mardi 13 novembre 2007

Garantie, droits de marque, poinçons ?......


Lorsque j’expertise un bijou, je commence toujours par les poinçons ; ceux-ci vont me permettre de vérifier la qualité du métal, de retrouver l’époque de fabrication du bijou mais encore, celui qui a conçu ce bijou.

Pour ce faire, il fallait créer des « marques » sur les objets.
L’orfèvrerie et la bijouterie ne sont pas les seuls métiers qui « marquent » les objets, j’avais eu la chance, en accompagnant mon ami Patrick HALBOUT, archéologue, de découvrir dans les greniers d’un vieil hôtel du centre de Rouen, appelé à la démolition, plusieurs centaines de moules à pains de sucre qui provenaient de la dernière raffinerie de sucre installée dans le centre de Rouen. En 1860 une plainte des riverains avait fait fermer cette raffinerie de sucre, car les habitants du quartier avaient peur des incendies. Et tous ces moules à Pains de sucre étaient « marqués » avec des « poinçons » composés d’initiales et de sigles, sur certains était ajouté mention de la ville d’Orléans célèbre pour ses poteries.
https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1982_num_32_3_5495
En 1275 Philippe le Hardi obligea les Orfèvres à appliquer un poinçon sur les ouvrages d’argent, il représentait le Sceau de la Ville, son successeur Philippe le Bel étendra cette obligation aux ouvrages d’or.
Henri III par un édit de 1579 avait créé un droit de "Remede"
Le Remède est l’alliage qui permet de rendre l’or plus liant pour le travailler plus facilement.
Louis XIII révoqua l’édit, en créa un autre en 1631 avec un droit de 5 sous par once d orfèvrerie dont les produits furent affectés au rétablissement de la sainte chapelle.
En mars 1772 il y eut une « déclaration » Cliquez sur l'image pour l agrandir




suivis d’une ordonnance de juillet 1681 qui fut elle-même sujette à augmentation par un nouveau tarif pour ceux des officiers essayeurs et contrôleurs réunis à la ferme de l or, en 1718 et 1723 .Ces droits furent appelés « Droit de seigneuriage » et " droit de marque d’or" .
Les fermiers généraux lorsqu’ils administrèrent ces droits, gardèrent ce titre de
« Droit de marque d’or »








Révolution oblige, en avril 1791 tous les impôts indirects furent abolis, mais furent abolis aussi les privilèges dont jouissait la corporation des orfèvres
A ce propos une anecdote, quand j’étais à l’école de bijouterie, rue du Louvre à Paris, Le président Mr Ancelin, nous disait « Messieurs, avant la révolution les Joailliers portaient l’épée…. » L’ennui c’est que trois mois après il se répétait.


Avec la disparition des maisons communes, la corporation éclate, on ne recense plus les Artisans, les années de maitrise sont moins longues, les critères d’accession sont moins nombreux.



On ne tarda pas à s’apercevoir que cela privait le trésor public de recettes et le gouvernement fit fabriquer de nouveaux poinçons et créa un « Droit de Garantie qui fut fixé à 20 francs l’hectogramme. indépendamment du droit fixé par la loi de Brumaire an 6 qui fit la base de la législation de la garantie jusqu’en 1995.




D’autres modifications eurent lieu, mais en gros depuis l’ordonnance Royale du 5 mai 1820 l’administration des contributions indirectes est chargée de la direction du service, de la perception du droit, de la surveillance des redevables, et du règlement des dépenses en matière de garantie. En revanche, celle des monnaies et médailles conserve la confection des poinçons.






















Poussé par l’Europe et par la profession qui désirait une modernisation de la garantie des métaux précieux, la loi du 4 janvier 1994 modifia profondément la législation de la garantie des métaux précieux. Avant, ne s’appelaient « OR » que les ouvrages titrés à 18 carats soit 750 /1000° d’or puisque l’ or pur représentait 24 carats. Cette réglementation protégeait la France des autres pays qui appelaient « OR » des ouvrages descendants jusqu'à 300/1000° d’or (l’Angleterre) Nous avons du accepter le - 9 -le 14- le 22 carats , puis modifier les appellations pour qu’elles soient plus compréhensibles par le public , nous avons désormais la possibilité de fabriquer des bijoux en 375/1000° d’or ancien 9 carats, en 585/1000° , ancien 14 carats, 750/1000° ancien 18 carats,et 916 /1000° ancien 22 carats. C'est de très loin l'or à 750/1000° (ancien 18 carats) qui se vend.


Mais surtout cette loi a diminué considérablement le nombre de bureaux de garantie et donné par conséquent aux bijoutiers qui le demandaient et qui remplissaient les conditions de qualité de travail et de sérieux, la possibilité de poinçonner eux même leur production.

Pour ce faire ils ont pu acheter aux monnaies et médailles des poinçons tête d'aigle pour l or et tête de chien pour le platine. C'est une évolution importante pour nos professionnels, même si en contrepartie, certains contrôles se font plus tatillons. De plus nous sommes passés de la tutelle des impôts à celle des Douanes.
La paperasse n'est jamais drôle à gérer, mais il en va de la crédibilité des bijoutiers fabricants qui ont obtenu le droit de poinçonner.
Bien que je ne puisse aller au fond de ce sujet si complexe, sur un blog, au vu de la quantité de lois,de textes, etc , je ne puis oublier de mentionner ce qu'est le poinçon de responsabilité, anciennement poinçon de Maitre.






Ce poinçon prend la forme d'un losange pour l or et l argent,il est carré pour le plaqué or, Vous trouverez un signe emblématique et les initiales du fabricant, qu'il soit bijoutier, joaillier, ou Orfèvre. Lorsque vous allez vous inscrire, l'administration vous demande 3 projets, si je prends mon exemple j'avais choisi plusieurs sigles car mes initiales sont JJR pour jean jacques Richard, mais il pourrait y avoir à l autre bout de la France un autre JJR qui se nommerait Jean Jules Richard(par ex) Il faut donc un signe emblématique pour différencier les deux, et aucun Joaillier ne peut avoir le même poinçon qu'un de ses prédécesseurs , donc j'avais entre autres, proposé une croix celtique, car je suis d'origine Bretonne. C'est ce poinçon qui a été retenu.

Si vous croisez mon poinçon avec celui de l'or , la tête d'aigle, il y a une lettre grecque qui permet d'identifier le bureau de garantie ou a été contrôlé le bijou. Alpha grec pour Paris, et Béta grec pour Rouen, car pendant longtemps Rouen était la deuxième ville du Royaume.




Ainsi donc, si vous trouvez un bijou avec un B grec dans les plumes de la tête d'aigle, les initiales JJR, et une Croix Celtique, vous saurez immédiatement que ce bijou a été fabriqué par Jean Jacques Richard installé à Rouen, et de plus la forme du poinçon tête d'aigle pourra vous renseigner sur l'époque , de telle date à telle date en exercice. En demandant à l administration vous saurez aussi que j'ai exercé de 1965 à 2006 avec deux poinçons différents
De même si vous trouvez un bijou avec une tête d'aigle qui comporte au milieu un A grec et un poinçon de maitre qui ressemble à l un de ceux indiqués ci-dessus, vous saurez que le bijou a été fabriqué par "CARTIER" à Paris.

Autrefois le poinçon de Maitre engageait celui qui avait été reconnu par ses pairs, à la suite d'un long apprentissage, puis de l'observation de son travail par la communauté professionnelle qui le reconnaissait (ou pas) comme MAITRE, capable d'un travail reconnu, responsable et capable de transmettre son savoir.
J'ai été élevé dans ce métier de cette manière, j'ai été élève de l école de BJO, ouvrier, Artisan puis Maitre Artisan, j'ai transmis mon savoir à de nombreux apprentis et je suis satisfait de voir leur niveau actuel, mais voila....changement d'époque!!!!!

Avec des sociétés dont le PDG n'a reçu aucune formation professionnelle, qui se dit créateur autodidacte (
dans notre métier c'est une sombre rigolade) qui fait fabriquer son produit en Chine, le fait sertir en Thailande, etc, il a bien fallu accepter ce nouveau terme de Poinçon de responsabilité, qui ne sanctionne que la responsabilité de la SARL. Le terme de "Maitre" ne veut plus rien dire.
Maintenant c'est le marketing qui prime, mais....!
attention.., je précise que les exigences, les contrôles des grands comme CARTIER, VAN CLEEF ou BOUCHERON sur leurs produits, amènent à l'approche de la perfection. Ceux qui travaillent pour eux en savent quelque chose, quelquefois 30 % de la commande est retournée, mais certains des autres.........

Rappel des poinçons français utilisés actuellement


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LOI no 94-6 du 4 janvier 1994 portant aménagement de la législation relative à la garantie des métaux précieux et aux pouvoirs de contrôle des agents des douanes sur la situation administrative de certaines personnes (1)


NOR : BUDX9300192L


Art. 1er. - L'article 521 du code général des impôts est ainsi modifié:
I. - Le premier alinéa est ainsi rédigé: << Les fabricants d'ouvrages d'or ou contenant de l'or, d'argent ou de platine sont soumis à la législation de la garantie prévue au présent chapitre, non seulement à raison de leur propre production mais également pour les ouvrages qu'ils ont fait réaliser pour leur compte par des tiers avec des matières leur appartenant. Les personnes qui mettent sur le marché ces ouvrages en provenance des autres Etats membres de l'Union européenne et des pays tiers, ou leurs représentants, sont également soumises à cette législation. >>
II. - Les deuxième et troisième alinéas sont abrogés.
Art. 2. - L'article 522 du même code est ainsi modifié:
I. - Le premier alinéa est remplacé par quatre alinéas ainsi rédigés: << Les titres légaux des ouvrages d'or ou contenant de l'or ainsi que les titres légaux des ouvrages en argent ou en platine sont les suivants:
<< a) 916 millièmes et 750 millièmes pour les ouvrages en or; 585 millièmes et 375 millièmes pour les ouvrages contenant de l'or;
<< b) 925 millièmes et 800 millièmes pour les ouvrages en argent;
<< c) 950 millièmes, 900 millièmes et 850 millièmes pour les ouvrages en platine. >>
II. - Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé: << Le titre des ouvrages est garanti par l'Etat, à l'exception de celui des produits contenant de l'or aux titres de 585 ou 375 millièmes, dont la garantie, dite << garantie publique >>, est assurée par un organisme de contrôle agréé par l'Etat. >>
Art. 3. - Il est inséré, dans le même code, un article 522 bis ainsi rédigé: << Art. 522 bis. - Seuls les ouvrages d'or dont le titre est supérieur ou égal à 750 millièmes peuvent bénéficier de l'appellation << or >> lors de leur commercialisation au stade du détail auprès des particuliers. << Les ouvrages contenant de l'or aux titres de 585 ou 375 millièmes bénéficient de l'appellation << alliage d'or >>, assortie de leur titre, lors de leur commercialisation au stade du détail auprès des particuliers. >>
Art. 4. - L'article 523 du même code est ainsi rédigé: << Art. 523. - La garantie du titre est attestée par des poinçons appliqués sur chaque pièce, à la suite, selon le cas, d'un essai ou de la délivrance d'une habilitation, conformément aux règles établies ci-après. >>
Art. 5. - L'article 524 du même code est ainsi modifié:
I. - A la fin du premier alinéa, les mots: << bureau de garantie >> sont remplacés par les mots: << titre de l'ouvrage, dit poinçon de garantie >>.
II. - Le troisième alinéa est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés: << Le poinçon de garantie est apposé: << - pour les ouvrages bénéficiant de la garantie d'Etat, par le service de la garantie, après essai, sauf dérogation prévue à l'article 535; << - pour les ouvrages bénéficiant de la garantie publique, par un organisme de contrôle agréé ou par le fabricant après délivrance à celui-ci, par un organisme de contrôle agréé, d'une habilitation annuelle; cette habilitation engage la responsabilité de l'organisme. >>
III. - Il est ajouté, à la fin de l'article , deux alinéas ainsi rédigés: << La garantie d'Etat assure à l'acheteur, par l'apposition du poinçon de garantie, le titre du produit mis sur le marché. Elle est mise en oeuvre par l'administration au moyen d'un contrôle préalable. Lorsqu'il bénéficie de l'habilitation prévue au deuxième alinéa du I de l'article 535, le fabricant répond de la concordance entre le titre correspondant au poinçon insculpé et le titre réel de l'ouvrage mis sur le marché. << La garantie publique correspond à un engagement par lequel l'organisme de contrôle agréé et le fabricant répondent de la concordance entre le titre correspondant au poinçon insculpé et le titre réel de l'ouvrage mis sur le marché. >>
Art. 6. - Il est inséré, dans le même code, un article 524 bis ainsi rédigé: << Art. 524 bis. - Sont dispensés du poinçon de garantie:
<< a) Les ouvrages antérieurs à l'année 1798;
<< b) Les ouvrages contenant du platine ou de l'or d'un poids maximum de 5 décigrammes et les ouvrages en argent d'un poids maximum de 5 grammes;
<< c) Les ouvrages qui ne peuvent supporter l'empreinte des poinçons sans détérioration;
<< d) Les ouvrages introduits sur le territoire national en provenance d'un autre Etat membre de l'Union européenne portant un poinçon de fabricant et un poinçon de titre enregistrés dans ces Etats, le poinçon du fabricant ayant été déposé auprès de l'administration française, et le poinçon de titre reconnu par celle-ci, dans les conditions prévues à l'article 548. >>
Art. 7. - L'article 527 du même code est ainsi modifié:
I. - Le premier alinéa est ainsi rédigé: << Les ouvrages mentionnés à l'article 522 supportent un droit spécifique fixé, par hectogramme, conformément au tableau ci-après: ...................................................... Vous pouvez consulter le tableau dans le JO no 0003 du 05/01/94 Page 245 a 249 ......................................................
II. - Au troisième alinéa, les mots: << droit de garantie >> sont remplacés par les mots << droit spécifique >> et après les mots << d'or >>, sont ajoutés les mots: << ou contenant de l'or >>.
III. - Il est ajouté quatre alinéas ainsi rédigés: << Le fait générateur du droit spécifique sur ces ouvrages est constitué par leur mise sur le marché. << La mise sur le marché est constituée par la première livraison après la fabrication, l'importation, l'acquisition intracommunautaire ou la livraison effectuée dans les conditions prévues au 1o du I de l'article 258 B. << Le droit est exigible lors de la réalisation du fait générateur. Il est dû, selon le cas, par le fabricant, l'importateur, la personne qui réalise l'acquisition intracommunautaire ou le vendeur ou son représentant fiscal. << Les redevables du droit spécifique sur ces ouvrages doivent déposer mensuellement une déclaration mentionnant les opérations imposables et les opérations exonérées effectuées le mois précédent ainsi que les opérations pour lesquelles le remboursement est demandé. Le montant des sommes exigibles est acquitté au moment du dépôt de cette déclaration. Toutefois, les opérateurs ont la faculté d'acquitter le droit au comptant lors de la mise sur le marché national des ouvrages en déposant immédiatement ladite déclaration. Les conditions dans lesquelles s'effectue cette option sont fixées par décret. >>
Art. 8. - L'article 528 du même code est ainsi modifié:
I. - Les mots: << Les ouvrages déposés au mont-de-piété et dans les autres établissements >> sont remplacés par les mots: << Les ouvrages vendus par les caisses de crédit municipal et par les autres établissements >>.
II. - Les mots << droit de garantie >> sont remplacés par les mots << droit spécifique sur les ouvrages mentionnés à l'article 522 >>.
III. - Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé: << Le droit n'est pas dû lorsque ces ouvrages ont été soumis au droit de garantie exigible avant l'entrée en vigueur de la loi no 94-6 du 4 janvier 1994 portant aménagement de la législation relative à la garantie des métaux précieux et aux pouvoirs de contrôle des agents des douanes sur la situation administrative de certaines personnes. >>
Art. 9. - L'article 530 du même code est ainsi rédigé: << Art. 530. - Lorsque le titre d'un ouvrage apporté à la marque au service de la garantie est trouvé inférieur au plus bas des titres pouvant bénéficier de la garantie d'Etat, il peut être procédé à un second essai si le propriétaire le demande. << Lorsque le second essai confirme le résultat du premier, l'ouvrage est, au choix du propriétaire, soit remis à ce dernier après avoir été rompu en sa présence, soit marqué de la garantie publique si le titre constaté lors de l'essai correspond à l'un des titres légaux pouvant bénéficier de celle-ci. << Dans tous les cas, le propriétaire dispose également de la possibilité d'exporter ses ouvrages conformément aux dispositions de l'article 545. >>
Art. 10. - Il est inséré, après l'article 530 du même code, deux articles 530 bis et 530 ter ainsi rédigés: << Art. 530 bis. - Avant de mettre sur le marché national des ouvrages bénéficiant de la garantie publique, le fabricant doit assurer la conformité des ouvrages au titre par l'un des deux moyens suivants, à son choix: << 1o L'évaluation périodique du système de contrôle interne de la qualité par un organisme de contrôle agréé; << 2o La vérification des produits par un organisme de contrôle agréé. << Les organismes de contrôle agréés et leur personnel sont astreints au secret professionnel dans les termes de l'article 378 du code pénal. << Les modalités de contrôle, les obligations des organismes de contrôle agréés, les conditions de leur activité, les règles applicables à leur personnel et à leur encadrement en vue d'assurer leur indépendance dans l'exécution de leurs missions, les exigences touchant à leurs compétences techniques et à leur intégrité professionnelle, ainsi que les spécifications applicables aux moyens et équipements nécessaires sont fixées par décret en Conseil d'Etat. << Il en est de même des obligations des fabricants touchant au processus de production et aux droits de l'organisme de contrôle agréé vis-à-vis des fabricants. << Art. 530 ter. - La garantie publique ne peut être accordée que par des organismes de contrôle préalablement agréés par le ministre chargé du budget et le ministre chargé de l'industrie. Les conditions de délivrance et de retrait de l'agrément sont fixées par le décret prévu à l'article 530 bis. >>
Art. 11. - Jusqu'à la publication de la première décision d'agrément prise en application des dispositions de l'article 530 ter du code général des impôts, la direction nationale de la garantie et des services industriels et le centre technique de l'industrie horlogère exercent les attributions dévolues aux organismes de contrôle agréés.
Art. 12. - L'article 532 du code général des impôts est abrogé.
Art. 13. - L'article 533 du même code est ainsi modifié:
I. - Les mots: << deux fabricants de son ressort >> sont remplacés par les mots: << plusieurs fabricants >>.
II. - Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé: << S'ils fabriquent des ouvrages devant bénéficier de la garantie publique, ils doivent indiquer, par écrit, au service compétent désigné par l'autorité administrative l'organisme de contrôle agréé qu'ils ont choisi et justifier de l'accord de ce dernier. En cas de changement d'organisme de contrôle agréé, ils doivent justifier auprès du service qu'ils ont notifié leur décision au précédent organisme et ont rempli leurs obligations envers ce dernier. >>
Art. 14. - L'article 535 du même code est ainsi rédigé: << Art. 535. –
I. - Les fabricants et marchands doivent porter au bureau de garantie dont ils relèvent les ouvrages qui doivent bénéficier de la garantie d'Etat pour y être essayés, titrés et marqués. << Sont dispensés de cette obligation les fabricants habilités par convention passée avec l'administration. Un décret en Conseil d'Etat détermine les obligations qui peuvent être imposées aux fabricants dans le cadre de la convention visée à la phrase précédente ainsi que les conditions dans lesquelles l'habilitation est accordée. << Nul ne peut faire profession d'accomplir pour autrui la formalité prévue au premier alinéa s'il n'a été agréé comme commissionnaire en garantie, dans les conditions prévues par arrêté ministériel. <<
II. - Les fabricants et marchands des ouvrages devant bénéficier de la garantie publique doivent marquer, ou faire marquer, leurs ouvrages du poinçon de titre après délivrance d'une habilitation par un organisme de contrôle agréé. Le poinçon de titre doit être apposé après le poinçon de fabricant. <<
III. - Pour être acceptés à la marque, les ouvrages doivent porter l'empreinte du poinçon de fabricant et être assez avancés pour n'éprouver aucune altération au cours du finissage. >>
Art. 15. - L'article 537 du même code est ainsi rédigé: << Art. 537. - Les fabricants et les marchands d'or, d'argent et de platine ouvrés ou non ouvrés ou d'alliage de ces métaux, et, d'une manière générale, toutes les personnes qui détiennent des matières de l'espèce pour l'exercice de leur profession, doivent tenir un registre de leurs achats, ventes, réceptions et livraisons, dont la forme et le contenu sont définis par arrêté du ministre chargé du budget. Ce registre doit être présenté à l'autorité publique à toute réquisition. << Toutefois, pour les transactions portant sur l'or monnayé et sur l'or en barre et en lingots de poids et de titre admis par la Banque de France, à l'exception de celles qui sont réalisées au cours de ventes publiques, l'identité des parties n'a pas à être mentionnée sur le registre visé au premier alinéa du présent article , sauf si le client en fait la demande. >>
Art. 16. - Le Gouvernement déposera, avant le 1er juillet 1994, un rapport sur les modalités d'assouplissement de l'obligation de tenue du registre défini à l'article 537 du code général des impôts; ce rapport précisera notamment comment l'administration entend préserver et consolider les assouplissements déjà accordés, tenir compte de l'application des techniques informatiques aux documents comptables et assurer la confidentialité des informations nominatives que pourrait contenir ce registre.
Art. 17. - L'article 542 du même code est ainsi rédigé: << Art. 542. - Lorsque les ouvrages revêtus de l'empreinte des poinçons réglementaires intérieurs sont exportés ou font l'objet d'une livraison à destination d'un autre Etat membre de l'Union européenne, le droit spécifique n'est pas dû par le redevable sous la condition qu'il justifie soit de l'exportation par un document douanier, soit de la livraison à destination d'un autre Etat membre de l'Union européenne par tous documents probants. << Lorsque le droit a déjà été acquitté, il peut en être demandé le remboursement si, en plus des justificatifs d'exportation ou de livraison à destination d'un autre Etat membre de l'Union européenne, la preuve est apportée par celui qui réalise l'opération du paiement antérieur du droit afférent à ces ouvrages. >>
Art. 18. - A l'article 543 du même code, après le mot: << exportés >>, sont ajoutés les mots: << ou faire l'objet d'une livraison à destination d'un autre Etat membre de l'Union européenne >>. Dans le même article , les mots: << des droits de garantie >> sont remplacés par les mots: << du droit spécifique prévu par l'article 527 >>.
Art. 19. - L'article 545 du même code est ainsi modifié:
I. - Au premier alinéa, les mots: << d'or, de platine et d'argent >> sont remplacés par les mots: << d'or ou contenant de l'or, d'argent ou de platine >> et, après les mots << tous autres titres >>, sont ajoutés les mots << non légaux >>.
II. - Dans le deuxième alinéa, les mots: << de l'Etat >> sont remplacés par les mots: << de la garantie d'Etat ou de la garantie publique >>.
III. - Dans le troisième alinéa, après le mot: << exporte >>, sont insérés les mots: << ou les livre à destination d'un autre Etat membre de l'Union européenne >>.
Art. 20. - Dans le second alinéa de l'article 546 du même code, après le mot << exportation >>, sont insérés les mots << ou de la livraison à destination d'un autre Etat membre de l'Union européenne >>.
Art. 21. - Les trois premiers alinéas de l'article 548 du même code sont ainsi rédigés: << Les ouvrages importés d'un Etat non membre de l'Union européenne doivent être présentés aux agents des douanes pour être déclarés et pesés. Ils sont frappés, par l'importateur, du poinçon dit << de responsabilité >>, qui est soumis aux mêmes règles que le poinçon de maître du fabricant. Ces ouvrages sont ensuite, selon le cas, envoyés, sous plomb, au bureau de garantie le plus voisin pour les ouvrages susceptibles de bénéficier de la garantie d'Etat, ou à l'organisme de contrôle agréé pour les autres ouvrages, afin d'être marqués s'ils possèdent l'un des titres légaux. << Les ouvrages aux titres légaux, fabriqués ou mis en libre pratique dans un Etat membre de l'Union européenne, comportant déjà l'empreinte, d'une part, d'un poinçon de fabricant ou d'un poinçon de responsabilité et, d'autre part, d'un poinçon de titre, enregistrés dans cet Etat, peuvent être commercialisés sur le territoire national sans contrôle préalable d'un bureau de garantie français ou d'un organisme agréé français, selon le cas, à la condition que le poinçon de fabricant dont ils sont revêtus ait été déposé au service de la garantie et le poinçon de titre reconnu par ce service. Toutefois les personnes qui les commercialisent sur le territoire national ont la faculté de présenter ces ouvrages à la garantie pour y être essayés et insculpés du poinçon de titre français. En l'absence de l'une de ces empreintes, ces ouvrages sont soumis aux dispositions de l'alinéa précédent. << Les fabricants ou leurs représentants ou les professionnels responsables de l'introduction en France de leurs ouvrages en provenance des autres Etats membres de l'Union européenne doivent déposer leur poinçon au service de la garantie préalablement à toute opération. >>
Art. 22. - L'article 549 du même code est ainsi rédigé: << Art. 549. - Lorsque des ouvrages venant d'un Etat qui n'est pas membre de l'Union européenne ou non revêtus d'un poinçon de fabricant déposé auprès de l'administration française et d'un poinçon de titre reconnu par celle-ci dans les conditions prévues à l'article 548 et introduits en France en vertu des exceptions prévues au 2o de l'article 548 sont mis sur le marché, ils doivent être portés au bureau de garantie ou à l'organisme de contrôle agréé, selon le cas, pour y être marqués. >>
Art. 23. - L'article 550 du code général des impôts est complété par un second alinéa ainsi rédigé: << Les ouvrages en métal précieux doublés ou plaqués de métal précieux sont soumis aux dispositions du présent chapitre applicables au métal précieux qui constitue le corps de ces ouvrages. >>
Art. 24. - Au deuxième alinéa de l'article 551 du même code, après les mots << également à un titre légal >>, sont insérés les mots << supérieur ou égal à 750 millièmes >>.
Art. 25. - L'article 553 du même code est ainsi rédigé: << Art. 553. - Les modalités d'application des articles relatifs aux ouvrages d'or ou contenant de l'or, d'argent ou de platine, notamment celles qui sont relatives au droit spécifique sur les ouvrages mentionnés à l'article 522, à l'essai ou à la délivrance des habilitations, à l'application des poinçons, à l'organisation et au fonctionnement des bureaux de garantie et des organismes de contrôle agréés, sont fixées par décret, sous réserve des décrets en Conseil d'Etat prévus aux articles 530 bis et 535. >>
Art. 26. –
I. - Dans l'antépénultième alinéa de l'article 521, dans l'article 531, dans l'article 533, dans le second alinéa de l'article 536, dans le deuxième alinéa de l'article 539, dans l'article 541, dans l'article 543, dans les cinquième et sixième alinéas de l'article 548 et dans le 8o de l'article 1810 du même code, les mots: << ou contenant de l'or >> sont insérés après le mot: << or >>.
II. - Au premier alinéa de l'article 540 du même code, les mots: << ouvrages en or, argent ou platine >> sont remplacés par les mots: << ouvrages d'or ou contenant de l'or, d'argent ou de platine >>.
III. - A l'article L. 36 du livre des procédures fiscales, les mots: << ouvrages d'or >> sont remplacés par les mots: << ouvrages d'or ou contenant de l'or >>; il est ajouté après les mots << les contribuables >>, les mots << et les organismes de contrôle agréés >>.
IV. - A l'article L. 222 du même livre, les mots: << d'ouvrages d'or et d'argent >> sont remplacés par les mots: << d'ouvrages d'or ou contenant de l'or, d'argent ou de platine >>.
Art. 27. - Dans le dernier alinéa de l'article 1698 du code général des impôts, les mots: << droit de garantie sur les ouvrages d'or, d'argent et de platine >> sont remplacés par les mots: << droit spécifique sur les ouvrages d'or ou contenant de l'or, d'argent ou de platine >>.
Art. 28. - Dans les articles 1727-OA et 1731-OA du code général des impôts, les mots << de garantie >> sont remplacés par les mots << spécifique prévu par l'article 527 >>.
Art. 29. - Il est inséré, dans le même code, un article 1698 quater ainsi rédigé: << Art. 1698 quater. - Le droit spécifique prévu à l'article 527 est recouvré selon les procédures et sous le bénéfice des sûretés prévues par le présent code en matière de contributions indirectes. Les infractions sont constatées, poursuivies et réprimées comme en matière de contributions indirectes. >>
Art. 30. - Les ouvrages d'or aux titres de 920 millièmes et 840 millièmes, légalement revêtus du poinçon de titre avant la date de publication de la présente loi, pourront valablement être commercialisés après l'entrée en vigueur de celle-ci.
Art. 31. - Les dispositions du présent titre Ier entrent en vigueur le 13 décembre 1993. TITRE II POUVOIRS DE CONTROLE DES AGENTS DES DOUANES SUR LA SITUATION ADMINISTRATIVE DE CERTAINES PERSONNES
Art. 32. –
I. - Il est ajouté, dans le code des douanes, un article 67 quater ainsi rédigé: << Art. 67 quater. - A compter de la date d'entrée en vigueur de la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, les agents des douanes investis des fonctions de chef de poste ou les fonctionnaires désignés par eux titulaires du grade de contrôleur ou d'un grade supérieur peuvent, dans une zone comprise entre la frontière terrestre de la France avec les Etats parties à ladite convention et une ligne tracée à 20 kilomètres en deçà, ainsi que dans les zones accessibles au public des ports, aéroports et gares ferroviaires ou routières ouverts au trafic international et désignés par arrêté, vérifier le respect des obligations de détention, de port et de présentation des pièces ou documents prévue à l'article 8 de l'ordonnance no 45-2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. << Dans les zones visées au premier alinéa, les agents des douanes mentionnés à cet alinéa sont habilités à constater les infractions à l'article 19 de l'ordonnance no 45-2658 du 2 novembre 1945 précitée. << Les agents des douanes constatent les infractions visées au deuxième alinéa par procès-verbal dont un double est remis dans les meilleurs délais au procureur de la République et une copie à l'intéressé. << Les agents des douanes mentionnés au premier alinéa procèdent à la retenue provisoire des personnes en infraction aux dispositions de l'article 19 de l'ordonnance no 45-2658 du 2 novembre 1945 précitée aux fins de mise à disposition de l'officier de police judiciaire territorialement compétent. << Les agents des douanes informent sans délai le procureur de la République de la retenue provisoire, des motifs de la retenue et du lieu de cette retenue. Au cours de la retenue provisoire, la personne est conduite devant l'officier de police judiciaire territorialement compétent ou maintenue à sa disposition. La durée de la retenue provisoire est limitée au temps strictement nécessaire à l'accomplissement de ces diligences, sans pouvoir excéder trois heures à compter de la constatation des infractions à l'article 19 de l'ordonnance précitée. A l'expiration de ce délai, la personne est laissée libre si elle n'a pu être remise à l'officier de police judiciaire territorialement compétent et si elle n'a pas commis d'infraction douanière. Le procureur de la République peut mettre fin à tout moment à la retenue provisoire. << Lorsque la personne retenue est placée en garde à vue au terme de la retenue provisoire, la durée de la retenue provisoire s'impute sur celle de la garde à vue. << Lorsque la personne retenue fait l'objet par ailleurs d'une retenue douanière, dans les conditions prévues à l'article 323 du présent code, la durée de la retenue s'impute sur celle de la retenue douanière. << Les agents des douanes mentionnent par procès-verbal de constat, dont un double est remis à l'officier de police judiciaire, le jour et l'heure du début et de la fin de la retenue provisoire. >>
II. - Dans l'intitulé de la section VIII du chapitre IV du titre II du même code, le mot: << signalées >> est supprimé. La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 4 janvier 1994.
Par le Président de la République:                                                                   FRANCOIS MITTERRAND
Le Premier ministre,                                                                                       EDOUARD BALLADUR
Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire,        CHARLES PASQUA
Le ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice,     
PIERRE MEHAIGNERIE
Le ministre du budget, porte-parole du Gouvernement,                                     NICOLAS SARKOZY


jeudi 25 octobre 2007

Connaissez vous la marque "JOAILLIER"




......vers 1990, une cliente, dont le charme et la jeunesse étaient inversement proportionnels à l'intelligence, venait de m'acheter un bijou, il était tôt, j'étais seul et je commençais à lui faire un paquet, ce qui n'a jamais été mon fort.
Après avoir parlé du temps, un silence se fit.
Ma cliente reprit la parole et me dit "Avant de vous connaitre, j'allais ailleurs" .....que répondre d'autre que "Ah bon"? Elle continua, 
"Il était fabricant....comme vous"....."Il vendait la même marque que vous"........."Je sais, je l'ai vu sur votre devanture" 
 je réitérais "Ah bon"

"Oui.... la marque Joaillier"

A l'atelier, nous avons bien ri

Une Ferronnière





Une "Ferroniere" c'est une chainette ou un bandeau, qui à l'époque de la Renaissance, faisait le tour de la tête et permettait de faire tenir en son centre un bijou pendentif.
Ce Portrait d'une dame de la cour de Milan, de Léonard de Vinci (au Louvre) a reçu le nom de "Belle Ferronnière" en raison de la ferronière que la jeune femme porte au front.
La mode a été reprise au XIX ème siècle en pleine période Néo-renaissance, sous Charles X, plus tard Cartier reprendra le thème du Bandeau ou ferronnière, porté au milieu du front , c'est la forme de coiffure la plus intemporelle, d'ailleurs les premières couronnes dans l antiquité étaient des bandeaux.
Cartier, dans les années 1920 à 1930 en fabriqua beaucoup, De Barbara Hutton, a la Vicomtesse d'Astor, en passant par Colette, car la ferronniere était très seyante avec les coupes de cheveux à la garçonne.
Entre le Bandana et la Ferronniere mon choix est fait........

Verney ou le talent de Michel Ermelin!


Michel Ermelin, sous l enseigne Verney, est l un des Joailliers qui m'a le plus influencé comme créateur de cette fin du 20 eme siècle.
Il avait aussi fondé la Maison POIRAY avec François Hérail en 1975

Dans les années 80, je trouve qu'il est le Joaillier qui a fait le plus bouger notre profession




















Son nom réel est Michel Battistini

Bague du haut, or jaune et très beaux saphirs bleus,j'attire votre attention sur le serti des saphirs ovales
Au centre une bague or jaune et or noir Diamants cognac.
L'or noir n'est pas un métal, c'est un traitement de surface qui lui donne cette couleur, contrairement à l or rose (adjonction d'argent et de cuivre), l or bleu (or et fer) l'or gris (palladium et argent)
L'idée du serti qui détoure bien les diamants tout en permettant de les sertir touche touche, renforce la perfection du dessin .
La dernière bague est ornée de diamants baguettes et Onyx, sertis en biais sur un bombé..

Votre Diamant...c'est du STRASS



Combien d'entre nous pensent avoir des trésors dans les boites à bijoux hérités de leur famille?
44 ans d'exercice de ma profession ont fait beaucoup de déçus, les bijoux de la grand mère , "C'est du diamant , cela appartenait à ma mère...."
"Désolé Madame, c'est du Strass"


Et pourtant, certains créent des journaux sur le monde du luxe avec ce titre"STRASS".
Des soirées de charité sont données sous ce nom "STARS EN STRASS" avec les grands couturiers et tous les peoples.

Mais , au fait...qu'est ce que le STRASS?

Du verre au plomb, mais encore... A partir de l 'époque ou le Diamant se répand et que de plus en plus de gens le portent en bijou, l'idée de le copier, de l'imiter, fait son chemin.
Au XVIII eme siècle, les
Crystalliers, appelés ainsi car il fabriquaient une pâte de verre qui ressemblait au cristal de roche, perfectionnèrent leur techniques en introduisant des sels de plombs dans le verre pour lui conférer un plus grand éclat et donc augmenter son indice de réfraction. Georges Fréderic Stras (1701-22/12/1703), qui en passant,germanisa son nom en STRASS ,était chimiste à Strasbourg, lorsqu'il eu l'idée d'ajouter près de 50% de plomb au verre coloré par des oxydes métalliques (Cobalt , cuivre, manganèse).

Déjà , en 1676 un chimiste Anglais avait commercialisé un nouveau type de verre appelé "Flint Glass",comme imitation du diamant. Et l'impératrice Marie Thérèse en avait interdit la vente car de nombreuses personnes se faisaient piéger en croyant acheter du diamant.

Donc notre "Strass" vendu à sa vraie valeur , c'est a dire peu cher, eut un grand succès et fut monté sur de l'or, de l'argent, sur des bijoux régionaux comme en Normandie ou en Auvergne.
Au XIX eme siècle on recouvrit la culasse (partie basse de la pierre qui fait réflecteur) des strass d'un enduit qui ressemble a du papier chocolat, et qui augmentait encore la réflection des pierres. Il furent nommés
similis diamants ou similis.
Plus tard vinrent les doublets grenats-verres, les synthétiques, etc ...mais c'est une autre histoire

mercredi 12 septembre 2007

La POUPEE de Daniel AUTHOUART



De nombreuses fois, j'ai fait appel à des peintres de ma région pour me dessiner ce qui aurait été "leur bijou" et je le réalisais.
Je vous ai déja cités plusieurs d'entre eux.
20 ans c'est un anniversaire, c'est en 1987 que je proposais à Daniel Authouart de réaliser un bijou d'artiste, à son idée.

Dans les toiles d'Authouart, (http://www.authouart.fr/ ) il y a des voitures de légende, des grattes ciel, des avions,des nounours ...et sa poupée en celluloid.

Daniel intitula son premier bijou d'artiste. "Une Poupée pour papa"
Elle évoque l'un des thèmes qui lui sont chers, l'enfance, les ours et les poupées.

Je lui expliquais au cours de nos rencontres à l'atelier, comment je travaillais, comment j'avais procédé avec ses prédécesseurs en partant de leur dessin, mais Daniel Authouart voulait tout concevoir lui-même.
Dès le début il savait ce qu'il désirait comme thème, il décidait de travailler a partir de la toile
reproduite ci-dessous. (Cliquez pour agrandir)




Je lui fournis de la cire et Daniel Authouart réalisa sa maquette .
Daniel décida avec sa femme des matieres, de la quantité.
Il voulut une quantité limitée, 25 poupées en or, 50 poupées en argent, 100 exemplaires en or et argent.
Plus tard la série fut complétée de quelques Poupées en or et diamants, certaines restées en France, d'autres partirent aux Etats unis et je crois en Russie.
Les Poupées furent exposées à Rouen Chez Rollin, Evelyne Née , mais aussi à Paris à la Galerie du centre, à Honfleur, et dans d'autres galeries, chez moi bien évidemment.
Je lui avais proposé de faire des cordonnets en soie de couleur diverses pour porter ces poupées.




Je me souviens d'un Monsieur, très précieux qui avait acheté une Poupée dans une galerie, et qui vint me voir, il était tout ému, sortit de son emballage la poupée or et argent et me dit:
"Monsieur je voudrais un cordonnet pour ma Poupée "bien Monsieur, quelle couleur" : "je ne sais pas , on m'a dit de venir vous voir": "Votre femme....!" " je ne suis pas marié " dit il d'un ton surpris par ma question. " c'est pour moi, j'aime tout ce que fait Monsieur Authouart"
Je m'éxécutais aussitôt.


(Cliquez sur les photos pour agrandir)

Daniel Authouart voulut signer ses Poupées, et les accompagna d'un certificat, une petite eau forte, qu'il passa ensuite à la gouache; chaque Poupée était signée par lui et numérotée, comme pour ses lithos.
C'est une sécurité pour les acheteurs



Ce furent des moments agréables passés avec lui, j'appréciais sa sensibilité, sa gentillesse, et évidemment son talent.
Rendez vous sur son site, vous apprécierez son oeuvre,

http://www.authouart.fr/

Dans un livre qui lui est consacré, Paul et Florence VERCIER
disent de lui:
"Derrière cette observation,se dissimule la fascination qu'il éprouve devant la fuite du temps, qu'il constate ici sur les êtres vivants. Dans sa correspondance, ses écrits et ses entretiens, il ne cesse d'utiliser des images comme "le grand sablier" "le compte à rebours"le temps qui lui reste à vivre" il se pose la question que Gauguin avait donnée pour titre à un de ses tableaux ;"D'ou venons nous ? Qui sommes nous , Ou allons nous ":Il veut montrer qu'il est ,et nous avec lui, ce naufragé de l'infini en transit sur cette terre."

mardi 11 septembre 2007

Les "petits arbres" des bijoutiers



Depuis ,au moins 5000ans, les hommes ont utilisé différents procédés pour couler du métal en fusion dans un moule, ce qui leur permettait de reproduire un modèle à plusieurs exemplaires Il y a les Fontes ouvertes, avec de la terre cuite ou plus simplement avec un os de seiche qui permet de prendre une empreinte du modèle et de remplir le moule en creux de métal en fusion. Les Fontes creuses,comme les fontes étaient lourdes et massives , on introduit un noyau réduction de la forme extérieure au centre du moule , terminé, il sera creux au centre et plus léger; les Fontes à moule on sculpte une cire , cette cire est recouverte d'argile ou de sable de fonderie, on obtient donc un moule divisé en plusieurs parties qui peuvent être reconstituées par la suite.Il suffit de créer un orifice pour pouvoir couler le métal en fusion.
Souvenez vous de l'article du 29/7/2007 sur l'Auréus monté en pendentif avec un entourage,
à l 'époque ou il a été découvert, j' avais fait un moule, c'est ce type de moule en élastomère silicone que nous utilisons de nos jour. (Cliquer sur l'image pour l agrandir)

Ces moules(au départ en caoutchouc) sont apparus en 1936 aux Etats unis, et en 1946 en France, puis du caoutchouc, nous sommes passés aux plastiques, une véritable révolution.
Les fontes creuses furent améliorées, car on pouvait désormais placer des noyaux centraux en cuivre, qui s'éliminent avec l'acide .
Au début il fallait réaliser des maquettes avec des matériaux résistants à la vulcanisation du caoutchouc.Vinrent les élastomères et la finesse des objets reproduits était plus grande.

J'en arrive à mes "petits arbres des bijoutiers"
Mouler un objet et le reproduire c'est bien, mais reproduire plusieurs maquettes d'un seul coup, c'est mieux. A partir de ces moules (comme celui de l Auréus) il est possible d'injecter de la cire dans le moule autant de fois qu'il est besoin, puis ces cires sont regroupées autour d'un axe central (photo ci-jointe) Cet arbre en cire est placé dans un cylindre de métal. Tout autour, a l'intérieur de ce cylindre est coulé un plâtre spécial, très fin , puis il est placé dans une machine, sous vide, qui le fait vibrer pour éliminer toute bulle et coller au plus près de cet arbre.

(Cliquez pour agrandir l arbre)
L'ouvrier enlève le cylindre de métal une fois le plâtre séché, après passage au four qui fait fondre et disparaitre la cire , ce moule est placé dans une centrifugeuse avec l'or en fusion, par la force centrifuge , le métal va remplir le moule ,une fois refroidi le plâtre spécial réduit en morceaux, nous obtenons ce petit arbre.
Il reste aux bijoutiers à découper l'attache de chaque pièce qui la relie à l'arbre central

Ensuite, il faut "décrotter" cette fonte , limer les suppléments de métal, boucher les trous, quand il y en a, vérifier les pièces au besoin ressouder des fèlures, obtenir une pièce "propre".
Le bijoutier obtiendra une fonte nette, proche d'un objet fait à la main. Dans le cas de la bague ci-dessous,il devra choisir les pierres, polir sa bague, et le sertisseur n'aura plus qu'a incruster ces pierres dans la masse.Un retour au poli, un bon nettoyage, il n'y a plus qu'a livrer.

J'ai simplifié les explications, toutes sortes de matériels sont employés désormais pour obtenir un travail proche du parfait.
Ainsi il faut boucher des petits trous ou des fèlures dans la fonte, les bijoutiers le faisait avec des chalumeaux.
Quand je suis entré à l'école de Bijouterie Joaillerie, rue du Louvre à Paris(en 1960!!!), nos chalumeaux fonctionnaient au gaz de ville et nous soufflions à la bouche dans un tuyau relié au chalumeau pour donner plus de force à la flamme, puis vinrent des soufflets à pédale qui gonflaient une baudruche. Certains se servirent de l 'air comprimé; pour le travail du platine l'oxygène permettait d'obtenir des températures de 2000° pour le travailler ou le fondre. Depuis il y a eu le Micro Dard qui permet de faire des micro flammes en utilisant .......de l eau! et maintenant le chalumeau Laser , qui permet une précision extraordinaire, un"tir" pour souder à coté d'une pierre précieuse sans la démonter, un apport de matière dans un "trou" de fonte alors qu'avant il fallait boucher à la soudure et que cela se voyait .
Si un Joaillier (un vrai, pas un commerçant!) doit fournir un"grand" de la profession, il lui faut un chalumeau laser, sinon il n'aura pas de commandes.

Il y a encore quelques années, s'il fallait fabriquer rapidement une chevalière (par ex) on se souvenait des vieilles méthodes utilisées depuis des siècles entre autres...

Prenez deux os de seiches trouvés sur la plage, frottez les l'un contre l'autre pour obtenir deux surfaces planes, faites rentrer un modèle de chevalière dans l'os de seiche jusqu'à la moitié, puis approchez l'autre os de seiche, appuyez jusqu'à ce que les deux surfaces planes soient en contact
Tracez des repères sur les os de seiche pour retrouver l emplacement exact après avoir enlevé le modèle, enlevez le modèle,vous obtenez votre chevalière en creux, faites deux cônes pour couler l'or et des petites sorties pour l air, remettez en contact vos os de seiche en faisant bien attention de replacer face à face les deux parties.
Attachez, coulez l'or, ouvrez à nouveau, attention de ne pas se bruler (y en a des...) nettoyez, martelez le métal pour le durcir, limez, poncez polissez, nettoyez à nouveau, il ne vous reste plus qu'a servir.
C'était la recette de l os de seiche à l'or 750/1000° ,sauce à l'acide sulfurique!




lundi 13 août 2007

Qu'est ce qu' une Chatelaine




Châtelaine en or jaune en forme de Sphinge Crée par Alphonse Fouquet (Musée des arts décoratifs à Paris)

" Roger MILES" dans son livre "La Bijouterie" publié chez Hachette en 1895 écrit:
"La Châtelaine est ce bijou exquis que les femmes du XVIII° siècle pendaient par un crochet à leur ceinture et à l extrémité duquel un mousqueton retenait la montre ou le cachet ou quelquefois un minuscule flacon d'odeur"
Mais la Châtelaine n'était pas que féminine, et très vite les hommes s'en emparèrent.



Au début il désignait tout ce qui pend à une chaîne, par ex: la chaîne qui pendait au crochet qui permettait de la suspendre à la ceinture (ou au gilet pour les hommes) et à l'autre bout une clef de montre, puis on finit par y suspendre toutes sortes d'objets, des cachets avec des intailles, des clefs, des breloques diverses. Beaucoup de Châtelaines sont en cuivre doré ou en fer orné de marcassites.


Les bijoux en fer nous venaient de Berlin , en effet dès le début du 19° étaient apparus des bijoux en fer de Berlin (de nos jours , on les aurait appelés bijoux fantaisie) En 1804 fut créé la Royal Berlin Factory qui fabriquait des chaines et des boucles d'oreilles en fer émaillées de noir.
Lorsqu'en 1806 Napoléon envahit Berlin, il fit confisquer les moules et les formes qui servaient à faire les fontes.
Elles furent transférées à Paris et la production Française fut difficile à différencier de la Prussienne.
Le Musée de Ferronnerie (unique en son genre)du Secq des Tournelles à Rouen possède une importante collection de ces objets en fer.
Mais déjà, dans le monde Romain au 6 eme siècle, on avait pris l habitude de pendre la clef de son habitation à une chaine reliée à la ceinture.
En Poitou comme en Vendée ou on les recense en grand nombre, les habitantes accrochaient à la ceinture un "crochet à ciseaux" .
Au crochet était fixé un mousqueton qui permettait de relier une chaine à ciseaux, c'était un objet courant et utilitaire, mais la chatelaine devint un élément de décor du costume. En ville surtout on la retrouvait à la ceinture des élégantes . Et
Gustave Flaubert fait constater à Emma Bovary lorsqu'elle se rendait à Rouen , que les femmes portaient un "paquet de breloques" 

 
Pour accrocher ces châtelaines, il fallait bien sur que cette mode fut accompagnée d'une autre, celle des larges ceintures en tissu qui se fermaient avec des Boucles de Ceinture qui pouvaient mesurer plusieurs centimètres de hauteur. L'impératrice Eugénie en portant beaucoup, la mode était crée, elles étaient fabriquées à partir de moules, en laiton, en argent, en fer et en or. 


A propos de la Châtelaine (
représentée en haut de l article), d'Alphonse Fouquet, père du célèbre Joaillier Georges Fouquet , Deux liens


http://www.mythorama.com/_mythes/indexfr.php?id_def=2

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sphinx_(mythologie_grecque)

dimanche 12 août 2007

Propos de Jean COCTEAU sur le bijou





Cliquez sur les images pour les agrandir

Jean Cocteau avait fait ce dessin en tête du poème avec un Crayon mine "Jif" quatre couleurs pour Pierre Peyrot Rudin, Joaillier Nicois et mon père Jean Richard.
J'étais à l'école de bijouterie de la rue du Louvre, et mon professeur (éminent) René Papa nous faisait travailler le modelage et le dessin , chez lui au Perreux, le Samedi matin ,Lorsque je lui ai montré ce dessin, il me dit "Eh bien tu vas le faire en modelage, et tu l'offriras à tes parents" une fois modelé, il me me le fit réaliser en repoussé .
Pour mon brevet professionnel de Gemmologie, il fallait éxécuter un dessin en y incorporant des pierres, je repris le thème.
René Papa excellent sculpteur, trop modeste, travaillait avec une blouse blanche mais toujours une lavallière, nous étions cinq ou six tous les samedis, souvent il nous gardait à déjeuner , surtout l'été, dans le jardin, face à l atelier ou trönait des bustes, des dessins, des sculptures, une ambiance plutôt 1930, il m'en reste des souvenirs merveilleux.



Texte du poème de Cocteau


Propos d'Henri Bosco sur le bijou



... C'ÉTAIT DONC A L'AUBE DES AGES LORSQUE CECI EST ARRIVÉ.
ALORS L'HOMME PRENAIT LENTEMENT CONNAISSANCE DE SOI, DE LA TERRE ET DE L'UNIVERS. ALORS LA PIERRE, LE MÉTAL, LE DÉSIR, LA PENSÉE, ANIMÉS D'UNE OBSCURE SYMPATHIE COMMENCÈRENT A SE CONFRONTER.
CAR DE LA PIERRE ET DU MÉTAL ÉMANAIT UN ATTRAIT ENCORE INDÉFINISSABLE, MAIS FORT.
IL CRÉAIT UN DÉSIR ÉTRANGE AU CŒUR DE L'HOMME.
DÉSIR QUI ATTIRAIT LA PENSÉE VERS LA PIERRE ET VERS LE MÉTAL ENCORE CAPTIFS.
LE DÉSIR DÉSIRAIT CES CHOSES INCONNUES, MAIS RESTAIT IMPUISSANT A EN FAIRE TOUT SEUL DES CHOSES CONNAISSABLES, DES CHOSES QU'ON PEUT POSSÉDER.
ET C'EST POURQUOI IL EN APPELA SI PASSIONNÉMENT A LA PENSÉE QUE CELLE-CI S'ENFONÇA, LAMPE EN MAIN, DANS LES TÉNÈBRES AU SEIN DE LA MATIÈRE, ET EN DÉTACHA L'OR ET LE DIAMANT.
MAIS C'ÉTAIT DANS LEUR GANGUE,
ET la pensée brisa la gangue.
ET L'OR FAUVE SE MIT A LUIRE, LE DIAMANT A ÉTINCELER.
OR, PEU A PEU, LE PUISSANT SORTILÈGE QUI HABITAIT CES CORPS NOUVEAUX, LIBÉRÉ DE LA GANGUE, RAYONNA SI INTENSÉMENT AU DEHORS QUE L'HOMME ÉBLOUI, ÉBRANLÉ, PÉNÉTRÉ DANS SA Chair, ENVOUTÉ JUSQU'AU FOND DE L'AME, SE SENTIT LIÉ AU MÉTAL ET A LA PIERRE.
SOUDAIN, 'IL ÉTAIT POSSÉDÉ.
MAIS CETTE POSSESSION LUI DONNAIT DE TELLES DÉLICES QU'IL VOULUT A SON TOUR POSSÉDER QUI LE POSSÉDAIT. C'EST CE Qu'ON APPELLE L'AMOUR. ET L'AMOUR UN PEU FOLLEMENT SE VEUT DURABLE.
POUR LE RENDRE TEL, L'HOMME INGÉNIEUX CONÇUT CETTE IDÉE ADMIRABLE DE LES ASSOCIER
DE LES UNIR, ET D'INVENTER POUR LUI, ET POUR LUI SEUL, UN OBJET ENCORE INCONNU DE LA TERRE.
AINSI FUT CRÉÉ LE PREMIER BIJOU, L'ANNEAU FONDU DANS L'OR MAGIQUE OU ÉTINCELAIT LE DIAMANT.
MAIS TOUJOURS CURIEUX DE CONNAITRE, L'HOMME DÉCOUVRIT BIENTOT UNE RELATION IMPRÉVUE ENTRE LE MÉTAL, LA PIERRE ET LES ASTRES.
CAR, APRÈS LE DIAMANT UNI A L'OR, IL AVAIT INCRUSTÉ A L'OR D'AUTRES PIERRES, LE RUBIS, L'ÉMERAUDE, LE SAPHIR, LA TOPAZE, L'HYACINTHE, L'Aigue-marine.
ET, PARFOIS, QUAND IL REGARDAIT JOUER LE SOLEIL SUR CES PIERRES, IL Y APERCEVAIT, EN TRANSPARENCE, DES PLANÈTES ET DES ÉTOILES.
ET C'ÉTAIT MARS DANS LE RUBIS, VÉNUS DANS L'ÉMERAUDE, ET DANS LE SAPHIR JUPITER, CEPENDANT QUE TOPAZES ET HYACINTHES OFFRAIENT L'IMAGE MÊME DU SOLEIL ET QU'ASTARTÉ LOINTAINEMENT NAGEAIT DANS LE BLEU DE L’AIGUE MARINE.
LA PUISSANCE MAGIQUE des BIJOUX EN ÉTAIT SI MYSTÉRIEUSEMENT MULTIPLIÉE QUE CHACUN D'EUX SEMBLAIT Y CONDENSER EN SOI LES SPLENDEURS SIDÉRALES.
OR, QU'ADVINT-IL DE CETTE DÉCOUVERTE?
CECI, DIT-on.
C'EST DEPUIS CE TEMPS-LA QUE L'HOMME SAGEMENT CROIT A LA SECRÈTE VERTU DES MÉTAUX ET DES PIERRES.
ET POUR EN AGRANDIR LES FORCES RAYONNANTES, SON ART FOND, CISÈLE, TAILLE, SERTIT CES SUBSTANCES TERRESTRES. AINSI, TANT PAR LE TRAVAIL DE SES MAINS QUE PAR LES INVENTIONS DE SA PENSÉE, IL EN FAIT DES OBJETS SACRÉS.
SES MAINS ATTACHENT LA PIERRE AU MÉTAL, SA PENSÉE LES MET EN RAPPORT AVEC LES ASTRES ET LES INFAILLIBLES DESSEINS DU ZODIAQUE.
Nice mcmlxiii henri bosco

jeudi 2 août 2007

ACHETER OU VENDRE UN BIJOU ANCIEN


Avant de vendre ou d’acheter un bijou, lisez ces quelques conseils qui je l’espère vous seront précieux.


Bracelet demi jonc Panthere Cartier Vers 1971 ayant appartenu a Josette Day

Pour diverses raisons, vous désirez vendre un de vos bijoux:


Besoin d’argent ?
Profiter d’un héritage pour négocier la bague de mémé qui ne vous plait pas et que vous remplaceriez volontiers par une nouvelle table dans votre salon ?

Les aléas d’un divorce, vous ne voulez plus de votre alliance diamants ?
Voir d'abord:

Je ne voudrais pas que vous soyez déçus, mais il faut se rendre à l’évidence, certains bijoux sont invendables ou très durs à vendre avec une plus value par rapport à leur valeur métal précieux.
 Exemple; tout ce qui porte des initiales ou des noms gravés, telles les chevalières, les gourmettes, mais aussi les broches (la plupart, car si vous possédez une broche trembleuse !!!!!Les américains en raffolent ou une broche comme ci-dessus) elles ne se portent plus, font des trous dans nos tissus actuels très légers !
Les étuis à cigarettes,….. ils déforment les poches, sont lourds, et les cigarettes actuelles qui sont souvent longues, ne rentrent pas dedans. (Dommage, ce sont de beaux objets d’orfèvrerie)
Les bourses en or ne dépasseront pas les 15 € du gramme ; il y a un an, après qu’un client ait essayé partout de vendre un sac en or de plus d’un kilo, je lui ai acheté au poids pour le fondre.
Il en est de même pour l’orfèvrerie (à part les pièces signées, ou fabriquées avant la révolution) les maitresses de maison ne veulent plus astiquer l’argenterie.
En revanche, si vous possédez un bijou revêtu d’une signature célèbre (Cartier, ou Van cleef, etc.) vous allez peut être toucher le Jackpot.


Si votre bijou est signé (Verdura, ou Ostertag par exemple) vous ne connaissez pas ce nom, renseignez vous auprès d’un expert, ou d’un bon professionnel (rare) les amateurs eux connaissent. Et si « il est des signatures auxquelles on tient » (Maxime de Van Cleef & Arpels) il en est de récentes qui sont galvaudées, et qui ne sont que des arguments publicitaires. On vous fait croire avec ces signatures que cet objet est prestigieux, il est fabriqué en chine et vendu à des milliers d’exemplaires. L’amateur ne s’y trompera pas.


Alors comment négocier votre trésor ?
Evitez de faire le tour des marchands d’occasion (je ne généralise quand même pas, j'en connais quelques uns, mais peu ) vous serez mal reçus, curieusement ces gens là ne sont jamais acheteur, vous n’aurez d’autres explications que « ce n’est plus la mode, ça ne vaut pas tripette, c’est le prix de la casse » et encore !
Si le bijou l’intéresse, il vous dira avec dédain (cela fait partie du jeu) « Et vous en voulez combien ? »
Terrible question, vous n’aviez pas prévu de prix, vous attendiez qu’il vous en donne un. Vous bafouillez un prix ! il s’étrangle. Vos prétentions sont à revoir à la baisse. Dites vous bien que ceux qui cambriolent vont leur céder le produit de leurs rapines à presque rien, souvent pour se payer une dose avant la fermeture des boutiques d’antiquités. Et puis, il aura toujours peur qu’avec un prix, vous alliez chez le voisin (certaines rues de Paris sont pleines de marchands de bijoux d’occasion) et que vous le cédiez pour quelques % de plus que son évaluation.
Internet ?
Peut être, mais pour des bijoux de petits prix, j’ai essayé personnellement avec trois belles médailles neuves semblables en taille et en poids, une seule a atteint son prix de réserve qui était au quart du prix de vente. Une médaille, cela ne se vends pas au poids, il faut tenir compte du graveur, du relief, du modèle.
Les crédits municipaux ? il faut avoir faim pour y laisser quelque chose, bien qu’en temps qu’expert judiciaire, j’ai pu constater que le personnel, mal formé, avait acheté du plaqué et du fourré au prix de l’or.
Les salles des ventes ?
Les commissaires priseurs reçoivent le public pour évaluer les biens et ce gratuitement, car ils sont nombreux et à la recherche de marchandises. Certains vous le diront, ils subissent la concurrence des sites de ventes aux enchères sur Internet.
Mais ce sont des généralistes souvent imbus de leur personne, (Appelez moi Maitre !) qui ne vous recevront pas mieux que nos marchands d’occasion, et qui finiront par vous dégouter de vendre. Si votre bijou leur parait exceptionnel, ils vous demanderont de le laisser pour le faire expertiser. Et pourtant il y a de quoi s’y perdre, certains bijoux sont estimés au catalogue, beaucoup plus chers que d’autres.
C’est souvent parce qu’ils proviennent de commerçants, ou de fabricants, qui essaient de les écouler à leur prix de revient pour générer de la trésorerie
De plus il faut vous renseigner sur les frais beaucoup plus élevés qu’il y a quelques années, facilement 20%


Néanmoins informez vous des belles ventes; de ARTCURIAL à l hotel Dassault, A Drouot :Devaux :Bailly-Pommery & Voutier;Kahn-Dumousset; Blanchet & Assosciés;Million & assosciés :La societé Tajan :Rossini.
Et puis les excellents Christie's ou Sotheby's et bien d'autres

Je vous conseille donc de consulter d’abord un expert. »
Françoise Cailles qui a publié plusieurs ouvrages sur les bijoux d’occasion avait donné une bonne définition de l’expert, je la cite :
« L'expert - dont je suis - est un personnage mal connu, mal aimé, à qui échoit la redoutable tâche de se trouver souvent au point de-rencontre d'intérêts divergents. Chacun attend de lui plus ou moins consciemment la confirmation qu'il est détenteur d'une merveille. Au-delà de ces espoirs incompatibles et parfois chimériques, le véritable expert est celui qui peut répondre avec précision et sans ambiguïtés à ces deux seules questions face à l'objet: « Qu'est-ce que c'est? » et « Qu'est-ce que cela vaut? » Depuis Littré, nos meilleurs auteurs ont toujours donné de l'expert la même définition (de experiri : éprouver) « fort versé dans la connaissance d'une chose par l’expérience »
Vous me direz, chez les experts aussi, il y a à boire et à manger, et vous avez raison, car n’importe qui peut se proclamer expert, heureusement pour vous, deux titres sont protégés « Expert près les tribunaux » et « assesseur auprès de la commission de contrôle et d’expertise douanière » L’expert judiciaire a une responsabilité trentenaire, et à défaut ses héritiers, à ce prix on ne rigole plus. 
Ce sont des professionnels qui ont fait leurs preuves. Ils connaissent le marché, s’ils sont spécialisés en bijoux, ils ne font que cela, ils connaissent les techniques, les histoires, les signatures, ils sont souvent spécialisés en gemmologie (la science des pierres précieuses) Eux vous parleront prix.
Demandez quel est le montant de leurs honoraires, cela peut être un pourcentage, ou au temps passé si le bijou nécessite de faire des recherches, un homme sérieux vous fera un devis et vous conseillera sur le moyen de le vendre, car ils travaillent souvent pour plusieurs commissaires priseurs ou grands joailliers ,mais aussi, pour de très beaux bijoux, ils savent quel collectionneur contacter. Il est évident que pour le bijou courant, la plupart ne vous prendront rien pour l’évaluation et le conseil.
S’ils vous le proposent, laisser leur le bijou, une fois le prix entendu avec vous, ils vous délivreront un reçu détaillé sur lequel vous leur demanderez de noter le prix minimum convenu. N’oubliez pas de leur parler du prix de réserve, c'est-à-dire le prix au dessous duquel ils ne laisseront pas partir votre bijou, certains commissaires priseurs peuvent facturer 3% de la dernière enchère.

L’expert peut vous donner deux types de valeur ;
La valeur de remplacement à neuf c'est-à-dire le prix que vous paieriez pour le même objet dans une boutique de détail
La valeur de réalisation, ou valeur vénale
Le prix que vous pourrez espérer le vendre, en fonction de son ancienneté, de son état, des matières qui le compose, etc.
Mais vous pouvez aussi repartir de chez lui avec la valeur approximative de réalisation de votre bijou, et aller faire la rue Saint Honoré, vous saurez alors de quoi vous parlez, ce que vous vendez, et cherchez bien, il y a d’honnêtes commerçants, charmants et cultivés.
Ne vous offusquez pas si le commerçant revend 2000 ce qu’il vous a acheté 1000, de lourdes charges grèvent leurs commerces, mais cela, c’est une autre histoire.
Je ne veux pas parler du dépôt vente, à ne pratiquer qu’avec des commerçants ayant pignon sur rue depuis longtemps, il faut être sûr qu’il soit bien assuré car il peut être cambriolé ou autres, et si malgré cela, vous voulez faire affaire, ne ressortez qu’avec un reçu détaillé.

En règle générale : 
Que ce soit chez le bijoutier, chez l’expert, le commerçant, ou le commissaire priseur, même si l’on vous dit « comment ? vous n’avez pas confiance ? » Exigez un reçu détaillé.
Reçu sur lequel seront notés : Votre nom, la nature de l’objet, le poids, la matière, le descriptif des pierres précis (ne pas accepter : pierres blanches pour du diamant) et le prix convenu.



Après avoir vendu votre bijou, vous désirez acheter.
Vous devez faire un choix :
Commerçants spécialisés ? Salle des ventes ? Internet ?
Il y aura toujours un(e)ami(e) qui vous glissera dans l’oreille, « tu devrais aller en salle des ventes, il y a des affaires »
Vieille rengaine, a manier avec précaution. Il faut être un connaisseur, car il y a de tout et sans grandes garanties. Est-ce une vente avec ou sans expert, car s’il n’y a pas d’expert présent à la vente, ne comptez pas trop sur les explications du commissaire priseur, il vous répondra entre autres qu’il y avait « l’exposition »pour voir la marchandise, il est là pour manier le marteau, aller vite. Souvent il fera des lots, allez vous acheter 4 objets pour avoir le bijou qui vous plait ? Ce genre de vente est réservée aux marchands, qui ne tiennent pas d’ailleurs à voir des particuliers présents dans la salle et partager avec eux leur principale source d’approvisionnement, ils vont donc faire barrage, poussez des cris effrayés ou des soupirs si vous enchérissez au point que vous serez décontenancé par peur de vous tromper.
Comme précédemment, je vous conseille vivement d’acheter dans une vente avec un Catalogue, ce qui va engager le commissaire priseur, (Attention leur statut a évolué, ils ne sont plus officiers ministériels que dans des ventes judiciaires, pour les autres ventes ils sont commerçants comme les autres) Renseignez vous sur les ventes, consultez la gazette Drouot, demandez le catalogue, vérifiez qui est l’expert, et n’hésitez pas à lui demander des précisions sur le bijou qui vous intéresse. Il en existe un et non des moindres qui avait assuré qu’une bague était « signée » Van Cleef , jamais la maison Van Cleef n’a voulu la reconnaitre et pourtant ils ont toutes les archives et un employé qui est « l’historien » de la maison. Cela a été jusqu’au procès perdu par le commissaire priseur et son expert, mais l’expert n’a jamais voulu reconnaitre qu’il s’était trompé (volontairement ou non) pas très courageux, mais il est désormais l’expert d’une grande officine de vente tenue par une grande fortune. 

Mais il y en a des bons, un cabinet comme celui de "Dechaut Stetten"par exemple, comme tous ceux qui sont sur la liste des experts auprès des cours d’appel.
C’est important, car si vous trouvez un bijou signé c’est un gage de meilleure revente et pour un bijou signé d’une grande maison, c’est un gage de qualité. En plus les grandes maisons gardent leurs archives et pourront vérifier l historique de l’objet.
Si vous êtes présent en salle des ventes, que vous avez vérifié auprès de l expert son estimation de l’objet, restez raisonnable, ne vous laissez pas emporter, pas plus de 30 % au dessus de son estimation, faites attention a certaines surenchères du genre «……….€ au fond de la salle, …….€ au téléphone » c’est souvent pour faire monter la mayonnaise, n’oubliez pas de rajouter les frais, gardez la tête froide. Attention a certaines ventes au profit d’œuvres caritatives, c’est souvent aussi, pour écouler les nanars des grandes marques, elles ne font pas de soldes, il faut qu’elles écoulent….
Sinon, Le Louvre des Antiquaires, la rue Saint Honoré, certaines boutiques autour de Drouot, votre bijoutier qui aura peut être un bijou intéressant qu’il sera chargé de revendre pour le compte d’une cliente ayant subi des revers de fortune.
En tous les cas, vous ne perdrez pas de temps à vous renseigner, vous engrangerez des images de bijoux, vous apprendrez au contact des professionnels, vous apprécierez mieux la qualité, vous découvrirez des styles , des bijoux personnalisés, faites vous plaisir et achetez un bijou qui vous plaise, en achetant de l’ancien, vous serez un peu libéré des modes, Achetez un bijou qui ait du charme, osez l originalité, vous trouverez peut être des pièces contemporaines De Jean Vendôme, des merveilles souvent réalisées avec des pierres fines brutes , un créatif qui est rentré dans le Larousse depuis plusieurs années, à l opposé la Fantaisie créatrice de Bernard Sylvain, ses bagues folles, ses montres(l’une d’elle se remonte avec une manivelle) le phénomène des marques étouffe un peu le talent de ces gens là, mais si vous trouvez….Achetez !
Enfin la question « est ce que le bijou est un bon placement »
L’affirmation, « Un bijou ca se vend moitié prix quand on veut s’en séparer »
Je ne vous parlerais pas de la bagnole, je vous parlerais pas de la peinture, de certains meubles, surtout pas de la bourse !!Maintenant on spécule sur tout. .

S’il est risqué de spéculer sur les bijoux, c’est d’abord un cadeau, un acte d’amour, nombre de messieurs proposent à leur femmes « Chérie, tu veux un bijou ou un voyage à la Martinique » Qui va aller faire de la plongée pendant que madame bronzera, le mieux serait d’offrir et le voyage et le bijou ?
Le bijou c’est le témoin des époques de la vie, en tant que Joaillier, j’ai connu ces joies. Le témoin qui sera le rappel au long de la vie du couple, la naissance, le baptême, la communion, les fiançailles, le mariage, les anniversaires de mariages…..même le décès.
Combien de fois ai-je vu des dames (les maris partent souvent en premier) me demander de mêler leur alliance à celle de leur mari, ou de la mettre à leur doigt pour la porter, cela m’a toujours provoqué une petite émotion, et on ne spécule pas avec tout cela, j’ai vu jusqu'à trois générations reprendre ce même chemin.
Il y a quelques années des sociétés de commerciaux extérieurs à la profession ont voulu spéculer sur les ventes de Diamants, ce n’était qu’une vilaine escroquerie, mais sachez qu’a moyen terme, vous conserverez le patrimoine acquis en bijoux et que vous aurez même des surprises, avec en prime le regard de celui ou celle qui le recevra en cadeau

Un livre excellent que je vous recommande, Descente aux enchères, je l'ai prété a de jeunes élèves qui devaient faire un mémoire de fin d'année, on ne me l'a pas rendu. mais allez sur
http://www.priceminister.com/offer/buy/1015441/Noce-Vincent-Descente-Aux-Encheres-Livre.html
Legende des photos:
Clip de corsage en or jaune stylisé d'une corbeille de fleurs sertie de saphirs cabochons, de chrysoprases sculptés ,de feuilles et de diamants taille brillants Signée Cartier 1989
Poids 14grs 20 Expert Thierry Stetten : Maison Artcurial Hotel Dassault Paris
Ce type de broche peut s'acquerir aux alentours de 2000€
Broche bouquet: encore un bijou charmant que j'ai eu à réparer et a estimer, Or jaune petites feuilles d or embouties, rubis roses diamants tailles anciennes
Grande Verseuse en argent à panse large et long col, ciselée de cotes torses alternativement plates et en doucine , pose sur trois pieds cannelés à attaches nouées de rocaille, le bec à culot en dégradé, feuilles, rinceaux et coquille rocaille superposées couvercle à poussette godronée ,doucine et ombilic, ce dernier à fretel figurant manche en bois à bouton Poinçon du maitre orfèvre Pierre Joseph Pontus, reçu Maitre en 1746 Lille 1760/1761
30cm de Haut Poids 1220grs ,Une verseuse semblable figure dans l ouvrage des cahiers du patrimoine"Les orfevres de lille"par nicolas Cartier
Estimation entre 2500 et 3500€
Belle expertise de Thierry Stetten pour Artcurial, qui permet de retrouver le fabricant de l ouvrage, un descriptif parfait.