samedi 29 février 2020

De Gabriel Falguières à Ralph Esmerian


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C'est  un bijou magnifique digne des plus grands musées, le dessin, les proportions du bijou, le thème, c'est le pendentif "Orphée" de Gabriel Falguières. 
Peu de bijoux de lui apparaissent sur le marché. 
Cependant les collectionneurs l'apprécient alors il faut quelquefois la faillite de l' un d' eux pour voir réapparaître des bijoux de Gabriel Falguières. Ce fut le cas pour ce bijou qui appartenait a l'américain Ralph Esmerian, je traiterai ce problème en deuxième partie.

Peu d'éléments sur Gabriel Falguières, il se serait associé avec Alphonse Auger pendant quelques années a partir de 1864 d'après Vever , jusqu'en 1870 .  Vever l'explique :
La maison Auger est aussi parmi les plus connues. Son fondateur, Alphonse Auger (1837-1904), avait commencé par être sertisseur; en 1862, il s'établit joaillier. Il fut pendant de longues années le fabricant attitré de maisons importantes, telles que Lemoine et Mellerio-Borgnis; il eut M. Falguières comme associé de 1864 à 1870, puis, demeuré seul pendant huit années qui virent ses affaires prendre un essor considérable, il s'associa en 1878 M. Guéret, qui le quitta en 1889.Son fils aîne, Georges Auger (1864), son collaborateur depuis 1895, prit définitivement sa maison en 1900.





Bien que le  poinçon indiqué sur le site du ministère de la culture ne soit insculpé qu'en  1888 , j ai pourtant trouvé son adresse en 1881, au 5 rue du quatre septembre. Or Vever nous a indiqué que  Gabriel Falguières avait  quitté Alphonse Auger en 1870, donc il a eu une activité avant de s installer rue notre Dame de Lorette en 1888.



5 rue du quatre septembre à Paris

Etait-ce l adresse de son habitation? Je ne le pense pas , car il y a sa profession et c'est dans l'annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de 
l'administration :



1888 dans les archives commerciales de la  France,  Gabriel Falguières s'installe au 23 rue Notre Dame de Lorette 



23 rue Notre Dame de Lorette




C'est le 23-mai-1888 qu'il fait insculper son poinçon  initiales G.F. et une croix de lorraine, mais peut être avait-il un autre poinçon à son adresse précédente?

Dans les années 1870-1890 une mode s'était crée, des grotesques mythologiques, des créatures ailées, des dragons, des chimères. La plupart des grandes maisons dont Falguières, vont  les développer dans leurs créations Art Nouveau.
Je ne crois pas comme Vivienne Becker,  que ce mouvement soit en relation avec une influence mâle prédominante, ou que,  Les images de luttes de femelles ailées reflétaient la dure bataille de l'émancipation de la femme.

Je pense  qu'avant 1870 , les joailliers n utilisaient pas le corps féminin  pour thèmes de leurs bijoux , car la société de l'époque  considérait que c'était déplacé, soutenue en cela par les églises  et leur dictature qui amena la séparation de l'église et de l'état.
Mais avec l 'art nouveau, le culte de la représentativité féminine règnait et cette année là, avec cette merveilleuse exposition universelle de 1900, un formidable élan secoua tous les métiers, dont les métiers de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie.
Un esprit commun , une ligne d'idées commune (ce qui nous manque de nos jours) créèrent un style  à qui l' on peut tout reprocher , mais ses excès amenèrent un changement aussi fort avec 1925, et la naissance de ce qui allait s'appeler l'art déco.

Je reprendrai la citation de Vivienne Becker (l historienne de la Joaillerie que j' admire beaucoup pour son travail)  de Gabriel Mourey qui déclara en 1902 
"Depuis la libre expansion du mouvement moderne, les bijoux sont devenus une sorte d hommage passionné déposé par les hommes d'aujourd'hui au pied de l'éternel féminin"





Difficile de connaitre la date d'exécution de ses bijoux, tous indique 1900 environ. Il est vrai qu'il y eut cette très belle exposition universelle de 1900 et que tous nos professionnels furent très actifs.  Cette broche faisant pendentif et broche à la fois était composée avec des améthystes, des diamants et de l émail sur or elle était en vente sur le site 1stdibs.com qui regroupe de nombreux professionnels antiquaires.
Nombre de livres ont écrit "G.Falguières", et même le dictionnaire international du Bijou indique "Georges Falguières" alors que c'est bien Gabriel Falguières




Heureusement que nous avons Henri Vever qui a publié dans son histoire de la bijouterie française  des photos  de bijoux fabriqués par Falguières



Dans le livre d'Henri Vever


Christie's situe ce bijou en 1900 mais cela peut être avant ou après:
UNE BROCHE ART NOUVEAU ÉMAIL ET OR, PAR GABRIEL FALGUIERES
Conçu comme un groupe ajouré d'émail vert et de feuilles d'érable émail plique-à-jour, encadré par une branche d'émail brun, monté en or, émail, intact, vers 1900, montre des signes de usage normal
Signé G. Falguieres pour Gabriel Falguieres, Paris



Pour ce bijou, c'est plus précis, 1900-1901 car il a été publié dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie en 1901, après l exposition Universelle.



Idem pour cette broche
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Cette photo figure dans "la bijouterie Française de Vever " et en 1901 dans la revue de la Bijouterie Joaillerie  avec ce texte:

La libellule au corps de femme est un sujet qui a tenté bien des artistes. L'interprétation qui nous en est donnée ici est agréable. Les ailes d'opale, le corps ciselé, les roses de haie en pierre dure sculptée, les ornements de diamants, tout concourt à rendre ce bijou séduisant et délicat.
Les autres broches : platane, érable, fuchsia ou opale opaque, sont un peu lourdes. Je leur préfère de beaucoup la broche capucine, émaillée si joliment, comme la plupart des autres bijoux que nous venons de citer, par le maître Tourrette, et au centre de laquelle une jeune femme, à la tête d'ivoire, à la chevelure d'or, vient gracieusement sourire.

Mais que sont devenues ces bijoux cités dans les commentaires de l'époque?
Dans des collections privées ?, chez des particuliers ? Espérons les revoir un jour.




La Maison Skinner de Boston (USA) a revendu ce rare bijou de Gabriel Falguières : « Fécondité » de Gabriel Falguières, en or jaune, émail, diamants et perles fines. . Photo : Skinnerkinner Lot 232




Voici la même broche vue de dos, à voir le système de vis derrière la broche, il devait y avoir d'autres possibilités de la porter




1900 dans la chronique des arts




Revendue par Christie's: Pendentif en or, diamants, émail et opale. Il date environ de 1901.  Falguières a montré un grand talent en exécutant le mouvement de la chevelure avec des fils ronds en or.



1901 Revue de la Bijouterie Joaillerie très belle Libellule  à visage humain

Cette même revue en 1901 écrivait a propos de la présentation des vitrines un commentaire dur mais juste

M. Falguières a eu, je crois, le tort de placer ses oeuvres dans une vitrine trop petite, et de ne pas se préoccuper assez de la présentation  de ses pièces, qui sont posées les unes sur les autres, avec un désordre qui n'est pas toujours un effet de l'art. Qu'il aille méditer sur ce sujet devant la vitrine du maître Lalique, il apprendra peut-être l'art de mettre les choses en valeur, qui, entre parenthèses, est plus difficile qu'on ne le croit généralement. Cela ne modifie certes pas la composition des objets, mais, plus espacés, on les voit mieux ; l'isolement permet de les juger plus sainement, et la rétine n'est ni attirée, ni fatiguée par le voisinage souvent multicolore, d'oeuvres qui semblent solliciter le regard avant que l'oeil ait terminé son examen.




1901 Revue de la Bijouterie Joaillerie
Peigne aux pigeons:Motifs deux pigeons, en corne Ivoire, émaux et diamants.


M. Falguières n'en est pas à ses débuts, et, d'après ce que nous connaissions de lui, nous augurions beaucoup de son envoi pour cette année. Nous avons été un peu déçus, avouons-le. Sans doute c'est bien; mais nous aurions voulu quelque chose de mieux encore, un effort, une note personnels — que nous cherchons,
du reste, en vain dans la plupart des vitrines — mais que nous aimerions trouver plus particulièrement chez M. Falguières, parce qu'il est un de ceux qui connaissent bien leur métier et dont l'exécution ne soulève pas les critiques amères que nous avons déjà formulées et que nous formulerons encore en présence de tant d'objets qui n'ont de bijou que le nom et qui semblent exécutés,— comment dirais-je? — par des ferblantiers.
Commentaire en 1901 dans la revue de la Bijouterie Joaillerie



1901 Pendentif émeraude, perle, diamants et émaux translucides 


Je parlais tout à l'heure du côté technique des bijoux de M. Falguières : la broche de caractère un peu égyptien, avec des têtes d'oiseaux de proie qui mordent des serpents, en est un bel exemple. L'exécution de cette pièce, qui rappelle un peu certains dessins de Mucha, est irréprochable, tant au point de vue de la ciselure que de la lapidairerie, et les méandres d'émail qui dessinent
les corps émaillés des serpents sont parfaits.
La grande plaque de collier ou d'ornement de corsage, composée toute en largeur, montre un paysage sans intérêt qui gagnerait si les troncs d'arbres et les branches que l'on regrette de voir sans feuilles étaient moins nature, plus stylisés en un mot. La cascade sculptée dans un magnifique morceau d'opale, qui se termine par des grappes ruisselantes de diamants, me paraît placée trop sur le côté du bijou. 
Je ferai la même remarque pour le collier de dix rangs de perles « en esclavage », avec une plaque de pierre dure sculptée en façon de camée, qui est tellement sur le côté que M. Falguières a dû présenter cet objet de profil dans sa
vitrine ; c'est original, mais cela ne semble pas pratique. Le peigne aux pigeons, fait de corne, d'ivoire, d'émail, avec des patines variées, est une heureuse adaptation des matières diverses employées par le bijoutier. Les deux pigeons finement émaillés sont perchés sur un arbre décharné, dont les ramures sont givrées de neige en diamant. 
Le ciel, empourpré des nuances du soleil couchant, est en émail translucide dans lequel sont piquées les premières étoiles du soir. Le peigne est en corne patinée, dont les dents  se prolongent pour former les troncs des arbres. L'idée est très
ingénieuse, et le bijou joli. Il gagnerait, croyons-nous, quelque légèreté, si les oiseaux avaient moins de relief. Nous ne citons que pour mémoire le peigne en ivoire orné d'une chimère d'or à là gueule menaçante; il est lourd; la chimère manque absolument de caractère, et l'on ne peut s'empêcher de songer aux chefs-d'oeuvre du genre, qui ont été faits par les Chinois, par les Japonais
et plus récemment par M. Lalique.




1902  Une très belle plaque de collier "Glycine" publiée dans la revue de la Bijouterie Joaillerie




1907 dans l' almanach du commerce et de l industrie. Je n ai pas trouvé qui était ce Falguières Fils, est ce de la famille ?  




1911 Catalogue du Salon des artistes décorateurs




1914 dans l'annuaire du commerce Didot Bottin:  Falguières Fils  



1900 : Christie's a revendu  Cette broche en or, diamants et pierre dure sculptée " Orphée "réalisée par Gabriel Falguières aux environs de 1901. 



1915 Naturalisation de Esmérian

Et j'en arrive à la famille Esmérian et son rapport avec Gabriel Falguières, ce qui nous permet d'écrire sur cette famille de Joailliers  dont le dernier descendant a mal fini.

Le grand-père Boghos Paul  Esmerian né en 1871 a appris son métier et travaillé comme lapidaire à Constantinople avant de déménager à Paris en 1890. , nous pouvons lire ci*dessus son acte de naturalisation en 1915 .
Il est écrit qu'il était négociant en diamants, qu' il habitait Boulevard Emile Augier à Paris, et que la naturalisation concernait aussi sa femme.
Son fils Raphael est entré dans l affaire en 1919 et a développé l activité de Lapidaire et de commerçant en pierres de couleur. Raphael Esmerian (1903-1976) est devenu  l'un des principaux marchands de pierres précieuses en Europe et a commencé à se rendre à New York pour fournir des pierres à la Maison Cartier.


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Arriva cette affaire , d'un saphir  volé de 291 carats, je vous laisse  la découvrir : 

Texte de l article ci-dessus :Le saphir morcelé

Les joailliers qui se l’étaient transmis ont été amenés chez  le  d'instruction.
Deux négociants qui l'avaient vendu 185.000 francs restent en prison
Nous avons raconté hier comment un saphir de 291 carats, volé en 1918, à Varsovie, au comte polonais Xavier Branicki, fut, ces temps derniers, après une série d'avatars, retrouvé, en neuf .morceaux, entre les mains d'un important joaillier parisien.

Rappelons que l'enquête de M. Guillaume. commissaire à la police judiciaire, avait d'ores et déjà établi:
1° Que le saphir, lorsqu'il fut subtilisé à Varsovie, était encerclé de brillants qui en augmentaient considérablement la valeur
2° Qu'après une série' de tractations qu'on ignore,. le saphir aurait été acheté par un négociant de Kovno (Lithuanie), M. Poupkine, qui l'aurait vendu 180.000 francs à son 'bea Texte de l article ci-dessus  u-frère, M. Alkoyitsky, et £.. l’associe de celui-ci, M Knigenik, négociants  en bijouterie à,Paris, 8, rue Braque. A ce''moment 'd'ailleurs, ont déclaré les deux associés, la pierre était nue. c'est-à-dirè que sa monture et sa garniture de diamants primitifs avaient disparu 
3° Que  le saphir avait été vendu 185.000 francs par MM. Alkovitsky et Knigenik rue lafayette,  à Bôghos Esmerian boulevard Emile-Augier, et Girayrd Esmerian, 54, avenue Kléber, et que finalement l'énorme cabochon avait été cédé à M. Margossian, lapidaire, 10, rue Chauchat, et divisé en neuf pierres, plus aptes, pensait-il, à trouver acquéreurs dans la clientèle normale.
L'instruction suivait son cours, lorsque, avant-hier après-midi, le service de la police judiciaire apprit qu'un passeport au nom de l'un des négociants impliqués dans l'affaire du saphir, avait été demandé pour la Belgique.
Ce passeport, déclare au reste l'avocat de l'inculpé, demandé il y a plus de quinze jours, devait lui servir simplement à se rendre au mariage de la fille d'un de ses clients à Bruxelles.
Fût-ce cette circonstance qui hâta la détermination prise par le juge Quoi qu'il en soit, M. Lacomblez décernait, dans la soirée, un mandat d'amener contre MM. Feuchwanger, Boghos Esmerian, Girayrd Esmerian, Joseph Knigenik et Lipman Alkovitsky, que l'on alla quérir à leur domicile et que l'on amena hier dans les bureaux de la police judiciaire d'où ils furent dirigés à 14 heures vers la chambre d'instruction.
Après avoir procédé, en présence de leurs avocates,
Joseph Knigenik M-Vipinan Alkovitsky lander et Montel, à leur interrogatoire, M. Lacomblez décida de remettre en liberté provisoire, sous versement d'une caution de 150.000 francs chacun, MM. Feuchwanger, Boghos et Girayrd Esmerian, inculpés de recel de marchandises volées. Ils déclarent avoir agi de très bonne foi et attendre avec confiance la fin de l'enquête. Quant à MM. Joseph Knigenik et Lipman Alkovitsky, ils ont été placés, sous mandat de dépôt et envoyés à la Santé, sous l'inculpation de complicité de vol et recel.





Comment des professionnels lapidaires et commerçants peuvent ne pas s'inquiéter de voir apparaître un saphir de 291 carats et  savoir qu'on doit le retailler en 9 pierres?
La justice fut clémente, très clémente en prononçant un non lieu . Le juge les reconnait de bonne foi, mais Ferschewanger  et Esmerion Paul  ont quand même dédommagé le comte Branicki!!!!!




En 1923  (Gabriel  Falguières a du mourir en 1920) sa veuve s'associe  avec un certain R.Debut , peut être de la famille de Jules Debut le grand joaillier? voir







Mariage de Raphaël Esmerian en 1925 dans le Chicago Tribune

L'automne, au moins, va être rehaussé par un mariage vraiment intéressant.
Mme Edouard Siegman, de l'Hôtel Majestic, vient d'annoncer les fiançailles de sa fille Melle Virginie, Joséphine Siegman avec Mr Raphaël Esmérian, de Paris.
Mr Esmérian est le fils de Mr et Mme Paul Esmérian, résidant 9 square du Bois-de-Boulogne à Paris.
Melle Siegman qui est une svelte brunette avec de riches couleurs, fera une ravissante mariée.
Le mariage doit avoir lieu en Novembre de sorte que toute la jeunesse de la ville puisse prendre part aux festivités.
Melle Siegman fréquentait l'Ecole Finck et a fait son entrée dans le monde en 1922. Mr Esmérian est diplômé de l'Université de Cambridge en Angleterre. Il est actuellement associé aux affaires de son père à Paris"  
Traduit par S.M. Le Turcq


Le nom «Esmerian» est célèbre à Manhattan et dans le monde de la joaillerie depuis un siècle. Le père de Ralph Esmerian, Raphael Esmerian, était à l'époque un éminent marchand de pierres précieuses, consulté par de grandes maisons de joaillerie comme Cartier.
Raphael eut un fils,  Ralph Esmerian,  qui très rapidement devint un revendeur et collectionneur respecté,  devenant le bijoutier des stars en tant que nouveau propriétaire de Fred Leighton. Esmerian a été fréquemment photographiée avec des actrices célèbres.
Une affaire très prosèere mais la faillite approche et Raph va devoir se séparer de sa merveilleuse collection.

Fini les catalogues de vente aux enchères fantaisistes vantant Esmerian comme ayant «l'œil d'un connaisseur» (titre de la célèbre vente aux enchères de Christie's 2008 annulée). Celui-ci a la saveur décidément peu glamour d'une vente de faillite. Mais ces articles sont loin des symboles de statut fastueux vendus aux enchères lorsque Bernie Madoff est allé en prison .
Bien que bon nombre des trésors les plus précieux d'Esmerian aient déjà été vendus, il y en a assez ici pour remplir une galerie de musée - et je suis sûr que quelques musées soumettent leurs offres.
Les articles comprennent la collection Zucker d'anneaux et de pierres de prière islamiques, une sculpture en bronze antique et un verre romain, et un album d'aquarelle commandé par Marie Antoinette.
Voici un aperçu des bijoux à gagner. Il va des antiquités rares et du renouveau du XIXe siècle   aux créations du XXe siècle de Marcus & Co., Raymond Yard, Boucheron et Carvin French. Esmerian a travaillé avec chacun d'eux au fil des décennies, mais était probablement mieux connu pour sa collection Art Nouveau. Beaucoup à goûter, y compris des pièces signées de Fabergé, René Lalique , Lucien Gautrait, Gabriel Falguières et Georges Fouquet.

Ce passage a été écrit par  CATHLEEN MCCARTHY  SUR SON SITE 




Voila pourquoi et comment nous avons pu mieux connaitre  ces merveilleuses pièces

Et puis tombe la nouvelle:

Selon The New York Observer, le 22 juillet 2011, Ralph Esmerian a été condamné par la justice américaine à 6 ans de prison et à une amende de 20 millions de dollars (14 millions d’euros environ) pour fraude. Il était le propriétaire de la bijouterie Fred Leighton, l’un des plus grands collectionneurs d’art populaire aux Etats-Unis et surtout l’ancien président de l’American Folk Art Museum. Mais, afin de sécuriser 217 millions de dollars de prêt destiné à acheter et exploiter son commerce, ce dernier a utilisé des garanties déjà nanties ou vendues.




[Publié à l'origine le 19 octobre 2009; mis à jour le 21 octobre 2009]
Ce mercredi 21 Octobre, le Rockefeller Center Christie mettra aux enchères ce que François Curiel appelle « une vente fabuleuse de bijoux Fred Leighton. » Le catalogue, intitulé «Rare Jewels & Objets d'Art: A Superb Collection», ne mentionne pas la connexion de Fred Leighton, mais beaucoup des trésors qui se trouvent dans le bloc sont les mêmes que ceux que nous avons vus lors de la vente de bijoux de Christie en avril 2008 - celui qui a été annulé à la dernière minute, après que le propriétaire Ralph Esmerian eut déposé une demande de protection contre le dépôt de bilan en vertu du chapitre 11, gelant les actifs de Fred Leighton.
Célèbre pour populariser les bijoux de domaine sur le tapis rouge, la marque Fred Leighton a depuis dérivé du contrôle d'Esmerian. Maintenant, bon nombre des trésors qu'Esmerian a mis en garantie, lorsque Merrill Lynch lui a prêté les millions dont il avait besoin pour acheter la chaîne, sont à nouveau vendus. Il ne semble pas y avoir de sursis de dernière minute cette fois-ci.
Pour les collectionneurs qui ont attendu patiemment que ces pièces de qualité muséale soient disponibles, la vente de cette semaine est une nouvelle passionnante. La vente comprend plus de 200 bijoux vintage d'exception avec un pedigree impressionnant - des propriétaires allant des actrices aux familles royales. «Rarement au cours de mes 40 années chez Christie's, j'ai vu une sélection aussi unique», explique Curiel, président de Christie's Europe et directeur du département international de bijoux.
Parmi les autres pièces de qualité musée à vendre aux enchères:
• le Taj Mahal du XVIIe siècle a sculpté de l'émeraude moghol, estimée entre 800 000 $ et 1 200 000 $ [MISE À JOUR: Vendu 794 500 $]
• le pendentif Sarah Bernhardt de Lalique [MISE À JOUR: vendu pour 554 400 $, sur une estimation de 400 000 à 600 000 $]
• une horloge mystère sertie de citrine et de pierres précieuses par Cartier (photo ci-dessus), estimée entre 500 000 $ et 700 000 $ [MISE À JOUR: vendue pour 530 500 $]
• la «Vénus bleue», une sculpture en saphir sculpté réalisée pour le prince Youssoupov au milieu du XVIIIe siècle, estimée entre 300 000 $ et 500 000 $ [MISE À JOUR: vendue 554 500 $]



• le célèbre pendentif «La Bretonne» de Vever
• la «Cage d'Hortense», une cage à oiseaux fantaisiste de Van Cleef & Arpels. Initialement commandée par un maharaja indien en 1935 pour servir d'aquarium à sa grenouille d'arbre de compagnie, avec une petite échelle en or, la cage a ensuite été transformée pour abriter deux tourtereaux émeraude.




Broche de l'Impératrice Eugénie

Mais il y avait surtout  au terme d'une vente annulée etc, dont vous pourrez retrouver l histoire sur le site de Cathleen:  https://thejewelryloupe.com/

la pièce la plus célèbre de la vente: la broche noeud en diamant créée pour l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Elle  avait été conservée au Louvre jusqu'en 1887, date à laquelle elle a été vendue aux enchères publiques par le gouvernement de  la Troisième République, pour finir en possession de New-Yorkaise Caroline Astor.

Et finalement, Christie's par l'intermédiaire de François Curiel a vendu cette pièce maîtresse au Louvre, la broche Impératrice Eugénie, avec la permission d'Esmerian et de Merrill Lynch.

Tout le monde était heureux. Merrill Lynch était heureux d'obtenir le double du prix estimé. Curiel, un citoyen français, était heureux de voir un joyau royal de la cour française renvoyé en France, et Esmerian, fondateur et ancien président du Musée d'art populaire américain, était heureux que la broche soit allée au Louvre.
La négociation de la vente a été compliquée, étant donné la propriété désormais douteuse des bijoux. «Le juge aurait pu tout bloquer et bloquer les choses. Après tout, la broche est hors du pays depuis 121 ans, qu'est-ce que c'était encore six mois? » Dit Curiel. "Mais nous avons réussi à le faire si rapidement, la broche s'est retrouvée au Louvre en un mois."

Nous ne reverrons peut être jamais toutes les autres magnifiques pièces qui ont été vendues à des particuliers, mais cette "faillite" nous a permis de sortir de l' ombre deux bijoux de Gabriel Falguières


Un commentaire, un complément, vous pouvez écrire ci-dessous et si vous n avez pas de compte Google, vous pouvez m'écrire directement .
richard.jeanjacques@gmail.com
Merci




lundi 24 février 2020

René Foy Joaillier et Sculpteur sur Ivoire

Il semble d'après mes recherches que René Foy soit né en 1876 à Paris et mort en 1962 à Paris à l'age de 85 ans.


Raymond Berthélémy

Il fréquenta  l'école nationale des beaux arts, ou il fut l'élève de Raymond Berthélémy (d'après Evelyne Possémé, conservatrice au musée des Arts Décoratifs). Il a exposé pour la première fois  au salon de la société des artistes français de 1898, il n'avait que 22 ans




Il est resté de lui l' image du Sculpteur artiste, alors que des 1897 comme l indique son poinçon à la garantie, il fabriqua des bijoux. Il habitait a ce moment 60 boulevard de Clichy à Paris dans un lieux étonnant et superbe: La Villa des Platanes: je vous laisse la découvrir. 




Cour intérieure de la Villa des Platanes , boulevard de Clichy près Montmartre.



1899

Cette boucle de Ceinture est de rené Foy
Bibliographie: Mourey, Gabriel. «The Art of 1899. The Paris Salons.» The Studio 17 (1899): 3-8. Illustré p. 5.



La même revendue par Maitre Millon: 
Rare boucle de ceinture Art Nouveau en argent doré 925 millièmes figurant une fleur. France, c. 1900. Signature et chiffre gravé: René Foy 29. Poinçons: tête de sanglier, France. P: 108,3 g


Dans Art et décoration en 1899

M. René Foy, qui a trouvé d'agréables motifs de boucles de ceinture, en or patiné et émaillé par endroits; la boucle au fuchsia, par exemple, est d'un joli  arrangement. Mais si ses bijoux sont louables quand ils restent dans cette modération de sujet, de matière et de couleur, il en est d'autres où le goût est moins sur, et dont les divergences de matériaux ont poussé M. Foy à exécuter quelques bijoux ou quelques bibelots d'étagères où l'on sent moins la vision de la main d'un artiste.



Autre boucle fabriquée par René Foy et exposée au salon de 1899  image numérisée sur le livre The Art of 1899 par Georges P Landow.


En 1899 un critique avait écrit:

"M. Lalique est un chercheur qui a droit à l'admiration de ses contemporains, mais, ainsi que je l'ai fait observer l'année dernière, son art précieux qui associe des réminiscences à des innovations d'un goût le plus souvent lourd, est d'un raffinement excessif. Je me garde d'ailleurs de protester contre la vogue dont M. Lalique bénéficie. Je me borne à constater que plus de simplicité ne nuirait pas à l'ingéniosité de ses compositions.
M. René Foy est moins admiré que M. Lalique et cependant il a des trouvailles heureuses. MM. Camille Gueyton et Edouard Colonna ne doivent pas, dans cette série, être passés sous silence."



Peigne créé par René Foy et exposée au salon de 1899  image numérisée sur le livre The Art of 1899 par Georges P Landow



Ce peigne étonnant était dessinée dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie mais en 1901



1899 dans le journal "La Presse"  au sujet du livre dont sont tirées les photos  ci dessus et ci-après
Mourey, Gabriel. «The Art of 1899. The Paris Salons.» The Studio 17 (1899)



René Foy, 1899 femme nue en Ivoire et or


Peigne en Ivoire sculpté par René Foy salon de 1899



1899 René Foy par le journal Le Gaulois


1899 Encrier René Foy Photo de Georges P Landow

1899 encrier bronze
George P. Landow, fondateur et webmaster actuel et rédacteur en chef de The Victorian Web , est professeur émérite d'anglais et d'histoire de l'art à l'Université Brown. (De 1999 à 2002, il a également occupé simultanément le poste de professeur Shaw d'anglais et de culture numérique (sciences comp.) À l'Université nationale de Singapour). Il est titulaire de l'AB et du PhD de l'Université de Princeton et d'une maîtrise de l'Université Brandeis et d'un AB ad Eundum de l'Université Brown.




En 1900 (dans la Chronique des Arts) René obtient une médaille d 'Or à l'exposition universelle


Boucle en Argent revendue par Sotheby's



1901 dans la revue de la bijouterie joaillerie un beau diadème de René Foy, existe t il toujours, nous aimerions tous le voir en couleur




Très originale et très belle coupe de René Foy  crée en 1901  photographiée dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie

En 1901 la revue de la Bijouterie Joaillerie ecrivit:
Nous y retrouvons l'emploi très fréquent de l'ivoire et celui des gemmes, des pierreries, des matières diverses plus ou moins précieuses, dont la valeur dépend surtout d'un emploi judicieux et dont les colorations harmonieuses ajoutent souvent tant de charme et de douceur à un bijou. L'exposition de M. René Foy témoignait d'une recherche réelle de nouveauté ; rappelons rapidement le diadème aux violettes en cornaline blanche avec des feuilles d'émail translucide aux nervures d'or ; celui aux mimosas d'or, dont le feuillage était formé de 875 émeraudes. Un troisième diadème, formé d'un paon d'émail qui s'étale sur la coiffure, faisait un peu trop songer aux Égyptiens. Un petit cachet de bureau, d'apparence bien fragile, était formé par une statuette de femme en ivoire, les bras ramenés sur la poitrine, et dont la nudité s'apercevait sous la transparence d'un vêtement d'émail translucide.
D'autres objets encore étaient fort intéressants : un pendentif de cinq fleurs de cyclamen sur une feuille d'émail, une boucle où deux naïades d'ivoire contemplent sous un saule pleureur un paysage endiamanté, des peignes avec clématites, des sautoirs, une coupe en jade ornée de vigne vierge, etc. Mais je n'aimais guère, je l'avoue, le grand éventail représentant la naissance de la perle, par Mlle Abbéma ; les branches d'ivoire sculpté et patiné personnifiaient, par des figures féminines d'un dessin et d'un arrangement insuffisants, les différentes pierres précieuses : le saphir, la turquoise, le rubis, le diamant, l'émeraude, l'améthyste, l'opale et la topaze. Des agencements ingénieux, souvent réussis, comme par exemple le collier formé par de longues traînées de lierre auxquelles sont suspendus un faune et une faunesse en ivoire se tenant par la main, méritent d'être retenus, et nous fermons volontairement les yeux sur l'exécution un peu sommaire, et sur le manque de pondération et d'harmonie de certains autres objets, en raison d'une inexpérience qu'excuse la jeunesse de leur auteur. Du reste, si nous avons été quelquefois un peu sévères — je le reconnais — 



1901 international Herald Tribune


1901 René Foy , ce collier en ivoire, or et émaux dans le livre de Henri Vever sur la bijouterie française, rappelons qu'il était sculpteur sur Ivoire




Datée de 1903 à Drouot, pas de poinçon ni de signature et pourtant, ce bijou est vraiment dans le style de René Foy. et a mon avis c'est de rené Foy.

Pendentif figurant une femme en ivoire sculpté dans un entourage en or jaune gravé de feuillages, orné de boules d'opales, l'une d'entre-elles en pampille et partiellement sertis de diamants, dans un décor de glycines. A rapprocher de René FOY: "La Fée aux glycines". Époque Art Nouveau Hauteur: 11 cm Poids brut: 44,4 g Accidents au pied Dans un écrin en forme, manque le collier

Pourtant lorsqu'on lit cet article de 1903:
1903 Revue BJO
Déjà voici M. René Foy qui m'arrête. C'est un convaincu, un fervent du style nouveau; il a quelquefois des hardiesses
hardiesses et je me souviens qu'à l'occasion il m'a estomaqué; cela ne m'empêche pas de lui rendre justice et de le louer, bien sincèrement, comme j'ai plaisir à le faire aujourd'hui.
Son pendentif : jeune femme debout, se balançant sur des tiges de vigne vierge, aux feuilles ornées de fruits, est intéressant et séduisant.
J'aime moins le pendentif: jeune fille en chemise, avec deux lys et deux grosses perles ; mais je déclare très élégante et très artistique la boucle de ceinture fleurs et feuilles d'accacia.



Christie's a revendu cette broche art Nouveau en corail blanc et émail  de René Foy
Conçue comme un visage de femme en corail blanc, avec des cheveux or texturés, rehaussée d'accents d'émail plique-à-jour vert clair, intacte, suspendant une goutte de perle d'eau douce, blanc crème , avec de fortes nuances vertes et rosées, joli lustre, monté en or 18 carats, vers 1900, avec marque de dosage française, montre des signes d'usure normale
Signé René Foy



J espère que Christie's ne m en voudra pas d' avoir voulu essayer de retrouver la couleur du bijou


Signature de René



1901 Plaque de collier étonnante, Un buste de femme en ivoire, cheveux en diamants Iris et fond émaillé. Dans la revue de la BJO




1901  revue de la BJO


 La maison Pestel de Bord a revendu ce Pendentif en or jaune 18 carats (750 millièmes) à décor d'oeillets émaillés rose, jaune et vert sur un fond d'émail translucide vert cloisonné, agrémenté de trois perles probablement fines montées en pendants. Porte le poinçon de la maison de René Foy. Modèle figurant dans le livre «The Paris salons 1895-1914» D'Alastair Duncan, éd. Antique Collectors Club, 1994, p. 264. Hauteur: 6,5 cm Poids brut: 34,3 g



Même pendentif de René Foy  mais moins "riche"




Grosse affaire qui défraya la chronique  apparemment la Diva n'avait pas tout réglé.
Le Figaro relata l'affaire
Sur la recommandation d'une amie, j'ai choisi René Foy pour exécuter la moitié des bijoux qui m'étaient nécessaires pour Théodore. Il fut convenu avec lui que la commande ne dépasserait pas 25,000, ou au plus 30,000 francs; mais, comme le bijoutier était un commerçant, je lui avançai, avant qu'il me livrât quoi que ce fût, la somme de 23,000 francs qui lui fut remise, en plusieurs acomptes, chaque samedi, pour la paye de ses ouvriers.
Quand René Foy me remit mes bijoux, le 3 janvier, je lui demandai ma note, pensant la lui payer, car je supposais qu'il restait dû peu de chose, ayant fourni presque toutes les perles et pierres, ainsi que le justifient les reçus motivés. René Foy me répondit que ma note n'était pas prête, mais qu'il voudrait bien un nouvel acompte, ce à quoi je me refusai.- Et pendant trois semaines, je demandai et redemandai ma note. Toujours même réponse « Elle n'est pas prête. » Un jour, René Foy vint me demander mes bijoux; pour les faire photographier, disait-il. Je refusai de les lui confier, et je vois que j'eus raison. Le lendemain, René Foy vint au théâtre et me dit que le bâton de nacre qui devait remplacer le bâton doré de mon sceptre était prêt. Je me servais de mon sceptre depuis 26 représentations, et je lui fis remarquer qu'il n'était guère nécessaire de le remplacer maintenant; mais je cédai aux prières du bijoutier et lui laissai emporter le sceptre;
Je vous le rapporterai dans quatre heures, me dit-il.
Vous savez, repris-je, que j'en ai besoin pour onze heures.
Soyez tranquille, madame, vous l' aurez. 
Vers huit heures, un coup de téléphone Allô allô! Qui est là? Je suis M. Citroën Je ne vous connais pas! s'exclama la jeune personne qui répondait pour moi pendant que je m'habillais. 
Je suis marchand de diamants, un des plus gros créanciers de M. Foy Je désire que l'expertise de vos bijoux soit faite devant moi.  Je fis répondre que je me souciais peu des créanciers de M. Foy, et que je ne voulais pas entrer en relation avec eux! Ce à quoi le commerçant répliqua « C'est bien Dites à Mme Sarah Bernhardt que j'ai son sceptre, et que je le garde Alors, je pris le téléphone et je me fis répéter les paroles de M. Citroën; et sans lui répondre, je fermai le téléphone.
Une demi-heure après, le téléphone m'appelait à nouveau « Madame, si vous voulez votre sceptre, il est 16, rue Drouot ». Je refermai sans rien dire, et je fis chercher mon ancien sceptre de Théodora, lequel m'a servi pendant cinq cents fois,
Le lendemain, Me Brumeaux, huissier, se présentait sceptre d'une main, papier bleu de l'autre il me remit ma note sur papier timbré. Enfin, je la voyais donc cette note tant désirée Je restais devoir, selon le compte de René Foy: 10,000 francs. Je trouvai cette note follement exagérée et dépassant les conditions.
L'aimable M. Brumeaux me dit « Donnant, donnant; voilà le sceptre contre 10,000 francs » Je fis chercher Me Brissaud, huissier, et je laissai ces messieurs arranger entre eux le différent.
Si j'écris ces lignes, c'est afin dé remettre les choses à leur plan véritable. Presque tous les journaux ont déformé la vérité; la voilà donc absolue. Les reçus datés sont là. Les témoins sont vivants et prêts à répondre à l'appel.  René Foy déclare dans sa demande de séquestre que les bijoux m'ont été livrés le 3 janvier 1902, à l'exception du sceptre. Ceci est enfantin, puisque j'ai joué dans vingt-six représentations, le-dit sceptre en main, et que c'est sur la prière de René Foy que je lui confié ce sceptre pour quelques heures. 
Il déclare encore « Attendu que par suite du refus de Mme Sarah Bernhardt de payer le solde de la susdite facture, l'exposant a exercé sur le sceptre son droit de rétention.» » Ceci encore n'est pas la vérité, puisque je n'ai jamais eu la facture, malgré mes demandes réitérées devant témoins.
Enfin, M. Foy a pensé qu'étant donnée la publicité de cette affaire, je reculerais devant le petit scandale. Il a fait erreur. J'ai été généreuse en confiant à un novice une commande aussi importante; imprévoyante en ayant foi dans sa parole. Je ne regrette rien. On a toujours raison d'avoir un peu tort.
Ce dernier trait si juste et d'une grâce si spirituelle , Sarah Bernhardt le lance dans un de ces larges sourires qui font songer à la soudaine éclosion d'une fleur éclatante, à la fois blanche et rouge. Et tout de suite elle reprend: Concevez-vous cette aventure? 11 y a quelques mois, sur les instances d'une amie et parce qu'il faut aider les jeunes, je prends M. Foix, je confie à ce débutant la commande des bijoux de Théodora, et voilà, en guise de remerciemènt, sa façon d'agir Notez que je ne demandais qu'à lui régler sa note, à ce monsieur! sa note plus qu'aux trois quarts acquittée d'ailleurs. car enfin, dix mille francs, voilà-t-il pas une affaire ?.
Mais on vient chercher l'artiste pour le trois qui commence. Au moment d'entrer en scène, elle me dit encore:
J'ai tenu, vous comprenez, à rétablir les faits pour tout le monde. Je tiens à ce que le public sache et qu'il Juge.
Nous causons maintenant à deux pas du décor une réplique encore, et Théodora va apparaître. On l'entrevoit et déjà un murmure d'attente et d'admiration monte des premiers rangs de  l'orchestre Le jugement du public, le voilà, madame!
Serge Basset.

A propos du diamantaire Mr Citroen, j ai écrit un article sur lui: 




 le Radical le 09/02/1902

Le sceptre de Théodora
On demandait hier, au tribunal des référés, la nomination d'un séquestre chargé de remporter tous les  soirs, après chaque représentation de Théodora, le sceptre sur lequel s'appuie Mme Sarah Bernhardt.
Surmonté d'une tête de lionne emblématique en cristal-de roche taillé, cet insigne est en or curieusement fouillé, représentant des figures byzantines, enrichi de perles et de diamants et rehaussé de nacre serti dans l'or. Il s'appuie sur une griffe de lion où Mme Sarah Bernhardt a fait graver son chiffre, qui lui sert de cachet.
C'est de cette oeuvre d'art, aussi curieuse que riche, qu'on demandait la mise sous séquestre. L'artiste, en effet, après l'avoir livrée sans être complètement terminée et n'ayant reçu que 23,150 francs sur le montant de ses fournitures, prétendait exercer son droit de rétention jusqu'à parfait paiement sur cet objet, qu'on lui avait rendu pour y mettre la dernière main..Mais, cependant, comme il n'entendait pas priver Mme Sarah Bernhardt du plaisir de paraître dans son rôle avec tous ses avantages, il demandait en référé la nomination d'un séquestre qui mettrait tous les soirs le sceptre en question à la disposition de l'artiste et le remporterait après chaque représentation.
Cette manière d'exercer son pouvoir n'a pas paru  à Melle Sarah  Bernhardt pouvoir se  concilier avec les prérogatives d'une illustre impératrice et ses propres droits de propriétaire d'un objet qu'elle avait commandé et qui lui avait été livré, et elle résistait à la mesure sollicitée  qu'elle qualifiait de vexatoire.
Dans ces conditions, le président des référés, M. Ditte, après avoir entendu les observations de Me Desouches, avoué de M. René Foy, et de Me Cheramy, pour Mme Sarah Bernhardt, estimant qu'il n'y avait aucune urgence à ordonner la mesure demandée,a décidé qu'il n'y avait lieu à référé.

Toute la presse était pour la Diva  Sarah



C'est pour cette pièce de théatre que René Foy avait réalisé divers bijoux pour Sarah Bernhardt




Evidemment vu la réputation de Sarh Bernhardt , le président débouta cette demande de référé



1902 critique très dure envers René Foy


Beau pendentif de René Foy cité ci dessous par le site Arnet 
René Foy (français) Titre: pendentif rare dans Form eines Pfaus, version 1900 or, émail, opale Taille:
7,2 cm (2,8 pouces)







1903 dans la Revue de la Bijouterie pendentif ivoire et émail  



Etude de Pierre Bergé: Bague large en or 18K (750) ajourée d'une course de liserons.
Signée. René Foy  Travail du début du XXe siècle.




1903

Une critique très dure et même partisane.
1903 Art et décoration
Mais que dire de M. René Foy? sinon qu'il ignore la simplicité et le bon goût, et
que ses envois s'en ressentent terriblement.
Il est triste de constater que dans cet amoncellement de vitrines, dont certaines contiennent les pièces à la douzaine, bien peu de celles-ci peuvent être défendues. La presque totalité ne sort en aucune façon de la production courante,et le visiteur est en droit de se demander pourquoi cette bijouterie soit-disant artistique est admise au Salon alors qu'elle n'aurait jamais dû sortir de l'étalage. Le Salon est-il destiné à encourager la production commerciale? Alors, c'est parfait. Mais si, comme je le crois, il n'est destiné qu'à présenter au public l'effort d'artistes consciencieux, que viennent faire ici cette bimbeloterie, ces bijoux bons souvent à orner la poitrine de sauvages, cette maroquinerie de mauvais goût?
Le danger est double. C'est en effet encourager les efforts de producteurs dont l'activité serait beaucoup mieux employée souvent
de façon différente. C'est aussi fausser le goût du public, qui, de bonne foi, croit voir dans les choses exposées, des oeuvres  hors de pair, alors que le visiteur averti n'y peut trouver, lui, que la production banale et courante d'ateliers commerciaux, sans plus.




J ai repris le texte de la Galerie Tadema de Londres

RENÉ FOY

Les vierges vestales. Une broche / pendentif classique important dans le style de l'antique

Or, ivoire peint, émail, diamant et perle


H 5,00 cm (1,97 pouces) | L 5,60 cm (2,20 pouces)


Origine France, v. 1900

Marque Signature 'René Foy' (gravée) au revers de la broche. La broche avec la marque de la tête d'aigle et les fabricants.  

case Fitted Case

Très bon état

«Les vierges vestales»

Un bijou classique important dans le style de l'antique par le joaillier parisien Art Nouveau René Foy.

Colonade semi-circulaire de colonnes ioniques. Entre les chapiteaux, des guirlandes florales émaillées. Le motif central est celui des Vierges Vestales qui dansent autour de la flamme sacrée soutenue par une demi-colonne.

Un bijou extraordinaire de René Foy dont la contribution à l'Exposition internationale de Paris 1900 a été très appréciée.

Le raccord de broche peut être dévissé pour permettre les boucles de suspension articulées 



Cette broche nous permet de vérifier une fois encore la signature de René Foy

Littérature

Jewels & Jewellery, Clare Phillips, Thames & Hudson / V&A, illustré Art Nouveau à Paris et Bruxelles p.112

Bijoux Art Nouveau, Vivienne Becker, 1985, p. 219, pl. 119. The Paris Salons 1895-1914, Jewellery, Alastair Duncan, 1994, Vol 1, The Designers A-K, p. 264-270

La Belle Epoque de la joaillerie française 1850-1910, Thomas Heneage & Co Ltd, 1990, p. 231-233

Maintenant, ce bijou de la Tadéma Gallery à Londres, se trouve  dans la collection du Victoria & Albert Museum,

Donné par Sonya à la mémoire de David Newell-Smith decedé il y a peu. il était un grand photographe, mais aimait la Joaillerie que Sonia vendait.
https://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2017/jul/22/david-newell-smith-the-art-of-the-newspaper-photographer





Ci dessous commentaire du Victoria & Albert Muséum
En 1901, le correspondant parisien du magazine The Lady's Realm décrit René Foy comme «un exposant régulier aux Salons, son travail mérite toujours une mention spéciale». Des photographies de bijoux qu'il exposa aux Salons de Paris entre 1899 et 1903, et des œuvres exposées à l'Exposition Universelle de Paris en 1900 subsistent (dont un collier illustré dans l'histoire en trois volumes de Vever `` Bijoux français du XIXe siècle ''). Ceux-ci indiquent que, bien que maintenant peu connu, il était une présence notable dans les bijoux français au tournant du siècle, exposant des travaux de style art nouveau en or émaillé et ivoire sculpté. Il a également conçu pour la scène, imaginant des bijoux et autres articles pour l'actrice Sarah Bernhardt dans le rôle-titre de la pièce de Victorien Sardou, Théodora, dans sa renaissance en 1902 au Théâtre Sarah Bernhardt à Paris. 
 Selon John N. Raphael dans son article Les Bijoutiers-Poètes de Paris "René Lalique, Foy, Fouquet et Vever, et quelques autres peuvent être considérés comme les pionniers de la renaissance de la joaillerie". Il est dépeint comme une figure flamboyante faisant la promotion des bijoux en tant qu'art et s'oppose bruyamment aux bijoux sertis de pierres précieuses plus conventionnelles. La date exacte de cette broche est inconnue bien qu'un peigne en ivoire avec une sculpture similaire soit inclus dans une photographie de l'exposition de Foy au Salon de 1899.



La Belle Otéro

Sa réponse à l'apparition de La Belle Otéro aux Folies Bergère dans son corselet de diamant est enregistrée comme «barbare, non raffinée, non moderne, inesthétique!»; tandis que l'auteur signale son `` dégoût des cris de rubis, d'émeraudes et de diamants qui font le comptoir Hatton Garden d'une femme, au lieu, comme elle devrait l'être, d'une photo dont les bijoux sont le cadre et la mise en valeur ''.




René Foy , toujours avec l utilisation de l'ivoire et l émail

1902 revue BJO  vever
Que ce soit dans l'un ou dans l'autre Salon — qui semblent aujourd'hui bien près de fusionner, tellement entre eux la similitude est grande — le public s'intéresse très sérieusement aux choses de nos industries. Il entre maintenant dans ses moeurs de connaître les noms des artistes, leur genre, leur note personnelle; il recherche certaines vitrines et disserte parfois fort judicieusement sur les progrès réalisés. C'est ainsi que l'on peut entendre des conversations très instructives devant les oeuvres, plus particulièrement charmantes cette année, de M. Lucien Gaillard, de M. Georges Fouquet, de M. Feuillâtre, l'émailleur ; de MM. Joe Descomps, Falguières, Becker, Bonny, Mangeant, Thesmar, Jacquin, Vernier, Hirtz, Grandhomme, Tourrette et de tant d'autres qui seraient également à citer.
M. Dubret expose la plaque de collier avec sirène dont il avait présenté l'intéressante maquette l'année dernière. M. Charles Boutet de Monvel est très en progrès. M. René Foy a envoyé des dentelles et très peu de bijoux, pour ainsi dire en manière de carte de visite. M. de Ribaucourt, lauréat du 1er prix au concours de dessinateurs organisé récemment par la Chambre syndicale, présente des oeuvres délicates et raffinées. Les émaux exécutés par M. Alexandre Riquet, d'après les dessins de Bracquemond, ont un réel succès.
En somme, le progrès de l'art du bijoutier, de l'orfèvre et de l'émailleur est certain. On sent que les oeuvres exposées ont été plus étudiées, mieux réfléchies ; elles révèlent plus de sagesse et de pondération et font espérer que bientôt les excentricités — il y en aura toujours — n'existeront plus qu'à l'état exceptionnel.



1903 la Vigne Vierge or et émail revue BJO



1904  j ai trouvé sa faillite dans le journal "Le Rappel" ce qui expliquerait sa carrière de Joaillier assez courte,  c'est bien son adresse, proche de l avenue Malesherbes et du parc Monceau. A cette époque une faillite c'était le déshonneur, on ne pouvait plus s'installer




Une sombre affaire en 1904 relatée par le Journal Gil Blas


Commentaire du "Mois Littéraire" en 1907

Sa faillite explique peut être que  ses pièces soient fabriquées en collaboration avec la maison Nunès


En revanche en 1911, il est domicilié chez MM Spaulding et Cie  36 avenue de l'Opéra  et ses bijoux sont indiqués comme appartenant à la maison Gorham  Company de New York





René Foy qui avait  exposé  au salon des artistes français de 1901-1902-1903-1907 exposa une derniere fois en 1911, il avait 35 ans



1925, De retour


1926 dans le journal Comoédia




David Felix Foy était Né le 6 novembre 1850 à Bordeaux, 33063, Gironde,
Banquier il était le père de René et Paul Foy il s'était marié le 20 janvier 1876,
Paris-IXème, 75109, Paris avec Eugènie Léa Jeanne MAYRARGUES 1858-1932
Certainement en vue de la naissance de René Foy, Jeanne Mayrargues avait
18 ans.

Paul émile Foy était le frère benjamin de René Foy, né en 1879 il est décédé en 1970

  Isaac Louis René Foy  qui était né le 21-11-1876 décède le 22 avril 1962  a Paris, il avait 85 ans

Un grand regret, peu d'oeuvres de lui sont sur le marché.

Commentaire ci-dessous, ou m'ecrire: richard.jeanjacques@gmail.com