mercredi 1 juin 2022

FABERGE Joaillier des TSARS


 

L'Œuf du Couronnement réalisé par Michael Perchin pour Fabergé en 1897

La famille Fabergé est originaire de La Bouteille. De confession huguenote, elle dut quitter la France après la révocation de l'Édit de Nantes (Louis XIV en 1685, révoque l’Édit de Nantes par lequel le roi Henri IV avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants, en 1598.)  pour émigrer en Prusse, près de Berlin puis plus tard vers 1830 en Livonie


Plus exactement à Parnau en Livonie: Son territoire s'étendait sur le sud de l'actuelle Estonie et le nord de l'actuelle Lettonie (au nord de la Daugava). C'est ici que va naitre Gustav Fabergé en 1814. 


Gustave et Charlotte, père et mère de Carl Fabergé

Il est le fils de Gustave Fabergé, joaillier, et de Charlotte Jungstedt, de nationalité danoise. La famille fréquente la paroisse suédoise de Saint-Pétersbourg. En 1842, son père ouvre à son compte une joaillerie au 24 rue Bolchaïa Morskaïa, à Saint-Pétersbourg.


24 rue Bolchaïa Morskaïa, à Saint-Pétersbourg.


De nos jours

La Maison Fabergé : (la maison sera reconstruite par l'architecte Carl Schmidt et cousin du joaillier, en 1899-1900).

1846 : Carl Fabergé, nait à Saint Pétersbourg il a été baptisé dans le temple protestant Peter Carl sera toujours appelé Karl Gustavovitch par les Russes.

C'est en 1846 qu'il se créa des sociétés d'Archéologie à Saint Pétersbourg, ce fait eut des répercussions sur la société Russe, à cette occasion des ouvrages désirant vulgariser l'histoire de la vieille Russie furent publiés.

Carl était fils unique jusqu'a l'âge de 16 ans. Il apprendra l'allemand, et le Français car la langue Russe est jugée vulgaire pour fréquenter les salons de Saint Pétersbourg

Il commence à travailler bénévolement en tant qu'expert au musée de l'Ermitage. Il participe à la restauration des pièces anciennes, donne son avis lors de nouvelles acquisitions, intervient dans l'organisation des collections... Une activité qu’il poursuivra pendant quinze ans et que ses fils poursuivront jusqu'à la révolution. Ce bénévolat constitue un véritable tremplin puisque le conservateur de l'Ermitage recommande la maison Fabergé au cabinet impérial qui lui commande plusieurs bijoux pour le mariage du tsarévitch (futur Alexandre III). (Herodote.net)

Gustave Fabergé en 1860

1870 : Karl Fabergé reprend l 'entreprise de son père, auparavant à la fin de ses études, il est d'abord rentré comme apprenti chez  Hiskias Pendin qui était le Maître de son père Gustav, pendant deux ans. Il fera ensuite un tour d'Europe et se formera dans l'Art et l'Economie.

 A partir de 1870, Erik August Kollin fut le premier chef d'atelier de Carl Fabergé est né à Pohja  le 28/12/1836 en Finlande. Il fut compagnon chez l'orfèvre Alexander Palmén à Ekenäs en 1858 avant de se rendre à Saint-Pétersbourg. Diplômé maître d'œuvre en 1868 à l'atelier d'August Holmström, il ouvre en 1870 son propre atelier à Saint-Pétersbourg. Kollin travailla pour August Holmström et pour Carl Fabergé rapidement il fut responsable de tous les ateliers Fabergé, poste qu'il occupa jusqu'en 1886, date à laquelle il fut remplacé par Michael Perkhin .

Erik Kollin est spécialisé dans les articles d'orfèvrerie, la plupart dans un style archaïque de l'époque. Les objets fabriqués par lui pour Fabergé avant son départ en 1886 portent généralement ses initiales EK, ainsi que le poinçon de Fabergé et se trouvent fréquemment dans une boîte Fabergé.  Ceux-ci sont antérieurs au changement de poinçons en 1899. Les objets portant uniquement la marque EK et produits entre 1885 et 1899 doivent être considérés comme l'œuvre d'un opérateur indépendant, à moins qu'ils ne soient emboîtés par Fabergé. 

C'est la pendule crée pour le 25 Eme anniversaire de Fabergé elle est en néphrite, or rouge et vert, vermeil, email rose et bleu pâle, diamants et perles.

1872 : Carl Fabergé va se marier avec Augusta Julia Jacobs. Ils auront quatre fils, Eugène, Agathon, Alexandre et Nicolas qui à une époque ou une autre rentreront tous dans la Maison.

1878 


Toujours dans l'idée de présenter l'histoire de la Vieille Russie, le pavillon de la Russie avait la forme d'une Isba en bois traditionnelle des paysans.

Ce pavillon russe était une réplique de celui où naquit Pierre Le Grand, à Koloma près de Moscou. « Ce type de maison Céréma dite du Boyard est conçue pour résister victorieusement aux vents des steppes et défendre ses habitants contre le vent et les neiges de l’hiver. » (Bitard) L’ensemble avait été remonté à Nogent-sur-Marne, au bord de l’eau, presque en face de chez Gégène. Mais, en 1967, les propriétaires sont expropriés par la Caisse des dépôts.

En 1879, le fondateur et président de la Commission archéologique impériale, le comte Sergey Stroganov, a proposé l'idée à l'empereur Alexandre II que des fac-similés modernes d'une poignée de bijoux et d'ornements de l'Ermitage soient produits en Russie. Le contrat a été attribué à Carl Fabergé qui a fait appel à Kollin pour le projet. Au cours des deux années suivantes, le duo et leurs ateliers ont travaillé sans relâche pour créer quarante pièces pour la collection, qui a été lancée à l'exposition de toutes les Russies à Moscou en 1882

1881 : Le Tsar Alexandre II succombe le 13 mars 1881 à Saint-Pétersbourg avant d'avoir pu octroyer une constitution à son peuple. Il est victime d'un attentat au retour d'une visite au manège où il assista à une parade militaire. Il est principalement connu pour ses réformes, notamment l'abolition du servage.

La maison Fabergé complète sa production et commence à exécuter des objets fantaisie, et non plus seulement des bijoux. Karl et Agathon font sensation à l'exposition pan-russe qui se tient à Moscou en 1882. Karl y reçoit la médaille d'or de l'Exposition et la médaille de Saint-Stanislas. Au cours de cette exposition, Fabergé est remarqué par Alexandre III qui lui commande des boutons de manchettes en forme de cigales. Une des pièces de Fabergé présentée lors de l'exposition était une réplique d'un bracelet en or du IV Eme siècle av. J.-C. Faisant partie du trésor des Scythes exposé à l'Ermitage. L'empereur déclara qu'il ne pouvait pas distinguer le travail de Fabergé de l'original et ordonna que les objets de la Maison Fabergé soient présentés à l'Ermitage comme des exemples superbes de l'artisanat russe contemporain. (Wikipédia)


Bracelet dont parlait l'Empereur dans le texte précédent :  Ce bracelet en or à décor Scythe a été réalisé par Erick Kollin d'après une des pieces du Trésor de Scythes découvert dans la seconde moitié du XIX Eme siècle. Ce furent les reproductions de bijoux appartenant à ce trésor qui rendirent célèbre Fabergé et attirèrent l'attention du Tsar Alexandre III

1885 : Férus d’histoire de l’art et fins connaisseurs des musées européens, les Fabergé ont pu admirer des œufs splendides offerts à Louis XVI ou à la grande Catherine II de Russie. Lorsque Carl Fabergé évoque l'idée avec le tsar, et lui précise que chaque œuf contiendra une surprise. Celui-ci, piqué au vif, veut savoir quelle sera la surprise que l'orfèvre lui réserve. « Je ne peux vous en dire plus, Majesté, rétorque Fabergé avec malice, mais je peux assurer que vous ne serez pas déçu ».


Collection Vekselberg.

C'est en 1885 que Fabergé va créer le premier oeuf de Paques pour l'impératrice Maria Feodorovna, intitulé "L oeuf ou la Poule" réalisé par Kollin  En or émaillé blanc opaque, à l'intérieur un cœur en or mat pour représenter le "jaune", puis une petite poule en or ciselé les yeux sont en rubis et a nouveau à l'intérieur (comme dans les poupées russes) une petite couronne impériale incrustée de diamants.

Ce fut le premier des cinquante œufs de Pâques créés pour la famille impériale.

Cette année-là, la Maison obtint une médaille d'or à l'exposition de Nuremberg, pour avoir reproduit les pièces du trésor des Scythes qu'avait exécutées Erik Kollin.

Fabergé est alors appelé "l'orfèvre de sa majesté impériale et de l'Ermitage"

La collection a été un énorme succès : en 1884, elle a été présentée à New York. Musée métropolitain d'art ; en 1885, il obtient la médaille d'or à l'exposition des beaux-arts de Nuremberg ; et en 1887, la collection a été exposée à la Great Northern Exhibition de Copenhague.

L'autre commande d'une extrême importance de Kollin était l'œuf de poule : c'était le premier des cinquante œufs de Pâques impériaux créés pour la famille impériale russe. En 1885, Alexandre III a commandé ce cadeau à Fabergé pour son épouse l'impératrice Maria Feodorovna, enthousiasmée, l'Impératrice fit naître une tradition de commander ces cadeaux commémoratifs chaque année.

1885: Revue des Arts décorataifs



La Russie n'a qu'un exposant, mais c'est plaisir de voir ses ouvrages : comme Castellani qui imita les bijoux grecs et étrusques, comme Christesen qui copiait les fibules scandinaves, comme Tiffany qui fit les fac-similé du trésor de Chypre, rapporté par le général Cesnola.
Carl Fabergé a commencé, pour l'empereur de Russie, la reproduction des antiquités du Bosphore cimmérien. Vous qui, à Saint-Pétersbourg, avez vu le remarquable musée de l'Ermitage, vous apprécierez mieux que personne l'excellence des modèles. Il ne s'agit pas d'une réédition galvanique comme celle qui est au Kensington Museum, mais d'une copie à la main, où l'ouvrier imite l'œuvre de l'ouvrier, où le ciseleur s'inspire de 1'oeuvre du ciseleur, ou d'or fin, on refait ce qu'a fait d'or fin l'artiste grec. A peine dans quelques bijoux, obéissant au caprice impérial, Faberge a-t-il approprié aux besoins modernes la parure antique, le beau couvre-oreille que vous connaissez et dont vous avez retrouvé la tradition conservée chez les femmes du Caucase, le couvre-oreille de Kertsch est devenu
un pendant de col, les bracelets ont reçu les perfectionnements modernes. C'est, pour l`archéologue, un ennui, mais il n'en est pas moins vrai que ces antiques bijoux qu'Athènes envoyait aux rois scythes, en échange des blés mûrs, restent ici les plus originales, les plus ingénieuses, les plus aimables et les plus jolies entre toutes les parures nouvelles. 

1886 : Michael Perchin entre chez Fabergé en devenant premier Maître.

1887




Ce n'est qu'en 1887 qu'est ouverte la succursale de Moscou avec un associé "Allan Bowe"

1888: IX Eme centenaire de la conversion de la Russie au Christianisme.  Diplôme spécial à l'Exposition Nordique de Copenhague, il est hors concours.

1890 : Carl agrandit ses locaux de Saint Pétersbourg et ouvre une filiale à Odessa.

1892: 


Seau à Rafraichir aux éléphants en vermeil 33 cm de diamètre, de Saint Pétersbourg


C'est une louche en Vermeil de Moscou en 1892

1893 : Mort de Gustav Fabergé à Dresde et un an après la mort de Alexandre III . Arrivée au pouvoir de Nicolas II qui épouse Alix de Hesse. Celle-ci va ainsi devenir  l'impératrice  Alexandra Feodorovna.

Eugene Fabergé rejoint l'affaire de famille

1895 : Mort d'Agathon le frère cadet de Carl

1896 : Dans le journal "Le Ralliement"


Dans le Journal "Le Ralliement"


Le panier de Muguet de Fabergé


L'oeuf "Lilies" est un autre cadeau de l' épouse de Nicolas II, et produit dans le style Art nouveau ou Art nouveau que l'impératrice adorait. 
En outre, le muguet - un symbole de pureté féminine. Le couple impérial a donné naissance à deux filles en avril 1898, peu de temps avant la construction de l'œuf. Leurs portraits, ainsi qu'un portrait de l'empereur, forment un trèfle, qui tourne vers le haut lorsque l'œuf est ouvert.
Musée Fabergé, Saint-Pétersbourg, Russie.

Couronnement de Nicolas II
1896 Fabergé a longtemps été associé aux œufs de Pâques impériaux produits pour les tsars Alexandre III et Nicolas II, mais ceux-ci ne représentent qu'une fraction de la production de ses ateliers. L'étroite association de son entreprise avec la famille impériale russe a conduit à la création de bijoux et d'objets officiels époustouflants pour commémorer le couronnement de Nicolas II en 1896, des centaines de cadeaux de présentation offerts aux chefs d'État et aux dignitaires en visite, et des dizaines d'œuvres produites pour honorer le couronnement de Nicolas II (Géza Von Habsbourg) 

1897


1897 : L'œuf du Couronnement fabriqué par Michael Perchin et Henrick Wigström de Saint Pétersbourg pour Fabergé.
Le carrosse est en or, platine, émail rouge, diamants, rubis et cristal de Roche.




Dans la presse en 1897 liste des personnages célèbres en villégiature à Menton (France)


C'est un cadeau de la Tsarine Alexandra Feodorovna  à son époux le Tsar Nicolas II pour Paques 1897
Avait été revendu par la maison Christie's.


1898

Fabergé s'agrandit et acquiert de nouveaux locaux au 24 rue Bolchaïa Morskaïa.


Louche art nouveau entre 1900 et 1908. L'écrin original note Saint Pétersbourg en vermeil, email et pierres fines.

1899


Fabergé fabriqua de nombreux étuis à cigarettes, ces cinq étuis sont en or rose et datent de 1899



Canneberge, fin des années 1800-début des années 1900. Cabinet de Peter Carl Fabergé Calcédoine, jade, cristal de roche, or ; hors tout : 11,5 x 4,8 cm. The Cleveland Museum of Art, The India Early Minshall Collection 1966.446 Canneberge naine ou Airelle : Email couleur rouille sur or et blanc laiteux pour des baies non mures jusqu'a rougeâtre pour représenter les très mures



Les Myosotis
Par Peter Carl Fabergé années 1800-début des années 1900
Turquoise, diamants, cristal de roche, vermeil ; hors tout : 8,9 x 3,1 cm


Pour arroser toutes ses fleurs, il faut un arrosoir, celui-ci  est de Henrik Wigström, pour Fabergé.
Il est en néphrite, or, émail rouge fraise, et diamants.

 

Pensée par Peter Carl Fabergé 

Pansy, fin des années 1800 - début des années 1900. Maison Peter Carl Fabergé. Or, jade, émail, cristal de roche ; hors tout : 11,8 x 4,8 cm The Cleveland Museum of Art, The India Early Minshall Collection 1966.438 Cette étude florale miniature faite d'or, de jade et de cristal de roche capture parfaitement l'essence d'une pensée en fleur. Ces œuvres sont portables et peuvent être exposées à l'intérieur pendant l'hiver au lieu de fleurs fraîches, une pratique commencée par Catherine la Grande et poursuivie par la dernière tsarine Alexandra, épouse de Nicolas II.    https://clevelandart.org/art/1966.438


Lily of the Valley, fin des années 1800-début des années 1900. Maison de Fabergé. Perles, diamants, jade, cristal de roche, argent, or ; hors tout : 12,1 x 3,1 cm. The Cleveland Museum of Art, The India Early Minshall Collection 1966.443

Ces fleurs délicates sur des tiges en vermeil comprennent cinq disques de turquoise finement arrondis placés autour d'un diamant taille rose. L'influence de Fabergé pour ces fleurs proviendrait des arrangements floraux en pierres précieuses réalisés dans les années 1700 pour Catherine la Grande et de l'art japonais de l'arrangement floral, connu sous le nom d'Ikebana. La vénération orientale pour le monde naturel peut être considérée comme une source d'inspiration pour la plupart des objets de la Maison Fabergé.


1899: Julius Rappoport pour Fabergé. Vase en quartz fumé et vermeil

1900 : Les travaux se terminent et Fabergé emménage dans ses nouveaux locaux, mais à la même adresse ce sont aussi son appartement privé, ses ateliers et plusieurs habitations pour ses Maîtres Orfèvres.

Année où Fabergé recevra le titre de Maître, et la Légion d'Honneur

Exposition Universelle de Paris en 1900



L'Art à l'Exposition Universelle de 1900



Canne en pierre dure et palissandre dans le goût de Fabergé, début XXe siècle, revendue par Sotheby's

Le manche fuselé en cristal de roche sculpté d'un compartiment tubulaire contenant un ours en quartz rose à collerette d'or et petits yeux en pâte rose, des bordures en brou d'or bicolore ciselé de chaque côté de la collerette en émail guilloché translucide vert pâle, au-dessous d'une bordure en entrelacs ciselée, le manche en palissandre, pointe en os, apparemment sans marque
88cm., 34⅝in. haute ; la poignée 8.4cm.,





Oeuf de Pâques Impérial avec le Chemin de fer transsibérien : Michael Perchin, pour le magasin de 
Saint-Pétersbourg, Hauteur (œuf) : 26 cm - Longueur (traine) : 39,8 cm
La partie bol en argent, large bande d'argent, gravé de la carte de Moscou à Vladivostok avec les gares du Transsibérien.
Marqué de pierres précieuses. Inscription :  "Chemin de fer sibérien en 1900". Larges bandes vertes en haut et en bas Émail guilloché. Sous la base triangulaire en onyx, sur trois griffons avec bouclier et épée portant l'œuf. Ornements d'or.
Le transsibérien Express se compose d'une locomotive en platine avec rubis phares et feux arrière en diamant.
Les cinq voitures en or gravés « Fumeurs », « Mesdames », la dernière voiture étant une église 
Provenance : Oeuf de Pâques offert par le tsar Nicolas II à sa femme en 1900.


Exposition Universelle de Paris 1900


Oeuf impérial avec le Palais Gatchina, 1901, fabriqués par Michael Perchin pour le magasin de   Saint-Pétersbourg, Hauteur 12,5cm. Or, nœuds en émail rouge et verts guirlandes de laurier.   Jointures en perles attachées, château de Gakschina . 
Schlolš Gatchina était la résidence préférée la tsarine Marie Feodorovna.
Provenance : Présent du tsar Nicolas II à sa mère Marie Feodorovna, 1901 -


REVUE DE LA BIJOUTERIE  1900-09 Une critique sévère
Bibelots dignes d'intérêt : voici, par exemple, une série d'œufs de Pâques en émail et or, cadeaux princiers, sans utilité pratique définie, qui abriteront leur qualité dans de somptueuses vitrines. Il en est un, décoré avec du muguet, qui appartient à S. M. l'Impératrice Alexandra. Les feuilles en émail, mêlées aux fleurettes de perles, sont d'un goût délicat ; nous adresserions peut-être un reproche à la disposition gerbes, au nombre de quatre qui sont trop collées sur l'oeuf. Nous eussions préféré trois pieds au lieu de quatre, des feuilles terminées par des volutes banales, enfin que l'oeuf sortit de
toutes disposées sans symétrie.
Nous voyons également des branches de muguet tout en fils d'or, piquées dans la mousse ; l'ensemble
L'ensemble de la part de l'ouvrier une patience et une habileté remarquables sans art ni sentiments décoratifs ; cela nous reporte à la remarque laite précédemment : nous avons sous les yeux une photographie en couleur de la nature, sans que l'artiste y ait imprimé son cachet personnel.
Un autre oeuf, de style Louis XV, sur jaspe sanguin, contient un vaisseau minuscule en or et platine avec gréement et mâture. Ce petit objet, exécuté par M. Holmstroem, représente une année de travail ; nous n'aimons pas beaucoup la patine, les ornements extérieurs de l'oeuf, un peu criards comme tonalité, ni les roses serties au milieu de la rocaille. Puisque M. Fabergé demeure un admirateur fidèle des styles français, nous croyons qu'il aurait pu sans peine choisir dans chacun d'eux des ornements moins connus et aussi heureux. 
Voici un cœur en émail, sur la surface duquel sont disposées des miniatures ; sur ivoire, représentant les membres de la famille impériale. L'idée de ce bibelot est charmante, le mécanisme en est ingénieux, mais, comme la plupart des autres bijoux, il possède plutôt le caractère et l'aspect extérieur d'un jouet que ceux d'un objet d'art, et c'est d'autant plus regrettable que l'exécution, bien que compliquée, est irréprochable.
Parmi les objets plus sérieux, un de ceux qui nous plaisent le plus est un carnet Louis XVI, en émail transparent avec des reflets chair, et des tons mordorés de plumes fantastiques, le fond laisse voir, entaillées sur pailIons d'or, des fougères d'une légèreté si exquise que l'on attribuerait volontiers ce travail à des doigts de fée.


Diadème de Fabergé présenté en 1900 à l'exposition universelle.



1901 :  environ   pièce d'orfèvrerie en argent, vermeil, et pierres fines, dans la tradition de la vieille Russie en l'honneur des "Bogatyrs" qui étaient des guerriers légendaires de la Russie Médiévale



Fabergé a fabriqué un grand nombre de cadres photographiques, celui-ci est un cadre psyché a deux faces.
 Il est en argent bois de chêne, pierres de lune. Il aurait été fabriqué par Hjalmar Armfeldt pour Fabergé.
D'un côté il y a la photographie du Tsar Nicolas II et de son cousin à Cowes le futur Roi d'Angleterre Georges V et de l'autre Alexandra Feodorovna.



Service à thé et café, 1895-1915. Maison de Fabergé (russe, 1842-1918), attribuée à Feodor Ivanovitch Rückert (russe, 1840-1917). Argent doré, émail cloisonné opaque; Le Cleveland Museum of Art, la collection India Early Minshall : proviendrait du palais Alexandre, Tsarskoïe Selo.



Je trouve que le style de cet étui à cigares est à rapprocher du service à Thé et café cité au-dessus
Boîte à cigares, v. 1896-1908. Maison de Fabergé, attribuée à Feodor Ivanovitch Rückert (russe, 1840-1917). Argent vermeil, émail, saphir serti d'or ; 20,2 x 13,5 x 4,2 cm. The Cleveland Museum of Art.

Les artisans de Fabergé à Moscou se sont faits connaître pour leur travail dans le goût pan-slave ou néo-russe, rappelant les styles de décoration folklorique russe du XVIIe siècle. Dans cette boîte surdimensionnée pour cigares ou tabac en vrac, Fabergé a utilisé la technique pour mettre en valeur un symbole de la royauté impériale, le paon lissant, ici rendu dans des teintes brillantes d'émaux bleus et verts.

1901 :

LES DÉCORATIONS DE L'EXPOSITION A TITRE ÉTRANGER

La liste des décorations faites dans l'ordre dela Légion d'honneur à titre étranger à l'occasion de L'Exposition de 1900 est aujourd'hui arrêtée. Le Journal officiel publie ce matin les noms des étrangers, promus ou nommés, qui habitent la France ; les autres noms ne sont pas, suivant l'usage, publiés au Journal officiel. La liste ci-dessous n'est complète que pour quelques-uns des pays qui ont participé à l'Exposition. Nous publierons prochainement les décorations attribuées aux autres pays.

Fabergé, orfèvre-joaillier. Comme Chevalier
Revue de la Bijouterie Joaillerie de 1901

 
   Revue de la Bijouterie Joaillerie de 1901
                      

1901 Victor Champier dans la Revue des Arts Décoratifs


En Russie, il n'y aurait rien à signaler si la présence du joaillier de la cour, M. Fabergé, n'apportait une note d'art des plus ingénieuses et des plus délicates. Ce n'est pas tant dans la pure joaillerie, dans les diadèmes éclatants et magnifiques, dans les ornements de corsage et les pendentifs symboliques que M. Fabergé fait preuve d'un talent original et chercheur.

Collection de Harry Woolf, homme d'affaires londonien dispersée par Christie's, tout est de Fabergé

C'est surtout dans les bijoux d'un caractère spécial et qui sont faits moins pour orner la personne que pour répondre à un usage, à une destination intime, qu'il sait faire preuve des plus rares qualités d'invention. On a beaucoup admiré, par exemple, à l'Exposition, les délicieux objets exécutés par M. Fabergé pour les membres de la cour impériale de Russie, et qui, selon la coutume du pays ; sont donnés en cadeaux de Pâques : ce sont autant de petits chefs-d'oeuvre, d'une exécution et d'un goût absolument parfaits, qui ont émerveillé les connaisseurs. Parmi ces objets, on se rappellera' avec plaisir certain oeuf de Pâques en néphrite, lequel, ouvert au moyen d'un ressort, donne passage à un petit chevalet mobile, en or, émail et diamants : c'est un cadeau offert par l'empereur Nicolas à sa mère l'impératrice douairière. Sur le chevalet est comme posé un cœur en émail, et sur ce cœur, entre les tracés en brillants du chiffre de l'impératrice, apparaissent d'autres petits cœurs émaillés marqués chacun d'une initiale qui est celle des enfants et petits-enfants de la veuve d'Alexandre III. L'idée est exquise, d'un sentiment pénétrant, et elle est rendue avec tout le charme imaginable. Deux ou trois autres cadeaux du même genre, exposés dans la vitrine de M. Fabergé, ont paru d'un mérite égal à celui-ci.


Coupe à Vin, 1896-1906. Maison de Fabergé , attribuée à Feodor Ivanovitch Rückert (russe, 1840-1917). Vermeil, émail, cabochons, chrysoprases, cornalines ; hors tout : 8,3 x 20,4 x 12,7 cm . Le Cleveland Museum of Art,
1902 : Exposition des Oeufs de Paques Impériaux dans le palais du grand-duc Vladimir à saint Pétersbourg
Un inventaire, très détaillé, des œufs de Fabergé se trouve sur Wikipédia, le consulter sur https://fr.wikipedia.org/wiki/%C5%92uf_de_Faberg%C3%A9



L'oeuf  Fabergé de Rothschild r
evendu par Christie's a été fabriqué en 1902

Oeuf émaillé et monté sur socle en or de différentes couleurs ornées de bijoux, incorporant une horloge et un automate de Karl Fabergé, maître d'œuvre Mikhail Perchin, Saint-Pétersbourg, daté de 1902. Le corps en argent ovoïde dans l'ensemble émaillé en rose translucide sur moiré guilloché au sol, le devant avec un cadran circulaire en émail blanc avec des chiffres arabes bleus, un anneau des minutes bleu et une décoration dorée de feuilles et de guirlandes stylisées et des aiguilles dorées ajourées, le cadran en verre dans une lunette sertie de perles de rocaille avec un loquet de pilier et une charnière montée avec quatre perles, le corps divisé par une bande centrale de perles de rocaille montées avec des jantes à baies de feuilles raides gravées d'or, le revers avec un panneau circulaire à charnière de rondelles de laurier ajourées et de motifs géométriques cachant le mécanisme de l'horloge, avec deux ouvertures d'enroulement en dessous ( sans les couvercles à charnières).

Le dessus de l'Oeuf surmonté d'un panneau ajouré feuillagé à charnière semblable entouré d'une bande feuillagée suspendant huit guirlandes et pampilles feuillagées nouées d'un ruban de perles rocailles, le panneau révélant un automate coq en or émaillé translucide polychrome serti rose-diamant à col articulé et ailes, en vert, rouge et jaune ombragés, sur un support élévateur circulaire ajouré au-dessus du mécanisme en laiton et acier, avec deux autres ouvertures pour actionner le mécanisme.

La base de l'œuf appliquée avec un calice ajouré à feuilles rigides d'or gravé, la tige en forme d'émail translucide rose avec un émail d'huître et une bande de cordage torsadé d'or au-dessus de quatre pulvérisations de feuillages gravés d'or avec une couronne de feuilles rigides attachées par un ruban en dessous et plus loin clos d'un double bandeau de feuilles raides, sur un socle en forme de carré, les faces concaves à réserves guillochées roses translucides appliquées de trophées amoureux, floraux et musicaux d'or, clos d'une bordure huîtrée translucide, les angles appliqués de volutes de feuilles rigides d'or suspendant gouttes feuillagées, une guirlande feuillagée en ruban d'or au pied, le tout entre des bordures façonnées appliquées de motifs de rosaces et de feuilles raides, sur des pieds circulaires comprimés, la base gravée et datée 'K. Fabergé 1902'

Les montures estampillées 'Fabergé' en cyrillique, initiales du maître d'œuvre de Mikhail Perkhin [Perchin], titré 56 pour Saint-Pétersbourg, 1899-1908


1902: Revue des arts décoratifs

  

Tasse de style Rococo vers, elle est en Bowenite.

C'est en 1903 que Arthur Bowe ouvre la filiale Fabergé au Berners Hotel de Londres, c'est aussi la mort de Michael Perchin.



En 1903 environ l'atelier de Dessin de Saint Pétersbourg


1903 environ l'atelier de fabrication de Saint Pétersbourg.


1903 un cambriolage chez Fabergé


Le Nouvelliste de l'est

1904 Fabergé est invité par le Roi de Siam



 RARE DIADÈME AIGUE-MARINE ET DIAMANTS, FABERGÉ revendu par Christie's

Neuf aigues-marines piriformes graduées, anciennes, diamants taille coussin et rose, 1904, circonférence intérieure 29,0 cm, non signées, griffure no. 73828 Il provient de la Grande-duchesse Alexandra de Mecklembourg-Schwerin, née princesse Alexandra de Hanovre et de Cumberland (1882-1963) De là par descendance

1905 : Fabergé va ouvrir une succursale à Kiev.


A gauche, c'est un porte timbres du Maharajah en cristal de roche, or, émail rouge et blanc, diamants, grenats poinçonné Fabergé et fabriqué par Michael Perchin pour Saint Pétersbourg en 1905 environ.

1906 : Ouverture à Londres d'une filiale au 48 Dover Street Elle sera gérée par Nicola Fabergé et H.C. Bainbridge.


C'est un Briquet : 


Oeuf de paon présenté par l'empereur Nicolas II à l'impératrice douairière Maria Feodorovna à Pâques 1908, fabriqué par le maître d'œuvre Henrik Wigstrom pour Fabergé, 1907 - 8, Saint-Pétersbourg


Propriété d'une collection privée américaine revendue par Sotheby's
Une boîte en émail ornée de bijoux Fabergé, maître ouvrier Feodor Afanassiev, Saint-Pétersbourg, 1908-1917
La surface émaillée de blanc huître translucide sur guillochage soleillé bandé, le couvercle centré des initiales CB ou SV serties de diamants taillés en rose sur une réserve circulaire, bordure et pouce sertis de diamants, frappé des initiales du maître d'œuvre et de Fabergé en cyrillique, 88 la norme
Largeur 5,9 cm, 2¾ po.



Tabatière, Fabergé, 1908 – Royal Collection Trust © Sa Majesté la Reine Elizabeth II 2021



Diadème style Art Nouveau, en or rouge diamants, et platine vers 1908 env

1909



Ces colliers sont difficiles à dater mais je pense que c'est environ aux alentours de 1909, la plupart des œufs sont signés de Kollin pour Fabergé

1910 : Fabergé ferme son magasin de Kiev


Un couple de colombes en platine dit l’amour éternel de Nicolas pour Alexandra. Les quatre chérubins en argent doré évoquent les quatre filles des souverains. Quant au cupidon au sommet de l'oeuf émaillé proprement dit, qui fait horloge à rotation, il incarne le tsarévitch. Tous les assassinés de la maison Ipatiev réunis en un seul objet d’art. Tragique ironie, qui n’empêche nullement Mary de Teck d’offrir cette Colonnade à George V, en 1931. https://www.pointdevue.fr/lifestyle/joaillerie/les-tresors-russes-des-windsor
George est le petit-fils de la reine Victoria et du prince Albert, et le cousin germain du tsar Nicolas II et de l'empereur allemand Guillaume II

1911:


La filiale de Londres va être transférée au 173 de new Bond Street à Londres

En 1903, Encouragé par les visites de la reine Alexandra d'Angleterre, Consuelo Vanderbilt, duchesse
De Marlborough (1902), Lady Sackville et Lady Diana Cooper à Saint-Pétersbourg.
Fabergé installe Arthur Bowe à Londres en 1903, Arthur Bowe a été envoyé de Moscou à Londres pour établir une base commerciale pour Fabergé à l'hôtel Berners. En 1906, l'entreprise avait ouvert une autre succursale en Russie à Kiev et la succursale de Londres a été déplacée au 48 Dover Street, qui était dirigée par le fils de Carl, Nicholas, aux côtés d'Henry Charles Bainbridge.  
Lady Paget a organisé un bazar de charité avec des œuvres de Fabergé au Royal Albert. 
1906/07, lorsque Henry Bairzbridge et Nicholas Fabergé logent au 46 Dover Street voisin, le succès était assuré. En 1908, Carl se rendit de Londres à Paris qui, trois ans plus tard, déménagea au 173 New Bond Street. En 1914, la Seconde Guerre mondiale éclate et affecte gravement les affaires. Le magasin de Bond Street a été fermé en 1915. Les échanges se sont poursuivis discrètement pendant encore quelques années jusqu'en 1917, date à laquelle le stock restant a été vendu à Lacloche Frères.  À la succursale de Londres se trouvaient les modélistes Frank Lutiger et Alfred Pocock



Tous les grands joailliers actuellement sont dans New Bond Street, et c'est Chanel qui actuellement est à la place de Fabergé, seuls les balcons sont restés.


L'Oeuf à l'oranger il est en or, émail blanc et vert, néphrite diamants, citrines, améthystes, rubis, perles, agates plume. C'est le poinçon de Fabergé de 1911


L'oiseau de l'œuf à l'oranger, la surprise consiste en un oiseau mécanique qui sort du feuillage et qui chante lorsqu'on appuie sur le bon fruit.



Vers 1912 Dessin d'un vase avec des fleurs en or avec les feuilles en néphrite.


1912 Kamer Kazak, ou cosaque de chambre, Nikolai Nikolaievich Pustynnikov, garde du corps personnel de l'impératrice Alexandra Feodorovna, réalisé par le maître d'œuvre Henrik Wigstrom pour Fabergé, 1912, Saint-Pétersbourg



Fabergé, canne à pommeau en forme de tête de bouledogue français, la gueule amovible et les yeux en grenats.
Chef d'atelier Julius Alexandrovitch Rappoport , bague en or 56 kokochniks Moscou, argent 88 kokochniks Saint-Pétersbourg, 1908-1916, H 11 cm


Cette canne impériale de Fabergé est en Séraphinite très foncée, en vermeil avec de petites émeraudes.



Ce sont des cannes exécutées pour Fabergé par Michael  Perchin, et Julius Rappoport

1915


Entre 1914 et 1915, Capitaine du 4 Eme quadrille des lanciers de Harkov.
Lapis Lazuli, agate brune et rose, obsidienne, or, argent, émail noir et jaune et saphirs, Travail de Henrik Wigström pour Fabergé

1917 :  Début de la révolution d'Octobre à Petrograd en effet Saint Pétersbourg avait été rebaptisée Petrograd (Петроград) de 1914 à 1924, puis Léningrad (Ленинград) de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d'origine à la suite d'un référendum en 1991.

La maison va être gérée par un "Comité des employés de la société Karl Fabergé.

C'est le joaillier Lacloche qui va acquérir la succursale de Londres

1918


Karl Fabergé va fuir sous protection de l'ambassade Britannique la Maison est fermée définitivement.


En 1918 Karl est à Wiesbaden sa femme Augusta est à droite, il est en fauteuil roulant

Il quitte illégalement Saint-Pétersbourg déguisé en courrier de l'une des ambassades étrangères, et se rend en train jusqu'à Riga. Peu de temps après, il fuit en Allemagne : il s'installe à Berlin, mais la révolution y commence aussi en novembre 1918 Fabergé déménage à Francfort-sur-le-Main, puis à Hombourg puis à Wiesbaden, où il s'arrête finalement. Fabergé ne s'est jamais remis des événements révolutionnaires qui l'ont choqué. Pendant ce temps, il répète souvent : « Il n'y a plus de vie ». En mai 1920, son cœur tombe malade. Lorsque sa santé s'est quelque peu améliorée, sa famille le déplace en Suisse dans les environs du lac Léman, connu pour son climat sain. (Wikipedia)

1920

Karl arrive à Lausanne en juin 1920, et décède à Pully le 24 septembre 1920.


Tombe de Karl Fabergé au cimetière de Cannes en  France


1924 


The Chicago Tribune : Miss Astor


Dans "The Paris Time", un aperçu de la mode de 1925, pour Fabergé voir en bas à gauche GEORGETTE

1926

Naturalisation d' Alexandre Jules Fabergé pour cinq ans

1929


Les Cendres de Karl sont transférées à Cannes par son fils ainé Eugène. Sur sa pierre tombale il est écrit Charles Fabergé


1932 Dans la revue Europe.
Au printemps de 1915, lorsque des troupes dépourvues d'armes reculèrent sur toute la ligne du front, il fut décidé dans les sphères gouvernementales, non sans une certaine pression des Alliés, de faire appel à l'initiative de l'industrie pour les fournitures de l'armée. A cet effet fut constituée une Conférence spéciale qui se composa, avec des bureaucrates, d'industriels désignés parmi les plus influents. Les Unions des Zemstvos et des Villes qui s'étaient créées au début des hostilités, ainsi que les Comités des Industries de Guerre, formés au printemps de 1915, devinrent les points d'appui de la bourgeoisie dans sa lutte pour la victoire et pour le pouvoir. La Douma d'État, s'étayant sur ces organisations, devait se manifester avec plus de hardiesse, comme intermédiaire entre la bourgeoisie et la monarchie,
De larges perspectives politiques ne détournaient cependant point l'attention des pesants problèmes d'actualité. De la Conférence' spéciale, réservoir central, des dizaines, des centaines de millions qui s'additionnèrent en milliards, furent distribués par des canaux ramifiés, irriguant abondamment l'industrie, satisfaisant au passage une multitude d'appétits. A la Douma d'Etat et dans la presse, certains bénéfices de guerre pour 19151916 furent portés à la connaissance du public : la Compagnie du Textile qui appartenait aux Riabouchinsky, libéraux moscovites, avouait 75 % de bénéfice net ; la Manufacture de Tver en était même à 111. % ; les Laminages de cuivre de Koltchouguine, dont le capital était de 10 millions, avaient gagné plus de 12 millions en un an. Dans ce secteur, la vertu patriotique était récompensée généreusement, et, notons-le, sans délai.
La spéculation en tout genre et le jeu en Bourse atteignirent leur paroxysme. D'immenses fortunes, s'élevèrent sur une écume de sang. Le pain et le combustible manquèrent dans la capitale : cela n'empêcha pas le joaillier Fabergé, — fournisseur attitré de la Cour impériale, — d'annoncer superbement qu'il n'avait jamais fait de si bonnes affaires. Vyroubova, demoiselle d'honneur de la tsarine, relate qu'en aucune saison précédente l'on ne commanda autant de parures luxueuses, l'on n'acheta autant de diamants que pendant l'hiver de 1915-1916. Les boîtes de nuit étaient surpeuplées de héros de l'arrière, d'embusqués et, plus simplement parlant, d'honorables personnages qui étaient trop âgés pour aller au front, mais encore assez jeunes pour mener joyeuse vie. Les grands-ducs ne furent pas des derniers à participer au festin donné en temps de peste (1).
(1) Allusion à un poème célèbre du grand poète russe Alexandre Pouchkine.

1938


Nouveauté, Modes ouvrages


Dans le journal L'Echo d'Alger
1939


1949

Istambul


Publicité de Lombard pour du Fabergé

1949 AGATHON, LE FILS DE CARL

Le deuxième fils de Carl, Agathon, s'est installé en Finlande et a étudié la philatélie. La première femme d'Agathon s'installe en Suisse ; elle avait une maison d'hôtes et plus tard un élevage de poulets et deux de ses fils ont émigré au Brésil. Le troisième fils d'Agathon a travaillé pour ses oncles à Paris puis est retourné travailler pour le joaillier Lombard de Genève ; il mourut en 1982 laissant une fille Tatiana née en 1930 et célibataire. Le quatrième fils Igor est mort sans enfant en 1982. Le cinquième fils Rurik est mort sans enfant vers 1978.

2002 dans le Bulletin de l'Armée du salut:
En 1884, Alexandre III commande à Cari Fabergé un œuf de Pâques pour la tzarine Maria, son épouse. L’œuvre d’art est d’un raffinement extrême, faite d’émail translucide avec des incrustations d’argent, d’or, de pierres précieuses... L’œuf, d’une taille de 10 cm environ, contient une surprise, tenue secrète jusqu’au jour de Pâques.
Et quand le Tsar cherche à percer le mystère, Fabergé réponde invariablement : « Votre majesté sera satisfaite. » Le joaillier renouvelle la prouesse chaque année. Nicolas II et son fils Alexandre perpétuent la tradition. D’autres œufs commémorent de grands événements. La collection comporte en tout cinquante-six œufs impériaux, d’une valeur inestimable. Ces œuvres d’art sont rassemblées au musée du Kremlin ou encore dans quelques collections privées, comme la cour d’Angleterre, ou aux États- Unis.
L’œuf dit «de la Résurrection » est certainement l’une des réalisations les plus remarquables. On y voit le Christ sortant du tombeau, entouré de deux anges. L’objet est serti de perles et de diamants. Mais l’émerveillement n’empêche pas de s’interroger sur la piété des têtes couronnées, alors que le Christ n’eut que des épines pour ceindre son front... Les richesses princières étaient perçues comme un affront fait à l’immense pauvreté des masses populaires. Et comme l’étalage de richesses creuse de plus en plus le fossé entre ceux qui sont nantis et ceux qui n’ont rien, on peut comprendre les révolutions ! D’ailleurs, un de ces révolutionnaires n’a-t-il pas dit que la révolution est la sage-femme de l’histoire ? « Prends patience, petit peuple, disait la religion d’alors, ici-bas tu as peu, au ciel tu auras beaucoup !» L’histoire montre que les «petits peuples » en ont assez d’attendre ce ciel-là ! Pâques c’est la révolution du ciel, où Dieu, lui aussi, est en dispute avec la terre. A cette terre qui meurt, il offre le Ressuscité comme unique espoir, unique porte vers la vraie révolution, celle de l’être intérieur. Rien ne changera, annonce l’Évangile, à moins que nous découvrions cette révolte céleste qui ouvre les tombeaux quels qu’ils soient. Dieu, qui a dit « non » à la mort, à Pâques, dit « OUI » à la vie. Joyeuses Pâques alors ! Et dans le vrai sens du souhait.



Scandale en Russie : le musée de l’Ermitage accusé d’exposer de faux œufs de Fabergé

La revue Connaissance des Arts et d'autres ont écrit que les musées peuvent regorger de faux oeufs de Fabergé


Quels sont les « Fauxbergé » en question ?

Mikhail Piotrovsky l’a bien souligné lors de son discours d’ouverture, cette exposition est la première consacrée à Fabergé à se tenir à l’Ermitage depuis 1993. Quelle fut donc la surprise et l’indignation d’Andre Ruzhnikov d’y découvrir « non seulement des objets douteux et controversés mais aussi des faux évidents, même pour des personnes sans connaissances approfondies sur Fabergé ». La liste des incohérences s’allonge de plus en plus au fil de la lettre. Ruzhnikov évoque d’abord L’Œuf du Dixième anniversaire de mariage entre Nicolas II et son épouse, Alexandra Fedorovna, daté de 1904, « alors que tout le monde sait que Fabergé n’a pas produit d’œufs en 1904 et 1905 à cause de la guerre russo-japonaise ». Les miniatures des époux ont manifestement été réalisées récemment, à partir de photos prises en 1906, rajoute-t-il. L’Œuf de Pâques à la poule est également considéré par le marchand comme la copie grossière d’une pièce appartenant au musée Fabergé de Saint-Pétersbourg, situé à 20 minutes de marche de l’Ermitage. Le comble de l’horreur fut pour lui de découvrir qu’une « montagne de théières, seaux, pots, bols et autres objets en laiton et en cuivre venant directement de la déchetterie de la ville [était] attribuée à Fabergé ».

https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/scandale-en-russie-le-musee-de-lermitage-accuse-dexposer-de-faux-oeufs-de-faberge-11152488/


Si vous avez des commentaires?? richard.jeanjacques@gmail.com


Prochain article:  les Fabricants de Fabergé"