mercredi 18 décembre 2019

Eugene Jacta et Georges Jacta.

Je n ai jamais trouvé aussi peu de documentation sur une famille de Joailliers et pourtant, ils furent importants, alors!!! Peut être que cet article encouragera des possesseurs de documents à bien vouloir les partager?



Cette broche ovale en or avec un chérubin dansant en relief sur un fond ciselé et un compartiment vitré au revers se trouve au British Muséum.  Le musée date cette broche de 1880, peut être, mais il convient de noter que Georges Jacta va passer quatre années après la guerre de 1870 à Londres, alors?....




MAISON JACTA, RUE DE LA PAIX
Bracelet souple en or jaune dans le goût étrusque fait de quatre joncs doubles tressés appliqués de six disques bombés à décor de grènetis et de filins cordés encadrant une demi perle fine. Dans son écrin de la Maison Jacta & Cie. Deuxième moitié du XIXe siècle. Long. : 17,5cm. Poids brut : 50,1 g. 
Joailliers Français entre 1815 et 1893. Exposé à Londres en 1862, obtient une récompense pour sa joaillerie et pour les bijoux de genre étrusque à filigrane d'or.

Eugene Jacta travaille de 1834 à 1836  a l étranger , en allant se perfectionner en Allemagne, en Italie et surtout en Suisse.
En 1837 il est commis de vente chez Lecointe puis directeur -gérant chez Janisset. voir :  https://www.richardjeanjacques.com/2017/09/janisset.html
En 1846 il s'installe au 21 boulevard des Italiens , mais transfère son magasin au 17 rue de la Paix en 1848.




En effet ce fut plus qu'une crise, une révolution: 
La révolution française de 1848, parfois dénommée « révolution de Février », est la troisième révolution française après la Révolution française de 1789 et celle de 1830. Elle se déroule à Paris du 22 au 25 février 1848.
Sous l'impulsion des libéraux et des républicains, une partie du peuple de Paris se soulève à nouveau et parvient à prendre le contrôle de la capitale. Louis-Philippe, refusant de faire tirer sur les Parisiens, est contraint d'abdiquer en faveur de son petit-fils, Philippe d'Orléans, le 24 février 1848.
Le même jour, dès 15 heures, la Deuxième République est proclamée par Alphonse de Lamartine, entouré des révolutionnaires parisiens. Vers 20 heures, un gouvernement provisoire est mis en place, mettant ainsi fin à la Monarchie de Juillet.
Cette révolution sera suivie des Journées de Juin réprimées dans le sang (5 700 morts).


Hans Nadelhoffer dans son si beau livre sur Cartier a écrit:

A partir de 1848  Eugène Jacta  installe lui aussi son affaire au 17 rue de la Paix comme Louis françois Cartier, il a la clientèle de la princesse Mathilde et de l impératrice ainsi que celle de la cour impériale de Russie.   Sa Maison est reprise en 1868 par Eugene Bassotet en 1886 Edgard Morgan.


Depuis 1867  Cartier qui est encore au boulevard des italiens, reçoit des briquets en argent de Jacta et plus tard des bonbonnieres en or   ainsi que des flacons , des tabatières en or et émail de style Louis XVI

l'Exposition universelle de Londres en 1862.
De même le Jury "félicita Messieurs Rouvenat, Petiteau, Marret et Beaugrand, Meller et Jacta pour leurs produits en Joaillerie qui leur font le plus grand honneur et tendent à conserver à Paris la réputation d'être source de bon gout"

Mais commençons par Eugène JACTA.
Henri Vever est très précis: 
Une des maisons auxquelles on s'adressait pour les bijoux distingués fut la maison Jacta, fondée par Eugène Jacta (1815-1893).Le grand-père était vigneron aux environs d'Épernay. Fils d'un avocat champenois, mort subitement en laissant quatorze enfants, Jacta, qui était le plus jeune, fit son apprentissage chez Crouzet père, le fabricant bijoutier 
réputé dont nous avons déjà parlé. Vers 1834, désireux de se perfectionner, il partit à pied, sac au dos, suivant l'usage d'alors, et travailla en Allemagne, en Italie, et surtout en Suisse, à Genève, qui était un centre important de fabrication.
Revenu en France en 1836, il passa quelque temps chez Jacquet, fabricant bijoutier (père du peintre actuel Gustave Jacquet), qui, l'ayant pris en grande amitié et lui ayant reconnu des aptitudes spéciales pour la vente, lui conseilla d'abandonner l'atelier où il ne pouvait avoir qu'un avenir limité. C'est ainsi qu'il le fit entrer comme commis chez Le Cointe, joaillier de la famille d'Orléans; Eugène Jacta ne quitta cette honorable maison que sur les instances très vives de Janisset qui lui offrait, indépendamment de certains avantages matériels, la place de premier employé. Le Cointe l'ayant engagé à accepter d'aussi belles conditions, Jacta resta chez Janisset comme directeur gérant jusqu'en 1846.
A cette époque, très encouragé par la haute société protestante, il s'établit en appartement, boulevard des Italiens, au n° 17 (devenu aujourd'hui le n° 25), et épousa Mlle Achard, fille et petite-fille de négociants en diamants. 



Dans l annuaire des 3200 notables , en 1885 figure toujours la famille de la femme d'Eugène Jacta

Ayant pris, en 1848, un petit magasin rue de la Paix, 17, il dut l'échanger en 1862 pour un plus grand, dans la même maison. C'est que, depuis ses débuts très modestes, sa maison avait prospéré graduellement; déjà, en 1855, il avait participé à l'exposition du Palais de l'industrie, où il est signalé pour « un diadème d'étoiles. en brillants avec résille ». Grâce à la recommandation du Comte de Nieuwerkerke, il était devenu fournisseur de la Princesse Mathilde, puis de l'Impératrice Eugénie et de l'Impératrice de Russie.Des personnalités influentes s'étaient intéressées à lui, entre autres l'éminent avocat Berryer, ancien collègue et ami de son père, et le marquis H. de la Rochejacquelein, qui avait gardé un souvenir reconnaissant des services rendus à sa famille pendant la grande Révolution par l'avocat Louis Jacta.
Eugène Jacta avait de jolis modèles dont il était très jaloux. Connaissant sa grande susceptibilité sur ce point, les ouvriers du quartier et même certains fabricants se faisaient un malin plaisir, pour le taquiner, de s'arrêter ostensiblement, à l'heure du déjeuner, devant la devanture de son magasin, rue de la Paix.


Les grands Boulevard en 1865  le Boulevard des Italiens est au fond

Jacta, qui faisait sentinelle, mobilisait aussitôt ses employés et tous, munis de grandes feuilles de papier de soie préparées à l'avance, se précipitaient pour cacher l'étalage aux indiscrets, dont la joie ne connaissait plus de bornes lorsqu'ils étaient parvenus à lui faire recommencer ce manège plusieurs fois de suite.
En 1862, Jacta exposa à Londres et y obtint une récompense pour sa joaillerie et pour des bijoux de genre étrusque à filigrane d'or, alors tout nouveaux. La fortune semblait lui sourire, lorsque divers événements fâcheux vinrent le surprendre, notamment la mort imprévue, en 1867, de son protecteur, le marquis de la Rochejacquelein. Il dut céder sa maison l'année suivante à Léon Bassot, auquel succéda à son tour M. Edgar Morgan en 1886. (L'aménagement intérieur du magasin est resté tel que Jacta l'avait installé en 1862.)
Jacta termina sa carrière commerciale en appartement, rue Basse-du-Rempart, 26, non sans sans avoir rempli son devoir de Français en 1870, s'engageant, malgré ses 55 ans, dans l'artillerie volontaire. Il suivait en cela l'exemple de son père qui, bien que royaliste convaincu, avait pris part, comme soldat de la République, à la bataille de Jemmapes, en 1792. Eugène Jacta, envoyé au fort de la Briche, se comporta bravement sous le feu de l'ennemi et fut blessé à la jambe.




René Lalique entre en apprentissage à seize ans chez le bijoutier Louis Aucoc et suit parallèlement les cours du soir de l'Ecole des arts décoratifs. Il poursuit son éducation artistique de 1878 à1880 à Londres (cours de dessin) et fréquente assidûment les musées.
De retour à Paris, il entre comme dessinateur chez un de ses parents le bijoutier Vuilleret, puis en 1881, chez Auguste Petit. Il s'installe comme dessinateur en chambre et travaille comme pour de grandes maisons de joaillerie, Jacta, Aucoc, Cartier, Renn, Gariod, Hamelin, Destapes etc. Il suit des cours de modelage, s'associe avec Varenne, qui place ses dessins chez les fabricants -bijoutiers sous le nom de Lalique et Varenne.





 Georges Jacta, né en 1848, fut mis en apprentissage à 15 ans, chez Lepage; rue Monconseil, qui fabriquait le bijou et la joaillerie d'or. Il en sortit en 1868 pour entrer dans la maison paternelle. Pendant la guerre de 1870, il prit part, comme garde mobile, aux opérations du siège de Paris, assistant aux combats de Châtillon, du plateau d'Avron, de Montretout, du Bourget, où il fut blessé à la main et proposé pour la médaille militaire.
Après la guerre, il partit pour Londres, et y séjourna quatre ans ; il acquit de nouvelles connaissances professionnelles, tant chez un bijoutier italien très habile, nommé Rinzi, que par la fréquentation assidue de l'atelier de M. Prégnot, dessinateur français pour ameublement, très apprécié, et aussi par ses visites au Kensington Muséum, où il dessinait, le soir, en compagnie de Galland. 

En 1875, G. Jacta revint à Paris pour être chef d'atelier chez Auguste Lefebvre, rue du Grand-Chantier, qui fabriquait surtout de la joaillerie pour l'exportation ; enfin, il entra comme dessinateur et employé chez Gabriel Jarry ainé, dont il reprit la maison en 1879. Il continua le genre de cette maison, qui exécutait de la belle bijouterie d'or : boucles de ceinture, châtelaines, trousses, étuis, miroirs de poche, face à main, pommeaux de cannes, etc. Un peu plus tard, vers 1891, il fit des bijoux importants, entre autres des colliers et des collerettes, tissées en dentelles de fil d'or avec applications de joaillerie ; mais le grand travail que nécessitait leur exécution n'était pas en proportion avec le résultat obtenu. Venu en 1887 rue du  Quatre-Septembre, puis en 1899 rue des Pyramides, Georges Jacta perfectionna continuellement sa fabrication de petite orfèvrerie d'or et de bijouterie de fantaisie, qui a un cachet de distinction et de fini très apprécié.
Il n'est peut-être pas inutile de dire ici quelques mots sur la maison de Jarry aîné (Gabriel), lequel n'avait aucun lien de parenté avec son homonyme, associé de Marret.



Suite
Cette maison avait été fondée en 1826 par Monthiers, fabricant de pommeaux de cannes, de tabatières, de lorgnons et autres objets d'optique, exécutés principalement en argent et dans le genre assez ordinaire répandu à cette époque. Vers 1846, Monthiers la céda à Calle qui, pris de peur au moment de la Révolution de 1848, la vendit à Gabriel Jarry et s'adonna à l'agriculture.
Jarry aîné était alors premier commis chez Caillot et connaissait bien « la place ». Secondé par un contre-maître capable, nommé Devitte, il éleva le niveau de fabrication de la maison, entrant même en concurrence avec FromentMeurice. Il fit, à l'occasion de l'Exposition de 1855, un grand effort qui lui valut une médaille d'argent, ce qui était très beau pour un début, et lui acquit une certaine notoriété. Le rapport officiel signale : « un guéridon en argent, avec dessus de mosaïque en lapis, pièce composée ae trois entants a mi-corps, soutenant un cornet d'abondance. Charmant aspect ; ciselure et maind'œuvre d'une grande perfection, bandeau en doublé d'or, d'une admirable pureté de lignes. Un porte-cigares très ingénieux. »
A l'Exposition de Londres, en 1862, il obtint de nouveaux succès et quelques grosses commandes d'orfèvrerie d'or pour l'Orient. Mais Jarry ne s'en tint pas à l'orfèvrerie artistique, il apporta tous ses soins à la petite orfèvrerie d'or : bonbonnières, flacons, étuis, glaces à main, pommes de cannes et d'ombrelles, dont il fournissait les principales maisons de Paris, entre autres Verdier, boulevard de la Madeleine, et Laurent, au Palais-Royal. Nous venons de voir comment la maison Jarry aîné passa aux mains de Georges Jacta.




A vingt ans Georges Jacta était assez rebelle





Georges Jacta (né en 1848)
Coupe, Laiton et émail plique-à-jour, Poinçon de l'orfèvre Date de création : 1890-1900, H 11,5 cm revendue par la maison d enchères Piasa

Il avait donc repris les fabrications de Jarry , mais a partir de 1890 il va fabriquer des articles plus importants,  comme des colliers et collerettes en dentelles de fil d'or et pierres précieuses.

Il va participer aux expositions internationales de Chicago en 1893,de Saint Louis en 1904, de liège en 1905 ou il obtient un grand prix.





1900 en juin, la Vicomtesse de Réville répond dans son journal a Georges Jacta
Je dis que les réclamations elles-mêmes sont une démonstration évidente de l'utilité de cette Revue Pratique et j'en trouve la preuve dans celle formulée par M. Jacta, au lendemain même de l'apparition du numéro spécimen.
Si l'on s'en souvient, la Revue avait publié la photographie d'une nouvelle montre-châtelaine, très en vogue aux Etats-Unis, et elle appelait l'attention des fabricants français sur ce bijou présenté comme étant de fabrique américaine. Or, tout en rendant hommage à la rapidité des renseignements de la Revue, M. Jacta nous apprend que cette montre châtelaine a bien été fabriquée pour les Etats-Unis, mais.... dans ses propres ateliers, à Paris.
N'est-il pas intéressant de faire connaître, comme l'a fait la Revue dans la circonstance, que les créations de nos fabricants, vendues à l'étranger, paraissent être lancées ensuite,par le même étranger, comme une création personnelle? Cette manière de faire est un préjudice véritable causé à l'art français, c'est une usurpation de la légitime réputation dont il jouit depuis des siècles.





En 1902 Jacta est directeur de l 'école de bijouterie, ce n'est pas incompatible avec son métier , de fait en 1960 quand j'étais à l école rue du Louvre, c'était un orfèvre Mr Ansselin qui était le directeur



Ayant succédé à Jarry, georges Jacta  continua cette spécialité



Jacta était membre du conseil de la chambre syndicale de la B-J-O.




Etonnante, mais intéressante proposition  de Georges jacta  au sujet de ce que nous appelons désormais les hydravions.




De tous temps les joailliers ont  été les victimes de vols





Poinçon de Georges Jacta

Si vous avez des documents, des photos des bijoux JACTA, je suis preneur à : richard.jeanjacques@gmail.com

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Rue de la Paix en 1923

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