mercredi 11 octobre 2017

CARTIER, Joaillier: Pour le plaisir d une vision différente


1905 Louis François Cartier II

J'aime cette Maison, j aurais pu copier les photos des livres sur Cartier, facile !!!
j'ai preferé chercher un peu de la vie de nos joailliers à leurs époques.

C'est un résumé de l histoire de la maison différent des autres sur cette merveilleuse Maison, et c'est l' histoire d'un homme Louis François Cartier qui naît en 1818 et meurt en 1904 en ayant créé, et transmis à ses enfants, ce qui va devenir la plus grande, la plus intéressante, la plus attachante des entreprises de Joaillerie.

La Maison Cartier, en  1980,  a accordé à Hans Nadelhoffer l'accès exclusif à ses archives afin d'écrire l'histoire définitive. Le livre est paru  en 1984 je crois. Hans Nadelhoffer fit des études d histoire de l'art et de littérature, à Berne puis à Vienne.
M. Nadelhoffer a organisé les premières ventes aux enchères de bijoux de Christie à Genève après son entrée dans la maison en 1968. Genève est rapidement devenue le centre mondial des ventes de bijoux  organisé par Christie's .
M. Nadelhoffer a quitté Christie's de 1981 à 1983 pour rechercher et écrire son ouvrage  "Cartier" Lorsqu'il  a repris sa place chez Christie's à Genève en 1984, il a été nommé président de Christie's Geneve.
Je crois qu'il a été d une grande honneteté comparé aux "historiens" d'autres maisons, ayant engagé des écrivains tout juste bons pour le journal "Nous deux" des années 50.
Donc..après Hans Nadelhoffer, on ne peut qu'écrire quelque chose de totalement différent, ce que je vais essayer de faire aujourd'hui.

Mais avant Louis François Cartier........
Hans nous l'écrit  il y eut déjà un Louis François Cartier (1755-1793/94), il était ouvrier tourneur sur métal dans un petit atelier installé au Louvre qui fournissait la Maison Royale. Soupçonné au moment de la révolution (tout le monde se soupçonnait de...et de...) il quitte Paris et meurt à l âge
de 39 ans dans sa maison près de Saint Denis.
Le père de Louis François s'appelait Pierre Cartier,  il était le fils de Louis François Cartier né en 1755. Pierre fit les guerres napoléoniennes , et lors de la guerre d'indépendance espagnole, guerre qui opposa la France et l'Espagne à partir de 1808 lorsque Madrid se souleva contre l’armée française stationnée dans la capitale espagnole.




Le HMS Discovery le navire a servi de ponton de 1818 jusqu'à sa destruction en février 1834.


Jeune soldat, 21 ans, il est fait prisonnier, Il échappe à l'exécution, le dos au mur avec d autres soldats grâce à la femme d'un boulanger qui le cache dans son four avant de lui permettre de s'échapper, déguisé en femme. 
Malheureusement les soldats anglais de Wellington le trouvent sous son déguisement et l'envoient  par bateau jusqu'à Plymouth. ou il restera prisonnier plusieurs années.



Dans un almanach de 1811 , ces deux fondeurs d or et d'argent!! , ce doit être Pierre Cartier?  
En 1815/1816,Pierre Cartier épouse une lingère, Elisabeth Girardin, il continuera à travailler comme fabricant de poires à poudre et ornementation des fusils.



Ce mariage d' un Cartier Bijoutier rue Saint Martin et Melle Rely est il relié a la famille?



Ou cet autre mariage en 1864 dans le 20 ème arrondissement de Paris.

En attendant Pierre et Elisabeth ont un fils en 1818/1819 , il lui donnent le prénom de son grand-père Louis-François, il s'oriente vers la bijouterie.
Il rentre comme apprenti, puis comme ouvrier chez le Joaillier Adolphe Picard installé au 29 rue Montorgeuil, Hans Nadelhoffer nous indique: qu'il était à coté de l important marché aux huîtres qui se tenait à l ombre de l église de Sainte Eustache, 
Lorsque Picard déménage en 1847 pour s'installer au 29 rue de Richelieu, il confie son affaire au jeune homme.

Vever a aussi écrit: 
La maison Cartier a pris, dans ces dernières années, une extension considérable. Ce fut Louis-François Cartier qui la fonda, en 1847, rue Montorgueil, 29; il la transféra boulevard des Italiens, n° 9, en 1859, lorsqu'il s'adjoignit le fonds de Gillion.

En 1856, Julienne, fondateur plus tard de l ecole de bijouterie, afin d'occuper sa femme et sa troisième fille, acheta un petit magasin d'estampes (ancienne maison Fontaine) situé boulevard Saint-Martin, n° 4, entre le théâtre de la Porte Saint-Martin et l'Ambigu. Là, il fonda un cours de dessin, bientôt suivi par un grand nombre de bijoutiers et d'orfèvres qui assistaient régulièrement le soir à ses leçons : Paul Robin, Cartier, Georges Nattan, Serres, Bouclier, G. Bachelet, Paul Legrand, Pourée, etc., furent au nombre de ses élèves. Il donna aussi des leçons particulières à la Princesse Mathilde, à la Comtesse d'Haussonville, à Mme Jadelot et à plusieurs personnes de l'entourage de l'Impératrice. (
D'après Vever)

Plus tard  en 1874: MM. Guillemin avaient réuni successivement trois maisons à la leur : celle de Ledagre, bijoutier,rue Vivienne ; celle de Picard, bijoutier, rue Richelieu, et plus tard celle de Philippi. Aussi, dans la profession, avait-onsurnommé facétieusement la maison Guillemin « l'île dela Réunion"  d'après Vever.

Louis François s'est constitué une très belle clientèle comme la Comtesse de Nieuwerkerke ou plus encore, la princesse Mathilde.
Avec l'aide de Picard,  il s'était établi à son compte, 5 rue Neuve des petits champs, ce qui lui permit de travailler avec une clientèle privée. Mais en 1859 , c'est devenu trop étroit pour un fournisseur de la Maison Impériale, il reprend l affaire du Joaillier Gillion installé au 9 boulevard des italiens.
1859 c'est aussi l année de la construction du Canal de Suez.

1871 Cartier fait un essai d 'installation à Londres

Alfred Cartier succéda en 1874 à son père, dont il était l'associé depuis deux ans ; il s'associa à son tour son fils aîné Louis en 1898, et transféra sa maison, en 1899, "rue de la Paix, n° 13.

1875 Naissance de Louis Joseph Cartier


1877: Cartier est adhérent de la société protectrice des apprentis




Mais je retrouve Louis François Cartier en 1879 au New Club
Les Cercles réservés à une société choisie où l'on se réunissait pour causer, lire, jouer, etc, remplacent les salons, et  les Clubs remplacent les Cercles.
« Tous ces salons se sont fermés l’un après l’autre et le club traversant la Manche s’est installé sans
façon à la place qu’ils occupaient jadis. », Edmont Textier, Les Choses du temps présent, 1862


La multiplication des cercles contribue fortement à la disparité de la société élégante. Réservés aux hommes, ils sont discriminatoires et, selon certains, vont jusqu’à compromettre l’unité familiale. Égalitaires et bourgeois dans leur principe, ils ouvrent l’espace du loisir mondain à des milieux plus étendus.


Pour Louis Cartier c'est aussi un moyen de se faire des amis hauts placés, a cette époque on appelait ce genre de photographie "Portrait" , c'est donc le Portrait de Louis Cartier par Nadar



Cette facture "Cartier Fils" date de 1882, donc Louis François et son fils Alfred Cartier.


A l'époque , le "Roret des fleurs artificielles" conseillait d acheter ses fleurs artificielles chez Cartier

1884 naissance de Jacques Théodule Cartier.


1886  dans le Bulletin de la société de géographie de Paris


1887: Dans le Journal le Gaulois, c'est très intéressant cette liste de Joailliers parisiens


1892:Faits divers chez Cartier Bd des Italiens (Jnal Le Rappel)


La "Vapeur" a même les honneurs du Figaro et pourtant!! elle avait l air très honnête!



1894: Dans le journal Paris Capital!!!


En 1899, il semble que Cartier revende son affaire du 9 boulevard des italiens à Gaston Guiot. 
Guiot avait il gardé le décor de Cartier???

 

Le boulevard des Italiens , du temps de Cartier, en 1889 regardez les détails de cette photo  (source Gallica.fr)


Cette autre photo trouvée à la Bibliothèque nationale, Le grand Hotel en 1889 du Boulevard des Italiens, la rue de la Paix est à coté.




1902  journal L'Aurore

En 1902 Cartier ouvre à Londres au 4 New Burlington Sheet et Alfred ouvre son propre bureau au 4 rue de la Paix a Paris
 Cartier reçoit un Brevet du Roi Edouard VII, un autre de Alphonse XIII, un du Roi Charles du Portugal.


l



1904 mort de  Louis François dans un ascenseur, nous permettant ainsi d'apprendre qu'il habitait au 10 avenue de l Opéra. Ce n'est pas dans l histoire officielle , mais dans la presse



Dans la revue le Globe en 1905, alors qu'en 1906, si Jacques Cartier prend la direction de la Boutique,  Louis et Pierre Cartier créent une société "Cartier Frères"
1907, du point de vue horlogerie une date!!!car Cartier passe un contrat de quinze ans avec Edmond Jaeger.
Pierre se rend à New York, le Tsar Nicolas 2 et le Roi de Siam lui donnent un brevet apres que Cartier ait exposé a Saint Petersbourg.
1909: La boutique de Londres est transférée  au 175-6 new bond street et Cartier ouvre au 712 de la 5 eme avenue à New York.
1910: Louis Cartier et Andrée Worth divorcent, premier dépot de la marque  avec les deux  "C" entrelacés.
1911 Exposition de 19 diadèmes Chez Cartier à Londres




1912: Le Mariage de Jacques  avec Nelly Harjes, journal Le Temps


1912 Plus de détails sur le mariage de Jacques.


1913 Journal "Le Radical," un sombre histoire de collier volé  et une administration des  Postes qui ne veut rien reconnaître.

1913: Cette montre est en pendantif  grace à  un motif en soie.



1914:Décès de la femme d'Alfred Cartier  née Melle Grifeuille


La Rue Bab Azoum à Alger




1917:  Dans l'echo d'Alger un bijoutier de la Rue Bab Azoum, Pierre Dunoyer,  parti faire la guerre a demandé à Louis Cartier de gérer ses affaires jusqu'à la fin des hostilités.




1917 : Dans le journal le Rappel,  belle vente.


1917:  Transfert de Cartier New York au numéro 653 Cinquième Avenue,Premiers dessins de la montre Tank.



15-04-1917 dans l intransigeant un autre don.


1917:  dans le Journal Le Temps, la solidarité vis a vis des blessés de guerre.


1918 Renaissance de l art de de l'industrie



1918 Renaissance de l art de de l'industrie


La légende explique tout


1918 : j adore le nom de dents de loup d'onyx pour ces onyx taillés en triangle.



1919, le 14 juillet 1919, le magasin de Cartier Rue de la Paix à l'extreme droite le magasin de Lacloche.



1920 dans la revue de l'art ancien, sobriété, et précision



1919 dans la revue Coemedia,  la réputation de Louis Cartier l' amène  à participer en tant qu'expert à la vente des bijoux de la princesse Lobanoff de Rostoff . Louis achètera d'ailleurs un très beau collier de perles de Nicolas 1er  a cette vente . Je publie le catalogue de l'époque , c'est intéressant de regarder la collection de cette Princesse Russe qui contenait du Cartier d'ailleurs.






























Photo dans le Journal Vogue de 1920 , la légende est ci-dessous

Cliquez pour agrandir toutes les photos


1921 Légion d Honneur de Pierre Camille Cartier. Encore de nombreux brevets accordés à Cartier venant de toutes les altesses royales.
Cartier frères devient la "Cartier S.A."
J ai cherché, mais sur la base Léonore du ministère de la culture, il semblerait qu'aucun des Cartier ayant été décorés de la Légion d honneur n'ait vu son dossier publié.








La légende explique: "Du brun sur le Auburn, voila qui est plus rare; aussi cette coiffure dorée nous charme t elle particulièrement avec sa petite frange des cotés, très légère, au cou un collier de Jade et perles de chez Cartier"
Presque 100 ans après, je suis aussi sous le charme.



Légende: Une langoureuse blonde, qui a des yeux profonds, peut être aussi espagnole qu'une fille de la vieille Castille, dans cette transformation de cheveux noirs, piquée de magnifiques épingles si originales de Cartier 1921 Vogue




En juillet 1921, dans le Figaro Cartier (Joaillier de la Couronne d'Espagne) reçoit la visite de la Reine Mère d'Espagne .


1922 dans le Bottin.


1922 en décembre, bijou de Cartier dans Vogue


1922 Bijou de Cartier dans Vogue


1922-12- cliquez pour agrandir toutes les photos



1923: la Rue de la Paix, a droite Cartier au N°11, vous noterez que Mellerio n'est pas présent au N°9
C'est Mr Seligman: l' histoire du 9 rue de la paix est très intéressante, je vous encourage a la lire ou relire: https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2013/08/mellerio-joaillier-l-histoire-du-9-rue.html



1923: La Rue de la Paix, circulation fluide devant chez Cartier



1923: Cartier visite et achète dans les pêcheries de perles du golfe persique.




Le Mugbil Al Thukair (à gauche) accueille Jacques Cartier (Centre), accompagné de Yusuf bin Ahmed Kanoo (à droite) et l'assistant commercial Maurice Richard (extrême droite) de Cartier



1923 le comptoir Cartier aux Indes




1923: Cartier installe des magasins à Londres et  New York.


Magasin de Londres



1923: Mellerio est bien locataire au 16 rue de la paix , a coté de Vever, et non propriétaire de l immeuble du 9 rue de la Paix,  qu'il achètera en 1941. Lire...



1923 dans la revue Renaissance de l Art, cartier rue de la Paix


En 1924 pour l exposition Française de New York c'est Pierre Cartier qui en est le vice président  journal: L'expansion commerciale de la France.


1924 pendule Bili


La voici de nos jours, en couleur




1925: dans la revue L'art et la mode, ce très beau et très étrange bracelet de Cartier




Dans l'almanach Didot Bottin dont on ne retiendra plus que le nom "Bottin", l'annonce de Cartier.




1925 Journal le Matin l'annonce du décès d'Alfred Cartier.




1925 Revue Rennaissance de l'art français et de l industrie




1925 Revue Renaissance de l'art français



1925 Pour l exposition internationale de 1925



1925 le pavillon a l exposition internationale des industries du luxe




1925 à l intérieur du pavillon le stand de Cartier



1925: Exposition des arts décoratifs, le Stand de Cartier, un mannequin paré de bijoux Cartier (Revue le grand Négoce )







1925 en octobre les obsèques d'Alfred Cartier revue Coemedia





1925: le 18-10 le journal Le Gaulois, rend compte des Obsèques , la famille Cartier, puis Jacques Worth, et Mr Revillon




1925: un mois après la mort d'Alfred Cartier, madame Louis Cartier a mis au monde un fils




1926 intéressante publicité de Carier dans Vogue.





1927: Même le journal l humanité s'intéresse à Cartier



1928 dans la revue "Fémina" Cartier oriente sa publicité vers les joueuses de Golf



En 1928, Bhupindar Singh (1891-1938), Le Maharajah aux 500 femmes, souverain de Patiala, au Penjab, passe commande à Cartier du plus grand bijou jamais réalisé : un collier de 2 930 diamants dont le fameux De Beers (234,5 carats !). Le maharajah souhaite affirmer sa puissance. De fait, Bupindhar Singh est réputé pour le faste de sa cour. Des archives font revivre les prodigieuses fêtes, les mariages princiers, les décors éblouissants. Mais la chute de l’Empire britannique et l’indépendance, en 1947, portent un coup fatal à cette magnificence. La loi d’abolition des trésors d’État votée par le gouvernement d’Indira Gandhi, en 1971, accélère la déchéance des maharajahs. Leurs titres et leurs prérogatives sont progressivement abolis. Les possesseurs de bijoux n’ont plus le droit de les exporter. C’est dans ce contexte que le collier de Patiala disparaît… Mais la famille des maharajahs de Patiala a su s’adapter et conserve un rôle politique important : aujourd’hui, le descendant de Bupindhar Singh, le capitaine Amarinder, est Premier ministre de l’État du Penjab. Et en 1998, Éric Nussbaum, joaillier chez Cartier, a retrouvé la monture du collier et la maison Cartier s’est par la suite lancée dans une restauration aussi fidèle que possible – sans toutefois le précieux diamant De Beers…



Mr Seberac


1928 Seberac le voleur du Collier Cartier, un article du journal Le petit Parisien savoureux un peu long ? mais reflétant une époque.

C’est un postier parisien qui avait subtilisé le collier de 6 millions* expédié à Londres.
Le précieux joyau est retrouvé à Toulouse dissimulé dans la doublure d'un veston que le voleur avait expédié à sa mère M. Charpentier, commissaire à la sûreté générale. secondé par les inspecteurs Bonny,* Garanger et Ravazi, vient, sous la direction de M. contrôleur général des recherches judiciaires, de mener à bon terme une enquête des plus difficiles, ouverte par ordre du parquet de la Seine, sur le vol du collier de six millions, mystérieusement disparu entre Paris et Londres.
Bien que la justice n'ait été saisie que le 8 mars par le plaignant, le joaillier Cartier, rue de la Paix, les faits, qui, à plusieurs reprises, défrayèrent la chronique et furent longuement commentés dans le Petit Parisien, remontent au 24 février.

Fidèle client de la succursale londonienne de la maison Cartier, lady B. qui habite un des plus aristocratiques quartiers de la capitale anglaise. avait choisi. au début de février, un magnifique collier qui lui avait été montré quelques jours plus tôt. Ce joyau, composé de cinquante-sept perles en chute, crème rosé, pesant 669 grains* et dont le fermoir en platine était orné de sept brillants, dont un du poids de 3 carats, constituait une merveille, unique peut-être au monde, qui justifiait le prix de millions demandé pat vendeur. Le splendide bijou fut confié à lady B. Celle-ci, étant venue à Paris, emporta le collier. Mais, après avoir longtemps hésité, elle se ravisa, décida de ne pas l'acheter, et, pour s'épargner tous risques, chargea la maison de la rue de la Paix de le réexpédier a Londres L'expédition fut faite le 23 février, en paquet recommandé portant le numéro 264, au bureau de poste 35, Pue Cambon et, bien qu'il fût assuré pour 50,000 livres, soit 6 millions, rien ne le signalait à l'attention de quiconque, puisque aucune déclaration n'avait été faite. Prévenue de l'envoi, la succursale de Londres attendit deux à trois jours le paquet au bout desquels elle avisa Paris qu'il ne lui était pas parvenu. De toute évidence, il apparaissait que le paguet avait été subtilisé.

Sur les traces de la vignette 264 Mais la plainte, nous l'avons dit, ne fut déposée que le 8 mars. Chargée des recherches, le commissaire Charpentier et l'inspecteur Bonny* commencèrent une série d'investigations, à la vérité particulièrement ardues, parmi le personnel des postes, sédentaires et ambulants. Suivie pas a pas, la trace du paquet fut retrouvée à Dieppe, à l'embarquement pour Newhaven. Aussi les policiers crurent-ils en toute bonne foi qu'il avait dû être volé en Angleterre, bien que les recherches auxquelles, de son côte, procédait la police anglaise, parussent, au contraire, démentir L'enquête, toutefois, elle n'en fut pas moins poursuivie des deux côtés de la Manche, et nos policiers acquirent la certitude qu'un paquet portant la vignette 264 était passé de France en Angleterre. Mais quel en était le destinataire Bien qu'on se rende aisément comple des difficullés de ce genre de recherches en pays étranger, le commissaire Charpentier, s'étant rendu a Londres, put établir que, seule, la vignette d'enregistrement 264 en recommandé avait effectué le trajet Paris-Londres. Elle fut effectivement retrouvée. Elle était apposée sur un petit paquet de valeur insigniflante, destiné à un officier britannique habitant Regent Street, à Londres. De toute évidence, il y avait eu substitution de vignette et vol de la boite contenant le collier.
On reprit donc l'enquête de Paris et, rapidement. il fut établi que le paquet destiné à l'officier anglais n'avait pas été recommandé par l'expéditeur et n'avait donc pu être enregistré sous le n° 264. Convaincu, dès lors, que le voleur ne pouvait être qu'un employé des postes, M. Charpentier resserra ses investigations, multipliant surveillances et filatures avec le concours des inspecteurs Bonny*, Ravazi et Garanger, d'abord au bureau de poste de la rue Cambon, puis à celui de la rue Saint-Roch, où s'effectue le tri des plis recommandée expédiés par les bureaux voisins et qu'il est chargé de centraliser,Très rapidement, le magistrat porta ses soupçons sur un des employés du service de tri émile Seberac né le 30 juin 1895 à Saint-Rome-de-Rain (Aveyron), et domicllié 22, rue Richelieu. Son passé fut scruté, et le magistrat apprit que bien qu'appartenant à une famille honorable très aisée qui lui fournssait des subsides importants, menait un train de vie bien au-dessus de ses moyens.

Dans là nécessité de subvenir aux dépenses d'une coûteuse liaison, Séberac, qui avait son auto particulière, devait, par tous les moyens; chercher de l'argent. Il le demanda à la Bourse, mais sans succès puisqu'il a été établi qu'en 1927 ses pertes se chiffrèrent à 100.000 francs et que, depuis le début de l'année, il avait du régler uuc différence de 40.000 francs.
Ne voulant pas déchoir, Séberac fut-il acculé au vol ? L'enquête pourra le déterminer. Quoi qu'il en soit, c'est lui qui, le 23 février, resté seul, deux heures durant, dans le bureau du tri, subtilisa la boite contenant le fameux collier, en apposa la vignette sur le premier paquet qui lui tombe sous la main.
Discretement accosté par par les inspecteurs Ravazi et Garanger oomme il sortait du bureau de la rue Saint-Rooli, puis amené rue des Saussaies, Séberac y fut interrogé par le commissaire Charpentier.
Préssé de questions pendant cinq heures d'horloge. Séberac, qui, jusqu’alors avait vigoureusement riposté à toutes les attaques, perdit pied soudain et, en sanglotant, s'affaissa sur une chaise Et, d'une traite, ce fut l'aveu.

C'est en manipulant les colis que j'étais chargé de trier, que j'ai remarqué celui portant la vignette 264, il était écrasé et un collier s'en échappa, obéissant à je ne sais quelle inexplicable Impulsion, je me suis emparé du joyau et j’ai apposé sur un autre paquet non recommandé l'étiquette numérotée de la poste.

Quand il apprit la valeur du bijou, Séberac n'osa pas le restituer. Il songea à le remettre à un prêtre, sous le sceau de la confession, mais il renonça vite à son projet. Finalement, il le plaça dans la doublure de son veston et expédia le vêtement à sa mère, demeurant 28, rue des Arts, à Toulouse, en lui recommandant do ne pas se défaire du vêtement ni d'y toucher jusqu'au jour prochain de sa venue.
Dans la journée d'hier, le commissaire Charpentier et l'inspecteur Bonny*, qui s'étaient rendus en hâte à Toulouse, ont, en effet, retrouvé chez Mme Séberac le précieux collier dissimulé dans la doublure du veston de son fils.
Hier soir, porteurs du joyau, les policiers ont repris le train pour Paris.
Depuis le mois de novembre dernier,, Séberac vivait dans une modeste chambre, au sixième étage, à l'hôtel du Piémont, 22, rue Richelieu. L'hôtelière se montra très surprise en apprenant le méfait dont son locataire s'est rendu coupable.
Séberac était ici, nous dit-elle, sympathique à tout le monde. Il vivait très modestement et certainement au-dessous de sa condition. Souvent Il nous avait parlé de sa mère qui, disait-il, habitait Toulouse, dans une propriété lui appartenant et qui jouissait d'une assez grosse fortune qu'll il aidait à gérer ici.
Lui-même menait une vie des plus réguliere, partant et rentrant chaque jour aux mêmes heures. Il vivait seul dans sa chambre, ou il recevait plusieurs fois par semaine la visite d'un ami. La semaine derniére il nous avait donné congé. devant aller habite, nous a-t-il expliqué, un appartement loué plusieurs mois auparavant. qu'il avait meublé au fur et à mesure de ses disponibilités.
Hier après-midi, nous fûmes surpris de le voir revenir, contralrement à son habitude, à l'hôtel. il était accompagné de plusieurs messieurs que nous primes pour ses collègues. Une demi-heure plus tard, les visiteurs s'éloignèrent, toujours accompagnés de notre locataire. C'est alors que je montai à mon tour dans la chambre du sixième pour y faire le ménage. Je fus surprise alors de trouver toutes les malles de Séberac ouvertes, l'armoire glace vidée de son contenu, linge et objets de toilette épars sur le plancher.
Je comprends à présent que les gens qui accompagnaient mon locataire étaient des policiers venus pour perquisitionner dans sa chambre.

Notes de JJ Richard. Compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 6 000 000,00 Francs en 1928 est donc le même que celui de 368 897 162,97 Euros en 2016. 
* L inspecteur Bonny , un bon flic avant guerre se distingua pendant la guerre en créant avec Lafont la Gestapo Française.



1930 : Après la création d'une agence Cartier à Saint Moritz, filiale qui restera jusqu'en 1945, une belle publicité de Cartier. L atelier de Couët son célèbre horloger est transféré rue Réaumur.


1930 la femme de Jacques Cartier dans la revue Fémina.




1931 dans "le Journal" 



1931 Publicité de Cartier "Le Briquet sans feu" pour ses tubes précieux pour le rouge à  lèvres



1932 dans la Revue Fémina, les belles dotations de Cartier pour leur coupe de Golf


Cliquez pour agrandir la photo




1933: Marion Cartier épouse pierre Claudel le fils de Paul Claudel, écoutez le http://www.ina.fr/video/I10284405




1934 dans "Fémina", ma photo n'est pas nette, mais on sent bien le mouvement de cette plume de Cartier, qui de plus est démontable.


L un des dessins de cette plume.

1934: Bracelet de Cartier


1935: l'époque des concours automobile dotés de prix par Cartier et tous les autres Joailliers



1935 Coupe des dames de Golf dans Fémina



1935: les bijoux sont de Cartier, mais je ne résiste pas au charme de ces robes longues de Lelong



1935 dans Vogue




1935 a Villard de Lans, montres de Cartier



1935 


Cliquez pour agrandir toutes les photos

1935: dans la revue Coemedia: Rien ne change, le texte pourrait être repris de nos jours




1935 : Dans la revue Femina , Cartier lance "Les coccinelles"


Les coccinelles se déclinent en bracelet



1935 dans Femina


1935 Octobre le Yacht de Louis Cartier


1935 en décembre merveilleuse pub de Cartier.



Décembre 1935 dans Femina



1935 dans Vogue


1936  Madame Paul Cartier 


1936 Cartier dans Vogue




1936 Madame Paul Bernard dans Vogue avec un magnifique collier de Cartier




1936


1936: dans Vogue, les topazes de Cartier



1937 dans Femina


1937 dans Femina


1937 dans Femina


1938 : Pierre est admis au grade de commandeur de la légion d 'honneur



1938 toujours Cartier dans Fémina




Superbe photographie du Magasin Cartier à Palm Beach en Floride, en 1939.
Un taxi arrive.., deux élégantes regardent les vitrines.., il est 11heures 20 du matin.. le magasin est du style des années 30, il se trouve a l angle de Worth Avenue et sur le trottoir on lit nettement le nom de l'avenue ou se trouve le taxi, "Hibiscus Avenue", au premier plan un "Pédicab" conduit et propulsé par un "young black man".
Une image d'un monde parfait réalisée par Marion Post Wolcot.... mais;
ce n'est pas tout à fait ce que Marion voulait faire "passer" comme message!! j'ai traité ce sujet dans
https://richardjeanjacques.blogspot.fr/search?q=Cartier




1943 Décés de Jean Jacques Cartier





Intemporel ou presque,  alors qu'Alfred avait été enterré au Père Lachaise, la famille ayant acquis une certaine célébrité, construit un mausolée dédié a la dynastie, quelque part c'est la fin d une idée, les Cartier sont devenus une industrie, puis un Mythe.



J ai déja traité le sujet Cartier, plusieurs fois mais celui ci-dessous  est l'article le plus lu.

https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2010/09/cartier-lavant-biennale-des-antiquaires.html
20.000 personnes l ont lu.

 Il y eut aussi mon ami Olaf Van Cleef qui resta plus de 30 ans comme "grand vendeur" mais c'est une autre histoire!!!

Une remarque, une reflexion,  je vous répondrais  richard.jeanjacques@gmail.com

Je vous recommande mon nouveau blog ou j'essaye de répondre aux questions de mes lecteurs, evidemment si vous m ecrivez et demandez l anonymat, je le respecte. Allez sur ce blog des lecteurs les questions de mes lecteurs sont souvent très interessantes
https://richardcourrierdeslecteurs.blogspot.fr/

Merci à la Bibliotheque nationale .


lundi 18 septembre 2017

Janisset. Un joaillier du XIX ème



Une maison qui avait acquis une extraordinaire réputation, de grands écrivains comme Victor Hugo et Alfred de Musset entre autres, le citèrent dans leurs oeuvres. 
Je n'ai pas ou si peu d images de leurs oeuvres comparativement  au souvenir qu'ils ont laissé, c'est étonnant que rien ne subsiste! 
La maison Janisset travaillait pour une clientèle très aisée , très "Fashion"  "Tendance" à la pointe de la mode.

J'aurais peu d' images de bijoux de Janisset à vous montrer et c'est cela qui m intrigue, la maison a beaucoup produit et je n ai trouvé aucune des grandes salles des ventes nationales et internationales qui aient vendu du Janisset. Mais ce n'est pas une raison pour oublier ce Joaillier, et ceux qui l'ont suivi.Certains citent la fondation de leur maison vers 1824, je pense qu'ils ont démarré plus tôt.


Le père des deux frères Janisset était Maître Doreur, en 1806, il était déjà installé au 14 rue des Bourdonnais dans le 4 ème arrondissement de Paris, or c'est désormais dans le 1 er arrondissement
A l'origine, en 1806, la rue des Bourdonnais commençait no 2, rue Bethisy et no 24 rue Bertin Poirée et se terminait no 31-33, rue saint honoré,  elle  était située dans l'ancien 4 ème arrondissement de Paris , quartier Saint Honoré.
Cette voie doit son nom à Adam et Guillaume Bourdon, un bourgeois de Paris ayant exercé des fonctions municipales au XII ème siecle, la rue des Bourdonnais est issue de la réunion au milieu du XIX ème siècle des rues de l'Archet, Thibautodé, des Bourdonnais et Lenoir-Saint-Honoré.





1824 les deux fils de Marcellin Janisset ouvrent une boutique à Paris au 126 galerie de Valois au Palais Royal
Alexandre Frédéric (1795-1835) et Louis-Marcellin (né vers 1790) ]anisset.  Il est important je crois de signaler qu'en 1816 Alexandre Fréderic Janisset épouse à Paris Elisabeth Colomb qui fera plus tard la réputation de cette maison.




Leur père est toujours installé  rue des Bourdonnais en 1826 comme j'ai pu le trouver dans catalogue "le Bazar Parisien"


La rue  des Bourdonnais, ou était installé "Marcellin Janisset père", je n'ai pas trouvé de photographies de cette rue en entier, mais celle ci montre l impasse des Bourdonnais  à cette époque, et la photo est prise  de la rue des Bourdonnais, ce qui donne une idée des quartiers de Paris en 1820. 



En 1828 dans le "répertoire du commerce" Janisset et compagnie sont au 126 galerie de Valois c'est à dire dans les jardins du Palais Royal.

1830  Charles Rollac

Charles Rollac est Banquier et va devenir quelques années plus tard le mari de Madame Janisset, il est déclaré en faillite en 1830,  mais il a ses entrées au Palais Royal. Finalement avec les
 "3 Glorieuses",  Charles X, dernier des Bourbons est renversé
Le duc Philippe d'Orléans (56 ans), cousin du dernier Rois des Bourbon, est le fils du régicide Philippe d'Orléans, alias Philippe-Égalité.
C'est un libéral bon teint. Il accepte, de se voir décerner par les deux Chambres le titre de « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe 1er.

Les puissantes relations de Charles Rollac vont profiter aux frères Janisset.
Dans son libre sur la Bijouterie Française, Vever nous explique l'importance des femmes de commerçants qui tenaient la boutique et les comptes. Or madame Janisset était une personne douée pour les affaires, et si Vever nous relate qu'"elle tenait une place prépondérante dans la maison de son mari" on sait aussi  que c'est elle qui portait la culotte.


Toile de "Deveria"  

Pour l instant coté fabrication les frères Janisset firent partie du renouveau de la mode:
 Janisset fut de ceux qui contribuèrent à la renaissance de l'émail appliqué à la bijouterie. En 1834 un des rédacteurs du journal que nous avons cité déjà suppose ingénieusement que la Mode veut se faire belle, et il décrit son costume et ses parures avec des détails qui sont tellement dans le goût du temps, qu'il serait criminel de les omettre, bien que ces descriptions surannées puissent paraître puériles aux gens graves. La Mode commence donc par placer sur son front « un très-étroit bandeau d'or lisse retenant un papillon en diamants; » elle choisit une ceinture « retenue par une plaque en émail noir uni, avec des diamants formant une branche de fleurs, » et elle ajoute à ces moyens de séduction « une parure de petits diamants sur émail, montée avec le bon goût de Janisset. » Enfin, pour être tout à fait irrésistible, la Mode attache à l'un de ses bras, à un seul, un étroit bracelet que Janisset vient de faire pour accompagner cette parure. Ainsi embellie par des bijoux, dont les diamants et l'émail noir constituent la principale richesse, la souveraine s'avance, pareille à une de ces élégantes que Devéria a lithographiées, ou à une héroïne de Gavarni (première manière) car, elles aussi, elles ont porté sur le front un cercle d'or avec un papillon en diamants; et elles n'en ont pas été moins aimées. 
texte de  Paul Mantz

Vever écrit que :De plus ce qui ne gâtait rien c'était une jolie femme, avenante, fine, fort distinguée; inutile d'ajouter qu'elle avait beaucoup de succès.
Il cite ainsi, la femme d'Alexandre Frédéric Janisset  qui meurt en 1835.




En 1835 la presse citait Alexandre Frédéric comme un habile ciseleur de Paris.
Veuve en 1835, elle se remarie en 1837 avec Charles Rollac, ancien banquier et familier de la cour de Charles X, puis de Louis Philippe,dont les brillantes relations profitent à la maison. Charles Rollac était aussi l ancien page de Charles X .
C'est a partir de 1835 que ses affaires se développèrent, elle avait le plus bel assortiment, le plus complet, le plus varié, de bijoux de riche et élégante fantaisie.

A la fin de 1835, Falize part de chez Mellerio et entre chez Janisset. Il ecrit:

"Quelle différence entre la maison que je viens de quitter et celle-ci. La clientèle n'est plus la même;avec la jeune noblesse, c'est la finance, la diplomatie, le monde des artistes....il faut pour cette clientèle toujours en fête et en plaisirs de fantaisies toujours nouvelles. Il faut des bijoux spécialement et souvent ornés de Chiffres, d'Armoiries créés spécialement pour chacun, et de devises galantes"
Merveilleuse description d'une époque de nouveaux riches.

"J'étais d'ailleurs bien souvent inspiré par les idées de Mme Janisset, femme de beaucoup de goût, jolie et fort distinguée; Mme Janisset avait le talent de séduire ses clients, de leur faire acheter ce qu'elle savait devoir leur plaire.
Aucune vendeuse, disait-on, ne lui était comparable , C'est ainsi que, pour faire exécuter les pièces d'art que j'avais dessinées, je fréquentais journellement les ateliers des Marchand, des Chaise et des frères Marrel (ceux-ci pour les pièces d'art seulement).  Il était un fabricant, nommé Joureau-Robin qui, par contrat, ne travaillait que pour la maison Janisset. J'avais besoin d'aller tous les jours chez lui et dans son atelier ; je me mettais en rapport avec lui et avec ses ouvriers pour l'explication des pièces nouvelles à exécuter. » De 1835 à 1838, les affaires furent si prospères, que Mme Janisset, devenue veuve, et qui venait de se remarier (avec M. Rollac), résolut de quitter sa boutique du passage des Panoramas "
Alexis Falize

Elisabeth Janisset vient de faire une recrue de choix en la personne de Alexis Falize père.
Ce grand dessinateur "hors ligne d'après Vever"va diriger les atelier de 1935 à 1938.
Et même s'il quitta  la Maison pour se marier et s'installer à son compte, il continua a fournir des modèles très appréciés à Janisset alors établi au 112 rue Richelieu .

Photo Rémi Jouan


En 1836 Janisset déménage au passage des panoramas, merveilleux passage pour aller d une rue a une autre dont l'une des entrées est Boulevard Montmartre




Que disait la presse de la mode en 1839:

Les bijoux sont toujours fort à la mode; ils deviennent indispensables à une toilette du soir. Le jour même, les bracelets de Janisset et de Fossin ornent les bras de toutes les femmes recherchées. —Une longue chaîne de grosses perles fines, tournée plusieurs fois autour du poignet, fait aussi très bien en toilette du soir. Il est encore à remarquer qu'il faut que le dernier rang soit large et fermé par un cadenas de pierreries. Les colliers sont toujours petits. On remarquait au cou de M"" de Mou.... une chaîne de pierres fines, de plusieurs couleurs, dont les pierres, taillées carrément, étaient jointes par une plaque d'or ciselé, entourée de diamans. Ce collier est de Janisset ; la chaîne, se démontant à volonté, peut faire collier et châtelaine en même temps, car elle a plus d'une aune de longueur.

Il n'y a pas de faute d 'orthographe à Diamans, cela s'écrivait ainsi à l'epoque.



1937 dans "l almanach"


La condamnation de Charles Rollac en 1938 pour sa faillite de 1931.


C'est le grand écrivain  Balzac qui cite  Janisset , la Maison Dorée, Le Jockey Club, dans cet ouvrage. 


HISTOIRE ET PHYSIOLOGIE DES BOULEVARDS DE PARIS.
DE LA MADELEINE A LA BASTILLE.

Si les beaux et curieux édifices, comme la Maison dorée, comme celle du Grand Balcon, qui meublent les boulevards, n'étaient pas entremêlés de sales et ignobles constructions plâtreuses, sans goût, sans décor, les boulevards pourraient lutter, comme fantaisie d'architecture, avec le plus grand canal de Venise.
Regardez bien l'entrée de la rue Grange-Batelière, bordée à chaque encoignure d'édifices sans grandeur ni caractère, au milieu de tant de splendeurs ! Croiriez-vous que l'une de ces maisons soit celle du Jockey-Club ? ne trouvez-vous pas étrange que ses membres, aussi riches qu'élégants, n'aient pas eu la pensée nationale de lutter avec les clubs de Londres, dont la magnificence dépasse celle des rois ? C'est à un ancien tapissier, devenu par vocation architecte, que l'on doit la fameuse Maison dorée ! Eh bien ! de l'autre côté du boulevard, c'est au célèbre tailleur Buisson que les boulevards sont redevables de l'immense maison bâtie dans la cour de l'hôtel où tous les joueurs de Paris ont palpité pendant trente-cinq ans ! Là fut Frascati, dont le nom fut religieusement conservé par un café, rival de celui dit du Cardinal, qui lui fait face. Admirez les étonnantes révolutions de la propriété dans Paris ! Sur la garantie d'un bail de dix-neuf ans qui oblige à un loyer de cinquante mille francs, un tailleur construit cette espèce de phalanstère coliséen, et il y gagnera, dit-on, un million ; tandis que, dix ans auparavant, la maison du café Cardinal, dont le rez-de-chaussée rapporte aujourd'hui quarante mille francs, fut vendue pour la somme de deux cent mille francs !... Buisson et Janisset, le café Cardinal et la Petite Jeannette (combien de déjeuners, d'affaires, de bijoux, de fortunes, en peu de mots !) forment la tête de la rue Richelieu. N'est-ce pas la cuisine, l'habit, la robe, les diamants, et tout Paris peut-être ? car rien ne se fait sans cela ou pour cela.



Qu'est ce donc que cette Maison Dorée que citait Balzac et nombre d'écrivains?

Vever écrit : C'est dans sa boutique (celle de Mme Janisset) que se donnait rendez vous la brillante jeunesse de l'époque, "dandys", membres du "Jockey", élégants habitués de la Maison Dorée, lanceurs de mode toujours à la recherche d'une nouveauté.

Cette maison dorée se situait près de la maison Janisset sur le boulevard des italiens, si Vever dit que ce restaurant avec salons fut construit en 1839, d'autres parlent de 1840-1841.
De 1836 a 1857, le Jockey Club occupa le premier étage d'un vieil hôtel situé au coin de la rue Grange batelier (aujourd'hui rue Drouot) et du Boulevard Montmartre a deux pas de chez  Janisset



De nos jours, c'est la BNP qui se trouve à la place de la Maison Dorée.
L intelligence et le savoir faire de Madame Janisset fut de s'attacher la clientèle des lanceurs et faiseurs de mode.
A cette époque Vever nous précise que madame Janisset était dans tout l'éclat de sa beauté, très recherchée dans sa mise et toujours gantée de blanc et c'est elle qui servait avec une bonne grâce parfaite, cette clientèle d'élite. On se rapportait à elle pour le choix du bijou destiné à un cadeau "car on était sûr qu'il serait du meilleur goût"



1839 dans le Figaro, Janisset offrait un prix au courses: en effet Le Jockey Club a été créé en juin 1834 par la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux, qui organisa, dès mai 1834, les premières courses à Chantilly.


Tiré du livre d'Anna Tabakhova" Le fermoir en bijouterie 

Vever à propos de Janisset  nous indique ce qu'est un fermoir Cadenas.
" Les cadenas étaient alors(en 1840) ce qu on a appelé les boites à cliquet, atteignant parfois d'assez grandes dimensions, ils formaient souvent un véritable motif au milieu du bracelet. Les sabots, placés de chaque coté du cadenas central, étaient aussi des sortes de boites dans lesquelles s'attachait la partie souple du bracelet: Chaînes, tissus d'or, cheveux nattés"




Divers bijoux de l époque Louis Philippe dont des pendants d'oreilles en cheveux.
Les bijoux en cheveux sont de deux sortes : soit ils renferment des cheveux (médaillons), soit, et surtout à partir de 1840, ils sont fabriqués avec des cheveux (bagues, bracelets, chaînes).
Les cheveux ont tout d’abord été conservés sous forme de mèches incluses dans des bijoux, en souvenir d’un être cher éloigné ou disparu. 

"Vers 1840, l’artisanat en cheveux est à la mode : travaillés comme du textile, les cheveux sont alors tissés, tressés, parquetés pour confectionner des bagues, des pendants d’oreilles, des sautoirs ou des bracelets. Les cheveux de la famille ne suffisant plus à la demande, il est parfois fait appel à des toisons étrangères (cheveux de paysannes pauvres achetés ou échangés lors des foires) que les artisans spécialisés utilisent pour réaliser des bijoux et des compositions artistiques "
Musée National de la Malmaison et Compiegne



"Caprice" une pièce de théatre d'Alfred de Musset ou d'emblée on cite Janisset montrant a quel point il était célèbre. Ce fut le début du succès théâtral pour Alfred de Musset. Jules Janin est élogieux dans Le journal des débats et Théophile Gautier déclare dans "La Presse" que cette pièce est « tout bonnement un grand événement littéraire. » Elle sera jouée à la Comédie Française.



1840 : dans un livre sur les dépenses extraordinaires de Balzac, Janisset est cité de nombreuses fois.

Laissons parler Falize: "Madame Janisset résolut de quitter sa boutique du passage des Panoramas pour s'établir plus grandement sur l'emplacement de l'hôtel Frascati, maison de jeu du coin de la rue de Richelieu et du boulevard, qu'on avait fermée en 1837, puis démolie, où l'on construisait une grande maison de rapport.Mme Janisset se fit présenter les plans de cette maison et y choisit ce qui pouvait lui convenir (rez-de-chaussée et entresol). Alors, je fus chargé de tracer sur une copie de ce plan les diverses divisions nécessaires pour la boutique, le bureau, un étroit couloir, le salon et la salle à manger prenant jour sur la cour. (Le salon entre la boutique et la salle à manger, éclairé par des portes tout en glaces.)"



En 1842 Janisset est installé au 112 rue de Richelieu. Au tout début de la rue , au coin du boulevard Montmartre.

Alexis Falize dit aussi à propos de son passage chez Janisset: "Mon succès fut rapide. Les nouveautés que je créais augmentèrent la réputation de la maison Janisset, au point que plusieurs marchands, pour lesquels je ne pouvais travailler, firent acheter chez Janisset les modèles qu'ils faisaient copier par d'autres fabricants."



Une rare photo de bijoux de Janisset  par Vever qui ecrivait"c'est madame Janisset  qui la première, eut le talent de vendre des très beaux bijoux pour hommes et d'un prix élevé"



Dans le JDD de 1843, déjà les escroqueries classiques au préjudice des bijoutiers. 




A l'exposition des produits de l'industrie Française en 1844 on découvre un de ses fournisseurs , il n'y eut donc pas que Falize. Ses fournisseurs étaient des bijoutiers talentueux, comme Marchand, Chaise, les frères Marrel, et certains travaillaient exclusivement pour elle, tel Aristide Robin(Joureau)




Madame Janisset avait lancé ces grandes chaînes et grands sautoirs, mais elle vendit aussi de nombreux modèles de chaînes pour homme (en dehors des châtelaines).



Coupe Janisset

"La maison Janisset ne se contente pas d'être la maison de prédilection des riches et galants sportsmen de Paris. Tous les ans elle fait du sport pour son propre compte; elle donne des prix de course; tantôt un poignard entouré de pierres fines, tantôt une coupe d'un travail précieux et exquis. Dimanche, la coupe est échue à M. de Rothschild et à son cheval Commodore Napier. Elle tiendra dignement sa place sur les dressoirs de l'honorable consul autrichien, mais l'Illustration a songé aux amateurs qui ne sont pas admis dans les salons de la rue Laffitte; regardez admirez." publié par L 'Illustration

1850 dans le "Nouvelliste" pour le prix du président, Janisset offre un service à Thé


Les ennuis judiciaires de Madame Janisset , elle fournit un Prince de Salerne, il ne paye pas mais un huissier chargé de récupérer la créance de Madame Janisset se voit opposé que le Roi de Sardaigne défend aux princes ses fils de souscrire des lettres de change!!!!!


Heureusement elle a fini par être déchargée des condamnations prononcées contre elle



Mémoires d'un Bourgeois de Paris




1851, commentaire sur sur l'exposition internationale de Paris , intéressant ces noms, sauf que je n'ai pu trouver quoi que ce soit sur cette maison Gloria Marlet, et pourtant il est cité dans le "Rapport du Jury Central sur les Produits de l'industrie française"



1852 "La presse" Courses à Chantilly



1852  La "Revue de Paris" nous montre a quel point Janisset était populaire, le Joaillier de l'époque était Janisset.


1854 , dans l Annuaire général du Commerce.


1855 dans le "Paris Illustré" il est affirmé que Janisset est l'un des premiers bijoutiers du monde!!!!

En 1856 Le Figaro signe un article qu'il ne referait pas en 2017, il parle de Janisset, et n'est pas tendre avec les autres.

"Le diable entretient à Paris, à grands frais, les sept péchés capitaux, Il les loge comme des princes, et tire de leur appui un grand secours pour l'oeuvre de damnation éternelle. Chacun d'eux a pignon sur rue, paie ses contributions, et serait officier de la garde nationale, si l'on nommait encore les chefs de la garde civique à l'élection. Ils .ont des frais de représentation ni plus ni moins qu'un correspondant du Times ou un ambassadeur extraordinaire.
L'orgueil est commanditaire d'Halphen, le marchand de diamants, et de Janisset, le bijoutier de la fashion; il emploie les grandes nouveautés du Louvre et les plumes de Batton Bender lui vend des voitures par centaines; Crémieux lui fait venir des chevaux anglais. L'orgueil, galant avec les dames, leur offre le cachemire indien, la rivière de brillants, la robe de lampas, et autant de bagues aux doigts qu'en avait cette belle volage qu'un génie enfermait inutilement au fond delà mer. L'avarice a un grand crédit à la Banque de France.Sa signature vaut de l'or, car on sait qu'elle ne paie en billets que pour gagner les intérêts de l'argent qu'elle déboursera a terme. Si elle ne donne pas des bons de pain aux indigents, elle n'en fait pas moins la joie future des familles, elle engraisse les héritages. La paresse est reçue dans le grand monde comme une qualité du meilleur genre. On l'affuble d'un doux nom italien, le farniente. Elle est la providence des gens actifs, qui sont à ses gages et font sa besogne; elle a même des prétentions au puritanisme, à la morale,à la sainteté. Ne rien faire, dit-elle, ne saurait être faire mal elle ne pense pas que l'immobilité engendre la paralysie, et la paralysie la mort.
Demandez à Chevet, à Potel et Chabot, aux Frères Provençaux et à Véfour, la suppression de la gourmandise, -ils pousseront des cris de paon;| si on les écoutait, il faudrait exiger du pape son inscription comme quatrième vertu théologale. D'après le dogme, Grimod La Reynière, Brillat-Savarin, le marquis de Cussy sont en enfer, ces gourmands enracinés. Après tout, quand on a aimé le feu de la cuisine, on a fait un apprentissage des feux du Diable, il n'y a peut-être que quelques broches de plus."




Dans le Journal "Monstre " l'alphabet des pierres précieuses, bien!...mais ce mot Uraine de quelle pierre s'agit il?

Puis, les choses se dégradèrent,  car Madame Janisset et son mari dépensèrent sans compter et dépensaient encore plus a mesure que les affaires prospéraient.
Ils achetèrent une très belle propriété à la campagne ou ils recevaient le Monde, carrément table ouverte, avec tout ce que compte cette expression, parties de toutes sortes, toilettes nouvelles,  réceptions continuelles.
Madame Janisset n'a pas vu les évènement arriver, les affaires devenaient de plus en plus dures pour
les autres, car la situation générale avant la révolution de 1848 n'était pas favorable au commerce et arriva ce qui devait arriver, les antagonismes s'exaspèrent, en ces temps d'épidémie, de choléra, de disette, de crise financière , de rivalités politiques ou de querelle à propos des écoles religieuses. Les incidents qui se produisent plus régulièrement dans la capitale qu'en province vont amener a nouveau les barricades.

Ses clients non plus n'ont pas vu les évènements arriver, qui dépensent à crédit, et de plus
"il n'était guère possible de refuser un long crédit à des clients qui se laissaient entraîner d'autant plus facilement qu'on ne les tourmentait pas pour le paiement" d'apresVever.

La Maison Janisset va sombrer quelques années plus tard et comme cela arrive aussi de nos jours, elle entraîne dans sa chute de nombreux collaborateurs fabricants auxquels il était dû de grosses sommes d argent qu'ils ne purent recouvrer, Falize en fit partie.

Vever qui connut un témoin de cette époque, rapportait que la "détresse fur si grande chez Janisset que le marchand d'or refusa toute fourniture, si minime qu'elle fut, et un jour il fallut absolument trouver quelques grammes du précieux métal pour exécuter un bijou commandé, "on ramassa toutes les rognures de l'atelier et ce qui restait de limailles dans les peaux et on le fondit en se servant d'une pipe en terre en guise de creuset" c'est dire.......



1861 dans "l'abeille Impériale"



Malgré de courageux efforts La maison Janisset ne put se relever, les clients étaient partis ailleurs et ne revinrent pas.
En 1861; Jules Chaise, qui avait repris le fonds en 1860, ne parvient pas à le relever. pourtant ne serait ce que ses bagues, Jules Chaise avait des modèles intéressants.
Le souvenir était quand même assez vif pour que l'on continue à parler de Janisset et j ai trouvé des témoignages pour les années qui suivaient.




1863 Le Petit Journal . Article intéressant d'autant que Bourguignon va devenir la maison "Clerc" place de l Opéra à Paris


1864: Société des gens de lettres. Un témoignage qui nous affirme que Madame Janisset était une femme de coeur.


1868 : La Satire du siècle de Louise Collet


1869  La Chanson Illustrée, encore un de ces articles qui nous montre la réputation et la popularité de Janisset




1870 texte du Journal Le Rappel

Autre enterrement, — à Paris celui-là. On a enterré hier le chef de la maison Janisset, M. Jules Chaise, mort d'une façon dramatique.
Il y a deux mois, il passait rue de la Chaussée-d'Antin, à l'angle de la rue La  Fayette, quand, voulant éviter un omnibus, il ne vit pas une voiture de maître qui le renversa.
Le cocher retint les chevaux, qui avaient le sang vif, et qui piétinèrent le malheureux. Quand on le ramassa, il avait des coups de sabot par tout le corps.
Le maître de la voiture, M. G. C., descendit, aida à relever le blessé et à le transporter chez un pharmacien. Lorsqu'on lui eut lavé le visage, méconnaissable par les plaies et par la boue, M. G. C. poussa un cri :
— Jules !
Le blessé était son cousin.


C'est chez Jules Chaise que firent leurs débuts, comme apprentis, Albert Chaise son neveu, Boucheron son cousin, Jacta père et, bien antérieurement, Charles-Martial Bernard.



1878, Janisset  se conjugue déja au passé



Pourtant!!, nous sommes en 1878!



1880 On cite Victor Hugo dans la revue des deux mondes, Juliette Drouet , la maîtresse de Victor Hugo, a des dettes,  et elle en doit beaucoup à Janisset.



1878 Ces demoiselles de l'Opéra.

Si vous avez des photos de Bijoux Janisset , des documents, etc, adressez les moi à richard.jeanjacques@gmail.com