Depuis dix ans, je me consacre à l'étude de l'histoire des bijoux royaux, et plus particulièrement à ceux de la famille royale espagnole. Je gère également un compte Instagram où je publie des articles concis et de courtes histoires sur des pièces ayant appartenu à des membres de la maison de Bourbon. Voir suite.
La reine Sophie d'Espagne lors des célébrations du XIXe anniversaire de la création de l'Unité militaire d'urgence et du XVe anniversaire de la remise du drapeau espagnol à la base aérienne de Torrejón à Madrid, le 7 octobre 2024. © GTres/ABACAPRESS.COM.
J'ai été assez surpris par votre référence à la reine Sofía, car la broche présentée était en réalité un cadeau du général Franco pour célébrer la naissance du roi Felipe en 1968. D'après les informations dont je dispose, cette broche a été fabriquée à Séville par la maison de joaillerie Shaw. Cette maison est très réputée à Séville et a également possédé une boutique à Madrid pendant un certain temps. En 1968, le fondateur de cette maison a présenté une sélection de pièces à Franco, qui a alors choisi cette broche en particulier.
En effet cette broche est portée depuis très longtemps par la reine Sofia, elle est attribuée au joaillier français "Sterlé" ce que je ne crois pas. Mais encore ? Par quoi commencer ?
Cette broche, créée par le joaillier français Pierre Sterlé, présente en son centre un saphir taille cabochon, entouré d'un halo de diamants. De ce centre, des fils d'or jaune, rehaussés de corail et de diamants, s'enroulent en cascade. La reine Sofía affectionne particulièrement cette broche et l'a portée à de nombreuses reprises. Plus récemment, elle l'arborait au mariage du roi Hussein de Jordanie et de Rajwa al-Saif en 2023, un événement auquel elle assistait en compagnie du roi Juan Carlos, comme le rappelle Juan Rivero, expert en joaillerie de la famille royale espagnole.
Le journal "Noblesse & Royautés" écrivit en 2013: La maison de ventes, "Segre" de Madrid proposait cette semaine une importante vente aux enchères de bijoux. Parmi ceux-ci, une broche avec un saphir cabochon central, des brillants et des turquoises montés sur or jaune de Sterlé. En 1962, le général Franco offrit une broche très ressemblante à celle-ci à la princesse Sophie de Grèce à l’occasion de son mariage avec le prince Juan Carlos. Sophie d’Espagne porta le bijou en plusieurs occasions mais la broche n’a plus été vue en public depuis des années. Sachant que le joaillier Sterlé créait des bijoux uniques, il semble peu probable qu’il ait pu exister deux pièces identiques. Du côté du Palais de La Zarzuela, on indique que la broche fait toujours partie de l’écrin de la reine d’Espagne. Mystère donc… (Merci à Francisco – Source : El Mundo – Copyright photo : Segre)
Le 8 octobre 2024 dans Point de Vue: Inspiré d'une comète, le bijou est composé d'un saphir cabochon cerclé de diamants et d'une queue de fils d'or parsemée de brillants et de corail. D'exception certes, la pièce est signée Pierre Sterlé, joaillier français considéré comme le "couturier de la haute joaillerie" et figure créatrice de la maison Chaumet.
D'après les informations dont je dispose, cette broche a été fabriquée à Séville par la maison de joaillerie Shaw. En 1968, le fondateur de cette maison a présenté une sélection de pièces à Franco, qui a alors choisi cette broche en particulier.
La famille du fondateur conserve encore un dessin de la broche, très semblable à celui que vous avez utilisé dans votre article. La broche de la reine Sofía n'est pas entièrement sertie de saphirs ; elle comporte également des coraux. On m'a aussi dit que le fondateur de cette maison de joaillerie se rendait fréquemment à Paris, où il se procurait des dessins qui servaient ensuite dans leurs ateliers de Séville pour la fabrication de bijoux. Grâce à cela, nous pourrions peut-être retrouver et identifier l'auteur du dessin original.
On m'a aussi dit que le fondateur de cette maison de joaillerie (Shaw) se rendait fréquemment à Paris, où il se procurait des dessins qui servaient ensuite dans leurs ateliers de Séville pour la fabrication de bijoux. Grâce à cela, nous pourrions peut-être retrouver et identifier l'auteur du dessin original.
Je joins le dessin à ce courriel pour votre information. Je tiens également à vous remercier sincèrement d'avoir publié un article sur ce bracelet. Je recherchais des informations à son sujet depuis un certain temps. J'avais déjà contacté ce bijoutier pour savoir s'il en était également l'auteur, mais il n'avait alors trouvé aucun dessin dans ses archives.
La presse espagnole a publié de nombreuses photographies de cette broche portée par la Reine.
Mais de curieux détails apparaissent, par exemple dans le journal "VANITATIS, El Confidential." le 7/10/2024
Il y a quelques années, en 2013, une broche identique à celle-ci a été mise aux enchères chez Segre avec un prix de départ de 30 000 euros ; cependant, elle n’a trouvé aucun acquéreur. La Maison royale a démenti qu’elle ait appartenu à la reine Sofía, qui continue de la porter fréquemment.
J ai rectifié les photographies de ces pages usées par le temps pour une meilleure vision.
1°Ce n'est pas en 1962 mais en 1968 que le Général Franco lui offrit, 2° il y eut plusieurs exemplaires de cette Broche comme nous le verrons plus après.
Dans mon article précédent, j'avais proposé un dessin de Felden de ce bijou, mais c'est une erreur.
Et Monsieur Rato portugais et espagnol, ajoutait dans son mail:
D'après les informations dont je dispose, cette broche a été fabriquée à Séville par la maison de joaillerie Shaw. En 1968, le fondateur de cette maison a présenté une sélection de pièces à Franco, qui a alors choisi cette broche en particulier.
La famille du fondateur conserve encore un dessin de la broche, très semblable à celui que vous avez utilisé dans votre article. La broche de la reine Sofía n'est pas entièrement sertie de saphirs ; elle comporte également des coraux. On m'a aussi dit que le fondateur de cette maison de joaillerie se rendait fréquemment à Paris, où il se procurait des dessins qui servaient ensuite dans leurs ateliers de Séville pour la fabrication de bijoux. Grâce à cela, nous pourrions peut-être retrouver et identifier l'auteur du dessin original.
C'est bien la broche de la reine Sofia. Et non celle tout saphirs. Les coraux sont bien dessinés, ce que je ne pouvais voir sur les photos de presse que j avais publiées dans mon article.
De plus la numérotation du dessin en haut à droite prouve que c'est le dessinateur Pierre Felden Chez Numa Espezel
Dessin qui m'a été fourni par Monsieur Felden que je remercie.
Sur cette photographie, la broche de Felden et Espezel, mais aussi le bracelet à son bras gauche.
Je joins le dessin à ce courriel pour votre information. Je tiens également à vous remercier sincèrement d'avoir publié un article sur ce bracelet. Je recherchais des informations à son sujet depuis un certain temps. J'avais déjà contacté ce bijoutier pour savoir s'il en était également l'auteur, mais il n'avait alors trouvé aucun dessin dans ses archives.
En voici le dessin du bracelet de chez Espezel par Pierre Felden.
Quant à la version comme quoi, Antonio Shaw aurait ramené à Seville ou Madrid le dessin de la broche de la Reine pour la fabriquer dans son atelier, en tant que joaillier ayant travaillé 44 ans de mes mains, je ne puis le croire. Plusieurs bijoux,du même modèle avec des saphirs, émeraudes, turquoises, corail et autres. Je ne vois pas l'intérêt de prendre le dessin et de le fabriquer en unique exemplaire.
Mais il est plus plausible qu'il fallait faire croire au Caudillo que le bijou était "Espagnol"
En revanche, il arrive souvent que les fabricants offrent le dessin ou une copie du dessin au client avec le bijou.
En revanche, remercions la reine Sofia de continuer à aimer et à porter un bijou français typique des années 60.
Pour ceux qui ont attribué ce bijou à Sterlé, cela s'explique. Pierre Felden a travaillé chez Sterlé à partir de septembre 1951 et il est rentré chez Numa Espezel en mai 1959.
Pourquoi l’attribution à Sterlé circule malgré tout. C’est un phénomène très classique en histoire de la joaillerie :
Les journalistes et la presse “royale” cherchent un nom célèbre → Sterlé est connu du grand public.
Le style est spectaculaire, très mouvementé, donc on l’associe vite à Sterlé.
Les vraies chaînes de fabrication (dessinateur / atelier / maison / revendeur) sont beaucoup plus complexes et rarement expliquées. Dans les années 40–70, il était très courant qu' un grand dessinateur travaille pour plusieurs maisons, un atelier parisien fabrique, et qu’un joaillier étranger (Madrid, Rome, Lisbonne, Buenos Aires…) commande et vende sous son propre nom.
Donc dire « bijou Sterlé » est commode, mais historiquement faux si la vente passe par SHAW Madrid.
D'ailleurs "Shaw" a t il été client chez Sterlé????
Je vous rappelle mon précédent article: https://www.richardjeanjacques.com/2026/01/numa-et-camille-espezel-joailliers.html
Un complément, un commentaire, m'écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com :

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