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jeudi 7 janvier 2021

Le Toenia ou la Taénia en Bijouterie et tant d autres termes à découvrir

  Un message de Nathalie Rei... Mi...

Cher Jean-Jacques, suis toujours émerveillée par la qualité de vos écrits. Mais qu' est-ce qu un toenia ? Ce terme utilisé par Falize lors de sa conférence que vous retranscrivez, me laisse perplexe (et ce n est pas le seul) et internet ne m'est d aucune aide... merci encore une fois pour ce partage de votre travail et de votre immense culture.

Je comprends la perplexité de Nathalie face à la phrase et au texte de Falize reproduit:

La tête a la couronne, le bandeau, le diadème, le toenia, le casque, les épingles à cheveux, le stylet .......

J ' avais vérifié ce terme "Toenia" et j aurais du complèter mon article .:https://www.richardjeanjacques.com/search?q=Debut+et+coulon




Dans la Grèce Antique, un taenia, tænia ou ténia (grec ancien : ταινία / tainía ; pl : ταινίαι / tainíai ou latin : taenia ; au pluriel : taeniae) était un bandeau, un ruban, ou un filet porté autour du front.
Victor Champier dans son article sur Falize en 1885 a écrit "Toenia" ou a t il trouvé cet orthographe???
Je me suis souvenu de mes quatre années de grec, l une des rares choses qui me soient resté de mes modestes études, j ai gardé mon vieux dictionnaire et: 



Ainsi que vous pouvez le voir c'est d'abord un Ruban, un Bandeau, le terme peut s'étendre à Diadème  et ceinture pour soutenir le sein, avant de nommer le Ténia ou ver solitaire qui a une forme de ruban


Juliette Récamier n'avait pas 20 ans au début du Directoire et représentait la mode à cette époque. L' une des grandes adeptes de cette mode du Tainia sous les seins fut :  Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, dite Joséphine de Beauharnais.




Des Grecques aux Romaines il n y avait qu'un pas, ou plutôt une mer, la mer Ioniène, et cette statue de la déesse de la  santé  voit elle aussi ce Taenia ou Tainia lui serrer sa tunique sous la poitrine.

D'ou vient mon texte publié?, d'une conférence de Lucien Falize le 22 juillet 1886 et aussi,




D'un article publie par Victor Champier   (1851-1929). Éditeur scientifique, dans la Revue des Arts décoratifs de Juillet 1886 d'ailleurs Victor Champier avait avec ce texte de Falize, réalisé la préface du livre "Les Bijoux anciens et modernes"  de Eugene Fontenay . en 1887




Texte repris dans la Revue des arts décoratifs  en mars 1905  pour un article sur René Lalique, mais je préfère l original, de 1886, du moins une partie car la conférence une fois imprimée fait  57 pages de plus, il est écrit dans ce compte rendu "Taenia "et  non "Toenia"

Tout est bijou donc, il n'est pas une partie du corps qui n'ait les siens, bijoux indispensables ou parures superflues.

La tête a la couronne, le bandeau, le diadème, le toenia, le casque, les épingles à cheveux, le stylet ou la flèche, l'aigrette, les affiquets, les fleurs, la ferronnière, le frontier, les plaques ou fers des Hollandaises, le cache-malice d'Auvergne, le peigne, la résille, les fourches des Japonaises, les épingles et les chaînes de bonnet, pour ne nommer que les ornements de femmes; mais les hommes ont aussi leurs couronnes, insignes de puissance; — leurs casques d'or et d'argent, insignes militaires; — la tiare et la mitre, insignes religieux, et jusqu'à l'enseigne, ce gracieux bijou dont nous parlerions avec complaisance, si nous en étions à décrire les merveilles des XVe et XVIe siècles.

Pour accompagner l'air du visage, presque toutes les femmes et quelques hommes portent aux oreilles des boutons, des boucles ou des pendants, et, si la mode vous en paraît étrange et barbare à vous, mesdames, notez que ce ne sont pas seulement les sauvages qui se percent la cloison nasale pour y suspendre des anneaux, les Indiennes, les jolies nautch-giyls, les bayadères ont, outre cet ornement, des boutons d'or ou de pierreries qu'elles attachent sur le nez même, et cela ne les empêche pas de séduire par leur grâce les Européens qui les voient.

Au cou : le collier, la chaîne, le carcan, le hausse-col, la médaille, le reliquaire, la croix, le peut-à-col, les perles, les amulettes et la bulle, ce joli bijou perdu.

Au col encore ou sur la poitrine, non plus sur la peau nue, mais bien sur le vêtement : la broche, l'épingle, le fermillet, la fibule, les plaques de corsages, les fermoirs et les mors de chapes, la patère, le poitrail, les plaques de seins, les boutons, les ferrets, le reliquaire, le médaillon, la chaîne d'ordre et toutes les croix et les ordres qui constituent les insignes ou décorations, et sont depuis la plus haute antiquité jusqu'à nous le plus envié des bijoux.

A la taille : la ceinture, l'agrafe, la boucle, la chaîne, les patenostres, l'escarcelle, la montre, la châtelaine, les claviers, les plaques de fermoir, les netzkès, le flacon.

Aux bras : les anneaux et les armilles, les bracelets, spinthers, péricarpes ou dextrales, les torques gauloises ou romaines, les chaînes et les manicles.

Aux jambes : les anneaux ou périscélis et ces jolis ornements qui sonnent en cadence quand la danseuse indienne se meut et les agite.

Aux mains : l'anneau, la jolie bague, dont la description, dont l'histoire, dont les dessins représentatifs nécessiteraient tout un livre, depuis l'anneau des fiançailles et l'alliance des époux jusqu'à l'anneau d'investiture que les princes recevaient du pape, depuis l'anneau de Saint-Pierre jusqu'à l'anneau du doge, qu'il jetait à l'Adriatique, depuis la bague à tirer de l'arc jusqu'à l'anneau gravé qui servait à sceller toute chose avant l'invention des clefs et des serrures. — C'est l'histoire entière des sceaux et des pierres gravées, c'est la série des légendes, depuis celle de Gygès et de Candaule jusqu'à celle de la grande Catherine et de son favori Potemkin. Je ne vous raconterai pas la première, parce que vous la connaissez et je ne vous dirai pas la dernière, parce qu'elle est un peu trop libre.

Les pieds ont aussi leurs parures; si Laïs y mettait des bagues, Mme Tallien ne craignit pas de ressusciter la mode antique; certains souliers mignons qu'on porte au sérail sont constellés de pierres serties dans l'or. Le musée d'artillerie contient des éperons qui sont d'un admirable travail et, si Annibal avait envoyé à Carthage un boisseau d'anneaux d'or, pris aux chevaliers romains et ramassés dans la plaine de Cannes, les Flamands à Courtray prirent aux chevaliers français tués dans la bataille 4 000 éperons d'or.

Vous voyez, par cette énumération, de combien de bijoux se peut parer le corps de l'homme ou de la femme; il y en a pour tous les âges, pour toutes les conditions; pour l'enfant, pour la jeune fille, pour la femme, pour la mère; il y en a pour l'homme, bourgeois ou soldat, pour l'esclave comme pour l'homme libre; il y en a pour le sauvage comme pour l'homme au dernier degré de la civilisation; il y en a pour le roi, pour le prince, pour le capitaine, pour le page, l'évêque, le prêtre et le clerc; il y en a pour l'idole, il y en a pour le mort, et cette masse énorme de bijoux civils ou religieux, royaux ou guerriers, sacrés ou funéraires, va se subdivisant selon les temps, selon les âges, selon les styles, selon les modes, selon la richesse, selon le caprice, jusqu'à l'infinie variété, en sorte qu'ils formeraient le plus grand et le plus étonnant musée si on avait pu les conserver; mais, par une conséquence directe de leur prix, de leur valeur, ils ont de tout temps éveillé la cupidité et l'envie; on travaillait pour les obtenir, on se battait pour se les ravir; l'or et l'argent dont ils étaient faits subissaient de continuelles façons, allant du trésor au creuset, du creuset à l'atelier de l'artisan, de ses mains à celles du riche et du puissant, passant de celles-ci au cou de la femme, puis arrachés par le vainqueur, retombant au creuset et recommençant de nouvelles transformations.

 

EXPLICATIONS DE CERTAINS MOTS



La tête à la Couronne
Je crois que cela vient de l'impèratrice Faustine rendue célèbre par cette coiffure  qui couronnait sa tête avec ses cheveux.


Bandeau
Ornement de tête, le bandeau revient périodiquement à la mode, généralement en matières précieuses ici la Duchesse d'Uzes, dans la revue "Vogue" en 1921.

Diadème 
Le diadème est de par son étymologie le "Bandeau Royal" , depuis le XIX eme siècle  ce fut une des pièces préférées des Joailliers, le fond de commerce de la maison Chaumet .

Casque Vogue 1925

le Casque : 
La mode en 1925 adapta le Casque et nombre de joailliers créèrent des clips ou des broches pour agrémenter ces "Casques



Aigrette:  

Voici "Telle aigrette est comme un  léger feu d'artifice sur la peau" dont rend compte le FIGARO telle qu "elle fut exposée au grand palais avec la collection de son altesse l'émir du Qatar : Hamad bin Khalifa bin Hamad bin Abdullah bin Jassim bin Mohammed Al Thani 



Une Aigrette est un ornement de coiffure mais quelquefois de Corsage: inspirée des plumes de l oiseau du même nom . Dans l histoire ces bijoux reviennent régulièrement, 1930 fut la période la plus riche. Cette aigrette fut revendue par la maison Sotheby's.


Fermail - Fermillet


Le Fermillet et le Fermail
FERMAIL. Agrafe. aussi,  Ferrnailles, Fermaus, Fermoirs et Fermillières, pour des termes différents se rapportant au même sens. L'expression de fermillet, n'étant qu'un duminitif de fermail, se trouve confondu dans les citations suivantes. Le fermail et le mors de chape se ressemblaient fort, puisqu'on voit Charles VI transformer un fermail en mors de chape. C'étaient, l'un et l'autre, une agrafe destinée à réunir les deux parties du vêtement, soit sur l'épaule, soit sur le col, soit sur la poitrine, mais aussi un simple ornement qui s'agrafait sur une chape ou sur une tunique sans ouverture, c'est-à-dire qui était sans emploi et servait de parure. Les sculptures de nos cathédrales et les miniatures en fournissent d'abondants témoignages. J'ignore ce que peut être un fermail à couvercle, à moins de supposer une cavité ménagée au milieu pour renfermer des reliques, et se fermant, avec un verre, comme un médaillon.

Affiler
Mettre le lingot d or ou d'argent dans la filiere (Dictionnaire de la langue française de Pierre Richelet, collection personnelle)

Louis XI

Affiquet
Masculin, du vieux français Affiche, agrafe
Petit bijou qui s'agrafait à un vêtement, au chapeau. Muriel Rousseau explique  que ce terme s applique à tout bijou "Affiché" mis en évidence sur la poitrine, au chapeau ou à la coiffure, tel que broche, insigne , médaillon, enseigne , épingle à tête mais aussi aux éléments de ceinture, au moyen âge ou à la renaissance.
Mais ce terme subsiste au XVIII eme et XIX eme siècle
Alors nous pouvons dire que Louis XI portait un "Casque" et des "Affiquets"

La Ferronnière:



Une "Ferronniere" "Célébrée par Léonard de Vinci" 
C'est une chainette ou un bandeau, qui à l'époque de la Renaissance, faisait le tour de la tête et permettait de faire tenir en son centre un bijou pendentif.
Ce Portrait d'une dame de la cour de Milan, de Léonard de Vinci (au Louvre) a reçu le nom de "Belle Ferronnière" en raison de la ferronnière que la jeune femme porte au front.
La mode a été reprise au XIX ème siècle en pleine période Néo-renaissance, sous Charles X, plus tard Cartier reprendra le thème du Bandeau ou ferronnière, porté au milieu du front , c'est la forme de coiffure la plus intemporelle, d'ailleurs les premières couronnes dans l antiquité étaient des bandeaux.
Cartier, dans les années 1920 à 1930 en fabriqua beaucoup, De Barbara Hutton, a la Vicomtesse d'Astor, en passant par Colette, car la ferronnière était très seyante avec les coupes de cheveux à la garçonne.
Entre le Bandana et la Ferronnière mon choix est fait........




Les Fleurs:
Les fleurs émaillées  avaient été de mode pendant la seconde moitiè du XVI eme siècle, On en composait des guirlandes pour les  entourages de camées , la mode s'étendait aux bagues avec par exemple la bague Jasmin ou la bague "Marguerite" si populaire fin XIX eme et début XX eme .

Le Frontier
C'est l ornement du front à rapprocher du Frontal ornement de front médiéval porté par les femme , sorte de diadème , à la mode du XIV au XVI ème retour en vogue au XIX ème.

Les Plaques ou fers des Hollandaises:
Dans la vie parisienne de 1882 (article intéressant)
Va-t-on en Suisse? Ne pas oublier d'acheter ce fil d'or si ingénieusement passé dans des petites boules qui font coulisses, s'élargissant au passage de la main et se refermant sur le poignet le plus fin, avec sa breloque authentique, l'ours de Berne, qui porte bonheur. Est-ce en Belgique? cherchez dans Bruges ce cœur diamants et roses, surmonté du carquois et des flèches ; un vieux bijou rare, mais charmant. En Angleterre? vous trouverez un petit canon la gueule bourrée d'une perle. En Ecosse ? cette broche ronde en mosaïque de marbre aux couleurs d'un clan, ou une couronne d'argent, un rubis au milieu. En Suède? prenez ce collier de chien tout en or ciselé, qui s'attache par un bâton glissant dans une coulisse. Et des plaques des Hollandaises, faites une agrafe de manteau, au lieu de les porter sur les tempes. 

J ai posé la question à Leonore Van Der Vals, grande spécialiste du bijou ancien et hollandais  :  https://inezstodel.com/

Toujours aussi charmante, elle m a adressé cette série de document  sur ce qu' elle appelle : 

L' orijzer 



L' orijzer fait partie du costume traditionnel des femmes, en particulier dans les provinces du nord des Pays - Bas et de Zélande . Il faisait à l'origine partie du costume civil, qui a été adopté dans les costumes régionaux.

Au départ, le fer d'oreille était un support métallique pour maintenir les chapeaux en place. Il était porté sur un sous-bonnet et un haut-de-forme luxueux y était attaché. Au fil du temps, le orijzer est devenu une pièce maîtresse. Plaques ou boucles d'or décorées dépassant de l'avant des fers d'oreille. Des épingles à chapeau ont été utilisées pour attacher la capuche au fer d'oreille.

Le terme «fer principal» est utilisé dans le costume traditionnel de Scheveningen . Dans ce cas, les décorations sont au-dessus du front.


Cache Malice
Un cache malice est un éventail


Dame à la résille de perles (peut-être Béatrice d'Este), entre 1485 et 1500,

Une Résille
− Filet qui sert à envelopper les cheveux.  Cette dame a une résille de Perles, mais au début 20 eme certaines ont été réalisée avec des diamants

Littérature: Stenio examina et posséda Claudia tout entière, depuis sa riche chevelure enfermée dans une résille de perles, jusqu'à son petit pied serré dans le satin (Georges Sand,Lélia,1833, p. 258).Sur la chevelure de la princesse, et s'abaissant jusqu'à ses sourcils, puis reprise plus bas à la hauteur de sa gorge, s'étendait une résille faite de ces coquillages blancs qu'on pêche dans certaines mers australes et qui étaient mêlés à des perles (Proust,Guermantes 1,1920, p. 41



Bague résille : qui rappelle les filets qui retiennent les chignons



BRACELET souple légèrement extensible en ou gris formé d'une résille de cent cinq diamants taillés en brillant. 
Le principe de la résille fut étendu a tous les bijoux au début du 20 eme 


ANNÉES 1910 BROCHE PLAQUE ReSILLE DIAMANTS diamond, platinum and gold brooch, circa 1910. revendu par Tajan




Merveilleux pendentif de Lacloche en résille de platine et diamants





Les Fourches des Japonaises
Les chignons des geishas japonaises sont ornés de peignes  mais aussi d'épingles à cheveux appelées kanzashi.


Voici des Fourches japonaises en métal, qui parait-il pouvait servir aux japonaises comme instrument d'auto défense



L art nouveau  produisit de grandes quantités de peignes  a plusieurs branches pour les chignons, celui ci de Lucien Gaillard est proche des Fourches Japonaises .

Chaines de bonnet
Chaines  qui retenaient le bonnet ou le chapeau, ce qui permettait aussi de le laisser négligemment dans le dos




Les Nautch Girls et leurs bijoux.

Les bijoux que portaient ces femmes étaient, nous dit-on, d'une valeur considérable; leur cou était orné de plaques d'or et d'un collier de perles et or curieusement ciselé. D'énormes boucles d'oreilles encadraient leurs joues, et sur leur front nous remarquâmes des sortes de cloches d'or fin, ornées de chaque côté d'oiseaux de même métal.

« Bien que ces nautch girls soient fort méprisées, le rajah et les Européens des Grandes Indes ne donnent jamais une grande fête sans en engager quelques-unes pour l'amusement de leur société. J'ajouterai, dit le voyageur auquel nous empruntons ce récit, que ces danseuses, appelées devant une compagnie choisie, se gardent avec soin de blesser les convenances. Leurs danses, quoi qu'on en ait dit, sont bien plus décentes que celles que l'on applaudit sur les theâtres de l'Europe.


Les Bayadères


Ceci est un collier "Bayadère, mais je n'ai pas trouvé a quoi correspondait l attribution de ce nom!
Bijou parait il inspiré des danseuses de l inde. Muriel Rousseau, indique que ce sont des colliers faits de motifs floraux, de grains de pâte parfumée de forme originale  , Bayadère serait aussi d' après elle, mentionné comme ceinture de corail!!!

Le premier sens du mot bayadère, provenant du portugais « bailadeira », est synonyme de Devadasi. Le mot français d'origine arabe d'almée illustre aussi la devadasi. Tres intéressant texte sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Devad%C3%A2s%C3%AE


1920

Ce sont des danseuses sacrées indoues opéra comportant des bayadères, mettant à la mode ces bijoux indiens.


Merciers. (en joyaux)

L ancêtre de nos bijoutiers détaillants. au XVII ème siècle.

Les marchands merciers sont un des six grands corps de marchands de Paris (puis sept), celui dont on disait : « vendeurs de tout, faiseurs de rien », car contrairement aux autres corps qui fabriquaient une catégorie bien délimitée de produits qu'ils vendaient ensuite, les merciers étaient de purs commerçants qui achetaient, pour les revendre, les produits des autres communautés que celles des Grands corps de marchands.



Periscélis

Mot latin mais dérivé du grec ancien περισκελίς, periskelís. 
Le périscélis est un bracelet porté par les femmes de l'antiquité au-dessus de la cheville du pied.
Pierre Louys écrivit dans "Aphrodite"
Une double guirlande d'iris autour de ses jambes arrondies ondulait sous l'étoffe légère et s'attachait sur les chevilles à deux periscelis d'argent.


J' ai déjà écrit plusieurs articles sur l origine et le sens des mots en matière de bijouterie, par exemple "Une Vinaigrette" sans huile et vinaigre mais!!!!

Une Chatelaine

Les Poissardes

La Perruque

Le Clou (pas celui de Cartier quoique vous pouvez le mettre au clou) 

L enture, l'Osmior, le frittage?

Bander et tirer

Nielle ou Niellage

Rocher et Dérocher

Un Ringard

Un Rifloir? et de la Sausse

Le Noir d'Ivoire

Le Rouge.

Un, Je ne baise plus.




samedi 29 février 2020

De Gabriel Falguières à Ralph Esmerian


Cliquez sur toutes les photos et documents pour les agrandir

C'est  un bijou magnifique digne des plus grands musées, le dessin, les proportions du bijou, le thème, c'est le pendentif "Orphée" de Gabriel Falguières. 
Peu de bijoux de lui apparaissent sur le marché. 
Cependant les collectionneurs l'apprécient alors il faut quelquefois la faillite de l' un d' eux pour voir réapparaître des bijoux de Gabriel Falguières. Ce fut le cas pour ce bijou qui appartenait a l'américain Ralph Esmerian, je traiterai ce problème en deuxième partie.

Peu d'éléments sur Gabriel Falguières, il se serait associé avec Alphonse Auger pendant quelques années a partir de 1864 d'après Vever , jusqu'en 1870 .  Vever l'explique :
La maison Auger est aussi parmi les plus connues. Son fondateur, Alphonse Auger (1837-1904), avait commencé par être sertisseur; en 1862, il s'établit joaillier. Il fut pendant de longues années le fabricant attitré de maisons importantes, telles que Lemoine et Mellerio-Borgnis; il eut M. Falguières comme associé de 1864 à 1870, puis, demeuré seul pendant huit années qui virent ses affaires prendre un essor considérable, il s'associa en 1878 M. Guéret, qui le quitta en 1889.Son fils aîne, Georges Auger (1864), son collaborateur depuis 1895, prit définitivement sa maison en 1900.





Bien que le  poinçon indiqué sur le site du ministère de la culture ne soit insculpé qu'en  1888 , j ai pourtant trouvé son adresse en 1881, au 5 rue du quatre septembre. Or Vever nous a indiqué que  Gabriel Falguières avait  quitté Alphonse Auger en 1870, donc il a eu une activité avant de s installer rue notre Dame de Lorette en 1888.



5 rue du quatre septembre à Paris

Etait-ce l adresse de son habitation? Je ne le pense pas , car il y a sa profession et c'est dans l'annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de 
l'administration :



1888 dans les archives commerciales de la  France,  Gabriel Falguières s'installe au 23 rue Notre Dame de Lorette 



23 rue Notre Dame de Lorette




C'est le 23-mai-1888 qu'il fait insculper son poinçon  initiales G.F. et une croix de lorraine, mais peut être avait-il un autre poinçon à son adresse précédente?

Dans les années 1870-1890 une mode s'était crée, des grotesques mythologiques, des créatures ailées, des dragons, des chimères. La plupart des grandes maisons dont Falguières, vont  les développer dans leurs créations Art Nouveau.
Je ne crois pas comme Vivienne Becker,  que ce mouvement soit en relation avec une influence mâle prédominante, ou que,  Les images de luttes de femelles ailées reflétaient la dure bataille de l'émancipation de la femme.

Je pense  qu'avant 1870 , les joailliers n utilisaient pas le corps féminin  pour thèmes de leurs bijoux , car la société de l'époque  considérait que c'était déplacé, soutenue en cela par les églises  et leur dictature qui amena la séparation de l'église et de l'état.
Mais avec l 'art nouveau, le culte de la représentativité féminine règnait et cette année là, avec cette merveilleuse exposition universelle de 1900, un formidable élan secoua tous les métiers, dont les métiers de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie.
Un esprit commun , une ligne d'idées commune (ce qui nous manque de nos jours) créèrent un style  à qui l' on peut tout reprocher , mais ses excès amenèrent un changement aussi fort avec 1925, et la naissance de ce qui allait s'appeler l'art déco.

Je reprendrai la citation de Vivienne Becker (l historienne de la Joaillerie que j' admire beaucoup pour son travail)  de Gabriel Mourey qui déclara en 1902 
"Depuis la libre expansion du mouvement moderne, les bijoux sont devenus une sorte d hommage passionné déposé par les hommes d'aujourd'hui au pied de l'éternel féminin"





Difficile de connaitre la date d'exécution de ses bijoux, tous indique 1900 environ. Il est vrai qu'il y eut cette très belle exposition universelle de 1900 et que tous nos professionnels furent très actifs.  Cette broche faisant pendentif et broche à la fois était composée avec des améthystes, des diamants et de l émail sur or elle était en vente sur le site 1stdibs.com qui regroupe de nombreux professionnels antiquaires.
Nombre de livres ont écrit "G.Falguières", et même le dictionnaire international du Bijou indique "Georges Falguières" alors que c'est bien Gabriel Falguières




Heureusement que nous avons Henri Vever qui a publié dans son histoire de la bijouterie française  des photos  de bijoux fabriqués par Falguières



Dans le livre d'Henri Vever


Christie's situe ce bijou en 1900 mais cela peut être avant ou après:
UNE BROCHE ART NOUVEAU ÉMAIL ET OR, PAR GABRIEL FALGUIERES
Conçu comme un groupe ajouré d'émail vert et de feuilles d'érable émail plique-à-jour, encadré par une branche d'émail brun, monté en or, émail, intact, vers 1900, montre des signes de usage normal
Signé G. Falguieres pour Gabriel Falguieres, Paris



Pour ce bijou, c'est plus précis, 1900-1901 car il a été publié dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie en 1901, après l exposition Universelle.



Idem pour cette broche
Cliquez pour  agrandir les photos


Cette photo figure dans "la bijouterie Française de Vever " et en 1901 dans la revue de la Bijouterie Joaillerie  avec ce texte:

La libellule au corps de femme est un sujet qui a tenté bien des artistes. L'interprétation qui nous en est donnée ici est agréable. Les ailes d'opale, le corps ciselé, les roses de haie en pierre dure sculptée, les ornements de diamants, tout concourt à rendre ce bijou séduisant et délicat.
Les autres broches : platane, érable, fuchsia ou opale opaque, sont un peu lourdes. Je leur préfère de beaucoup la broche capucine, émaillée si joliment, comme la plupart des autres bijoux que nous venons de citer, par le maître Tourrette, et au centre de laquelle une jeune femme, à la tête d'ivoire, à la chevelure d'or, vient gracieusement sourire.

Mais que sont devenues ces bijoux cités dans les commentaires de l'époque?
Dans des collections privées ?, chez des particuliers ? Espérons les revoir un jour.




La Maison Skinner de Boston (USA) a revendu ce rare bijou de Gabriel Falguières : « Fécondité » de Gabriel Falguières, en or jaune, émail, diamants et perles fines. . Photo : Skinnerkinner Lot 232




Voici la même broche vue de dos, à voir le système de vis derrière la broche, il devait y avoir d'autres possibilités de la porter




1900 dans la chronique des arts




Revendue par Christie's: Pendentif en or, diamants, émail et opale. Il date environ de 1901.  Falguières a montré un grand talent en exécutant le mouvement de la chevelure avec des fils ronds en or.



1901 Revue de la Bijouterie Joaillerie très belle Libellule  à visage humain

Cette même revue en 1901 écrivait a propos de la présentation des vitrines un commentaire dur mais juste

M. Falguières a eu, je crois, le tort de placer ses oeuvres dans une vitrine trop petite, et de ne pas se préoccuper assez de la présentation  de ses pièces, qui sont posées les unes sur les autres, avec un désordre qui n'est pas toujours un effet de l'art. Qu'il aille méditer sur ce sujet devant la vitrine du maître Lalique, il apprendra peut-être l'art de mettre les choses en valeur, qui, entre parenthèses, est plus difficile qu'on ne le croit généralement. Cela ne modifie certes pas la composition des objets, mais, plus espacés, on les voit mieux ; l'isolement permet de les juger plus sainement, et la rétine n'est ni attirée, ni fatiguée par le voisinage souvent multicolore, d'oeuvres qui semblent solliciter le regard avant que l'oeil ait terminé son examen.




1901 Revue de la Bijouterie Joaillerie
Peigne aux pigeons: Motifs deux pigeons, en corne Ivoire, émaux et diamants.


M. Falguières n'en est pas à ses débuts, et, d'après ce que nous connaissions de lui, nous augurions beaucoup de son envoi pour cette année. Nous avons été un peu déçus, avouons-le. Sans doute c'est bien; mais nous aurions voulu quelque chose de mieux encore, un effort, une note personnels — que nous cherchons,
du reste, en vain dans la plupart des vitrines — mais que nous aimerions trouver plus particulièrement chez M. Falguières, parce qu'il est un de ceux qui connaissent bien leur métier et dont l'exécution ne soulève pas les critiques amères que nous avons déjà formulées et que nous formulerons encore en présence de tant d'objets qui n'ont de bijou que le nom et qui semblent exécutés,— comment dirais-je? — par des ferblantiers.
Commentaire en 1901 dans la revue de la Bijouterie Joaillerie



1901 Pendentif émeraude, perle, diamants et émaux translucides 


Je parlais tout à l'heure du côté technique des bijoux de M. Falguières : la broche de caractère un peu égyptien, avec des têtes d'oiseaux de proie qui mordent des serpents, en est un bel exemple. L'exécution de cette pièce, qui rappelle un peu certains dessins de Mucha, est irréprochable, tant au point de vue de la ciselure que de la lapidairerie, et les méandres d'émail qui dessinent les corps émaillés des serpents sont parfaits.
La grande plaque de collier ou d'ornement de corsage, composée toute en largeur, montre un paysage sans intérêt qui gagnerait si les troncs d'arbres et les branches que l'on regrette de voir sans feuilles étaient moins nature, plus stylisés en un mot. La cascade sculptée dans un magnifique morceau d'opale, qui se termine par des grappes ruisselantes de diamants, me paraît placée trop sur le côté du bijou. 
Je ferai la même remarque pour le collier de dix rangs de perles « en esclavage », avec une plaque de pierre dure sculptée en façon de camée, qui est tellement sur le côté que M. Falguières a dû présenter cet objet de profil dans sa vitrine ; c'est original, mais cela ne semble pas pratique. Le peigne aux pigeons, fait de corne, d'ivoire, d'émail, avec des patines variées, est une heureuse adaptation des matières diverses employées par le bijoutier. Les deux pigeons finement émaillés sont perchés sur un arbre décharné, dont les ramures sont givrées de neige en diamant. 
Le ciel, empourpré des nuances du soleil couchant, est en émail translucide dans lequel sont piquées les premières étoiles du soir. Le peigne est en corne patinée, dont les dents  se prolongent pour former les troncs des arbres. L'idée est très
ingénieuse, et le bijou joli. Il gagnerait, croyons-nous, quelque légèreté, si les oiseaux avaient moins de relief. Nous ne citons que pour mémoire le peigne en ivoire orné d'une chimère d'or à là gueule menaçante; il est lourd; la chimère manque absolument de caractère, et l'on ne peut s'empêcher de songer aux chefs-d'oeuvre du genre, qui ont été faits par les Chinois, par les Japonais et plus récemment par M. Lalique.




1902  Une très belle plaque de collier "Glycine" publiée dans la revue de la Bijouterie Joaillerie




1907 dans l' almanach du commerce et de l industrie. Je n ai pas trouvé qui était ce Falguières Fils, est ce de la famille ?  




1911 Catalogue du Salon des artistes décorateurs




1914 dans l'annuaire du commerce Didot Bottin:  Falguières Fils  



1900 : Christie's a revendu  Cette broche en or, diamants et pierre dure sculptée " Orphée "réalisée par Gabriel Falguières aux environs de 1901. 



1915 Naturalisation de Esmérian

Et j'en arrive à la famille Esmérian et son rapport avec Gabriel Falguières, ce qui nous permet d'écrire sur cette famille de Joailliers  dont le dernier descendant a mal fini.

Le grand-père Boghos Paul  Esmerian né en 1871 a appris son métier et travaillé comme lapidaire à Constantinople avant de déménager à Paris en 1890. , nous pouvons lire ci*dessus son acte de naturalisation en 1915 .
Il est écrit qu'il était négociant en diamants, qu' il habitait Boulevard Emile Augier à Paris, et que la naturalisation concernait aussi sa femme.
Son fils Raphael est entré dans l affaire en 1919 et a développé l activité de Lapidaire et de commerçant en pierres de couleur. Raphael Esmerian (1903-1976) est devenu  l'un des principaux marchands de pierres précieuses en Europe et a commencé à se rendre à New York pour fournir des pierres à la Maison Cartier.


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Arriva cette affaire , d'un saphir  volé de 291 carats, je vous laisse  la découvrir : 

Texte de l article ci-dessus :Le saphir morcelé

Les joailliers qui se l’étaient transmis ont été amenés chez  le  d'instruction.
Deux négociants qui l'avaient vendu 185.000 francs restent en prison
Nous avons raconté hier comment un saphir de 291 carats, volé en 1918, à Varsovie, au comte polonais Xavier Branicki, fut, ces temps derniers, après une série d'avatars, retrouvé, en neuf .morceaux, entre les mains d'un important joaillier parisien.

Rappelons que l'enquête de M. Guillaume. commissaire à la police judiciaire, avait d'ores et déjà établi:
1° Que le saphir, lorsqu'il fut subtilisé à Varsovie, était encerclé de brillants qui en augmentaient considérablement la valeur
2° Qu'après une série' de tractations qu'on ignore,. le saphir aurait été acheté par un négociant de Kovno (Lithuanie), M. Poupkine, qui l'aurait vendu 180.000 francs à son 'bea Texte de l article ci-dessus  u-frère, M. Alkoyitsky, et £.. l’associe de celui-ci, M Knigenik, négociants  en bijouterie à,Paris, 8, rue Braque. A ce''moment 'd'ailleurs, ont déclaré les deux associés, la pierre était nue. c'est-à-dirè que sa monture et sa garniture de diamants primitifs avaient disparu 
3° Que  le saphir avait été vendu 185.000 francs par MM. Alkovitsky et Knigenik rue lafayette,  à Bôghos Esmerian boulevard Emile-Augier, et Girayrd Esmerian, 54, avenue Kléber, et que finalement l'énorme cabochon avait été cédé à M. Margossian, lapidaire, 10, rue Chauchat, et divisé en neuf pierres, plus aptes, pensait-il, à trouver acquéreurs dans la clientèle normale.
L'instruction suivait son cours, lorsque, avant-hier après-midi, le service de la police judiciaire apprit qu'un passeport au nom de l'un des négociants impliqués dans l'affaire du saphir, avait été demandé pour la Belgique.
Ce passeport, déclare au reste l'avocat de l'inculpé, demandé il y a plus de quinze jours, devait lui servir simplement à se rendre au mariage de la fille d'un de ses clients à Bruxelles.
Fût-ce cette circonstance qui hâta la détermination prise par le juge Quoi qu'il en soit, M. Lacomblez décernait, dans la soirée, un mandat d'amener contre MM. Feuchwanger, Boghos Esmerian, Girayrd Esmerian, Joseph Knigenik et Lipman Alkovitsky, que l'on alla quérir à leur domicile et que l'on amena hier dans les bureaux de la police judiciaire d'où ils furent dirigés à 14 heures vers la chambre d'instruction.
Après avoir procédé, en présence de leurs avocates,
Joseph Knigenik M-Vipinan Alkovitsky lander et Montel, à leur interrogatoire, M. Lacomblez décida de remettre en liberté provisoire, sous versement d'une caution de 150.000 francs chacun, MM. Feuchwanger, Boghos et Girayrd Esmerian, inculpés de recel de marchandises volées. Ils déclarent avoir agi de très bonne foi et attendre avec confiance la fin de l'enquête. Quant à MM. Joseph Knigenik et Lipman Alkovitsky, ils ont été placés, sous mandat de dépôt et envoyés à la Santé, sous l'inculpation de complicité de vol et recel.





Comment des professionnels lapidaires et commerçants peuvent ne pas s'inquiéter de voir apparaître un saphir de 291 carats et  savoir qu'on doit le retailler en 9 pierres?
La justice fut clémente, très clémente en prononçant un non lieu . Le juge les reconnait de bonne foi, mais Ferschewanger  et Esmerian Paul  ont quand même dédommagé le comte Branicki!!!!!




En 1923  (Gabriel  Falguières a du mourir en 1920) sa veuve s'associe  avec un certain R.Debut , peut être de la famille de Jules Debut le grand joaillier? voir







Mariage de Raphaël Esmerian en 1925 dans le Chicago Tribune

L'automne, au moins, va être rehaussé par un mariage vraiment intéressant.
Mme Edouard Siegman, de l'Hôtel Majestic, vient d'annoncer les fiançailles de sa fille Melle Virginie, Joséphine Siegman avec Mr Raphaël Esmérian, de Paris.
Mr Esmérian est le fils de Mr et Mme Paul Esmérian, résidant 9 square du Bois-de-Boulogne à Paris.
Melle Siegman qui est une svelte brunette avec de riches couleurs, fera une ravissante mariée.
Le mariage doit avoir lieu en Novembre de sorte que toute la jeunesse de la ville puisse prendre part aux festivités.
Melle Siegman fréquentait l'Ecole Finck et a fait son entrée dans le monde en 1922. Mr Esmérian est diplômé de l'Université de Cambridge en Angleterre. Il est actuellement associé aux affaires de son père à Paris"  
Traduit par S.M. Le Turcq


Le nom «Esmerian» est célèbre à Manhattan et dans le monde de la joaillerie depuis un siècle. Le père de Ralph Esmerian, Raphael Esmerian, était à l'époque un éminent marchand de pierres précieuses, consulté par de grandes maisons de joaillerie comme Cartier.
Raphael eut un fils,  Ralph Esmerian,  qui très rapidement devint un revendeur et collectionneur respecté,  devenant le bijoutier des stars en tant que nouveau propriétaire de Fred Leighton. Esmerian a été fréquemment photographiée avec des actrices célèbres.
Une affaire très prospère mais la faillite approche et Raph va devoir se séparer de sa merveilleuse collection.

Fini les catalogues de vente aux enchères fantaisistes vantant Esmerian comme ayant «l'œil d'un connaisseur» (titre de la célèbre vente aux enchères de Christie's 2008 annulée). Celui-ci a la saveur décidément peu glamour d'une vente de faillite. Mais ces articles sont loin des symboles de statut fastueux vendus aux enchères lorsque Bernie Madoff est allé en prison .
Bien que bon nombre des trésors les plus précieux d'Esmerian aient déjà été vendus, il y en a assez ici pour remplir une galerie de musée - et je suis sûr que quelques musées soumettent leurs offres.
Les articles comprennent la collection Zucker d'anneaux et de pierres de prière islamiques, une sculpture en bronze antique et un verre romain, et un album d'aquarelle commandé par Marie Antoinette.
Voici un aperçu des bijoux à gagner. Il va des antiquités rares et du renouveau du XIXe siècle   aux créations du XXe siècle de Marcus & Co., Raymond Yard, Boucheron et Carvin French. Esmerian a travaillé avec chacun d'eux au fil des décennies, mais était probablement mieux connu pour sa collection Art Nouveau. Beaucoup à goûter, y compris des pièces signées de Fabergé, René Lalique , Lucien Gautrait, Gabriel Falguières et Georges Fouquet.

Ce passage a été écrit par  CATHLEEN MCCARTHY  SUR SON SITE 




Voila pourquoi et comment nous avons pu mieux connaitre  ces merveilleuses pièces

Et puis tombe la nouvelle:

Selon The New York Observer, le 22 juillet 2011, Ralph Esmerian a été condamné par la justice américaine à 6 ans de prison et à une amende de 20 millions de dollars (14 millions d’euros environ) pour fraude. Il était le propriétaire de la bijouterie Fred Leighton, l’un des plus grands collectionneurs d’art populaire aux Etats-Unis et surtout l’ancien président de l’American Folk Art Museum. Mais, afin de sécuriser 217 millions de dollars de prêt destiné à acheter et exploiter son commerce, ce dernier a utilisé des garanties déjà nanties ou vendues.




[Publié à l'origine le 19 octobre 2009; mis à jour le 21 octobre 2009]
Ce mercredi 21 Octobre, le Rockefeller Center Christie mettra aux enchères ce que François Curiel appelle « une vente fabuleuse de bijoux Fred Leighton. » Le catalogue, intitulé «Rare Jewels & Objets d'Art: A Superb Collection», ne mentionne pas la connexion de Fred Leighton, mais beaucoup des trésors qui se trouvent dans le bloc sont les mêmes que ceux que nous avons vus lors de la vente de bijoux de Christie en avril 2008 - celui qui a été annulé à la dernière minute, après que le propriétaire Ralph Esmerian eut déposé une demande de protection contre le dépôt de bilan en vertu du chapitre 11, gelant les actifs de Fred Leighton.
Célèbre pour populariser les bijoux de domaine sur le tapis rouge, la marque Fred Leighton a depuis dérivé du contrôle d'Esmerian. Maintenant, bon nombre des trésors qu'Esmerian a mis en garantie, lorsque Merrill Lynch lui a prêté les millions dont il avait besoin pour acheter la chaîne, sont à nouveau vendus. Il ne semble pas y avoir de sursis de dernière minute cette fois-ci.
Pour les collectionneurs qui ont attendu patiemment que ces pièces de qualité muséale soient disponibles, la vente de cette semaine est une nouvelle passionnante. La vente comprend plus de 200 bijoux vintage d'exception avec un pedigree impressionnant - des propriétaires allant des actrices aux familles royales. «Rarement au cours de mes 40 années chez Christie's, j'ai vu une sélection aussi unique», explique Curiel, président de Christie's Europe et directeur du département international de bijoux.
Parmi les autres pièces de qualité musée à vendre aux enchères:
• le Taj Mahal du XVIIe siècle a sculpté de l'émeraude moghol, estimée entre 800 000 $ et 1 200 000 $ [MISE À JOUR: Vendu 794 500 $]
• le pendentif Sarah Bernhardt de Lalique [MISE À JOUR: vendu pour 554 400 $, sur une estimation de 400 000 à 600 000 $]
• une horloge mystère sertie de citrine et de pierres précieuses par Cartier (photo ci-dessus), estimée entre 500 000 $ et 700 000 $ [MISE À JOUR: vendue pour 530 500 $]
• la «Vénus bleue», une sculpture en saphir sculpté réalisée pour le prince Youssoupov au milieu du XVIIIe siècle, estimée entre 300 000 $ et 500 000 $ [MISE À JOUR: vendue 554 500 $]



• le célèbre pendentif «La Bretonne» de Vever
• la «Cage d'Hortense», une cage à oiseaux fantaisiste de Van Cleef & Arpels. Initialement commandée par un maharaja indien en 1935 pour servir d'aquarium à sa grenouille d'arbre de compagnie, avec une petite échelle en or, la cage a ensuite été transformée pour abriter deux tourtereaux émeraude.




Broche de l'Impératrice Eugénie

Mais il y avait surtout  au terme d'une vente annulée etc, dont vous pourrez retrouver l histoire sur le site de Cathleen:  https://thejewelryloupe.com/

la pièce la plus célèbre de la vente: la broche noeud en diamant créée pour l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Elle  avait été conservée au Louvre jusqu'en 1887, date à laquelle elle a été vendue aux enchères publiques par le gouvernement de  la Troisième République, pour finir en possession de New-Yorkaise Caroline Astor.

Et finalement, Christie's par l'intermédiaire de François Curiel a vendu cette pièce maîtresse au Louvre, la broche Impératrice Eugénie, avec la permission d'Esmerian et de Merrill Lynch.

Tout le monde était heureux. Merrill Lynch était heureux d'obtenir le double du prix estimé. Curiel, un citoyen français, était heureux de voir un joyau royal de la cour française renvoyé en France, et Esmerian, fondateur et ancien président du Musée d'art populaire américain, était heureux que la broche soit allée au Louvre.
La négociation de la vente a été compliquée, étant donné la propriété désormais douteuse des bijoux. «Le juge aurait pu tout bloquer et bloquer les choses. Après tout, la broche est hors du pays depuis 121 ans, qu'est-ce que c'était encore six mois? » Dit Curiel. "Mais nous avons réussi à le faire si rapidement, la broche s'est retrouvée au Louvre en un mois."

Nous ne reverrons peut être jamais toutes les autres magnifiques pièces qui ont été vendues à des particuliers, mais cette "faillite" nous a permis de sortir de l' ombre deux bijoux de Gabriel Falguières


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