samedi 23 mars 2019

100 années de Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie de 1800 à 1900

Ce chapitre est le "résumé" d une époque, de l evolution du bijou sur cent ans, mais en vous servant de la "recherche" sur mes blogs vous pourrez trouver des détails sur les joailliers de cette époque

François premier avait créé la collection des bijoux royaux, et rapidement, surtout à partir de Louis XIV, cette collection va s’agrandir.



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En 2009, le musée du Louvre se portait acquéreur à la vente de la collection Yves Saint Laurent- Pierre Bergé d’un délicat portrait de Louis XIV en miniature exécuté en émaux peints et serti de 92 diamants. Désigné au XVIIe siècle sous le nom de « boîte à portrait », cet objet rarissime compte parmi les présents qui furent offerts par centaines sur ordre de Louis XIV aux souverains alliés, aux diplomates étrangers, aux bons serviteurs, aux artistes et même aux plus valeureux adversaires combattus sur les champs de bataille. Bien que plus de trois cents boîtes à portrait aient été comptabilisées par l’administration louis-quatorzième, seules trois exemplaires plus ou moins complets subsistent aujourd’hui, la plupart de leurs destinataires ayant soustrait les diamants qui en faisaient toute la valeur. Musée du Louvre. texte de Mme Michele Bimbenet Privat

Les Rois donnent  l’exemple, les nobles et les bourgeois suivent, le peuple fait de son mieux.




L affaire du Collier de la Reine Marie-Antoinette

même le clergé se mêle du bijou avec l’affaire du collier de la Reine. Les joailliers travaillent, fabriquent des merveilles, survint la Révolution de 1789.

L’Assemblée nationale constituante va faire dresser l'inventaire des diamants et pierreries de la Couronne. L'inventaire compte 9 547 diamants, 506 perles, 230 rubis et spinelles, 71 topazes, 150 émeraudes, 35 saphirs et 19 pierres. Le prix des joyaux est estimé à 23 922 197 livres.






Le régent

Le « Régent » est estimé à 12 millions, le « bleu de France » à 3 millions, et le « Sancy » à 1 million.
Une grande partie va être volée le 17-9-1792 par plusieurs hommes commandés par Paul Miette.



1793: c’est la « Terreur » les joailliers n’ont plus de travail, la noblesse est décimée par la guillotine et plus personne n’ose porter de bijoux, en dehors de quelques bijoux révolutionnaires du genre bonnet phrygiens, des triangles, des cocardes, et même des guillotines en boucles d’oreille.
La Révolution eut pour conséquence la suppression des corporations de métiers ; celles-ci furent en effet supprimées en 1791. Cela signifia que les règles grâce auxquelles les corporations avaient contrôlé la formation des artisans, leur apprentissage et leur compagnonnage, furent abolies et que rien n’entravait plus la libre production de biens ouvragés, quel que soit le métier concerné. Les arts du luxe, comme la production de mobilier, commencèrent ainsi à décliner à partir de cette date.




Pendant la convention de 1792 à1795  des citoyennes offrent leurs bijoux à la convention

Plus de contrôle, donc des bijoux en or à 14 ou 12 carats, et de plus payés avec du papier, les assignats.
Le directoire qui dura 4 ans de 1795 à 1799 va calmer les ardeurs destructrices, petit à petit, les anciens maîtres Joailliers vont reprendre leurs ateliers.

Le style Directoire est un style en vogue de 1795 à 1803, la transition entre les styles Louis XVI et Empire, il est caractérisé par une facture sobre et des formes simples, au début, les bijoutiers reprenaient le style Louis XVI puis on passa à l’antique, en essayant de ressusciter le « grec « et le « Romain ».




Theresa Cabarrus  dite Mme Tallien


Il y eut les « merveilleuses, les incroyables »: la « Reine » des Merveilleuses:Thérésa Tallien, ayant imaginé d’orner ses orteils laissés à nu de bagues de prix, elles l’imitèrent et portèrent des cercles d’or aux jambes.

« Des déesses et d'autres élégantes vêtues à la romaine, portant trois bracelets à chaque bras : l'un en haut, près de l’épaule ; l'autre au-dessus du coude, et le troisième au poignet ; des bagues à tous les doigts des deux mains, et même au pouce. Elles portaient de grands anneaux ronds aux oreilles et une grande plaque de ceinture sous les seins. Mme Tallien s'était promenée aux Champs-Elysées portant un maillot couleur de chair recouvert d'une simple tunique de linon, avec des anneaux d'or aux cuisses et aux jambes, des diamants aux doigts de ses pieds chaussés seulement de sandales légères. C'était le triomphe des robes grecques, des cheveux à la Titus, et les seules variantes du suprême bon ton pour les élégantes de l'an VIII étaient de s'adonner aux modes que la campagne d'Égypte avait mises récemment en faveur : turbans, cachemires, percales des Indes, avec bijoux représentant des scarabées, des sphinx ou des obélisques. »




Madame Tallien par jean bernard Duvivier

Les ecrits de l époque relatent une madame Tallien Couverte de Bijoux, mais je n'ai trouvé qu un seul portrait ou elle en portait un.




Bonaparte 1er consul, peint par Ingres

En 1800, le premier Consul est l'idole de Paris ; il donne des fêtes, et fait de nombreuses réformes. Le premier consul va rétablir la confiance Les bijoux de famille sortent de leurs cachettes, les théâtres regorgent de monde. La victoire de Marengo est célébrée en grande pompe : avec un enthousiasme indescriptible. C'est la reprise du "Luxe" l' industrie et les affaires connaissent enfin une prospérité inconnue depuis 1789.






En 1801, c'était l'an 9 de la république, une exposition de l'industrie nationale est ouverte dans la grande cour du Louvre, concurremment avec l'exposition des Beaux-Arts.c'est la première exposition d un caractère universel puisque les produits de toutes natures y furent présentés.
La bijouterie se ranime lentement, et les ateliers, désorganisés par l'abolition des maîtrises, qui fut la ruine des industries d'art,  se reforment peu à peu.
Bonaparte, va de victoire en victoire, et pendant les premières années de ce siècle, le plaisir de vivre revient, le bijou fait partie de ce plaisir.


D’après G Cerfbeer « Les bijoux de cette époque sont d'une pauvreté d'imagination remarquable : des armilles en forme de serpent, des anneaux unis, des colliers de corail, des camées, des peignes affreux en filigrane avec une rangée de boules de corail facettées, ou de simples boules d’or, étaient devenus des bijoux de la plus grande élégance. »



Voici une broche de "Nitot" fabriquée en 1802 (d'après la maison Christie's)




1802: Mellerio est rue Vivienne


En 1804 Napoléon se fait couronner Empereur. Nos joailliers, Nitot, Foncier et Marguerite sont chargés de remonter les diamants de la Couronne de France.






Collier offert à Stéphanie de Beauharnais

1806 Napoléon commande à Nitot un ensemble émeraudes et diamants, Ce collier et  ces boucles d'oreilles font partie d'une parure de bijoux plus importante. On pense que l'empereur français Napoléon Bonaparte, et son épouse Joséphine l'ont offerte à leur fille adoptive, Stéphanie de Beauharnais, pour son mariage arrangé avec l'héritier du grand-duc de Baden en 1806. Fabriqué par Nitot & Fils, Les grosses pierres et la simplicité de la conception sont typiques de bijoux favorisés à la cour de Napoléon. Les gouttes d'émeraude à l'arrière du collier peuvent être détachées et portées comme des boucles d'oreilles. Elles ont été fabriquées plus tard (elles se trouvent au V& A muséum de Londres)







1806 Caroline Bonaparte- Murat, grande-duchesse de Berg, la plus belle des soeurs de Napoléon: Elle porte un camée sur la poitrine et un autre au front, en diadème. Deux rangs de perles s’enroulent autour de son cou, d’autres pendent à ses oreilles, en dormeuses.

1806: Pauline Bonaparte (1780-1825), née Maria-Paoletta, est la seconde fille de Charles Bonaparte et de Letizia Ramolino. Sa beauté remarquable lui vaut de nombreux prétendants dès son adolescence, tels le controversé commissaire extraordinaire du Directoire Stanislas Fréron ou le général Duphot. Mais c’est au brillant général Victor-Emmanuel Leclerc que Napoléon décide de la marier en 1797.


Le portrait de la princesse Pauline Borghèse, peint par Lefèvre en 1806, et dont nous donnons une, reproduction, montre: également une parure complète de camées : c'est d'abord un peigne, porté sur le sommet de la tête et formé de cinq de ces pierres, entourées de brillants et juxtaposées; puis, un tour de tête où d'autres sont séparées par une ; large grecque en joaillerie ; une grecque semblable forme la ceinture
fermée par un.superbe « Antique». Des boucles, d'oreilles de camées ronds, avec entourage de diamants, complètent cet ensemble. Enfin, une double rivière de chatons' en brillants pend au cou de la princesse, tandis qu'une pierre précieuse est fixée au corsage, entre les seins. . (Vever dans la revue BJO)






En 1807 Napoléon commande à Nitot un diadème de Rubis à feuilles de Laurier Nommé en 1807 Joaillier de l’Impératrice Joséphine, Nitot père et fils lui fournissent une parure de diamants et en 1809 une parure de Rubis et diamants Nous pouvons considérer que Nitot fut le joaillier le plus important du premier empire.





Marie Annonciade Bonaparte dite Caroline: que porte t elle ?encore des camées




La perle Régente (ou Perle Napoléon), a été achetée le 28 septembre 1811 par Napoléon Ier au joaillier François-Regnault Nitot, pour le prix de 40.000 franc-or (soit l'équivalent de 500 000 euros env) 
Christie's la revendu en 2005,  2,998,651 €

De la taille d'un œuf de pigeon, et d'un très bel orient (éclat), elle était alors la plus grosse perle, connue en Europe, car elle pesait à l'origine 346,27 grains, soit 86,56 carats, et était la 5e plus grande perle dans le monde et peut-être la plus grande perle de forme régulière

'Une très belle perle en forme de poire, très belle en forme, très bel Orient en dessus' 'Une très grande perle en forme de poire, en forme d'oeuf, plate à l'arrière, très bel Orient au front »
(Description de La Régente tirée de l'inventaire des joyaux de la couronne française, Bernard Morel, Les Joyaux de la Couronne de France , p. 410) 






Ce furent d'excellentes années pour l’industrie, il y eut donc des retombées sur les métiers de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie
Les principaux ateliers de Paris étaient ceux de Marguerite, de Nitot le prédécesseur de Fossin père, de Bapst, de Devoix, Loiseau, Dubief etc.








Il se vendit un grand nombre de pierreries pour former des peignes servant de bandeau, de couronnes, puis la mode des garnitures de Corsage et surtout les colliers dit en Esclavages
Toute la joaillerie de ce temps se faisait à Plat, c'est à dire sans pièces rapportées ou superposées.
Les ornements se composaient de grecques, arcades, trèfles quadrilles et entourages, cela n’exigeait aucun travail d’imagination ou de composition.





1810 Collier , dans la revue BJO






Tiare du Pape offerte par Napoléon au Pape

Nitot fabriqua les parures de Joséphine Impératrice, et la couronne d’or impériale mais aussi orna la tiare du pape fabriquée par l’orfèvre Auguste.






1811 Nitot démonta l'épée de cérémonie du premier consul et la remonta en forme de Glaive (L épée est au musée du Louvre mais ce n est plus le régent qui y est serti)




Glaive de Napoleon

Le diamant "le Régent" qui était monté précédemment sur la garde brilla désormais sur le pommeau du glaive

Nitot se retirera  en 1815 et vendit sa maison à Fossin père :

Celui-ci, homme de goût et de talent, ne fit pas seulement de la joaillerie très belle et bien imaginée, comme l'atteste la magnifique collection des dessins qu'il avait composés, mais il se livrait encore à des travaux de riche bijouterie, en incrustant des pierres dures avec de l'or, montant avec de belles garnitures à figures en or des coupes d'agate orientale, ornant de brillants des sabres pour l'Orient, et rehaussant parfois d'émaux différentes pièces de joaillerie. Il fut un des premiers à faire des bouquets en brillants, reprenant en cela les traditions de Lempereur et de Pouget, et les autres joailliers suivirent fort longtemps la voie qu'il avait tracée. Morel, devenu depuis un joaillier renommé, était alors son chef d'atelier.




Napoléon donnait beaucoup de fêtes aux Tuileries, puis eut lieu son mariage avec Marie Louise entraînant des fêtes continuelles en 1811 et 1812




Vers 1809-1810. Composée d'un peigne, d'un collier, d'une paire de bracelets et de boucles d'oreilles. Parure offerte par Napoléon Ier à l'archiduchesse Marie Louise comme présent de mariage, le 28 février 1810.
Micromosaïques : Rome, d'après des gravures de Domenico Pronti.
Monture : feuilles de vigne et grappes de raisins.
Écrin : Gouverneur, gantier, pour l'impératrice Eugénie.
Parure inscrite à l'inventaire des Diamants de la Couronne en 1811.
Seule parure de Marie-Louise des Diamants de la Couronne parvenue intacte. Vendue en 1887. Collection des Diamants de la Couronne

Les diamants étant plus rares à cette époque que 50 ans plus tard, et on vit figurer sur les bijoux des camées, des cornalines, des agates arborisées, des améthystes, des péridots, des aigues marines, des topazes roses ou jaunes



L’impératrice ayant donné l’exemple on vit fleurir la vogue des Camées, Vever signale dans son livre sur la bijouterie :
La reine Hortense portait souvent sur le front un très  large bandeau surmonté de nombreux et gros camées, quelque peu espacés 


Germain Bapst dans son "Histoire des joyaux de la couronne relate le goût de Napoléon pour les camées et il utilisa de nombreux camées qui étaient gardés à la bibliothèque Impériales et qui sont désormais conservés à la bibliothèque nationale.




Le grand Camée, 1er siècle : Volé en 1804, il est retrouvé à Amsterdam, privé de sa monture, fondue et restitué au cabinet des Médailles en février 1805. Une nouvelle monture en bronze doré est exécutée par Delafontaine en 1807. (à la BNF)


Les camées véritablement antiques étant rares, on en fit sur pierre dure " dans le goût antique », et même on en fabriqua de nombreuses imitations sur coquilles.
On en employait partout : « Une femme à la mode, dit le journal des Dames du 25 ventôse an XIII, porte des camées à sa ceinture, des camées sur son collier, un camée sur chacun de ses bracelets, un camée sur son diadème. Sur son fauteuil antique sont des camées; en place d'attiques, son salon offre des camées, et un camée égyptien, figurant sur la portière d'une voiture française, passe pour être l'ornement le plus distingué. »

«Les pierres antiques, et, à leur défaut, les coquilles gravées, sont plus en vogue que jamais (1804). Pour les étaler avec plus de profusion, les élégantes de la classe opulente ont remis à la mode les grands colliers dits sautoirs.  (Vever)

https://www.richardjeanjacques.com/2014/02/les-cameesmerveilles-de-tous-temps.html




Photos aimablement partagées grâce à https://www.bijouxregionaux.fr/fr/

Ce type de croix existe depuis le XVIIIème siècle.
La croix « jeannette » est la seule à être présente dans toutes les campagnes des régions de France : Savoie, Bretagne, Normandie, Lorraine, Alsace, Provence...
On donne abusivement le nom de « jeannette » à une multitude de petites croix sans caractéristiques proches de la jeannette. Cependant, il faut souligner que la croix jeannette est la base de très nombreuses variantes régionales comme la croix "Grille" de Chambéry ou la croix « écotée » du Limousin.



Vous pourrez lire dans de nombreux écrits, que les jeunes filles de ferme qui se louaient pour l'année, achetaient ce petit bijou avec leurs premiers gages, le jour de la Saint Jean : d’où son nom de "jeannette "!




Ce bijou, symbole de Foi, est aussi une marque du passage de l’enfance à la vie active et à celui d’adulte. 
Ces croix étaient souvent produites en série dans de grands ateliers, notamment à Paris. 
Elles furent créées en or, en argent, en vermeil et en pomponne. Le coulant qui l’accompagne est dans le même métal : il est toujours assorti à la croix qu'il surmonte.
Les croix jeannette succéderont, dans la seconde moitié du XIXème siècle, aux modèles de croix régionaux plus caractéristiques et plus typées, surtout plus prisées des paysannes.(https://www.objetsdhier.com/croix-jeannette-1444)






Le peuple, féminin, encore appelé "les femmes de la Halle" les paysannes, ou les femmes de chambre, portaient au cou des portraits de militaires en grands médaillons ovales, mais surtout les "croix jeannette" qui avaient été cachées pendant la révolution, le tout suspendues à des chaînes "Jaseron"

A ce propos, je vous recommande un site exceptionnel, https://www.bijouxregionaux.fr/fr/
qui m a aimablement prêté ses archives photographiques de croix Jeannette.
Car nous ne devons pas oublier les bijoux régionaux, qui nous permettent d approcher la réalité des bijoux de la population française, par rapport à la noblesse, les gens très  aisés etc..

Il faut bien dire que, même lorsque le luxe était à.son apogée, en même temps que les femmes des grands dignitaires portaient les riches parures dont nous avons parlé, les personnes de moindre fortune se contentaient de bijoux plus modestes. C'est pourquoi les cornalines, les agates arborisées, puis ensuite les améthystes, les péridots, les aigues-marines, les. topazes roses ou jaunes et autres pierres de petite valeur, figuraient dans un grand nombre de bijoux. On montait souvent ces diverses pierres dans des montures décorées: d'une sorte d'ornementation assez semblable aux grosses cordes du violon, qui sont entourées d'un fil ténu de métal. Cette ornementation, appelée cannetille, s'appliquait généralement à plat. et. s'entremêlait souvent de feuilles minuscules ou de petites rosaces estampées. ..




Les breloques étaient encore à la mode et même les hommes portaient leur montre attachée à un cordon de soie ou un ruban qui sortait du gousset tout en supportant des breloques parfois volumineuses : Voir l article de Jacqueline Viruega: sur le bijou utilitaire:

 http://www.histoire-image.org/fr/etudes/bijou-utilitaire




Montres d hommes avec "breloques" la maison Christie's qui les a revendus les attribue à Mellerio. Qui les a fabriqué?





De 1810 à 1814 on fabriqua des bijoux en or mat,vers 1815 ils furent décorés d’ornements hémisphériques ou des calottes d’or embouties 



En résumé, de 1804 jusque vers 1814, la joaillerie fut très prospère et tint une place importante dans l'industrie. Il se vendit alors beaucoup de diamants, employés à former des colliers à plusieurs rangs, de longueur inégale, dits en esclavage, des garnitures de corsage et des peignes servant de bandeau ou de
couronne. Indépendamment des peignes et des coiffures en couronnettes, qui se plaçaient sur le chignon, on portait aussi sur le devant de la tête des bandeaux, des tours de tête et des diadèmes importants. On s'en rendra facilement compte sur les portraits que nous reproduisons.
Ces bandeaux ou tours de tête, en perles et en joaillerie, se plaçaient presque sur le front, à la naissance des cheveux, afin de cacher le bord de la perruque, car la mode, après avoir demandé des têtes tondues, voulut ensuite des cheveux, et les exigeait même d'une couleur déterminée. C'est ainsi que les perruques furent très répandues.
Toute la joaillerie de ce temps se faisait à plat, c'est-à dire sans modelé, sans relief, sans pièces rapportées ou superposées, comme si on l'eût découpée dans un épais morceau d'argent plané, légèrement ramolayé, c'est-à-dire modelé à l'échoppe. La mise à jour des pierres était parfaite, d'un fini remarquable ; les montures étaient exécutées avec soin; mais, ainsi-que nous l'avons déjà dit, elles laissaient à désirer pour le style et le goût. Les ornements se composaient de grecques, de palmes, de culots, d'arcades, de trèfles, de quadrillés et d'entourages, qui n'exigeaient aucun travail de composition ni aucun effort d'imagination.

Mais un des traits caractéristiques de la bijouterie à cette époque est la grande faveur accordée aux camées. Leur vogue fut considérable (revue de la BJO 1903)




1813 cette boite en or  ayant appartenue à Marie Elisa Bonaparte avait été fabriquée par Nitot.


Le 6/04/1814: Napoleon abdique, les Alliés se divisent cependant sur l'identité de la personne à placer sur le trône, la branche des Bourbons ayant le soutien des Anglais, tout en étant notamment rejetée par la Russie. Plusieurs autres solutions sont envisagées, avant qu'il ne soit décidé d'agir selon l'évolution des événements. Ceux-ci font pencher les choses en faveur du Comte de Provence, futur Louis XVIII. Son entourage parvient à susciter dans plusieurs villes, notamment Bordeaux, un fort engouement pour les Bourbons. Dans le même temps, Napoléon se retire à Fontainebleau, laissant à Paris un Talleyrand chargé de mener les négociations avec les puissances étrangères. Ce dernier parvient à manœuvrer le Sénat français et le Corps législatif qui déclarent le 2 avril la déchéance de l'Empereur et proposent le trône au Comte de Provence. Ayant convaincu la Russie de la validité de cette solution, Talleyrand fait adopter une constitution proche de celle de 1791, qui suscite la réprobation des plus fervents partisans de la monarchie. Le même jour, Napoléon abdique, et devient souverain de la principauté de l'île d'Elbe, recevant une rente à ce titre.

Le comte de Provence étant retardé en Angleterre, c'est tout d'abord son frère, le comte d'Artois qui fait son entrée en France, et accepte sans grande conviction l'idée d'une constitution, sans pour autant prêter serment sur le texte. Il est également décidé de remplacer le drapeau tricolore par le drapeau blanc, au grand désarroi des militaires

En 1815 Napoléon est exilé par les anglais à Sainte Hélène, fini les pastiches de l’antique, du grec, du Romain, vive le "Gothique"







Ecrin de maroquin au chiffre couronné d'Amélie impératrice du Brésil, fille du prince Eugène (1812-1873). Sur les médaillons circulaires : lettres gothiques dont la réunion forme la dédicace « ton hortense». Début du 19e siècle. Dimensions : H. 0,06 (croix) ; L. 0,04 (croix) ; Long. 0,76 (chaîne)Photo (C) RMN-Grand Palais Le prince Eugene était le fils unique de Napoleon  III





Détail du pendentif : croix ornée de deux mains unies dites « bonne foi » comme les bagues FED: Photo (C) RMN-Grand Palais

Châteaubriand avait remué les âmes avec son Génie du Christianisme;
il semblait qu'on venait de découvrir nos belles cathédrales, et, ainsi qu'il arrive lorsque la mode s'en mêle, l'art du Moyen-Age fit fureur.
Mais là encore on tomba dans l'exagération, car ce style gothique, que l'on n'avait pas eu le temps d'étudier, fut mal compris, et ce bel élan, cet engouement trop brusque, n'aboutit en somme, sauf de rares exceptions, qu'à des pastiches d'un goût très discutable. (Vever)





1820 les premiers médaillons émail et or : revendu par la maison Tajan.


1827 dans le Dictionnaire encyclopédique et biographique de l'industrie et des arts industriels
Sans doute, les imitations qu'on fit en ce temps là des orfèvreries et des bijoux des xve et xvi" siècles, nous semblent bien imparfaites à nous qui en voyons aujourd'hui dans nos musées et nos expositions rétrospectives. les types authentiques mais Wagner et ses confrères ne pastichaient pas des modèles qu'ils avaient à peine entrevus et s'ils avaient trouvé dans les collections privées des Dusommerard, des Sauvageot, des Debruge-Duménil et des Pourtalès, quelques modèles admirables, ils s'en inspiraient seulement oomme ils s'inspirèrent surtout de l'œuvre gravée des maîtres, parmi lesquels leurs préférences marquées furent pour Holbein, Virgilius Solis et les petits maîtres allemands. Des artistes de premier mérite ne dédaignaient pas de prêter leur concours à l'orfèvre et au bijoutier, et c'est de Pradier, de Feuchères, de Cavelier, de Klagmann, de Liénard, de Triquety, de Geoffroy qui devaient promptement atteint et dépassé. Froment Meurice avait le goût plus fin, l'invention plus large, et surtout une faculté d'assimilation surprenante. Victor Hugo l'a immortalisé dans ses vers et Th. Gautier l'a moulé dans sa prose. Adopté par le faubourg Saint-Germain et par les Tuileries, breveté par la ville de Paris dont il devint l'orfèvre patenté, Froment-Meurice le père tint, pendant vingt ans, la première place que lui avait reconnue, en 1839, le jury de l'exposition nationale; beaucoup d'artistes lui doivent d'avoir dépassé les zones moyennes du succès en leur empruntant leur talent, il les encourageait, les instruisait et les rendait aptes à s'élever jusqu'à l'art pur où plusieurs ont atteint. Nous donnons le croquis d'un de ses premiers bijoux, un bracelet où l'on retrouve le goût de 1835, et nous y ajoutons  un pendant qui démontre combien le fils est resté fidèle aux traditions paternelles.

• Morel, moins artiste, était doublé de Duponchel qui le commandita d'abord et qui continua seul ensuite sa maison. Cet homme qui modifia si profondément notre théâtre et fut le premier metteur en scène de l'Opéra français, fût aussi un novateur dans l'orfèvrerie et la bijouterie;
C'est en quoi ils sont restés les meilleurs et l'emportent sur ceux d'aujourd'hui; ils avaient une allure plus originale et plus personnelle, et la figure humaine ajoutait son accent à des compositions qui, à défaut d'elle, n'ont qu'une signification banale. Quoique dise à ce sujet, le savant critique, M. Ch. Blanc, nous croyons qu'à l'exemple des Egyptiens, des Etrusques et des artistes florentins, nos fabricants doivent faire entrer la figure humaine dans la composition de leurs bijoux et que l'ornementation de ceux-ci a d'autres ressources que les images tirées du règne végétal et de la géométrie.

Wagner nous était venu d'Allemagne, mais Froment-Meurice et Morel, deux artistes bien français ceux-là et que nous avons déjà nommés, de composition et de style de ceux qui eurent recours à lui; architecte habile, il avait les saines traditions de l'Ecole et renfermait la fantaisie du dessin dans les règles absolues de la ligne. Il trouva du reste en Morel un admirable instrument, l'un des plus merveilleux ouvriers de son art. Morel n'était pas seulement un orfèvre et un bijoutier, c'était un lapidaire sans pareil; ce métier lui doit la plupart des outils et des procédés qui sont encore en usage et non seulement les bijoux, mais les gemmes montées qui sont sorties de ses mains, sont prisées à l'égal des oeuvres du xvie siècle; -il en est qui en vente publique ont triplé de prix; quand il quitta Paris, Morel s'en fût porter à Londres les germes d'un goût qui n'a pas encore produit dans l'orfèvrerie et la bijouterie anglaises tous les fruits désirables, mais c'est de 1851, cependant, qu'il faudra dater la renaissance de ces industries comme de celles qui déjà ont fait chez nos voisins de si réels progrès et c'est à notre compatriote qu'en reviendra l'honneur.


Morel, qui était sorti de l'atelier de joaillerie de Fossin, était également habile dans l'art de monter les pierres; il aida à la recherche des procédés de l'émail. 




1830 environ, la maison Tajan a revendu une parure de cette époque, en or et émeraudes

1830 habillement bourgeois

Avec la seconde Restauration, les fortunes vont se reconstituer et les nouvelles relations commerciales vont nous permettre d'avoir à nouveau en grand nombre des topazes naturelles, des améthystes, de l’héliodore, de l’aigue marine, pierres de moindre prix qui permettaient de fabriquer des parures importantes.




Parure de perles blister naturel, années 1820-25 Comprenant: un collier serti de perles blister naturelles, entre des motifs de parchemins et de repoussés floraux, d’une longueur d’environ 440 mm; une paire de boucles d'oreilles et trois broches de conception similaire, marques françaises pour l'or 18 carats, poids brut total d'environ 90,39 grammes.
Revendu par sotheby's


L’orfèvre Biennais ajouta un atelier de joaillerie à son établissement d'orfèvrerie ; ses montures plates et peu décorées consistaient en chatons reliés par des culots d'ornements.

Sous la Restauration, on portait peu de bijoux, la réaction s'étant encore accentuée contre le luxe, et une sorte de pruderie s'étant introduite dans les mœurs. Les Bourbons ne ramenèrent aucune des vieilles traditions de goût, d'art et de luxe ; on se contenta de remplacer les abeilles et les aigles par des fleurs de lys. Beaucoup d'émigrés avaient été obligés de vendre leurs bijoux pour paraître à la Cour de Louis XVIII qui lui était  impotent.





Bijoux 1825

Les femmes, vêtues de percale blanche, portaient des toques énormes à la Marie-Stuart, brodées ou garnies de perles, avec des marabouts, des panaches blancs à la Henri IV, et des plumets invraisemblables à la base desquels se piquaient des diamants.

Pour la joaillerie, Mr Dubuisson, Maison Haute, Paul Frères, Petiteau, Bénière, Caillot et Robin fabriquaient de grandes parures mais les pierres employées étaient de deuxième choix.



En revanche Ouizille-Lemoine et Franchait se distinguaient des autres, Cahier, l’orfèvre, avait créé un établissement de Joaillerie alors que Bapst fit la couronne de Charles X évidemment avec des diamants de la Couronne, ainsi que l’épée en diamants qui est exposée au musée du Louvre





Paire de bracelet en or émail et cheveux avec deux miniatures ovales de l' école italienne sur ivoire vers 1820-1825 .




Une jolie veuve Au moment où ce tableau fut exécuté en 1825, la duchesse de Berry était une jeune veuve de 27 ans. Mariée en 1816 au duc de Berry, second fils du futur Charles X, elle lui avait d’abord donné une fille, puis, après son assassinat par Louvel, en février 1820, un garçon, le duc de Bordeaux, « enfant du miracle » qui assurait le maintien de la couronne dans la branche aînée des Bourbons. 


Louis-Philippe d'Orléans se fait proclamer roi des Français par la Chambre des députés le 9 août 1830, par la grâce d'une charte valant constitution. Un certain luxe économique revient, une atmosphère plus familiale, plus calme Victor Hugo avec Notre dame de Paris, Alexandre Dumas avec la Tour de Nesle vont réintroduire le moyen Age, et peut être grâce à eux, Froment Meurice appliqua ce style moyen âge a ses bijoux et connut un très grand succès.





Bracelet 1830 (env) de Froment Meurice  revendu par Sotheby's



Colliers, pendants d oreilles, ferronnières, bijoux dans les cheveux, boucles de ceintures
dans la revue BJO  la mode de 1830-1835.



Sur ce portrait de jeune femme , fleurit une ferronniere sur son front

Apparurent les ferronnières, https://www.richardjeanjacques.com/2007/10/une-ferronnire.html



Bracelet avec cannetille pouvant avec une autre partie de collier, servir de Ferronnière

j’ai travaillé sur Froment Meurice récemment c’était un novateur et aussi un grand orfèvre: 
https://www.richardjeanjacques.com/2019/01/les-froment-louise-mainguet-meurice.html


Citons Wagner qui obtint un franc succès à l’exposition de 1834, excellait dans les nielles qu'il avait importés d'Allemagne, en 1830, où ils venaient de Russie. Ce fut le promoteur incontestable du passé "le moyen age, la renaissance. D'origine allemande , il décède prématurément en 1841 victime d un coup de fusil accidentel.





Description des antiques du Musée national du Louvre /table chronologique des artistes



Wagner collectionnait les antiques dans ce genre, remarquons la dénomination "Joaillier du Roi de Prusse"
Il fit, par ce procédé, des coupes, des coffrets, des tabatières, des pommes de cannes et des bijoux de toute sorte ; il était, de plus, très habile ciseleur. Encouragé par le duc d'Orléans et par la princesse Marie, Wagner entreprit de grands travaux et devint chef d'école ; il fit revivre le repoussé, et se fit remarquer tout particulièrement aux Expositions de 1834 et 1839, en même temps que Froment-Meurice qui, comme nous venons de le dire, excellait dans les bijoux gothiques, moyen âge et Renaissance, et s'entourait de collaborateurs éminents tels que Pradier, Feuchères, Cavelier, Vechte, etc. Pendant que l'orfèvre Fauconnier, qui demandait des modèles à Barye, enseignait la ciselure à ses neveux Fannière qui ont tenu une si belle place dans l'orfèvrerie de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. C'est à cette époque que Marchand se mit à dessiner des ornements en cuirs roulés qui eurent un très grand succès. Ces bijoux étaient faits d'une feuille d'or découpée qu'on emboutissait et qu'on battait ensuite tout autour. Les rouleaux étaient soit découpés dans la feuille même et roulés à la pince, soit façonnés à part et soudés ensuite à la place qu'ils devaient occuper ; ils étaient couverts d'une gravure assez insignifiante, mais qui contribuait à leur donner un aspect plus ouvragé.






A une époque ou le platine n'était pas utilisé, 



1840 Flacon fabriqué par Morel (revente Sotheby's


1840 Camée Pierre dure de Caillot et Peck


1840 Bijoux sous Louis Philippe


Morel qui fut chef d’atelier de Fossin fonda en 1842 sa propre maison il travailla avec Duponchel
https://www.richardjeanjacques.com/2017/01/joaillerie-dite-chaumet-des-origines.html

A ce sujet, aussi bien que pour Fossin Nitot etc. La Maison Chaumet peut-elle s'enorgueillir d'exister depuis 1780? Peut-elle affirmer ceci ?
"C’est dans cette tradition que se distingue à la fin du XVIIIème siècle le fondateur de Chaumet, Marie-Etienne Nitot."

Non, il n'y a aucun lien entre Nitot, les Fossin, les Morel et ce n'est que, parce que Joseph Chaumet épouse la fille de son patron, Mr Morel qu’il va créer la saga Chaumet en 1875.

Mais nous n'en sommes pas là




Photo copyright RMN

Apres 1840 il se fit beaucoup de broches à pendeloques de ce genre en or et pierres fines.

Argent, doré au revers, émail en relief, améthystes rondes taillées et une grande améthyste ovale taillée, perles. Pierres roses : béryl (morganite) ou topaze rose .

"M. Christofle s'occupait de bijouterie ; il faisait alors des filigranes d'or et d'argent, des
Tissus métalliques et des sortes de passementeries, des bracelets, des boucles d'oreilles, des fleurs, des papillons et des oiseaux, en grande partie pour l'exportation. Il succéda, en 1831, à M. Calmette, dont il était associé depuis 1825. Avant de se livrer entièrement à l'exploitation des procédés électro-chimiques, M. Christofle fabriquait aussi beaucoup de joaillerie, et exposait, en 1844, une parure complète tout en brillants, des bouquets, des colliers de diamants et de pierres de couleur, travaux faisant beaucoup d'effet puisqu'ils étaient destinés à l'exportation. 





En 1843  https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61012362/f3.item.r=christofle.zoom

Mr Christofle critiquait la loi de 1840 sur la bijouterie joaillerie


Ce fut M. Rouvenat, son associé, qui lui succéda dans la fabrication de la bijouterie. Pendant cette époque de romantisme, les dandys et les mirliflores, habillés à la Musset, portaient de grosses cravates longues qui cachaient entièrement la chemise, mode qui fit
passer à la cravate l'épingle qui jusque-là était portée sur le plastron de la chemise ; les lionnes et les fashionables, les « Jeunes France » se retrouvaient alors au boulevard de Gand, et c'est surtout pendant les trois journées de Longchamp que se lançaient les modes nouvelles, tels que les gros bracelets en forme de larges rubans plats émaillés, bleu transparent sur fond guilloché avec une boucle en demi-perles ou en grenats, les fines chaînes-sautoirs avec un coulant orné de pierres qui tenait la montre placée dans la ceinture et que les hommes portaient aussi bien que les femmes dans leur gilet de velours ou de casimir qui, bien souvent, bâillait sur un corset et dont les boutons étaient fréquemment en or orné de ]lapis-lazuli, de jaspe, de grenat ou d'autres pierres."


1848 élections du Prince Président, qui devient rapidement Napoléon III Sa politique extérieure vise à restaurer la puissance française en Europe et dans le monde.


'La tombe de Caecilia Metella'. Plaque en micromosaique, Rome, vers 1810
rond, monté dans une broche en métal doré, vers 1850 (Sotheby's)

1850 Tous vont vouloir être invités aux bals que donnait le Prince Président, la joaillerie de cette dernière année n’avait pas évolué, (des rivières et des parures a feuillages et chatons), la plupart des bijoux étaient montés sur argent, les plus beaux sur argent avec une base en or rose.
Bijoux en émail vert ou bleu, grappes de perles ou bouquet de roses, feuilles de vigne avec raisins en perles.
Bracelet en or très larges avec perles et diamants en sertis clos ou dans des montures à griffes, des étoiles de diamants avec filets d'émail, et des camées.
Camées en pierres dures pour les plus riches les autres se contentant de camées coquille réaliser sur des coquillages.





Très belle parure de "CARTIER" vers 1850, améthystes, et écaille sur or 750-1000°
La Duchesse de Bedford que j ai connu dans les années 1970 adorait les améthystes , il faut dire que c'était une vraie rousse et que cela lui allait parfaitement.



1850 Jules Chaise


1850 Bracelets de Mellerio




La Rue du Cirque, ...déja...mais ce n'etait pas François Hollande.
Le portrait de cette jolie femme nous permet de voir des bijoux de l'époque 1850, mais l histoire de cette dame vaut la peine d'être racontée
Après la Révolution de 1848, Louis-Napoléon Bonaparte retourne en France où il se fait élire député puis président de la République, sa campagne ayant été financée par sa maîtresse. Miss Howard et les trois garçons déménagèrent rue du Cirque , une rue adjacente au palais de l'Élysée, où, en tant que maîtresse, elle resta dans l'ombre. Elle eut une ennemie jurée en la personne de la cousine de Napoléon, la princesse Mathilde, à qui il fut fiancé auparavant (1836), et qui lui apportait elle aussi un soutien financier. Miss Howard continua à soutenir ses aspirations à devenir empereur et finança en grande partie son coup d'État du 2 décembre 1851. Un an plus tard, à la suite d’un plébiscite, il devient Napoléon III, empereur des Français. Bientôt, il se met à la recherche d'une épouse qui puisse devenir impératrice, et Miss Howard se retrouva mise de côté. Napoléon, après avoir été rejeté par la princesse Caroline de Vasa, fille du prétendant au trône de Suède - et donc de sang royal - mais aussi cousine de Napoléon III, étant une petite-fille de la grande-duchesse de Bade Stéphanie de Beauharnais, puis par d’autres membres de la noblesse, choisit une Espagnole, Eugénie de Montijo. Lorsque Napoléon annonça son mariage, Miss Howard fut envoyée préalablement au Havre pour une soi-disant mission en Angleterre. En son absence, des sbires de la police saccagèrent son logement et emportèrent toutes les lettres personnelles que Louis-Napoléon lui avait écrites. Ayant neutralisé son éventuelle capacité de nuisance, l'empereur concéda à son ex-favorite divers privilèges et cadeaux.
La fortune de Miss Howard est rebâtie lorsque Napoléon, devenu empereur sous le nom de Napoléon III, lui rembourse ses dettes. Elle reçoit le titre de comtesse de Beauregard du nom du château de Beauregard qu’elle possède sur les hauteurs de La Celle-Saint-Cloud. Après six mois de mariage, Napoléon reprend sa relation avec elle. Mais l'impératrice, vraisemblablement rebutée par l'amour physique, lui interdit de la revoir. Il doit renoncer à cette relation pour se consacrer à sa femme dans le but d'engendrer un héritier








Ce bijou qui se trouve au Victoria et Albert Muséum  est de Felix Dafrique fabricant français qui l a conçu en 1851  sur un camée coquillage , sculpture de Lebas et Paul Victor, avec émeraudes et diamants
En 1851 eut lieu l exposition Universelle  de Londres  les exposants français remportèrent un réel triomphe ; la proportion des récompenses qu'ils obtinrent atteignit presque 60 pour 100, tandis que celles des Anglais n'arrivèrent qu'à 27 pour 100 et celles des autres nations
réunies à 17 pour 100. (vever)
Le Prince Président fut séduit par le travail qu y présenta G. Lemonnier:

G. Lemonnier, ancien employé de Bury, joaillier, rue Richelieu, 92, avait envoyé au Palais de Cristal un ensemble de riches bijoux, parmi lesquels figuraient deux importantes

parures exécutées pour la Reine d'Espagne ; elles sont signalées par le rapporteur du jury comme montrant « un goût très sûr et très élevé dans la conception de l'ensemble ». L'une de ces parures se composait d'un collier avec ruban en brillants entrelacés de feuillages en émeraudes, d'une garniture de corsage semblable, et de deux noeuds d'épaule auxquels étaient suspendues de très grosses émeraudes (d'apresVever)



Parure de Lemonnier pour la Reine d'Espagne 




En 1853, le jour de son mariage, l'Impératrice Eugénie, qui portait une robe de velours blanc uni, recouverte de magnifiques dentelles d'Alençon, avait un corsage couvert sur le devant d'épis de diamants posés comme des brandebourgs, et, sur la tête, un diadème et un tour de peigne avec saphirs merveilleux.


N oublions pas les bijoux de deuil: Autrefois, la société dictait les règles de bienséance à tenir en ces funestes circonstances.

Bague de deuil


Mais mon ami Marc Faygen a très bien résumé  ces conditions



Jacques Evrard Bapst est le joaillier de la couronne, venait également d'exécuter de nouvelles parures en utilisant les pierreries du Trésor. Il fit ainsi, entre autres pièces, deux grands nœuds d'épaule, un diadème à palmettes, un tour de corsage à feuilles de lierre, une grande guirlande à seize aiguillettes, une " berthe " ou ornement de corsage en perles et diamants, une broche Sévigné, une chaîne de trente-deux gros maillons en brillants, un grand peigne dans lequel figuraient plusieurs des Mazarins, un grand diadème russe et un autre grand diadème à la grecque. [Ces deux dernières pièces figurèrent à l'Exposition de 1867 où elles furent très remarquées)


http://propertyofalady.fr/2016/10/24/les-bijoux-de-limperatrice-eugenie-temoins-des-modes-du-second-empire/2/






Par Wouter Engler — File:1-Crown of Empress EugénieDSC 0247.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47120271

Voir le texte sur la Couronne de l impératrice:
https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/couronne-de-l-imperatrice-eugenie





1855 apparitions des crinolines, et vu les profonds décolletés, les femmes portent de boucles d’oreilles pendantes de plus en plus longues. 
 En 1856 fut inventée la crinoline « cage » (brevet de l'américain W.S. Thomson), formée de cerceaux baleines ou de lames d’acier flexibles reliés entre eux par des bandes de tissus et attachés à une ceinture, qui reprit à son compte le nom de crinoline ; elle remplaça le jupon de crin jusqu'au début des années 1970



Charlotte impératrice du Mexique

Avec les crinolines était apparue une mode interessante pour les joailliers .

"Bijoux des deux empires" editionsSomogy

Les porte bouquets un accessoire de mode de 1850 à 1870 après , cela disparait.
Peu de renseignement sur ces pièces dans lesquelles on pouvait placer un petit bouquet de fleur.

Une autre vogue parallelle aux camées pierres dures et camées coquillage furent les camées pierres de lave




Sur le site de vente "Proantic"  ce bracelet en pierre de lave de différentes couleurs



La mode vient d'Italie ou les fouilles archéologiques de Pompéi,et d'Herculanum relance la mode  des camées qui déjà à la Renaissance avait connu une certaine vogue dans les élites.
mais il est  évident qu'au début du XIX eme siècle le néo-classicisme va favoriser cette mode. Caroline Murat, Reine de Naples, soeur de Napoléon se passionne pour les fouilles de Pompei.
Sur ses propres deniers elle constitua un musée en collectionnant les camées et les pierres gravées.Evidemment Rome s'y mit et fabriqua des camées et des intailles
En 1830 pour 80.000 habitants, Rome comptait plus de 80 ateliers de graveurs en pierres dures.Mais à Naples avec la proximité de la Méditerranée, on taillait du Corail, et d'autres part avec le voisinage du Vésuve, de la lave durcie.

Il ne faut pas confondre Il existe des camées aux motifs plutôt grossiers, appelés à tort, pierre de lave, montés sur du « pomponne » en broches ou en bracelets. Ils sont en réalité un calcaire compact à grains fins.


Pierre de lave ou dite pierre du vésuve


Deux pièces en pierre de lave revendues par Maitre Couteau Begarie, travail italien  XIX e


Napoléon III avait acquis la collection Campana et la faisait installer au Louvre, et c'est de là qu'est sorti le style néogrec. Les bijoux antiques eurent alors une grande influence sur la fabrication parisienne, et le style étrusque fit fureur. Fontenay, à l'instar de Castellani, de Rome, excella dans ce genre et exécuta de véritables merveilles, avec un goût parfait.





Les pendeloques et les colliers amphores eurent un franc succès, mais aussi le Lapis Lazuli, le corail et surtout les bijoux en mosaïque et des peintures émaillées. Ces pendants amphores  en or et jade  sont de Fontenay qui a utilisé le jade depuis 1860 Ils sont exposés au Musée des Arts décoratifs de Paris






Ces pendants en or  ont été exécutés entre  1864 et1867









Cette demie parure  en or  été dessinée par Richet et fabriquée par fontenay vers 1864




Ce pendentif, typique de cette époque est de "Cartier" or jaune et or rose et émail polychrome, le médaillon s ouvre pour conserver une mèche de cheveux.






Il fabriqua  aussi des bracelets larges, souples et plats dits jarretières, et de ces grosses gourmettes en or poli ou grosses chaînes forçat auxquelles on suspendait quantité de petits médaillons ovoïdes, ronds ou ovales, en or, en grenat, en lapis, en malachite, e
n jaspe, en onyx, enfin en pierres de toute espèce, et dans lesquels on plaçait des portraits, des cheveux, des souvenirs de toute sorte.




 C'était aussi la mode des bracelets serpents, émaillés, flinqués*, ou tout or, dont les corps rigides ou à articulations, ou en écailles mobiles, garnis d'un ressort à l'intérieur, faisaient plusieurs fois le tour du bras. Un peu plus tard, ce fut le tour du bracelet porte-bonheur composé d'une bande plate en or rouge poli, uni ou repercé par un petit dessin t
rès serré.
*Flinqué : Gravure  manuelle au burin ou à l'aide d'un tour à guillocher et formée de droites ou de courbes qui se croisent ou s'entrelacent. Dans le cas du flinqué, l'outil est conduit selon le rayon d'un cercle.





Dessin de Boucheron





Maison BESCH Auction Cannes


 Ils étaient rigides, et s'ouvraient à charnières perdues, c'est-à-dire ne faisant aucune saillie à l'extérieur du bracelet non plus que le fermoir à cliquet également invisible. On en fit des carrés, des ronds, des joncs et des demi-joncs, de toutes hauteurs et de toutes dimensions ; la consommation en fut telle à la fin de l'Empire et au commencement de la troisième République qu'il n'est, pour ainsi dire, aucune femme, même de condition modeste, qui n'en ait porté. 




On fit ensuite des bracelets semaine composés de sept fils d'or ou d'argent, souvent alternés unis et cordés, représentant les sept jours de la semaine, retenus par une bride transversale. Ces bracelets ne s'ouvraient pas ; on les entrait en forçant légèrement sur la main. Ce sont les ancêtres des bracelets joncs de CARTIER





Etonnante broche des années 1860 . ©TAJAN/SEBERT Elle est formée d'une tête d'Hypnos en corail sculpté entouré de serpents sur un motif de corail godronné retenant trois pampilles ornées de boules de malachite et corail. Monture en or jaune 14K et métal. Poids brut : 27,13 gr. Dim. 6 x 7,5 cm. elle vient d 'être revendue par la maison Tajan sous la direction de Victoire Winckler .Dommage qu' aucun poinçon n'ait été relevé!
Dans la mythologie grecque Hypnos est le dieu du sommeil, connu chez les Romains sous le nom de Somnus. Il est le fils de Nyx et le frère jumeau de Thanatos la personnification de la Mort. Il est aussi le père de Morphée dieu des rêves.



1860  Travail de Massin pour Lemonnier


1860 Alexis Falize


1860 Falize





La maison Tajan Paris a revendu ce bracelet typique des années 1860-1870 , ce sont des bracelets à l "epate" creux et volumineux, un peu fragiles aux charnières et aux fermoirs, mais ils se fabriquèrent en grande quantité.




A partir de 1856, un etonnant dessinateur qui laissa dans un livre "La Pandore" trace de ses dessins


Eugène Julienne


Tres beau bouquet d'Etienne Julienne qui créa une école de dessin pour les BJO à cette époque


Planche de Bagues d' Etienne Julienne


Je ne sais si ce dessin de Etienne Julienne fut réalisé?




1865  bracelet de Lemonnier




Cartier fabriqua aussi des bijoux régionaux, ici une croix normande de Cartier





Ce tres beau collier est de 1867, il fut fabriqué par Fontenay avec l aide du dessin et des émaux d 'Auguste Richet, l' ecrin est de Boucheron, galerie de Valois et en effet Fontenay  à fourni Boucheron jusqu'en  1881 (le collier se trouve au British Muséum)


A la cour de Napoléon III le luxe régnait, les grands travaux dans paris et en France, le canal de Suez, le Chemin de fer, tout concourait à enrichir les entrepreneurs et parait-il, même les expropriés.
A l’exposition de 1867, les souverains étrangers, mais aussi tous les personnages qui comptaient dans le monde vinrent à Paris, tout le monde gagnait de l'argent et tout le monde en dépensait.Ce fut peut-être le plus bel âge d’or pour les bijoutiers,






Le Grand-Prix de Paris avait remplacé les journées de Longchamp ; et les Fannieres réalisèrent cette magnifique coupe. offerte par Napoleon III en 1867 .

Fannière est méconnu de nos jours? mais : L'ensemble de tous ses travaux valut à MM. Fannière les plus hautes distinctions :
En 1849, une médaille de deuxième classe comme collaborateurs ;
En 1855, deux médailles de première classe (Auguste Fannière fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Ce fut la première et la seule croix donnée à un collaborateur) ;
En 1862, à l'Exposition de Londres, la grande médaille (Joseph Fannière fut nommé chevalier de la Légion d'honneur) ;
En 1867, première médaille d'or ;
En 1878, grand prix (Auguste Fannière fut promu officier de la Légion d'honneur) ;
En 1889, nouveau grand prix.
Depuis longtemps Auguste Fannière était membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts.





On fabriqua donc des bijoux en rapport, fers à cheval, fouets, cors de chasse, tètes de chiens ou de cheval ! ces boutons de Manchettes sont de "Cartier"  avec deux camées d'agate grise.





Tout cela s'effondra en 1870. La défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III provoquèrent, le 4 septembre 1870, la chute du Second Empire ainsi que l'exil de Napoléon III, et marquèrent la naissance en France d'un régime républicain pérenne avec la Troisième République.

La défaite et la perte de l'Alsace-Lorraine provoquèrent en France un sentiment de frustration durable et extrême qui contribua à l'échec du pacifisme, et plus tard, à l'entrée du pays dans la Première Guerre mondiale.


Une guerre civile est toujours horrible et pourtant il y eut la commune !

Charles-Marie Leconte de Lisle à José-Maria de Heredia : « La Commune ? Ce fut la ligue de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs, mauvais poètes, mauvais peintres, journalistes manqués, tenanciers de bas étage » ;
Gustave Flaubert à George Sand : « La seule chose, j'en reviens toujours là, c'est un gouvernement de mandarins. Le peuple est un éternel mineur. Je hais la démocratie ». « Le premier remède serait d'en finir avec le suffrage universel, la honte de l'esprit humain. Dans une entreprise industrielle (société anonyme), chaque actionnaire vote en raison de son apport. Il en devrait être ainsi dans le gouvernement d'une nation ». « L'instruction obligatoire et gratuite n'y fera rien qu'augmenter le nombre des imbéciles. Le plus pressé est d'instruire les riches qui, en somme, sont les plus forts » 

Alors le calme revenu on créa des bijoux "Alsace Lorraine






On fabriqua quand même des bijoux  commémorant cette perte de nos provinces ( Vever).



La très riche clientèle d'orient, d’Egypte, des deux Amériques, revint à Paris nos métiers furent aidés par la découverte des diamants d'Afrique du Sud, qui nous fournirent des diamants en quantité et de taille plus important qu'avant.





Le Big Hole, Open Mine (« mine à ciel ouvert ») ou Kimberley Mine (« mine de Kimberley ») est une ancienne mine à Kimberley, en Afrique du Sud. La masse du diatrème de kimberlite renfermait l'un des plus riches gisement de diamants jamais découvert.
Active de 1871 à 1914, la mine occupe une surface de 17 hectares, dont 463 mètres de largeur, pour une profondeur de 240 mètres, ramenée à 215 mètres par l'accumulation de débris, ce qui en fait la plus grande excavation jamais réalisée à la main. L'eau inonde la fosse sur environ 40 mètres, ce qui laisse donc une hauteur d'environ 175 mètres à sec. Près de trois tonnes de diamants ont été extraites pendant la période d'activité de la mine.
La mine était exploitée par la société De Beers




La mine cessa ses activités lorsque la profondeur rendit les activités trop dangereuses ou improductives. L'exploitant poursuivit cependant certains travaux de galeries de mines jusque plus de mille mètres de profondeur.
Le Big Hole est considéré comme l'une des plus profondes cavités creusées par l'homme avec une profondeur de 200 mètres (wikipédia)



En 1871, les frères Johannes Nicholas et Diederik Arnoldus de Beer vendirent leur ferme Vooruitzigt pour une somme qu'ils croyaient faramineuse (6.300 livres). En effet, Rhodes, âgé de 17 ans, arriva en Afrique et se rendit compte tout de suite que la prospection individuelle ne serait jamais rentable. Dès 1876, le cumul des concessions fut autorisé. Rhodes racheta donc des concessions à qui voulait les vendre, dont la ferme des deux lascars qui se crurent riches. Qui a dit que la concentration des entreprises était un phénomène nouveau ?


1880 est l'année du début de la lutte pour le contrôle des mines entre Rhodes et Barney Barnato. Suite à cette situation, en avril, Rhodes et Rudd forment une compagnie : la « De Beers Mine », en souvenir des deux frangins disparus dans la tourmente (cynisme d'homme d'affaires ou remerciements pour une fortune ?), et Barnato dut plier.


Ce chariot qui permettait de descendre dans the big hole) permet de comprendre tous les cables que l on voit sur les photos qui précedent



Massin, Beaugrand, Falize, Boucheron, avaient animé l’exposition Universelle de Paris en 1867, mais leur réputation grandit, on reprit les Bouquets les colliers souples a emmaillements invisibles et si sous Napoléon III, le Palais royal et ses commerces de Joaillerie étaient en vogue, il apparaissait désormais la Rue de la Paix et le Boulevard des Italiens.



1875 Collier améthystes et or  (sotheby's)

Cependant, une circonstance heureuse amena, quelques années plus tard, une réaction sensible contre le goût anglais l'empereur Napoléon III ayant acheté du marquis de Campana une partie des collections qu'il avait formées à Rome, les objets acquis furent exposés au Palais de l'Industrie avant de prendre au musée du Louvre la place qu'ils y ont occupée depuis. Un choix assez considérable de bijoux étrusques faisait partie de la collection. Vers le même temps, M. Castellani, de Rome, banni de son pays pour
la parure des femmes; il y mit de l'esprit et sut habiller de filigranes délicats, d'ornements fins et toujours appropriés aux sujets de jolis émaux peints aux tons mats, des repoussés mignons où se dessinaient les dieux de l'antiquité et d'ingénieuses allégories (fig. 406 et407).
Sa vitrine, à l'Exposition de 1867, fut l'une des plus remarquées. Il faudrait feuilleter les catalogues de cette Exposition et de celles qui eurent lieu à Paris et à Londres, en 1855 et en 1862, pour y copier les noms des bijoutiers français qui tinrent au premier rang notre fabrication le goût parisien s'y alliait à la plus parfaite exécution mais déjà la bijouterie proprement dite cédait le pas à la joaillerie.
Cependant, Mellerio, Boucheron, Rouvenat, Baugrand, parmi de riches parures de diamants étalaient des bijoux d'une rare perfection de travail et le jury plus curieux que jadis de découvrir les véritables créateurs de ces travaux, notait les noms de Crouzet, de Falize père, de Boucheron et de Foullé.
C'est en 1867, que furent remarqués les bijoux d'or rouge repercé, dont la mode devait s'emparer.
Les bijoutiers adoptèrent vite ce style qu'on désigna par le mot néo-grec et qui eût, dans plusieurs sections de l'art et de l'industrie, d'heureuses adaptations.
M. Fontenay fut l'un des premiers et certainement le plus habile parmi nos fabricants à s'approprier et à transformer cette expression charmante de la mode nouvelle. Il traduisit à sa manière et d'une façon plus parisienne et plus aimable ces bijoux funèbres des Etrusques qui conviennent mieux aux vitrines d'un musée et dont la vogue a duré plus de dix ans. L'innovation en est due à M. Boucheron, par qui furent propagées bien d'autres nouveautés gracieuses . C'est à cette même exposition que Duron fit paraître sa remarquable série de gemmes montées d'après les chefs-d'œuvre de la galerie d'Apollon. La perfection de ses ouvrages le fit classer premier parmi les lauréats de 1867; il est resté l'un des maîtres dans l'art de ces montures délicates et savantes imitées de la Renaissance. Froment-Meurice, le fils, doué d'un sentiment très fin, créa de jolis bijoux où la fleur était amoureusement copiée sur nature et artistement exécutée en or. (1881 -1891 Dictionnaire encyclopédique de l industrie des arts)


Mais des écoles se créèrent et l’enseignement des beaux-arts ne fut pas étranger à l’enrichissement des Musées, et cet enrichissement développa le gout.





1878 Fanniere dans Vever 


Entre temps on le vérifia avec L’exposition universelle de 1878 qui fut la troisième Exposition universelle de Paris ; elle eut lieu du 1er mai au 31 octobre 1878 sur le Champ-de-Mars. Et confirma le talent de Massin Boucheron, Fanniere Fontenay, Falize Bapst, Fouquet le père, Rouvenat, Vever le père, Mellerio, Froment Meurice, Duron et ce pour plus de 10 ans.






En effet Fontenay fut l un des très grands, par exemple ce chef d oeuvre en or, émail, lapis lazuli, diamants. Il créa ce brûle-parfum pour l exposition universelle de 1878 les allégories en émail sont sublimes.


1878 difficile d imaginer ces colliers Hausse Col car je n'ai pas trouvé de photos, celui- ci est de Boucheron.

1887 et cette scandaleuse vente des joyaux de la Couronne firent du tort à la bijouterie-joaillerie française par un afflux de pierres sur le marché.

Mais des "courants" apparaissaient tels l'art japonais et sons sens de la nature et nos joailliers s'en inspirèrent



Le premier fut Lalique dont les bijoux furent plus proches de la nature, par le dessin certes, mais aussi parce qu’il utilisa des matières nouvelles. 







Lalique Femme Libellulle


Il employa des pierres fines non pour leur prix, mais pour la couleur, il les associa a de l’opale, de la corne de l’ivoire, des perles baroques des cabochons de couleurs si diverses
Il eut un succès foudroyant, prodigieux qui dure toujours en cette année 2019.





En 1887 il y eut évidemment le grand Falize les émaux sont de Meyer



Vever


Vever


Vever aussi se servit d'émaux translucides de matières diverses mais plus précieuses que Lalique et toujours sans copier le chef de file des années 1900








Boucheron était le doyen des bijoutiers parisiens et si je le cite ainsi, c'est parce qu’il était joaillier manuel de métier et qu’il eut aussi une importance considérable dans l’organisation de nos métiers, dont l’organisation du "social" de nos métiers


Mais ne citer que lui serait injuste, il y eut les Falize, et puis Chaumet qui succéda à Morel, en épousant sa fille Rouvenat-Desprès, Les freres Marret, Coulon, Les ciseleurs Raux, Richard, Brateau, Grand-Homme, Tourrette, Alfred Meyer Thesmar Houillon, le génial Feuillatre, des bijoutiers évidemment comme Fouquet fils, Paul Robin, le grand Lucien Gaillard, et je dois en oublier.






Merveilleux la Pub, pas de poinçons pour le plaqué? Fix marque de la maison Savard en crée un.






Cette boucle de ceinture par  La Maison Murat 

D’autres eurent leur importance, Savard plus connu pour ses bijoux "Fix", Murat , Piel, Moche qui connut la gloire avec ses bourses et sacs en cotte de maille Gross Langoulant, Le Saché.



Sac fabriqué par la maison Moche

Chapitre intéressant dans la revue de la bijouterie Joaillerie Orfèvrerie, un article de Henri Vever sur la maison "Moche" 
On en peut dire autant de la maison Moche, au sujet des spécialités dans lesquelles elle se renferme volontairement.C'est aussi pour la fabrication des chaînes d'or que cette maison fut fondée en 1855, et elle en produisit des quantités innombrables;1882, elle ajouta à cette fabrication celle des bourses d'or et d'argent.Tous les visiteurs de la classe 95 ont admiré sa superbe collection de bourses, aumônières, réticules, de modèles absolument nouveaux, et tous ont constaté la perfection de leur tissu dit « cotte de mailles » Ces pièces nombreuses et diverses étaient d'une indiscutable et complète beauté ; sobres ou riches, ciselées avec le goût le plus pur ou ornées de pierreries, elles révélaient, par le soin le plus minutieux du moindre détail, par leurs formes, leurs fermetures impeccables, une exécution parachevée avec art. Elles eurent d'ailleurs un véritable succès.
Nous signalerons également les trousses complètes dont la mode s'est emparée, grâce aux heureux modèles créés par cette maison.
La haute initiative de M. Moche, la merveilleuse organisation et l'outillage perfectionné qu'il sut donner aux deux fabriques créées par lui, à Saint-Valery-en-Caux pour les chaînes, à Rambervillers pour les bourses, lui permirent de donner au travail national un nouvel élément d'activité.
En effet, la fabrication de la « cotte de mailles » appartenait autrefois exclusivement à l'Espagne et au Portugal ; désormais, cette branche de l'industrie française est l'objet d'affaires très importantes avec l'étranger, même avec l'Allemagne, qui pourtant
nous fait une redoutable concurrence dans les articles courants. Elle est propriétaire de plusieurs brevets, entre autres : 
1 ° Pour l'apposition des lettres souples sur le tissu des bourses ;
2° Pour la bourse dite «Soleil» ;
3° Pour la bourse avec fermeture dite « extensible ».
Cette maison est, dit-on l'une de celles qui, à Paris, emploient le plus d'or. Son personnel est nombreux et reconnaissant à M. Moche de sa bonté vis-à-vis des ouvriers ou employés du métier, qu'il a toujours récompensés en donateur généreux.

Vever nous indique Gross-Langoulant comme une importante maison 

Pour sa légion d honneur le Figaro écrit.


Dans son dossier de légion d honneur, il est indiqué plusieurs fois qu il avait une "Usine à Vapeur"




Tout était concentré  autour du Palais Royal, en 1880 c'était le "quartier" des Joailliers -Bijoutiers.



1880 Fontana


1880 Le Saché



1880 Le Saché


1880 Soufflot Fils






En 1885 Boucheron occupait plus de 4 arcades a cet emplacement   (aujourd hui Pierre Hardy) et il était le principal joaillier.



1890 les cahiers de dessins 


C'est un peu comme les cahiers de tendances de nos jours


Source BNF-Gallica



Mellerio






En 1893 la grande vogue des boutiques du palais royal déclinait et Boucheron le quitta pour s'installer au coin de la rue de la Paix et de la place Vendôme.



Boucheron Place Vendome en 1923



Intérieur du Magasin Boucheron en 1923 , en 2016 subsistait encore la balustrade de l' entre sol


Rez de chaussée vu de l'entresol Le décor aurait été changé en 2018






Le Salon Chinois créé par Frédéric Boucheron

Alors les autres Joailliers suivirent, Fontana, Tixier-Deschamps, Leroy, Sandoz, Ecalle, ils allèrent soit rue de la Paix, soit Rue Royale. 


1895 le Mariage de deux familles simples mais ambitieuses, Alfred Van Cleef  et Esther Arpels( et non ce prénom ridicule de Estelle, créé par les publicistes.)

Alors arrive la fin du siècle, et tous préparent cet évènement que sera l exposition universelle de 1900, je ne puis les citer tous mais je l ai souvent fait dans mes blogs



Fouquet le pendant "Cascade"

Le genre de merveille que vous pouvez découvrir au musée du petit Palais a Paris: Georges Fouquet succéda en 1895 à son père Alphonse Fouquet qui avait créé en 1860 une maison de bijouterie et joaillerie. Sous l’impulsion de collaborateurs animés d’idées nouvelles comme Alphonse Mucha et Charles Desrosiers, Fouquet transforma complètement l’art du bijou.






Fouquet


Fouquet


Fouquet


Le Turcq


Henri Dubret


Tiare de Chaumet


Boite d allumettes de Le Saché


Auger


Grasset


1900 dans le Journal les Modes

En 100 ans le bijou en général a beaucoup évolué et va nous amener à l'"Art Nouveau" en revanche le costume n a  pas beaucoup evolué même si des excès ont été gommés, mais le début du 20 eme siècle va révolutionner la façon de s habiller


1900




Qu'importe, il faudrait plusieurs livres pour relater cette époque de la fin du dix neuvieme siècle il suffit de regarder le palmares de l exposition universelle de 1900 pour retrouver la
plupart des noms que j ai cité.

On pourrait croire que les jeux sont faits, que les grands joailliers sont établis et pourtant!!



Des petits nouveaux récemment installés vont bouleverser le paysage comme sur cette photo Esther Van Cleef née Arpels et le grand monsieur avec un haut de forme, Alfred Van Cleef qui s'est associé en quelques années auparavant avec son beau père Salomon Arpels (qui ne s'est jamais appelé Charles pour créer la première société Van Cleef et Arpels. 


Rue de la Paix en 1923

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