dimanche 16 janvier 2022

Trois orfèvres, Alexandre, Marc, et Camille GUEYTON

 


Je n'ai trouvé que quatre bijoux revendus  de Camille Gueyton, les quatre bijoux de grande qualité, laissent à penser que sa production  a été importante et j espère que cet article fera sortir des chaumières  les autres.

Mais commençons par le père, Alexandre Gueyton, célèbre à son époque et de nos jours oublié.

Alexandre naquit en 1818 à Tournon dans l Ardèche, d un père orfèvre qui avait acquis une certaine réputation . Il plaça son fils chez un de ses confrères qui était bijoutier à Valence. A  presque 18 ans  il va travailler à Genève, il y resta un an et acquit de meilleures notions de belle fabrication.

De plus il y apprit la gravure, puis s'installa sur Paris  il fit quelques études de dessins en pensant se destiner à la gravure en taille douce. Mais deux ans après son arrivée à Paris, il monta un atelier de bijouterie  courante, il fut forcé d'abandonner et se tourna  vers l orfèvrerie.

Il débuta au 56 rue, Sainte Avoye une rue disparue qui a été intégrée à la rue du temple à Paris. Il avait au départ  reçu une formation d'orfèvre et de sculpteur.  Le 16 aout 1843 il  fait insculper son premier poinçon: Un marteau de ciseleur avec une étoile au dessus:et les initiales A.G.


Dans son "Rapport sur l'industrie des métaux précieux", le duc de Luynes, à propos des produits de ce dernier, s'exprimait ainsi : « M. Gueyton exposa pour la première fois en 1849 ; il s'était appliqué surtout à la fabrication des armes de luxe, des sabres et des épées d'honneur. Le jury reconnaissait dans ces productions une grande fécondité d'idées et une heureuse disposition des éléments qui concourent à l'ensemble. » Et le noble écrivain, après avoir fait la description des objets d'art exposés par ce véritable artiste, se plaisait à reconnaître le fini de l'exécution d'une Fête flamande, de la Prise de la Smala d'Abd-el-Kader, « modelées et ciselées par l'exposant avec un remarquable talent. » Aussi obtint-il la médaille d'argent comme premier encouragement.


A ce point de ciselure, ces poignées sont de l'Orfèvrerie
Celle-ci est un modèle pour officiers supérieurs dédié au patriotisme Français


Sabre pour officier Pompiers


Sabre pour Francs Maçons



1849 dans "Le Courrier"

"Il s'occupait surtout de la fabrication des armes de luxe, des sabres et des épées d'honneur; cependant, il fit également figurer dans sa vitrine d'autres objets de genre très varié: un coffret orné d'une figure de femme dansant sur une perle, d'après Pradier, des bracelets en acier, des broches algériennes, des cachets, des bijoux rehaussés de lapis, de malachites et d'autres pierres; puis de charmantes petites compositions en haut-relief, comportant un très grand nombre de figures minuscules modelées et ciselées avec talent, qui lui valurent une médaille d'argent. "  D'après Henri Vever



1850

"Gueyton s'était beaucoup intéressé aux travaux de Jordan et à ceux de Jacobi, et il résolut, dans une application différente de celle de Christofle, de faire de l'orfèvrerie galvanoplastique, pour remplacer la fonte et la ciselure. Ses essais furent longs, laborieux, et amenèrent plus d'une fois de cruelles déceptions. Enfin, le succès couronna ses efforts, et en 1851, à l'Exposition de Londres, il fut, croyons-nous, le seul orfèvre français qui, avec Bruneau, envoya un certain nombre d'objets artistiques obtenus par la galvanoplastie : étuis à cigares, coffrets, coupes, statuettes, tabatières, qu'il eût été impossible de faire aussi bien et à un prix aussi modéré, par les procédés habituels de fonte et de ciselure." Henri Vever


Livre de Henri Vever

Alexandre Gueyton, bijoutier et orfèvre, fonda en 1840 la maison éponyme. Il devient Fournisseur de l'Empereur Napoléon III et est présent à l'Exposition Universelle de Londres. En 1856, il cède son atelier à ses deux contremaîtres, Bertrand et Subinger.  En 1865, son neveu, Marc Gueyton reprend les rênes de l'atelier. Lui succède en 1883 un des fils d'Alexandre, Camille Gueyton. La maison existe toujours en 1908.



Signature de Alexandre Gueyton



Soupière couverte en argent aux armes du prince Nicolas Youssoupov par Alexandre Gueyton, Paris,


Le service Youssoupov, parfois appelé "à la Scandinave", fut commandé à Alexandre Gueyton par le prince Nicolas Youssoupov (1827-1891) et sa femme Tatiana. Leurs noms sont écrits sur les assiettes de ce service (voir Christie's New York, 18 avril 2007, n° 249).

Ce prince était un grand homme de guerre et philanthrope qui, non seulement combattit lors de la guerre de Crimée, mais aussi finança des hôpitaux de campagne, des ambulances etc... Il était Grand Maître de la Cour. Son épouse, apparentée à Potemkine, était célèbre par sa beauté, mais d'une santé délicate. Ce service peut avoir été un cadeau de mariage de la mère du prince Nicolas. Cette dernière habitait Paris et était une grande figure de la société du second empire.

Avant de s'enfuir à l'automne 1917, le prince Félix Yusupov a cherché à dissimuler une partie des trésors de sa famille aux révolutionnaires. Des bijoux et des objets d'art, y compris des pièces du service scandinave Yusupov comme le lot actuel, ont été murés sous un escalier de la maison de Moscou de Yusupov, un ancien pavillon de chasse d'Ivan le Terrible (voir Prince Felix Yusupov, Lost Splendor , New York, 2014 , page 277). Les bolcheviks occupaient la plupart des propriétés de Yusupov, y compris le manoir au centre de Moscou. Ce n'est qu'en 1925 lors de travaux de réfection du bâtiment qu'un entrepôt secret, contenant des bijoux, de l'or et de l'argent, fût découvert sous l'escalier.

Le gouvernement soviétique avait une vision très pragmatique des trésors impériaux, les vendant à l'étranger ou même les faisant fondre. Heureusement, une partie de ce groupe a été récupérée en septembre 1927, lorsqu'un riche voyageur américain Edward C. Finch l'a achetée dans un magasin soviétique au profit des enfants russes. C'est au cours de ses voyages en Russie qu'Edwards C. Finch a également collecté le présent groupe de porcelaine du Cottage Palace Service. Cet ensemble de trésors a voyagé aux États-Unis, où il est resté depuis dans la collection familiale privée d'Edward C. Finch.

Edward C. Finch.Edward Corwin Finch (1862 – 1933) était un homme d'affaires, promoteur immobilier et philanthrope américain de l'État de Washington. Il a siégé au Sénat de l'État de Washington de 1927 à 1931 et a voyagé en Russie lors d'une lune de miel avec sa seconde épouse. (d'après Sotheby's)



Les poinçons d'importation démontrent que ce service n'est arrivé en Russie qu'à la fin du XIXe siècle. A l'automne 1917, comme la révolution s'amplifiait, le prince Félix Youssoupov, célèbre pour avoir participé à l'assassinat de Raspoutine, cacha sous un escalier de son palais à Moscou les bijoux, l'argenterie et d'autres objets d'art. Les pièces ne furent découvertes qu'en 1925.


Le bol à punch de ce service est conservé à l'Hermitage mais la grande majorité de ce service fut vendue probablement au travers de marchands.

Pour une soupière et son présentoir, voir Sotheby's New York, 20 mai 2004, n° 163. Une partie de ce service fut donnée au musée Taft de Cincinatti puis vendue chez Christie's New York le 21 octobre 2003, sous le numéro 135. Pour une salière double, voir Sotheby's Sydney, 29 août 2006, n° 280. Pour quatre plats, voir Sotheby's New York, 14 avril 2008, n° 40.




Partie de ménagère de 78 pièces provenant du service Youssoupov par Alexandre Gueyton,  Paris, 1843-1862 en argent.
les manches ajourés terminés par des armoiries soutenues par 2 lions, comprenant 12 fourchettes de table (table forks), 12 cuillères de table (table spoons), 12 couteaux de table (table knives), 12 fourchettes à entremets, (dessert forks), 12 cuillères à entremets (dessert spoons), 12 couteaux à fruits, les lames en argent gravée Alex Gueyton: Revendu par Sotheby's


Marque Alexandre Gueyton sur les Plats Youssoupov Poinçon de Saint Petersbourg

Le service scandinave de la famille Yousoupov, comprenait de nombreuses pièces impressionnantes qui partagent le design de ces assiettes et de ce plat de service. La collection de l'Ermitage comprend notamment une impressionnante soupière sur pied et une pièce maîtresse en verre montée sur argent qui sont toutes deux entrées dans la collection en 1922-23. 

Ces pièces du service scandinave font partie d'une collection d'argenterie rare et historique de la collection privée du prince Felix Yusupov et de son épouse, la princesse Irina Alexandrovna, qui apparaît sur le marché pour la première fois depuis son acquisition par Edward C. Finch en Russie en 1927.

La princesse Zinaida Nicolaevna Yusupov et le comte Felix Sumakarov-Elston. Aristocrate et époux de la nièce de l'empereur Nicolas II Plus riche encore que les Romanov, la famille Youssoupov a accumulé sa fortune sur plusieurs générations. Leur fortune comprenait quatre palais à Saint-Pétersbourg, trois palais à Moscou, trente-sept domaines dans toute la Russie, des mines de charbon et de minerai de fer, des usines et des usines, des moulins et des champs de pétrole sur la mer Caspienne. Contraints à l'exil suite à l'abdication de l'empereur, Félix et Irina fuirent la Russie avec très peu de leurs biens.


1850 Plats du service Youssoupov

Le service scandinave Yousupov : Une paire d'assiettes en argent et un plat de service en argent fabriqués par Alexandre Gueyton 
les plaques gravées d'un saillant de lion couronné, avec une inscription en russe 'Prince Nikolay Borisovitch Yusupov / Princess Alexeevna Yusupova', les bordures repoussées d'oiseaux et de lions ; le plat de service à anse ajourée ornée d'un ornement de style scandinave, le corps aux armoiries de Yusupov, tous deux frappés Gueyton, avec plus tard des marques d'importation russe pour Saint-Pétersbourg longueur du plat sur la poignée 28,7 cm,  diamètre des assiettes 25,3 cm.

Youssoupov dit le jeune,  demande vers 1857 à l’orfèvre Alexandre Gueyton un service de style byzantin parfois dit « gréco-byzantin », « scandinave » ou « celtique » Comme Gueyton, la manufacture Christofle a remporté son succès international par la mise en application des techniques de galvanoplastie.  Reconnue comme un modèle de l’union de l’art et de l’industrie, la maison entreprend la conquête du marché russe, y exporte le goût français et, dans la lignée du service réalisé par Gueyton, adapte une partie de sa production au goût local. À partir de 1854, la création des ateliers de Karlsruhe, destinée à contrecarrer le Zollverein, permet de renforcer la présence européenne de la manufacture et son implantation en Russie où, à partir de 1859, elle fait déposer par Stanilas Jansen ses poinçons de marque à Saint-Pétersbourg. Un système complexe de représentants, d’intermédiaires et de revendeurs se met alors en place. Les représentants, établis à Moscou, Saint-Pétersbourg ainsi qu’à Odessa et Tiflis sont des distributeurs exclusifs de marchandises. Ils sont en relation directe avec la manufacture ou font appel à un intermédiaire. L’un d’entre eux, Jean Bernhard, basé à Varsovie, couvre toute la Russie et reçoit les commandes des revendeurs lors de ses tournées. Certains d’entre eux travaillaient d’ailleurs sur le même principe avec la cristallerie Baccarat.


1851 "Cercueil" par  Gueyton

Le duc de Luynes, président du jury chargé des métaux précieux et des bijoux, a décrit le cercueil comme "chassé de manière très artistique", et des expositions de Gueyton en général, il a écrit: "La variété des objets exposés par M. Gueyton témoignent d'une grande félicité d'invention et d'une heureuse application de procédés anciens aussi bien que nouveaux. Les « nouveaux procédés » étaient l'utilisation de l'électro typage, dont Gueyton a été un pionnier en France. Un collier de la Jewellery Gallery du Victoria & Albert Museum, acheté auprès de Gueyton à l'exposition de Londres de 1862, a cinq pendentifs médaillons électrotypés. Il est approprié que ce cercueil ait été sélectionné pour la reproduction par électrotype par Elkington & Co, dont les versions coûtaient entre cinq guinées et 7 £ en 1869.


1851 cercueil de alexandre Gueyton
Ce cercueil a été acheté par le Musée en 1854 à Elkington and Co. de New Hall Street, Birmingham pour 5 £. 5s. Il s'agit d'une copie exacte d'un coffret en argent de 1851 par l'orfèvre français Alexandre Gueyton. Le Musée a acheté l'original à l'Exposition Universelle de 1851 pour 36 £  L'electrotype  était un outil de conception pour les étudiants des écoles publiques de design sous l'égide du Département des sciences et des arts.
Le Musée a acheté des électrotypes dans le cadre de sa collection croissante de reproductions. Cette collection a permis aux élèves de regarder de près des objets modernes et historiques qui étaient autrement inaccessibles. Les électrotypes remplissaient la même fonction que la collection de moulages en plâtre du Musée.



1852  Alexandre Gueyton dans la Bijouterie Française de Henri Vever, c'est un étui à cigares en argent galvanitique



1855 Alexandre Gueyton, Aiguiere conservée au MET de New  York

Cet  ensemble en métal argenté figure dans les collections du Metropolitan museum de New York, mais apparemment non signé.
Amphitrite était soit la fille de Doris Nérée soit celle d'Océan et Thétys. Poséidon l'ayant vu danser sur une plage de Naxos en tomba amoureux mais Amphitrite préféra se cacher chez le Titan Atlas. Le dieu lui envoya plusieurs messagers dont Delphinos. Seul ce dernier parvint à copnvaincre Amphitrite. Comme récompense, Poséidon plaça l'image de Delphinos dans la voûte céleste où elle devint la constellation du Dauphin.


1855 Alexandre Gueyton, Aiguiere conservée au MET de New  York


Maitre Debacker qui a revendu en 2013 ce coffret écrit à propos de celui ci. 
Les œuvres d’Alexandre Gueyton (1818-1862) sont relativement rares sur le marché. Au début du XIXe siècle, cet orfèvre – qui fut le fournisseur officiel de l’empereur Napoléon III – s’intéresse à une toute nouvelle technique : la galvanoplastie. Il s’agit d’un procédé permettant d’obtenir un métal argenté. Même s’il est considéré comme moins noble que l’argent, Gueyton se passionne pour ce nouveau matériau, et se lance le défi de réaliser de prestigieuses pièces d’orfèvrerie en galvanoplastie. Aujourd’hui, ses œuvres en métal argenté figurent dans les plus grands musées du monde. L’opulent décor de rinceaux, de guirlandes de fruits, de feuillages et la finesse de l’amour réalisé en ronde bosse contribuent à faire de ce coffret une véritable pièce d’apparat. Par ailleurs, il se trouve que les armes royales d’Espagne, et plus précisément celles de  Isabelle II, sont gravées dessus. Au cours de notre travail de recherche, nous avons retrouvé dans Le Monde illustré, journal quotidien du 10 août 1861 une photo montrant le même coffret réalisé par Gueyton pour l’ancienne Reine de Naples et sœur de l’Impératrice Elisabeth d’Autriche. Une noble coïncidence !
C'est en effet un coffret mais il n'est pas semblable à celui de la Reine de Naples. 


1855 C'est Vever dans son Histoire de la Bijouterie qui nous décrit ce bracelet articulé


1856 dans le Figaro: Gueyton créateur-fondateur de la galvanoplastie  en France

C'et a partir de 1856 qu il va changer d'orientation et revenir à ses premiers amours en fabriquant des bijoux inspirés de l'Egypte, du Moyen Âge, de la Renaissance et de Byzance.
Il travaille avec le sculpteur modeleur  Justin, le ciseleur Morel-ladeuil, le dessinateur Jules Fossey.
Henri Rosset va reprendre son atelier, mais cela ne dure pas longtemps et c'est son neveu Marc Gueyton qui reprend en 1864. installé 92 rue du faubourg du temple.
Il va se déplacer 8 place de la madeleine
Il avait pour poinçon,  Un lion de Saint Marc couronné et les initiales M.G.
Il décédera en 1883



1857

UN NOUVEAU MUSÉE D'ORFÈVRERIE  1857 dans  Le Figaro

Je suis encore sous l'impression d'une visite que j'ai faite ces jours-ci à un musée d'orfèvrerie, de bijouterie et de galvanoplastie.
Ce que j'ai vu, je ne puis le décrire pièce à pièce. Il me faudrait plutôt un pinceau qu'une plume, pour peindre la perfection, le fini, le style et l'art de chaque bijou, de chaque œuvre, de chaque pièce d'orfèvrerie, empruntée à l'antique, ou reproduisant les formes fantaisistes et élégantes qui caractériseront ie dix-neuvième siècle
La galvanoplastie occupe, surtout dans ce musée, une place importante et grandiose. C'est justice.
La galvanoplastie est appelée à de hautes destinées, et, dans un temps donné, elle doit régir l'industrie sérieuse, artistique et fantaisiste.
Ne lutte-t-elle pas avec la ciselure et le modelé, dont elle a tout le moelleux, la rondeur et le relief. 
Elle-l'emporte même sur le ciseau, par une précision de toucher qui est le rayonnement de la lumière électrique sur l'œuvre même.
Je vais me faire comprendre.
Dans une pièce d'orfèvrerie soumise à la galvanoplastie, l'artiste prépare l'œuvre, et c'est la main mystérieuse de Dieu qui l'achève et qui la complète.
La voie électrique reflète, sur une pièce d'argent, les sujets que l'architecte a tracés sur un moule en cire. C'est de la féerie, c'est du prodige, c'est du miracle, j'en conviens mais il faut croire, parce qu'il est impossible de nier. Le travail s'opère lentement aussi rien n est oublié.
Deux immenses galeries dans ce musée renferment de véritables trésors, les trésors de Golconde.

L'or, l'argent, l'ivoire, le bronze et les pierreries reproduisent des objets uniques et des bijoux ayant une forme inconnue et capricieuse, mais toujours de bon goût. C'est l'art réel, qui n'a souvent qu'un exemplaire, et qui est signé Gueyton.
A côté d'une buire en galvanoplastie travaillée à la façon florentine, avec trumeaux de petit amours en ivoire sculpté, dignes de Clodion, on trouve un coffret, un poignard, un bracelet, une châtelaine, une bague, une épingle romaine, que sais-je ?.
Mais chaque objet n'a pas son pareil. Il est autocrate comme la supériorité et comme la puissance.
La châtelaine représente un noeud de ruban en argent oxydé se déroulant en quatre pans, illustrés de clouterie d'argent. L'un despans supporte une montre (une merveille); le second, un trousseau de clefs artistiques (les clefs du paradis) le troisième, un groupe harmonieux, et le quatrième a la galanterie de laisser à une jolie femme le choix des breloques qu'elle aime.
La bague est riche et étrange. Les anciens preux avaient de ces bagues-là. Les dandys les portent aujourd'hui à leurs cravates. L'épingle romaine a un type de grande dame.
C'est l'épingle avec laquelle Cornélie relevait chastement le péplum sur ses épaules, et que les princesses et les femmes du grand monde ont choisie pour attacher leurs cachemires.
Plus loin, c'est l'aiguière de François Ier, la même peut être qui servait au galant monarque, quand il versait une eau limpide sur les doigts mignons et effilés de la belle duchesse d'Etampes.
Ici, c'est un vidrecome **, en cristal dépoli, décoré de grimpants de fleurs en argent, qui cherchent à se mirer sans pouvoir y réussir.
JEAN ROUSSEAU.
** NDLR Grand verre à boire que les convives se passaient tour à tour (Allemagne, xvie-xviiie s.).


1857 dans le journal Le Courrier du Gard
Un artiste éminent, né à Tournon, et dont la famille habite sur la commune de Clérieux,
M. Alexandre Gueyton, est arrivé à force de labeur, de génie et d’honnêteté, à créer à Paris l'un des plus grands établissements de galvanoplastie de là France. On sait que les deux expositions de Londres et de Paris récompensèrent l’artiste ; mais n’ignore-t-on pas les résultats donnés par l’union de l'art et de l’industrie ?  
«La galvanoplastie, dit M. Louis Enault dans le Constitutionnel, offre à 1' art et au commerce d’inépuisables ressources. Ses applications sont nombreuses et diverses. Le fabricant d’étoffes lui demande les creux de ses impressions et de ses gaufrages, le potier, grâce à elle, recouvre ses produits d’une couche de cuivre pour leur donner  la consistance et l’éclat. Les beaux-arts, à leur tour, s ' emparent aujourd’hui et lui demandent mille applications diverses.  
Cette industrie toute nouvelle, à laquelle M. Gueyton a voué ses efforts, doit être mise au premier rang des découvertes dues à la science moderne. Jusqu’en 1849, l'art de la galvanoplastie ne fut connu que des amateurs et des hommes de science. Il se bornait à la reproduction d’une médaille, d’une pièce plate, ne présentant aucune difficulté d’exécution. Aujourd’hui, au contraire, il s’applique aux modèles les plus difficiles et les plus compliqués.
» Faites seulement le voyage du Marais, arrêtez-vous dans la rue du Grand-Chantier**; c’est un peu loin, je le sais; mais, quand vous aurez pénétré dans l’atelier,  je me trompe, dans le musée de M. Gueyton, vous ne regretterez ni le temps, ni la peine, ni le voyage ; car alors vous aurez compris tout ce que l’industrie peut faire pour l’art ; vous verrez comment du bain galvanique peut sortir un bouquet de fleurs en incrustations mosaïques ; vous verrez comment, en vertu des lois de leur affinité, les métaux se combinent entre eux et se superposent les uns aux autres. Mais ces métaux, que l’électricité tourmente et fait obéir comme de dociles esclaves, on peut aussi les unir au marbre, à l’albâtre et aux autres pierres. Le bois lui-même peut se cuivrer, se dorer, s’argenter, et avec une adhérence tellement parfaite que l’oeil le plus pénétrant ne sait plus distinguer l'imitation de la réalité.
 Ce que j’explique assez mal ici, il faut le voir de ses yeux, le toucher de ses mains, dans le petit musée de M. Gueyton; on n’aura que l’embarras du choix entre mille objets également dignes d’être remarqués, cités et admirés.
» Je suis profondément convaincu que la galvanoplastie d’or rendra de grands services à la bijouterie, de même que l’orfèvrerie 
** NDLR: La rue du Grand-Chantier est une rue de Paris aujourd'hui disparue de l'ancien 7e arrondissement de Paris.



1858 dans le journal des débats .


1858 dans le livre de Vever



1858 dans l histoire de la Bijouterie par Vever


Ce coffret avait été fabriqué par Alexandre Gueyton après qu'une souscription eut été ouverte et les fonds recueillis ont été consacrés à faire exécuter un splendide coffret d'argent massif aux bas reliefs d'or, afin de l'offrir à la Reine de Naples  Marie Sophie. C'est le coffret que les Dames du faubourg Saint-Germain offrirent à la Reine de Naples en témoignage de protestation lorsque l'Italie annexa  son royaume.
Le couvercle du coffret supporte la couronne royale ornée de beaux diamants noir .



1859 Alexandre Gueyton  met en vente un "Chalet Mobile" qui devait être tiré par des chevaux?


Comme par exemple cette "Maison Transportable" tirée par une voiture en 1920, stationnée place Vendôme .

1860 dans  le Journal "l'Abeille Impériale"
On portera beaucoup, cette année, de coiffures entremelées  d'or ; les diadèmes seront en faveur. Toutes ces splendeurs se trouvent et se trouveront chez Gueyton. En entrant dans les salons de cet artiste, on ne sait où arrêter ses regards. Des merveilles majestueuses, composées pour les très-grancfes dames, on passe aux simples bijoux permis à la coquetterie de toutes les femmes. Voilà ici de simples diamants, comme si un diamant pouvait jamais être simple, et comme si la coquetterie pouvait jamais consentir à rester obscure. Un simple diamant de Gueyton est encore une recherche et un triomphe.
Gueyton a voulu que nos yeux se portassent sur de magnifiques pièces d'argenterie, où son talent d'artiste se revèle tout entier. Chaque pièce est une œuvre. Qui la voit veut la toucher, c'est-à-dire l'acquérir. Nous sommes restée à contempler quelques pièces d'un service destiné à la princesse Wolkonsky. Je suppose que mes lectrices auront la même faveur si elles font une petite excursion chez Gueyton. Elles seront reçues par le maître avec toute l'amabilité que garde toujours l'artiste.
L'esprit et le cœur ne peuvent que gagner à admirer les chefs-d'œuvre que chaque jour Paris enfante. On se sent meilleur, on sourit mieux à la vie, on dissipe mieux ses pensées et ses richesses, quand on s'excite au spectacle des splendides productions de notre siècle.
Nous votons de la reconnaissance à M. Gueyton.



1860 après l auteur de cette photo, mais ce fut fabriqué en 1855

Grande aiguière et son bassin en métal doré représentant l'histoire d'Amphitrite par Alexandre Gueyton, Paris, vers 1860  En bronze doré
l'aiguière et le bassin à décor de scènes marines, le pied de l'aiguière formé de deux tritons, le corps d'un groupe de tritons et néréides entourant le char de Poséidon enlevant Amphitrite, l'anse d'une sirène entourée de deux putti, le large bassin centré d'un médaillon rond, allégorie des noces représentant Héra auprès de son paon, entourée de quatre cartouches, l'un représentant Poséidon  sous la forme d'un taureau marin enlevant Amphitrite, dans un entourage de bouquets de coquillages, vagues, tritons, masques de dieux et déesses marins, dauphins et sources, signée A. GUEYTON sous le bord du pied de l'aiguière, uniquement insculpée du poinçon de ré argenture ou de re dorure de Christofle entre 1860 et 1930 sur le bord du pied de l'aiguière

À noter qu'un modèle similaire fut présenté par Alexandre Gueyton à l'Exposition Universelle de Paris (1855). Il y a notamment reçu la médaille d'honneur. Le magasin pittoresque de 1855 le reproduit en gravure et en mentionne ainsi les détails : l'enlèvement d'Europe, la Toilette d'Amphitrite, le Couronnement de la reine des mers et Aréthuse terminée par Alphée et changée en fontaine.

Voir la gravure reproduite dans le Magasin Pittoresque d'après un dessin de Thérond. (Le décor est inversé).
Voir un exemplaire similaire conservé au Metropolitan Museum de New York. (inv. 87.13.2)


Voici le dessin dans la revue "Le Magasin Pitoresque" la gravure est inversée. A l'époque pour l' exposition de 1855 , Gueyton fit sensation.
le- dessous est décoré de cristaux et de rocailles dans la vasque s'agite, jusqu'aux bords, tout un petit monde délicieusement sculpté, des dauphins qui nagent, des tritons qui sonnent de la trompe, des chevaux marins conduits par des amours, tout le personnel, en un mot, qui compose la cour de la divinité des mers. Celle-ci s'avance, entourée de son cortège de néréides; de petits amours  voltigent dans les airs; d'autres s'avancent, portés sur lesbras de quelque robuste dieu des ondes, et portent eux-mêmes des poissons dans leurs mains. La partie supérieure du vase est ornée de têtes de femmes, de feuilles et de coquillages. L'anse est formée d'un groupe altëgarique représentant l'Aurore portée par un dauphin et réveillée par les amours. L'embouchure, d'un délicieux modèle, est soutenue par deux néréides dont ta partie inférieure s'efface dans les  décorations du col.



1860 Le fourreau et l'épée


1860 Dans le journal "L'avenir industriel"

Les bijoux gallo-romains vont désormais lutter et rivaliser avec les bijoux byzantins. Gueyton les a copiés sur d'anciens bijoux retrouvés dans les fouilles de Pompéï.
C'est sans doute la même pensée artistique qui a inspiré Gueyton dans ses agrafes de burnous de bains de mer
Il y a aussi de nouvelles agrafes de ceinture en émail transparent assorti à la nuance de chaque robe.
Il est impossible de pousser plus loin l'harmonie de la toilette.
La passion de l'antique et des bijoux empruntés à  tous les siècles ne domine pas Gueyton au point qu'il ne fasse du moderne et de la fantaisie.
Si vous allez visiter son musée, demandez à voir un riche bracelet ayant un camée sculpté dans une pierre d'hyacinthe, avec double cadre de perles fines et de diamants.
Et une bague talisman, dont toutes les petites médailles se nichent coquettement dans la fossette du petit doigt.


1860 : En argent, plat circulaire, de calibre exceptionnellement lourd, les bordures ciselées et gravées d'ornements floraux entrelacés, de coquillages et de capitules stylisés, l'intérieur avec l'armorial des princes Yusupov,  frappé de la marque de Alexandre Gueyton et du poinçon d'importation pour Saint-Pétersbourg.


1860 Peigne par Alexandre Gueyton

Alexandre GUEYTON  Copages Auction Paris
Peigne en écaille- monture en vermeil ornée de demi-perles et de différentes pierres fines et précieuses- Poinçon d'orfèvre  Dans son écrin sabot en velours- Signé Fournisseur de l'Empereur Napoléon III, exposé à l'Exposition Universelle de Londres.


1860 Plat Gelvanisé revendu par Sotheby's

Alexandre GUEYTON (Attribué à).
Bassin d’aiguière en métal argenté, richement décoré en hauts reliefs et orné en son centre d’un médaillon figurant Héra et son paon, entouré par quatre cartouches rocailles à décor de scènes mythologiques marines. Vers 1855/1860. Diamètre : 48 cm.
À noter qu’un modèle similaire fut présenté par Alexandre Gueyton à l’Exposition Universelle de Paris (1855). Il y reçut notamment la médaille d’honneur. Le magasin pittoresque de 1855 le reproduit en gravure et en mentionne ainsi les détails : l’enlèvement d’Europe, la Toilette d’Amphitrite, le Couronnement de la reine des mers et Aréthuse poursuivie par Alphée et changée en fontaine.
Voir la gravure reproduite dans le Magasin Pittoresque d’après un dessin de Thérond. (Le décor est inversé).
Voir un exemplaire similaire conservé au Metropolitan Museum de New York. (inv. 87.13.2)



1862 à l'Exposition Universelle


Exposition universelle de 1862
L'Angleterre souhaite marquer le 10e anniversaire de sa grande invention, la célèbre Exposition Universelle de 1851, en organisant une troisième exposition qui surpasserait encore l'Exposition Universelle de 1855 à Paris. Retardée d'un an à cause des conflits engageant les grandes nations d'Europe, la Grande Exposition de Londres s'ouvre enfin le 1er mai 1862. Reprenant le modèle français de 1855, c'est une Exposition universelle de l'agriculture, de l'industrie et des beaux-arts, à laquelle La France s'y invite, sous les auspices de la paix retrouvée. L'événement accueille 39 pays sous la même nef principale du Palais des Expositions. Construit par l'architecte Francis Fowke, ce bâtiment est la synthèse entre le Crystal Palace de l'Exposition universelle de 1851 et le French Industry Palace de 1855 par l'utilisation combinée de la brique, du fer et du verre. Les visiteurs entrent par une grande nef où sont exposées des œuvres d'art, tandis que des inventions mécaniques sont exposées dans des ailes adjacentes. Par exemple, c'est lors de cette exposition que le public découvre le Moteur d'analyse de Charles Babbage, premier prototype de l'ordinateur. Un tournoi d'échecs a accueilli 14 joueurs de nationalités différentes, élargissant ainsi les champs de l'Exposition universelle. De plus, suite à l'ouverture du Japon au commerce extérieur en 1853, les ambassadeurs japonais ont visité la Grande Exposition, dans le cadre des négociations avec l'Europe. Le pays participe officiellement à la prochaine exposition universelle de 1867 qui se tient à Paris. Parmi les artistes français, Ferdinand Barbedienne a fait sensation lors de cette Exposition avec les objets issus de sa fructueuse collaboration avec Constant Sévin. Ensemble, ils présentent des objets de style byzantin en émaux ciselés et cloisonnés. La paire de vases présentée sur son stand a été illustrée par John Burley Waring dans son Album, Chefs-d'œuvre d'art industriel et de sculpture à l'Exposition internationale de 1862. Son choix d'illustrations laisse une grande place aux œuvres françaises, montrant la qualité de ces productions sur la scène internationale. Enfin, l'Exposition universelle de 1862 se déroule sur fond de lutte sociale. A la demande de l'ouvrier Tolain, une délégation de 183 délégués ouvriers parisiens se rend à l'Exposition universelle pour comparer les conditions de travail dans les industries et manufactures anglaises et françaises, ce qui aboutira à la rédaction du Manifeste des soixante ouvriers de la Seine. , par la première Association Internationale des Ouvriers. L'Exposition Universelle de 1862 a présenté 28 700 participants pour 6 212 000 visiteurs. Malgré l'affluence, ses bénéfices sont moindres qu'à la première Exposition universelle de 1851. Son principal apport est le South Kensington Museum, donné en exemple à l'Europe, modèle du futur musée des Arts décoratifs de Paris.

Aiguière et assiettes de Gueyton, Paris, pour l'Exposition universelle de 1862, illustrée dans John Burley Waring, Chefs-d'œuvre de l'art industriel et de la sculpture à l'Exposition internationale, 1862.



1862

Au V&A muséum de Londres est conservé ce pot à lait, partie d'un service à thé composé d'une cafetière, d'une théière, d'un sucrier et d'une aiguière à crème. Argent doré orné d'émail champlevé.
 Diamètre : 9,21 cm    Hauteur : 11,75 cm
Le Musée indique: Service à thé d' Alexandre Gueyton  Fabricant France, vers 1862 Argent doré, à décor d'émail champlevé. Ce service comprenant une cafetière, une théière, un sucrier et une aiguière à crème a été acheté à l'Exposition internationale de Londres en 1862 pour 72,0,0 £ (1987)

L'inspiration pour le style de ce pot à lait est venue de l'art grec et égyptien antique. L'émail champlevé, cependant, a ses racines dans les traditions métallurgiques de l'Europe du Nord, où il est traçable jusqu'à l'âge du fer. La technique consiste à découper des auges dans le métal, qui sont remplies d'émail. Le pot à lait, avec une théière, une cafetière et un sucrier a été acheté à l'Exposition internationale tenue à Londres en 1862 pour 72 £. Le fabricant, Alexandre Gueyton , travaillé dans plusieurs styles et techniques différents.


1862 Bouclier


1862 Constance

Conservé au V & AM   cette broche d' Alexandre Gueyton

Broche, plaque en porcelaine peinte figurant le buste d'une femme, inscrit 'CONSTANCE', monture ouverte en argent à décor d'émail, sertie de grenats. Plaque en porcelaine peinte, inscrite, monture ouverte en argent à décor émaillé, sertie de grenats
vers 1862



1862

A gauche c'est un sucrier:  Propriété du V & AM  (Victoria et Albert Muséum) Ce service, composé d'une cafetière, d'une théière, d'un sucrier et d'une aiguière à crème, a été acheté à l'Exposition internationale de Londres, 1862, pour 72,00 £

Alexandre Gueyton décède en 1862 et  Henri Vever écrivit: 
Ce fut Marc Gueyton qui succéda à son oncle, chez lequel il était dessinateur. Il se fit une fructueuse spécialité des bijoux représentant des emblèmes politiques et religieux, et resta à la tête de la maison depuis 1862 jusqu'à sa mort, survenue en 1883. A cette date, ce fut un des fils d'Alexandre,
M. Camille Gueyton, qui reprit la suite des affaires, ainsi que nous le verrons plus loin.


Le Musée V & A M  conserve ce collier collier Lapis

Ce collier a été réalisé à Paris par l'orfèvre Alexandre Gueyton (1818-1862). Il a été montré par le fabricant à l'exposition internationale de 1862, où il a été acheté par le musée pour 34$

Ce collier bon marché était fait de lapis-lazuli de qualité plutôt médiocre, ce qui a conduit les experts du passé à croire qu'il s'agissait d'une imitation de la vraie pierre.

Au revers des cinq médaillons circulaires en lapis-lazuli se trouvent des têtes classiques en taille-douce qui furent probablement du modéliste de Gueyton Justin. Gueyton est connu pour avoir expérimenté l'électrotypage (formant un fac-similé d'un objet avec l'utilisation de l'électricité) et les têtes peuvent avoir été produites de cette manière.


 

MARC GUEYTON - ANNÉES 1860 revendue par la Maison Tajan de Paris
IMPORTANTE COUPE DÉCORATIVE "AUX CHIMÈRES" DE STYLE RENAISSANCE
La grande coupe ronde en agate zonée orange est supportée par trois chimères à corps de femmes ailées et têtes de dragons et comprenant une frise de godrons en émaux polychrome et émeraudes cabochons. Les créatures sont terminées par une nageoire. La base de la coupe comporte un riche décor de mascarons en têtes de satyres dans des guirlandes en émaux bleu et vert rattachées au socle par trois consoles à colonnettes. La terrasse est de forme triangulaire cintrée à bordures de moulures et pieds boules. Monture en vermeil, argent et or jaune 18K. Signé Marc GUEYTON, Orfèvre à Paris.
Poids brut : 1113 gr. environ 
Diamètre de la coupe : 19 cm.
Hauteur totale : 14 cm environ.
Dimensions du groupe de chimères : 12 x 7,8 cm environ.
Références : Henri Vever, "histoire de la bijouterie française" Éditions Floury, Paris 1906.



J ajoute le texte de la vente de la maison d'enchères Tajan de Paris
Cette coupe est inspirée directement par la famille d’orfèvres milanais Miseroni dont les chefs-d’œuvre intégrèrent entre autres les Collections de l’Empereur Maximilien II à la Renaissance. En effet, on trouve dans ces collections un chef-d’œuvre absolu, “la coupe aux harpies” dont s’inspira trois siècles plus tard, Marc Gueyton. Dans notre bréviaire qu’est “le Vever” et son Histoire de la Bijouterie Française, on y découvre une dynastie de trois orfèvres. Alexandre Gueyton initia la lignée avec des œuvres très variées certaines présentées à l’Exposition Universelle de Londres en 1851 et dont certains chefs d’œuvres figurent dans les collections du Metropolitan Museum de New-York.
Son neveu Marc, d’abord dessinateur chez son oncle, est l’auteur de la coupe aux chimères présentée ici. Il dirige, après Alexandre, l’atelier de 1862 à 1883 (la maison revint ensuite naturellement à Camille Gueyton qui vogua sur une vague nettement plus commerciale tout en ayant quelques fulgurances à l’époque Art Nouveau). Et quel ne fut pas notre étonnement admiratif en découvrant cette coupe en or et argent émaillé, la vasque en agate zonée rouge orangé, signée Marc Gueyton sur le fond de la base. Dans ce club très fermé des orfèvres des génies du Second Empire, Froment-Meurice, Jean-Valentin Morel et Jules Wiese conservent encore leur notoriété ainsi et la reconnaissance des collectionneurs. Les amateurs sauront reconnaître l’excellence de ce joyau Néo-Renaissance, dans le noble sillage de
l’orfèvrerie des Valois et de l’orfèvrerie Renaissance des Médicis et des Habsbourg, et rendre à Marc Gueyton son moment de gloire.


1872  dans le Journal "la fantaisie Parisienne"   Marc Gueyton

Par tous les moyens possibles, nous voulons prouver à nos chères et regrettées provinces de l'Alsace et de la Lorraine restées françaises quand même, que nous pensons à elles et que nous les aimons. M. Marc Gueylon, inspiré par un sentiment patriotique qui l'honore, a édité les bijoux artistiques Alsace-Lorraine. Une visite à ce charmant musée est fort intéressante. M. Marc Gueyton est un véritable artiste, qui a voulu, en s'imposant de grands sacrifices, mettre ses bijoux à la portée de toutes les bourses; pour 20 à 25 francs, vous trouverez, 8, place de la Madeleine, des boutons de manchette, des broches, des bagues, des croix. A propos de croix, M. Gueyton vient de créer la croix Chambord, style seizième siècle. Ce bijou très aristocratique est d'un goût simple et très-pur, il est appelé à une vogue méritée. Cette croix en vermeil coûte 25 francs, les boucles d'oreilles le même prix, les boutons de manchettes 20 francs, la broche 13 francs, et l'épingle de cravate 10 francs.
En sortant de chez M. Marc Gueyton, je suis entrée chez notre célèbre corsetière qui demeure dans la même maison, 8, place de la Madeleine. Je ne saurais trop recommander à nos lectrices Mme Léoty.
Le Corselet grec est surtout charmant, il réunit toutes les conditions d'élégance et d'hygiène, il conserve à la taille toute sa souplesse, il la cambre, l'amoindrit et l'arrondit. Sa pression indispensable est si bien combinée qu'on la supporte sans s'en apercevoir. Ce mignon corselet médaillé à l'exposition obtient un véritable succès bien mérité par les services qu'il rend aux personnes faibles et délicates.




Le projet de Troisième Restauration (après la Première Restauration en 1814 et la Seconde Restauration en 1815) intervient en 1873 pour rétablir la monarchie en France. Le projet est imaginé et préparé à la suite de la chute du Second Empire, en 1870, de la Commune de Paris et des élections législatives de 1871, qui donnent une majorité royaliste à l'Assemblée nationale.

C'est Henri d'Artois, comte de Chambord, petit-fils du roi Charles X, qui est le candidat favori au trône. Sa légitimité devient incontestable parmi les royalistes après que son cousin, Philippe d'Orléans, comte de Paris et chef de file des orléanistes, a accepté de le reconnaître comme unique prétendant. Appelé « Henri V » par ses partisans, le comte de Chambord prépare son entrée dans Paris

Voir l'excellent article de "l Institut du grenat" à propos de cette croix:


Lettre d’Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff (Vieux-Thann) à sa sœur Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

Le moment de la première communion va arriver bien vite. Aussi je veux te redonner ma liste de commissions afin que tu ne sois pas dans la presse aux derniers jours, les prix de douane sont peu de chose, seulement il faut déclarer, ne pas essayer de rien passer en fraude. Pour mon joli bénitier, on n'a rien pris à la douane. Je te prierais de m'acheter pour Cécile une chaîne de montre en or longue je pense, mince et à chaînons simples dans les 140 F pas comme les nôtres, ce n'est pas solide ; tu y ajouteras un petit médaillon simple que je ferai donner par Marie ainsi que le livre de Mme de Flavigny La chaîne c'est au lieu d'argent que je la lui donnerai, comme je lui aurais donné une montre si elle ne se l'était pas achetée. Tu auras également le livre de Mme de Flavigny comme je te l'ai demandé. Je voudrais également ce qu'on appelle une médaille de première communion (les petites Berger en ont eu comme cela, c'est Emilie veut la lui donner) ça se trouve en argent, grand comme une pièce de 2 F et on fait inscrire ce qu'on désire dessus, chez Bouasse-Lebel[13] rue Saint-Sulpice.(Je lisais hier soir dans le journal que un nommé Marc Gueyton (fabricant de bijoux artistiques à la mode) faisait de charmantes médailles de 1re Communion, mais probablement qu'elles ne rempliraient pas mon but, et que ce serait un objet de luxe et non pas quelque chose à pouvoir porter toujours.



Médaille Notre Dame de France par Marc Gueyton


On voit bien la signature de Marc Gueyton

 Malgré tous ses efforts, la maison périclitait lorsqu'en 1883 Marc mourut. Ce furent ces tristes circonstances qui amenèrent un fils d'Alexandre, Camille Gueyton, à reprendre la maison créée par son père. Camille Gueyton avait alors 33 ans; ingénieur des Arts et Manufactures, ignorant tout de son nouveau métier, il se mit courageusement à l'œuvre. Un travail assidu, son goût naturel, lui permirent cependant de devenir bientôt un bijoutier habile, sachant donner à ses œuvres un cachet artistique.
Ce sont généralement des objets de dimension moyenne, pour l'ornementation desquels il utilise fréquemment, et avec élégance, les feuilles de latanier et de palmier qui  constituent en quelque sorte la note caractéristique de ses compositions.

Un an après en 1884,  le 20/10/ il va s'associer avec Henri Reichtaed


1886 Poinçon de Camille Gueyton


1894 dans la revue "La Grande Dame" Camille Gueyton

BIJOUX & ORFÈVRERIE D'ART dans la revue "La Grande Dame"

La véritable élégance — celle qui caractérise l'homme de distinction — loin de se conformer exactement aux caprices et aux petits détails de la mode, reste, au contraire, toujours personnelle, toujours originale, — crée elle-même et propage avec intelligence et art ce qu'il est convenu d'appeler le goût.
L'élégance ne consiste pas dans le fait de suivre aveuglément la mode du jour. Combien de personnes pourrait-on citer qui, tout en ne négligeant rien des usages mondains — tout en s'entourant de luxe, de recherches minutieuses dans la toilette et dans la manière de vivre — restent cependant complètement éloignées de la réelle élégance, de cette élégance faite d'esprit, de tenue, de savoir et de sentiment artistique des choses.
Un trait, un rien révèlent l'homme élégant. Une nuance, un geste suffisent pour trahir la marque d'une distinction native.
Voyez les bijoux, et à quel point il est facile de s'assurer, chez une personne de goût — par un simple regard jeté sur l'épingle de cravate, sur les bagues, sur les boutons du plastron — si réellement ces bijoux ont été acquis avec discernement ou bien si l'amoncellement des pierreries a été l'unique effet auquel on voulait atteindre.
Et si le choix des bijoux est suffisant pour accuser, chez un homme élégant, son goût et ses préférences, combien ce choix n'est-il pas plus significatif alors que cette personne inspire elle-même le modèle ou l'idée de ces ornements ! C'est là, dirait-on, le chic suprême.

1894 dans la revue La Grande Dame Broche de Camille Gueyton


1894 revue "La Grande Dame" 



1896 dans la grande Dame:  Camille Gueyton


1894 Camille Gueyton, dans la Bijouterie Française de Henri  Vever





Broche rubis et diamants, vers 1900.  Photo Sotheby's
Conçu comme une chauve-souris, les ailes pavées de rubis et de diamants ronds, les yeux composés de diamants en forme de marquise, Poinçon  français et poinçon de maître, probablement d'Aucoq, boîtier ajusté signé A. Aucoq. 
Bibliographie : Cf. : Henri Vever, La Bijouterie Français au XIXe Siècle (1800-1900), Vol. 3, Paris, 1908, p. 576 pour une broche de conception similaire par Camille Gueyton.

Aucoc ou Gueyton, entre le probable et l écrin, je choisirais plutot Gueyton d'ailleurs en 1901 : dans la Revue de la Bijouterie Joaillerie en 1901
Chez M. Gueyton, une chauve-souris d'or ciselé étend ses ailes d'émail transparent, aux nervures de métal. Il me semble avoir déjà vu cela quelque part.



1896 dans "Le Temps" grand succes au salon des champs Elysées
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1896 Camille dans la Bijouterie Française de Henri Vever: le motif étonnant sert a réduire le sautoir.

1896 Camille Gueyton dans le livre de Vivienne Becker

Broche en or et pierres de couleur ornée d'un motif de paquerettes caracteristique de Camille Gueyton



1896 la mode 


1895 Bracelet Félix Faure

1895 Bracelet offert par la ville du Havre à Madame Félix Faure
Exécuté par Camille Gueyton (1895). Revendu par Maître Collin du Bocage

En 1895, lorsque Félix Faure fut nommé Président de la République, ce fut à Camille Gueyton que la Ville du Havre commanda le bracelet qu'elle offrit à la nouvelle Présidente. Ce bijou, exécuté en huit jours, est décoré des armes du Havre, accompagnées de branches de chêne et de laurier, ainsi que de roseaux symbolisant la Seine ; des saphirs, des brillants et des rubis figurent les couleurs nationales. Des ancres s'enlacent avec le monogramme de Félix Faure.

Offert par la ville du Havre à Mm. Félix Faure (1896). — Exécuté par Camille Gueyton.
Rappelant ainsi que le député du Havre était ministre de la marine au moment de son élection.
Le premier Salon auquel figura Camille Gueyton fut celui de 1896. Depuis cette époque, il y participe fidèlement chaque année, ainsi qu'à la plupart des Expositions, où ses bijoux, ciselés avec goût et parfois décorés d'émaux, tiennent une bonne place.



1895 dans la Bijouterie Française de Henri Vever

Les circonstances croustillantes du décès prirent rapidement le pas sur la tragédie d'une mort subite (ou d'un simple arrêt cardiaque). La légende rapporta que l'abbé Herzog, curé de la Madeleine, fut mandé par Mme Félix Faure pour lui administrer les derniers sacrements, mais, sans attendre son arrivée, il fut remplacé par un prêtre de passage devant l'Élysée qui, en demandant à son arrivée : « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? » se serait entendu répondre : « Non, elle est sortie par l'escalier de service ! ». Mme Félix Faure habitant l'Élysée, la maîtresse dut en effet, pour éviter le scandale, s'éclipser tellement vite qu'elle en oublia son corset, vêtement que le chef de cabinet Le Gall a conservé en souvenir.




Gisant de Félix Faure au Père-Lachaise.
La rumeur populaire colporta que c'était une fellation pratiquée par sa maîtresse qui avait provoqué une épectase, autrement dit un orgasme fatal, ce qui valut à Marguerite Steinheil le surnom de « pompe funèbre » Les chansonniers de l'époque affirmèrent : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée » ce qui est autant une allusion au goût du président pour le faste qu'à la cause prétendue de sa mort. Cette phrase a été attribuée également à Georges Clemenceau, qui ne l'aimait guère. Ce dernier aurait également déclaré à cette occasion : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui » et « Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre. ».

Dans son rapport sur l exposition internationale de Bruxelles, l'Orfevre Cardeilhac explique:
" La nature fait le fond de sa décoration et il traite avec le même succés la latanier, le phenix, les pavots, le houx et le gui"


En 1899 un critique avait ecrit
M. René Foy est moins admiré que M. Lalique et cependant il a des trouvailles heureuses. MM. Camille Gueyton et Edouard Colonna ne doivent pas, dans cette série, être passés sous silence."



1900

Cette broche "Paquerette" de Camille Gueyton en or  jaune émaux et perle a beaucoup de charme 


Etonnant qu on ne trouve pas d'autres bijoux de lui en salle des ventes



 
Maitre Hubert l'huilier a revendu ce vide poche de Camille GUEYTON Paris
Vide-poche en argent de forme ovale à décor finement ciselé de deux palmes et volutes. Elle repose sur une bate.
Signé en toutes lettres sur le bord extérieur "C. Gueyton Paris" en lettres gothiques, poinçon du MO.
Poids : 113.10 g - Longueur : 16.8 cm


1903 Revue de la Bijouterie Joaillerie

La revue ecrit: M. Camille Gueyton, qui est un des fidèles exposants du Salon, nous montre, cette année, des bijoux délicatement ciselés et émaillés avec goût.


Camille Gueyton Art Nouveau Pearl Gold Ring Revendue par  Je wellery〜宝飾品図録29

Vers 1903 Paris France
Poinçon français: Hibou (18K)  Perle Or jaune. 
Plante alpine L'edelweiss est présentée comme "l'étoile des Alpes" en raison de sa forme, et les fleurs d'un blanc pur Il est considéré comme un symbole. Dans l'Europe du XIXe siècle, il était courant d'offrir aux amoureux les fleurs qui fleurissaient secrètement sur les falaises, et certaines personnes risquaient d'escalader des montagnes et de mourir. 
La bague, avec sa pure combinaison d'edelweiss d'or et de perles blanches créées par ajourage, est l'œuvre du joaillier français Camille Gueyton. Camille, successeur de la Maison Alexandre Gueyton 1818-1862, célèbre pour l'orfèvrerie et la joaillerie, réputée pour ses bijoux en émail et gravés à motifs végétaux, est salon du Grand Palais à Paris, elle a été exposée et s'est fait connaître pour lui-même.
 
L'Edelweiss en or, avec ses courbes gracieuses Art nouveau, a-t-il conquis le cœur de son amant au lieu des fleurs des Alpes ? Le travail d'or délicat verticalement long et l'anneau de perles conviennent également au kimono.
 
* Ouvrages similaires publiés dans "Les Salons de Paris 1895-1914 Vol. I Bijoux" The Collectors' Club p.302 par Alastair Duncan




1904 Or platine et diamants par Camille Gueyton

1904 la Revue de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie écrit: Les Bijoux et l orfèvrerie de Camille Gueyton sont toujours choses d'art amusantes à voir



1904
Sonia Smith de la Tadéma Gallery de Londres a toujours su distinguer les bijoux de grands talents.

CAMILLE GUEYTON  1904 env Revendue par la Galerie Tadéma de Londres
Broche Art Nouveau
Or, émail plique-à-jour, diamants : H  2,30 cm (0,91 po) |  L  6,40 cm (2,52 pouces)
Origine Français, 1904  Des marques 'CG' avec ancre ailée
Illustrée dansle livre :
Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021, p. 106
Les Salons de Paris 1895-1914, Joaillerie, tome I, Les Créateurs AK, page, page illustrée 304



J'espère à la suite de cet article recevoir des documents sur la famille Gueyton et en particulier les bijoux précieux de Camille

Un suggestion, des documents, des commentaires, ci-après l article, si vous avez un compte Google ou en m'écrivant, à : richard.jeanjacques@gmail.com 


dimanche 19 décembre 2021

Paul Jean Adolphe BABLET Bijoutier chercheur de formes


Bracelet De Paul Bablet

Paul Bablet est né le 23/avril/ 1889 à  5 rue Mornay à Paris dans le 4 eme arrondissement.
Son père était négociant en vins, mais  il se forme à l'Ecole des Arts décoratifs et reçoit sa formation spécialisée d'orfèvre auprès de Charles Rivaud, grand maître de l'époque.

D'après le Musée des arts décoratif,  Bablet  créateur s'inscrit dans la modernité des années 30 par son intérêt pour l’argent rehaussé de pierres ornementales, et par un registre décoratif basé sur des combinaisons de lignes pures, torsades, boules, cylindres... formant l’unique décor de lourds bijoux.

Paul Bablet va traverser un première période troublée, il fait une demande de poinçon et démarre son activité le 22 novembre 1909, mais il est appelé pour faire son service militaire en 1910, il est nommé Caporal en 1911 et le 24/09/1912  envoyé en disponibilité à Paris . 



Il reprend son métier en étant installé dans l immeuble de ses parents au 5 rue Mornay. Il expose au Salon d'automne dès 1913. Membre actif du Salon des artistes décorateurs où il expose en 1914,   pour peu de temps car la guerre de 1914 est déclarée le 28/7/1914. Il sera rappelé  le 30 aout 1914, nommé sergent le 1/10/1914 et ne sera démobilisé que le 2 aout 1919






Pourtant en 1916 il participe à un concours, il est noté dans le journal le Gaulois comme bijoutier -ciseleur. D'ailleurs,  son travail a reçu de nombreux prix et bourses pour lui permettre de poursuivre ses recherches.
Paul BABLET se dégage de l Art Nouveau et s 'inscrit dans la modernité par son emploi de l'argent préféré à tout autre métal et par un registre décoratif basé sur la combinaison de lignes pures, ...Il a élaboré une grammaire ornementale personnelle inspirée d'éléments géométriques naturels revisités
( boules, demi-perles, cylindres sertis dans des montures à griffes...). Le bijoutier privilégie l'argent et l'or le plus souvent non polis, associés à des pierres ornementales de coût modéré aux couleurs sourdes ou pures... Il apprécie également l'ivoire dont la couleur tempère l'austérité des bijoux en argent patiné ou oxydés.



En 1920 il est remarqué ,et obtient le prix BLUMENTHAL, créé par Florence Meyer Blumenthal (1875-1930) qui était une philanthrope américaine, elle a créé la Fondation franco-américaine Florence Blumenthal , qui a décerné le Prix ​​Blumenthal de 1919 à 1954 à des peintres, sculpteurs, décorateurs, graveurs, écrivains, et musiciens  pour promouvoir les relations franco-américaines.
A titre indicatif,  pour leur altruisme, Florence Blumenthal et son mari George Blumenthal ont  reçu la Légion d'honneur française en 1929. Les deux ont une rue , ainsi qu'un square à Paris .



Il sera souvent cité par la presse , ci-dessus en 1920 dans la revue "Art et décoration"

A partir de 1922 , il va produire des bijoux en argent en séries. Son œuvre respecte le "Moderne" de son époque  par un usage particulier de l’argent, du corail, de l’ivoire et de pierres comme la cornaline ou le lapis lazuli.


Des bijoux de lui dans la célèbre revue de "l'Art appliqué",en 1924,  de lourds bijoux en argent et or , certains indiquent  qu il tirait "son inspiration d’une fréquentation assidue de l’art celtique et islamique" 
Madame Possémé, conservatrice en chef au Musée des Arts décoratifs et spécialiste du département bijoux, précise qu'il participe à des expositions à New York, Zagreb, Madrid,  en Belgique et aux Pays Bas.


Un interview de Paul Bablet dans le journal "Comoedia" en 1924

Style iconique, l’Art Déco (abréviation d’Arts Décoratifs) est généralement une esthétique facilement reconnaissable. Elle met l’accent sur des lignes fortes, des formes géométriques et des matériaux audacieux et créé un style qui se démarque clairement en comparaison aux autres styles d’art et d’architecture de périodes différentes. Le mouvement a vraiment débuté en 1925 mais son ascension ne s’est pas faite en un jour. Le mouvement a aussi subi quelques changements, il est habituellement divisé en deux phases. La première et la seconde phase de l’Art Déco gardent certains grands principes en commun mais chaque courant s’est transformé pour correspondre à l’environnement et le temps dans lequel il évoluait.

L’Art Déco s’est construit sur des fondements mis en place par les principes du Bauhaus, du mouvement de Stijl, du Cubisme, du Constructivisme et du Futurisme. Le mouvement a également très vite adopté les nouvelles technologies, ce qui signifie que les matériaux utilisés n’étaient pas toujours des plus traditionnels. Aux débuts du mouvement, les œuvres Art Déco étaient réalisées avec des matériaux raffinés très onéreux, puis le mouvement a ensuite intégré des matériaux plus abordables comme le plastique. Ce mouvement a inspiré l’architecture et l’art à travers le monde. En visitant les plus grandes villes du monde, de Rio de Janeiro à Moscou, vous êtes sûr de de voir des éléments Art Déco.  voir https://www.art-critique.com/

1925 dans "l'Art appliqué d'Aujourd'hui"


De nos jours, la pendule retrouvée estimée a 25-3000€ par la maison d'encheres Lynda Trouvé.
François POMPON  et Paul BABLET : http://www.lyndatrouve.com/
Pendule en argent de forme rectangulaire entourée de quatre guirlandes articulées et surmontée
d'un Coq chantant. Le cadran est entouré d'un motif feuillagé rayonnant. Poinçon Minerve et poinçon de Paul Bablet (chardon et losange). Hauteur : 30 cm. Largeur : 16,2 cm. Profondeur : 11 cm. Poids : 1 688,2 g.
Bibliographie : Gaston Quénioux – Les Arts Décoratifs Modernes – Librairie Larousse, Paris, 1925.
Observez les motifs en forme de coquille autour du cadran



On retrouve les motifs de la pendule en forme de "cuiller" sur cette boite

• Paul BABLET • vers 1925 • Boîte à thé Argent 8 x 9 cm
 Cette pièce provient de l'Ambassade française conçue par la Société des Artistes décorateurs et présentée dans leur pavillon, lors de l'exposition internationale des Arts décoratifs de 1925. Elle fait partie d'un ensemble d'objets livré par cette Société en compensation de la subvention allouée en 1925 Inv. : FNAC 8936 Centre national des arts plastiques
• En dépôt depuis le 27/11/1936 : Musée national Adrien Dubouché (Limoges) Centre national des arts plastiques.Crédit photographique : Service photographique interne

La SAD a été fondée en 1901 par l’avocat René Guilleré (1878-1931), elle est reconnue association d’utilité publique par décret du 25 juin 1924. L’objectif de sa création était de « réunir les membres de toutes les corporations de décorateurs pour défendre leurs intérêts matériels, et encourager des expositions spéciales d’ensemble décoratifs »et de promouvoir l’art décoratif moderne..


Broche Vintage Art Déco en argent et or Description et histoire Cette broche très élégante est marquée P. Bablet pour Paul Jean Adolphe Bablet artiste joaillier de la période art déco né à Paris en 1889 et mort à Paris en 1971 Il s'est inspiré du celtique et Art islamique et a participé à trois expositions internationales (1925-1931-1937) La broche n'a pas d'autres marques, mais a été testée comme de l'argent, je n'ai pas testé la bande d'or ***Condition Excellent état Taille Elle mesure 2,75 pouces/6,5 cm x 0,5 ins/1.25cms Il pèse 13g

Bablet a été influencé à la fois par les arts tribaux exposés à l'Exposition coloniale de 1931 à Paris et par les thèmes géométriques qui prévalaient à l'époque déco.



***C'est une broche présentée sur le site: https://www.worthpoint.com/ mais provient de Ebay U.K.
La personne qui le vend aurait pu voir que le poinçon dans un ovale est le poinçon des ouvrages mixtes or et argent qui était en usage depuis le 10/12/1905 et marquait les ouvrages dans lesquels le poids du métal accessoire (en l occurence sur cette broche l'or à 750/1000° )dépasse le 3 % du poids total de l'alliage Il doit être placé sur le métal dominant. Nous avons donc sur cette pièce la signature de Paul Bablet



Dessin du poinçon mixte Argent et or, Tête de sanglier et tête d'aigle , qui doit se trouver sur tous les ouvrages de Paul Bablet réalisés en Argent et Or.



1927 au grand Palais l entrée du Salon des artistes décorateurs ou exposait régulièrement Paul Bablet

Le Salon des artistes décorateurs (SAD) est un événement créé en 1904, contemporain de l’ouverture du Musée des arts décoratifs de Paris. Il a été imaginé par la Société des artistes décorateurs fondée en 1901 dont l’acronyme peut à la fois désigner la Société (la SAD) et le Salon (le SAD). Tous les deux connaissent un apogée au moment de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes quand s'impose le style art déco. Bien qu'il ait perdu une large part de sa renommée internationale après la Seconde Guerre mondiale, il est redynamisé dans les années 1980 sous la tutelle du Ministère de la Culture.



1927 dans la revue "Comoédia"



1928 dans "Comoédia"


1928-1930 ce collier en argent et or


Paul BABLET (1889-1971), Broche, Argent 925‰ et or jaune 750‰, C. 1930 - Signée 



Revendu par la maison Aguttes, un collier en or, argent et ivoire


1930 Bague argent et vermeil
PAUL BABLET
Chevalière en argent godronné, ornée d'une turquoise taillée en pain de sucre. Signée. Poids brut: 41,2 



Rare bague Art Déco en argent et or, incrustée symétriquement de 3 diamants à gauche et de 3 diamants à droite de l'étoile de David en argent serti d'or.
Commandé et gravé vers 1930 par Paul Bablet  https://www.catawiki.com/




La maison Pierre Bergé avait du liquider une collection de particulier car plusieurs pièces ont été vendues en une fois. Je trouve cette pièce d'un point vue professionnel , merveilleuse.
Bracelet torque en fils d'argent torsadé. Vers 1930. Non signé. 
Poids: 70,9 g.
Paul Bablet (1889-1971). La Maison Bergé indique: Né à Paris, il se forme à l'Ecole des Arts décoratifs et reçoit sa formation spécialisée d'orfèvre auprès de Charles Rivaud, grand maître de l'époque. Son poinçon de maître est déposé en 1909. Il présente ses premières oeuvres aux salons d'automne dès 1919: petite orfèvrerie de table, accessoires de mode et bijoux. Ceux-ci se caractérisent par des jeux de matière, des contrastes chromatiques, l'argent est son métal de prédilection, qu'il oxyde et qu'il oppose par exemple à l'hématite. Son travail est couronné par de nombreux prix et des bourses qui lui permettent de continuer ses recherches. Très impliqué dans la vie artistique de l'époque, il participe notamment à l'organisation du Salon des artistes décorateurs.
Il distingue dans ses oeuvres deux grands types de bijoux: ceux fabriqués «en série» (6 à 12 exemplaires), et ceux qui restent des pièces uniques.
Son oeuvre, exécutée entièrement à la main, est guidée par des lignes pures, des torsades, des motifs géométriques combinés. Le bracelet que nous proposons aujourd'hui a été présenté lors de l'exposition Bijoux Art
Déco et avant-garde en 2009, voir le catalogue de l'exposition, p.72.


Broche modernisme en argent 800 millièmes. Épingle en métal. Signée, poinçon de maître.
Poids brut : 29.70 g. Diam : 5.1 cm.
Que disait-on d'eux dans le métier                                                                                                                  MM. Bablet, Rivaud, Jean Desprès, Siegfried Boés apportent la preuve que le bijou n'est pas nécessairement un objet de haut prix et que des matières modestes bien. travaillées peuvent devenir des ornements parfaits.


PAUL BABLET Broche ovale ornée d'un centre rond, années 1930. Argent et vermeil Signée H_4 cm L_5 cm

Les récompenses de la Société d'Encourarenment au Salon des Artistes Décorateurs
Je l ai copié à cause des noms citésdans cette l exposition
Le jury de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie s'est réuni récemment au Salon de la Société des Artistes Décorateurs pour l'attribution des primes et plaquettes de son 22e concours.
Ce jury, qui était composé de MIM, Louis Bonnier. président, Georges Corniile, Joseph Hiriart et André Fréchet, vice-présidents, Henri Lormian, rapporteur , Gosselin, secrétaire, Félix Aubert, Jean Bayard, Georges Bomi.er, Henri Brunet, Mme Chabert-Duponl. Daurat, Dhomme, Edelmann, Expert, Albert Goumain, Gaston Guérin, Edmond Honoré.
Gaétan Jeannin. Mme Kempf-Berthelot, Geo Lamothe, Pierre Lardin, Mme André Leroy, Jean Luce, Yvanhoe Rambosson, Mme Renaudot, Roques, Rouart, Selmersheim, Charles Siclis, Louis Tassinari. Traverse, Mme Flore Willemer, Lucien Willemetz-Robj a attribué les récompenses suivantes :
Plaquettes d'Honneur : MM. Auguste Labouret (vitrail), Français Decorchemont (Pâtes de verre), Raymond Sue (table coiffeuse), Marcel Goupy (verreries), Adrien Karbonsky tapisseries), Georges Seré (céramiques), Etienne Kohlmann (ensemble).
Plaquettes dorées MM. Gilbert Poillerat (fer forgé), Mlle Geneviève de Leotard (reliures), André Dome (salle à manger), André Mare (ensem-< ble), Yvonne Serruys (sculpture).
Mme Baillot-Jourdan (bijoux).
Plaquettes argentées : MM. Gaston Bigard (vases), Valery Bizouard (orfèvrerie). Paule Marrot (étoffes), Jean Fressinet (papiers peints), Boris Lacroix (objets d'art), François Guiraud (coiffeuse), Denise Louvet (papiers peints),, Paul Fréchet (ensemble), Jean Peltier (affiches), Paul Bablet (bijoux).
Plaquettes de bronze : MM. Gaston Rischmann (vases), Georges Crette (reliures). André Ducuing (laques), Claude Coquerel (salle de fraîcheur), Emilien Dufour (illustrations), Jean Maclès (peinture décoratvie), Simon Haentgès (boudoir), René Baucher Féron (ensemble), Mme Ingrand (verres gravés), Lazarus, Mme Guastalla (cuirs).
D'autre part. il a été distribué des primes aux artistes suivants : M.
Jean Peltier (500 fr.), M. Paul Bablet (500 fr.), Mme Baillot-Jourdan (400 francs), M. Emilien DufourqOO fr.), M. René Baucher-Féron (200 fr.), Mlle Paule Marrot (200 fr.), M. André Ducuing (200 fr.).
Les plaquettes réservées aux artisans ont été attribuées à MM. Louis Midavaine, (paravent) et Loys Houriet (objets divers), et la plaquette réservée à un industriel à la Maison Incrusta. -
Concours de la Société des Crayons Conté : Prix 1.000 francs, M. Georges Guyot (dessins d'animaux) ; Plaquette dorée : Mme Jean Haffen; Plaquette argentée : M. Pierre Blanc.
Concours Willemetz Robj : Prix de 1.000 fr. : M. Léon Leyritz : Plaquette argentée : Mme Jeanne Piffart ; Plaquette de bronze : Mmes Marboutin Maslow, et Maryvonne Meheut.



Broche fuseau en argent, les bords perlés, le centre en demisphère dorée. Signée. Longueur: 7,2 cm environ. Poids: 7,5 g. Revndue par Pierre Bergé.



1931 dans "l action Française"




1931 dans Mobilier et décoration, plusieurs bijoux de Paul Bablet

L’Art déco apparaît après la Première Guerre mondiale. Ce mouvement tient son nom de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes organisée à Paris en 1925. Il devient, en France, un style national, voire officiel, qui guide la conception des bâtiments de la République. L’Art déco est, après les fantaisies de l’Art nouveau, un retour à l’épure, à l’ordre, à la raison, à la géométrie et à la symétrie. Il célèbre, contrairement à l’Art nouveau, le progrès, la technologie, mais aussi la mondialisation à travers l’exotisme. L’Art déco est un style qui accepte l’âge moderne et l’industrialisation. Il est en effet inspiré par les objets produits par des machines et utilise des matériaux modernes comme l’acier inoxydable, l’aluminium, le verre plat et le plastique. Les bâtiments Art déco sont souvent en béton armé et en brique. Ils possèdent de nombreuses fenêtres, voire des bow windows. Certains artistes qui ont influencé l’Art déco s’opposent à la décoration et à l’ornementation, notamment Adolf Loos (1870 – 1933), qui aura une grande influence sur Le Corbusier (1887 – 1965). Cependant, nombre d’œuvres Art déco utilisent le zigzag, les chevrons, les ondes, des frises en bas-reliefs, ainsi que des motifs végétaux et animaux. Tout comme l’Art nouveau, l’Art déco transcende les distinctions entre les arts. Il touche tout aussi bien les arts décoratifs que l’architecture, les transports, le vêtement, la typographie, la tapisserie, etc. C’est en outre, tout comme son aîné, un courant artistique international, dont la production a été considérable.

En savoir plus sur https://www.laculturegenerale.com/difference-art-deco-art-nouveau/ | La culture générale



1931 Société des artistes décorateurs



Bracelet qui est vraiment le style personnel de Paul Bablet
Bracelet jonc torsadé en argent. Vers 1933. Signé. Longueur: 19,5 cm environ. Poids: 71,5 g.
Un bracelet identique fait partie des collections du Palais Galliera, Musée de la Mode de la ville de Paris, voir le catalogue de l'exposition Bijoux art déco et avant-garde, 2009, p. 72.




Broche en argent de forme carrée, ornée d'une tranche en plaque de cornaline, les angles soulignés d'une perle de culture. Signée. Dimensions: 5 x 5 cm environ. Poids brut: 31,9 g.


Broche en argent de forme circulaire, à décor de cordelette et demi-sphère dorée. revendue par l etude de Pierre Bergé: Signée. Travail de 1934. Diamètre: 4,2 cm environ. Poids: 15,2 g.
Une broche comparable a été reproduite dans Mobilier et décoration (juin 1934). Hélène Andrieux, Paul Bablet, Bijoux Art Déco et avant-garde, Paris 2009, p. 73.


Dans l'Art Vivant de 1934
Dunand nous offre avec de belles pièces un magnifique paravent orné de grandes figures. Puis ce sont les intéressantes verreries de Decorchemont de lignes si fermes, et les recherches toujours agréables de Lalique. Lebasque, un sculpteur céramiste, nous charme par l'imprévu de sa magnifique collection de poissons. Et puis, des bijoux : ceux de Bablet, qui, dans la bague somptueuse comme dans les bracelets et les colliers, sait varier les oppositions de l'art .
L'Art vivant : revue bi-mensuelle des amateurs et des artistes...



1936 Dans la revue Mobilier et décoration



1936 Dans la revue Mobilier et décoration

Cet article de 1936 dans Art et décoration résume assez bien l'esprit de Paul Bablet

Depuis bientôt un quart de siècle, Paul Bablet expose des bijoux qui, dans leur savoureuse simplicité, se font remarquer par un accent de franchise, un rythme de pureté.
La belle qualité d'art des bijoux de Paul Bablet tient surtout à ceci, croyons-nous, qu'il met toutes les ressources d'une incomparable technique au service de projets longuement médités et d'un goût épuré, sobre dans ses hardiesses.
Paul Bablet exécute entièrement lui-même, à l'établi, toutes les pièces qu'il compose.
Il veut avant tout rester bijoutier et ne pas faire de prétentieuse littérature autour d'une profession qui exige à ses yeux une haute probité.
Il estime qu'il ne suffit pas, pour s'avouer l'auteur d'un bijou, d'être tout juste capable de le dessiner. Il faut connaître comment se fait ce bijou, être au fait de toutes les réalités techniques, se rendre compte que les proportions diffèrent selon qu'un bijou se fait en or ou en argent, savoir comment on attache la tête d'une bague à son corps, et maints problèmes dont seul le bijoutier peut avoir l'idée.

Dessinée par un ignorant des réalités de fabrication, une bague sera généralement plate, car il ne sentira pas les volumes, ne songera qu'aux décorations planes. C'est le bijoutier qui donne le mouvement et la vie, qui construit, qui cherche des rapports et des harmonies, calcule des épaisseurs.
Paul Bablet estime que le bijou n'est pas un article de saison : nous ne saurions trop l'en approuver. Un bijou est un objet qui dure, auquel on accorde souvent une valeur de souvenir, un ami qui vous accompagne dans la vie. Il ne saurait avoir le destin d'une cravate ou d'un chapeau.
Aussi Paul Bablet confère-t-il à ses bijoux cette dignité, méprisant la fantaisie facile, qu'on ne saurait séparer de l'idée de durée.
Une sorte de gravité baigne toutes les œuvres de Bablet, mais une gravité qui n'exclut pas la souplesse cette souplesse amoureuse des cambrures qui anime la moindre de ses pièces, de même que chez lui la simplicité n'exclut pas l'élégance.
Le modernisme de Bablet, vivant et judicieux, s'appuie toujours à quelque tradition. Si j'avais à définir sa manière en deux mots, j'écrirais raffinement et simplicité.
Ces œuvres, qui ne visent jamais à l'effet, valent par la composition, par la perfection et la recherche des détails. Ici, c'est un petit fil d'or, là, un enroulement, une torsade, un croisillon. Tout est équilibre, délicat, harmonieuse ingéniosité.
Estimant que le bijou, dans sa forme la plus achevée, ne doit pas rester le privilège d'une élite fortunée, Paul Bablet a eu la très heureuse idée d'établir, en dehors de ses pièces uniques, des bagues, des médaillons, des barrettes en petite série, destinée aux amateurs d'art de moyens restreints.
Gaston DERYS.



Bague en argent (800/1000°) à motif ovale décoré de lignes torsadées ou droites dorées. Signée et poinçon d'orfèvre. Poids : 9 g. - Tour de doigt : 53.


Regardez bien sa signature, faite avec un poinçon lettres



1936 Dans la revue Art et Décoration

1936 sans la revue Art et Décoration


1936 dans la revue "Art et Décoration"




1936 Dans la revue Art et Décoration


Exposition internationale des
arts et des techniques dans la
vie moderne. Paris, 1937 .



Exposition internationale des
arts et des techniques dans la
vie moderne. Paris, 1937 .

En 1941, le joaillier est présent à l'exposition MAD Paris, aux côtés des plus grands joailliers modernes, tels que René Robert, Jean Després et Raymond Templier.
Je rappelle que lors de l' Aryanisation en 1940 de la maison Van Cleef & Arpels, René Robert fut désigné comme directeur artistique de cette maison



1942 Membre de la société des artistes décorateurs


Un de ces dessins

Article paru dans LE TIRE-BOUCHON

Il faut mentionner ce petit cabaret, sis impasse Traînée, appelée depuis rue Poulbot, à l'angle de la rue Norvins, au sommet de la Butte, dirigé après la dernière guerre par VALBERTS et KERAMBRUN. Ce dernier, auteur de chansons poétiquement montmartroises, mises en musique par Pierre DANIDERFF, fut élu Président de la République de Montmartre, qu'il représenta dignement. A sa mort, le 8 novembre 1972, VALBERTS dirigea seul le cabaret.

Programme de tours de chant, style guinguette du Chat Noir, qu'illustrèrent des artistes promis à la célébrité, comme Jacques BREL, qui s'accompagnait à la guitare. On put y entendre le poète Bernard DIMEY, le compositeur Francis LAI, les auteurs-compositeurs Jacques DEBRONKART, Jean LAPIERRE, Jean-Pierre MOTHIER, qui en fut un des piliers; Fernand SARDOU y apporta sa faconde méridionale; l'excellent pianiste Jean CHABOT en fut jusqu'à sa mort l'accompagnateur attitré. Bien d'autres artistes s'y firent entendre, notamment la charmante divette Germaine RICORD.

Il fallait citer ce charmant cabaret, qui servit de tremplin à de nombreux artistes débutants.

DES HYDROPATHES nouvelle vague !

Le 9 août 1922, au "Caméléon", à Montparnasse, le poète Henri CHASSIN reprit le flambeau des Hydropathes et, sous le titre de "l'Aquadémie", réunit poètes et artistes dans le style du Chat Noir. En firent partie entre autres : Raoul GUERIN, Germain DELAToUSCHE, Louis RICHARD, Pierre TRIMOUILLAT, Banville d'HOTEL, Alcanter de BRAHM, Jean LOINAIS, Louis MOREAU, AUREL, Paul-Napoléon ROINARD, Lucio DORNANO, Charles d'AVRAY, SAINT-POL ROUX, Pol FERJEAC, Marcel PENITENT, Louis DALGARA, Sylvain BONMARIAGE, Jules DEPAQUIT, etc ... Les réunions se poursuivirent, tant à Montparnasse qu'à Montmartre, jusqu'à l'interlude de la guerre.

Le 15 mars suivant, Henri CHASSIN, Louis DALGARA et Bernard

SALMON réunirent les Hydropathes et l'Aquadémie.

Les réunions hebdomadaires eurent lieu d'abord au "Tire- Bouchon" et connurent un succès immédiat. XANROF, Charles d'ALRAY, Gérard de LACAZE-DUTHIERS s'y produisirent pour la dernière fois. Henri MONIER, du "Canard Enchaîné" aimait y venir trinquer et chanter quelques' chansons bachiques. Beaucoup de jeunes y firent leurs débuts.

Les réunions eurent lieu ensuite "Chez Mandrin", puis au "Clan d'Estaing", rue de la Vieuville, enfin au 65 rue Lepic. On y rencontrait alors le poète, peintre Paul BABLET, Charles GAUDY, Paul PRIMERT, Louis DALGARA, GUTAPHEL, Olivier GESLIN, l'amiral de la Butte; Pierre-Jacques BLOCH, Jacques LEBON, la poétesse Nita CORELLI, Jean-Pierre RAVECHE, dit le "Philosophe", le poète J.B. CONHEM, le pianiste Marcel ROCHARD. Bernard SALMON faisait la présentation et animait les séances.

Henri CHASSIN mourut le 20 juillet 1964. Peu à peu les rangs s'éclaircirent. Bernard SALMON s'en alla à son tour et la relève n'étant pas assurée, la Société s'effrita et disparut.



Une de ses toiles ou il n'excelle pas autant que dans ses bijoux



Un dessin à la plume


Paul Bablet est décédé à Maisons-Laffitte le 15 septembre 1971, il avait 82 ans.*
Titre
Le pont des vaches sur le canal de l'Ourcq Bablet Paul Création ; Peintre ; 1955  env
Huile sur isorel  Dimensions H. cm : 50 ; L. cm : 61,5 ; H. oeuvre encadrée en cm : 52 ; L. oeuvre encadrée en cm : 63 Inscriptions / marques Signature ; Bas, droite ; Paul Bablet
Exposition
2009, Paris, Cité des Sciences, La Villette 

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