vendredi 22 mars 2024

EDYAD, puis EDY: la famille Pochiet ,

Une maison mystérieuse, importante vu le nombre et la qualité de ses clients bijoutiers. Il y a les "grands" joailliers , mais s'il n'y avait qu'eux,  presque personne n'aurait de bijoux.


Cliquez sur toutes les photos pour les agrandir:

Quand on connait la liste de ses clients bijoutiers joailliers, tels, Clerc Paris, Meister à Zurich, Michelon a Montpellier, Beaumont à Lyon, Bornand à Marseille,  Wegelin à Lyon,  Rischmann et Devos à Anvers et des dizaines d'autres clients  qu'il notait dans ses publicités, on s'interroge et je me suis interrogé .
Car nombres de documents citent la Maisonn PIOCHET, moi-mème dans un de mes articles, j ai écrit Piochet: https://www.richardjeanjacques.com/search?q=Piochet
Mais évidemment quand on cherche, on ne trouve pas, il faut donc reprendre un travail classique de généalogie, d'archives etc .


Le premier Pochiet que j'ai trouvé fut Nicolas Pochiet, il demeurait à Rouen (ma ville natale) il s'était marié en 1827.
Il eut un fils Alphonse  François Pochiet qui naquit le 20-06-1837, il était bijoutier, il fut mis en faillite avec liquidation le 3/12/1891, mais  obtint un concordat en 1893 et put continuer à exercer.


Mais avant, Alphonse François, avait le 09/10/1866 épousé Julie Thiebaut et le 15-05-1877  naissait leur fils, Maxime. A cette époque ils habitaient au 45 rue de Turbigo à Paris.


En 1880 Alphonse François était actif, il déposa un brevet pour un systeme d'émaillement de maillonsplat formant des colliers, chaines, etc au moyen d'un fil de métal caoutchouc ou autres.


A 20 ans Maxime Pochiet fut recruté pour son service militaire, ce qui nous permet d apprendre qu'il mesurait 1m75, qu'il avait les yeux bleus les cheveux et les sourcils bruns. Son service militaire fut ajourné en 1897-1898-1899.


En 1900  Son père Alphonse François  est déplacé et indemnisé( en raison de gros travaux) du 105 boulevard Serrurier au 16 rue de Montmorency.
Maxime Pochiet  aimait bien les employées de commerce , mais il n'épousa pas la premiere  Anna Pauline Kuhn (1879-1958)  et ils eurent une fille Alice Emilienne Aximilienne  qui naquit en mars 1901



Mais en Avril 1901, il se marie avec une autre, Jeanne Joséphine Seintinès dont il divorcera en 1906.


En janvier 1905 Alphonse Pochiet est installé au 16 rue de Montmorency et Maxime travaille avec lui


Il est déclaré "Insoumis "en 1915 il a eu de la chance car en 1917 le Général Pétain avait été très dur: 
2 400 poilus ont été condamnés à mort et environ 600 fusillés pour l'exemple, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés. Ces condamnations sont prononcées pour refus d'obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l'ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie (en 1917).


1913-10-25 Maxime Pochiet épouse Jeanne Marie Thierry de Bar sur Aube, il habite en 1913, rue de la convention à Paris


                                                            1918, dans "Le Journal" 


Le 21-07-1919 Pochiet embauche


En 1901 Anna Pauline Khun accouche d une petite fille, elle n'est pas mariée, 7 ans après en 1908 Maxime reconnaitra Alice Emilienne Maximilienne et lui donnera son nom.


René Auguste Morin joaillier, (fils de Auguste Leon Morin, bijoutier marié à Jeanne Denise Pochiet ), épouse Alice Pochiet (apparemment sa cousine) qui au moment de son mariage habitait rue de Bretagne chez son père Maxime Pochiet




Il y a tellement peu de bijoux en circulation identifiés comme étant de la maison EDYAD, et Laura-Fleur Goulignac www.BijouxAnciensParis.com  a vendu cette bague de belle facture qui n'avait plus de poinçons mais qu'elle a identifié grace à cette publicité de 1923.(signée EDYAD sur la tranche de l'anneau)


Article du journal "le Télégramme" en 1923:
Eyad . Les bijoux signés, exclusivement en or ou platine orné ou nonde pierres fines, se font en tous modèles, à tous prix et sont toujours des ,joyaux artistiques .indéfinimentt garantis par un certificat d'origine  contre tous vices de fabrication.  Ils sortent dela plus importante fabrique de Joaillerie Parisienne, fondée en 1859, et ne. sont «établis qu"en modèles pieces unique,ou à un très petit nombre d'exemplaires par- des artistes spécialisés dans le style Edyad_ D'une simplicité riche et  distinguée.
ils ne sont portés que par des personnes de bon goût .Les joyaux Edyad représentent le summum de la perfection aux points de vue de la  qualité, solidité, élágance Les numéros de  "l'Illustration" de Noël et du 22 décembre donnent un  aperçu de quelques unes des .derníères créations Edyad . En outre  M. André de Fouquieres, dans le Figaro  et le Gaulois ; Mr Pierre de Trévières dans l excellent hebdomadaire féminin, "Eve" dans le "Cri de Paris" et dans "l'Art et la Mode" ont consacré aux bijoux Edyad des chroniques du plus vif intérèt.


1923 Maxime Pochiet est installé au 12 rue de Bretagne à Paris


12 rue de Bretagne de nos jours


1923 autre publicité dans le journal "Le Gaulois"


1923 Eve le premier quotidien féminin


Dans Eve


1924 L'article ci dessous se trouvait dans la revue "La Femme chic"



EDYAD BRACELET rond, rigide, en or jaune 750 millièmes, serti d’une amazonite cabochon en navette, dans un motif floral Art Nouveau. Signé. Poids brut 17grs 10 revendu par Versailles Encheres


1924 dans le Journal des Etrangers


En 1925 un miroir à main EDYAD en argent


1925 Une page de publicité dans le journal L'Illustration, si Eyad fabriquait des bijoux plus "courants" que ceux de la place Vendôme, Maxime Pochiet avait une très importante clientèle à Paris, en province et en Europe . C'est pourquoi je publie à la fin de l'article la liste de ses clients, liste qui est aussi très intéressante pour l histoire de nos métiers. 


Publicité de 1925

Les maisons Alphonse Pochiet, Galli, Brissac, Mantoux, Rottembourg, Auxoeufs, Pinard, Marion, Girard, Boirier, Chrétien et Leconte, Plancq & Cie, Demond, Benoist, Bouquant ont été reprises par  Maxime Pochiet. 

1925 : Bracelet cabochon de Cornaline sur or gris 750/1000° et émail .


Ce bracelet a été revendu par la maison Mohs, https://maisonmohs.com/product-category/tous-les-bijoux-vintage/ : qui m'a fait parvenir ces photos apres publication de cet article,avec cette légende:
Merci pour votre article sur Edyad ! J'ai enfin pu authentifier un bracelet que nous avons ! je l'en remercie


1925 dans le "Journal du Midi"


Edyad Pochiet (erreur à l'impression) Médaille de Bronze a l Exposition de 1925


Composé d'un collier, serti de plaques d'or sculptées ajourées serties de cornaline en cabochon ; et une paire de boucles d'oreilles en suite . Revendu par la maison Christie's
Métal : or jaune 18 carats. Pierres : 10 cabochons cornaline Signature : Edyad  Marques de test françaises Taille/Dimensions : 43,0 cm de longueur, 7,5 cm de hauteur du pendentif ; 5,3 cm de longueur des boucles d'oreilles, 1,4 cm au point le plus large Poids brut : 40,8 grammes Vers 1925



1925


Petites annonces  de Maxime Pochiet  en 1925



1925 dans le Figaro


Publicité dans le journal de Colmar.


 la Vierge de Font Romeu  est descendue chaque année le 8 septembre, en grande procession par les pèlerins jusqu'au hameau d'Odeillo ou elle séjourne l hiver.


Ces couronnes de la Vierge et de l enfant Jésus sont en Or, pierres précieuses et perles.

L institut du grenat de Perpignan cite: Si en 1926 la maison Velzy à Perpignan a reçu les honneurs pour les couronnes de la Vierge de Font-Romeu, ce sont toutefois les ateliers parisiens EDY qui furent mis à contribution pour la partie technique. Cet atelier avait été créé par Maxime -Pochiet , joaillier à Paris 3eme, 12 rue de Bretagne.

Maxime Pochiet pris le nom de sa seconde épouse, DAYDE, qui lu à l’envers allait de venir l’atelier EDYAD. Ensuite le nom fut réduit aux trois premières lettres EDY. Il cessa son activité en 1935,(il exerçait encore en 1936.ndlr) déjà très affaibli financièrement par la crise de 1929.
Documentation aimablement fournie par l’association des Amis de l’Ermitrage de Font Romeu (Mr Gil) suite à la visite en 2006 de Mr Jean Jacques MORIN, ex joaillier et petit fils de Maxime Piochet.


Maxime Pochiet est dans l'annuaire des Chateaux en 1927


J ai trouvé une photo de son chateau


1926 dans la Revue de L Horlogerie Bijouterie Orfèvrerie


Isabelle Marc qui exerce a Biarritz, m'a autorisé à publier cette broche vendue par elle: 
"Broche Or Blanc,cristal,diamants Et Perle Art Deco Vers 1925"Broche or blanc,cristal dépoli diamants et perle Art Deco. Forme de lozange. Diamants serti griffes. Poinçon tête d'aigle. 
Signé Edyad.0130 7458 or blanc 18KT 750/1000 ème
 

Sur la tranche les N° et la marque EDY mail d'Isabelle: isabemarc6409@gmail.com


1927 le nom de EDYAD est modifié en EDY


1933 ce poinçon est insculpé  par le mari de la fille de Maxime Pochiet ,le symbole est un brillant avec les lettres  RMP se trouve dans la revue AZUR de 1937 à 1983 l'adresse 39 rue Volta à Paris


Poinçon réel sur le site du ministère de la culture


1935 Dans l'Annuaire industriel


1938 Journal "Le Yatch"


               La coupe Eyad est offerte par MM Daydé ,C'est René Daydé qui remporte la régate.


Maxime Pochiet fabriquait aussi des apprêts pour la bijouterie


Je découvre que la Maison Rey-Coquais de Lyon avait racheté le fonds de commerce de Maxime Pochiet. Cette maison est toujours à la même adresse en 2024


Importante BAGUE « plume » en platine (925‰) et or gris (750‰) ajouré, à motifs rayonnants, serti d'un saphir ovale cabochon (égrisures), entourée de diamants taille 8/8. Travail français, vers 1950. Poinçon de Maître du joaillier MORIN-POCHIET 39, rue Volta 75003 Paris. Doigt : 47. Poids brut : 12,4 g....







Fanny Chaudet ​est située dans le célèbre Marché aux Puces de Paris Saint-Ouen, la boutique est spécialisée en décoration murale vintage et ancienne. Elle propose  un large choix de peintures, dessins et estampes d'époques, styles et thèmes variés.


Elle avait acheté ces dessins  à Jacques Morin Pochiet, le petit fils de MaximePochiet 


Elle a eu la gentillesse de me les adresser, vous avez reconnu la marque  de René Morin Pochiet  
Au début installé 17 rue Béranger puis 39 rue Volta à Paris.
Son poinçon a été insculpé (enregistré à la garantie) le 25 février 1933 il représente un brillant et les lettres R.M.P.
Plus tard ce sera Morin Pochiet fils et successeurs, ce qui fait qu'on les retrouve encore en 1983.
Je vous les livre ci-dessous



























LISTE DES CLIENTS EYAD

BEAUMONT, rue de la République. WEGELIN, rue de la République. AGEN. _ PARDIEU, boulevard de la République. AIX-LES~BA/NS. FORME, Husson ALENCON. CHANTEAU. rue du Cours. 
AMIENS. _ MAEGHT, rue des Trois-Cailloux. ANGERS  QUIGNON-ROMBACH, chaussée Saint-Pierre. ANGOULEME.  VIVIER, rue Saint-Martial. ARRAS. DUFOUR-BRASSART, rue Ernestale. 
BELFORT.  DOYEN, boulevard Carnot. BIARRITZ.  SERVAN, place de la Mairie. BOULOGNE-SUR-MER.  BALY-DESCHIRON, rue Victor-Hugo. BREST.  AUBERT, PRIEUR, successeur. rue de Siam. CAEN.  GOUPIL-VARDON., rue Saint-Jean.CALAIS.  CAILLIAU-NEUT, boulevard Pasteur.
CANNES.  CRAPEZ, rue d'Antibes. CHALON-SUR-SAONE. ROUTABOULE, rue du Châtelet.
CHAMBERT.  DEYRES, place Saint-Léger. CHERBOURG. _ LALANDE, rue du Bassin. 
DAX.  DUPRAT, rue des Carmes. DIEPPE.  DUTHUIT, Grande-Rue. ROUEN LE CARPENTIER rue Grand-Pont. LEPAUVRE, rue Jeanne-d”Arc. PE RPI GNA N CHARPENTIER, rue de l”Argenterie, et 
VELZY, rue de l'Argenterie. BORDEAUX SERVAN, place Gambetta. MESNARD, place Gambetta. 
MICAS, cours Intendance. DOUAI.  BEGARD, rue de la Madeleine. DUNKERQUE.  MAEGHT et ARDAENS, rue Clemenceau. GRENOBLE.  CHANAS et FERRUIT, Grande-Rue. LAON.  BERGER, rue Saint-Jean. LE HAVRE.  GALIBERT, place de l'Hôtel-de-Ville. LE MANS. LEROUX, rue Dumas. 
LE .MONT-DORE, LA BOURBOULE.-ALEVEQUE  LIMOGES.  COIFFE. rue du Clocher. 
LORIENT.  LANGREE, cours de la Bove. Succursales a QUIMPERLE et AURAT. MACON. MARCHAND, rue de la Barre. MAUBEUGE. MEIJERS, rue de Mons. MENTON.  FORME, Husson, ST, av. Félix-Faure. METZ. DELAITRE, rue Fabert. MONTAUBAN.  FACHAT, place Nationale.
MOULINS.  ARTAULT, place de PI-Iôtel-de-Ville. MULHOUSE.  PFENNINGER, rue du Sauvage.
NANCY.  LAVA, rue Saint-Dizier. NANTES.  GIMILINI, rue Crébillon. NEVER S.  BRAULT, rue du Commerce. NICE.  RUDIN-COURTESSOLE, av. de la Victoire. LILLE BOUTRY, rue des Manneliers.
FRANCIS DE GRAVE, rue de la Bourse. GRANDS MAGASINS DU LINGOT D”OR, Grand-Place,
DIJON BRETON, rue de la Liberté. MONTPELLIER, MICHELON, rue de la Loge. 
COGNIOUL, rue Bossuet. DURAND, rue de la Loge. MARSEILLE ARISTIDE BEL, rue Saint-Ferréol. BORNAND, rue de Paradis. NIMES.  THOME, rue de l'Hôtel-de-Ville. ORLEANS. GALLON, rue Royale. PARIS-PLAGE.  BALY, rue Saint-Jean. QUIMPER. _ CARON, rue du Parc. 
RELMS. _ MAURICE MICHELOT, AU LINGOT DIOR, place Drouet-d°Erlon. RENNES.  JOBART, place du Palais. ROUBAIX. MONCHART, Grande-Rue. ROTAN. _ COURTESSOLE, rue Gambetta.
SAINT-ETIENNE.  HAFNER, rue Gambetta. SAUMUR.  MERLE, rue d'Orléans. STRASBOURG. _ E. KELTZ, GEORGES BLOCH, ST, rue de la Mésange. TOULON. _ BLANCHETIERE, quai de Cronstadt. TOULOUSE._ ANCELY, GRACH, Sf, r. de la Pomme. TOURCOING. _ DENIS GRAU, Grand Place. TOURS.  MINOT, rue Nationale. TROYE S.  MASSON, rue Notre-Dame. VALENCE. MICHELON, place du Palais de Justice. VALENCIENNES.  MARGERIN, rue Du Quesnoy.
VANNES. LANGREE, DEMEURÉ, SF, rue Billault. VICHT.  MOREAU, passage Giboin.
CLERMONT-FERRAND BOUCHET, place Royale. LAMAZIERE, rue Des Gras. BÉZIERS 
HATTON, LEISER, ST, rue de la République. RUSTAN. rue Française. ÁLGER. _ BIELLE, rue d”Isly. ORAN. PRAT, boulevard Seguin. 

BELGIQUE: ANVERS OSTENDE BRUXELLES RISCHMANN et DEVOS, rue des Tanneurs. MAISON LENS, RISCHMANN, ST, rampe de Flandre.RISCHMANN et DEVOS rue Montagne de la Cour. NAMUR  MONS STURBELLE, FALLON, rue de l'Ange.  SPORCQ, rue de la Coupe.
SUISSE :  GENÈVE  POCHELON, place Fusterie. WEGELIN, quai du Mont-Blanc.

BERNE RUOF, Christoffelgasse.  LAUSANNE SCHWOB, place Saint-François. ZURICH  MEISTER, Banhofstr.


Line VAUTRIN: Bijouterie Joaillerie? Non!, bijoux d'artiste et fantaisies poêtiques.

La plus ancienne photographie que j'aie trouvé de Jacqueline Vautrin fut publié par un journal "La Coiffure de Paris"  en 1935...