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jeudi 7 août 2025

BOULON & TARAGNAT importants Fournisseurs de CARTIER, de KELLER, restent cependant méconnus sous leurs noms

 Le premier mai 1920 Leon-Médard Boulon et Louis Taragnat se mettent en société.  Rapidement ils vont travailler pour Cartier, mais je n'avais jamais entendu parler d'eux. Début août 2025 je reçois un mail.



Bonjour Jean-Jacques,
Voici les meilleures images du poinçon d'atelier correspondant à l'étui à cigarette Gustave Keller dont je vous ai parlé et sur laquelle je bloque toujours! C'est étonnant car je je suis jamais tombé sur ce poinçon alors que l'objet est parfaitement exécuté . On lit R ou B&T . Pour le " différent", c'est une autre histoire..
Amicalement
Arnaud


La maison Aguttes le décrivait ainsi: GUSTAVE KELLER (1881-1922) Etui à cigarette en or jaune 18k (750) et argent laqué noir à décor d'un monogramme. Signé "G.Keller PAris" et poinçons. Vers 1900. Dim: 13 x 8,5 cm Poids brut: 168 g. 

Au passage qui est Gustave Louis Keller.
Gustave est né en 1812 décédé en 1894 , il est d'origine allemande, il fut d'abord ouvrier maroquinier en 1857 il fonde sa propre maison et fabrique des mallettes de voyage , en 1881 Gustave se lance dans la fabrication d'orfèvrerie et obtient un poinçon le 25/06/1881 une tête de mercure et les lettres  G.K.
Fournisseur des cours d'Espagne et du Tsar de Russie , ce sont ses fils qui au 8 rue de la paix, monteront un magasin


8 rue de la paix


Je pense plutôt que cet étui à cigarettes doit avoir été vendu par Keller Frères (grande maison d'orfèvrerie) qui ont exercé de 1908 à 1922 car Gustave Keller est décédé en 1894 et nous devons tenir compte du poinçon de Boulon et Taragnat qui n'a été insculpé que le 28-mai-1920


Boulon et Taragnat : un chat qui joue avec une balle et les lettres B.T.


Très peu de chose sur Louis Taragnat,plus précisément Louis Francisque Henri, qui est né à Clermont Ferrand le 10/10/1876 nous savons que son père était Cafetier-Limonadier.



Louis Taragnat fit son service militaire en 1896, a 20 ans , il est inscrit comme Orfèvre, il  mesure 1 mètre 68


Le 28/11/1901 Louis Francisque Taragnat épouse  Eugénie Clarisse Gillot qui était polisseuse
la francisque, est le nom traditionnel de la hache de jet des Germains occidentaux, que popularisèrent les Francs, alors que  la Francisque de Vichy, décoration du régime de Vichy et symbole personnel de Philippe Pétain, est également utilisé comme emblème officieux du régime.  Voir Robert Ehret:
https://www.richardjeanjacques.com/2021/06/robert-ehret-le-joaillier-qui-dessina.html


Pour  Léon Médard Boulon, plus difficile,  mais j ai trouvé son acte de naissance il est né le 13 mars 1877 ( et non le 18 dans le dictionnaire Verlet)  Ses parents étaient tous deux "Laitiers" 


En 1909 Louis Médard a un fils, Pierre Henri, il deviendra Artiste Chorégraphique et se mariera 4 fois.


1908


1920-05 dans le journal "Le Courrier"

Description du poinçon de Boulon & Taragnat
Boulon et Taragnat, Initiales  B & T  Adresse  75 rue Turbigo, Fabricants orfèvres. Symbole :Un chat jouant avec une balle.
Date d'insculpation du poinçon : 18/05/1920  Date de biffage  12 janvier 1939

Ils ont repris la maison Chailloux et Chailloux & Doisneau qui eux même avaient repris la maison Chauchefoin  et Dosne,... de grandes maisons. Chailloux travailla pour Cartier

Boulon et Taragnat vont créer  une société le 19-09-1923, leur société comme leurs prédécesseurs  sont spécialisés dans les articles de fumeurs, les boites en métaux précieux et les briquets.

Je pense qu' ils ont beaucoup travaillé pour Cartier, et d autres grandes maisons, mais ces maisons n'indiquant pas leurs fabricants il est très difficile de savoir quels bijoux ou objets précieux ont été fabriqués par Boulon et Taragnat, d' ou l'importance de publier les poinçons de maitres qui sont sur les pièces.



En 1923 Boulon et Taragnat fabriquent pour Cartier ce Coupe Cigarillo qui est en or, saphir ressorts acier 5 cm6 de haut.


Vers 1925 c'est un étui a allumettes fabriqué pour Cartier par Boulon & Taragnat, 4,5 cm sur 4,3 cm, il est en or, émail, cabochon de saphir.


Cet étui à cigarettes  a été fabriqué pour Cartier en 1925. En haut il est fermé, en dessous il est ouvert, il est en or et cuir.


1928  Création d'une nouvelle société


Couverture d'agenda par Cartier Or jaune 18K (.750), à décor émaillé noir de quadrillages fleuronnés cernés d’un double filet, le fermoir basculant, fait d’un bandeau serti de baguettes de corail entre deux filets émaillés noirs, terminé par une spatule triangulaire polylobée en corail, cloutée de trois diamants taillés en brillants (acc), l’intérieur gravé d’une dédicace daté 1928 ; comporte un porte-mine également en or guilloché Signé Cartier - Paris - Londres - New York - Made in France 52190 Poinçon du fabriquant : Boulon et Taragnat à Paris. Haut.: 9,7 cm | Larg.: 6,3 cm | Poids : 143,70


1928 : C'est un cadre en or, argent, lapis lazuli  fabrication Boulon & Taragnat pour Cartier 23 cm de haut. C'est une photo de Clark Gable en 1931 à l'intérieur du cadre.


Issue d’un travail des années 1930, cette boîte rectangulaire en or est signée « Cartier - Paris - Londres - New York » et numérotée « 02261 » et pourtant elle est fabriquée par Boulon & Taragnat



J'admire la façon des bandes d or jaune et rose


Ce qui est étonnant dans ce modèle  Cartier c'est le bouton du fermoir , identique au précédent , de même que le godronage, d'ailleurs Boulon & Taragnat fabriquaient aussi des briquets.


Lorsque je consulte ma collection d'annuaires AZUR, en 1931 je trouve cette grande publicité.


En 1932 Ils gardent toujours le nom de leur prédécesseur Chailloux-Doisneau et indiquent fabriquer des articles de fumeurs, portes cigares et cigarettes, boites d'allumettes, briquets tous genre, etuis à lunettes, boutons de manchettes,. Nécessaires de dames, bonbonnières, articles fantaisies riches, laque, galuchat, et niellé.


Et dans l'Azur de 1933 ce dessin du poinçon avec l'esperluette & et le lettres B et T


JAPON Nécessaire de sac en or jaune (750), aux plats ornés de façades d'inro japonais, signées, en ivoire d'éléphant (pré-Convention) sculpté en bas-relief de personnages dans une barque ou du soleil naissant sur les flots. Intérieur présentant deux compartiments pour la poudre, un tube plat à rouge, sur charnière, un miroir au dos foncé d'une plaquette d'ivoire d'éléphant (pré-Convention) pour les notes et un petit porte-mine à monture en or jaune (750) striée. Supporté par un cordon en coton noir tressé, avec netsuke ajouré et ojime en ivoire d'éléphant (pré-Convention) patiné, à décor sculpté deux oiseaux sur des nuées ou d'un dragon en frise. Eléments d'inro de la fin du XIXème siècle. Poinçon: BOULON et TARAGNAT, orfèvre actif à Paris de 1920 à 1939. Poids brut: 222,2 g. Dim. étui: 9,5 x 6 x 1,9 cm - H. totale: 24,5 cm.(Drouot Estimations


Autre boitier par Drouot Estimation: Poudrier octogonal en ors jaune et rose (750). Le couvercle et le fond à motifs de carrés entrelacés formant un quadrillage. Les côtés à décor de frises de carrés et de rainures alternés. L'intérieur comprenant un compartiment à poudre à rabat monogrammé «O. L. R.» et porte rouge à lèvres, le couvercle garni d'un miroir. Fermoir poussoir rehaussé d'un saphir taillé en pain de sucre, en serti clos. Poids brut: 179 g. Poinçon: BOULON et TARAGNAT, orfèvre actif à Paris de 1920 à 1939. Etui en tissu suédé noir. Dim.: 6,9 x 6,9 cm.

Ces dessins sur la boite sont tout a fait semblables aux "jeux de fonds" géométriques a propos desquels écrivait Hans Nadelhoffer expert  chez Christie's qui passa trois années a retracer l'histoire de Cartier en ayant eu accès aux archives de Paris.

À l'apogée des vanités, durant la période Art déco des années 1920, leur décoration extérieure témoignait de l'imagination fertile des créateurs : outre le monogramme du propriétaire, les carreaux d'émaux indiens de Jaipur ou les médaillons de jade, elles étaient souvent recouvertes de jeux de fond géométriques. Ces motifs arabes, à petits éléments, cédèrent plus tard la place à des motifs chinois ou à des dessins de cubes et de barres audacieusement simplifiés. Si le cubisme de 1910 se retrouve dans la gamme Cartier, c'est bien sur ces boîtiers. Leur fabrication était répartie entre les ateliers Renaud, rue Réaumur, Bachaumont – tous deux repris par Cartier – et Boulon et Taragnat. (hans Nadelhoffer)


Certainement fabriqués au vu de la technique, par Boulon & Taragnat pour Cartier


Cartier. Texte de la maison Sotheby's, Un coffret de toilette Art Déco français en or, nacre et laque (laque burgauté), diamants, corail et onyx, le boîtier rectangulaire en or avec des panneaux avant et arrière en laque noire et nacre teintée représentant chacun une scène chinoise, l'intérieur de chaque panneau en laque avec quatre caractères chinois incrustés, les côtés du boîtier avec des coins ciselés et un pouce bâton en corallium rubrum de corail sur la laque noire et des extrémités de pince en diamant taille brillant ancien, signé Cartier Paris, Londres, New York, numéroté 0761, Poinçon français pour le fabricant Boulon & Taragnat, poinçons d'essai français pour l'or 18 carats, vers 1925, dimensions 8,5 x 5,7 cm.
La scène chinoise sur le devant représente un fonctionnaire du gouvernement avec un grand éventail accompagné de deux serviteurs dans un jardin et un lac ou un étang, le dos avec une scène similaire, le texte à l'intérieur se lit « Guan shang jia guan », un jeu de mots sur guan signifiant à la fois chapeau et officiel ou chapeau sur chapeau qui s'interprète comme rang au-dessus du rang, et « Lian ke ji di », signifiant passer continuellement des examens également un jeu de mots signifiant à la fois continu et Lotus, d'où la scène de l'étang aux lotus.


Cf. Sotheby's, Magnificent Jewels, New York, 20 avril 2010, lot 492 pour un exemple similaire, également Olivier Bachet, Alain Cartier, Cartier, Objets d'exception, p. 295, pour un étui similaire et un poussoir en corail.


En effet : Dans ces deux excellents livres d'Olivier Bachet se trouvent ces photos de boites à Cigarettes, celle ci serait fabriquée par Couet, mais les poinçons ne sont pas communiqués


Cet étui à cigarettes a probablement été dessiné par Charles Jacqueau,  mais il a été exécuté par Boulon et Taragnat pour le stock de Cartier en 1927. Or de couleurs et poussoir incrusté de trois Saphirs Il a été vendu à un client Russe le 12-11-1927.
D'après Judy Rudoe, c'est un tres bel exemple  de marqueterie en or de couleur, une feuille d'or rose a été incrustée avec de l'or vert et les deux couleurs soudées pour former une nouvelle feuille, a partir de laquelle était fait l'étui. Le motif est visible à l'intérieur.
Il est gravé Cartier évidemment et le poinçon est celui de Boulon & Taragnat.



Couverture d'agenda par Cartier Or jaune 18K (.750), à décor émaillé noir inspiration chinoise C'est le porte mine qui fait fermoir, porte-mine également en or guilloché Signé Cartier - Paris - Londres - New York - Made in France 52190 Poinçon du fabriquant : Boulon et Taragnat .


Il se remarie, déja divorcé deux fois, se remariera a nouveau


1936-04 Dissolution de leur société.

Néanmoins le poinçon ne sera biffé qu'en 1939 , et renouvelé de suite pour Léon Boulon.

En 1944, Leon  qui a 67 ans, reprend un poinçon que Rémi Verlet  décrit comme étant un Boulon comme symbole avec les lettres LB , mais sur le site du ministère de la culture  il est décrit ainsi:

Nom : Boulon Prénom Léon.
Initiales  LB
Adresse 50 rue des Gravilliers Paris . Orfèvre : 
Symbole  Un bouton   (erreur de frappe??)  Date d'insculpation Mercredi, octobre 18, 1944

Il ne figure plus dans l'annuaire AZUR en 1948 et suivants

Si vous avez des informations, des photos? me les communiquer à : richard.jeanjacques@gmail.com


Les très beaux livres de Olivier Bachet sont en vente à


mardi 15 juillet 2025

Auguste Bonaz: Fabricant de Peignes de grand talent, reconnu pour ses magnifiques bijoux en "plastiques" dans le style Art Déco.

 Auguste BONAZ, fabricant de "peignes" à Oyonnax, a produit des merveilles  pendant la période art déco des années 20, et la maison qu' il avait fondé à continué jusqu'en 1982 .Mais l'entreprise a été fondée en 1850 par César Bonaz, chargé par les citoyens d'Oyonnax de fabriquer des peignes en corne pour les offrir à l'impératrice Eugénie à l'occasion de sa visite auprès de l'empereur Napoléon III. 

Le père d'Auguste,  César Bonaz était né le 17-03-1832 à l'époque de son mariage en 1860 à 28 ans , il était ouvrier en peignes Sa Femme Marie Voiturin née en 1938 était au moment de son mariage, fille de fabricants de peignes et elle même était "Courbeuses" de peignes"

Intéressant peigne en celluloïd signé Auguste Bonaz, Paris. Il est réalisé à la main avec des pointes d'encre, de turquoise et de rubis. Il est de style orientaliste-Art déco . Dimensions : 7,8 x 12 cm.
Les fabrications de BONAZ sont difficiles à dater

Après 1900, cependant, les femmes passaient près de 12 heures par jour, assises devant des tours à commande hydroélectrique. Le mécanicien français Humbert adapta alors la scie à ruban, permettant de découper des peignes en plastique selon des motifs. En 1871, Lyon Vuillermoz inventa une machine permettant à un ouvrier de perforer le motif dans le plastique d'un seul coup de bras.

Le fils de César, Auguste Bonaz,  est  né le 14 mars 1877 à Oyonnax dans l'Ain, Il fera son service militaire en 1896 et est démobilisé en 1899 il prend la direction de l'entreprise en 1900 ;
en 1910 il fonde une usine modèle à Oyonnax et ouvre des magasins à Paris et Marseille (1910-1913) ; il expose dans différentes foires (Lyon, Bruxelles, Paris), à l'Exposition de la mode et de la coiffure à Bruxelles (1919), au Salon des arts décoratifs de Paris (1922)

La guerre de 1914 arrive, il rejoint son régiment le 3 aout 1914 et sera démobilisé le 15 ami 1919.  Il lui reste 3 ans à vivre. Sa veuve Marguerite-Marie Bailly deviendra gérante et sera rejointe plus tard par son petit-fils Théo Bailly, qui dirige l'entreprise jusqu'à sa fermeture en 1982.


Qu'en est-il des premières femmes contemporaines de Lalique, qui ne pouvaient que rêver d'un tel luxe et aspiraient à des parures abordables ? Pour ces femmes, les habitudes d'achat des années 1890 furent bouleversées par la construction des grands magasins. Le Printemps et les Galeries Lafayette, avec leurs escaliers majestueux et leurs verrières, incitaient les jeunes filles de la classe ouvrière à dépenser leur argent derrière l'Opéra de Paris, au style néobaroque. Le Bon Marché, sur la rive gauche de la Seine, fut en partie conçu par Gustave Eiffel, dont la tour fut l'objet de tant de critiques virulentes lors de l'Exposition universelle de 1900. La Samaritaine annonça ses produits par d'immenses enseignes émaillées orange sur sa façade vitrée en 1905. Pour la première fois, les Français pouvaient acheter leurs articles ménagers, leurs vêtements, leurs accessoires et leurs bijoux fantaisie sous un même toit. Vendeuses, coiffeuses et femmes de chambre pouvaient s'habiller à la dernière mode, avec une boucle de ceinture Piel Frères et un ornement de cheveux Bonaz, et aller au théâtre ou au cabaret avec le même chic que les élégantes du Faubourg Saint-Germain. Les commerçants de la classe moyenne se retrouvaient confrontés au défi de rendre leurs boutiques exclusives attrayantes pour une clientèle en voie de disparition. La haute société restait fidèle à ses couturiers et à Cartier, jusqu'à ce que les créations Art Déco deviennent si séduisantes qu'elles aussi succombèrent aux nouvelles créations.


1919 

Le contexte économique de l'après-guerre, propice aux revendications ouvrières en raison de la reconstruction du pays, permet le vote enthousiaste de la loi des 8 heures de travail par jour et 48 heures par semaine. Elle est adoptée le 23 avril 1919, non sans quelques péripéties, la Chambre et le Sénat s'opposant sur son principe. Cette loi « contre-feu » intervient à quelques jours des célébrations du premier mai, qui ont fait de la journée de 8 heures un mot d'ordre central.

À Oyonnax, ville française de production d'articles en coquillage et ses succédanés comme le celluloïd, la maison Auguste Bonaz occupe une place de choix.
Il est donc surprenant qu'en si peu d'années, la maison Auguste Bonaz ait pratiquement transformé la très ancienne industrie de la fabrication de peignes et répandu ses produits partout où se trouvent des femmes de goût, ce qui n'est qu'une autre et plus longue façon de nommer le monde.
1920 Dans "La Parfumerie moderne : revue scientifique et de défense professionnelle"


1920-01-01 dans le Journal "les mode"s En effet la réussite est fulgurante, et Auguste va suivre le courant Art Déco et produire des "Peignes Bijoux"


Peigne à cheveux, Auguste Bonaz, Paris, années 1920 Celluloïd noir, coulé et sculpté, l'ornement du peigne est construit circulairement en trois étapes, au milieu un Cabochon violet, à cinq dents, à la manière d'un peigne « mantille ». 
Signature Auguste Bonaz. Dimensions : hauteur 18,3 cm, largeur des dents 6 cm, diamètre 14,64 cm.

 

1920

Auguste Bonaz a abandonné la corne dès 1910  pour les peignes et choisi le celluloïd et la galalithe mais la bakélite, un mélange de phénol et de formaldéhyde, régnait en maître durant cette décennie après son invention par le Dr Leo Baekeland en 1907 Ce matériau synthétique était incroyablement dur et résistant à la chaleur (c'est pourquoi il était utilisé pour les boîtiers de nombreux appareils électriques, tels que les interrupteurs et les sèche-cheveux) et pouvait également être teinté dans une variété de couleurs. Il convenait parfaitement à l'Art déco.

Le celluloïd est le nom donné à une matière composée essentiellement de nitrate de cellulose et de camphre. Il est considéré comme la toute première matière plastique et son origine remonte à 1856. Sa composition a été petit à petit améliorée pour la rendre finalement facile à modeler et à produire.
La galalithe du grec gala-lait et lithos-pierre est un polymère biodégradable élaboré à partir du lait. Ce matériau possède des caractéristiques physiques proches de la plupart des matières plastiques utilisées depuis le XXe siècle. Les bioplastiques comme la galalithe représentent une alternative renouvelable qui permettrait de réduire l’impact environnemental (pollution et utilisation d’énergies fossiles) de l’utilisation des plastiques issus du pétrole.


1921 :Dans la revue  : Topics Technology -- Periodicals Publisher Oslo (Chistiania) : Aas & Wahls boktr.  Collection university_of_illinois_urbana-champaign; americana.
Thèmes Technologie -- Périodiques Éditeur Oslo (Chrétienté) : Aas & Wahls boktr. [etc.] Collection université_de_l'illinois_urbana-champaign; americana.


Signature gravée de Auguste Bonaz. Sa femme conservera cette signature.


Le 17-aout 1922 décès d'Auguste à 45 ans 

Le peigne artistique à travers les âges
Au moment où nous publions cet appel émouvant à l'énergie et au travail, nous avons la tristesse de penser que celui qui le lançait tout récemment n'est plus !... M. Auguste Bonaz venait de terminer cet article, lorsqu'un mal subit l'emportait en moins d'une heure, en pleine jeunesse et pleine activité. M. Auguste Bonaz était passé un maître incontesté dans son art, qu'il aimait passionnément, et auquel il avait consacré toutes ses forces. Nous nous devons de dire ici ce que ses dernières lignes ne révèlent pas : la part unique qu'il avait assumée dans le relèvement de l'industrie d'Oyonnax. A peine la guerre finie, il reprenait seul, de ses propres forces, l'œuvre rénovatrice commencée, lançant nouveautés sur nouveautés, donnant de plus en plus à ses articles un cachet artistique, étudiant à fond les formes et les décors, trouvant, pour chaque coiffure nouvelle, un peigne nouveau. Sous son initiative unique, le dessin dans les journaux spéciaux, la présentation de modèles hardis, font évoluer carrément la mode vers le bon goût et la recherche artistique, délicatement mise au point et constamment renouvelée. C'est grâce à ses innovations, à ses efforts inlassables, qu'Oyonnax et son industrie furent à peine touchés comme chômage en 1919 et 1920.
L'appel suprême de ce vaillant, lancé presque à la veille de sa mort, et qui constitue comme son testament sacré, sera entendu des et qui continuent son œuvre, les collaborateurs très dignes qu'il s'était choisi.


1923 dans la Revue "l'Art et la mode"


*

1er mars 1923 dans le journal de Bône


1924 dans la revue "Vogue"

"Il est peu de mode qui ait obtenu un succès aussi vif et aussi durable que la mode des cheveux courts. C'est une véritable folie, presque toutes les femmes ont fait couper leurs beaux cheveux, sans penser qu'elles se privaient ainsi d'une de leurs plus jolies parures. « Ce doit être si pratique, pensait l'une. — J'aurais l'air par trop démodée si je gardais mes cheveux longs, disait l'autre. » 

Bref, on peut maintenant compter les femmes dont la nuque n'est pas rasée, ou dont les cheveux ne dépassent pas les épaules. Faut il le regretter ? Je ne sais. Une mode en vaut une autre ! L'inconvénient de celle-ci est que du jour au lendemain, des cheveux extrêmement courts ne pourront se prêter à faire un chignon. Il faudra recourir à de savants subterfuges pour faire tenir les cheveux dans la ligne voulue, car le chignon ou le petit rouleauté semblent vouloir enfin revivre. L'ingéniosité d'Auguste Bonaz nous propose quantité de petits peignes charmants, de toutes formes, de tous les coloris bruns ou de couleurs vives - ornés de perles de jais, ou de minces filets d'or ; ces peignes destinés à tenir les mèches courtes, les jours de vents ou d'humidité. Les tout petits peignes carrés ou arrondis à dents très fines faits surtout pour aplatir les cheveux sur les tempes. Enfin le large peigne formant auréole tout autour de la tête, Véritable coiffure dit soir pouvant s'harmoniser avec les broderies de la robe ou avec un détail de la toilette et former un ensemble amusant."



La Galerie Tadema de Londres a su reconnaitre le talent de la maison  et a considéré que ces bijoux pouvaient figurer aux cotés des merveilles en métaux précieux et pierres précieuses.  llustrated in their book: Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s,


Livre que je recommande de lire car il n'est basé que sur des bijoux vendus par Sonia Newell Smith et son mari (décédé), avec d'excellentes descriptions





Collier en galalithe Bonaz  revendu par la  Maison de ventes Doyle
présenté aux enchères Couture et accessoires de Doyle. France, vers 1925. Galalithe noire et ivoire travaillée à la main, longueur 56 cm, non signée.  Voir Cera, Amazing Gems, p. 76 et Moro G., European Designer Jewelry, 1995, p. 30.


Exposition de 1925 La maison Auguste Bonaz obtient un Grand Prix


Juillet 1925 dans la revue "l'Art & La Mode"



1925 dans la "Dépèche Algerienne"



1927 en vente chez 1Stdibs


Apres la mort de son mari sa femme continue à produire des peignes, mais crée aussi d’autres bijoux en galalithe notamment des colliers, boucles d’oreilles, broches, bracelets, ainsi que de nombreuses boîtes en tabletterie.  Elle décède en 1927 son petit-fils Théo Bailly, va lui succéder dirige l'entreprise jusqu'à sa fermeture en 1982.


 Le peigne ornement classique, devait être à l’honneur. Il resplendit, s’exalte par les délicieuses têtes coiffées avec un art si pur et couronnées de ravissants peignes d’ Auguste Bonaz. Il y a douze mannequins d’une grâce inimitable ornés avec une science qui tient du génie. La Presse spéciale est largement représentée — et point n’est besoin de signaler à nos lectrices la précieuse documentation, l’abondance, la présentation artistique hors de pair de la Coiffure de Paris et de son supplément la Coiffure et les Modes Le stand de l'Ecole technique des Arts de la Coiffure a été particulièrement entouré... On connaît les parfaits résultats obtenus par cet enseignement suivi avec un zèle si fervent et qui forme ces parfaits artistes, ces coiffeurs-posticheurs experts dans ces œuvres subtiles : ondulation, coupe, mise en plis, postiches, teintures, massage et man- cure. Certes les coiffeurs sont des poètes et les parfumeurs des artistes. On le savait... Mais ceci est une délicieuse idée que de les réunir, de les grouper, d’associer l’art à la science, le poème à la musique, la couleur au dessin, l’intelligence à la beauté... Pierre de Trevières. en 1927



Nouvelle société en 1928 


1929 Peignés conservés au musée d'Oyonnax


Superbe collier en Galatithe dans le Livre "Faux fabuleux ": une passion pour le vintage et les bijoux fantaisie Par Carole Tanenbaum.


1929 dans le journal  "EVE"


Pendentif en celluloïd et strass avec pompon en soie noire. Signé : Auguste Bonaz (vers 1925). Collection Umberto Accenti (Milan).


                            Tres bel ensemble, je n'ai pas trouvé la date (entre 1925 et 1930)


1929 Journal EVE


AUGUSTE BONAZ
Sac du soir époque Art Déco en galalite noire et verte  L 22 x H 13 cm» revendu par Maïtre LE BRECH





En 1930 Un journal de mode américain remarque l'innovation des Bijoux Fantaisies de Chanel, il indique que toutes les actrices américaines sont séduites par les bijoux de Gabrielle Chanel, pourtant c'est sa rivale Elsa Schiapparelli qui a fait connaitre le "Bijou non précieux" sur le marché international et celle ci a engagé des créateurs comme Schlumberger, Etienne de Beaumont, Francis Winter, Hubert de Givenchy (avant qu'il ne devienne couturier) Giacometti, Dali, Cocteau, et Elsa les fait travailler sur du bijou mode contemporain alors que Gabrielle tire son inspiration des bijoux anciens.

« la chute de la demande de bijoux authentiques a obligé les bijoutiers et les artisans à réorienter leurs talents vers le secteur de la bijouterie fantaisie, qui, bien que dans un état critique, était plus viable commercialement, en partie grâce aux anciens bijoutiers et artisans spécialisés qui ont élevé la qualité des ornements non précieux à des niveaux extrêmement élevés et inédits. » Coco Chanel, avec Paul Poiret, Madeleine Vionnet et Elsa Schiaparelli, mais aussi grâce à Auguste Bonaz et les créations en bakélite de Henkel & Grosse, débarrassèrent la bijouterie fantaisie de son association avec le bijou d'imitation. « Rien ne ressemble autant à un faux bijou qu'un beau bijou », affirmait Coco avec force. « Pourquoi s'attacher à une pierre précieuse ? C'est comme porter un chèque autour du cou. Le bijou a une valeur colorée, mystique et ornementale. Il contient toutes les valeurs, sauf celles exprimées en carats.



Mars 1930 journal EVE


1930Auguste Bonaz, necklace. Galalith. French.


1935

Colliers et bracelets Bonaz étaient achetés, souvent en grande quantité (lorsque disponibles), par des collectionneurs et des marchands d'art, parmi lesquels Ilyana Sonnabend et Andy Warhol.Aujourd’hui, ces pièces sont devenues presque introuvables, mais continuent d’attirer l’attention pour leur design révolutionnaire.


L'entreprise phare d'Oyonnax dans ce secteur était la Maison Auguste Bonaz (du nom de son propriétaire et fondateur), qui débuta ses activités vers 1910 et reçut une mention spéciale à l'Exposition universelle de Paris de 1925. Auguste Bonaz, doté d'un sens artistique inné, avait parfaitement saisi les exigences complexes des consommatrices de l'époque. Le peigne devait s'harmoniser non seulement avec la couleur des cheveux et des coiffures, mais aussi avec les vêtements, le moment de la journée et l'occasion pour laquelle il était utilisé. Bonaz diversifia ainsi considérablement sa production, non seulement dans la gamme des matériaux et des couleurs, mais aussi dans la variété des styles et des formes ; tous les étuis, cependant, se distinguaient par une simplicité particulière. Cette vaste sélection était largement distribuée dans les parfumeries et les salons de coiffure pour dames, ainsi que dans les grandes marques.
Tiré de : Jewels of fantasy : costume jewelry of the 20th century  Publication date 1992


Tres beau bracelet de Bonaz



1937


Collier rare vintage Art déco en galalithe verte et noire signé de l'époque Bonaz


1937


Bracelet revendu par Barbara Anne


1937 dans la revue  EVE


Très beau collier Art Déco  en vente


1943


Bracelet Galatithe  de Bonaz revendu chez 1Stdibs



1945




Maison Bonaz revendu par Bag of Jewels


1947








Quel bijou que ce beau peigne en Galatithe







Alexandre Reza, Joaillier

Alexandre Reza , sujet difficile, car peu d'informations sur cet homme discret, en dehors de quelques documents familiaux. Pourtant il s...