jeudi 21 mai 2026

Ernesto Pierret: l’art de faire revivre les bijoux de l’Antiquité

Pierret est né à Paris, en France, mais il s'est installé et est devenu célèbre à Rome. Alors que Fortunato Pio Castellani (6 mai 1794 - 1ᵉʳ janvier 1865), dont il s'est inspiré, est le fondateur de l'atelier Castellani, spécialisé dans la restauration d'orfèvrerie étrusque, il ouvrit des succursales à Paris et à Londres à partir de 1853 lorsque Fortunato Pio Castellani confia sa direction à son fils aîné Alessandro.


Au XIXᵉ siècle, les découvertes archéologiques fascinent l’Europe entière. Les fouilles de Pompéi, d’Herculanum et les études consacrées aux civilisations antiques réveillent une passion nouvelle pour les arts du passé. Dans ce contexte naît un courant aujourd’hui appelé « renouveau archéologique », qui cherche à ressusciter les formes et les techniques de l’Antiquité. Parmi les joailliers qui participèrent à cet élan, un nom mérite une attention particulière : Ernesto Pierret.
Né à Paris en 1824, Ernesto Pierret s’installe très jeune à Rome, ville alors devenue un centre artistique majeur pour les amateurs d’archéologie et les voyageurs du Grand Tour. Il y apprend le métier d’orfèvre et développe rapidement une grande maîtrise technique. Plusieurs spécialistes pensent qu’il fut proche de l’environnement de la célèbre famille Castellani, dont les créations étrusques révolutionnaient alors la joaillerie italienne.
En 1846, il ouvre son propre atelier à Rome. Très vite, ses créations attirent l’attention des amateurs d’art ancien et des visiteurs étrangers. Dès le milieu du siècle, les guides destinés aux voyageurs mentionnent son nom parmi les joailliers romains les plus remarquables.


Palazzo Pierret,

Pierret se spécialise dans les bijoux inspirés de l’Antiquité, notamment des modèles étrusques. Il remet à l’honneur des procédés techniques extrêmement complexes, parfois oubliés depuis des siècles : granulation d’or d’une finesse remarquable, délicats filigranes, micromosaïques romaines ou encore montures inspirées des découvertes archéologiques.
Mais Ernesto Pierret ne se contente pas de reproduire les bijoux anciens. Là réside probablement sa singularité. Plutôt que d’imiter servilement les modèles antiques, il cherche à recréer leur esprit. Ses œuvres mêlent souvent inspiration historique et interprétation personnelle. Il n’est pas rare qu’il incorpore dans ses créations des éléments anciens véritables : monnaies romaines, intailles gravées, scarabées égyptiens ou pierres antiques.
Cette approche séduisait une clientèle cultivée, passionnée d’histoire et désireuse de rapporter d’Italie un objet évoquant la grandeur du monde antique. Les voyageurs du Grand Tour trouvaient dans ces bijoux bien davantage qu’un simple ornement : un souvenir artistique chargé d’histoire.



Sa signature broche vendue par la maison LEMPERTZ

Après son mariage avec Virginia Crespi, Ernesto Pierret acquiert un palais près de la place d’Espagne à Rome. Ce bâtiment, connu aujourd’hui sous le nom de Palazzo Pierret, porte encore le témoignage de son ascension sociale et artistique.
Bien que son nom soit resté moins célèbre que celui des Castellani, Pierret occupe une place essentielle dans l’histoire de la joaillerie italienne du XIXᵉ siècle. Son œuvre illustre parfaitement cette rencontre entre archéologie, savoir-faire traditionnel et imagination créatrice. À travers ses bijoux, il ne cherchait pas seulement à copier le passé : il tentait de lui redonner vie.
Aujourd’hui encore, les collectionneurs apprécient particulièrement ses créations, témoignages précieux d’une époque où la joaillerie se voulait aussi un dialogue avec l’Histoire.



Broche ronde en forme de disque, ornée de filigranes et de granulation de style néo-étrusque, revendue par la maison d'enchères LEMPERTZ : https://www.lempertz.com/



Comportant une plaque en micromosaïque représentant le buste d'un pharaon égyptien, entourée d'un cadre en or orné de granulation et de filigrane, suspendue par une tête de bœuf ornée d'une guirlande, poids brut d'environ 24 dwts, avec la marque du fabricant ; vers 1860. Revendue par Sotheby's

Ernesto Pierret,Antonio Carli et Antonio Civilotti produisaient également de magnifiques bijoux dans un style néoclassique. Si, à première vue, les colliers de style néoclassique produits à Rome à cette époque semblent très divers, ils sont en réalité tous caractérisés par une structure similaire : des chaînes en or ou des anneaux tressés auxquels sont suspendues des franges rayonnantes de pendentifs de formes variées, souvent disposés sur plusieurs niveaux. Ces pendentifs, fidèles à leurs prototypes hellénistiques, étaient souvent conçus comme des gouttes en forme d’amphore ou des motifs allongés en forme de graine, et ornés de perles et de granulés. D’autres modèles présentaient des gouttes décorées de camées ou d’intailles représentant des scènes mythologiques. Les joailliers travaillant dans ce style ne se contentaient pas de copier ou de réinterpréter des modèles du passé, mais intégraient également à leurs colliers d’authentiques fragments antiques, tels que des gemmes romaines gravées et des pièces de monnaie grecques ou romaines. Grenades, vignes fruitières, feuilles et baies, inspirées du monde classique, étaient également utilisées comme pendentifs. Les plaques en micromosaïque représentant les ruines archéologiques de Rome, encadrées de fil d'or ou de perles, étaient également très prisées.



Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord. Camée français. British Museum



Broche en or ornée d'une tête de bélier creuse entourée de fleurs fixées par des tiges individuelles traversant des perforations dans la base, bordée de cordages et de tubes d'or. De la gueule du bélier pend un anneau creux en forme de tonneau, auquel est fixé un pendentif serti d'une intaille en agate rubanée représentant une créature marine mythique. Tête de lion face à une tête de bélier. La monture, ornée d'un grainage, est flanquée de deux motifs à quatre pétales et se termine par trois grains de taille décroissante. Un poinçon d'orfèvre est apposé sur la tige de fixation et un compartiment vitré pour les cheveux se trouve à l'arrière. 


Cette pièce merveilleuse est au British Museum à Londres.


Fabriquée à Rome, vers 1870, par Ernesto Pierret (1824-1898).
Cette croix tridimensionnelle en or 18 carats est superbement conçue et fabriquée à la main dans le style Renaissance médiévale avec des éléments gothiques et Renaissance. La croix est embellie de saphirs, de rubis, de diamants taillés roses et de perles.
Via rubylane.com

Intaille sur agate représentant un Hoplite: L'hoplite (en grec ancien ὁπλίτης / hoplítēs) est un fantassin de la Grèce antique lourdement armé et organisé en phalange, par opposition au gymnète et au peltaste, équipés plus légèrement. Présent dans chaque cité-État à l'époque classique, il représente le soldat grec par excellence.
Or 18 k (750/1000°) Signé H. : 7,8 cm env. - Poids : 40,8 g


Au centre, un camée scarabée en lapis-lazuli, monté sur des ailes en or ornées de micomosaique bleue. Longueur 3¾ pouces  Signé Pierret  or 18 carats Vers 1860




 Le « Murray's Handbook to Central Italy and Rome » (1863) le décrit comme « l'un des plus grands artistes romains de bijoux étrusques ». 


Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord.
Réalisé par : Ernesto Pierret Date de production : 1860 (vers ; cadre), 1826-1875 (camée)
or et sardonyx. Broderie de perles  Hauteur : 3,30 centimètres  British Museum.

Ce camée a été provisoirement qualifié de français en raison de l’utilisation d’un portrait de style Renaissance et d’une différence marquée dans sa réalisation par rapport au groupe romain documenté.
Ernesto Pierret travailla à Rome d’environ 1845 jusqu’après 1870. Le motif d’ovales en fil de fer et les perles constituent un motif de bordure caractéristique des camées. Ce même motif, serti de mosaïque, apparaît sur le pendentif à pièces de monnaie de Pierret, qui relève plus manifestement du « style archéologique ». 


Créé à Rome par l'atelier de renaissance archéologique d'Ernesto Pierret vers les années 1860, ce collier à franges en or 18 carats représente le style étrusque. Il se présente sous la forme d'une frange de feuilles effilées, densément superposées et légèrement chevauchantes, suspendues à une ligne de perles enfilées sur une chaîne en queue de renard. Ce collier en or raffiné et riche, d'une souplesse et d'une sophistication suprêmes, est à la fois facile à porter et important d'un point de vue historique. Il s'agit d'une pièce rare provenant d'un fabricant romain légendaire, qui s'adapte doucement au cou et à la clavicule.


Exemple de ce que certains appellent un poinçon de Pierret. C'est plutôt sa "marque". Il est en Italie et nous ne pouvons trouver notre système français de poinçons de maître.

Galerie Macklowe Notes du conservateur :
Bijoutier néo-révolutionnaire de renommée internationale, Ernesto Pierret (1824-1870) arrive à Rome de Paris en 1845 à l'âge de 21 ans. Il y ouvre son premier salon en 1857 sur la Piazza Firenze et s'installe bientôt au 36 Via dell' Umiltà, non loin des locaux de Castellani. Concurrent de premier plan des Castellani, son travail est souvent indiscernable, par son raffinement technique, son esthétique et sa valeur académique, de celui de la famille la plus célèbre. En 1865, Pierret déménage son entreprise et sa famille dans un ancien palais de la famille Vescovali, au numéro 20 de la Piazza Spagna, qui fait face à la fontaine "La Barcaccia" du Bernini. Situé à gauche de l'escalier espagnol, le palais porte encore le nom de Pierret dans les mosaïques au-dessus de l'entrée. Grâce à l'épouse de Pierret, dont le père était avocat du pape, la clientèle de Pierret a pu avoir une orientation plus conservatrice, ce qui lui a permis de segmenter une clientèle locale de luxe en dehors de celle de la famille Castellani, dont l'un des membres (Alessandro) était un nationaliste et révolutionnaire de premier plan qui était sous le coup d'un ordre de bannissement. Pierret, qui était polyglotte et peut-être - selon certains spécialistes - "moins exigeant" envers ses clients que les Castellani, proposait des bijoux dans les styles étrusque, hellénistique et byzantin. Le nom de Pierret est signé d'une plume appliquée, comme ici, ou d'un monogramme élaboré, rarement utilisé.


la fontaine de la Barcaccia de Bernini. Ernesto Pierret acquiert ce palais au XIXᵉ siècle après son mariage avec Virginia Crespi, issue d’une famille romaine influente. Son nom est resté attaché au bâtiment jusqu’à aujourd’hui. 
Ce qui est remarquable, c’est que le palais est bien plus ancien qu’Ernesto Pierret lui-même. Les premières mentions remontent à la fin du XVIᵉ siècle. Lorsque les célèbres escaliers de la place d’Espagne furent aménagés au XVIIIᵉ siècle, l’édifice fut transformé pour s’harmoniser avec le nouveau décor urbain. 

Au XIXᵉ siècle, le quartier de la place d’Espagne est un véritable foyer artistique. De nombreux artistes, écrivains et voyageurs français y résident. Ernesto Pierret, joaillier d’origine parisienne installé à Rome, s’inscrit parfaitement dans cette ambiance cosmopolite où l’archéologie, l’art et le goût du Grand Tour se rencontrent. 


Au XIXᵉ siècle, sous Pierret, l’immeuble est encore modifié : ajout d’un quatrième étage, terrasse panoramique et embellissements néoclassiques. Le palais prend alors l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. 


L’ascension d’Ernesto Pierret fut telle qu’il acquit un palais au cœur même de Rome, sur la Piazza di Spagna. Aujourd’hui encore, le Palazzo Pierret perpétue discrètement le souvenir du joaillier, dont le nom demeure inscrit dans l’un des quartiers les plus emblématiques de la ville éternelle.
C’est un très beau détail biographique : un joaillier devenu suffisamment reconnu pour laisser son nom gravé dans le paysage romain.


C'est désormais un hôtel : la Residenza Pierret, 20 Piazza di Spagna, Place d'Espagne, 00187 Rome, 
Excellente situation géographique — avec une note de 9,9/10 ! (note basée sur 427 commentaires)
Évaluée par les clients après leur séjour à l'établissement Residenza Pierret 
 https://www.booking.com/hotel/it/residenza-pierret.fr.html

Pendentif cruciforme en or orné d'un médaillon central en micromosaïque de verre représentant la Colombe du Saint-Esprit auréolée d'or. Les quatre bras sont sertis de mosaïque blanche, chacun incrusté d'une lettre grecque en or formant le mot NIKA, Un compartiment circulaire pour les cheveux est prévu à l'arrière.   British Museum



ERNESTO PIERRET - ANNÉES 1850-1860
BROCHE BÉLIERS ET CAMÉE Revendue par la maison Tajan
Elle est de forme ovale ornée d'un grand camée sur coquillage représentant le portrait d'une dame de qualité au chignon fleuri. Magnifique monture en or jaune 750/1000ᵉ à décor de béliers affrontés, moulures et petits dômes. Signé PIERRET.  Poids brut : 30,57 gr. Dimensions : 6,3 x 5,8 cm.


Sceau de bureau de vente Wartsky Londres : https://wartski.com
Un sceau de bureau en argent, en forme de harpe, aux cordes en or rose, au manche orné de feuilles de chêne, de glands et de perles d'or ciselé, à la caisse de résonance ajourée et ciselée, surmontée d'un buste de Psyché en cornaline sculptée, symbolisé par deux ailes de papillon en argent dans le dos. Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».
Signé : PIERRET

10 cm x 4,2 cm

Le récit d'Éros et Psyché apparaît pour la première fois à la fin de l'Antiquité dans L'Âne d'or ou les Métamorphoses de Lucius Apulée. L'histoire de Psyché devient une allégorie du voyage tumultueux de l'âme à travers la vie. Psyché est le mot grec pour « âme » ou « esprit ». Le papillon est un attribut à la fois de l'héroïne Psyché (la mortelle devenue immortelle) et de l'âme. On pensait que l'esprit s'échappait du corps au moment de la mort par la bouche, sous la forme d'un papillon. La harpe représente l'harmonie et la créativité, à l'opposé d'une arme, qui sert à verser le sang ou la violence. Le dieu de l'amour, Éros, est souvent représenté tenant un instrument de musique, symbole de l'amour vertueux, un rébus pour Amor Vincit Omnia (l'amour triomphe de tout). De l'union d'Éros et de Psyché naquit leur fille, Volupta (le Plaisir).


Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».


ATTRIBUÉ À ERNESTO PIERRET : BRACELET SCARABÉE EN OR, STYLE NOUVEL ÉGYPTIEN, CIRCA 1870
Composé de quatre scarabées sculptés, gravés et pivotants, finement travaillés, encadrés de bordures torsadées ornées de perles, chacun présentant un compartiment vitré au revers. Les scarabées sont reliés par des maillons cylindriques arqués, travaillés en filigrane. Monture en or. Longueur : 21 cm.


Les scarabées étaient des symboles importants dans la culture égyptienne antique, représentant le cycle de la naissance, de la vie, de la mort et de la résurrection. Ils étaient fréquemment intégrés aux amulettes et aux bijoux talismaniques de l'époque, témoignant de l'importance accordée à la notion d'au-delà dans cette culture. Les compartiments en forme de médaillon au revers de chaque scarabée sont typiquement victoriens par leur sentimentalité. Ainsi, ce bijou exquis est une alliance harmonieuse entre les motifs de l'Égypte antique et la culture victorienne moderne.



forme de croix, de style néo-byzantin italien, en or 18 carats et saphirs. Motif de croix grecque byzantine orné d'un décor en filigrane. Sertie symétriquement d'un saphir ovale (env. 2,74 ct, env. 8,85 x 6,84 x 5,28 mm) et de quatre saphirs taille coussin (env. 0,25 ct chacun) dans des montures coniques hautes. Fermoir et attache pour broche. Poinçons : « PIERRET ». 4,5 x 4,5 cm. Poids : 24,33 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1870.  Maison Lempertz


Dos de cette croix avec saphirs, à gauche la plaque de "PIERRET"


Pendentif en or 18 carats, émail et micromosaïque, de style néo-étrusque, avec chaîne. revendu par la maison ; Lempertz

Ce pendentif long en deux parties présente des motifs de croix grecques ornés d'émail turquoise, de filigranes et d'incrustations de micromosaïque. Il est accompagné d'une fine chaîne munie d'un fermoir en S. Signé et monogrammé « EP » au revers. Longueur totale du pendentif : 5,5 cm. Longueur de la chaîne : 41,5 cm. Poids total : 14,67 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1860.

Orné de neuf intailles sculptées en cornaline, jaspe, agate rubanée, sardoine et jaspe, représentant la déesse Fortuna, des oiseaux assis sur un nid d'oiseaux, représentant Vénus, Achille dans le temple d'Apollon, un buste de gentilhomme avec la chouette de Minerve, Antilope, la déesse Victoria, la déesse Artémis, chacune dans des cadres en fil de fer et perles, entrecoupés de maillons noués, longueur environ 170 mm.


Suite d'intailles néo-étrusques. Intailles en onyx et or jaune, vers 1860. Avec l'aimable autorisation de Hancocks. https://hancockslondon.com/

Cette suite comprend un magnifique collier à pendentifs et un peigne à cheveux en écaille, tous deux ornés d'intailles circulaires en onyx nicolo représentant des figures classiques, entre des barrettes à centre floral. Les intailles du collier représentent diverses figures antiques, dont Cérès, Flore, Salacia, Minerve, Aphrodite et Bonus Eventus. Il ouvre son propre atelier en 1846 et, quelques années plus tard, un guide touristique de Rome de 1853 le décrit comme « l'un des premiers artistes romains spécialisés dans les bijoux étrusques ». Son travail est d'une très grande qualité et présente souvent des micromosaïques, des camées et des intailles, le tout intégré dans de magnifiques ouvrages en or, parfois très ornementés, avec des motifs typiques du renouveau archéologique et étrusque.


Bracelet de style « archéologique » par l'artiste Ernesto Pierret Lieu d'origine : Italie, Rome . Date vers 1865. Dimensions L : 7 1/2 po (19 cm) Or, rubis, émeraudes, diamants, camée d'agate.
Ligne de crédit Fonds de M. et Mme George M. Jones, Jr.
Musée de Tolède:  https://emuseum.toledomuseum.org/




Ernesto Pierret (1824-1898), ceinture à transformations pouvant se détacher en bracelet et collier, en or jaune à mailles alternées de perles de lapis-lazuli, milieu du XIXe siècle, l. 79 cm, poids brut 224,2 g.
Gazette Drouot

  
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret. Revendu par la maison Sotheby's


broche en or, agate et perle, pendentif revendu par la maison Sotheby's
Camée ovale en agate sculptée représentant Vénus et Cupidon, dans un cadre en or orné, entouré de perles, monté en broche et pendentif, le camée signé GA Girardet F. et G. Giniselli Inv., le montage signé Pierret.

cornaline, onyx, or Revendu par Sotheby's
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret.


Une remarque, une précision, un commentaire, m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com


lundi 4 mai 2026

Les CAUVAIN , fournisseurs inconnus de : Tiffany, Boucheron, Marzo, Boivin, Van Cleef, Mappin & Web, Bourdier, Herz, Sellier, Chaumet, Glattaner, Lacloche, Rozanes, Marchak, Ghiso, Vever,Pitre, Mauboussin, Lambert freres:



Je publie plus de 50 pages semblables en fin d'article

Grâce à Stefan Stern, mon ami allemand qui possède une imposante collection de dessins de bijoux, il est possible de comptabiliser les acheteurs professionnels  qui firent fabriquer par Les Cauvainpour leur compte, à leurs noms, sans indiquer qui l'avait fait. https://www.grafische-sammlung-stern.com/
Ce cahier est celui de la maison Cauvain et Cie.
Certaine "influenceuse"écrivit "Cauvin" erreur qui fut reprise par d'autres, mais c'était une erreur de frappe dans "LA BIJOUTERIE FRANÇAISE AU XIXᵉ SIÈCLE " du grand Henri VEVER qui, à la page 646, avait publié : 
(et Cauvin, Chambin, Rambour, Gif, Edmond Lecas, Lefort, Léon Vaguer, etc., et tant d'autres joailliers ou PLAQUE DE COU GLYCINES par G. Familières. bijoutiers pleins de fantaisie, parfois hardis dans leurs compositions, poursuivant toujours la recherche d'œuvres nouvelles excellemment exécutées)
Mais dans son index alphabétique p. 783, écrit (Cauvain, dessinateur-joaillier.)
 
Mais alors, d'où viennent les Cauvain ?


Grâce à l'acte de mariage de Jules Victor Cauvain, bijoutier âgé de trente ans né à Lille, j'ai pu remonter la généalogie familiale.


Dans l'annuaire général du commerce de 1841, on découvre des orfèvres bijoutiers "Cauvain Frères".
Je crois qu'il s'agissait de François Victor Cauvain, né en 1811, qui fut nommé juré aux assises en 1851.
Puis son fils Jules Victor  Cauvain né le 15-04-1840 à Lille, qui se marie le 07/10/1873 (voir plus haut)

Un de ses descendants, "Mr Pierre Herran" a bien voulu compléter ma recherche.
Bonjour M. Richard,
Effectivement, mon aïeule Conord a eu un frère Etienne André, horloger, dont la fille Marie-Françoise Adrienne ° 22/05/1852 Grenoble a épousé le 10/07/1873 à Paris 1 Jules Victor Cauvain, bijoutier. Ils ont eu 3 enfants: Marcel François (° 1875 + 1881), André Louis ° 29/05/1876 Paris 1 x le 23/01/1909 à Boulogne-Billancourt avec Marie Thérèse CAYRON. Descendance inconnue et enfin Marcel François ° 09/01/1883 Paris 1  x le  26/09/1936 à Colombes avec Marguerite Juliette Leclerc/ Descendance inconnue. Il s'est remarié le 23/09/1946 à Pont l'Abbé avec Edith Paule Marie Perou et a eu 3 enfants: Brigitte ° 1948, Didier ° 1950 et Marc ° 1956.
Par ailleurs, Louis François CAUVAIN, bijoutier, frère de Jules Victor° 09/01/1837 Lille a épousé le 09/01/1868 Paris 1 Flore Albertine ROVERE, Sertisseuse ° 12/03/1844 Paris ancien 6ème. Ils ont eu 4 filles: Berthe Elise ° 08/02/1863 Paris 1 x le 25/05/1893 Paris 1 avec Charles RICHÉ ° 28/10/1862 Paris 2/ Céline Louise ° 22/11/1872 Paris 1 x le 09/02/1897 Paris 1 avec Louis Alexandre Florent MARCHAND, Négociant, °14/07/1867 Lille/ Léonie Célina ° 02/04/1878 Paris 1 x le 05/07/1902 Paris 1 avec Fernand Auguste MAITRET, Bijoutier, ° 23/07/1872 Lancy (Suisse)/ Lucie Berthe Augustine ° 18/02/1883 Paris 1 x 24/10/1908 Paris 16 avec Louis Emmanuel LAFOREST ° 31/03/1882 Paris.



1882

Ce devait être une première société au 211 rue Saint-Honoré. Elle est dissoute le 22/11/1882, elle est encore signalée dans l'Almanach du commerce et de l'industrie de 1883, mais il faut quelquefois un certain temps pour que les almanachs soient exacts.
À moins que ce ne soit l association avec Jules Cauvain, car le 27 septembre 1883, Jules Cauvain dépose à la garantie de Paris un poinçon de maître, une coupe en verre avec les initiales J.C.


Qu'on retrouve sur cette bague ancienne en très bon état  son poinçon:   Bague en or 18 carats ornée d'une topaze rose ovale sertie clos, entourée de diamants taille rose et de fleurs serties de diamants taille rose. Poinçon de garantie et poinçon de maître français de Jules Cauvain, France, vers 1880-1900. Poids : 3,56 g. Taille : 16,25+ mm / 6 US. Largeur : 1,2 à 16 mm.




Jules Cauvain qui fut installé comme bijoutier Joaillier  au 4 rue Jean Jacques Rousseau à Paris


Puis dans cette superbe galerie "Verot Dodat" du 1ᵉ arrondissement de Paris, mais à l'étage, à l'escalier 33. L'insculpation de son poinçon date du 27-09-1883  et sera biffé le 20/04/1901 pour cessation de commerce. Il etait spécialisé dans la fantaisie riche.



1892 Dans l'Annuaire du commerce et de l industrie.


La publicité indique que Louis Cauvain est spécialisé en flacons riches au 211 rue Saint-Honoré.
Nous en avons un aperçu  , la vente d'un flacon ayant été indiquée par la Maison d'enchères Collin du Bocage, 17 rue de Provence à Paris, qui le décrit ainsi:
Flacon à sel en cristal gravé, bouchon en or jaune à décor d'enroulements et orné d'un grenat dans un entourage de diamants taillés en roses. Maison Louis CAUVAIN. Paris 1866/1906. Poids brut: 43,40 g Merci a eux d'avoir cherché à trouver le poinçon de Maître.


C'est dans le journal "le Matin" du 31-05-1895


Mais apparemment le 01-06-1895 Louis dément dans le "Figaro."

Georges Lenfant, fit son apprentissage chez Cauvain, son fils Jacques a écrit:
Lorsque, au début du siècle dernier, Georges Lenfant décide de se mettre à son compte et de créer sa propre affaire, rue de Louvois, dans le 2“° arrondissement de Paris, avant de s'installer 47 rue des Petits-Champs, il peut faire état d'une solide expérience. Son père était boîtier et lui-même avait d'abord servi comme apprenti chez le joaillier Cauvain, puis comme vendeur chez Boucheron. Distinction très recherchée, le Prix’ Boucheron lui avait été décerné, ce qui lui avait permis d'effectuer des séjours formateurs en Angleterre et en Espagne. Dans les années 1900, il est déjà le chaîniste attitré de Cartier et le fournisseur de plusieurs autres grands joaiIIiers.“Cette époque ne manquait pas de fascination, se souvient Jacques Lenfant. ". Dans la maison de mon père se succédaient les commandes d'une pléiade de maharadjas couronnés, de grands dues russes et de millionnaires américains. La rue de la Paix était encombrée de leurs calèches et des premières automobiles avec chauffeur en livrée. Mon père n'a jamais oublié qu‘il vit un jour un grand-duc russe donner au portier de chez Cartier un pourboire avec lequel il aurait pu s'acheter une maison de campagne"

En 1901 Jules Cauvain  se retire et c'est Georges Dumont qui lui succède


Dès 1905 la maison Cauvin & Cie adhère à la Chambre syndicale de la bijouterie.Ce document nous l' indique, mais il date de 1923, donc l'adresse est au 21 rue des pyramides à Paris


1906


Dans l'almanach du commerce, André Cauvain est associé avec  Lemeunier rue de Grammont à Paris.


Cette association aurait duré de 1900 à 1912.

Lemeunier & Cauvain
Initiales
C & L
16 rue de Gramont
Profession
Fabricant bijoutier à façon
Symbole (pour les orfèvres)
une feuille de gui
Date d'insculpation 
25/07/1900
Numéro du registre de la garantie (pour les orfèvres)
C444
Numéro du registre de la préfecture (pour les orfèvres)
11911
Date de biffage (pour les orfèvres)
22 janvier 1912


211 rue Saint-Honoré, Paris , bel immeuble où était installé Louis Cauvain .
No 211 : de l'ancien hôtel de Noailles, construit en 1715 par Pierre Cailleteau dit Lassurance sur l'emplacement de l'ancien hôtel Pussort (1687), devenu hôtel d'Armenonville (1697), il ne subsiste qu'une façade de style Louis XV, classée, visible de la cour de l'actuel hôtel de tourisme Saint-James et d'Albany (voir 202, rue de Rivoli). L'hôtel particulier mis en vente après la mort de Pierre-Vincent Bertin († 1711), seigneur d'Armenonville, fut acheté en 1712 par la veuve du maréchal Anne-Jules de Noailles (1650-1708), deuxième duc de Noailles. Il fut ensuite entièrement remanié et les jardins furent redessinés par Charpentier. Marie Adrienne Françoise de Noailles (1759-1807) grandit à l'hôtel de Noailles et y épousa, le 11 avril 1774, le marquis de La Fayette (1757-1834). Le couple en fit sa résidence principale jusqu'en 1783. Marie-Antoinette d'Autriche vint y accueillir La Fayette à son retour d'Amérique, le 15 février 1779.
Ce sera également la demeure de Charles-François Lebrun, Troisième consul, en 1802, ainsi que celle de Charles Charles dit Chaulieu, compositeur et fondateur de la revue Au Pianiste illustré.
Il abritera plus tard, sous le nom d'hôtel Saint-James et d'Albany, Francis Scott Fitzgerald, sa femme Zelda et leurs enfants en mai 1921 et, en octobre de la même année, Sinclair Lewis qui travaille alors sur son personnage « George F. Babbitt ».
Cet hôtel est également cité par Graham Greene dans les Voyages avec ma tante, écrit en 1969


1908 Louis Cauvain et Jules  Cauvin sont nommés "Officier d'Académie."


Dès 1906 Fernand Maitret, gendre de Louis François Cauvain , lui succède au 11 rue Monsigny Paris 2 °


1914 dans le New York Hérald (Est ce notre Louis Cauvain?)


1929-01-01.   En janvier 1923, avec le même poinçon, symbole: une feuille de platane avec 3 graines   et les initiales C.& Cie,  Cauvin & Cie avait succédé à Cauvain Freres. C'est eux, dont je vais publier un des cahiers de dessins du stock avec les maisons livrées.


Publicité dans l Azur de 1936, qui continuera jusqu'en 1952 


Le N° 9 a été fabriqué pour Tiffany le 24-05-1924
https://www.richardjeanjacques.com/2019/11/tiffany-charles-lewis-et-louis-comfort.html
Le N° 15 a été fabriqué pour Boucheron le 2/06/1924
Le N° 15, fabriqué deux fois pour Marzo , dont le 27-05-1925


Le  N° 5 fabriqué pour Van Cleef 1917
Le 6 pour Boivin en 1925 et 1926 noté avec Saphirs
Le 7  est fabriqué pour Mappin et Web le 8/04/1932


Sur cette page tout est fabriqué pour Bourdier Paris: lire
N°1 15/04/1924, N° 7 et N°12 le 17/04 et 17/06/1924


Fauchelle 17/04/1926 N°1
Herz (le Mentor de Suzanne Belperron) 20-10-1916 N°2
Sellier 1/05/1924 N°3
Herz 20/05/1916 N°4/5/6
Glattaner ?? 26-09-1927 N°7





13-14-16 fabriqué pour Herz  16/12/1925





Boucheron 1925
https://www.richardjeanjacques.com/2022/04/maison-boucheron-premier-episode.html





N° 6 et 7  fabriqué pour Herz en 1925
N° 8 Pour Sellier le 20/09/1929




On peut trouver ces boutons de manchettes dans le livre de Sylvie Raulet sur l art déco, au nom de Boucheron, mais rien sur leur origine. Donc grâce à ces dessins nous voyons que le N° 10  fut fabriqué par Cauvain pour Boucheron  le 27/10/1925-1926-1927-1929


Le N° 11 a été fabriqué pour Lacloche en 1925
https://www.richardjeanjacques.com/2016/03/lacloche-de-l-histoire-et-de-la-famille.html


Les modèles de 1 à 5 ont été fabriqués pour Georges Guggenheim.




Ces lignes de boutons de machettes furent achetées par les maisons Ostertag, Van Cleef & Arpels, Boucheron, Rozanes qui les fit fabriquer en 1926-1927 et 1939 et 1940, Chaumet, Bourdier Tiffany, Marchak, Ghiso.



                                                    


N° 13 fabriqué pour Boucheron le 26-06-1925 , en bleu ce seront des saphirs


55 fabriqué pour Melle Robert en 1919 ( Peut etre une cliente particuliere)
N° 56 Mr  Brunel 02/08/1926
N° 58 Chaumet 1926
N° 59 Foucart en 1927
N° 62 Maison Vigneron 03/06/1927
N° 66 Azam en 1927
N° 68 Herz 30/08/1927


Bagues Lien


N° 9 Chaumet 11/02/1926
Apres une bague pour son stock, N° 13 Herz  le 07/03/1927


N° 13 pour Chaumet en 1926
N° 14 & 15 Pour Rozanes 1926
N° 16 Chaumet en 1926



N° 30 et 31 Chaumet 29-09-1926
N°  32/33/34/35/36, Vever le 15-10-1926
N° 37 Vever le 07/08/1928
N° 38 Boivin le  11/1926



N° 56 P-Paget  le 31/05/1928----N° 65 Forchy 25/06/1930
N° 57 Boucheron le 07/06/1928----N° 66 Pitre 04/08/1930    
N° 58  Chaumet le 20/12/1926----N° 67 Collet 29/08/1930
N° 59 Alphandéry le 14/05/1929----N° 68 Maurice Hust Sirlot
N°60 Mr St Antonin 11/11/1929----N°69 Herbet 1931
N°62 Pitre (Lapidaire)10/12/1929---- N° 70 Boucheron le 05/08/1931
N° 63 Ellier 21-02-1930





N° 11-12-13 Lambert 30-12-1915
N° 14 Guthmann 13/01/1917
N°15 Mauboussin le 30/04/1916
N° 16 Boucheron le 05/08/1916




















N° 32 à 39 Ostertag le 05/10/1929
N° 40 Boucheron le 10/1930
N° 41 Ostertag le 25/06/1934
N°44 Chaumet le 21/05/1935
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N° 17 Melle Thibault
N°18  Glattaner 01/06/1926






Voici donc un aperçu de ses cahiers de dessins, je ne puis les citer tous. Ces Cahiers permettent de mieux comprendre le travail d'une maison de joaillerie qui dans l'ombre, a travaillé pour les grands noms

Ces cahiers peuvent aussi de nos jours permettre de mieux dater certains bijoux
La maison Cauvain est encore citée dans l'Azur de 1952 et 1961
Un complément, une remarque, m'ecrire à  : richard.jeanjacques@gmail.com  


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