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samedi 27 novembre 2021

Suzanne Belperron, Bernard Herz, dénoncés par un avocat antisémite Louis Brideau !! , L'épilogue.

" Le 20 novembre 1942  , je suis arrêtée par la Gestapo et conduite avenue Foch"


Je me suis permis de coloriser la photographie  de Suzanne Belperron, parce qu 'elle était ainsi

Suzanne Belperron va découvrir qu'elle a été dénoncée et dans une lettre révèle cette dénonciation.

"La maison Suz Belperron  dissimule une affaire juive, par consequent l'ancien propriétaire continue à faire d'importantes affaires, elle détient notamment les bijoux de Lord Carnavon et on ne trouve pas dans cette maison de bagues à moins de 75000 francs"

Mais qui l'a dénoncée??   Est ce le Brideau qui est membre de "L'Action Française"? 

Cette Action française (abrégée en AF) qui est une école de pensée et un mouvement politique nationaliste et royaliste d'extrême droite, soutien de la maison d'Orléans, qui s’est principalement développé dans la première moitié du xxe siècle en France.

En 1938 les idées de Brideau sont exposées clairement ,1938   dans l action Française:

Au «Jeune barreau français» Un rapport de Mr Brideau sur l'invasion étrangère dans le Barreau Au cours de la réunion mensuelle du « Jeune Barreau français » qui avait lieu hier matin, notre ami  Louis Brideau a donné lecture d'un rapport qui a été très remarqué où il a proposé un certain nombre de mesures propres à mieux assurer  la protection de la profession d'avocat. ' Mtre Brideau a attiré tout particulièrement l'attention de ses confrères sur un des aspects les plus intéressants du problème qui prend chaque jour une importance plu considérable : Nous voulons parler de l'invasion du barreau de Paris par des éléments qui ont singulièrement modifié depuis quelque temps le caractère séculaire de notre profession. Depuis une vingtaine d'années, nous assistons en effet à l'envahissement de notre barreau par des étrangers venus notamment de tous les ghettos du monde. Il est temps aujourd'hui d'étudier les remèdes propres à mettre un terme à cet état de choses qui risque de nous faire perdre aux yeux du public la considération qu'avaient valus à notre Ordre les magnifiques talents de nos confrères des siècles passés et leur haute conscience professionnelle. Mtre Brideau révèle que, parmi les jeunes avocats qui ont prêté serment ces dernières années, il y a une proportion de 43% de Juifs : « Voulez-vous me dire, s'est-il écrié, dans quelle usine de France on pourrait trouver une proportion semblable ? » Le conseil de l'Ordre est désarmé, aucun texte n'obligeant le futur avocat à parler correctement français. Dernièrement, un Juif allemand qui n'avait qu'une connaissance fort vague de notre langue ayant été écarté par le conseil de l'Ordre, la décision fut infirmée par la cour d'appel. Le décret pris récemment, obligeant les licenciés en droit qui veulent s'inscrire à un barreau de justifier d'au'moins dix ans de naturalisation, est tout à fait insuffisant. Ce n'est pas en dix ans qu'un étranger peut s'assimiler nos usages, notre civilisation, nos traditions. Il est grand temps d'arrêter le flot qui menace de nous submerger dans un avenir très proche, a conclu Mtre Brideau. Il ne serait pas exagéré d'exiger la condition d'être né Français, avec une seule  exception en faveur des étrangers ayant combattu dans nos rangs. 

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Il est préférable de consulter cette lettre de Suzanne Belperron  sur un écran d'ordinateur pour mieux la lire


Telles que les décrit Suzanne Belperron, les choses sont claires, les délateurs sont Maitre Brideau  avocat au 3 rue Pérignon à  Paris, sa femme et ses amis les Debrun 70 boulevard Soult à Paris.

Evidemment, je dois prendre des précautions, j ai vérifié, et la suite de cet article va le démontrer amplement  jusqu'à l'épilogue.

Je découvre une généalogie sur un site célèbre qui indique ceci pour un Louis Georges Jean Brideau:

Né le 13 avril 1903 - Mâcon, 71270, Saône-et-Loire, Bourgogne, France
Décédé le 25 avril 1989 - Paris 13 éme, à l'âge de 86 ans
Avocat
Marié le 18 septembre 1939, Arcueil, 94003, Val de Marne, Ile-de-France, France, avec Paule Lucienne Madeleine CASAU 1909-1997 (voir note)
Possédaient une maison familiale à Verzé (Saône et Loire) habitée par leur filleul Philippe Prompt fils de Simone CASAU

C'est donc notre homme, mais j'essaye de trouver et comprendre  ses motifs, aurait il eu une altercation, ou des problèmes avec Bernard Hertz et Suzanne Belperron? ou simplement de l' antisémitisme aggravé?



Mais mes découvertes nous emmènent bien au delà,  en 1941 Maitre Brideau fait une conférence sur le "Juif et la musique"  au palais Berlitz pour l'exposition le "Juif et la France"


Importante paire de CLIPS‐PENDANTS d’OREILLES « Cascades » en platine (950‰) et or gris (750‰)
composé de cinq alignements de diamants taille baguette, se terminant par des diamants taille brillant.
Travail français, vers 1950.
Le fermoir clip, typique, modifié par Madame Suzanne BELPERRON.
Long. : 5 cm. Poids brut : 37,8 g.
Provenance : Ecrin de Madame HERZ. Expertise Annabelle Cukierman : https://cukiermanauction.com/



Suzanne BELPERRON (1900‐1983)
Paire de CLIPS d’OREILLES « Égyptiens » en or jaune (750‰) à motif de goutte bombée, bordée d’un alignement de saphirs, rubis et émeraudes,
calibrés, alternés.
Travail français, vers 1937-42.
Poinçon de Maître du joaillier GROENE et DARDE.
Accompagnée d’un certificat d’origine de Monsieur Olivier BAROIN confirmant qu’il s’agit d’une création de Suzanne BELPERRON, vers 1937‐1942.
Dim. : 2,7 x 1,7 cm. Poids brut : 11,9 g.
Provenance : Ecrin de Madame HERZ. Expertise Annabelle Cukierman: https://cukiermanauction.com/




Suzanne BELPERRON (1900‐1983)
CLIP de CORSAGE « Groseilliers » en platine (950‰) et or jaune (750‰) orné de perles d’émeraudes (égrisures et chocs) chacune flanquée
d’un diamant taille 8/8, les feuilles festonnées serties d’un alignement de diamants taille 8/8.
Poinçon de Maître du joaillier GROENE et DARDE.
Travail français, vers 1937.
Accompagnée d’un certificat d’origine de Monsieur Olivier BAROIN confirmant qu’il s’agit d’une création de Suzanne BELPERRON, vers 1937.
Dim. : 4,5 x 4 cm. Poids brut : 28,4 g.
Provenance : Ecrin de Madame HERZ. https://cukiermanauction.com/



Cliché provenant des Archives allemandes 

« Le Juif et la France » est une exposition raciste et antisémite s'étant déroulée du 5 septembre 1941 au 15 janvier 1942 à Paris, durant la Seconde Guerre mondiale. Elle est organisée et financée par la propagande de l'occupant allemand à travers l'Institut d'étude des questions juives (IEQJ). Cette exposition s'appuie sur le travail de George Montandon, professeur à l'École d'anthropologie de Paris et auteur du livre Comment reconnaître le Juif ? publié en novembre 1940. Cette exposition se veut donc « scientifique ».
Ce fut un magnifique travail de sape, une exposition  qui approcha les 200.000 visiteurs, la même exposition fut présentée dans de grandes villes de province et eut un grande influence sur certains français.
L'exposition est inaugurée au palais Berlitz par le propagandiste antisémite Paul Sézille, secrétaire général de l'IEQJ, qui en a rédigé l'introduction du catalogue. Deux semaines auparavant, du 20 au 25 août 1941, avait eu lieu la seconde grande rafle parisienne, au cours de laquelle 4 232 hommes ont été arrêtés.(Wikipédia)

Mais qu'est l'IEQJ?  L'Institut d'étude des questions juives (IEQJ) est un organisme créé en France sous l'occupation allemande, avec le soutien de la Propagandastaffel (bureau de propagande allemande). D'abord nommé Bureau d'information et d'étude des questions juives, il est rapidement rebaptisé de l'acronyme IEQJ (pour « Institut d'étude des questions juives ») et officiellement inauguré le 11 mai 1941. En mars 1943 l'IEQJ devient l’Institut d'études des questions juives et ethnoraciales (IEQJER)
Or nous verrons plus loin que Maitre Brideau est membre de cette organisation



Le Commissariat général aux questions juives était installé place des Petits-Pères, dans le bâtiment de l'ancienne banque Léopold Louis-Dreyfus.

Le siège de l' Institut d'études des questions juives qui était l' instrument de propagande du CGQJ (commissariat général au questions juives)  se trouvait à Paris, 21 rue La Boétie, dans un immeuble appartenant à Paul Rosenberg, propriétaire d'une importante galerie d'art réquisitionné par les nazis, l'IEQJ n'avait, en tant qu'organisme privé directement contrôlé par les services allemands, pas de lien formel avec le régime de Vichy.




1942 le 9 janvier Maitre Brideau est cité dans le Journal "Le Matin"

En 1942 Louis Brideau a 39 ans 


Le 10 janvier 1942  dans le Petit Parisien


Que faisait il à l'I.E.Q.J



Le 6 juillet 1942 dans "l écho de Nancy"



Bernard Herz est donc arrêté le 2-11-1942 et presque aussitôt envoyé à Drancy, Suzanne Belperron écrit dans sa lettre de 1944, que Bernard Herz est resté a drancy de Novembre 1942 jusqu'au 3-9-1943 pour être envoyé à Auschwitz, mais en 1944 on ne connaissait pas encore les parcours des déportés.
De même que la famille Herz n'apprit qu'en 1945, ce qu'était devenu Bernard Herz.




C'est pourquoi je crois bon de publier ces fiches



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Cette fiche est terrible car il est noté "Ne pas libérer" en bas de la fiche,alors que beaucoup d'autres l'ont été donc la décision est prise.




Bernard Herz a bien été envoyé au camp de Beaune la Rolande, on peut même lire, écrit au crayon en haut de la fiche "Baraque 7"

Tiré de Bundesarchiv_Bild_101I-250-0939-04A, _Beaune-la-Rolande, _Gefangene_in_Lager, _Baracken




Herz, citoyen français, le gouvernement de Vichy avait assuré qu'on ne livrerait pas de Juifs Français, qu'on arrêterait pas ceux qui avait fait la guerre 1914........




Nous savons donc désormais que Bernard Herz est arrivé au camp de Beaune-la- Rolande le 9 mars 1943, la fiche dit qu'il a été arrêté à Paris par la police au cours d'une rafle et je crois que c'est la vraie explication, et non à son domicile.

Lettre de Bernard Hertz

Expédier : Jolly 21 Février  1943    
4 Rue Chalgrin, 4è Avec mandat : 100F


Chère amie

Triste dimanche, je m’ennuie, je m’ennuie, pour remonter le courant il faut que je cause un peu avec vous.
Mon ennui quotidien a été adouci un peu hier matin par l’arrivée de mon colis de linge, avec ce joli veston d’intérieur gris et bien chaud ; je pourrais vous dire merci à toutes les lignes, aussi je ne le dis plus.
Les déportations avaient repris l’autre semaine, on les voit partir pour de destinations inconnues ; j’espère que cela ne m’arrivera pas, il serait encore plus embêtant d’aller de ghetto en ghetto ; celui-ci est assez pénible et dégoutant mais adouci tout de même par ces beaux colis où l’on trouve de temps une petite fleur, et je reconnais l’écriture.
J’avais un peu d’espoir il y a 7 à 8 semaines quand le médecin de la préfecture, Brocard m’avait fait appeler, m’avait demandé si j’étais parent avec Lifchitz radiologue à Rothschild et je croyais qu’après mon ausweis de Compiegne par les médecins Allemands, il allait m’envoyer à Rothschild, ce qu’il peut faire facilement ;il a du en parler au médecin chef d’ici car ce dernier m’a envoyé a l’infirmerie en étant très aimable et sans m’ausculter, mais le médecin chef a été évacué et Brocard a du m’oublier, peut être un mot de Lifchitz servira-t-il a moins que vous ne fassiez quelque chose dans un autre ordre d’idées, car en somme, je n’ai pas de délit, peut être l’U.G.I.F peut faire quelque chose, car en ce moment s’il y a tous les jours des arrestations il y a aussi beaucoup de libérations …
Depuis deux jours il y a des visites médicales jusqu'à 65 ans comme si maintenant on allait faire des équipes de travailleurs, est-ce qu’il y aurait une libération des plus de 65ans, c’est possible, on ne sait jamais rien .
Comme précaution, car on ne sait jamais jamais ce qui peut arriver ici, ci-joint un testament ; peut être en avez-vous un ; j’en avais laissé un dans mon bureau 38 avenue du Président Wilson, mais mon bureau est-il toujours là et les papiers ont-ils été jetés ?
Dans le cas ou vous en auriez un, lisez les tous les 2 gardez ou remettez au notaire (choisissez probablement Vidy) celui que vous trouverez le mieux fait.
Je ne regrette nullement d’être resté à Paris, l’absence sera moins longue, si c’était à refaire je le referais.
Pardon de tous les ennuis que je vous cause je ne vous occasionne que cela alors que j’aurais tant voulu faire votre bonheur, merci pour tout.
Bernard 


Mais le 10 juillet 1943, Aloïs Brunner ordonne la fermeture du camp de Beaune-la-Rolande. Les 600 internés qui y demeuraient encore, sont pour partie transférés à Drancy, pour partie affectés à l’Organisation Todt 24. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alois_Brunner

C'est à cette époque que Bernard va être renvoyé à Drancy.

Anne Sebba dans son livre "les Parisiennes"insiste sur le fait que Bernard Herz espérait être transféré de Drancy à l‘Hôpital Rothschild. Elle précise dans une note en bas de page 158 :



Suzanne Belperron doit subir les pires vexations, ainsi le 22-01-1943 il lui est demandé de prendre un engagement sur l honneur qu'elle n'est pas Juive, ni ses parents, ni ses  arrière-grands Parents.




En 1944 il est membre de la Revue Astronomie, il est parrainé par Camille Flammarion


1945, il apparait que Brideau,  dans le dossier du fasciste admirateur de Hitler,  Lucien Rebatet,  apparait comme un militant antisémite acharné.
Au passage Rebatet était un ami de René Lacaze, le fameux dessinateur de Van Cleef que Renée Rachel Puissant Van Cleef ne voulut pas réintégrer chez Van Cleef & Arpels, pendant la drôle de guerre, lui n'avait pas compris, nous la comprenons mieux. Mauboussin  l'embauche. 




L épilogue est dans le Journal Combat en 1947, il a fallu  attendre plus de deux ans pour arrêter Bouchez et Laville les dénonciateurs de Harry Baur le grand acteur.
L'article le précise ce sont 30 délateurs antisémites parmi lesquels  Mtre Brideau avocat à la cour d'appel de Paris.

Revenons un instant sur Harry Baur
Au début de l'occupation  vers juillet 1940, Bernard Herz,  le mentor de Suzanne Belperron est interrogé plusieurs fois. Une première fois, grâce à l’intervention de sa grande amie Rika Radifé, l’épouse de l’acteur Harry Baur, Suzanne Belperron parvient à le sauver de la gestapo.
Henri Marie Rodolphe Baur, dit Harry Baur, né le 12 avril 1880 dans le 11e arrondissement de Paris3, ville où il est mort le 8 avril 1943 en son domicile dans le 9e arrondissement, est un comédien français, considéré comme l'un des plus grands de la première moitié du xxe siècle. **


Harry Baur en 1940

Des le début de l'Occupation, des journaux français antisémites l'accusent d'être juif. L'acteur s'en défend en faisant publier un certificat « d'aryanité » et écrit à l'hebdomadaire Je suis partout une lettre que le journal publie : « Actuellement à l'étranger. Je viens d'apprendre que M. Alain Laubreaux m'a qualifié de « néo-aryen ». Cette expression pouvant prêter à équivoque, je tiens à préciser, de la manière la plus catégorique, que je ne suis pas aryen de fraîche date, mais aussi vieux aryen que quiconque. Je veux espérer que l'incident est clos8. » C'est alors que Joseph Goebbels, très préoccupé par la prééminence du cinéma français sur une production « germanique » qui a effectivement été anéantie par la politique antisémite des nazis, le fait venir à Berlin pour tenir le rôle masculin principal dans Symphonie d'une vie (Symphonie eines Lebens) d'Hans Bertram aux côtés d'Henny Porten et de Gisela Uhlen.

Quand il rentre en France au printemps 1942, la rumeur sur ses origines reprend de plus belle et est une nouvelle fois dénoncée. Theodor Dannecker demande alors à Charles Laville, ingénieur biologiste, chef des services scientifiques d'études aux questions juives de faire le portrait morphologique du visage d'Harry Baur. Dans le rapport qu'il lui transmet, il conclut « que le grand acteur présente à un degré fortement accusé toutes les caractéristiques sémitiques ». En avril 1947, Charles Laville sera inculpé pour intelligence avec l'ennemi et écroué à la prison de Fresnes9. Harry Baur est arrêté avec sa femme le 30 mai. Dannecker est furieux qu'un Juif ait pu tenir le premier rôle d'un film allemand. Emprisonné à la section IV J de la Gestapo pendant quatre mois dans des conditions très rudes, Harry Baur subit plusieurs séances de coups, dont une de douze heures. Au cours de l'une d'elles, il se relève et déclare au SS Hauptsturmführer :
« Il sera plus digne pour vous de frapper un homme debout. »

Il est libéré le 19 septembre 1942, ses tortionnaires lui signifiant : « nous avons toujours su que vous n'êtes pas juif ». Reinhard Heydrich, le supérieur de Dannecker, était, par ambition, en conflit avec Joseph Goebbels. L'artiste n'était que la victime de la rivalité des deux dignitaires nazis. Âgé de 62 ans, Harry Baur ne se remettra cependant jamais des séances de torture subies et meurt à peine moins de six mois plus tard, le 8 avril 1943 au 3 rue du Helder Les autorités allemandes, pour ne pas être accusées d'avoir causé sa mort, interdirent aux journaux de l'annoncer.(wikipedia)



Jugement de Louis Brideau


Un peu de prison, puis Louis Brideau est condamné à 8 ans d'indignité nationale, alors combien de gens comme Bernard Hertz a t il dénoncés et envoyés de par là même en déportation et à la mort ?
C'est un jugement indécent.

L'indignité nationale est un crime créé en France par l'ordonnance du 26 août 1944, durant la période d'épuration à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce crime d'une très grande gravité, commis par un militaire ou un civil durant l'occupation allemande, est sanctionné par la dégradation nationale, prononcée par des juridictions d'exception qui ont été constituées durant cette période. 

L'indignité nationale est punie de la peine de la « dégradation nationale », à perpétuité ou à temps (cinq ans et plus). La dégradation nationale entraîne la mise au ban du condamné et fait partie des peines afflictives et infamantes. Il perd bon nombre de droits :
    • exclusion du droit de vote,
    • inéligibilité,
    • exclusion des fonctions publiques ou semi-publiques,
    • perte du rang dans les forces armées et du droit à porter des décorations,
    • exclusion des fonctions de direction dans les entreprises, les banques, la presse et la radio, de toutes fonctions dans des syndicats et organisations professionnelles, des professions juridiques, de l'enseignement, du journalisme, de l'Institut de France,
    • interdiction de garder ou porter des armes.
Le tribunal peut également prononcer des interdictions de séjour du condamné sur le territoire et la confiscation de tout ou partie des biens. Le versement des retraites est également suspendu.


On compte 50 223 cas de dégradation nationale à titre principal (3 578 par les cours de justice et 46 645 par les chambres civiques), et 3 184 peines suspendues « pour faits de résistance ». En tout, près de 100 000 personnes sont condamnées à la peine de dégradation nationale à titre principal et complémentaire, ce qui en fait la sanction la plus appliquée durant cette période4. On note, parmi les condamnés, Philippe Pétain, Pierre Laval, Charles Maurras et Louis-Ferdinand Céline.


Ce chef d'accusation n'est plus utilisé à la suite de la loi d'amnistie de 1951.

La loi de 1951 accorde une amnistie de plein droit, totale et sans condition, aux condamnés des chambres civiques qui avaient été relevés de leur peine de dégradation nationale pour faits de résistance. Les autres condamnés à la même peine peuvent bénéficier de l'amnistie si la peine est inférieure à quinze années


Louis Brideau est décédé le 25 avril 1989 - à  Paris 13 éme, à l'âge de 86 ans

Pendant que Brideau détruisait des hommes et des femmes,   Suzanne Belperron produisait des pieces comme celles-ci, un merveilleux bracelet diamants et Saphirs










Pour m' avoir procuré ces photos de bijoux de Suzanne Belperron, merci à Olivier Baroin, l’expert de Suzanne Belperron

La Golconde 9 place de la Madeleine 75008 Paris.

+33 (0)1 45 25 55 75

+33 (0)6 71 82 48 03


**


1947

https://youtu.be/_bwgUf4xy5A


mardi 6 août 2019

1900 L'ART NOUVEAU, LALIQUE? évidemment!, mais les autres?

Il y a les "grands" joailliers, ceux dont les intérêts sont développés  par des groupes financiers, mais souvent ils n'ont rien fabriqué, et puis il y a les petits, les oubliés et pourtant leur travail à toutes les époque a été indispensable au développement des styles du bijou!!!!!



Sotheby's  a revendu cette boucle de cape double en argent en partie émaillée, nacre et jade, de Edouard de Martilly,  produite en France, vers 1900. Chaque partie de forme auriculaire à décor de troncs d'arbres, les feuilles émaillées en vert, sur un fond de nacre irisée, avec deux pendants en jade en forme de pommes de pin. 7.8 cm 

Vous ne le trouverez pas dans le Dictionnaire international du bijou,  et pourtant!!  
Boucheron et Chaumet firent des concessions à l'Art nouveau, mais pas Cartier. 
Je vous propose des photographies de l'époque. J'ai retouché du mieux que j ai pu ces photos passées et jaunies. Peu de texte, juste des photos  de 1903 et 1904 après la grande exposition universelle de 1900 à Paris.



Cliquez sur les photospour agrandir tous les documents

Justement  Edouard de Martilly , sur cette planche, quatre bijoux de lui tout à fait comparables aux plus grands  de l'Art Nouveau. 



Edouard De Martilly s'intéressa aussi à la sculpture, voici un bougeoir en bronze "la femme fleur" on peut  voir sa signature, 




Le N° 3 est de Aimé Arnould. J'ai traité cet artiste et éditeur intéressant.  



Aimé ARNOULD. Papillon et tulipes. Entre 1912 et 1922. Collier Art Nouveau en or jaune composé - d'un motif central figurant un papillon aux ailes ajourées, de profil posé sur des tulipes épanouies et d'une fine chaîne alternant brins stylisés et anneaux ovales. Signature sur un élément de la chaîne. Longueur total : 42 cm. Poids brut : 14.11 g (750°/00)



Poinçon de Aimé Arnould



Ces deux pendules, l' une en bois et bronze, l autre en Bronze argenté, sont très intéressantes et ces couverts par Henri Dubret me font penser que je devrais lui consacrer un chapitre, il a essayé de sortir du classique, peut être aurait il pû aller plus loin.



1905 Broche de Henri Dubret revendu par Christie's De forme rectangulaire à décor ajouré en or, figurant des papillons en émail polychrome ponctués de diamants taillés en rose et de grenats, des fleurs et des feuilles émaillées, certaines serties de grenats démantoïdes, d'améthyste et de diamants, dans un encadrement rehaussé d'une ligne d'émail bleu marine, vers 1905, poinçon français, poinçon de maître d'Henri Dubret, montée en broche,Signée Henri Dubret



Poinçon de Henri Dubret en 1904




Les Anglais n'étaient pas en reste , ils avaient créé le style Arts and Crafts pour combattre les effets de l industrialisation.



J ai réuni beaucoup d informations sur Edmond Henri Becker, en particulier sur ces pendules:https://www.richardjeanjacques.com/2019/07/edmond-becker-le-plus-grand-medailleur.html




Poussielgue-Rusand fabriqua beaucoup d objets religieux, il eut le courage d' imposer des objets comme ce calice dans le style Art Nouveau. Une église le possède t elle toujours dans son patrimoine?




Rare calice avec coupe en or 750. Le calice en vermeil, la fausse coupe ornée de trois motifs piriformes en diamants dont cinq disposés en croix sous une frise ajourée d'enroulements à décor de fleurettes. Le nœud composé de huit larges godrons. Le pied rond à décor ciselé de fleurs et appliqué de pierres fines autour d'une croix en diamants. Poids : 524 g. dont coupe en or 154 g. - H. : 25 cm. 
Poussielgue Rusand surtout connu pour ses objets liturgiques fut l'auteur du "Maitre-autel" de l'église de la Sainte Trinité de Paris et de la couronne de lumière de la Cathédrale Notre Dame de Paris. Il reçut le titre de Fabricant de Saint Père le Pape.



A propos de Poussiegle Rusand et sa légion d honneur, un passage du journal intime de Vever en 1898



Il faut savoir que la plupart des légions d honneur sont attribuées par les ministères, chacun ayant un quota à distribuer. Le ministère du commerce par exemple demande aux fédérations professionnelles de lui proposer des noms.
Alors les exploits????
Vever nous montre qu'il faut attendre et savoir attendre, donc Sandoz ne l' a pas eu en 1898 mais il l'a eu en 1902,  en 1908 il est nommé Officier et en  1926 commandeur de la légion d'honneur au titre du ministre du commerce, il avait du rentrer dans le rang des organisations professionnelles.
Mais notre brave Poussièlgue Rusand Fils??? Son père était officier de la légion d honneur décédé en 1889 , il ne semble pas qu' il ait eu cette honneur prédit par  Vever.


D'ailleur Poussielgues  père avait choisi Monseigneur Victor Felix Bernadou, Arhevèque de Sens, Eveque d'Auxerre, primat des Gaules et de Germanie.
Cela se comprend, il fabriquaient surtout des articles religieux.

Mais si nous prenons les Van Cleef et Arpels, Ils ont tous été décorés par l ' intermédiaire du Capitaine Marty , secrétaire du grand chancelier de l'ordre de la Légion d honneur,.
Marty , cousin de René Bousquet (Il est l'organisateur principal de la rafle du Vélodrome d'Hiver de  et de celles d'août 1942 en zone sud. Il dirige également la police française aux côtés de l'occupant lors de la rafle de Marseille, en .)., sut les protéger alors qu' ils étaient juifs quand il y eut la guerre et qu il était prefet de police à Vichy, alors les Arpels,  après la guerre et après que Marty ait été condamné pour collaboration, surent le remercier en l embauchant chez Van Cleef. Pas rancuniers!!!!
Quant à Maurice Mellerio, son dossier n'est pas consultable, mais il ne la méritait pas, voir: 

J en ai discuté de vive voix avec Laurent Mellerio, lorsqu' il m a rendu visite en Avignon et j ai maintenu mon article.




Philippe Wolfers , la maison a été crée en 1812, la famille était d origine Hollandaise, il y aurait beaucoup a dire sur ce Joaillier dont on ne sait si c'est lui qui a influencé Lalique ou l' inverse, à l exposition de 1900 il employa beaucoup les perles, les tourmalines , les agates, les améthystes, les opales, les cornalines, j'avais rencontré son fils à une réunion des Joailliers Français dans les années 1960 .
Il entra dans la petite salle de réunion "Bonjour , je me présente: Wolfers, 300 employés" 





Dessinés par C.R. Ashbee Londres

Ashbee, Charles Robert (1863-1942) Royaume-Uni. 
Né le 1863-05-17  mort : 1942-05-23 Architecte et designer. -  : réformateur social. 



Dessiné par C.R. Ashbee Londres




Wagner: je n'ai écrit sur lui que très peu (provisoirement) figurez vous qu' il eut un ouvrier célèbre , mais plus tard, " l'écrivain Céline" qui fut ouvrier bijoutier chez Wagner allez  sur 

Sur cette planche (ci-dessus) Edouard Monod et encore Henri Dubret




Réunis sur une même page : De Martilly, Boutet de Monvel et Wolfers!!!
Boutet de Montvel, un immense artiste.



MrArthur Gaskin et Mme Acocks Green de Wortestershire



Ces peignes, véritables Bijoux sont de Henri de Waroquier, qui fut un artiste complet, grand peintre, sculpteur, graveur, décorateur.De 1904  à 1906  il expose des  bijoux en Corne certains avec des formes végétales stylisées, Il vécut 92 ans et changea de styles souvent au cours de sa longue carrière.



Boutet de Monvel N° 1 & 2


Je trouve intéressante cette plaque de cou de Ecalle de Paris, 
Ecalle était un Horloger important, toujours au Palais Royal en 1892, responsable important de la chambre syndicale des Horlogers . Puis installé au 19 Boulevard de la madeleine en 1900   Il devient Bijoutier et expose dans les deux disciplines a l exposition universelle de Paris en 1900.


Dans son dossier de légion d honneur  en 1900 il avait 54 ans



Il participe en 1908 à l Exposition Universelle de Londres et pourtant, je n'ai pas trouvé de bijoux de lui




puis René Beauclair : N°4 et 5: J ai déja publié des dessins de lui: 


Il dessina de tout, mais après 1925 se tourna vers l ameublement.


Le N° 6 c'est Paul Emile Mangeant que vous aviez déjà vu en première page 
Peintre, sculpteur et publiciste. - Membre de la Commission départementale des arts et des antiquités de Seine-et-Oise. - A été professeur de dessin à l'Ecole d'horticulture de Versailles


1904 Bijoux en nacre de Paul Emile Mangeant

MANGEANT (PAUL-ÉMILE) Peintre et décorateur français. Il expose au Salon
de la Société nationale des beaux~arts de 1895 à 1914 et, à partir de 1899, exclusivement des bijoux et quelques objets d'orfèvrerie. En 1903, Emile Mangeant indique sa propre adresse, 104, avenue de Paris, à Versailles, et celle de La Maison Moderne, 18, rue Tronchet, à Paris. En 1904, il présente des bijoux en argent dont certains sont ornés de cuirs de Clément Mère et de Waldraff.
Mangeant réalise des bijoux extrêmement construits en argent forgé, repoussé et en nacre, dont les contours très apparents évoquent la tradition anglaise des Arts and Crafts, volumes simples, presque naïfs - peigne hippocampe en
ivoire, boucle violettes, rehaussés de pierres de couleurs sourdes.( E.Possémé)




Deux pendules en cuivre repoussé,d'Alfred Daguet mais réalisées par 'L'Art Nouveau, maison Bing à Paris.






Le Peigne N° 1 est de Henri Dubret. 
Henri Dubret est un sculpteur et bijoutier formé à l'École des Arts Décoratifs de Paris. Il expose pour la première fois en 1897 en tant qu'orfèvre au Salon de la Société des Artistes, puis en tant que bijoutier dès 1899.

Les 2 et 3 sont de Lucien Heurtebise, sculpteur. 

Le 4 est de Edouard Monod qui était: licencié es-sciences, artiste décorateur bibliothécaire de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Orfèvre et ciseleur, ce n'est qu'a partir de 1912 qu' il prend le nom de Edouard Monod Herzen, professeur a l'école des Arts Appliqués, il devient ensuite un grand spécialiste de la Psychanalyse

le N° 5 Georges de Ribaucourt dessinateur , il remporte en 1902 le premier prix du concours organisé par la Revue de la Bijouterie Joaillerie. 




Broche de Lucien Heurtebise qui contrairement à beaucoup d'autres, à l'époque de l'Art Nouveau,  était spécialisé dans l usage des diamants.






1904: En bas à gauche , intéressante pendule de Paul Follot qui était le fils d un fabricant de papiers peints, élève d'Eugène Grasset.  Il commence sa carrière d'après Evelyne Possémé, comme dessinateur de la "Maison Moderne" de Julius Meier- Graefe (d'ou viennent les chandeliers en haut de page)  Il a exposé des bijoux au salons des Artistes décorateurs français en 1905 Participe d'ailleurs a ce salon de 1904  à 1914, (voir le dictionnaire international du Bijou)  


Encrier de Paul Follot, on voit sa signature à droite revendu par Christie's



Miroir à main de Paul Follot revendu par Christie's

Puis pendule de A Waldraff.  Les N° 8 et 9 sont des pendules en porcelaine de chez Bing et Gründahl.

Les N° 5-6-7 sont de Maurice Elysée Dufrene



Vers 1900 il publie un recueil de 24 planches intitulé "Les Bijoux". Je vous présente deux de ces planches, je consacrerai un jour un chapitre à Maurice Dufrene. 
Les N° 5-6-7, sont de Maurice Elysée Dufrene, il était peintre et décorateur, avait fait ses classes à l'école des Arts décoratifs Lui aussi avait commencé sa carrière à la Maison Moderne et certains de ses bijoux y ont d ailleurs été édités a partir de 1901. C'est vers 1911 qu' il rejette  comme son compagnon Paul Follot, l 'esthétique de l'art nouveau, pour l'Art Déco .



Dufrène sera l un des grands décorateurs de cette époque 1925, ci dessus le dessin d une chambre d homme et ci-dessous  deux meubles Dessins publié dans la Revue "Renaissance de l art et l industrie"




Un avis étonnant sur ce qui précède, je l ai trouvé dans le "Vogue " de décembre 1925:
Les Pavillons élevés par les Grands Magasins : Louvre, Galeries - Lafayette, Printemps et Bon Marché, sont peut être un des traits les plus caractéristiques de l'Exposition. Chacun de ces magasins a un atelier d'art, dirigé par un artiste choisi entre les plus célèbres et les plus délicats. M. Poirier qui avait fait sa fortune dans la bonneterie, n'en reviendrait pas. Et c'est peut-être le plus réel progrès depuis le temps où Emile Augier créait M. Poirier. Aujourd'hui, un Maurice Dufrène, un Ruhlmann, un Laprade, un Follot concourent à la fabrication courante, au modèle usuel, au meuble vendu en série.
La vieille idée de Ruskin, qui souhaitait bannir la laideur du plus modeste logis, se réalise. Et peut-être l'homme qui a dessiné avec goût une table ou un fauteuil a-t-il le droit d'en être plus fier que de beaucoup des œuvres qu'il signe. Car un fauteuil sympathique aux reins donne de bonnes pensées à tous ceux qui s'y reposent.

Maurice Dufrène, au Pavillon des Galeries-Lafayette, a fait toute une exposition du goût le plus subtil et le plus neuf. Le plan même du Pavillon, bordé d'une terrasse et limité par une enceinte de grosses colonnes de marbre blanc, est très ingénieux. A l'emploi du marbre blanc s'ajoute hardiment celui du fer forgé. M. Dufrène a même osé une salle à manger très réussie, où le métal joue le principal rôle. Imaginez, entre des murs de stuc bleu, une table de cristal portée par des lames de fer. Pour la desserte, une large console repose pareillement sur un souple bouquet de rubans métalliques, ouverts en éventail. La fenêtre, qui n'est pas moins originale, ressemble à un immense paravent de lumière.
Le plafond est une verrière. L'ensemble, entre gris et bleu et tout pénétré de rayons tamisés, est bien plus accueillant qu'on ne l'attendrait de ces matières inhumaines.......




avec le n°1 et 6 ce cher Charles Boutet de Monvel,cette broche orchidée, et les autres bijoux du N° 2 sont de Henri HirnéVever en a parlé , mais peu: 
 "Dans la même vitrine, une orchidée et des bagues ingénieuses de M. Hirné nous frappent par la beauté de leur coloris et leur exécution irréprochable." et 
"M. Thesmar, en plus de ses travaux habituels si parfaits, a placé dans sa vitrine l'envoi de M. Hirné, qui se compose de bagues ravissantes et d'une grande broche orchidée, impeccable d'exécution et de modelé. Dans la carène de la fleur, entièrement repercée, une couche d'émail rubescent, tour à tour transparent et sur champlevé, exalte l'harmonie des rouges avec le rubis du pistil"

Les N°3 et 4  sont de Gabriel Falguieres , ces bijoux reflètent ce Gabriel et pourtant, le dictionnaire international du bijou cite un Georges Falguieres que je n ai pas trouvé ailleurs , certains ont pensé que cela pouvait s'écrire sans "S" à la fin, c'est sans S que son poinçon a été enregistré, mais ces planches prouvent le contraire???


orfèvre
auteurFalguière, Gabriel
patronyme(s)Falguière
prénom (état civil)Gabriel
professionFabricant bijoutier
initialesG.F.
symbolesune croix de Lorraine
n° de garantieB158
n° de préfecture10525
date d'insculpation23 mai 1888
date de biffage10 novembre 1922
lieu(x) d'activité75
Paris
adresse de l'atelier23 rue Notre-Dame-de-Lorette


1902 d' après Christie's


1904 Gabriel Falguières


Ce bijou a été publié dans la revue de la Bijouterie Joaillerie de 1901 et le rédacteur qui doit être Vever a noté G.Falguieres,  et autant presque toute la profession est citée dans les Cahiers de Henri Vever en 1898, autant Vever ne dit rien de Falguières

Le N° 5 Plusieurs bijoux de Gaston Lafitte, mais il fit beaucoup mieux


Gaston Lafitte


Oeuvres de gaston Lafitte en 1906

J adore l adresse (postale) de Lafitte, il habitait 34 rue de la grande truanderie... membre de la société des Artistes de 1904 à 1904 il aurait même travaillé avec Lacloche.
Le N° 7 est de Jean Louis Bonny: Evelyne Possémé dit de lui  qu il alliait "la grandiloquence de la joaillerie du XIX eme  au répertoire formel de l'Art Nouveau.



L adresse de son magasin


Cette pièce de lui est exposée au Musée du Petit Palais

Lemaire, Georges (Fourquevaux, 19–01–1853 - Paris, 1914), sculpteur
Bonny, Jean-Louis, bijoutier - Joaillier
Date de production: 
Vers 1898
Datation en siècle: 
4e quart du 19e siècle
Type(s) d'objet(s): 
Arts décoratifs, Glyptique
Dénomination(s): 
Médaillon (bijou)
Matériaux et techniques: 
Pierre, Argent
Dimensions - Œuvre
Diamètre : 5.9 cm
Dimensions - Cadre
Hauteur : 11.2 cm
Largeur : 13 cm
Epaisseur : 1.5 cm
Marques, inscriptions, poinçons: 
Signature - Sur le côté : "Lemaire"
Description iconographique: 
Décor de feuillage pour la monture
Représentation végétale, Allégorie des Quatre saisons, Automne, Branche fleurie, Nu féminin, Vendange, Raisin, Vigne




Tout est de Charles Boutet de Monvel





Ces artistes joailliers sont originaires de Pforzheim

Mes connaissances en Allemand étant ce qu' elles sont, je ne puis faire de recherches, mais la planche vaut la peine


N° 6 : Edouard Colonna 
Édouard Colonna, né en 1862 et mort en 1948, est un orfèvre français  ( Bien qu il soit né en Allemagne, ait changé son nom car il se nommait "Klonne" mais il est mort à Nice à l'age de 86 ans). Il fait partie des jeunes artistes découverts par Siegfried Bing, l'un des principaux promoteurs de l'Art nouveau.

Le musée des arts décoratifs de Paris conserve quelques-unes de ses pièces, caractérisées par un style très sinueux

Il fit des études d'Architecture, et quitta l Europe en 1882 pour New York et travailla pour Tiffany, Evelyne Possémé nous précise qu'il partit pour Montreal en 1888 comme architecte, c'est sur recommandation de Tiffany qu' il va travailler pour "Bing" de 1898-99 à 1903  Après la fermeture du magasin "Bing", Colonna retourne au Canada puis New York en 1913 et revint à Nice pour se retirer en 1923. 




C'est à ce moment que se présenta à M. Bing un jeune artiste inconnu avec, sous le bras, un portefeuille tout entier consacré au développement de ce thème : « Lignes décoratives tirées de l'orchidée. » Edouard Colonna, de par l'espèce particulière de son talent, de par toutes les fibres de son cerveau, fut l'auxiliaire prédestiné et apparu à l'heure propice, pour la mise en oeuvre du programme imaginé.



Analysez les quelques spécimens représentés ici. Le plus souvent, le bijou Colonna ne prétend aucunement au rôle d'une somptueuse parure d'apparat. C'est plutôt l'ornement d'un usage familier, s'accommodant au besoin de la sévérité du costume tailleur et des étoiles de drap. Alors même qu'il compose des bijoux d'un puissant effet décoratif, M. Colonna ne cherche pas une magnificence d'effets que pouvaient seuls accompagner l'éclat des corsages de brocart semés de pierreries, les jupes aux plis magnifiques et tout le fastueux appareil des toilettes Renaissance ou Louis XIII. C'est dans l'équilibre parfait des formes, dans la pureté des lignes, que réside le charme discret de ses compositions. On remarquera à quel point la structure élégante et simple de ses pendants, de ses broches, de ses boucles de ceinture, s'harmonise avec la délicate silhouette de la femme moderne, la sveltesse de sa taille, la ligne onduleuse de ses toilettes. Ainsi se trouve réalisé cet accord du costume, du type féminin, avec la parure dont il convient de faire la loi essentielle de l'art du bijou.



Tous les éléments décoratifs des oeuvres de Colonna sont tirés de l'étude des formes végétales. Il n'en est guère où l'on ne trouve une interprétation ingénieuse de la plante, soit qu'elle ait suggéré le motif de la composition, soit qu'elle ait fourni seulement le principe de la ligne et des ornements. Telle broche figure une fleur d'orchidée, dont les pétales sont autant de perles baroques ; tel pendant, une courge encadrée de deux larges feuilles vertes 
tel autre, enfin, offre une combinaison de lignes entrelacées où l'interprétation de la nature se révèle encore dans la souplesse toute végétale des courbes. Nous ne saurions trop insister sur cette conception originale du caractère décoratif de la plante. C'est elle qui donne aux bijoux de Colonna des qualités de style et de distinction qu'on ne saurait puiser dans une imitation servile  la nature.


Est-ce à dire que la plante soit, parmi toutes les créations de la nature, le seul élément offrant un principe d'heureuses combinaisons ornementales ? Dans les ateliers de l'Art Nouveau, on n'a eu garde de restreindre, par un semblable parti pris, l'essor des artistes. S'il est indéniable que M. Colonna semble vouer un culte un peu exclusif aux beautés plutôt linéaires du monde végétal, nous voyons que M. Marcel Bing ne craint pas d'enfermer, par contre, en ses jolies silhouettes, tantôt quelque gracieuse effigie humaine, tantôt quelque forme habilement choisie parmi les mille variétés de la gent animale.




Mais un même principe sert de guide aux deux artistes, plus rigoureusement et plus facilement applicable,..applicable dans l'ordre des sujets où se meut le talent de M. Colonna, que dans le domaine préféré de M. Marcel Bing. Aucun bijou sortant des ateliers de l'Art Nouveau, qui ne marque la volonté de subordonner toute autre considération au souci des lignes harmonieuses et bien ordonnées. C'est surtout cet ordre de recherches qui a poussé M. S. Bing à fournir sa part de contribution au mouvement transformateur dont l'art de la bijouterie s'enorgueillit à notre époque. C'est le désir d'arriver, par une stylisation raisonnée des formes naturelles à ce parfait équilibre des masses, à cette synthèse rythmée de toutes les parties d'un objet, à cette répartition logique des pleins et des vides, seuls capables de procurer à l'oeil un point de repos. Cette façon de comprendre le bijou interdit évidemment l'espoir des fascinations éblouissantes de la première heure, dont bénéficient les compositions où la libre fantaisie s'est donné pleine carrière. Mais, en revanche, un autre résultat, et non moins enviable, s'obtient : au lieu d'exposer ses productions aux dangereuses atteintes d'une lassitude qu'entraînent souvent les premières attirances trop impératives, on parvient à les pénétrer de ce durable charme d'intimité, qui devrait être la vertu dominante de chaque objet destiné au contact journalier du regard.(Revue de la bijouterie Joaillerie 1901 )

Puis un témoignage de Henri Vever qui écrivit dans son journal intime de 1898:

par cette fin de belle journée d'ete, le coup d'oeil est feerique. Je reste en extase, en silence, savourant la douceur et l'harmonie de ces tonalités si variées de bois de champs de plaines, et cet horizon infini légèrement brumeux et doré. Il y a de quoi rendre rêveur le plus endurci - Les convives sont, en plus de moi, Mr de Radicikez [sic]directeur du Musée de Buda-Pesth, un homme charmant, parlant le français avec une correction et un charme rares, et Mr Colonna, un
jeune Canadien(?????NDLR) qui dessine pour Bing ses bijoux (flacons et broches) Art nouveau - Il y a aussi Mlle Jacobsen l'ancienne gouvernante des
Bing qui est très intelligente et très aimable et qui s'occupe beaucoup des affaires de Mr Bing. La conversation ne tarde pas à être intéressante, on parle Art nouveau, tendances nouvelles, exposition de 1900 etc. J'ai la conviction que nous sommes à une époque très rare, j'allais dire unique,  la production d'œuvres d'art nouvelles. Tout le monde est saturé, dégoûté, écoeuré, de voir rabâcher depuis tant d'années les vielles rengaines des styles Louis XV et
autres, on commence à n'en plus vouloir, coûte que coûte, on veut réellement du nouveau. On commence à en produire, ce mouvement se dessine avec une rapidité inouïe, surtout depuis deux ou trois ans (Liberty, Lalique, Tiffany, Grasset, Cheret, Gallé, etc. etc...). On verra  en 1900 l'ensemble de ce mouvement rénovateur, dans toutes les branches de l'industrie d'art


N°7  je trouve très beau ce coffret à bijoux de Georges  de Ribeaucourt, parmi certains excès de l'Art nouveau , ses lignes sont une réussite
Ribeaucourt , élève de l'école des arts décoratifs, s'était d abord orienté vers le dessin industriel.


Puis en 1902 il gagna le premier prix d un concours organise par la Revue de la bijouterie Joaillerie Orfèvrerie, 



1903 belle pendule de De Ribeaucourt, observez le balancier.
En 1902 il expose une collection d objets d'art et des dessins de bagues prêtées par Sarah Bernhardt (Evelyne Possémé) Il aurait également travaillé avec la maison Arthus Bertrand.


Bague de  De Ribeaucourt



1906 sur des dessins de De Ribeaucourt




Boutet de Monvel, je l'ai cité dans cet article.

mais Georges Bastard non! C'est un tabletier,  qui est issu d'un longue lignée de tabletiers depuis le XVII eme siècle, mais il suivit d'abord les cours des Arts décoratifs.
Après être retourné chez son père ou il continua son apprentissage sur  la nacre, l'ivoire, l'écaille, les pierres dures, le jade et même le corail , il crée des objets Art Nouveau , avant de rencontrer un réel succès a l exposition de 1925 pour ses éventails. C'est un grand artiste qui travailla avec d'autres grands artistes.


Il dépassa l art des tabletiers ici une broche en nacre et perle , 1906 revendue par l'excellent antiquaire de Monaco Robert Zehyl


Autre broche en nacre de Bastard chez Robert Zehyl


Eventail de Georges Bastard en 1912



1913 ce bel éventail de G.Bastard parfaitement réussi, mais de facture Art Nouveau, il se trouve au Musée d'Orsay.


Alors que ces deux là, datant de 1927 (publié dans art et décoration) sont Art déco  et superbes , taillés dans de la nacre



Je n'ai trouvé que peu de bijoux à vous montrer  de lui , pourtant , il en fabriqua de très intéressants. ceux ci datent de 1927



Ce beau BRACELET en nacre (burgau) taillée et sculptée. 1925 Signé G.Bastard. Diam. 9 cm (3.5 in.)  a été revendu par la maison Artcurial



Ci dessus et dessous , travaux des élèves de l'école d'art appliqué de Prague en 1903 et 1904




Peintre, Sculpteur , créateur Allemand, Franz Boeres né en 1872 rentre comme modeleur en 1886 à Hanau dans une fonderie. c'est en 1904 qu 'il exposera ces bijoux dessinés pour Fahrner de  Pforzheim a l exposition de Saint Louis.


Il dessina du mobilier avec son style particulier, ses pièces contrastent avec les formes végétales du style Art Nouveau



Il associe l'argent et les émaux bleus , le plus souvent


Ce collier a été revendu par mes amis de la "Gallery Tadéma" de Londres



Franz Boeres fit partie du mouvement "Jugendstil" (équivalent en Allemagne de l'Art nouveau) qui est un mouvement artistique moderniste international embrassant toutes les disciplines à la fin du XIX eme siècle.
Le Jungen, est un mouvement global qui est apparu à Vienne dès la fin du XIXème siècle. Le Jungen, définit un mouvement « moderne », s’articulant autour de la « jeunesse » viennoise, qui se caractérise par un choc des générations et un contexte politique viennois libéraliste. Le Jungen concernant d’abord la culture, la philosophie ou la politique, va rapidement s’étendre aux arts, et va faire rupture avec un passé académiste.




Mais Franz Boeres associe souvent aussi de l or avec du Bleu ou du Violet



Toute cette page est consacrée a Georg Jensen, pour qui j' ai écrit un chapitre du blog: https://www.richardjeanjacques.com/2019/02/georg-jensen-lun-des-orfevres-les-plus.html

Ces bijoux datent de 1904, Georg Jensen débute à son compte, à Copenhague cette année là, cette page est très Art Nouveau et ne ressemble en rien au style qu' on lui connaîtra  quand il deviendra l'un , sinon le plus grand nom de la Joaillerie Danoise. Cette année là , il avait bénéficié d' une exposition personnelle au Musée des Arts décoratifs  de Copenhague.
Il passera deux année en France, à Paris entre 1924 et 1926 où il tentera d ouvrir un atelier, finalement il rentrera à Copenhague.



Emile Sedeyn écrivit à son propos en 1914:
« Ce qui caractérise l'œuvre de M. Jensen, c'est quelle nous vaut des objets vraiment usuels, qui sont en même temps des pièces d'art émanant directement de l'artiste, sans intermédiaire des procédés mécaniques, si nuisibles au charme du modèle le plus réussi.
Orfèvre, M. Jensen se refuse à confier à une interprétation mercenaire la réalisation de ses modèles; il reprend pour son compte ces anciens procédés manuels et ces outils simples et rationnels, dont l'artisan n'est pas esclave, mais le maître. C'est pourquoi ses œuvres si neuves, si fraîches, si franches de formes et de lignes, possèdent, en outre, des qualités de grâce et de noblesse que l'on se résignait peu à peu à ne trouver réunies que dans les pièces anciennes."




Ce sont des bijoux de  Frederick James Partridge (1877-1942) qui étudie à la Birmingham School of Art. Il est membre de la Barnstaple Guild of Metalwork et travaille avec Ashbee à la Guild of Handicraft à Chipping Camden. Il avait un atelier à Branscombe, dans le Devon, et s'installa vers 1910 à Dean Street, Soho, où il créa entre autres pour Liberty & Co
.
On le surnommait le "Lalique Britannique" Sur cette page , que des peignes sauf la broche N°8 qui attire toute mon attention.





Ce bijou date de 1905 et c'est à la Tadéma Gallery de Londres que vous pourriez l acquérir, 



Ce bijou, retourné, permet de voir la signature (FJP) de Frederick James Partridge.



Tiare en Corne et pierre de lune de Frederick James Partridge



1905 autre bijou de Fred en émail, argent et perles

Cette époque  "Art Nouveau" nous enchante, nous nous apercevons que ces bijoux étaient distribués dans des circuits souvent parallèles, et dans quelques grandes maisons mais à l'époque dans les années 1905 à 1915 que vendaient les bijoutiers?



Vever Rue de la Paix


Vous remarquerez que Chez Vever ou Mellerio, peu de pièces sont exposées en vitrines, à cette époque vous verrez aussi  que Mellerio n'était pas au 9 rue de la Paix mais au 16, à coté de Vever, en face de Cartier



Cliquez pour agrandir touts les photos



Vever , Mellerio,  Boucheron, Vaubourzeix,  étaient rue de la Paix, mais un bon bijoutier Horloger de centre de Paris où de quartier, que vendait il?




J ai écumé(un peu) les archives de la Bibliothèque nationale, à la recherche de bijouteries parisiennes , par exemple celle ci:  
La Maison E. Bailly, tenue par Mr Et Madame Leforestier.



Ne cherchez pas de nos jours ce "grands Magasins de Joaillerie" il semble que l' immeuble a été détruit avec la percée du centre Pompidou.
.



Mr Leforestier avec sa blouse d horloger vendait des colliers, des croix, des chaines, des médailles, des montres de poche et surtout des montres de poches "Omega"




Il vendait aussi des huiliers, des cafetières, des théières, des soupières,  pas tellement Art Nouveau


Mr et Mme Leforestier vendait aussi des cadeaux, des pendules (louisXV-Louis XVI, des cadeaux en porcelaine et autres,  des chandeliers et des statues en bronze!!!! Ce sont ces dernières qui sont à peu près époque 1900.
Apparemment l'esprit Art Nouveau ne les inonde pas.


Cette autre affaire, 1907 , la maison des perles à, Paris, neuf et occasion




L exposition Universelle ne les avait pas influencé dans le choix de leur offres?
Et pourtant, lisez mon article sur un grossiste fabricant de l époque, un gros effort avait été fait pour s'inspirer du courant Art Déco, c'était aussi en 1907.



N' hésitez pas à laisser des commentaires, même anonyme et je répondrai

richard.jeanjacques@gmail.com



Line VAUTRIN: Bijouterie Joaillerie? Non!, bijoux d'artiste et fantaisies poêtiques.

La plus ancienne photographie que j'aie trouvé de Jacqueline Vautrin fut publié par un journal "La Coiffure de Paris"  en 1935...