mardi 1 novembre 2011

Les Charm's ? ou breloques précieuses ?

Cliquer sur toutes les photos et articles de presse pour les agrandir
Les Romains en fabriquaient déjà , en or, témoin ce dessin tiré d'un livre d'Emile Vanderheym ,le bijou serait exposé au cabinet des Antiques à Vienne




Les Babylonniens, 700 ans avant Jésus Christ, étaient les premiers(semble-t-il) a porter des bracelets avec des breloques ou des amulettes, mais il fallut attendre les années 1850 pour voir cette mode se développer.
La Reine Victoria ne fut pas en reste vis a vis de la mode de cette époque, elle aimait les "Charms" et lorsque son mari, le Prince Albert qu'elle aimait beaucoup décéda en 1861, elle fit exécuter des Charms de deuil. A l instar des bijoux de deuil, c'étaient des médaillons avec des mèches de cheveux de la personne décédé ou des pendentifs avec le portrait de l'être cher.

En France, Charm, se traduit par Breloque, mot très ancien à l origine étymologique inconnue.
Mon dictionnaire Richelet de 1756 précise
Breloque: Bagatelle, ou petites curiosités de peu de valeur.
En 1853 un autre dictionnaire



Cette mode des Charms ou Breloques venait des "Châtelaines" , j'ai exercé 44 ans à Rouen et près de mon Magasin/Atelier se trouvait l'excellent musée du Secq des Tournelles, musée de ferronnerie unique au monde ou est exposé cette montre en "Châtelaine"



Le mieux est de reprendre la définition du Musée:
La châtelaine est un objet de parure qui se portait à la ceinture (par une agrafe) et à laquelle la montre était suspendue à une chaînette centrale. Très en vogue à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, elle s'agrémentait de chaînettes complémentaires, terminée par des mousquetons qui permettaient d'y fixer des breloques personnalisées.
Ici les breloques sont des outils ou des ustensiles de table : sur une première chaîne on distingue une tenaille de forgeron et une tenaille de menuisier, deux compas différents et deux règles ; sur la suivante, un couteau, une fourchette à deux dents, une cuillère et un fusil à aiguiser ; de l'autre côté, près du centre, un compas, un marteau et un couperet de boucher ; enfin sur la dernière, deux équerres, une règle, deux marteaux différents, une pelle, une hache, et une scie. Le travail est soigné, car les règles et équerre sont graduées, les pinces et les compas fonctionnent et les couverts ont un manche travaillé.
Mais il est impossible d'y voir l'évocation de métiers bien définis quoique les arts manuels y soient grandement valorisés.
Lorsqu'on portrait un tel objet à la ceinture, il était agréable de se faire remarquer par une démarche qui faisait cliqueter les breloques.
Cette châtelaine appelle un propriétaire homme, par les thèmes qu'elle développe, mais elle peut également avoir été offerte par un homme à une dame...


R.Miles en 1895 écrivait


En 1889, Tiffany à New York présenta un bracelet avec une breloque, un bracelet avec un seul coeur fixé en pendentif, de nos jours ce bracelet est toujours un objet symbolique pour Tiffany.



Mais les Charms/Breloques ont une fonction qui est aussi magique ou religieuse, l'alliance a une fonction sociale, elle indique le statut du "marié" Le Charms lui est souvent un gris-gris, une amulette, un porte bonheur, un talisman(le 13,, le trèfle, le bossu, la carte à jouer, la bourse, la carte à jouer ), mais il indique aussi vos croyances,(la Croix la médaille religieuse) vos animaux symboliques (l éléphant, le chat , le chien, la tortue). Sur ce bracelet une vieille chaussure , mais ce pourrait être aussi un escarpin.
Les vieilles chaussures rassurent mais n'enchantent pas.toute femme aspire à glisser le pied dans un escarpin sublime. Une chaussure rationnelle commande le respect, un talon haut appelle l'adoration.
Le cachet qui est la "marque" de chacun, ma grand mère cachetait ses lettres avec de la cire et sa marque.
Le seau à champagne de ce bracelet dénote un goût pour ce breuvage.

Alors en 1900 la Vicomtesse de Réville écrivit dans le journal "La mode et le bijou"
Voici que, déjà, l'imitation en Angleterre s'est emparée de l'idée que j'ai signalée à propos des coeurs, suspendus à une cravate de ruban. On vend à Londres une cravate régate en ruban assez étroit dont les pans, au nombre de quatre, sont terminés par un léger motif de bijouterie qui se replie à l'extrémité du ruban coupé en carré, sur lequel il remonte en demi-cercle. Ces motifs sont ciselés ou semés de pierres.
Ce nouveau genre d'aiguillettes peut inspirer la gracieuse imagination des fabricants français. Il faut qu'elle continue à se manifester aussi pour les breloques et les fétiches qui sont de plus en plus, auprès des femmes, la grande faveur du jour. Cette faveur durera certainement si elle est aidée par l'originalité et par le goût des fabricants ; elle répond à un état d'esprit bien féminin. Quoi de plus charmant que de voir symboliser, par les bijoux tant aimés, les penchants naturels de toutes
pour les aimables superstitions !

En 2010 eut lieu à Paris Chez Maître Thierry de Maigret * (Rue de Montholon) une très interessante vente de "Charm's" certains atteignirent des prix surprenants, l'expertise avait été faite par le cabinet Vendome Expertise 25 rue drouot Paris,cabinet fondé par Christian Vion*.


Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret
Cette pensée émaillée est tout un symbole (Pensez à moi)


  
Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret

Éléphant avec perle, rubis , émeraudes, roses diamants. l'éléphant est associé à la mémoire, la sagesse, la longévité, la prospérité, la bienveillance, le père, la force tranquille (La vraie, pas la politique)


En 1903 le catalogue Keller  produit ceci; et dans la "Revue de la Bijouterie"


Des Cachets avec des pierres précieuses

Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret



Un fer à cheval saphir et diamant en platine avec coeur en saphir, une fleur en rubis? ou un trèfle à quatre feuilles, puis de Van Cleef et Arpels, un délicat "Charm's" en platine ajouré stylisant une horloge ponctuée de diamants taille baguette. Signé, numéroté AG 143. Vers 1920.






Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret


Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret




"Charm's" en or et émail plique à jour, stylisant une cloche rehaussée d'une guirlande fleurie, le battant orné d'une perle dent de chien. Travail français vers 1900. Poinçon de maître d' Eugène Fontenay. . Poids brut : 5.40 g.

Ensemble en or ciselé et émail, composé de 3 charm's stylisant une palette de peintre, un kiosque à spectacle et un petit rat. Travail français. Poids brut : 4.50 g. l'ensemble.
Ensemble en or ciselé et émail, composé de 3 charm's stylisant une palette de peintre, un kiosque à spectacle et un petit rat. Travail français. Poids brut : 4.50 g. l'ensemble
Charm's en or découpé émaillé, représentant un village de montagne à Noël. Signé "Janesich", numéroté Vers 1900.(petits manques à l'émail). Poids brut : 1.50 g.

En 1904 dans l'excellente revue "Touche à Tout", l'actualité féminine nous narre,



 Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret


Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret
"Charm's" en or ciselé stylisant une tortue, la carapace pavée de rubis ronds facettés, rehaussée de roses couronnées. Vers 1900.Poids brut : 3.70 g.
Délicat "Charm's" en citrine sculptée, stylisant un petit lapin accompagné de son collier en or et argent ponctué de perles dont une en pampille. Travail probablement russe de la fin du XIX ème siècle.(manque les yeux) Poids brut : 3.50 g.
En or et argent composé d'un Charm's représentant 1 bossu habillé de roses diamantées et de rubis. Travail de la fin XIXème début XX ème siècle.



Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret




Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret
 2 amusants "charm's" stylisant une briquet amadou appliqué de motifs représentant un ramoneur et un cochon et d'un petit nécessaire de pique-nique. Vers 1900. Poids brut : 9.10 g l'ensemble.
Ensemble en or 18k et 14k, composé de 2 "charm's" stylisant un portail ouvrant frappé d'initiales diamantées formulant "avoir de la veine", donnant sur une miniature représentant un jardin rehaussé d'un cochon et d'une seconde pendeloque ciselée stylisant un autre cochon ponctué de roses diamantées, l'oeil en rubis. Travail français vers 1900 pour un. Poids brut : 7.70 g. l'ensemble.

Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret


Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret


Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret

Superbe "Charm's" porte bonheur en or et émail plique à jour, stylisant un fer à cheval centré d'un 13 rehaussé de trèfles à 4 feuilles. Travail français vers 1900. Poids brut : 2.50 g.
"Charm's" en argent ciselé noirci, stylisant un chat portant un collier ponctué de roses diamantées agrémenté d'une perle en pampille. La bélière en or. Travail français vers 1900. Poids brut : 9 g.
"Charm's" en or stylisant une feuille de vigne émaillée, la tige ponctuée de roses diamantées en serti platine. Travail français vers 1900/10. Inscription au dos : Je meurs où je m'attache. encore un symbole.





Charm's de Van Cleef et Arpels avec son étui et un certificat:


Revue de la bijouterie Joaillerie 1902
D'autre part, voici une châtelaine d'un nouveau genre, dont le nom reste à trouver, et sur laquelle j'appelle l'attention. Elle se compose de plusieurs rangs de breloques, suspendus à une monture originale par de minuscules chaînes d'or. Au premier rang, par exemple, on verra toute une série d'animaux variés en or; les uns incrustés de pierreries, les autres recouverts d'émaux repré sentant des fleurs. Le second rang sera composé de petits bonshommes en uniforme, soldats, marins, sergents de ville, facteurs, pour le moderne; ou de pages, de chevaliers, de juges, etc.,
souvenirs du temps passé. Un troisième pourra être formé de petits morceaux de quartz, de pierres brutes, voire même de pierres précieuses, etc.
On le voit, la plus large carrière est ouverte aux caprices et aux fantaisies des femmes; il s'agit de leur donner satisfaction et, pour ainsi dire, de matérialiser leurs rêves en un bijou. J'imagine que le style moderne peut, dans la circonstance, remplir un rôle merveilleux et affirmer, en toute liberté, son charme et sa séduction. Il semble que cette idée de châtelaine, qui vient directement d'Amérique, a été inspirée pour lui permettre de se développer dans tout son éclat en laissant à son imagination la bride sur le cou. Nos artistes sauront trouver autre chose que de petits bonshommes ou de petits animaux, et, par de subtils imprévus artistiques, ils voudront séduire et conquérir, à la française, les hésitantes coquetteries des plus rebelles.




Fabergé 
Il vendit des oeufs pour les Tsars tel cet oeuf en or, émail vert pomme, celui ci a été fabriqué par Fédor Afanassiev, il est posé sur cette carte de la Tsarine Alexandra a coté d'une de ses breloques qui est en or jaune et blanc et émail blanc rouge  jaune et noir, mais Fabergé vendit aussi des breloques/Charm's







Un oeuf au panier de Champignon

Un oeuf Coccinelle
Un oeuf au poisson  tous poinçonnés KF


Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret




Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret




Expertise , Vendome Expertise, Vente Thierry de Maigret

Amusant "charm's" en or, stylisant une véritable boîte à diable à ressort, les yeux et les poussoirs ponctués de cabochons de pierre rouge. Travail français vers 1910. Poids brut : 7.20
"Charm's" porte bonheur en or et platine ajouré, stylisant un 13 porte bonheur, rehaussé de rubis calibrés et de roses diamantées. Vers 1900. Poids brut : 2.60 g.
Bel ensemble en or ciselé et ivoire composé de "charm's" stylisant des éléphants ponctués de rubis, d'émeraudes de roses diamantées et d'une perle.
Un soleil pavé de roses couronnées, les yeux, le nez et la bouche ponctués de rubis calibrés. Vers 1910/20.
Ensemble en or et émail composé de 2 "charm's", stylisant une carte postale, et un as de carreau. Travail français vers 1900. Poids brut : 2.70 g. l'ensemble.

En 1911 un article de Fémina qui parle d'une médaille d'amour avec les fameux vers de Rosemonde gérard, voir aussi:





Le 31/1/1938 le journal "Life" publiait cette photo, sur laquelle se trouvent 109 charm's, chacun est différent. La vogue des Charm's en 1938 datait de l après dépression de 1929. Les Joailliers tels que Cartier, Marcus, Udall et ballou trouvaient qu'il était difficile de vendre des cadeaux d'anniversaires chers ou des pierres précieuses et remirent au gout du jour ces Charm's pour les fixer sur des colliers ou surtout, sur des bracelets.

En un rien de temps, ces Charm's commencent a apparaître en argent , en or, ou en plaqué.



En 1938 les photos étaient en noir, j'ai trouvé une photo en couleur.
A l'époque la valeur des 109 charm's de cette photo étaient estimés aux environs de 1700$
Il reste une interrogation, "Charm" en Anglais se traduit par Amulette, breloque, fétiche.... mais Charm's ,,,,,???
Il semblerait que ce soit la maison Cartier qui ait développé ce terme,
Louis Cartier avec offert un bracelet (ci dessous) en 1923 avec neuf breloques à sa deuxième épouse la Comtesse Jacqueline Almassy

Collection Cartier Cliquez pour agrandir
Si vous avez un commentaire ou un complément c'est juste après l article

*Vendome Expertise
contact@vendome-expertise.com

*Thierry de Maigret

dimanche 16 octobre 2011

Le Joaillier Cartier aux USA: Palm Beach et New York

Cliquez pour Agrandir
Superbe photographie du Magasin Cartier à Palm Beach en Floride, en 1939.
Un taxi arrive.., deux élégantes regardent les vitrines.., il est 11heures 20 du matin.. le magasin est du style des années 30, il se trouve a l angle de Worth Avenue et sur le trottoir on lit nettement  le nom de l'avenue ou se trouve le taxi, "Hibiscus Avenue", au premier plan un "Pédicab" conduit et propulsé par un "young black man".
Une image d'un monde parfait réalisée par Marion Post Wolcot.... mais;
ce n'est pas tout à fait ce que Marion  voulait faire "passer" comme message!!



Marion Post Wolcot

Marion Post est née en 1910, fut d'abord professeur, mais lors de la grande dépression, certains découvrent qu'elle a du talent à revendre. 
En 1932 elle est témoin des énormes différences entre les classes sociales aux Etats Unis, au cours d'un voyage en Europe, elle découvre sa voie et à son retour aux Etats unis fait la connaissance d'un groupe de libéraux du sud des USA. Un groupe qui désirait un net changement social dans le pays.



Cliquez pour agrandir l image et observez cette queue de "noirs" devant une affiche de l'américan dream

 Alors Marion affirme ses idées et affirme ses talents photographiques. Elle est engagée par un journal, mais elle ne se satisfait pas des photos de mode.

Un jour, elle se rend chez un ami au siège de la FSA, il est le chef de la sécurité de la FSA (Farm sécurité administrative)*.
Elle rejoint la FSA et va travailler désormais avec des photographes célèbres.
La FSA avait été mandaté par F.D Roosevelt  pour aider les agriculteurs qui avaient souffert de la grande dépression.
Et il faut voir cette merveilleuse photo de la maison Cartier, comme un témoignage de l'existence de ce magasin, mais surtout comme un témoignage des différences sociales du nouveau monde dans l'entre deux guerres.
Un autre volet du talent de Marion Post Wolcot (Wolcot est le nom de son mari qu'elle épouse en 1941), cette image d'ambiance, ci dessous:




Pour comprendre l'installation de Cartier aux Etats unis , il faut remonter  à Louis François Cartier qui fonde la maison en 1847, et eut un fils Alfred, ce dernier eut trois fils, Louis, Pierre et Jacques.

Ces trois frères avaient besoin d'air et de grands espaces, mais ils étaient animés par un but commun, la propagation de l'image de Cartier. l'un partit à Londres, l'autre à New York, il faut savoir que ces succursales étaient autonomes, mais très liées entre elles pour conserver, développer le style de la Maison mère.
C'est Pierre Cartier qui part aux US. En 1909, il épouse une jeune fille de la haute société, Mademoiselle Worth et il ouvre un lieu de vente au 712 de la 5 ème avenue, au 4 ème étage



Photographie panoramique de l époque Cliquez pour agrandir

Cliquez pour agrandir

Magasin actuel du 712 de la fifth avenue, il a peu changé.
En 1917 Pierre Cartier s'installe  au 653, en effet Eric Nusbaum écrit:

"En quête d’un meilleur emplacement pour son magasin de New York, Pierre Cartier convoitait le palais de style Renaissance, construit par Robert W. Gibson, entre 1903 et 1905, au 653, Cinquième Avenue, angle 52ème Rue. Cette immeuble appartenait à M. et Mme Morton F. Plant. C’est alors que la transaction la plus géniale dans l’histoire des perles fines chez Cartier se mit en place car Mme Morton F. Plant , de 23 ans plus jeune que son époux, désirait de son côté le plus beau collier de perles actuellement disponible chez “Monsieur Pierre”: un collier de deux rangs, de 55 et 73 perles valant un million de dollars. Elle ne pouvait le quitter des yeux. Alors pourquoi pas un échange? Les Plant déménagèrent, Cartier emménagea."



Pierre Cartier  avec RW. Gibson, l architecte de l immeuble

Avant d'emménager, il fallait faire des travaux, un des dessinateurs de Cartier USA était Georges Genaille, plus tard concepteur avec Charles Jacqueau du style Tutti frutti


Bracelet Tutti Frutti

Georges Genaille dessina les plans du futur magasin:


L'antiquaire parisien Alavoine fournit des boiseries pour rappeler l'aspect de la boutique de Paris.


De nos jours l'immeuble parait plus petit, au milieu du gigantisme de New York. 
A la mort de Madame Morton F Plant, son collier de perles fut vendu 151.000$ en 1957, en revanche l'immeuble qui avait été échangé contre ce collier de perles fut classé "Landmark" l'équivalent en France de "Classé Monument Historique", il ne pourra donc être transformé.



MAIS!!!!

Car il y a un mais!

Cette histoire de collier de Perles est en grande partie fausse, c'est une Storytelling qui perdure. Le storytelling consiste à essayer de faire émerger au sein du public une ou plusieurs histoires à fort pouvoir de séduction et de conviction quitte a transformer ou inventer une vérité et dans le Luxe, cela arrive souvent.Il suffit de consulter le New York Times du 4-10-1916




WK Vanderbilt achète les biens de la 5e Av. et 52d Street et les loue à Cartier.
William K. Vanderbilt a acheté l'ancienne maison de Morton F. usine, à l'angle sud-est de la Cinquième Avenue et cinquante-deuxième rue, et a loué à Cartier, l'un des éminents joailliers de la Cinquième Avenue. ……. aucun changement dans l'extérieur du bâtiment n' est envisagée.



653. 5 eme Avenue.

Au début de l'aventure Américaine, les bijoux venaient de Paris.  Mais assez rapidement, l'atelier de New York employa 40 bijoutiers dont 11 sertisseurs. Dans les années 20, les ateliers de New York  avaient pris le nom d'American Art Works, il y eut jusqu'à 70 joailliers dirigés par Paul Duru, le principal sertisseur était Maître Jean, celui qui sertit le diamant Hope. 
Les dessinateurs de bijoux étaient, Georges Genaille et à partir de 1912 Maurice Duvalet.
Moins artiste que ses frères, Pierre Cartier était plus "Commercial" il fera néanmoins de Cartier USA une entreprise dynamique parfaitement adaptée au Marché Américain.

Pierre Cartier mourut en 1964, et vit à son grand regret son neveu Claude démanteler la Maison en 1962. En 1965 Londres et Paris furent aussi vendus, heureusement Pierre Cartier qui préférait la stratégie commerciale à la créativité allait trouver , involontairement un héritier de cette technique commerciale, ce fut Alain Dominique Perrin qui créera les "Musts"

Ce n'est pas un article sur les bijoux de Cartier, mais je ne résiste pas à vous livrer cette publicité de 1938 parue dans le journal "Femina"



*****************************************************************

Sur cette photo,Pierre Cartier, sa femme et sa fille Marion qui en 1933 épousa Pierre, le fils de Paul Claudel, essayiste, dramaturge et diplomate français.
Pierre Claudel après avoir envisagé une carrière diplomatique rentrera chez Cartier ou il restera 25 ans. 

*****************************************************************
Il semblerait qu'à Palm Beach le magasin qui était en photo au début de cet article ne soit plus au même endroit, et malgré mes demandes à Cartier USA, aucune réponse ne m'est parvenue. A cet endroit je pensais que c'était la maison Chanel qui l avait remplacé: 



Mais j'ai fait une erreur et le 02-01-2016, un historien de l art, très important aux Etats unis, a attiré mon attention. 
A la place de Cartier,  c'est Tiffany le Joaillier américain.

cliquez pour agrandir


C'est à l'intersection de l'avenue Hibiscus et Worth Avenue  et Chanel est de l' autre coté de la rue


Si vous agrandissez la photo en cliquant sur elle , vous découvrirez Chanel à Gauche.
Une précision de Mr Derk Ostergard*: 
"le bâtiment Tiffany qui se tient actuellement sur Worth & Hibiscus est une transformation  complète qui a été refaite il y a plus de 20 ans, de sorte que son coin biseauté ne ressemble en rien à ce qui avait été fait à la fin des années 1930, lorsque Marion Wolcott l'avait photographié. Le bâtiment ou était installé  Tiffany correspondait à l'édifice de l'Ouest à travers Hibiscus Street (qui abrite aujourd'hui la boutique Chanel) jusqu'à ce que Tiffany, ou leur architecte, ait cherché à faire un magasin plus grandiose."



Une autre photo du même endroit en 1915, avant "Cartier"  la Maison "Hattie Carnegie" Hattie Carnegie, née Henrietta Kanengeiser à Vienne en Autriche le 15 mars 1889 et décédée à New York le 22 février 1956 Elle était devenue une grande Maison de couture aux Etats unis .Elle vécut à New York de 1920 à 1960.

Le Magasin Cartier actuel se situe un peu plus loin dans la même rue



* La Farm Security Administration (FSA) est un organisme américain créé par le ministère de l'agriculture en 1937 chargé d'aider les fermiers les plus pauvres touchés par la grande dépression:Wikipédia.



mercredi 12 octobre 2011

Canne de Diamantaire

Cliquez pour agrandir

C'est une Canne de Diamantaire que les Frères Segas  m'avaient confié à réparer .
Les Frères Segas qui avaient eu le courage avec leur famille de bateleurs, de monter en plein centre de Rouen, un cabaret Spectacle, le "Scaramouche" mais le monde de la nuit est difficile et dérange, de plus....en province.....

Ils ont changé leur fusil d'épaule (si je puis dire): voir absolument 


Cliquez pour agrandir l'image
Vous aviez donc dans le pommeau la balance avec les poids, dans le couvercle des emplacements pour outils, dont la brucelle, puis vissé en dessous une loupe à grossissement variable et en dessous dans la canne un logement pour mettre les diamants.
1900....1920  ou 1880????? si vous avez la réponse!



Que d’échoppes à visiter dans le Passage Jouffroy ! Tous vos sens seront sollicités ! Beauté des lieux, mets exquis, odeur d’ici et de là.
Pour parvenir à cet emballement des sensations, il vous suffit de suivre le chemin tracé par le Passage Verdeau, au niveau de la rue de la grange batelière.

Une fois entré, il serait criminel de ne pas passer dire bonjour à la galerie 34 ! Les frères Segas sont célèbres dans le monde entier pour la vente de leurs cannes exceptionnelles, en ivoire, en porcelaine, en écailles de tortue, en vertèbres de requin, de serpent ; cachant un poignard, une épée ou un javelot, il y en aura pour absolument tous les goûts !
Au-delà de l’originalité des objets vendus, les propriétaires ont su faire des lieux un endroit décalé, capitale de l’extravagance