurs.blogspot.com/search?q=Andrey
Mais un grand spécialiste de Cartier "Olivier Bachet" m'écrivit un texte très interessant .

Bonsoir Monsieur Richard

Le poinçon GA avec une feuille de gui pour différend n'est pas le poinçon de Gustave Aubry qui n'a jamais travaillé pour Cartier. Il s'agit de Georges Andrey, installé rue de Choiseul dans le 2ème arrondissement et qui a commencé son activité en 1902. C'est l'un des plus importants fournisseurs de bijoux pour Cartier vers 1910. Il est notamment réputé pour les pièces en platine, diamants et cristal de roche décorées de rinceaux de style Renaissance. Il est aussi le fabricant privilégié, en compagnie de Georges Harnichard, des épingles à jabot en forme de flèches qui rencontrent beaucoup de succès avant le Grande Guerre. Le poinçon est figuré dans le tome 2 de mon livre "Cartier, objets d'exception". 
Par ailleurs, j'apprends avec grand intérêt que Cartier a vendu des bracelets en laiton faits à partir d'obus de 75. Comme vous le dites très justement, Cartier a été très impliqué, directement et indirectement dans la guerre. Les trois frères Cartier, Louis, Pierre et Jacques ont été mobilisés et Jacques a été fortement gazé. Il est resté très fragile des poumons et c'est probablement l'une des raisons qui explique son décès prématuré en 1941. Charles Jacqueau, le directeur du studio de dessin de Cartier Paris a, lui aussi, été mobilisé et gazé à La Harazé en Argonne, puis il a combattu sur le front d'Orient. Quant à Henri Lavabre, l'un des plus importants fabricants pour Cartier, il a disparu en 1914 et a probablement été fait prisonnier mais il est revenu et à repris son activité. Voilà pour les plus célèbres. Quoi qu'il en soit, la simple étude des poinçons de maîtres fabricants sur les pièces produites par Cartier entre 1914 et 1918 montre que nombre d'ateliers et d'ouvriers joailliers travaillant traditionnellement pour Cartier avant la guerre ont fermé car les hommes sont partis pour le front. Cartier a donc fait appel à des ateliers avec lesquels il n'avait pas travaillé jusqu'alors. C'est le cas de Miani, Le Saché ou Mentel par exemple. 
Pour la petite anecdote, Cartier a même fabriqué des bijoux avec les débris des vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Reims bombardée par les Allemands en 1914. C'est Jacques Cartier qui en a eu l'idée.
Olivier Bachet

Heureusement j'avais gardé l'ancienne dénomination par la garantie , ce site était bien meilleur que l'actuel.


Voici donc avec certitude le poinçon de Georges Andrey  le 27 juin 1902  il était installé au 15 rue Gaillon.


Montre pendentif de forme ronde en or (750‰), cadran argenté avec chiffres arabes peints sur fond guilloché, aiguilles en acier bleui. Lunette en émail guilloché vert et blanc. Le revers rehaussé d'un diamant taillé en rose sur fond émaillé vert côtelé bordé d'une ligne blanche. Fond clipé en or 18K (750‰), double numérotation interne 7974 et 3822. Mouvement mécanique signé Cartier Paris, mentions 18 Eighteen Jewels et 8 Eight Adjustments, décoration côtes de Genève et anglage, échappement à ancre en ligne droite. Elle est retenue par une chaîne en or gris (750‰), maillon bâtonnet en émail guilloché vert bordé de perles, agrémenté d'un fermoir anneau ressort numéroté 4390. Cadran signé CARTIER Paris. Poinçon de Maître de Georges ANDREY sur la bélière. Travail français  (a partir de 1902)  Poids brut : 36 g - Diamètre : 30 mm Longueur du sautoir : 69 cm


Enfin en 1905 il s'installe définitivement au 23 rue de Choiseul, puisque c'est à cette adresse qu'il décèdera. Il y habitait, son atelier était il en appartement ou au fond de la cour???


1907-1908
Cest un dessin extrait d'un receuil de dessins de la maison Cartier, et Andrey eut à raliser des pièces tout à fait comparables


Cette broche a été executée par Georges Andrey pour le stock de Cartier en 1909
Diamants et rubis a monture ouverte en platine serti millegrain. Remarquez les rubis sertis par les bord et tenus au centre par un plot ou est incrusté un petit diamant.
Poinçonné  G.A. et gravé Cartier L 4cm20


Un fin pendentif en diamant, vers 1910 Photo : Bonhams. certainement Andrey
Conçu comme un pendentif circulaire ajouré et très flexible, avec un délicat millegrain, centrant un diamant rond articulé de taille brillant, pesant environ 1,60 carats, suspendu à une chaîne sertie d'un collet, avec des entretoises en diamant de taille similaire ; non signé, attribué à Cartier ; poids restant estimé du diamant : 9,00 carats ; monté en platine; longueur : 21 pouces..
Le design circulaire et très flexible, un motif d'eau d'inspiration japonaise, était l'un des favoris de Cartier à la fin de la première décennie du 20e siècle.
S'éloignant des volutes feuillagées et des couronnes utilisées dans les bijoux du début du siècle, les motifs sont devenus plus géométriques. Cela marque le début d’un nouveau style dans lequel Cartier est à l’avant-garde. Ce pendentif reflète cette période de transition.
Dans la collection Cartier, vous trouverez un exemple d'une broche similaire, créée par Andrey pour Cartier à Paris. Il a été créé à l’origine comme épingle à chapeau pour la famille Rothschild, sur commande spéciale. Plus tard racheté et transformé en broche et vendu à Mme Cornelius Vanderbilt. 


Ce motif vague d'eau a été utilisé pour une série de pendentifs diamants similaires, extrêmement fluides, plusieurs avec diamants centraux, créés par Cartier. Dans l'excellent livre de Judy Rudoe, Cartier 1900-1939 figure boîtier en plâtre d'un pendentif presque identique.


Donc même si ce pendentif n'est pas signé Cartier , ces photos, je le crois, démontrent  que c'est du Cartier fabriqué par Georges Andrey.
Paire de boutons de manchettes  en platine, diamant.
De conception ajourée, serti de diamants taille rose pesant environ 0,75 carat, signé Cartier, numéroté 3408 2225, avec poinçons d'analyse français et poinçon de fabricant pour Andrey ; vers 1910.




Tête d”épingle à chapeau
Exécutée par Andrey pour Cartier Paris sur commande du baron Maurice de Rothschild, 1910.
Diamants et saphirs à monture ouverte en platine serti millegrain. Un motif de rubans ondulants occupe le centre, avec une bordure de saphirs calibrés. L°épingle à chapeau n°existe plus, et sa tête est à present montee sur une épingle de broche, mais l'orifice prévu pour l'épingle à chapeau reste visible au centre de 1envers.
Achevée en juin 1910. Rachetée pour le stock  le 19 juí1let 1910 et revendue a Mrs C. Vanderbilt
le 20 septembre 1911 comme épingle à chapeau.
Bord gravé CARTIER ; poinçon de garantie parisien à tête d'aigle (utilisé avant 1912) et poinçon de
fabricant GA de chaque côté d'une branche de gui sur le chaton surélevé.
Le motif de rubans ondulants d'inspiration chinoise ou japonaise, fut utilisé pour toute uneserie de pendentifs, tous ornés d”une grosse pierre centrale. Le motif était disposé tantôt verticalement tantôt horizontalement. Mrs C. Vanderbilt (1870-1953), née Grace Wilson, épousa Cornélius Vanderbilt III (1873-194-2) en 1896 .



Une lavallière Belle Époque en perles, rubis et diamants, par Andrey, probablement pour Cartier, vers 1910
La chaîne en perles naturelles et platine reliée par une entretoise en rubis calibré via des mécanismes de fermoir en diamants taille rose, suspendant deux pampilles de perles de rocaille de longueur inégale, chacune d'elles surmontée d'une coupole ajourée en millegrain sertie de diamants taille rose et de rubis calibrés , monté en platine et or, poinçon de maître GA flanquant une gerbe de gui, poinçons de dosage français, longueur du pompon 4,5 cm.


Accompagné d'un rapport de GCS indiquant que les perles mesurant de 3,0 à 4,8 mm ont été testées et jugées naturelles, d'eau salée. Numéro de rapport 5775-2120, daté du 8 juin 2015. 
Cartier a chargé plusieurs ateliers de joaillerie indépendants de fabriquer leurs créations exclusivement pour eux. Le poinçon de maître sur ce collier est celui d'Andrey, pour son atelier parisien spécialisé dans la confection de bijoux sertis et platine pour Cartier jusque dans les années 1920. Ce style de collier est une « lavallière » - une forme spéciale de collier Cartier produite à partir de 1900 - qui comportait deux pendentifs joints, généralement de longueurs différentes, se terminant par des extrémités imaginatives liées entre elles. Le nom faisait allusion au nom de scène de la célèbre actrice française Eve Lavallière, qui avait auparavant travaillé dans une fabrique de chapeaux, nouant des rubans et des cravates appelées lavallières.

CARTIER Epingle flèche,  En platine, sertie de diamants taillés en rose Vers 1910
Signée et numérotée Long.: 5.3 cm, Poids brut: 2.92 g  Signée Cartier Paris et numérotée 9460
Poinçon du joaillier Georges Andrey

Revendue par la Maison Artcurial
CARTIER fabriquée par Georges Andrey
Epingle flèche, en platine, sertie de diamants taillés en rose Vers 1910. Signée et numérotée Long.: 5.3 cm, Poids brut: 2.92 g  Signée Cartier Paris et numérotée 9460 Poinçon du joaillier Georges Andrey


Par un système simple , d'une encoche faites sur l épingle, il suffisait de tourner la tige d'un demi-tour pour que le ressort en or jaune se lève  et libère la partie basse de la flèche pour permettre de passer l épingle sous le tissus.




Un registre des devis  d'atelier, 1913-1914. Archives Cartier
Page de gauche : un pendant et une broche, dont le coùt de realisation est estimé par Lavabre respectivement à, 600 et 900 francs, tous deux avec la mention Commande donnée à Picq par Mr Louis. Page de droite : deux broches et un pendant en forme de poire en corail, avec devis de Droguet et d'Andrey pour les broches uniquement, sans mention du pendant en corail.
Crayon, plume, aquarelle et gouache sur calque beige.
Ce registre comprend les devis de production des differents ateliers. Des ébauches concernant les cinq pieces présentées ici se trouvent dans les dessins de Charles Jacqueau (collection privée, n° 771, recto-verso). Les cinq objets furent réalisés : les deux pendants en corail pour le stock Cartier en octobre 1913 (vendus au duc d°Orleans en 1914), la broche à motif d'arbre egalement en 1913.
Sur ses ébauches, Jacqueau avait indiqué  dans quels matériaux ces pieces devaient être exécutées. La pyramide à la base du long pendant en corail, par exemple, était prevue avec une émeraude, des améthystes, du corail, et une perle au-dessus. Pour la broche avec l'arbre en pierres de couleur, l'indication donnée est : "plaque du fond onyx noir ". Le dessin inachevé pour le pendant en corail en forme de poire porte les mentions  "onyx, corail, onyx " pour les anneaux, et  "bt" (brillants) pour les bélieres en diamants. Quant à la poire en chute elle-même, elle est annotee « points onyx noir ››, ce qui constitue apparemment un cas exceptionnel de corail incrusté à la fois de diamants et d'onyx, ainsi que l`une des plus anciennes mentions d'incrustation a l'onyx dont nous ayons connaissance.
Les deux croquis de broches qui se trouvent dans les papiers personnels de Jacqueau portent la mention " à exécuter en diamants etcristal de roche gravé ". En considérant le document des registres d”atelier seul, il n'aurait pas été évident de conclure que le motif noir devait être en cristal de roche grave et non en émail. Enfin, bien qu`une croix ait ete tracée à côte de la proposition d'Andrey, plus modeste,il semble que ce soit l'atelier Droguet qui fut chargé de réaliser la plupart des pieces en cristal de roche entre 1911 et 1913. lire:


Boutons de manchettes réalisé en 1920, platine et diamants carrés, par Georges Andrey pour Cartier


Pendants d'oreilles, Exécutés par Andrey pour le stock de Cartier Paris, 1922.
Émeraudes, onyx et et diamants à monture de platine.
Chaìnage de diamants taillés en carré et de boules d'émeraude avec cylindres en pavage de diamants clouté d'Onyx. Emeraudes taillées en poire percées en haut et gravées d'un motif à chevron et une capitule à la base.
Vis d”attache ornées de cabochons d'émeraude avec molettes en fil de platine légèrement cannelé sur sa largeur au bout du pas de vis. 


Présentés dans leur écrin d'origine en cuir vert poussé à l'or, en forme de triptyque debout. Inscrits dans le registre de stock le 8 décembre 1922 ; vendus à Mr René Révillon le 4- avril 1923. 
Pendants, Cartier gravé sur chaìnes et attaches ; poinçon de garantie français à tête de chien pour le platine, et poinçon de fabricant, GA  pour Georges Andrey.

René Révillon était l'adjoint de Louis Cartier, mais il était aussi son gendre, puisqu'il avait épousé Anne Marie, issue du premier mariage  en 1921  de Louis Cartier.


La maison Revillon existe depuis 1723 en Pelleteries et Fourrures et  M. René Révillon, était administrateur de la Société Cartier et de la Société Revillon Frères, de New-York. 


1925 Andrey Georges et Andrey jacques sont dans l'annuaire industriel.

A propos d'un certain anonymat des dessinateurs et des fabricants de Cartier, le grand historien de Cartier, Hans Nadelhoffer ecrivait en 1983:

A propos de l'Exposition internationale des arts décoratifs et des inclustries modernes cle 1925,
Émile Seyclen dans un texte de 1934 exprime avec regret que Louis Cartier n'ait pas publié les noms des dessinateurs responsables de la merveilleuse exposition de la maison Cartier au pavillon de l,Élégance: Mais la politique de Cartier est de mettre en avant le seul nom de la firme, comme l'abrégé cl'une réalisation exemplaire. Les contributions de chaque dessinateur sont clonc considérées comme le travail cl'une collectivité anonyme - attitude qui ne facilite pas la tâche de L'historien d'art, car il se révèle très difficile d'attribuer les esquisses et les dessins à tel ou tel dessinateur sur les seules bases cle caractéristiques de style. En règle générale, les projets et dessins sortent clu studio sans signature, la seule inscription étant " Ex." (à exécuter), de la main du responsable cle la première suggestion, qu'il šagisse de Louis Cartier, de Ieanne Toussaint ou de René Révillon. On établit alors le devis de fabrication du dessin choisi avant qu'il ne soit envoyé aux ateliers.

Entièrement d'accord avec Nadelhoffer, dommage.


Georges Andrey est décédé 12 rue boileau qui est une clinique du 16 eme arrondissement de Paris. Il habitait toujours au 23 rue Choiseul  dans le 2 eme arrondissement

Et à propos de Jacques,  fils de Georges Andrey, il  fut dessinateur chez Cartier.
Rappelons qu'a 18 ans en 1914, Jacques Andrey s'engage pour la durée de la guerre 1914 , il ne sera démobilisé qu'en 1919.



Sur sa fiche de recrutement militaire  Jacques Andrey est dessinateur en joaillerie. Il a fait une très belle guerre, reçut la croix du combattant volontaire et sera décoré de la médaille militaire.
Il fut rappelé le 30-03-1940  et démobilisé le 15/08/1940

 Cartier. LE MARTIN-PÊCHEUR, DE PLUMES ET D'ONYX HORLOGE, CARTIER Rectangulaire guilloché, cadran avec kingfisher plume de la mosaïque du panneau central, la lumière rose de l'émail des mains, le tritium peints à la mains, onyx poussoir, d'argent et d'or (français marques), années 1930, le mouvement mécanique, 8.5x7.0 x 1.5 cm, signé Cartier, nos. 1464 2741




Ce cadran aurait été dessiné par Jacques Andrey ainsi que d'autres cadrans en plumes pour Cartier

À la même période, Louis Cartier et son équipe de dessinateurs inspirés par les arts traditionnels chinois ont l'idée géniale d'utiliser des plumes de martin-pêcheur pour les appliquer en mosaiques géométriques sur des cadrans de pendulettes. 


Protegées par le verre du cadran, elles éclairent de leurs reflets soyeux et brillants la néphrite épinard et les rubis foncés de pendulettes "bornes " de Cartier-Paris 
Loin de ces plumes extraordinaires et de leurs nuances iridescentes, audaces de matières et de couleurs que l'Art déco florissant encourage, le mariage bleu-vert-rouge employé traditionnellement rue de la Paix est plus ordinaire. Les trois matières utilisées sont le lapis-lazuli , souvent acheté dans ces années-là à des marchands afghans itinérants, nous dit Nadelhoffer -, le jade , constitué de néphrite foncée ou de jadéite plus claire,et de corail, du rouge vif à l'orange pâle.

Faites de pierres aux couleurs fortement contrastées, ces pendules prennent peu à peu la place des pendules érnaillées aux couleurs pastel de style russe. Le corail, l'onyx, le jade, le cristal de roche et l'ivoire expriment la nouvelle esthétique Art cléco et sont stylistiquement associés à la Chine, au Iapon et a l'inde. Un art originaire de la Chine ancienne est celui de l'application de plumes cle martin-pêcheur sur du papier ou du métal pour figurer sur des ornements de coiffures, à partir de 1920, Cartier se sert de plumes de martin-pêcheur dont la mosaíque chatoyante turquoise et violette utilisee sur les cadrans de pendules offre un heureux contraste avec les couleurs du jade, du corail ou de l'onyx. Des exemples particulièrement élégants de ces pendules sont l'oeuvre du dessinateur français Jacques Andrey (né en 1896). "Judy Rudoe"

Jacques Andrey était né au domicile de son père en 1896, au 17 rue du Mail à Paris. Il se mariera avec Georgette Leloup en 1946 et décèdera en 1973, sans que nous sachions exactement comme l'a expliqué Hans Nadelhoffer, quelle fut sa participation à la légende de Cartier.

Plusieurs sources proviennent des très beaux livres de Olivier Bachet et Alain Cartier, et du livre de Rudy Judoe sur Cartier.


samedi 14 octobre 2023

Henri Marcel DROGUET l'un des grands fabricants de CARTIER

Cliché maison Aguttes: https://www.aguttes.com/

 Le joaillier qui a fabriqué ce joyau s'appelle Henri Marcel Droguet, pour le compte de la maison CARTIER, qui ne cite pas ou peu les artisans qui oeuvrèrent pour eux. 

Mais cet artisan a fabriqué aussi des bijoux pour d'autres et il est important de mieux connaitre cet homme et ses poinçons. 

Il est né le 3 novembre 1874, à la Ferté sous Jouarre en Seine et Marne, Capitale mondiale de la pierre meulière, La Ferté-sous-Jouarre est mondialement connue jusqu'au xixe siècle grâce à la dureté exceptionnelle de la pierre extraite dans ses carrières, qui alimente les moulins du monde entier.  Car le pain, nourriture essentielle de tous les temps, est composé de farine qui doit être broyée. Grâce à une très bonne qualité de pierre, La Ferté-sous-Jouarre développe un savoir-faire de réputation dans la meulerie.

Cette précision, car les parents et ancêtres de Henri Droguet travaillaient tous comme Meuliers, c'est à dire ceux qui taillaient la pierre de La Ferté sous Jouarre pour faire des meules

Vers 1860, de grands moulins industriels apparaissent et utilisent un nouveau système de mouture. De nombreuses petites minoteries, victimes de cette concurrence, ferment progressivement. Le commerce des meules de pierre s'effondre lentement.  Les ouvriers meuliers épuisés par un travail très laborieux (l'espérance de vie ne dépassant pas 45 ans) lancent une longue grève en 1910.

Donc Henri Marcel Droguet ne sera pas Meulier mais Bijoutier.

En 1894  Henri Droguet est ajourné pour son service militaire, déclaré "Faiblesse" lors du conseil de révision, décision reporté en 1896, il est exempté de service pour affection cardiaque en 1897.


En 1894  son adresse sur son dossier militaire le déclare 13 passage Tivoli à Paris dans le 9 eme arrdt, en réalité, il habite toujours chez ses parents et il est ouvrier bijoutier.


Voici l'entrée du 13 passage Tivoli. A cette date, Henri est un garçon de 1 metre 68 aux cheveux et sourcils blonds et aux yeux bleus. Il a un degré d instruction 3, c'est a dire qu'il  possède une instruction primaire plus développée.


Je n'ai pas trouvé à quelle époque ses parents sont venus à Paris , mais sa mère tenait un hotel  rue saint Sauveur en 1903. Il fut certainement placé en apprentissage en bijouterie vers les années 1885 à 1888


La plus grande partie de la rue Saint Sauveur existe toujours, et est restée une rue remplie d'hotels et de restaurants, de nos jours des Fast Food.


C'est le premier poinçon de Henri Droguet, le symbole est une rose, et ses initiales H.D. il a été insculpé en 1905 et sera biffé en 1932.


Je n'ai pas trouvé de poinçon précédant celui-ci, or  je lis  sous la plume de Estelle Niklès Van Osselt:

En 1899, l’inauguration du magasin du 13, rue de la Paix marque un tournant essentiel dans l’histoire de la Maison  : Cartier s’affirme désormais comme créateur, et non plus «détaillant», s’entourant d’ateliers spécialisés avec lesquels sont établis des liens d’exclusivité, tels Andrey, Charpentier, Droguet, Harnichard, Lavabre ou Picq, qui exécutent les bijoux d’après ses dessins et selon ses instructions. Dès 1895, alors que le style Louis XVI règne sur la décoration intérieure des demeures des aristocrates ou des classes possédantes d’Europe et d’Amérique, Cartier se lance dans des créations raffinées, dont le style est baptisé «guirlande» par Hans Nadelhoffer (auteur de la première monographie de Cartier en 1984), en parfaite harmonie avec intérieurs et robes de bal de l’époque.
Donc je reste sur une installation à son compte en 1905



Donc en janvier 1907 , il est installé au 6 rue Saint Sauveur comme fabricant, quelques mois plus tard, il se marie une première fois avec Lina Berthe Gilbert, peut être décédée en 1940!!!

Entre 1900 et 1908, les principaux ateliers parisiens spécialisés dans la joaillerie sertie de pierres étaient ceux de Charpentier, Harnichard, Lavabre, Picq, Andrey et Droguet.


Fabricants français travaillant pour la maison Cartier au debut du 20 eme siècle et leurs poinçons.


A la même adresse :   rue Saint Sauveur : une merveilleuse maison, "Les grands Bains de Vapeur",  les fréquentait il??
Toujours est-il qu'il s'engage volontairement  le 9 septembre 1914 pour la durée de la guerre, alors qu'il aurait pu rester comme étant réformé!

Il fut muté au cours de cette guerre plusieurs fois dans différents régiments du train des équipages mais en juin 1918......


Je lis sur son dossier militaire  qu'il fut muté à l'Usine Jaeger  rue du louvre à Paris . Mais une usine Jaeger ??,  et là, deux surprises en cherchant l' histoire de Edmond Jaeger
Edmond Jaeger  Né a Andlau en 1850. En 1873, il vint se mettre en apprentissage chez Lebert à Epernay, puis chez le chronométrier Gabriel. ll s'établit comme rhabilleur à Paris, rue St-Sauveur en 1906. ll s'intéressa particulièrement à la fabrication de la montre ultra-plate. En 1907, s'installe rue Réaumur où il demeura jusqu'en 1914.
Durant la guerre, il fit des compteurs pour l'aviation. Son affaire fut mise en Société en 1917, avec siège rue du Louvre. ll cessa son activité en 1919, et mourut à 64 ans en 1922.

La même année, 1906, au même endroit, en 1906 rue Saint Sauveur !!!



CARTIER BELLE EPOQUE PERLE NATURELLE ET DIAMANT ÉCHARPE
Perles naturelles de formes diverses allant de 4,75 à 4,00 mm, diamants taille ancienne et taille rose, platine (poinçons français), 1910, signée Paris, Cartier, Londres, poinçon de maître (Droguet Henri)
, 2023, rapport n° 128557 : 504 perles naturelles, eau salée Taille/Dimensions : 27,5 cm brins les plus courts de la partie supérieure ; pompon de 17,5 cm de long Poids brut : 132,0 grammes : Christie's



C'est une photographie d'archives tirée de l'excellent livre "Cartier de Judy Rudoé" . d'une écharpe
d`epaule en diamants et perles executée pour lde Cartier Paris en 1909 et vendue à Mrs K. Vanderbilt en 1910.
Cette même cliente en possédait une autre entierement faite de diamants, et deux autres au moins furent exécutées pour Mrs Cornelius Vanderbilt et Mrs Frederick William Vanderbilt. La partie supérieure s'agrafait sur Pépaule et la partie inférieure au eorsage. Les rangs pouvaient soit pendre en chute, comme sur cette photographie, soit être drapés sur le corsage.

La plus extraordinaire d'entre elles fut sans doute la grande écharpe, réalisée pour M.W. K.Vanderbilt en 1909-1910. Ici, les éléments en diamants étaient attachés à des festons deperles, épinglés à 1'épaule puis drapés sur 1a poitrine à la manière d'une écharpe d'officier.
Les colliers étaient souvent épinglés de façon à former une frange sur le buste », mais l'idée d'une parure en forme d'écharpe semble avoir été une invention de Cartier. En 1910, Mme W. K. Vanderbilt commandait une deuxième écharpe entièrement faite de diamants, dont cinq énormes pierres taillées en poire . Plusieurs études de ce genre d'écharpes figurent dans les cahiers d'idées de Louis Cartier de 1908-1909, sous 1'annotation << genre écharpes Vanderbilt ››.
Malheureusement la plupart des pièces en perles diamants et platine de Cartier n'ont pas survécu.


Épingle à chapeau en Cristal de roche Exécutée par Droguet pour Cartier Paris sur commande de Sir Philip Sassoon, 1912. Diamants et cristal de roche à monture ouverte en platine serti millegrain. Tête d'épingle en cristal de roche taille  en forme de losange et grave, avec un diamant au centre et une bordure de diamants.L'épingle a été raccourcie. Écrin d'origine de forme spéciale, en cuir rouge frappé à l'or en décembre 1912.
Bord de la tête d'épingle gravé CARTIER PARIS LONDRES NEW YORK; poinçon de garantie  tête de chien pour le platine.
D'après la description des registres de commandes et l”illustration figurant dans les albums d'archives photographiques, il s°agirait de l'épingle commandée par sir Philip Sassoon en 1912, bien que le numero d'enregistrement de  l'objet ne soit pas le même que celui qui fut consigné dans les archives en 1912.
La mere de Philip Sassoon était la fille du baron Gustave de Rothschild. Sassoon hérita de la fortune de son père en 1912, et acheta plusieurs objets chez Cartier cette année-là. Il mourut célibataire et sa fortune alla à sa soeur Sybil, qui épousa le marquis de Cholmondely en aoüt 1913. Peut-être fit-il ses achats Cartier de 1912 en prévision des fiançailles de sa soeur.
Les écrins d°épingles à chapeau ont rarementété conservés. On en trouve un exemple de 1908, une épingle à chapeau en or avec la tête en érnail rose et en diamant dans un écrin tres similaire, chez Nadelhoffer.   D'ordinaire, les têtes étaient ensuite transformées en broches  La forme de l'écrin s”inspire des écrins d°épingles a cheveux néoclassiques de la fin du XVIII” siècle.



Broche exécutée par Droguet pour le stock de Cartier Paris, 1913.
Or emaillé et saphirs; épingle de broche en platìne. Barrette centrale avec deux saphirs cabochons, et avec deux chaìnes formées de maillons en email blanc se terminant par des pendentifs en email vert, chacun orne de trois saphirs cabochons.
lnscrite dans le registre de stock le 20 decembre l9l3; vendue le 7 février l9l3 à la comtesse de l'Lohenfelsen.
Poinçon de garantie français à tête de chien,pour le platine et poinçon de fabricant HD poinçon de garantie parisien à tête d'aigle pour l”or et poinçon de fabricant sur les pendentifs.L. 5,3 cm, l. l,8 cm. 
avec les initiales LC pour Louis Cartier sur le devis. Des devis pour trois versions de cette piece, l'une emaillée,  une autre avec des diamants et la troisieme avec des pierres calibrees , furent fournis par les ateliers Lavabre et Droguet :
Version Droguet :
tout email ,avec brillants et roses avec calibrage  Le devis plus modeste de Droguet est annoté d'une croix indiquant l”accord de Louis Cartier.


Cartier possède des registres de devis de 1913-1914, dommage que ce ne soit pas numérisé et accessible
Sur cette page deux broches et un pendant en forme de poire en corail avec devis de Droguet et d'Andrey. Dessins réalisé  au crayon Plume, aquarelle et gouache  sur calque Beige de 22X 36 cm .
Il semble au vu de ces cahiers que l'atelier Droguet  fut chargé de réaliser la plupart des pièces en cristal de roche  entre 1911 et 1913



« Broche draperie ››
Exécutée par Droguet pour Cartier Paris sur commande de la comtesse Palffy-Daun de Hongrie, 1913. Saphirs et diamants à monture ouverte en platine serti millegrain. Une double chaìne drapée et un pendentif hexagonal serti de cinq saphirs facettés. Le grand saphir du pendentif est bordé de saphirs calibrés. Achevée en mars 1913. gravé CARTIER PARIS ; poinçon de garantie français à tête de chien pour le platìne et PT 950 sur l'épingle; poinçon de fabricant HD de chaque côté d'une fleur sur le sertissage de 1`un des saphirs. L. 1,6 cm, 1. 6 cm.
Cette broche utilise les pierres d'un collier et d'un pendentif appartenant à la cliente réalisés antérieurement. ll se peut que ces pierres aient été remontées à 1'occasion du mariage de Marie-Amélie comtesse Esterházy (1895- 1928) avec Joseph-Guillaurne Pallfy-Daun (né en 1892), en 1913. À moins que la broche n`ait été exécutée pour Éléonore, comtesse Nugent (née en 1867), qui épousa le père de Joseph-Guillaume, Guillaume Leopold Palífy-Daun (1867-1916), en 1889.


1920 boutons manchettes Cartier
Cartier, parure de robe en diamants et céramique, années 1920, comprenant : une paire de boutons de manchette, deux boutons de col et trois boutons, chacun composé d'un disque de porcelaine biscuit blanche dans une bordure millegrain de diamants taille rose, les boutons de col à motif circulaire. diamants taille coussin et montés sur or et platine, diamètres 0,9-1,3 cm, boutons de manchette et boutons de chemise signés Cartier, boutons de manchette numérotés 01239, poinçons  français et poinçon de maître HD avec rose pour Henri Droguet, boutons de chemise numérotés 0204, boutons de col non signé,  Ecrin ajusté estampillé Cartier


Le 24-06-2021 la maison Aguttes a revendu cette pièce magnifique réalisée par Henri Droguet
C'est une broche "Pagode" de Cartier, en diamants et jadéïte  gravée de deux scènes, d'un oiseau perché sur une branche , en or jaune 750 et platine 950. Elle est signée Cartier et numérotée vers 1920 avec le poinçon de maitre de Henri Droguet le poids est de 25 grs et la hauteur du bijou : 6 cm


Dos de cette broche pour admirer le travail.
le jade a été considéré en Europe comme une pierre de second ordre. En Chine, c'est la pierre des rois. Il représente la préciosité, la valeur et la vertu. A mesure qu'on analyse l'Empire du Milieu, on commence à aimer de plus en plus la pierre où se reflète toute la gamme des verts et qui donne à la chair qu'elle orne un aspect d'élégance étrange et quelque peu immatérielle. Ces lignes, écrites par un chroniqueur de Vogue en 1924, illustrent l'engouement pour le jade qui déferle en Occident entre les deux guerres. A cette époque, l'utilisation du jade chinois ancien par Cartier se développe considérablement car c'est à travers cette pierre que l'âme chinoise est réputée s'exprimer. La jadéite devient ainsi la matière de choix pour évoquer la Chine ou pour réaliser un objet dans le goût de l'Extrême-Orient... Les nuances de la jadéite vont du vert émeraude au vert pâle.


Cette belle broche est un parfait exemple des bijoux Art Déco Cartier. revendu par Stanley à Londres
Fabriqué avec des diamants, de l'onyx et des pierres de corail en forme de nœud.
En raison de l’âge de la pièce, certaines pierres d’onyx ont commencé à s’estomper.
L'épingle est clairement estampillée Cartier et le numéro de série est imprimé au centre de la pièce. La marque du fabricant Henri Droguet figure également sur l'épingle et le corps de la broche.



Revendue par Bijoux Stanley James  à Londres



Boucle de ceinture exécutée par Droguet pour le stock de Cartier Paris en 1922, à partir de la matrice de turquoise d'un sautoir réalisé pour le stock en 1920.  Deux anneaux en onyx reliés par une importante matrice en turquoise, brides de diamants, onyx et laque noir ; au centre, un motif en diamants et onyx. Les diamants à monture en platine, la turquoise et les brides sur or, le tout formant une ornementation ajourée derrière la turquoise. Les brides, sur le côte, sont décorées d'onyx et d'un clouble rang de carrés de laque l101f.
lnscrite dans le registre de stock le 26 juillet 1922 comme boucle avec ceinture de soie noire tressee vendue le 5 aoùt 1922. Gravé Cartier poinçon de garantie parisien à tête d°aigle pour 1`or, et poinçon de fabricant, HD de chaque côté d°une fleur. pour Henri Droguet
L.11,4 cm, D. des anneaux 5,1 cm.
La matrice de turquoise provenait d'un sautoir réalisé par Lavabre et verse au stock de Cartier
Paris le 23 mars 1920. Le sautoir était en boules de turquoise et d°onyX et en perles, pas-
sées sur une longue ganse de soie noire, la grande matrice de turquoise en bas, avec un gland de perles suspendu en son centre. Vendu en juin 1920, il avait été racheté deux jours plus tard, remis en stock, et fut finalement démonté. Les boules de turquoise restantes passèrent dans la réalisation de deux bracelets, les perles furent employées pour un gland de clécoration. C'est l`une des quatre boucles de ceinture avec anneau d'onyx et matrice de turquoise qui furent conçues en 1922. Droguet en réalisa au moins sept de ce genre pour Cartier. Les dessins des trois autres modèles se trouvent dans le même registre de dessins du stock pour 1922.


BOUCLES DE CEINTURES , CARTIER PARIS, (1922). Or, onyx, corail, turquoise, diamants, cabochons de saphir. Non signée. Poinçon d’or à la tête d’aigle. Maître orfèvre : Droguet. Collection privée. Cette boucle se portait avec une ceinture de soie noire. Henri Droguet fabriqua au moins sept boucles de ceinture en turquoise matrix et onyx pour Cartier dont quatre en 1922. Photo : Olivier Bachet tiré de ses deux merveilleux livres sur CARTIER.



Broche draperie turquoise et diamants, Droguet, Paris, v. 1910, sertie d'une haute turquoise cabochon bombée encadrée de diamants de taille ancienne, suspendue à une guirlande flexible de diamants sertis clos, env. poids total du diamant. 10,33 cts, sertis millegrain, monture en platine et or 18 carats, 3 1/4 x 2 1/8 po, marque du fabricant.

A noter : Portant la marque du joaillier HD avec une fleur au centre, cette "broche-draperie" a été réalisée par l'atelier parisien Droguet, qui fut l'un des principaux fabricants de bijoux en platine sertis de pierres précieuses de Cartier dans le premier quart du XXe siècle. Chez Cartier, la « broche-draperie » a été introduite par Charles Jacqueau vers 1910, et décrit des broches à guirlandes drapées de deux éléments distincts, réunis par une épingle invisible au porté.

Années 1925 à 1930 Une superbe broche Art Déco en saphir du Cachemire de 12,64 carats et diamants de Cartier, anciennement de la collection de Jean Stralem. Estimation entre 1.000.000 et 1.500.000 USD. © Christie's Images Ltd 2020.


Saphir taille rectangulaire de 12,64 carats, diamants anciens, uniques, taille baguette et carré, platine (poinçons français), 2 ins., vers 1925, signé Cartier, 'Paris', 'Made in France', poinçon de fabricant (Henri Droguet ), boîtier ajusté Cartier rouge.

Deux certificats attestent de la qualité du saphir:
SSEF, 2020, rapport no. 115277 : 12,641 carats, Cachemire, aucune indication de chauffage, 'Royal Blue', avec Annexe
AGL, 2020, rapport no. 1110053 : 12,64 carats, Cachemire classique, aucune preuve gemmologique d'amélioration de la chaleur ou de la clarté, avec annexe.


En 1931  dans l'Azur (collection personnelle)


Henri Droguet cesse d'exercer en 1932 et son premier poinçon est biffé, il est remplacé par celui de la SARL "Henri Droguet et Cie "

Droguet  Précision sur le nom Et Cie. Initiales  D & CIE
Adresse 26 rue Bergère, Fabricant Bijoutier   26 rue Bergère, Paris (75) Symbole  Une rose.Date d'insculpation , Mardi, mai 03, 1932


H. DROGUET & CIE A PARIS: Bague en platine, ornée d'une émeraude octogonale pesant 4,01 cts environ, l'épaulement à gradins de diamants baguette sertis clos.
Poinçon de maître. Certificat C.G.L. attestant : origine Colombie (Colombia).
Cette bague a été revendue par la maison d'enchères qui n a pas donné de date , mais le poinçon est celui de 1932 




J avais dans un premier temps trouvé cet acte de mariage datant du 6-3-1941 et j'etais surpris de lire qu'Henri Droguet s'était marié à 67 ans avec une dame veuve de 66 ans,  et c'est sur cet acte que j'ai découvert que Henri Droguet s'était marié une premiere fois en 1907 avec Lina Berthe Gilbert. 



Le 12 mars 1943 Henri Droguet  quitte la gérance de sa société pour raison de santé et cède sa place a un nouveau gérant Georges Jonsson.

Droguet & Cie  figuraient dans l'Azur de 1948 


Mais aussi dans le Paris Bijoux en 1954

Que veut dire le nom Droguet.
Sorte d’étoffe faite ordinairement de laine et de fil ou de laine et de soie agrémenté d’un dessin broché, non tissé, dans le fond de l’étoffe.
Seules les femmes riches arboraient pour leur mariage une tenue de soie (ottoman) et le dimanche elles portaient sur l’habit de droguet un tablier de soie long, […]. — (Marguerite Bruneau, Histoire du costume populaire en Normandie, 1986, volume 2, page 78.)
Au lieu de son sarrau encharbonné, de ses vieilles guêtres de cuir, de son chapeau cabossé et de sa figure noire, il avait un habillement neuf, tout en fin droguet blanc jaspé de bleu, -(George Sand, Les Maîtres sonneurs, George Bell and sons, 1908, page 85)


Plusieurs photographies proviennent de l'excellent livre sur Cartier de Judy Rudoe, un travail rare par rapport aux autres livres sur Cartier en Français Si vous avez des compléments, des copies de documents, des remarques sur cet article, m'écrire à

Van Cleef: Compléments d histoire sur l'un de mes joailliers préférés

Une des nombreuses suites de mon histoire des Van Cleef et des Arpels, à retrouver sur; https://histoiredesvancleefetdesarpels.blogspot.com/...