mercredi 22 septembre 2021

La Garantie des métaux précieux et quelques petites choses qui permettent de mieux la comprendre

 Une question qui vient de m'être posée : Voici une croix qu'un bijoutier m'a dit être en or 18K, mais je ne sais pas comment il est arrivé à cette conclusion?


Toutes les photos et les tableaux peuvent ètre agrandis si vous cliquez dessus

Je vais y répondre, non sans essayer de vous expliquer le pourquoi de certain poinçons ou marques français. Tout d'abord un peu d'histoire.
Les privilèges des orfèvres parisiens avaient été institués dès l'an 768,  mais ce n'étaient que des privilèges.
Plus tard , au début du XIII eme siècle l'orfèvrerie suivant le penchant général des arts a se séculariser, c'est à dire  le  passage de certaines valeurs du domaine du sacré dans le domaine du profane, se libère de la tutelle de l église  pour se répandre  dans les palais des seigneurs  ou dans les demeures bourgeoises.



Les orfèvres, les maîtres et compagnons tenaient boutique sur le "Pont aux changes" à Paris et petit à petit habitaient tous dans les étages qu ils construisirent au dessus de leurs échoppes.
Même si cette corporation était unie spirituellement par le culte de Saint Eloi et de ses reliques, certains trichaient sur la valeur du métal et il devint important de réprimer les fraudes.
La corporation etait régie par des Maîtres jurés et des prudhommes ( Homme dont la sagesse, la probité, l'expérience sont reconnues de tous; homme valeureux, loyal) il fallait instituer une réglementation.


Philippe III le Hardi, fils du Roi Saint Louis

Si d'autres avant lui avaient pris quelques décisions en matière de garantie du titre de l argent , il semble que ce soit une ordonnance prise par Philippe le Hardi  du 20 décembre 1275  qui prescrivit à chaque communauté d'Orfèvres d'avoir son poinçon propre, qu'elle était tenue d insculper sur chaque ouvrage en argent.

Il faut encore remonter au Livre des Métiers pour avoir la première évaluation officielle des titres des ouvrages d’or et d’argent. Ils étaient fixés de la manière suivante : 
Les objets d’or devaient être à « la touche de Paris », c’est-à-dire, d’après les estimations anciennes, 19 carats I quint, soit environ 800 millièmes. Les objets d’ argent devaient être aussi bons"qu’esterlings" ou meilleurs, c’est-à-dire qu'ils devaient être au titre de II deniers, soit environ 917 millièmes.
Philippe le Hardi étendit l’obligation du titre de l’argent à toute la France, tout en l’élevant à 11 deniers 12 grains, soit environ 958 millièmes (c’est par cette ordonnance de 1275- qu’il créa le poinçon de la communauté). Il convient de noter ici qu’à la différence des prescriptions législatives, les ordonnances
royales s’appliquaient, en principe, à la France entière.



Gisant de Philippe Le Bel

Philippe le Bel, successeur de Philippe le Hardi, ne semble pas, lui non plus, avoir fixé un titre légal de l’or, alors qu’il mentionne à nouveau le titre de l’argent (11 deniers 12 grains) dans une ordonnance de 1313.
Il faut attendre le règne de Jean II le Bon, par une ordonnance du 10 août 1355 (celle qui prescrivit, pour la première fois, l’apposition du poinçon de maître), l’or allait connaître sa première réglementation royale. Cette ordonnance fixe le titre de l’or à 19 carats 1 quint. Donc, contrairement à
ce qui s’était produit pour les ouvrages d’argent, le titre des objets d’or n’a pas varié depuis l’époque d’Etienne Boileau.
Jusqu’à cette ordonnance, seul par conséquent, le titre des ouvrages d’argent avait subi une modification. Au contraire, l’examen de diverses ordonnances royales qui suivent les prescriptions de Jean le Bon établit que le titre de l’argent, fixé à 11 deniers 12 grains par Philippe 
le Hardi, ne variera plus sensiblement, alors que le pourcentage d’or des alliages servant à la bijouterie, joaillerie sera constamment augmenté.

La législation sur l’argent a toujours précédé, au cours de cette période, celle concernant les ouvrages en or, alors que l’on assisterait plus volontiers de nos jours à la tendance contraire. Ainsi, c’est pour l’argent d’abord que l’on vit apparaître la notion de tolérance dans une ordonnance de Charles V (2 mars 1378).
La tolérance ou remède  (comme on disait à l’époque) consistait en ceci : une pièce d’orfèvrerie ou un bijou terminé pouvait, par le fait de certaines  difficultés de fabrication, contenir un pourcentage légèrement supérieur au taux légal de vil métal. En outre, il fallait prévoir certaines variations, si minimes soient-elles, dans les appréciations des essayeurs. Aussi toléra t-on une petite différence dans le titre des ouvrages présentés au contrôle.

Ce sont les corporations qui régissaient les règles du métier, il fallait inspecter les orfèvres, verifier les titres (le bon aloi) des bijoux le tout organisé en Jurandes
Sous l'Ancien Régime, on appelait jurande un corps de métier constitué par le serment mutuel que se prêtaient, chaque année dans la plupart des cas, les maîtres : serment d'observer les règlements, mais aussi serment de solidarité et de morale professionnelle. La charge de juré était conférée par élection à un ou plusieurs membres d'une corporation, choisis pour la représenter et défendre ses intérêts. Ils devaient aussi veiller à l'application du règlement intérieur.

À compter de la période correspondant au règne de Saint-Louis, les jurés étaient en quelque sorte les gardes du métier, les inspecteurs du travail et les protecteurs du personnel ouvrier. Du serment prêté par tous les membres d'une corporation dérivent les mots « juré » et « jurande ».

Les jurandes ont été supprimées par Turgot par un édit de février 1776, abrogé en août 1776. Elles ont été définitivement supprimées comme les autres corporations par le décret d'Allarde des 2 et 17 mars 1791, confirmé par la loi Le Chapelier du 14 juin 1791.

Mais je reviens un peu en arrière pour tenter d'expliquer le systeme qui précéda la révolution, finalement , il permettait de donner avec précision le fabricant, la date, l' endroit, du bijou ou de la pièce d'orfèvrerie.

L'idée d”établir un impôt sur les objets d'or et d,argent semble bien remonter à un édit publié par Henri III et daté de septembre 1579. Devant la résistance des orfèvres et du Parlement, l`édit ne fut sans doute pas appliqué. La Couronne tenta à plusieurs reprises par la suite, en 1632 et en 1642, de rétablir une
taxe sur les métaux précieux; des poinçons furent alors créés mais ils ne durent pas, en fait, être utilisés. En effet, les orfèvres s'en tirèrent en versant chaque fois au Trésor une somme forfaitaire, d”ailleurs importante. Cependant, le droit de marque fut définitivement institué par Louis XIV en 1672. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, c'est à la ferme générale que fut confié, sauf pour une courte interruption de 1709 à 1711 environ, le soin de recouvrer ce droit de marque comme d'ailleurs les autres impôts indirects. Dans la première moitié du XVIII eme , la ferme sous-afferma en bloc le recouvrement du droit de marque à un sous-fermier qui le percevait directement. La sous-ferme fut supprimée en 1756. En 1774, on institua une régie, promue régie générale en 1780.
Le poinçon de marque comprend en fait deux poinçons distincts : le poinçon de charge et celui de décharge.



Le poinçon de charge est, de 1672 à 1789, à Paris, un  "A"  d'abord surmonté et accosté de fleurs de lis, puis, à partir de 1704, accompagné d'une couronne royale. Chaque fois qu'un nouveau fermier des droits de marque d'or et d”argent entre en fonctions, il peut, s'il le désire, faire établir un nouveau. poinçon de marque, différent dans son graphisme de celui de son prédécesseur qui est alors détruit; 
A côté du poinçon "A "utilisé pour les gros et moyens ouvrages d'argent, on trouve, pour les petits ouvrages d'or ou d'argent, des emblèmes arbitrairement choisis. Le poinçon de décharge est toujours un emblème ou un signe, différent suivant qu'il s'agit de gros ou de petits ouvrages d'or ou d'argent.




Ainsi donc, avec la lettre et la marque du fermier général, vous pouvez dater la pièce. reste le poinçon de Maître



Par Exemple le 143 correspond à  DURIER, Nicolas  qui fut reçu Maitre en 1758 et décéda en 1788 et le N° 345 correspond à Pierre Etienne Claude MOZAC reçu maitre en 1777 décédé en 1793

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La Royauté à disparu, la révolution prend place il lui faut du temps pour appliquer ses réformes et elle abolit les corporationsen 1791.
Mais elle oublie de présenter de nouvelles règles.
Les fraudes se multiplient  et l'état ne perçoit plus de droits, il faut réagir, réformer,  la loi du 19 brumaire de l'an VI de la révolution (9 novembre 1797) met en place une législation sur  les titres, les poinçons,  les droits évidemment, et le nombre et l'emplacement des bureaux de la "Garantie".
Désormais , plus de jurande, de corporations, ce sont les bureaux de garantie  qui insculpent les poinçons officiels une fois que le Maître d'ouvrage a apposé son poinçon de Maître.
Les poinçons contenant le LIS disparaissent , et les nouveaux poinçons  seront définis extérieurement dans un losange.


Dans ce résumé , tout est dit


Extrait du livre de "Douet"  à la Bibliothèque nationale

Ainsi en 1806, Mr Douet, va établir la liste des fabricants et leurs nouveaux poinçons, nous permettant ainsi de retrouver tous les poinçons créés après la Révolution.

Je possede un livre "Le traité de la garantie des matières d'ouvrages d'Or et d'Argent "  par Mr Raibaud en 1825, qui nous permet de mieux comprendre l histoire des divers poinçons d'une pièce.




Voici le "Tableau des poinçons des communautés d'Orfevres d'apres les planches de 1786.
Tels que je les ai scannés ils  sont facilement imprimables



Suite du tableau, puis en bas les "Poinçons en usage avant l'abolition de tous les impots indirects" qui eut lieu en 1791



Le Tableau des poinçons  qui en l'an VI remplacent ceux des communautés d'Orfèvres



Nouveaux poinçons fabriqués le XI prairial an XI (31 mai 1803)



Tableau des poinçons fabriqués selon l'ordonnance Royale du 22 octobre 1817



Tableau des petits poinçons divisionnaire  d'après l ordonnance du 22 octobre 1817



Utilisée dans le cadre de la garantie des métaux, la bigorne apparaît le 22 octobre 1817. Cette petite enclume en acier, appelée aussi poinçon de « contremarque » tire son nom du latin bicornis (à deux cornes). Elle est destinée à faire contrecoup lors de la frappe du poinçon sur les objets. C'est le texte officiel de la Douane, ce texte dit 1817, mes livres disent 1818. Ci-dessus le Tableau des signes qui couvrent la surface des poinçons, bigornes et de contre marque fabriqués a partir de l ordonnance du 1 er juillet 1818.



Et c'est ainsi que je reviens à la contremarque qui figure sur ce bijou, c'est donc bien un bijou français.

Bigornes. -- Créées par décret du 30 juin 1835, mises en service le 9 mai 1838, retouchées en décembre 1846.
Afin de prévenir et de détecter la fraude aux objets d'argent poinçonnés, les autorités françaises ont institué, par ordonnance du 1er juillet 1818, un système de contremarques au revers du poinçon de garantie. Ces contremarques sont appelées « bigornes ».
Les poinçons de garantie français sont frappés sur les ouvrages placés sur une bigorne gravée, de sorte que ceux-ci reçoivent sur la contre-partie opposée une contremarque ayant autant d'intérêt au point de vue de la recherche des fraudes que la marque elle-même.
La surface des enclumes est couverte de gravures variées et très fines s'imprimant par contre-coup au revers de l'ouvrage.
Les insectes sont gravés en relief et assemblés par famille dans des bandes séparées par des listels.
Il y a trois bigornes : la grosse, la moyenne et la petite, cette dernière portant deux branches, 1'une arrondie, l'autre méplate.
La grosse bigorne porte 16 bandes, la moyenne 13 bandes, la petite, corne ronde, 17 bandes, la petite, corne méplate, 21 bandes.
Les insectes dans chaque bande ne varient que par {l'entrecroisement des pattes et des antennes, ils sont représentés de profil sur les bigornes de Paris et sur la face dorsale sur celles des départements.
Les listels séparant les bandes d'insectes sont creux, sauf pour la moyenne bigorne et la corne ronde de la petite bigorne où les surfaces sont couvertes de points, ceci afin de soutenir les ouvrages très minces au moment du poinçonnage et éviter ainsi que le poinçon ne soit apparent que sur les surfaces reposant sur les insectes.
La corne méplate de la petite bigorne du bureau de Paris porte réparties sur les listels les lettres: C.O.N.T.R.E. M.B.U.R.E.A.U.D.E.P.A.B.I.S., tandis que ceux de la corne ronde de la _même bigorne portent les lettres G.A.B.  B.U_.R.E.A.U.D.E.P.A.B.I.S.

Le terme bigorne signifie littéralement enclume à deux cornes ou enclume à deux becs et fait référence à la forme des extrémités saillantes de l'enclume. Chaque enclume a deux zones de frappe, une plate et une de forme arrondie. La corne arrondie servait à marquer les couverts et la corne plate servait à marquer les couverts.


Avec l aimable autorisation de  silvercollection.it  http://www.silvercollection.it/DICTIONARYBIGORNE.html



Musée de la Douane

BIGORNES INTRODUITES PAR ORDONNANCE DU 1ER JUILLET 1818 ET UTILISÉES D'AOUT 1819 À MAI 1838.
Il existe trois tailles de marques de bigorne, ayant des insectes disposés au hasard sur un fond uni, à l'exception de la petite bigorne qui avait à la fois une extrémité arrondie et une extrémité plate.

1. La grande bigorne à corne sur laquelle sont gravés les six insectes différents à l'intérieur de divers cadres (triangle, pentagone, parallélogramme dentelé, losange, etc.).

2. La bigorne de taille moyenne avec une corne portant des insectes gravés, mais pas autant que sur la grande bigorne. Les deux bigornes sont les mêmes pour Paris que pour les Provinces.






Avec l aimable autorisation de  silvercollection.it  http://www.silvercollection.it/DICTIONARYBIGORNE.html

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3. La petite bigorne à deux cornes, l'une plate et l'autre arrondie, portant des triangles et des losanges gravés avec des dessins et des lettres linéaires.


BIGORNES INSTITUÉ PAR UN ARRÊT DU 30 JUIN 1835, MISE EN SERVICE LE 9 MAI 1838 (MODIFIÉ EN DÉCEMBRE 1846)


Avec l aimable autorisation de  silvercollection.it  http://www.silvercollection.it/DICTIONARYBIGORNE.html

Ce système est encore plus sophistiqué que le précédent, car les insectes sont gravés alignés en relief et séparés par des bordures parallèles moulées en zigzag. Cette série se distinguait en outre par une série pour Paris et une autre pour les Provinces.

La surface de l'enclume est recouverte de gravures variées et finement dessinées de divers insectes qui marquent la face inférieure de l'objet en argent ou or lorsqu'il est frappé sur la face supérieure du poinçon de garantie. L'essayeur a placé l'article sur la corne de l'enclume, puis a placé le poinçon Minerva (ou autre) sur l'article et a frappé le poinçon  avec un maillet. Grâce à la force de la frappe, les deux marques ont été créées simultanément. Pour cette raison, une marque bigorne se trouvera en face de la marque de garantie. Les matrices bigorne sont si complexes que deux frappes similaires n'ont pu être obtenues.
Il existe trois types de bigorne utilisés selon la taille de l'objet : grand (16 bandes), moyen (13 bandes) et petit (21 bandes). La corne arrondie et la corne plate sont utilisées en fonction de la forme de l'article à marquer.
Pour Paris les insectes sont représentés de profil :Les bordures séparant les bandes d'insectes sont creuses sauf sur la bigorne de taille moyenne et sur la corne arrondie de la petite bigorne. Dans ces cas, les minuscules rainures sont couvertes de points ; ceux-ci servent de support au marquage d'articles très minces et évitent également que les marques n'apparaissent que sur les surfaces reposant sur les insectes.

L'article 185 de l'annexe III du code général des impôts (qui a introduit les bigornes gravées d'insectes en usage à partir de 1838) a été officiellement abrogé le 16 juillet 1984 par l'article 9 du décret n° 84-623. reposant sur les insectes.
(avec la permission de Robert Massart/ASCAS)







Ordonnance du 30 juin 1835
Poinçons de recense de 1838 (Girafe et Dogue) appliqués gratuitement lors du changement du type de poinçons, du 17 mai au 1" octobre 1838 et sans vérification du titre sur les ouvrages déjà légalement marqués soit des poinçons de recense de 1819_ ou des poinçons en usage du 1' août 1819 au 9 mai 1838. Les ouvrages portant d'autres marques ou ceux dont les poinçons sont effacés sont ou marqués des nouveaux poinçons et repayent les droits d'essai, ou sont brisés.




Ces poinçons "Tête de médecin grec"  ont été mis en service le 10 mai 1838, pour Paris,  dans les départements  le différent se trouve sous le menton pour le 1 er titre, derrière la tête pour les 2 eme et troisième titres
Ce qui vous permet de localiser les pièces comportant ce poinçon. Ces poinçons ne sont plus en usage depuis le 1er juillet 1919, remplacés par les poinçons tête d'aigle.




Il y eut des différents pour reconnaitre les bureaux de contrôle français et c'est très important, par exemple dans les plumes de la tête d'aigle (il faut un fort grossissement pour la trouver) il y a une lettre,
par exemple pour Paris  un Alpha grec, ou pour Rouen qui fut longtemps la 2 eme ville de France, un Béta couché.



Ceci apres la suppression de 91 villes,  voici la liste des différents bureaux de la garantie française

C'est important car selon le bijou, c'est un élément d'expertise, car si la lettre dans la tête d'aigle est un Bêta, et que le poinçon de maitre est de Nice, il y a problème.

Autre sujet: Frapper un poinçon de Maître sur un poinçon de Maitre existant, j ai connu cela deux fois en expertise,  deux recéleurs différents, qui sur-insculpaient leur propre poinçon sur celui du réel fabricant. Grace au labo de la douane , il a été possible de voir la premiere insculpation, de plus c'étaient de beaux bijoux que les interessés n auraient pu fabriquer. 

Une autre grande fraude:  L 'ENTURE: 

C'est l'opération qui consiste à détacher d'un objet une empreinte de garantie (un poinçon par exemple) sur un ouvrage, pour la ressouder sur un autre ouvrage  Ceci pour tromper le client, ou ne pas payer de droits de garantie. Cela tombe sous le coup de l article 141 du code pénal et 526+1760 du CGI.




Sur un bijou que des fraudeurs voulaient faire attribuer à Suzanne Belperron, ils avaient découpé un endroit pour souder un poinçon de Gröene et Darde les fabricants de Suzanne , mais un expert comme Olivier Baroin ne pouvait se laisser surprendre



Sur cette photo on voit parfaitement l enture mais celui qui l' a faite, n'a pas réfléchi où et comment et avec quelle soudure l intégrer, c'est une fraude grossiere.
Mais  aussi une bague qui n'est pas au titre peut se voir affubler d un poinçon à 750/1000° alors que ce n'est que du 375 ou 565/1000°




Fourrer une pièce de bijouterie: par exemple un bracelet jonc creux pour le faire paraitre plein.
Cela peut provenir de plusieurs pays du monde , mais c'est surtout une fraude en provenance d 'Afrique.




L enveloppe extérieure du bracelet est un tube creux en or, il suffit d introduire un jonc massif en cuivre,  puis de repasser le tout dans une filière pour bien assembler les deux matières, il ne reste plus qu'à mettre en forme et à souder en jonc rigide avec ou sans fermoir.
C'est une fraude difficile à détecter, un vrai professionnel doit s'en apercevoir en le soupesant avec  la main et  la densité lui paraîtra bizarre
Ce sont des objets qu' on peut trouver partout mais souvent dans des crédits municipaux où le personnel n'est pas assez formé et comme de toutes façons ,les crédits municipaux ne prêtent pas grand chose sur les bijoux!!!!
Il m' est même arrivé en tant qu' expert judiciaire, au cours d' une perquisition douanière dans un crédit municipal de découvrir plusieurs bijoux pour lesquels on avait consenti un prêt sur la base d or à 750/1000° et qui étaient en très bon plaqué or..
 
Juste quelques exemples, car je  ne vais pas indiquer comment mieux frauder !




Voici le plus beau  et le plus grand de nos poinçons français que l on peut trouver sur des montres anciennes "La Chimère" Poinçon pour l horlogerie importée, département et Paris (suivant découpage) qui garantissait le 750/1000) pour l or , il a été supprimé en 1893.




le Poinçon de retour, "tête de lièvre" s' applique depuis 1888 aux ouvrages destinés à l'exportation  et devait se trouver à coté des poinçons d'exportation, ce poinçon indiquait que les droits de garantie n'avaient pas été réglés.


Poinçon E.T. dans un carré, pour les ouvrages de collection anciens à bas titre, ou vendus par les monts de piété.(crédits municipaux)



Ce poinçon est appliqué après oblitération des poinçons de l'intérieur. (par exemple les poinçons Suisses à l intérieur des boitiers)
Ces ouvrages ne peuvent être vendus en France que s'ils portent le poinçon de retour "Tête de lièvre" indiquant que les droits de controle ont bien été perçus au retour  puisque la perception des droits avait été suspendue en vue de l'export.

Alors de tous ces poinçons passés, après la loi de 1994,  il en reste quelques uns



Ces poinçons sont en règle actuellement


Les poinçons en service actuellement

 Une loi du 1er  juillet 1983 adapta la réglementation de la Garantie aux nouvelles méthodes de fabrication et de commercialisation en autorisant la production d”ouvrages mixtes (or-acier)   La qualité du plaqué or français se voit  reconnue par un poinçon carré spécifique. Le vermeil reçoit une définition officielle.
 En 1993, les services de la Garantie, qui dépendaient  jusqu'alors de la Direction générale des impôts, sont rattachés à la Direction générale des douanes.  Avec l' Europe il fallait moins de douaniers puisque les frontières étaient supprimées , donc pour employer  les douaniers ils furent reparties dans différents services dont la garantie.

 Pour répondre aux exigences de l'harmonisation européenne, la loi du 4 janvier 1994 modifie à nouveau la législation. Tout en maintenant la tradition des ouvrages à hauts titres, elle autorise la fabrication et la commercialisation d'ouvrages en alliage d'or 375 et 585 millièmes jusqu'alors interdits. 
Et nouveauté très important, la loi permet, en outre, aux entreprises d'être habilitées à détenir et à apposer elles-mêmes le poinçon de titre à condition de respecter un cahier des charges extrêmement rigoureux. 
Enfin, elle pose le principe de la reconnaissance des poinçons de titre des Etats membres de l'Union européenne ayant un système officiel de Garantie. 



Cette réforme ne s'est pas passée sans divers problèmes, et je dois dire qu une grève très dure des personnels de la garantie a facilité l'obtention de poinçonner nous mêmes. 

C' est ainsi qu'une reconnaisance réciproque des poinçons de France et desPays-Bas intervient en 1996. Tous les ouvrages d'or ou contenant de l`or, de l'argent ou du platine, commercialisés en France, doivent être conformes aux titres prescrits par la loi. Pour vérifier le respect de cette obligation, tous les ouvrages, à l'exception de ceux fabriqués par une entreprise bénéficiant de la délégation de poinçon, doivent être présentés dans l'un des 27 bureaux de Garantie (24 pour la France métropolitaine et 3 pour l'outre-mer) pour y être «essayés» et recevoir le poinçon de titre correspondant à la nature de l'alliage : tête de minerve pour l'argent, tête d`aigle pour l'or 750 millièmes, tête de chien pour le platine. Ces poinçons étaient à l'origine réservés aux ouvrages de fabrication nationale. Mais, à partir de 1990, ils sont également apposés sur les ouvrages d'importation. Les poinçons de titre spécifiques  aux ouvrages d'importation ont donc été supprimés. Tous les ouvrages commercialisés en France doivent ainsi être revêtus d'au moins deux poinçons : le poinçon de responsabilité ou poinçon de maître de forme losangée pour les ouvrages de fabrication nationale ou européenne, et de forme ovale pour les ouvrages importés, ainsi que le poinçon de titre. 



Declaration de demande de poinçon d'importation


C'est ainsi que désirant acheter de la chaine au mêtre de grande qualité fabriquée en Italie pour complèter mes fabrications, je fus amené à demander un poinçon d importation qui reprenait mon poinçon de maître, mais dans un ovale, au lieu d un losange.

D'autres poinçons ou indications peuvent éventuellement être insculpés :, marque du joaillier, numéro de l'ouvrage pour la haute joaillerie. Cette procédure rigoureuse de vérification du titre par un organisme indépendant, avant toute commercíalisation des ouvrages, existe aussi dans d'autres pays, comme la Grande Bretagne, les Pays-Bas, le Portugal. En revanche, ni l”Allemagne ni l'ltalie ne connaissent de tels systèmes, les ouvrages sont commercialisés sous la seule responsabilité du fabricant. 
Ainsi, la tenue - obligatoire - du livre de police a été progressivement adaptée pour tenir compte de l'nformatisation des comptabilités. L'insculpation des poinçons devra peut-être, dans l'avenir, recourir à des techniques modernes comme celle du laser. C.B.

Et puis la retaite arrive et vous devez rendre les poinçons qui vous permettaient de poinçonner vous même . Vous ne pouvez les garder en souvenir.



Une remarque, un document pour complèter, ecrivez moi: richard.jeanjacques@gmail.com


dimanche 12 septembre 2021

Paul Follot: Quand un architecte décorateur dessine des bijoux.

 

Paul Follot en 1927

Peut être aurais je dû associer mon article sur Paul Follot a celui écrit sur Maurice Dufrêne

https://www.richardjeanjacques.com/2021/06/maurice-dufrene-lhomme-aux-talents.html

Ils n'ont qu 'un an de différence et une carrière proche,  en particulier lorsque tous deux ont travaillé pour la maison moderne de  Julius Meier-Graefe aux côtés d’Henry Van de Velde, Maurice Biais ou Maurice Dufrêne. 

Paul Follot, travaille pour La Maison moderne, une galerie fondée en 1899 par le critique d’art, d’origine allemande, Julius Meier-Graefe. Cette boutique dans le vent devait faire concurrence à la mythique Maison de l’art nouveau, ouverte à Paris en décembre 1895 par son compatriote Samuel Bing, qui avait défendu les créations de Tiffany ou encore celles de Georges de Feure. Dans sa galerie, Meier-Graefe montrait une autre voie possible pour cette expression nouvelle basée sur des formes organiques, différente de celle de Guimard ou de l’école de Nancy.



Je suis surpris  que certains dont,  Archive.org  datent la publication de ces documents en  1895, Paul Follot aurait eu 18 ans ? Etant donné qu' il était né en 1877. je crois que c'est plutôt entre 1901 et 1903 qu il a réalisé cet ouvrage.



Il avait baigné dans un milieu artistique , car il était le fils de Félix Follot, et Paul  fut l'élève d'Eugene Grasset:  https://www.richardjeanjacques.com/2015/12/eugene-grasset-graveur-decorateur.html

Félix Follot  Né le 16 décembre 1837 • Décédé le 6 octobre 1909 , à l'âge de 71 ans
Fabricant de papiers veloutés. Président d'Honneur de la Société d'Encouragement des Arts et de l'Industrie. Co-Rédacteur avec H. Clouzot, une "Histoire du Papier Peint en France".
La soeur de Paul Follot: Marthe épousa Roger Sandoz. 
Vincent Bolloré le papetier,  est un descendant du frère de Paul  Frédéric: Leon Charles Follot.


Dès 1901,Paul  se détourne du naturalisme de l’art nouveau ,
il va travailler pour la galerie La Maison Moderne (de Julius Meier-Graefe), pour laquelle il réalise des dessins de bijoux et de tapisseries. 



La Maison Moderne fut fondée en 1898 par Julius Meier-Graefe, écrivain allemand important et critique d'art, qui fonda également la revue Pan, un journal d'arts décoratifs basé à Munich. Elle était située prés de la place Vendôme, à l'angle de la rue de la Paix et de la rue des Petits Champs. Son affiche évocatrice était composée d'une silhouette de femme stricte sur fond d'objets de style moderne, parée de bijoux très avant-garde , son auteur, Manuel Orazzi lui avait donné la qualité obsédante d'un Klimt. Les autres artistes principaux ayant travaillé pour la Maison Moderne sont Maurice Dufrène, Clément Mere, Paul Follot, Henri Van de Velde et Lucien Gaillard. Lorsque Samuel Bing se mit à coordonner ses dessins pour s'adapter au goût français et à donner une uniformité à tous ses objets, il recommanda beaucoup des artistes étrangers qu'il avait fait travailler auparavant à la Maison Moderne. Hélas, les deux maisons subirent le méme sort. Le désastre financier contraignit Meier-Graefe à fermer ses portes en 1903.

Après avoir cofondé le groupe d’artistes "L’art dans Tout" en 1903, sa carrière de décorateur prend de l’ampleur lorsqu’il se met à son compte en 1904.


Rien de très précis pour les pièces d Orfèvrerie de Bijouterie, d'horlogerie sauf cette pendule, car elle est publiée dans la revue "L'Art Appliqué" en 1903.
En revanche dans le livre: Documents sur l'Art Industriel"




Nous sommes sûr de la date des bijoux car le livre date de 1901, voici des photos du livre ci-dessous.












Ce bijou est attribué à Paul Follot en 1902-1903


Je publie ses planches d'orfèvrerie et de bijouterie joaillerie, je n ai trouvé que peu de bijoux exécutés qui soient parvenus jusqu'à nous, certains pourtant existent, Paul Follot ne fabriquait pas lui même, donc il n'y a pas de poinçon Paul Follot et peut être est ce pour cela que peu de bijoux lui sont attribués?


Pour l argenterie c'est la maison Christofle qui en réalisa beaucoup, y avait il une signature "Follot" une "Marque"?  Sur cette planche, dans l ordre des chiffres, une saucière, 1 moutardier,1 bouchon, 1 coupe à sorbets, 1 carafon à liqueur, 1 verre à liqueur.

Entre 1901 et 1903, il a réalisé des objets en argent Art Nouveau , des textiles, des bronzes et des bijoux pour la salle d'exposition parisienne de Julius Meier-Graefe, La Maison Moderne . Maurice Dufrêne a également travaillé pour Meier-Graefe, et a fortement influencé Follot. 


Ce service dessiné par Paul Follot a été fabriqué en Allemagne




A PAUL FOLLOT (1877-1941) SERVICE A THE ART NOUVEAU ARGENTEE CIRCA 1902, SIGNÉ P FOLLOT, MARQUE DE FABRICANT POUR FW QUIST METALLWAARENFABRIK ESSLINGEN Comprenant : une théière, un sucrier et son couvercle et un pot à lait Théière ; 7½ po (19 cm) de haut; 12 po (30,5 cm) de large



Service a Thé semblable qui a été revendu par la maison Christie's 
produit par FW Quist , métal argenté, comprenant une théière, deux cruches, un sucrier couvert et un plateau . chacun signé P. Follot , avec des marques de marqueur estampées en dessous
Exemple similaire illustré :
Y. Brunhammer (dir.), Art Nouveau Belgium France , émission, cat., Houston, 1976, p. 206, non. 306 ;
Brohan-Museum, (éd.), Modern Art of Metalwork , exh. expo., Berlin, 1990, p. 262, non. 242 ;
V. Arwas, Art nouveau : l'esthétique française , Londres, 2002, p. 393.




Ce service  semblable au précédent a été fabriqué par Christofle vers 1905 , mais dans les années  1930,  Henri  Lappara orfèvre produisit aussi des services dessinés par  Paul Follot



Un univers disparu, avec ces 4 coins à buvard, 1 porte monnaie, 1 porte cartes, des boutons, des breloques,1' aumônière, des dés à coudre, et deux montres.



1 Cafetière, 1 cuillère, 1 sucrier, 1 tasse et 1 soucoupe.



Sur cette planche, 2 brochettes, 1 seau à biscuits, 3 coquetiers et 2 ronds de serviettes


1 Service pour fumeurs


Pendule en céramique datée en 1904 , il créa plusieurs modèles en céramique

Horloge céramique  porcelaine
Une horloge autrichienne Art Nouveau en porcelaine et argent de Paul Follot. Cette horloge présente fortement la ligne d'arabesques du mouvement Art Nouveau, à la fois dans la forme et dans la décoration en relief. Des boutons de fleurs bleus abstraits décorent l'horloge dans des panneaux en haut et derrière le cadran de l'horloge. Le cadran et le pendule argentés sont également décorés du motif du coup de fouet cervical, ce qui fait de cette horloge une œuvre complète et totale de l'Art Nouveau. , Londres : Andreas Papadakis, 2002, p. 333 ; une horloge similaire est également représentée dans le Louis Majo de 1904



2 Petites vases, 2 cachets, 1 coupe papier et 1' encrier, nous verrons ci-après que des encriers ont été fabriqués, donc je le réaffirme, des pièces de Paul Follot existent, mais n ont pas été authentifiées comme telles.


UN ENCRIER FLORIFORME EN MÉTAL ARGENTÉ ART NOUVEAU FRANÇAIS À PARTIR
D'UN MODÈLE DE PAUL FOLLOT, CIRCA 1903 Fonte de style, avec des lames de feuilles de gui sur trois couvercles à charnière et un support, le corps avec deux cartouches en forme au-dessus de petites baies de gui, signé 'FOLLOT'  13 ½ in (34,3 cm) de long revendu par Christie's




UN ENCRIER FLORIFORME EN MÉTAL ARGENTÉ ART NOUVEAU FRANÇAIS À PARTIR
D'UN MODÈLE DE PAUL FOLLOT, CIRCA 1900 Fonte de style avec des lames de feuilles de gui sur trois couvercles à charnière et un support, le corps avec deux cartouches en forme au-dessus de petites baies de gui, signé 'FOLLOT'
13 ½ in (34,3 cm) de long



Vase avec quatre grandes poignées végétales, Vase avec quatre grandes poignées végétales Bronze doré PAUL FOLLOT Vers 1904-1905 Bronze doré

 


2 béquilles de canne, coupe cristal et monture  argent,  et deux manches d'ombrelles.



1 cuillère, 1 fourchette, 2 petites cuillères, 2 timbales et une louche



Une intéressante brosse à dents, 2 tire-boutons, 1 miroir à main, 1 petite brosse à habits, 1 boite à poudre et son couvercle.


PAUL FOLLOT (1877-1941) POUR LA MAISON FRANÇAISE
FACE À MAIN, 1901 En bronze doré 28 x 21 cm. (11 x 8¼ in.)




PAUL FOLLOT (1877-1941) POUR LA MAISON FRANÇAISE
FACE À MAIN,1901 . En bronze argenté 28 x 21 cm. (11 x 8¼ in.)



Robert Zehil, important antiquaire de Monaco a revendu ce miroir de Paul Follot et le date de 1902
MIROIR A MAIN,1901 Cuivre doré et ciselé avec cabochon turquoise Signé 28 cm. longue Bibliographie Der Modern Stil, Julius Hoffmann junior, A Guérinet, Librairie d'Art Décoratif, tome 4, ill. PL. 76, n.4 Documents sur l'Art Industriel au XXème siècle, édition de La Maison Moderne, Paris, Objets en métal, ill.p. 21, réf. 1072-1 Léopold Diego Sanchez, Paul Follot : un artiste décorateur parisien, AAM Editions, 2020, ill. p. 32.




Et la maison d'enchère De Baecque  a revendu une semblable glace à main en cuivre ciselé et doré. Manque la turquoise, miroir usé. L. : 28 cm. Bibliographie : Modèle répertorié page 21 dans La maison moderne circa1901 .  https://www.debaecque.fr/



2 boites à poudre avec couvercle, 1 brosse à poudre, 1 brosse à tête, 1 brosse à chapeau



Chandeliers



2 bourses, 2 pommeau de cannes, 1 pomme de parapluie et garniture, 2 boutons, 2 canifs, 1 liseuse, 2 motifs à raccorder pour ronds de serviettes



2 boutons de manchettes,  des trousses, 1 fume cigare,  des coins pour buvards ou portefeuille



Très belle planche,  avec des boutons or, rubis et opale, 1 diadème or, émaux translucides, perles et saphirs clairs. épingle à chapeau, or et perle baroque, 1 boucle en or patiné, émail cloisonné et améthystes boucle or et émaux cloisonnés, épingles or rubis, émail translucide et saphirs, bagues or et émeraude, boutons or et brillants, 1 collier de ville, or, topazes roses et opales.



1904-1905



Paul Follot (attr.) Bague Art Nouveau en or 18 carats et turquoise sertie de deux diamants taille rose, poinçonnée, vers 1902-1904




BAGUE en or jaune (750 millièmes) serti d'une opale Boulder, épaulé de deux lignes d'émeraudes calibrées et de lignes émaillées bleu Signée PFOLLOT. Travail français, vers 1900-1910.Poids brut: 3,1
Photo et expertise d'Annabelle Cukierman avec mes remerciements

L' Opale Boulder, aussi appelée galet d'Opale, est originaire de la région du Queensland en Australie. On en trouve plus précisément dans les régions du sud-ouest du Queensland : Quilpie, Yowah, Eromanga. ... L' Opale Boulder se présente sous forme de veines d'Opales emprisonnées dans du minerai de fer.



3 boutons de manchettes, or et émeraudes rubis et perles, peigne en ivoire sculpté et patiné, peigne corne brune, or, émaux translucides et brillants. Peigne en écaille blonde, ivoire ajouré.


Service à poissons, 1 fourchette,  cuillère, truelle,  fourchettes à huitres,  1 couteau.



2 épingles, or, rubis clair et perles, au centre 1 plaque de cou en or, émaux translucides, améthystes taillées, et brillants en pavage. 2 coulants de cravate,  or émeraudes et perles, bague en or patiné et jade taillé, bague or émail translucide et opale, épingle or et brillants, le N°9 est un pendentif or et émaux cloisonnés brillants et rubis clairs 1 pendentif or et émaux translucides, topazes brulées et brillants. 2 boutons or et saphir, 1 bague or et saphirs.




Des boutons en or et émail et pierres , boucle de ceinture or et émail champlevé, plaques de perles et topazes brulées,  épingle or et brillants pendentif or et émail cloisonné,  topazes et perles, pendentif or et émaux cloisonné topaze, pendentif or et plaques de perle jade sculpté aigues marines pendantes et perle baroque. Broche or émeraude et brillants. Broche or et émail champlevé, brillants.

On pourrait penser que ce catalogue de dessins de bijoux et d'orfévrerie  n'étaient que des propositions, un sorte de thèse. Et pourtant   revoyez ci-dessus le N° 7


Le médaillon floriforme allongé et mince percé de formes de feuilles délicates qui se chevauchent finement au-dessus d'une opale en forme de poire, à un cadre ovale ajouré et suspend une goutte de perle d'eau douce (non testée pour le naturel), accentué par des collets de pâte verte, reliés à une simple chaîne à maillons , monté en argent, revendu par la maison d'enchères Dupuis, qui note que le bijou est signé (dommage que la maison de ventes ne nous ait pas signalé le poinçon du fabricant.)



Voici la signature de Paul Follot



PAUL FOLLOT (1877 - 1941)  Revendu par la maison Tadema
Pendentif Art Nouveau pour La Maison Moderne, H  9,00 cm (3,54 pouces) |  L  3,50 cm (1,38 pouces)
Origine Français, 1901   Pendentif algue fucus Art Nouveau en or, turquoise & perle
Littérature: cf. Le Studio Special Number 1902, 'Modern Design in Jewellery & Fans' pendentif similaire illustré, section française, planche 28, figure D.
The Paris Salons 1895-1914, The Designers AK, page 245 pour un pendentif similaire


Le bijou est bien de 1901, puisqu il figure sur les documents de la Maison Moderne 



Peigne corne blonde sculptée, olivine. Peigne  écaille blonde, or, émaux translucides et aigues marines. Epingle or. Bague or et émeraude. Bracelet or et améthystes. Epingle or. Broche or patiné et rubis clairs. Broche or patiné et topazes roses. Epingle or et émail translucide. Boutons de manchettes or et béryls. Boutons de manchette or et topaze rose. Pendentifs or ivoire sculpté et patiné, perle.

Puisque certains  bijoux ou pièces d'Orfèvrerie ont existé, qui les fabriqua ?  J ai posé la question à l excellent galeriste de Monaco, Robert Zehil qui m a répondu , "Il s'agit d'Emile Saint-Yves qui fabriquait toutes les pièces orfévrées vendues par La Maison Moderne d'après Orazi, Follot et Colonna."
Henri Vever cite son nom :


Poinçon de Saint-Yves


en 1897 Saint Yves était professeur de la ville de Paris en modelage



Saint Yves est cité dans le livre de la Maison Moderne : Documents sur l art industriel au vingtième siècle.


Broche or et topazes roses. Broche or et email champlevé. Peigne corne blonde sculptée et patinée, or et émail,  ailes en jade. Peigne ivoire sculpté, et patiné, émaux cloisonnés d'or et topazes. Peigne, ivoire sculpté et patiné, or patiné et saphirs, ailes en émaux translucides. Bague or et rubis clairs. Chaines or. Chaine or et onyx, émaux translucides et saphirs. Bracelet or ciselé,  ajouré et patiné, rubis.



Collier de ville, or patiné et rubis clair. Epingles à chapeau , or et onyx,. Agrafe de manteau or patiné et améthystes, . Plaque de ceinture or émail, topazes et grenats clairs. Plaque de ceinture, or patiné topazes roses et onyx. Boutons de manchettes or et pierres. Epingle, or et rubis clairs.


Epingles à chapeau, or , turquoises et saphirs. Peigne en corne sculptée et ajourée, or et opales. Boucle  or émail champlevé et turquoises. Boutons de manchettes or et saphirs. Boucle, or et émail, topazes brulées.  Superbe plaque de cou en or, émail translucide, émeraudes et saphirs.

Je n'ai pas retrouvé  les peignes dessinés dans ses planches, mais d'autres ci-dessous



Peigne Libelulle de Paul Follot: corne sculptée et patinée, corps de la libellule en argent doré et patiné, yeux en saphirs tailles cabochon



Ce peigne est au Musée d'Orsay



Peigne aux ancolies


Musée d'Orsay



Théière, Cuillères à sel. Moutardier. Salière. pince à sucre, sucrier, pot à crème



Paul Follot  est membre fondateur de la Société des Artistes Décorateurs et participe régulièrement à leur exposition annuelle, le Salon d'Automne. Il a également été membre fondateur de L'Art dans Tout, un groupe qui soutenait l'artisanat de luxe français


Détail du collier Lierre vers 1908, conservé au musée des Arts décoratifs de Paris et publié dans le livre "Flore" de Evelyne Possémé et patrick Mauriès



Ce qui permet à Evelyne Possémé d'écrire que Paul Follot persiste a utiliser un thème cher à l'art nouveau.
Monture constituée d'un double rail rigide sur lequel sont fixées les feuilles  et les pierres. Seules quelques feuilles retombent très droites.



1909 à l exposition française d'art décoratif  Pleyel présente ce  piano exécuté d'après un dessin de Paul Follot, il exécutera d'ailleurs de nombreux dessins de Pianos qui ont été réalisés



1909 une pendule réalisée par Paul Follot


1910 cette bague de Paul Follot revendue par la galerie Didier Guedj au marché Dauphine. 


1910 dans le journal Gil Blas



1910 dans le livre Flore d'Evelyne Possémé,, ce bijou de 1912 environ.  Ce bijou  pendentif représente une corne d'abondance dont s'échappe un bouquet multicolore.
Ce bijou  est en or, argent, nacre émail sur or. Marcassites, améthystes, rubis, saphirs, turquoises, topazes, et perle.


Maison de Paul Follot

C’est en 1911 que Paul Follot se porte acquéreur d’une parcelle dans le quartier Montparnasse afin d’y édifier un hôtel particulier, véritable manifeste du nouveau style tant du point de vue architecturale que du point de vue de la décoration intérieure.

Entièrement dessiné et conçu par l’artiste, le 5 rue Victor Schoelcher, inauguré en juin 1914, est à la fois le lieu d’habitation de la famille Follot, l’espace de travail de l’artiste, mais encore un véritable « show-room » où Paul Follot expose ses créations et accueille sa clientèle.

Cet immeuble depuis été divisé en appartements.
La façade extérieure se fait remarquer par la belle décoration de mosaïques du rez-de-chaussée évoquant les tableaux de Klimt et les réalisations des architectes viennois de l’époque, ainsi que les ferronneries attribuées à Edgar Brandt.
5 rue Schoelcher, Métro Denfert-Rochereau
Un site publie un grand nombre de photos de cette maison :  https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=75114_9

La maison que Paul Follot a dessinée à sa propre intention, avec le concours de l’architecte Pierre Selmersheim, témoigne tout à la fois du succès et des aspirations de son créateur. Nous sommes en 1914 ; au 5 de la rue Schoelcher, dans le quatorzième arrondissement de Paris, s’achève une maison atelier, qui tranche délibérément par rapport à ses voisines. Avec son toit galbé et son faux pignon en chapeau de gendarme souligné par le renflement d’une bow-window surmontée d’un balcon, elle affiche un petit air «jugendstil» renforcé par des détails décoratifs, notamment les mosaïques du rez-de-chaussée, qu’un Josef Hoffmann n’aurait pas reniés. C’est que Paul Follot n’est pas le premier venu. Exclu, pour lui, de se conformer au goût bourgeois dominant ou d’embrasser les circonvolutions de l’art nouveau français, déjà passé de mode !  



 En 1911 Paul Follot
est nommé Secrétaire de la Section Française des Arts Décoratifs (Groupe XIII) à l'Exposition Internationale de Turin. En 1911 il dessine des céramiques pour la manufacture anglaise de Poterie, Porcelaine et Faience "Wedgood" 


Dans le Larousse de 1922 une page sur les style d 'ameublement, Paul Follot et Maurice Dufrêne.


LA RAMPE 1923 
Le Salon des Artistes Français
En visitant cette fort belle exposition si bien présentée, on commence à se persuader que le style moderne est lié, très personnel, encore un peu sauvage, à force, peut-être, de trop long progrès, mais enfin admissible.
Les meubles ont une ligne neuve, quelquefois heureuse; les bibelots sont charmeurs; les étoffes, les papiers peints, les luminaires presque acceptables.
Voici Paul Follot « Pomone », du Bon Marché, qui expose un cabinet de travail sobre, bien agencé, au bureau trop' lourd, un salon de style imprécis, une salle à manger banale,, et une chambre de bonne... un peu favorisée par le patron.


Ébéniste et décorateur français, Paul Follot est un créateur dont les œuvres de style 1925 restent marquées par l'Art nouveau. Élève de Grasset, il garde de l'enseignement de son maître un goût pour les motifs et les sculptures dans le bois. Ces motifs stylisés, corbeilles de fleurs ou de fruits, exécutés généralement par Laurent Malclès, sont sculptés dans le bois massif. Pourtant, les formes de ses meubles se distinguent de celles de la période précédente : ses sièges, par exemple, s'apparentant plutôt à ceux des styles Louis XVI ou Empire (dossier médaillon, pieds sabres). Comme beaucoup de ses contemporains, il affectionne les matériaux rares, les incrustations de filets contrastés, l'utilisation de frises de bronze doré, toutes choses en opposition avec l'idéal de l'Art nouveau. Follot n'est pas uniquement un fabricant de meubles, mais aussi un théoricien (il fut professeur du cours supérieur d'art décoratif à la Ville de Paris) : il donne des dessins d'ensembles complets et fait exécuter par différents techniciens les tissus, les tapis, les céramiques. Son goût pour les œuvres luxueuses ne l'empêche pas de se tourner aussi vers le mobilier de série en prenant, à partir de 1923, la direction de l'atelier d'art du Bon Marché, Pomone.

Au pavillon du bon marché, l’atelier Pomone présente les travaux réalisés par Paul Follot depuis qu’il en a pris la direction artistique en 1922. Né en 1877, l’artiste a déjà une belle carrière derrière lui : cofondateur de la Société des Artistes décorateurs, en 1901, il est internationalement reconnu lorsque, en 1912-1914, il fait construire son hôtel particulier au 5, rue Schoelcher, face au cimetière Montparnasse. Secondé par l’architecte Pierre Selmersheim, il en conçoit lui-même les plans et l’ensemble de la décoration : le rez-de-chaussée servait de magasin d’exposition et l’entresol était occupé par des salles d’apparat ; suivaient deux étages d’appartement pour la famille de l’artiste et, au dernier niveau, son propre atelier ainsi que l’atelier de peinture de son épouse, Elfriede. D’origine allemande, cette dernière a probablement inspiré la forme du couronnement de l’immeuble, avec sa croupe hémicirculaire et sa grande baie ovale. Les souvenirs des Sécessions viennoise ou munichoise ne sont pas loin, mais les ornements sculptés des baies, les sobres ferronneries signées Edgar Brandt, tout comme la décoration intérieure témoignent d’une transition vers d’autres formes et participent ainsi déjà de l’Art déco. Le traitement du soubassement, lui, est l’un des éléments les plus remarquables, Follot choisissant de laisser le béton apparent et de lui conférer un caractère décoratif, tout en l’associant à un parement de mosaïque de terre cuite, composition géométrique à base de carreaux noirs, blancs et or. ( Archistrom)





1925 Coiffeuse en vente chez Antic Store
Paul Follot  était un grand designer de meubles, d'objets, et d'intérieurs dont la carrière s'est étendue sur plusieurs périodes stylistiques, de l'Art Nouveau à l'Art Déco, et de nombreux supports, dont des meubles, de l'argenterie, des horloges, des luminaires, des bijoux, tapis, textiles et papiers peints.
Et les bijoux ne sont pas l 'essentiel de son oeuvre, mais je ne traite que de ceux ci, de l horlogerie et de l orfèvrerie.
Pour l’Exposition internationale de 1925, il réalise plusieurs pavillons dont celui de Pomone. À partir de 1928, Paul Follot fait partie du comité directeur de la compagnie anglaise Waring & Gillow, où il travaille avec Serge Chermayeff pour le design d’ameublement et les intérieurs du département de l’art moderne. Voir le site : https://www.proantic.com/magazine/paul-follot/



Jury de la catégorie Textiles de l' exposition de 1925


1925  L’art collectif montre désormais sa force, se félicite Paul Géraldy, écrivain et ami de Paul Follot, dans L’Illustration : « L’époque est maintenant passée des recherches divergentes et indisciplinées. Un groupe d’artistes, rafraîchi par ce bain de nature, s’est mis d’accord avec lui-même, fait effort à présent dans une même direction, retrouve le sens de la vie, progresse vers sa perfection et atteint à une rigueur, à une unité, à un style digne de nos plus grandes époques. Demain, nous posséderons un art qui nous exprimera tout entiers ».




Création: Paul Frédéric Follot , dessinateur,
Maurice Daurat , orfèvre, Pomone (atelier) , éditeur, Paris, 1925

Présentée dans la salle à manger du Pavillon Pomone à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925 Matières et techniques:  alliage à base d'argent, ébène



1925 dans "le petit parisien"
Ce n'est pas sans regret que l'on voit  de jour en jour disparaitre cette étonnante cité où l'invention, la fantaisie et le goût retenaient à chaque pas l'attention du visiteur; grâce à elle, on reconnaît maintenant que l'art appliqué moderne est arrivé à des réalisations parfaitement heureuses: à cet égard, l'ensemble, à la fois le plus important et le plus convaincant était présenté dans le pavillon de Pomone œuvre très remarquée de l'architecte Boileau, par l'Atelier d'art du "Bon Marché dirigé par Paul Follot, l'artiste au talent bien connu."
Pomone qui vient d'être classé hors concours à l'Exposition des arts décoratifs, continue son oeuvre et ses administrateurs trouveront ses dernières productions allant des tapis et des meubles de grande luxe aux mobiliers et aux objets les plus modestes, au deuxième étage des Nouveaux Magasins du Bon Marché, galerie Pomone




"Ginkgo Biloba"
Pendentif en argent et sa chaine d'origine à mailles figaro, à décor ajouré et finement ciselé de feuilles de ginkgo, orné à la base d'une perle baroque. L : 28 cm, l : 5 cm  Bibliographie : "The Paris Salons - Jewelery, tome 1, de Alastair DUNCAN, modèle variant reproduit page 245.



Une pendule de cheminée en bois doré sculpté, vers 1925.  7 po (7,8 cm) de haut, 18½ po (47 cm) de large, 3¾ po (9,5 cm) de profondeur. PAUL FOLLOT (1887-1941)  Provenance Galerie Macklowe, New York. https://www.macklowegallery.com/



UNE HORLOGE DE CHEMINÉE ART DECO FRANÇAISE EN BOIS DORÉ ET ÉBONISÉ COLIS,
ATTRIBUÉE À PAUL FOLLOT, VERS 1925 revendue par Christie's
12po. (30,5 cm) de haut, 17½ ​​po. (44,5 cm) de large, 8¼in. (21cm.) de profondeur



1925 Pavillon intérieur de l exposition internationale composé par Paul Follot


1925 à l'exposition le Pavillon "Primavera" dessiné par Paul Follot

Un bon texte d'Angele Bijoux: 
Au delà d'un certain renouveau des matières employées, l'art nouveau est caractérisé par la représentation de la nature, avec des formes organiques, des animaux, des fleurs ou des plantes. La femme qui est représentée avec ses courbes est un sujet largement représenté surtout pour les broches.
Ce qui importe dans l'art nouveau c'est le dessin artistique qui prime plutôt que la noblesse des matériaux. L'art nouveau est influencé par l'orientalisme très en vogue à cette époque. le graphisme japonais emprunt de représentations végétales est très apprécié des créateurs.
Les créateurs phares de cette période, dont se sont inspirés par la suite les créateurs art déco, sont Renée Lalique, Georges Fouquet, le danois Georg Jensen, les sociétés américaines Kerr & Co., Unger Bros., Liberty Murrle, Bennet & Co, les Falize, les Fouquet, les Vever et Lucien Gaillard, Edmond Henri Becker, Charles Boutet de Monvel, Paul Follot.



1925 Pour les instruments de musique Follot est hors concours dans le jury

1925 Primavera
Les ateliers d’art des grands magasins
Afin de développer les arts décoratifs modernes et de favoriser leur diffusion, René Guilleré, fondateur de la Société des artistes décorateurs, convainc dès 1912 les grands magasins du Printemps de faire produire des ensembles de meubles et d’objets d’art par des ateliers artisanaux. Conçue sous la direction d’artistes en vogue comme Charlotte Chauchet, l’épouse de Guilleré, leur production est baptisée « Primavera », nom qui, par son étymologie latine, renvoie habilement à celui du magasin. Après la Première Guerre mondiale, le grand magasin est imité par ses confères. Maurice Dufrêne est ainsi appelé à la tête des ateliers de la « Maîtrise » par les Galeries Lafayette en 1922, et Paul Follot par le Bon Marché pour diriger « Pomone » l’année suivante. Les magasins du Louvre se tournent quant à eux vers Kohlmann pour leur « Studium ». En 1925, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, coorganisée par le ministère du Commerce, fait de ces quatre ateliers des attractions majeures de la manifestation en leur attribuant à chacun un des angles de l’esplanade des Invalides, au cœur de la section française. Chaque enseigne rivalise d’audace, confiant l’édification de son pavillon à un architecte de renom. Henri Sauvage, associé à Georges Wybo, architecte en chef du magasin, est ainsi choisi par le Printemps.



1926 dans le journal "La Parole Libre"  Madame Follot

«Nous savons que le “nécessaire” seul ne suffit pas à l’homme et que le superflu lui est indispensable, sinon supprimons aussi la musique, les fleurs, les parfums… et les sourires des dames ! » disait Paul Follot.




1927 dans le journal le Gaulois



1929 dans le journal "Vogue"


En 1930, Paul Follot est appelé en Thaïlande pour aménager et décorer les quatre palais du roi de Siam, Prajadhipok Rama VII. Hélas, l’abdication du monarque l’empêche de mener à bien son vaste projet, mais il en reste des plans et des dessins qui nous donnent une idée de la beauté des réalisations prévues.

En 1931-1932 il se remet à son compte et, en 1935, il est chargé d’une commande d’une suite pour le paquebot Normandie qui sera présentée à l’Exposition de Bruxelles. Le design de la suite est somptueux et en opposition avec l’austérité du modernisme de l’Art déco.




1932 dans la revue Comoedia
M. Paul Follot, restant fidèle à ses tendances, défend le volume courbe et combat l'uniformité de l'élément passe-partout qui domine la production contemporaine. Son coin de boudoir en laque cellulosique et métal chromé est des plus agréables.
La salle a manger de Lalique est, comme toujours, très fastueuse, avec ses tablés en Lap et verre gravé.
Signalons encore dans les ensembles le très beau stand de tissu de Rodier; le groupe du papier peint aménagé par M. Fressinet et comprenant, entre autres, des modèles de MM. Follot, Gruin, Dumas, Leroy, etc.; une salle à manger à laquelle M. André Domin s'est efforcé d'adapter les prix aux circonstances présentes; un boudoir de Haentgès; un cabinet de travail de Baucher-Féron; un living-room très féminin par Champetier de Ribes; une terrasse aménagée par Mmes Eyre de Lanux et Ev. Wyld; un petit appartement par Couaillier; une chambre par  Lafaille et Fraysse; des meubles de bureaux pour dames par Maurice Dufrène; un stand de Mme Albin-Guillot; une salle à manger de M. Boucher et un boudoir de M. Rollin.
A l'heure où j'écris ces lignes, il est bien difficile de dire autre chose du Salon des artistes décorateurs. Je  veux cependant signaler les luminaires de M. Perzel; les orfèvreries créées par M. Paul Follot pour Laparra; les céramiques de MM. Mayodon, Cazaux, Jacques Lenoble; les émaux de Mme Lise Eran; les ivoires délicats de Mlle Foc Le Bourgeois; les beaux objets de Dunan; les pièces d'étain de Dauratc les reliure d'une technique nouvelle et d'un art précieux par Melle Anita  Conti; 1011 riches dinanderies de Linossier; les émaux de Sarlandie ; les Verreries de Sala ; les cuirs tissés do. Mme Guautalla et les ferronneries de Szabo.
Yvanhoé RAMBOSSON.




Dans le Bulletin de l'art ancien  en 1932 Paul Follot et Lapparra sont cités


1932 dans le journal  "l' action régionale"
 Le soin de parler des « Tendances de l’art décoratif moderne » avait été confié à M. Paul Follot, vice-président de la Société des artistes décorateurs. Avec l’autorité qui s’attache à ses fonctions et le charme particulier à son éloquence, il résuma les grandes lignes de l’évolution esthétique contemporaine. Mettant sous les yeux de l’assistance les réalisations les plus audacieuses de notre époque, M. Paul Follot en fit la critique, indiquant les réussites et les échecs, montrant comment, sous les apparences d’un rationalisme intolérant et absolu, se cachait souvent un « romantisme de la logique » méprisant le bon sens et l’expérience, qui prennent d’ailleurs, sans tarder, de sévères revanches. Il conclut en affirmant que notre siècle, passionnant et heureusement novateur à tant d’égards, saura dégager de toutes ces tendances un art personnel, à qui la renaissance de l’esprit régional conférera la saveur des produits du terroir et l’attrait des diversités humaines


1933 dans "La Géographie"
Présidence de M. Paul PELLIOT, Membre de la Commission Centrale de la Société.
Le Président présente M. Paul Follot, chargé du cours supérieur d'art appliqué de la ville de Paris, qui vient ce soir parler d'Angkor et de l'architecture Khmer.
M. Paul Follot qui a séjourné assez longtemps au Cambodge et au Siam, a étudié l'art indigène. Il a montré toutes les particularités et les influences de civilisation. De très belles vues illustraient cette intéressante conférence et étaient les vivants témoignages des observations faites par M. Paul Follot, dans le magnifique trésor archéologique que nous possédons au Cambodge.


Paul Follot décède en 1941 à Sainte-Maxime


1993 dans la Revue Les Cols bleus
Des artistes de renon tels René Prou, Maurice Dufrêne ou Paul Follot participent à la décoration du France en 1912, du Paris en 1921. Messieurs Süe et Mare créent le tapis de l'Ile de France en 1927, que l'on a pu admirer lors de l'exposition "Paquebots de légende" qui eut lieu au Musée de la Marine en 1991-1992.