dimanche 16 janvier 2022

Trois orfèvres, Alexandre, Marc, et Camille GUEYTON

 


Je n'ai trouvé que quatre bijoux revendus  de Camille Gueyton, les quatre bijoux de grande qualité, laissent à penser que sa production  a été importante et j espère que cet article fera sortir des chaumières  les autres.

Mais commençons par le père, Alexandre Gueyton, célèbre à son époque et de nos jours oublié.

Alexandre naquit en 1818 à Tournon dans l ardèche, d un père orfevre qui avait acquis une certaine réputation . Il plaça son fils chez un de ses confrères qui était bijoutier à Valence. A  presque 18 ans  il va travailler à Genève, il y resta un an et acquit de meilleures notions de belle fabrication.

De plus il y apprit la gravure, puis s'installa sur Paris  il fit quelques études de dessins en pensant se destiner à la gravure en taille douce. Mais deux ans après son arrivé à Paris, il monta un atelier de bijouterie  courante, il fut forcé d'abandonner et se tourna  vers l orfèvrerie.


Dans son "Rapport sur l'industrie des métaux précieux", le duc de Luynes, à propos des produits de ce dernier, s'exprimait ainsi : « M. Gueyton exposa pour la première fois en 1849 ; il s'était appliqué surtout à la fabrication des armes de luxe, des sabres et des épées d'honneur. Le jury reconnaissait dans ces productions une grande fécondité d'idées et une heureuse disposition des éléments qui concourent à l'ensemble. » Et le noble écrivain, après avoir fait la description des objets d'art exposés par ce véritable artiste, se plaisait à reconnaître le fini de l'exécution d'une Fète flamande, de la Prise de la Smala d'Abd-el-Kader, « modelées et ciselées par l'exposant avec un remarquable talent. » Aussi obtint-il la médaille d'argent comme premier encouragement.


A ce point de ciselure, ces poignées sont de l'Orfèvrerie
Celui ci est un modèle pour officiers supérieurs dédié au patriotisme Français


Sabre pour officier Pompiers


Sabre pour Francs Maçons



1849 dans "Le Courrier"

"Il s'occupait surtout de la fabrication des armes de luxe, des sabres et des épées d'honneur; cependant, il fit également figurer dans sa vitrine d'autres objets de genre très varié: un coffret orné d'une figure de femme dansant sur une perle, d'après Pradier, des bracelets en acier, des broches algériennes, des cachets, des bijoux rehaussés de lapis, de malachites et d'autres pierres; puis de charmantes petites compositions en haut-relief, comportantun très grand nombre de figures minuscules modelées et ciselées avec talent, qui lui valurent une médaille d'argent. "  D'après Henri Vever



1850

"Gueyton s'était beaucoup interessé aux travaux de Jordan et à ceux de Jacobi, et il résolut, dans une application différente de celle de Christofle, de faire de l'orfèvrerie galvanoplastique, pour remplacer la fonte et la ciselure. Ses essais furent longs, laborieux, et amenèrent plus d'une fois de cruelles déceptions. Enfin, le succès couronna ses efforts, et en 1851, à l'Exposition de Londres, il fut, croyons-nous, le seul orfèvre français qui, avec Bruneau, envoya un certain nombre d'objets artistiques obtenus par la galvanoplastie : étuis à cigares, coffrets, coupes, statuettes, tabatières, qu'il eût été impossible de faire aussi bien et à un prix aussi modéré, par les procédés habituels de fonte et de ciselure." Henri Vever


Livre de Henri Vever

Alexandre Gueyton, bijoutier et orfèvre, fonda en 1840 la maison éponyme. Il devient Fournisseur de l'Empereur Napoléon III et est présent à l'Exposition Universelle de Londres. En 1856, il cède son atelier à ses deux contremaîtres, Bertrand et Subinger. En 1865, son neveu, Marc Gueyton reprend les rênes de l'atelier. Lui succède en 1883 un des fils d'Alexandre, Camille Gueyton. La maison existe toujours en 1908.



Signature de Alexandre Gueyton



Soupière couverte en argent aux armes du prince Nicolas Youssoupov par Alexandre Gueyton, Paris,

Le service Youssoupov, parfois appelé "à la Scandinave", fut commandé à Alexandre Gueyton  par le prince Nicolas Youssoupov (1827-1891) et sa femme Tatiana. Leurs noms sont écrits sur les assiettes de ce service (voir Christie's New York, 18 avril 2007, n° 249).

Ce prince était un grand homme de guerre et philanthrope qui, non seulement combattit lors de la guerre de Crimée,  mais aussi finança des hôpitaux de campagne, des ambulances etc... Il était Grand Maître de la Cour. Son épouse, apparentée à Potemkine, était célèbre par sa beauté, mais d'une santé délicate. Ce service peut avoir été un cadeau de mariage de la mère du prince Nicolas. Cette dernière habitait Paris et était une grande figure de la société du second empire.

Avant de s'enfuir à l'automne 1917, le prince Félix Yusupov a cherché à dissimuler une partie des trésors de sa famille aux révolutionnaires. Des bijoux et des objets d'art, y compris des pièces du service scandinave Yusupov comme le lot actuel, ont été murés sous un escalier de la maison de Moscou de Yusupov, un ancien pavillon de chasse d'Ivan le Terrible (voir Prince Felix Yusupov,  Lost Splendor , New York, 2014 , page 277). Les bolcheviks occupaient la plupart des propriétés de Yusupov, y compris le manoir au centre de Moscou. Ce n'est qu'en 1925 lors de travaux de réfection du bâtiment qu'un entrepôt secret, contenant des bijoux, de l'or et de l'argent, est découvert sous l'escalier.

Le gouvernement soviétique avait une vision très pragmatique des trésors impériaux, les vendant à l'étranger ou même les faisant fondre. Heureusement, une partie de ce groupe a été récupérée en septembre 1927, lorsqu'un riche voyageur américain Edward C. Finch l'a achetée dans un magasin soviétique au profit des enfants russes. C'est au cours de ses voyages en Russie qu'Edwards C. Finch a également collecté le présent groupe de porcelaine du Cottage Palace Service.Cet ensemble  de trésors a voyagé aux États-Unis, où il est resté depuis dans la collection familiale privée d'Edward C. Finch.

Edward C. Finch.Edward Corwin Finch (1862 – 1933) était un homme d'affaires, promoteur immobilier et philanthrope américain de l'État de Washington. Il a siégé au Sénat de l'État de Washington de 1927 à 1931 et a voyagé en Russie lors d'une lune de miel avec sa seconde épouse. (d'après Sotheby's)


Les poinçons d'importation démontrent que ce service n'est arrivé en Russie qu'à la fin du XIXe siècle.  A l'automne 1917, comme la révolution s'amplifiait, le prince Félix Youssoupov, célèbre pour avoir participé à l'assassinat de Raspoutine, cacha sous un escalier de son palais à Moscou les bijoux, l'argenterie et d'autres objets d'art. Les pièces ne furent découvertes qu'en 1925.

Le bol à punch de ce service est conservé à l'Hermitage mais la grande majorité de ce service fut vendue probablement au travers de marchands.

Pour une soupière et son présentoir, voir Sotheby's New York, 20 mai 2004, n° 163. Une partie de ce service fut donnée au musée Taft de Cincinatti puis vendue chez Christie's New York le 21 octobre 2003, sous le numéro 135. Pour une salière double, voir Sotheby's Sydney, 29 août 2006, n° 280. Pour quatre plats, voir Sotheby's New York, 14 avril 2008, n° 40.




Partie de ménagère de 78 pièces provenant du service Youssoupov par Alexandre Gueyton,  Paris, 1843-1862 en argent.
les manches ajourés terminés par des armoiries soutenues par 2 lions, comprenant 12 fourchettes de table (table forks), 12 cuillères de table (table spoons), 12 couteaux de table (table knives), 12 fourchettes à entremets, (dessert forks), 12 cuillères à entremets (dessert spoons), 12 couteaux à fruits, les lames en argent gravée Alex Gueyton: Revendu par Sotheby's


Alexandre Gueyton est né en 1818 à Tournon. Il crée en 1840 la société de bijouterie et orfèvrerie éponyme à Paris. Il devient fournisseur de l'Empereur Napoléon III et participe à l'Exposition Universelle de Londres. En 1856, il cède son atelier.



Marque Alexandre Gueyton sur les Plats Youssoupov Poinçon de Saint Petersbourg


Le service scandinave de la famille Yusupov, comprenait de nombreuses pièces impressionnantes qui partagent le design de ces assiettes et de ce plat de service. La collection de l'Ermitage comprend notamment une impressionnante soupière sur pied et une pièce maîtresse en verre montée sur argent qui sont toutes deux entrées dans la collection en 1922-23. 

Ces pièces du service scandinave font partie d'une collection d'argenterie rare et historique de la collection privée du prince Felix Yusupov et de son épouse, la princesse Irina Alexandrovna, qui apparaît sur le marché pour la première fois depuis son acquisition par Edward C. Finch en Russie en 1927.

La princesse Zinaida Nicolaevna Yusupov et le comte Felix Sumakarov-Elston.Aristocrate et époux de la nièce de l'empereur Nicolas II Plus riche encore que les Romanov, la famille Youssoupov a accumulé sa fortune sur plusieurs générations. Leur fortune comprenait quatre palais à Saint-Pétersbourg, trois palais à Moscou, trente-sept domaines dans toute la Russie, des mines de charbon et de minerai de fer, des usines et des usines, des moulins et des champs de pétrole sur la mer Caspienne. Contraints à l'exil suite à l'abdication de l'empereur, Félix et Irina ont fui la Russie avec très peu de leurs biens.


1850 Plats du service Youssoupov

Le service scandinave Yousupov : Une paire d'assiettes en argent et un plat de service en argent fabriqués par Alexandre Gueyton 
les plaques gravées d'un saillant de lion couronné, avec une inscription en russe 'Prince Nikolay Borisovitch Yusupov / Princess Alexeevna Yusupova', les bordures repoussées d'oiseaux et de lions ; le plat de service à anse ajourée ornée d'un ornement de style scandinave, le corps aux armoiries de Yusupov, tous deux frappés Gueyton, avec plus tard des marques d'importation russe pour Saint-Pétersbourg longueur du plat sur la poignée 28,7 cm,  diamètre des assiettes 25,3 cm.

Youssoupov dit le jeune,  demande vers 1857 à l’orfèvre Alexandre Gueyton un service de style byzantin parfois dit « gréco-byzantin », « scandinave » ou « celtique » Comme Gueyton, la manufacture Christofle a remporté son succès international par la mise en application des techniques de galvanoplastie.  Reconnue comme un modèle de l’union de l’art et de l’industrie, la maison entreprend la conquête du marché russe, y exporte le goût français et, dans la lignée du service réalisé par Gueyton, adapte une partie de sa production au goût local. À partir de 1854, la création des ateliers de Karlsruhe, destinée à contrecarrer le Zollverein, permet de renforcer la présence européenne de la manufacture et son implantation en Russie où, à partir de 1859, elle fait déposer par Stanilas Jansen ses poinçons de marque à Saint-Pétersbourg. Un système complexe de représentants, d’intermédiaires et de revendeurs se met alors en place. Les représentants, établis à Moscou, Saint-Pétersbourg ainsi qu’à Odessa et Tiflis sont des distributeurs exclusifs de marchandises. Ils sont en relation directe avec la manufacture ou font appel à un intermédiaire. L’un d’entre eux, Jean Bernhard, basé à Varsovie, couvre toute la Russie et reçoit les commandes des revendeurs lors de ses tournées. Certains d’entre eux travaillaient d’ailleurs sur le même principe avec la cristallerie Baccarat.


1851 "Cercueil" par  Gueyton

Le duc de Luynes, président du jury chargé des métaux précieux et des bijoux, a décrit le cercueil comme "chassé de manière très artistique", et des expositions de Gueyton en général, il a écrit: "La variété des objets exposés par M. Gueyton témoignent d'une grande félicité d'invention et d'une heureuse application de procédés anciens aussi bien que nouveaux. Les « nouveaux procédés » étaient l'utilisation de l'électrotypage, dont Gueyton a été un pionnier en France. Un collier de la Jewellery Gallery du Victoria & Albert Museum, acheté auprès de Gueyton à l'exposition de Londres de 1862, a cinq pendentifs médaillons électrotypés. Il est approprié que ce cercueil ait été sélectionné pour la reproduction par électrotype par Elkington & Co, dont les versions coûtaient entre cinq guinées et 7 £ en 1869.


1851 cercueil de alexandre Gueyton
Ce cercueil a été acheté par le Musée en 1854 à Elkington and Co. de New Hall Street, Birmingham pour 5 £. 5s. Il s'agit d'une copie exacte d'un coffret en argent de 1851 par l'orfèvre français Alexandre Gueyton. Le Musée a acheté l'original à l'Exposition Universelle de 1851 pour 36 £  L'electrotype  était un outil de conception pour les étudiants des écoles publiques de design sous l'égide du Département des sciences et des arts.
Le Musée a acheté des électrotypes dans le cadre de sa collection croissante de reproductions. Cette collection a permis aux élèves de regarder de près des objets modernes et historiques qui étaient autrement inaccessibles. Les électrotypes remplissaient la même fonction que la collection de moulages en plâtre du Musée.



1852  Alexandre Gueyton dans la Bijouterie Française de Henri Vever, c'est un étui à cigares en argent galvanitique



1855 Alexandre Gueyton, Aiguiere conservée au MET de New  York

Cet  ensemble en métal argenté figure dans les collections du Metropolitan museum de New York, mais apparemment non signé.
Amphitrite était soit la fille de Doris Nérée soit celle d'Océan et Thétys. Poséidon l'ayant vu danser sur une plage de Naxos en tomba amoureux mais Amphitrite préféra se cacher chez le Titan Atlas. Le dieu lui envoya plusieurs messagers dont Delphinos. Seul ce dernier parvint à copnvaincre Amphitrite. Comme récompense, Poséidon plaça l'image de Delphinos dans la voûte céleste où elle devint la constellation du Dauphin.


1855 Alexandre Gueyton, Aiguiere conservée au MET de New  York


Maitre Debacker qui a revendu en 2013 ce coffret écrit a propos de celui ci. 
Les œuvres d’Alexandre Gueyton (1818-1862) sont relativement rares sur le marché. Au début du XIXe siècle, cet orfèvre – qui fut le fournisseur officiel de l’empereur Napoléon III – s’intéresse à une toute nouvelle technique : la galvanoplastie. Il s’agit d’un procédé permettant d’obtenir un métal argenté. Même s’il est considéré comme moins noble que l’argent, Gueyton se passionne pour ce nouveau matériau, et se lance le défi de réaliser prestigieuses pièces d’orfèvrerie en galvanoplastie. Aujourd’hui, ses œuvres en métal argenté figurent dans les plus grands musées du monde. L’opulent décor de rinceaux, de guirlandes de fruits, de feuillages et la finesse de l’amour réalisé en ronde bosse contribuent à faire de ce coffret une véritable pièce d’apparat. Par ailleurs, il se trouve que les armes royales d’Espagne, et plus précisément celles de d’Isabelle II, sont gravées dessus. Au cours de notre travail de recherche, nous avons retrouvé dans Le Monde illustré, journal quotidien du 10 août 1861 une photo montrant le même coffret réalisé par Gueyton pour l’ancienne Reine de Naples et sœur de l’Impératrice Elisabeth d’Autriche. Une noble coïncidence !
C'est en effet un coffret mais il n'est pas semblable à celui de la Reine de Naples. 


1855 C'est Vever dans son Histoire de la Bijouterie qui nous décrit ce bracelet articulé


1856 dans le Figaro: Gueyton créateur-fondateur de la galvanoplstie  en France



1857

UN NOUVEAU MUSÉE D'ORFÈVRERIE  1857 dans  Le Figaro

Je suis encore sous l'impression d'une visite que j'ai faite ces jours-ci à un musée d'orfèvrerie, de bijouterie et de galvanoplastie.
Ce que j'ai vu, je ne puis le décrire pièce à pièce. Il me faudrait plutôt un pinceau qu'une plume, pour peindre la perfection, le fini, le style et l'art de chaque bijou, de chaque œuvre, de chaque pièce d'orfèvrerie, empruntée à l'antique, ou reproduisant les formes fantaisistes et élégantes qui caractériseront ie dix-neuvième siècle
La galvanoplastie occupe, surtout dans ce musée, une place importante et grandiose. C'est justice.
La galvanoplastie est appelée à de hautes destinées, et, dans un temps donné, elle doit régir l'industrie sérieuse, artistique et fantaisiste.
Ne lutte-t-elle pas avec la ciselure et le modelé, dont elle a tout le moelleux, la rondeur et le relief. 
Elle-l'emporte même sur le ciseau, par une précision de toucher qui est le rayonnement de la lumière électrique sur l'œuvre même.
Je vais me faire comprendre.
Dans une pièce d'orfèvrerie soumise à la galvanoplastie, l'artiste prépaie l'œuvre, et c'est la main mystérieuse de Dieu qui l'achève et qui la complète.
La voie électrique reflète, sur une pièce d'argent, les sujets que l'architecte a tracés sur un moule en cire. C'est de la féerie, c'est du prodige, c'est du miracle, j'en conviens mais il faut croire, parce qu'il est impossible de nier. Le travail s'opère lentement aussi rien n est oublié.
Deux immenses galeries dans ce musée renferment de véritables trésors, les trésors de Golconde.

L'or, l'argent, l'ivoire, le bronze et les pierreries reproduisent des objets uniques et des bijoux ayant une forme inconnue et capricieuse, mais toujours de bon goût. C'est l'art réel, qui n'a souvent qu'un exemplaire, et qui est signé Gueyton.
A côté d'une buire en galvanoplastie travaillée à la façon florentine, avec trumeaux de petit amours en ivoire sculpté, dignes de Clodion, on trouve un coffret, un poignard, un bracelet, une châtelaine, une bague, une épingle romaine, que sais-je ?.
Mais chaque objet n'a pas son pareil. Il est autocrate comme la supériorité et comme la puissance.
La châtelaine représente un noeud de ruban en argent oxydé se déroulant en quatre pans, illustrés de clouterie d'argent. L'un despans supporte une montre (une merveille); le second, un trousseau de clefs artistiques (les clefs du paradis) le troisième, un groupe harmonieux, et le quatrième a la galanterie de laisser à une jolie femme le choix des breloques qu'elle aime.
La bague est riche et étrange. Les anciens preux avaient de ces bagues-là. Les dandys les portent aujourd'hui à leurs cravates. L'épingle romaine a un type de grande dame.
C'est l'épingle avec laquelle Cornélie relevait chastement le péplum sur ses épaules, et que les princesses et les femmes du grand monde ont choisie pour attacher leurs cachemires.
Plus loin, c'est l'aiguière de François Ier, la même peut être qui servait au galant monarque, quand il versait une eau limpide sur les doigts mignons et effilés de la belle duchesse d'Etampes.
Ici, c'est un vidrecome **, en cristal dépoli, décoré de grimpants de fleurs en argent, qui cherchent à se mirer sans pouvoir y réussir.
JEAN ROUSSEAU.
** NDLR Grand verre à boire que les convives se passaient tour à tour (Allemagne, xvie-xviiie s.).


1857 dans le journal Le Courrier du Gard
Un artiste éminent, né à Tournon, et dont la famille habite sur la commune de Clérieux,
M. Alexandre Gueyton, est arrivé à force de labeur, de génie et d’honnêteté, à créer à Paris l'un des plus grands établissements de galvano-plastie de là France. On sait que les deux expositions de Londres et de Paris récompensèrent l’artiste ; mais n’ignore-t-on pas les résultats donnés par l’union de l'art et de l’industrie ?  
«La galvanoplastie, dit M. Louis Enault dans le Constitutionnel, offre à 1' art et au commerce d’inépuisables ressources. Ses applications son nombreuses et diverses. Le fabricant d’étoffes lui demande les creux de ses impressions et de ses gauffrages, le potier, grâce à elle, recouvre ses produits d’une couche de cuivre pour leur donner  la consistance et l’éclat. Les beaux-arts, à leur tour, s en emparent aujourd’hui et lui demandent mille applications diverses.  
Cette industrie toute nouvelle, à laquelle M. Gueyton a voué ses efforts, doit être mise au premier rang des découvertes dues a la science moderne. Jusqu’en 1849, l'art de la galvanoplastie ne fut connu que des amateurs et des hommes de science. Il se bornait à la reproduction d’une médaille, d’une pièce plate, ne présentant aucune difficulté d’exécution. Aujourd’hui, au contraire, il s’applique aux modèles les plus difficiles et les plus compliqués.
» Faites seulement le voyage du Marais, arrêtez-vous dans la rue du Grand-Chantier**; c’est un peu loin, je le sais; mais, quand vous aurez pénétré dans l’atelier,  je me trompe, dans le musée de M. Gueyton, vous ne regretterez ni le temps, ni la peine, ni le voyage ; car alors vous aurez compris tout ce que l’industrie peut faire pour l’art ; vous verrez comment du bain galvanique peut sortir un bouquet de fleurs en incrustations mosaïques ; vous verrez comment, en vertu des lois de leur affinité, les métaux se combinent entre eux et se surperposent les uns aux autres. Mais ces métaux, que l’électricité tourmente et fait obéir comme de dociles esclaves, on peut aussi les unir au marbre, à l’albâtre et aux autres pierres. Le bois lui-même peut se cuivrer, se dorer, s’argenter, et avec une adhérence tellement parfaite que l’oeil le plus pénétrant ne sait plus distinguer Limitation de la réalité.
 Ce que j’explique assez mal ici, il faut le voir de ses yeux, le toucher de ses mains, dans le petit musée de M. Gueyton; on n’aura que l’embarras du choix entre mille objets également dignes d’être remarqués, cités et admirés.
» Je suis profondément convaincu que la galvanoplastie d’or rendra de grands services à la bijouterie, de même que l’orfèvrerie 
** NDLR: La rue du Grand-Chantier est une rue de Paris aujourd'hui disparue de l'ancien 7e arrondissement de Paris.



1858 dans le journal des débats .


1858 dans le livre de Vever



1858 dans l histoire de la Bijouterie par Vever


Ce coffret avait été fabriqué par Alexandre Gueyton après qu'une souscription ait été ouverte et les fonds recueillis ont été consacrés à faire executer un splendide coffret d'argent massif aux bas reliefs d'or, afin de l'offrir à la Reine de Naples  Marie Sophie. C'est le coffret que les Dames du faubourg Saint-Germain offrirent à la Reine de Naples en témoignage de protestation lorsque l'Italie annexa  son royaume.
Le couvercle du coffret supporte la couronne royale ornée de beaux diamants noir .



1859 Alexandre Gueyton  met en vente un "Chalet Mobile" qui devait être tiré par des chevaux?


Comme par exemple cette "Maison Transportable" tirée par une voiture en 1920, stationnée place Vendôme .

1860 dans  le Journal "l'Abeille Impériale"
On portera beaucoup, cette année, de coiffures entremelées  d'or ; les diadèmes seront en faveur. Toutes ces splendeurs se trouvent et se trouveront chez Gueyton. En entrant dans les salons de cet artiste, on ne sait où arrêter ses regards. Des merveilles majestueuses, composées pour les très-grancfes dames, on passe aux simples bijoux permis à la coquetterie de toutes les femmes. Voilà ici de simples diamants, comme si un diamant pouvait jamais être simple, et comme si la coquetterie pouvait jamais consentir à rester obscure. Un simple diamant de Gueyton est encore une recherche et un triomphe.
Gueyton a voulu que nos yeux se portassent sur de magnifiques pièces d'argenterie, où son talent d'artiste se revèle tout entier. Chaque pièce est une œuvre. Qui la voit veut la toucher, c'est-à-dire l'acquérir. Nous sommes restée à contempler quelques pièces d'un service destiné à la princesse Wolkonsky. Je suppose que mes lectrices auront la même faveur si elles font une petite excursion chez Gueyton. Elles seront reçues par le maître avec toute l'amabilité que garde toujours l'artiste.
L'esprit et le cœur ne peuvent que gagner à admirer les chefs-d'œuvre que chaque jour Paris enfante. On se sent meilleur, on sourit mieux à la vie, on dissipe mieux ses pensées et ses richesses, quand on s'excite au spectacle des splendides productions de notre siècle.
Nous votons de la reconnaissance à M. Gueyton.



1860 d'apres l auteur de cette photo, mais ce fut fabriqué en 1855

Grande aiguière et son bassin en métal doré représentant l'histoire d'Amphitrite par Alexandre Gueyton, Paris, vers 1860  En bronze doré
l'aiguière et le bassin à décor de scènes marines, le pied de l'aiguière formé de deux tritons, le corps d'un groupe de tritons et néréides entourant le char de Poséidon enlevant Amphitrite, l'anse d'une sirène entourée de deux putti, le large bassin centré d'un médaillon rond, allégorie des noces représentant Héra auprès de son paon, entourée de quatre cartouches, l'un représentant Poséidon  sous la forme d'un taureau marin enlevant Amphitrite, dans un entourage de bouquets de coquillages, vagues, tritons, masques de dieux et déesses marins, dauphins et sources, signée A. GUEYTON sous le bord du pied de l'aiguière, uniquement insculpée du poinçon de réargenture ou de redorure de Christofle entre 1860 et 1930 sur le bord du pied de l'aiguière

À noter qu'un modèle similaire fut présenté par Alexandre Gueyton à l'Exposition Universelle de Paris (1855). Il y a notamment reçu la médaille d'honneur. Le magasin pittoresque de 1855 le reproduit en gravure et en mentionne ainsi les détails : l'enlèvement d'Europe, la Toilette d'Amphitrite, le Couronnement de la reine des mers et Aréthuse terminée par Alphée et changée en fontaine.

Voir la gravure reproduite dans le Magasin Pittoresque d'après un dessin de Thérond. (Le décor est inversé).
Voir un exemplaire similaire conservé au Metropolitan Museum de New York. (inv. 87.13.2)


Voici le dessin dans la revue "Le Magasin Pitoresque" la gravure est inversée. A l'époque pour l' exposition de 1855 , Gueyton fit sensation.
le- dessous est décoré de cristaux et de rocailles dans la vasque s'agite, jusqu'aux bords, tout un petit monde délicieusement sculpté, des dauphins qui nagent, des tritons qui sonnent de la trompe, des chevaux marins conduits par des amours, tout le personnel, en un mot, qui compose la cour de la divinité des mers. Celle-ci s'avance, entourée de son cortège de néréides; de petits amours  voltigent dans les airs; d'autres s'avancent, portés sur lesbras de quelque robuste dieu des ondes, et portent eux-mêmes des poissons dans leurs mains. La partie supérieure du vase est ornée de têtes de femmes, de feuilles et de coquillages. L'anse est formée d'un groupe altëgarique représentant l'Aurore portée par un dauphin et réveillée par les amours. L'embouchure, d'un délicieux modèle, est soutenue par deux néréides dont ta partie inférieure s'efface dans les  décorations du col.



1860 Le fourreau et l'épée


1860 Dans le journal "L'avenir industriel"

Les bijoux gallo-romains vont désormais lutter et rivaliser avec les bijoux byzantins. Gueyton les a copiés sur d'anciens bijoux retrouvés dans les fouilles de Pompéï.
C'est sans doute la même pensée artistique qui a inspiré Gueyton dans ses agrafes de burnous de bains de mer
Il y a aussi de nouvelles agrafes de ceinture en émail transparent assorti à la nuance de chaque robe.
Il est impossible de pousser plus loin l'harmonie de la toilette.
La passion de l'antique et des bijoux empruntés à  tous les siècles ne domine pas Gueyton au point qu'il ne fasse du moderne et de la fantaisie.
Si vous allez visiter son musée, demandez à voir un riche bracelet ayant un camée sculpté dans une pierre d'hyacinthe, avec double cadre de perles fines et de diamants.
Et une bague talisman, dont toutes les petites médailles se nichent coquettement dans la fossette du petit doigt.


1860 : En argent, plat circulaire, de calibre exceptionnellement lourd, les bordures ciselées et gravées d'ornements floraux entrelacés, de coquillages et de capitules stylisés, l'intérieur avec l'armorial des princes Yusupov,  frappé de la marque de Alexandre Gueyton et du poinçon d'importation pour Saint-Pétersbourg.


1860 Peigne par Alexandre Gueyton

Alexandre GUEYTON  Copages Auction Paris
Peigne en écaille- monture en vermeil ornée de demi-perles et de différentes pierres fines et précieuses- Poinçon d'orfèvre  Dans son écrin sabot en velours- Signé Fournisseur de l'Empereur Napoléon III, exposé à l'Exposition Universelle de Londres.


1860 Plat Gelvanisé revendu par Sotheby's

Alexandre GUEYTON (Attribué à).
Bassin d’aiguière en métal argenté, richement décoré en hauts reliefs et orné en son centre d’un médaillon figurant Héra et son paon, entouré par quatre cartouches rocailles à décor de scènes mythologiques marines. Vers 1855/1860. Diamètre : 48 cm.
À noter qu’un modèle similaire fut présenté par Alexandre Gueyton à l’Exposition Universelle de Paris (1855). Il y reçut notamment la médaille d’honneur. Le magasin pittoresque de 1855 le reproduit en gravure et en mentionne ainsi les détails : l’enlèvement d’Europe, la Toilette d’Amphitrite, le Couronnement de la reine des mers et Aréthuse poursuivie par Alphée et changée en fontaine.
Voir la gravure reproduite dans le Magasin Pittoresque d’après un dessin de Thérond. (Le décor est inversé).
Voir un exemplaire similaire conservé au Metropolitan Museum de New York. (inv. 87.13.2)



1862 à l'Exposition Universelle


Exposition universelle de 1862
L'Angleterre souhaite marquer le 10e anniversaire de sa grande invention, la célèbre Exposition Universelle de 1851, en organisant une troisième exposition qui surpasserait encore l'Exposition Universelle de 1855 à Paris. Retardée d'un an à cause des conflits engageant les grandes nations d'Europe, la Grande Exposition de Londres s'ouvre enfin le 1er mai 1862. Reprenant le modèle français de 1855, c'est une Exposition universelle de l'agriculture, de l'industrie et des beaux-arts, à laquelle La France s'y invite, sous les auspices de la paix retrouvée. L'événement accueille 39 pays sous la même nef principale du Palais des Expositions. Construit par l'architecte Francis Fowke, ce bâtiment est la synthèse entre le Crystal Palace de l'Exposition universelle de 1851 et le French Industry Palace de 1855 par l'utilisation combinée de la brique, du fer et du verre. Les visiteurs entrent par une grande nef où sont exposées des œuvres d'art, tandis que des inventions mécaniques sont exposées dans des ailes adjacentes. Par exemple, c'est lors de cette exposition que le public découvre le Moteur d'analyse de Charles Babbage, premier prototype de l'ordinateur. Un tournoi d'échecs a accueilli 14 joueurs de nationalités différentes, élargissant ainsi les champs de l'Exposition universelle. De plus, suite à l'ouverture du Japon au commerce extérieur en 1853, les ambassadeurs japonais ont visité la Grande Exposition, dans le cadre des négociations avec l'Europe. Le pays participe officiellement à la prochaine exposition universelle de 1867 qui se tient à Paris. Parmi les artistes français, Ferdinand Barbedienne a fait sensation lors de cette Exposition avec les objets issus de sa fructueuse collaboration avec Constant Sévin. Ensemble, ils présentent des objets de style byzantin en émaux ciselés et cloisonnés. La paire de vases présentée sur son stand a été illustrée par John Burley Waring dans son Album, Chefs-d'œuvre d'art industriel et de sculpture à l'Exposition internationale de 1862. Son choix d'illustrations laisse une grande place aux œuvres françaises, montrant la qualité de ces productions sur la scène internationale. Enfin, l'Exposition universelle de 1862 se déroule sur fond de lutte sociale. A la demande de l'ouvrier Tolain, une délégation de 183 délégués ouvriers parisiens se rend à l'Exposition universelle pour comparer les conditions de travail dans les industries et manufactures anglaises et françaises, ce qui aboutira à la rédaction du Manifeste des soixante ouvriers de la Seine. , par la première Association Internationale des Ouvriers. L'Exposition Universelle de 1862 a présenté 28 700 participants pour 6 212 000 visiteurs. Malgré l'affluence, ses bénéfices sont moindres qu'à la première Exposition universelle de 1851. Son principal apport est le South Kensington Museum, donné en exemple à l'Europe, modèle du futur musée des Arts décoratifs de Paris.

Aiguière et assiettes de Gueyton, Paris, pour l'Exposition universelle de 1862, illustrée dans John Burley Waring, Chefs-d'œuvre de l'art industriel et de la sculpture à l'Exposition internationale, 1862.



1862

Au V&A muséum de Londres est conservé ce pot à lait, partie d'un service à thé composé d'une cafetière, d'une théière, d'un sucrier et d'une aiguière à crème. Argent doré orné d'émail champlevé.
 Diamètre : 9,21 cm    Hauteur : 11,75 cm
Le Musée indique: Service à thé d' Alexandre Gueyton  Fabricant France, vers 1862 Argent doré, à décor d'émail champlevé. Ce service comprenant une cafetière, une théière, un sucrier et une aiguière à crème a été acheté à l'Exposition internationale de Londres en 1862 pour 72,0,0 £ (1987)

L'inspiration pour le style de ce pot à lait est venue de l'art grec et égyptien antique. L'émail champlevé, cependant, a ses racines dans les traditions métallurgiques de l'Europe du Nord, où il est traçable jusqu'à l'âge du fer. La technique consiste à découper des auges dans le métal, qui sont remplies d'émail. Le pot à lait, avec une théière, une cafetière et un sucrier a été acheté à l'Exposition internationale tenue à Londres en 1862 pour 72 £. Le fabricant, Alexandre Gueyton , travaillé dans plusieurs styles et techniques différents.


1862 Bouclier


1862 Constance

Conservé au V & AM   cette broche d' Alexandre Gueyton

Broche, plaque en porcelaine peinte figurant le buste d'une femme, inscrit 'CONSTANCE', monture ouverte en argent à décor d'émail, sertie de grenats.
Plaque en porcelaine peinte, inscrite, monture ouverte en argent à décor émaillé, sertie de grenats
Broche, plaque en porcelaine peinte représentant le buste d'une femme, monture ouverte en argent, émaillée et sertie de grenats, réalisée par Alexandre Gueyton, France (Paris), vers 1862

La plaque représentant le buste d'une femme, inscrit CONSTANCE. Fabriqué par Gueyton. Cet article et l'objet  ont été présentés par le fabricant à l'Exposition internationale de 1862, où ils ont été achetés par le Musée.


1862

A gauche c'est un sucrier:  Propriété du V & AM  (Victoria et Albert Muséum) Ce service, composé d'une cafetière, d'une théière, d'un sucrier et d'une aiguière à crème, a été acheté à l'Exposition internationale de Londres, 1862, pour 72,00 £

Alexandre Gueyton décède en 1862 et  Henri Vever écrivit: 
Ce fut Marc Gueyton qui succéda à son oncle, chez lequel il était dessinateur. Il se fit une fructueuse spécialité des bijoux représentant des emblèmes politiques et religieux, et resta à la tête de la maison depuis 1862 jusqu'à sa mort, survenue en 1883. A cette date, ce fut un des fils d'Alexandre,
M. Camille Gueyton, qui reprit la suite des affaires, ainsi que nous le verrons plus loin.


Le Musée V & A M  conserve ce collier collier Lapis

Ce collier a été réalisé à Paris par l'orfèvre Alexandre Gueyton (1818-1862). Il a été montré par le fabricant à l'exposition internationale de 1862, où il a été acheté par le musée pour 34$

Ce collier bon marché était fait de lapis-lazuli de qualité plutôt médiocre, ce qui a conduit les experts du passé à croire qu'il s'agissait d'une imitation de la vraie pierre.

Au revers des cinq médaillons circulaires en lapis-lazuli se trouvent des têtes classiques en taille-douce qui furent probablement du modéliste de Gueyton Justin. Gueyton est connu pour avoir expérimenté l'électrotypage (formant un fac-similé d'un objet avec l'utilisation de l'électricité) et les têtes peuvent avoir été produites de cette manière.


 

1872  dans le Journal "la fantaisie Parisienne"   Marc Gueyton

Par tous les moyens possibles, nous voulons prouver à nos chères et regrettées provinces de l'Alsace et de la Lorraine restées françaises quand même, que nous pensons à elles et que nous les aimons. M. Marc Gueylon, inspiré par un sentiment patriotique qui l'honore, a édité les bijoux artistiques Alsace-Lorraine. Une visite à ce charmant musée est fort intéressante. M. Marc Gueyton est un véritable artiste, qui a voulu, en s'imposant de grands sacrifices, mettre ses bijoux à la portée de toutes les bourses; pour 20 à 25 francs, vous trouverez, 8, place de la Madeleine, des boutons de manchette, des broches, des bagues, des croix. A propos de croix, M. Gueyton vient de créer la croix Chambord, style seizième siècle. Ce bijou trèsaristocratique est d'un goût simple et très-pur, il est appelé à une vogue méritée. Cette croix en vermeil coûte 25 francs, les boucles d'oreilles le même prix, les boutons de manchettes 20 francs, la broche 13 francs, et l'épingle de cravate 10 francs.
En sortant de chez M. Marc Gueyton, je suis entrée chez notre célèbre corsetière qui demeure dans la même maison, 8, place de la Madeleine. Je ne saurais trop recommander à nos lectrices Mme Léoty.
Le Corselet grec est surtout charmant, il réunit toutes les conditions d'élégance et d'hygiène, il conserve à la taille toute sa souplesse, il la cambre, l'amoindrit et l'arrondit. Sa pression indispensable est si bien combinée qu'on la supporte sans s'en apercevoir. Ce mignon corselet médaillé à l'exposition obtient un véritable succès bien mérité par les services qu'il rend aux personnes faibles et délicates.




Le projet de Troisième Restauration (après la Première Restauration en 1814 et la Seconde Restauration en 1815) intervient en 1873 pour rétablir la monarchie en France. Le projet est imaginé et préparé à la suite de la chute du Second Empire, en 1870, de la Commune de Paris et des élections législatives de 1871, qui donnent une majorité royaliste à l'Assemblée nationale.

C'est Henri d'Artois, comte de Chambord, petit-fils du roi Charles X, qui est le candidat favori au trône. Sa légitimité devient incontestable parmi les royalistes après que son cousin, Philippe d'Orléans, comte de Paris et chef de file des orléanistes, a accepté de le reconnaître comme unique prétendant. Appelé « Henri V » par ses partisans, le comte de Chambord prépare son entrée dans Paris

Voir l'excellent article de "l Institut du grenat" à propos de cette croix:


Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

Le moment de la première communion va arriver bien vite. Aussi je veux te redonner ma liste de commissions afin que tu ne sois pas dans la presse aux derniers jours, les prix de douane sont peu de chose, seulement il faut déclarer, ne pas essayer de rien passer en fraude. Pour mon joli bénitier, on n'a rien pris à la douane. Je te prierais de m'acheter pour Cécile une chaîne de montre en or longue je pense, mince et à chaînons simples dans les 140 F pas comme les nôtres, ce n'est pas solide ; tu y ajouteras un petit médaillon simple que je ferai donner par Marie ainsi que le livre de Mme de Flavigny La chaîne c'est au lieu d'argent que je la lui donnerai, comme je lui aurais donné une montre si elle ne se l'était pas achetée. Tu auras également le livre de Mme de Flavigny comme je te l'ai demandé. Je voudrais également ce qu'on appelle une médaille de première communion (les petites Berger en ont eu comme cela, c'est Emilie veut la lui donner) ça se trouve en argent, grand comme une pièce de 2 F et on fait inscrire ce qu'on désire dessus, chez Bouasse-Lebel[13] rue Saint-Sulpice.(Je lisais hier soir dans le journal que un nommé Marc Gueyton (fabricant de bijoux artistiques à la mode) faisait de charmantes médailles de 1re Communion, mais probablement qu'elles ne rempliraient pas mon but, et que ce serait un objet de luxe et non pas quelque chose à pouvoir porter toujours.



Médaille Notre Dame de France par Marc Gueyton


On voit bien la signature de Marc Gueyton

 malgré tous ses efforts, la maison périclitait lorsqu'en 1883 Marc mourut. Ce furent ces tristes circonstances qui amenèrent un fils d'Alexandre, Camille Gueyton, à reprendre la maison créée par son père. Camille Gueyton avait alors 33 ans; ingénieur des Arts et Manufactures, ignorant tout de son nouveau métier, il se mit courageusement à l'œuvre. Un travail assidu, son goût naturel, lui permirent cependant de devenir bientôt un bijoutier habile, sachant donner à ses œuvres un cachet artistique.
Ce sont généralement des objets de dimension moyenne, pour l'ornementation desquels il utilise fréquemment, et avec élégance, les feuilles de latanier et de palmier qui  constituent en quelque sorte la note caractéristique de ses compositions.


1886 Poinçon de Camille Gueyton


1894 dans la revue "La Grande Dame" Camille Gueyton

BIJOUX & ORFÈVRERIE D'ART dans la revue "La Grande Dame"

La véritable élégance — celle qui caractérise l'homme de distinction — loin de se conformer exactement aux caprices et aux petits détails de la mode, reste, au contraire, toujours personnelle, toujours originale, — crée elle-même et propage avec intelligence et art ce qu'il est convenu d'appeler le goût.
L'élégance ne consiste pas dans le fait de suivre aveuglément la mode du jour. Combien de personnes pourrait-on citer qui, tout en ne négligeant rien des usages mondains — tout en s'entourant de luxe, de recherches minutieuses dans la toilette et dans la manière de vivre — restent cependant complètement éloignées de la réelle élégance, de cette élégance faite d'esprit, de tenue, de savoir et de sentiment artistique des choses.
Un trait, un rien révèlent l'homme élégant. Une nuance, un geste suffisent pour trahir la marque d'une distinction native.
Voyez les bijoux, et à quel point il est facile de s'assurer, chez une personne de goût — par un simple regard jeté sur l'épingle de cravate, sur les bagues, sur les boutons du plastron — si réellement ces bijoux ont été acquis avec discernement ou bien si l'amoncellement des pierreries a été l'unique effet auquel on voulait atteindre.
Et si le choix des bijoux est suffisant pour accuser, chez un homme élégant, son goût et ses préférences, combien ce choix n'est-il pas plus significatif alors que cette personne inspire elle-même le modèle ou l'idée de ces ornements ! C'est là, dirait-on, le chic suprême.

1894 dans la revue La Grande Dame Broche de Camille Gueyton


1894 revue "La Grande Dame" 



1896 dans la grande Dame:  Camille Gueyton


1894 Camille Gueyton, dans la Bijouterie Française de Henri  Vever





Broche rubis et diamants, vers 1900.  Photo Sotheby's
Conçu comme une chauve-souris, les ailes pavées de rubis et de diamants ronds, les yeux composés de diamants en forme de marquise, Poinçon  français et poinçon de maître, probablement d'Aucoq, boîtier ajusté signé A. Aucoq. 
Bibliographie : Cf. : Henri Vever, La Bijouterie Français au XIXe Siècle (1800-1900), Vol. 3, Paris, 1908, p. 576 pour une broche de conception similaire par Camille Gueyton.

Aucoc ou Gueyton, entre le probable et l écrin, je choisirais plutot Gueyton d'ailleurs en 1901 : dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie en 1901
Chez M. Gueyton, une chauve-souris d'or ciselé étend ses ailes d'émail transparent, aux nervures de métal. Il me semble avoir déjà vu cela quelque part.



1896 dans "Le Temps" grand succes au salon des champs Elysées
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1896 Camille dans la Bijouterie Française de Henri Vever: le motif étonnant sert a réduire le sautoir.

1896 Camille Gueyton dans le livre de Vivienne Becker

Broche en or et pierres de couleur ornée d'un motif de paquerettes caracteristique de Camille Gueyton



1896 la mode 


1895 Bracelet Félix Faure

1895 Bracelet offert par la ville du Havre à madame Félix Faure
Exécuté par Camille Gueyton (1895). Revendu par Maître Collin du Bocage

En 1895, lorsque Félix Faure fut nommé Président de la République, ce fut à Camille Gueyton que la Ville du Havre commanda le bracelet qu'elle offrit à la nouvelle Présidente. Ce bijou, exécuté en huit jours, est décoré des armes du Havre, accompagnées de branches de chêne et de laurier, ainsi que de roseaux symbolisant la Seine ; des saphirs, des brillants et des rubis figurent les couleurs nationales. Des ancres s'enlacent avec le monogramme de Félix Faure.

Offert par la ville du Havre à Mm. Félix Faure (1896). — Exécuté par Camille Gueyton.
Rappelant ainsi que le député du Havre était ministre de la marine au moment de son élection.
Le premier Salon auquel figura Camille Gueyton fut celui de 1896. Depuis cette époque, il y participe fidèlement chaque année, ainsi qu'à la plupart des Expositions, où ses bijoux, ciselés avec goût et parfois décorés d'émaux, tiennent une bonne place.



1895 dans la Bijouterie Française de Henri Vever

Les circonstances croustillantes du décès prirent rapidement le pas sur la tragédie d'une mort subite (ou d'un simple arrêt cardiaque). La légende rapporta que l'abbé Herzog, curé de la Madeleine, fut mandé par Mme Félix Faure pour lui administrer les derniers sacrements, mais, sans attendre son arrivée, il fut remplacé par un prêtre de passage devant l'Élysée qui, en demandant à son arrivée : « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? » se serait entendu répondre : « Non, elle est sortie par l'escalier de service ! ». Mme Félix Faure habitant l'Élysée, la maîtresse dut en effet, pour éviter le scandale, s'éclipser tellement vite qu'elle en oublia son corset, vêtement que le chef de cabinet Le Gall a conservé en souvenir.




Gisant de Félix Faure au Père-Lachaise.
La rumeur populaire colporta que c'était une fellation pratiquée par sa maîtresse qui avait provoqué une épectase, autrement dit un orgasme fatal, ce qui valut à Marguerite Steinheil le surnom de « pompe funèbre » Les chansonniers de l'époque affirmèrent : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée » ce qui est autant une allusion au goût du président pour le faste qu'à la cause prétendue de sa mort. Cette phrase a été attribuée également à Georges Clemenceau, qui ne l'aimait guère. Ce dernier aurait également déclaré à cette occasion : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui » et « Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre. ».

En 1899 un critique avait ecrit
M. René Foy est moins admiré que M. Lalique et cependant il a des trouvailles heureuses. MM. Camille Gueyton et Edouard Colonna ne doivent pas, dans cette série, être passés sous silence."




1900

Cette broche "Paquerette" de Camille Gueyton en or  jaune émaux et perle a beaucoup de charme 


Etonnant qu on ne trouve pas d'autres bijoux de lui en salle des ventes



 
Maitre Hubert l'huilier a revendu ce vide poche de Camille GUEYTON Paris
Vide-poche en argent de forme ovale à décor finement ciselé de deux palmes et volutes. Elle repose sur une bate.
Signé en toutes lettres sur le bord extérieur "C. Gueyton Paris" en lettres gothiques, poinçon du MO.
Poids : 113.10 g - Longueur : 16.8 cm


1903 Revue de la Bijouterie Joaillerie

La revue ecrit: M. Camille Gueyton, qui est un des fidèles exposants du Salon, nous montre, cette année, des bijoux délicatement ciselés et émaillés avec goût.


Camille Gueyton Art Nouveau Pearl Gold Ring Revendue par  Je wellery〜宝飾品図録29

Vers 1903 Paris France
Poinçon français: Hibou (18K)  Perle Or jaune. 
Plante alpine L'edelweiss est présentée comme "l'étoile des Alpes" en raison de sa forme, et les fleurs d'un blanc pur sont d'un blanc pur Il est considéré comme un symbole. Dans l'Europe du XIXe siècle, il était courant d'offrir aux amoureux les fleurs qui fleurissaient secrètement sur les falaises, et certaines personnes risquaient d'escalader des montagnes et de mourir. 
La bague, avec sa pure combinaison d'edelweiss d'or et de perles blanches créées par ajourage, est l'œuvre du joaillier français Camille Gueyton. Camille, successeur de la Maison Alexandre Gueyton 1818-1862, célèbre pour l'orfèvrerie et la joaillerie, réputée pour ses bijoux en émail et gravés à motifs végétaux, est salon du Grand Palais à Paris, elle a été exposée et s'est fait connaître pour lui-même.
 
L'Edelweiss en or, avec ses courbes gracieuses Art nouveau, a-t-il conquis le cœur de son amant au lieu des fleurs des Alpes ? Le travail d'or délicat verticalement long et l'anneau de perles conviennent également au kimono.
 
* Ouvrages similaires publiés dans "Les Salons de Paris 1895-1914 Vol. I Bijoux" The Collectors' Club p.302 par Alastair Duncan




1904 Or platine et diamants par Camille Gueyton

1904 la Revue de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie ecrit: Les Bijoux et l orfèvrerie de Camille Gueyton sont toujours choses d'art amusantes à voir



1904
Sonia Smith de la Tadéma Gallery de Londres a toujours su distinguer les bijoux de grands talents.

CAMILLE GUEYTON  1904 env Revendue par la Galerie Tadéma de Londres
Broche Art Nouveau
Or, émail plique-à-jour, diamants : H  2,30 cm (0,91 po) |  L  6,40 cm (2,52 pouces)
Origine Français, 1904  Des marques 'CG' avec ancre ailée
Illustrée dans notre livre :
Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021, p. 106
Les Salons de Paris 1895-1914, Joaillerie, tome I, Les Créateurs AK, page, page illustrée 304



J'espère à la suite de cet article recevoir des documents sur la famille Gueyton et en particulier les bijoux précieux de Camille

Un suggestion, des documents, des commentaires, ci-après l article, si vous avez un compte Google ou en m'écrivant, à : richard.jeanjacques@gmail.com