lundi 2 août 2021

Egyptomanie ou Egyptophilie? cette passion déclenchée par Bonaparte et qui ira jusqu'a la fin des années 30

Les Bijoux de l'Egyptomanie


Bonaparte découvrant les momies

L'Egyptomanie fait référence  au regain d'intérêt européen pour l'Egypte antique à partir de 1787 ("voyage en Egypte et en Syrie de Volney),mais surtout à partir de la campagne d'Egypte de 1798 à 1801 de Bonaparte, initiée par Talleyrand., en effet c'est  à partir du récit " Voyage en Égypte et en Syrie "(1787) et des Ruines, ou Méditations sur les révolutions des empires (1791) que le ministre des  relations extérieures incite le général Bonaparte à conduire la campagne d'Égypte de 1798 à 1801. De son retour de l'expédition d'Égypte, Vivant Denon rédige son "Voyage dans la Basse et la Haute-Égypte" publié en deux volumes en 1802 et qui a connu quarante rééditions au cours du XIX ème siècle

En 1798, la France et l'Angleterre sont en guerre : Bonaparte, général des armées, rêve d'attaquer la Grande Bretagne par le biais d'une expédition en Egypte, sultanat de l'empire ottoman idéalement situé sur la route des Indes. Cette expédition permet au Directoire d'éloigner un homme dont les succès militaires et la popularité sont jugés politiquement dangereux. Bonaparte quitte Toulon, en mai 1798, avec plus de 300 navires, 40.000 hommes et 170 savants, ingénieurs, écrivains et artistes.

C'est le départ d une grande aventure, mais aussi d une mode qui se développera et se régénérera  jusqu'à  la veille de la seconde guerre mondiale. 
Après l article que j avais consacré a Emile Philippe:

J ai voulu  écrire sur cette mode qui aura une si grande influence, je m'en tiens aux bijoux, pas seulement à Cartier par exemple,  mais aussi à plusieurs artisans qui créèrent de magnifiques pièces



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C'est la " pierre de Rosette" qui est un fragment de stèle gravée de l'Égypte antique portant trois versions d'un même texte qui a permis le déchiffrement des hiéroglyphes au XIXe siècle. L'inscription qu'elle comporte est un décret promulgué à Memphis par le pharaon Ptolémée V en 196 av. J.-C. 
Le décret est écrit en deux langues (égyptien ancien et grec ancien) et trois écritures : égyptien en hiéroglyphes, égyptien démotique et alphabet grec. La pierre a une dimension de 112,3 × 75,7 cm et 28,4 cm d'épaisseur. La stèle est en granodiorite, sorte de quartz. 
La première traduction du texte en grec est réalisée dès 1803. Il faut cependant attendre près de vingt ans avant que le déchiffrage des hiéroglyphes ne soit annoncé par Jean-François Champollion, à Paris, en 1822, Les principales étapes de déchiffrement ont été : la reconnaissance que la pierre comporte trois versions du même texte (en 1799) ; le fait que le texte en démotique retranscrit phonétiquement des noms étrangers (1802) et que le texte en hiéroglyphes fait de même et comporte d'importantes ressemblances avec le démotique (Thomas Young, 1802) ; enfin, la compréhension que le texte en hiéroglyphes utilise des caractères phonétiques également pour écrire des mots égyptiens (Champollion, 1822-1824). 



Tiré du livre "La Description de l'Egypte

La Description de l'Egypte est le résultat de la collaboration des savants, artistes et techniciens qui suivirent Bonaparte en Egypte. C'est l'ouvrage le plus monumental jamais consacré à un peuple. Monge et Denou en furent les maîtres d'œuvre.

Bonaparte avait prévu la publication de l'ouvrage mais la campagne d'Egypte s'étant mal terminée, il laissa le brillant général Kléber sur place et rentra en France. On peut donc attribuer la paternité de la Description de l'Egypte à Kléber qui, le 19 novembre 1799, créa la Commission des Arts et des Sciences, comprenant 165 savants chargés de recueillir tous les renseignements propres à faire connaître l'Egypte ancienne et moderne. Naturalistes et dessinateurs célèbres apportèrent également leur contribution comme Jacques Barraband, Pierre-Joseph Redouté, Geoffroy Saint-Hilaire ou encore Jules-César Savigny.





 "La Description de l'Egypte", a été commencée en 1803 et a pris plus de vingt ans pour être éditée. Comprenant 844 grandes planches gravées, dont beaucoup en couleurs.



La Description de l'Égypte est la première encyclopédie consacrée exclusivement à l'Égypte : elle se compose de textes de descriptions et de mémoires, illustrés par des volumes de planches. Les articles et les illustrations présentent l'Antiquité et l'Histoire moderne de l'Égypte sous différents aspects : architecture, agriculture, langage, musique, costume, sociologie, médecine, histoire naturelle, et une cartographie détaillée. Au moment de sa publication, c'est la plus grande œuvre imprimée et son influence est énorme, établissant l'égyptologie comme une discipline intellectuelle et inspirant la passion pour l'art de l'Égypte antique dans le monde occidental




A partir de la Campagne de Napoléon en Egypte et son retour en France, des objets, des bijoux, des monuments , des livres vont être consacrés a cette "Egyptomanie" par exemple la Fontaine du Palmier qui se trouve place du Chatelet.

Cette fontaine fut commandée en 1806 par Napoléon Ier à Emmanuel Crétet son ministre de l'intérieur, pour commémorer ses victoires (Lodi, Arcole, Rivoli, Pyramides, Mont Thabor, Marengo, Austerlitz, Ulm, Iena, Eylau, Dantzig, Friedland) et pour délivrer de l'eau potable gratuite aux Parisiens. Le projet fut dirigé par l'ingénieur François-Jean Bralle.


Fontaine du Chatelet

Terminée en 1808, elle a la forme d'une colonne ornée au sommet de feuilles de palmiers, d'où son nom. Elle est surmontée d'une Victoire en bronze doré brandissant les lauriers de la victoire, œuvre du sculpteur Louis-Simon Boizot appelée "La Renommée de Boizot" mais aussi "La Victoire de Boizot " 
la statue actuelle est une copie installée en 1898, l'original se trouvant dans la cour dite de la Victoire du musée Carnavalet depuis 1950. La base de la colonne porte quatre statues, allégories de la Vigilance, de la Justice, de la Force et de la Prudence, également œuvres de Boizot.
Dans le 2ème arrondissement, dans un petit quartier se trouvent, la Rue du Nil, Place et passage du Caire, rue d’Aboukir… Ce quartier de la « petite Egypte », fut construit à partir de 1806, il suffit de lever la tête pour voir de nombreux  détails égyptiens: la façade place du Caire, des hiéroglyphes et gravure passage du Caire, des colonnes de style égyptiennes etc..



Même en province l influence de cette Egyptomanie  fut importante, ainsi à Clermont Ferrand, la pharmacie Gros.



Léon Gros, professeur à l'Ecole de médecine et de pharmacie de Clermont-Ferrand, propriétaire depuis le début du XXe siècle d'une pharmacie place Delille, était également passionné par la civilisation égyptienne. Il demanda en 1921 à son ami l'architecte clermontois Louis Jarrier (1862-1932) de concevoir pour sa pharmacie une devanture à l'égyptienne. Jarrier fit notamment appel aux mosaïstes Gentil et Bourdet.




J ai trouvé peu de bijoux en revanche des débuts de l'Egyptomanie, cette bague C'est un "scarabée"
A la bataille de Dresde en Aout 1813, le cheval de Napoléon fut tué sous lui par un boulet de canon. Napoléon était superstitieux , entres autres, il avait un porte bonheur en forme de Scarabée, ramené d'Egypte et qu'il portait sur lui. Il fit tailler le scarabée ci-contre dans le boulet de canon, un fil en or rose faisant office de corps de bague, et l'offrit à sa maitresse Marie Walewska (La bague appartient toujours à l'un de ses descendants.)




Marie est née après la révolution Française, le 7 décembre 1789 à Varsovie, on la marie avec un vieux comte,  Athénase Walewski qui a 70 ans alors qu'elle a 15 ans. 
Lorsqu'elle rencontre Napoléon, le 1/1/1807 elle a 18 ans, elle est blonde, elle a les yeux bleus, elle est patriote, des amis l'ont poussée à accepter les avances de Napoléon au nom du sacrifice pour l' indépendance de la Pologne. 




Constant Wairy, le premier valet de chambre de l'empereur dit dans ses mémoires (facilement consultables sur e-books) " Son caractère charmait l'empereur, et la lui faisait chérir tous les jours davantage" et pendant que Joséphine se morfond à Mayence , leur liaison est passionnée. Elle a eu un fils de lui, Alexandre. Elle était certainement sincère dans son amour pour l'empereur puisqu'elle l'avait rejoint à l'ile d'Elbe , et Napoléon refusa qu'elle le suive à Sainte Hélène. Veuve, elle épouse en 1816 un cousin éloigné le Comte d'Ornano, mais elle meurt en couche en 1817.



1836 Obélisque de la concorde

C'est Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, en signe de bonne entente qui, avec l'accord du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, offre à Charles X et la France au début de 1830 les deux obélisques érigés devant le temple de Louxor. Le président François Mitterrand, annonça officiellement le 26 septembre 1981 que la France renonçait définitivement à prendre possession du deuxième obélisque, resté sur place, restituant ainsi sa propriété à l'Égypte.




En échange des obélisques, Louis-Philippe Ier offre en 1845 une horloge en cuivre qui orne aujourd'hui la citadelle du Caire, mais qui, pour l'anecdote, ne fonctionna jamais, du moins aux dires des Cairotes, ayant été probablement endommagée lors de la livraison.



1840  Fontaine en fonte Laquée

 Certains ont préféré au "renouveau Egyptien" l' appellation  "style néo-égyptien" ,  de toutes façons c'est un goût qui a captivé l'imagination des bijoutiers occidentaux et de leurs clients des années 1860 aux années 1930. Évoquant des trésors exotiques exhumés des tombes royales égyptiennes, les bijoux ornés de motifs symboliques et talismaniques tels que scarabées, fleurs de lotus, sphinx et ibis assuraient une protection contre le mal et la promesse de la vie éternelle.



Atelier Castellani  1860 au MAD
Parure de style égyptien - Ateliers Castellani Italie - vers 1860 - Agate, onyx, faience, émeraude, or et écaille - Musée des Arts décoratifs Paris



Le mouvement s'accélère, un exemple ce beau bracelet de la Maison Boucheron dans le goût de l'Egypte.



Ci dessus une gravure représentant la vitrine de Baugrand à l exposition universelle de 1867, quand on connait la qualité des fabrications de Baugrand .....Ce devait être splendide




Sur une plaque de cristal de roche ovale bombée, un portrait de Pharaon, le visage et le haut du torse en émail orangé, avec diamants taille rose et émeraudes de diverses tailles, rubis sur la coiffure et le pourtour, , renforcée par des scarabées d'émeraude, perles, montée en or, Signé Gustave Baugrand La maison Christie's qui a négocié cette belle vente, a noté 1897 comme date de fabrication, je ne sais que dire, sinon répéter que Gustave Baugrand est décédé en 1870 et qu'après lui ce fut la maison Vever.




1870 très beau collier , inspiration égyptiennes or et céramique  de la maison Mellerio




La Maison Tadéma de Londres a revendu cette superbe Broche Pharaonique
Or Émail Améthyste Rubis Diamant. L  7,00 cm (2,76 pouces) |  L  2,20 cm (0,87 po)
Origine Française, vers 1870  littérature: cf. Bijoux de la Renaissance à l'Art Déco 1540-1940, Diana Scarisbrick, 2003, pages 154-155



C'est un collier Scarabé , la maison Tadéma de Londres , grâce à son poinçon nous indique que c'est une fabrication française, mais n'a pu relever le poinçon de Maître.  IL est en vermeil, faïence et émail

Henri Vever dans son tome premier  avait son avis sur ces modes prisées sous Napoléon

Sans doute, à plusieurs reprises, les modes, momentanément infidèles à l'Antiquité, s'inspireront des événements du jour, et, pour les élégantes de l'an VIII, il sera du suprême bon ton de porter des turbans à la Mameluck, des cachemires, des percales des Indes mises en faveur par la campagne d'Égypte.
Les bijoux seront alors des scarabées, des sphinx, des obélisques. Mais, en réalité, l'influence prépondérante à cette époque est celle de David. Ce peintre, chef d'école alors tout puissant, imprégna, si l'on peut dire, de son goût excessif pour l'antique tout ce qui se fabriqua à ce moment : les bijoux, les meubles, l'orfèvrerie, les bronzes, subirent sa loi
La réforme gagna jusqu'à la cuisine, où les plats durent changer de nom. « .Sur nos plateaux de dessert, dit un journal du temps, vous ne voyez plus des vases de fleurs, des cornets de dragées, mais une vue de Rome, un temple d'Egypte, un monument de la Grèce. Les enfants des bonnes maisons se ruent après dîner sur les plateaux ; ils dévorent le sommet d'une pyramide d'Égypte, la base du Mont-Aventin, une frise du temple d'Éphèse, et de cette manière ils apprennent la géographie en mangeant le dessert. »




1880 Revendu par Tadéma, cette très belle broche de Georges Fouquet intitulée " les trois crabes, elle est en or, plique à jour, émail iridescent, diamants et perle.
Il est en couverture du très beau et très utile livre de Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, imprimé par Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021 qui peut le livrer, ou chez Amazon.



1880 Scarabée en grenat sculpté par Menu pour Boucheron


Pour comprendre le "Renouveau Egyptien" il faut connaitre le symbole du Scarabée Insecte Sacré

Emblème du pouvoir royal, ou simple porte-bonheur, le scarabée était familier aux anciens Égyptiens. Au cours de la momification, il a même fini par prendre la place du cœur du défunt. Pour saisir le sens de cette étrange croyance, il suffit peut-être de regarder l'animal de près. Et de découvrir sa tête, en forme de demi-disque rayonnant, tel un lever de soleil, évoquant l'éternel recommencement.
C'est pour avoir trompé les dieux des enfers que Sisyphe fut condamné à un terrible châtiment : pousser en haut d'une montagne un gros rocher qui, juste avant d'atteindre le sommet, roulait jusqu'en bas. Un insecte coléoptère, le scarabée sacré - « bousier » amateur d'excréments partage la même destinée. Il repère une bouse fraîche, y pétrit une boule qu'il va ensuite faire rouler vers son antre en la poussant de ses pattes de derrière. Inlassablement, et quels que soient les obstacles.
On ignore si les Grecs se sont inspirés de l'étrange comportement de cet animal pour bâtir le mythe de Sisyphe. Mais on connaît, en revanche, l'incroyable fascination que celui-ci exerça chez les Egyptiens, et ce, dès l'aube de leur civilisation1. Pour eux, le monde, c'était cette oasis qui s'étend sur un millier de kilomètres, le long d'un fleuve, source de toute vie : le Nil. C'est lui qui fertilise les champs grâce à ses crues, qui permet le transport par bateau des denrées entre la haut ...Histoire .fr



British Muséum, Détails du diadème de Lady Granville ci- dessous



Fabriqué en 1884-5 pour Castalia Rosalind, comtesse Granville (1847-1938), seconde épouse du 2e comte Granville. En 1884, Lord Granville (1815-1891), en tant que ministre des Affaires étrangères, conclut le traité commercial anglo-portugais concernant le bassin du fleuve Congo. Selon la tradition familiale, l'ambassadeur du Portugal a souhaité marquer le traité en présentant un morceau de scarabée bijoux à Lady Granville. Lord Granville a refusé cette offre mais a permis à sa femme d'accepter les scarabées, qu'il avait alors montés pour elle.
La parure descend dans la famille Granville. Il a été acheté par Wartski, Londres, en 2011 et vendu en 2013 à la famille Hawkins, antiquaires de Londres et de Tasmanie, qui l'a prêté au Museum of Applied Arts & Sciences, Sydney (MAAS) en septembre 2013.

Vers 1897-98, René Lalique crée cette bague "Scarabée et lotus". L'inspiration égyptienne est aussi visible à l'extérieur (les scarabées symbolisaient le dieu solaire) qu'à l'intérieur ! 



Bague exposée au musée Lalique à  Wingen-sur-Moder


Dessin de Lalique vers 1897-98






Revendue par Thierry de Maigret
Une des épées d'honneur faites en commémoration de la bataille de Fachoda, dont une a été offerte par le journal La Patrie au commandant Marchand, en 1898; ces épées furent fabriquées par la maison Auger, orfèvre joailler à Paris, avec quelques variantes:
Garde en laiton, ciselée, dorée et ornée d'émaux cloisonnés; branche faite de deux crocodiles du Nil se faisant face, au milieu un scarabée en jade; les quillons droits se terminent par une fleur de lotus émail­lée; clavier ajouré représentant le pectoral de Ramsès II composé de l'oiseau à tête de bélier, enveloppant de ses ailes un cartouche marqué: “FASHODA” et en-dessous les déesses Nekhbet ou Oudjat, protec­trices de l'Égypte; la fusée figure la déesse Hator en pied, les parties du corps visibles laquées noir; contre-clavier articulé également émail­lé, ciselé des deux cobras royaux encadrant le disque solaire. Lame en damas losangée à gorges alternées de type 1882, poinçonnée au talon. Longueur 101 cm. (Sans fourreau).
Ces épées ont été réalisées d'après une composition de M. MARQUET de VAS­SELOT.




Le joaillier et orfèvre Alphonse Auger (1834-1904) a réalisé l'ornementation ciselée, dorée et émaillée de ces éléments ainsi que la taille des cabochons de leurs protège-doigts. Les lames étaient des exemples de celles fabriquées pour des officiers d'infanterie,  fabriquées par Coulaux à Klingenthal où à la Manufacture d'Armes de Chatelleraut.

La conception de la poignée montre que Marquet de Vasselot avait examiné de près l'art religieux égyptien antique. L'orfèvre et bijoutier Alphonse Auger partageait apparemment ses intérêts d'antiquaire. Avec René Lalique, il fait partie des joailliers français de style Art Nouveau connus pour avoir apprécié et s'être inspiré des bijoux de l'Égypte ancienne. Comme Marquet de Vasselot et Auger avaient travaillé ensemble à la création d'une épée de présentation pour le général Alfred-Amédée Dodds (1842-1922) cinq ans plus tôt, les conditions d'une collaboration réussie étaient vraisemblablement réunies lorsqu'ils se sont engagés dans la création d'une épée pour Marchand.




1900 environ, A vendre à la galerie Tadéma de Londres ce scarabée est de Guillemin frères en or, turquoises, émail, diamants et perles.


J ai écrit un article sur les Guillemin  que vous devez  consulter:


Tadéma de Londres a revendu ce collier et pendentif de 1899 fabriqué par Leopold Albert Marin Gautrait, pour Léon Gariod. Il est en or émail plique à jour, saphirs bleus et roses diamants et perles.
En 2015 désirant rectifier de grosses erreurs sur Gautrait , j ai écrit un article assez précis.
https://www.richardjeanjacques.com/2015/02/lucien-gautrait-ou-leopold-gautrait-ou.html



1900, or, émail, roses diamants, travail français


Même si Christie's lors de sa grande vente Lalique de 2017 à Genève ne l 'a pas précisé, je crois qu'on peut affirmer que cette bague de René Lalique avec ces deux feuilles de Lotus peut être rattachée au Renouveau Egyptien.



Etude pour cette bague de René Lalique en 1903-1904





La bague est en or avec de l'émail mauve ponctué de diamants taille ancienne. Lalique a serti un saphir violet qui après analyse du SSEF s'avère provenir des gisements de Ceylan. C'est certainement l'emploi de cette pierre qui a déterminé la couleur de l'émail



Alphonse Auger Becker:  1905-1910
Collier de style Egyptien en or et platine, diamants émeraudes et une opale



La Galerie Parisienne a revendu ce très beau bijou de  Auger:

Pendentif Egyptomania en or jaune et platine orné d'un scarabée naturalisé rehaussé de diamants taillés en rose, épaulé de 2 cobras ailés en émail bleu et translucide et surmonté de fleurs de lotus ciselées, en émail bleu ponctué de roses, tenant en pendeloque une amulette en forme de scarabée et gravée de hiéroglyphes. La chaîne en longs maillons ovales. Accompagné de son écrin à la forme, signé Auger.
https://lagalerieparisienne.fr/



Mon article sur les Auger: 




Broche néo-égyptienne Or Lapis Jaspe Stéatite L 7,00 cm (2,76 pouces) | L 7,40 cm (2,91 pouces)
Date env . 1900
La broche a été exécutée vers 1900 Scarabée en stéatite du Nouvel Empire vers 1550-1050 av. Scaraboïde en lapis d'époque, à tête d'Horus Hawk




Cette broche en or est composée d'un personnage agenouillé vêtu d'une coiffe égyptienne, de brassards et d'un pagne jouant une harpe à tête de faucon sertie d'une améthyste ovale sculptée en scarabée. Le personnage et la harpe reposent sur un socle soutenu par deux serpents enroulés. L'émail vert, bleu et rouge accentue la harpe, la silhouette et les serpents, et l'œil du faucon est un grenat démantoïde (vert). Le dos de la broche est délicatement gravé de détails faisant écho à ceux soulignés par les émaux sur le devant ; le revers de l'améthyste est gravé de symboles hiéroglyphiques. L'inscription « TB Starr » est estampée au dos de la plinthe.


Theodore B. Starr était l'une des entreprises de joaillerie et d'orfèvrerie les plus importantes et les plus influentes de la ville de New York à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. À l'origine en partenariat avec le bijoutier et orfèvre Herman Marcus sous le nom de Starr & Marcus, Theodore B. Starr a créé sa propre entreprise éponyme en 1877. Le travail de Starr était régulièrement et avec enthousiasme annoncé dans la presse. Le 18 mars 1880 The Independent publiait un article dans lequel "La Maison Theodore B. Starr" est décrite comme un établissement qui développe "une demande éduquée de 'beauté en usage''" et où l'on retrouvera "son goût et son intelligence stimulée."
Ce bijou est conservé au Métropolitan Museum of Art




Bague Vautour, Renouveau Egyptien fabriquée en France vers 1900 or, email, opale, perles, diamants
illustrée dans leur livre :
Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021, p. 270




Dans mon article sur Charles Rivaud: https://www.richardjeanjacques.com/search?q=charles+rivaud
J'avais écris " Cette bague unique et exceptionnelle surprend par son concept. Le serpent aux alliances sinueuses avec ses bandes d'émail vert champlevé a une affinité avec les anneaux égyptiens antiques, tout comme l'opale en cabochon du disque solaire Aten. Une création fabuleuse et pourtant digne de son époque, exemple d'art parfait.
Or et opale , diamant taille ancienne et roses poids 6grs80 poinçon de Charles Rivaud




Mais aussi Charles Rivaud marquait ainsi ses bijoux 




GEORGES FOUQUET (1862 - 1957) a fabriqué cette bague néo-égyptienne archétypale
Or, émail, rubis, diamants , aux environs de 1900 marquée 'G.FOUQUET'
Cette bague rare a toutes les caractéristiques d'un important bijou maçonnique français représentant le légendaire "premier architecte Imhotep " voir: Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021



Pendentif Or & émail, H 4.80cm L 3,80 cm vers 1900 France. Des marques Tête d'aigle et poinçon 'D & Cie' ce peut être Dalby ou Duschene. La monture en or élaborée avec portrait en émail de Cléopâtre




Épingle de cravate avec Pharaon stylisé, de Plisson et Hartz
Or, rubis, diamant: Des marques Marque du fabricant : "PH avec un chat".
cf. Vivienne Becker, Bijoux Art Nouveau, 1985, pl. 24 & 131, p.226 & 236.
Henri Vever, French Jewel: voir mon article sur eux.
https://www.richardjeanjacques.com/2020/10/bottentuit-bottentuit-et-plisson.html





Illustrations de "La Description de l'Egypte"



C'est la Maison Christie's qui avait revendu cette magnifique garniture de bureau vendue par la maison Boucheron, pour le Khedive (Vice roi d'Egypte) Ismail Pacha vers 1900, argent ét émail.






Métal argenté & émail Marque Piel Freres estampé Poids 24,00 grammes
Convient pour être porté comme un tour de cou ainsi qu'un fermoir à la taille.
La Maison Piel Frères remporte le grand prix de l'Exposition internationale de Paris 1900 tout comme Lalique, Boucheron & Vever.





Renaissance Egyptienne , bague française vers 1900, Bague Hippopotame en or, stéatite
H 1.70cm (0,67 in) | L 1,80 cm (0,71 po)
Lourde monture de lotus en or sculpté avec Hippopotame en stéatite émaillée, Egypte 19e dynastie



Même René Boivin en 1905 s'inspira de l' Egypte  pour cette bague Sphinx




PIEL FRÈRES
Boucle néo-égyptienne, Métal doré, émail & faïence
H 5.80cm L 8,60 cm Origine Français, ch. 1905
le poinçon de marque est celui de Piel Freres
La maison Piel Frères remporte le grand prix de l'Exposition internationale de Paris 1900 tout comme Lalique, Boucheron & Vever. Le scarabée est un symbole de renaissance et de bonne fortune.


Cette belle pièce est aussi de chez Piel Frères



Christie's a revendu ce collier en or de Lalique., c'est une ligne de Scarabée stylisés en verre bleu, poinçon de Maitre entre 1908-1910 et poinçons français.



Ne pas oublier Paul Gabriel Liénard (ici dans Art & Décoration en 1908) qui a beaucoup fait dans le bijou egyptomane. mon article.



Dessins de Cartier vers 1910





Henri DUBRET
Pendentif en or 750 millièmes revendu par Maitre Thierry de Maigret
Pendentif en or 750 millièmes, à décor égyptisant légèrement émaillé, retenant en pampille or 375 millièmes une pierre ornementale. Signé. Il est retenu par une chaîne en or 750 millièmes agrémentée d'un fermoir anneau ressort. Travail d'époque art nouveau. Poids brut: 30.50 g. Dim: 8 x 4.4 cm. Long: 56.5 cm.

Ce doit être en pendant, une malachite avec de l'azurite : lire mon article:
https://www.richardjeanjacques.com/2019/09/henri-dubret-fils-de-charles-dubret-et.html




Ce pendentif Pylone de Cartier date de 1913, diamants et Onyx, corniche en cavet, contenant un vase avec au centre un papyrus en bouton, formé d'un diamant poire d'où pendent des papyrus et des lys d'Egypte. Ainsi que l'a écrit Hans Nadelhoffer dans son merveilleux ouvrage sur Cartier.


Moulage en platre du bijou


suite: "La production de Cartier avant les années vingt confirme les présomptions selon lesquelles, même sans la découverte du tombeau de Toutankhannon, les années d'après-guerre auraient connu une inspiration égyptienne. ll est également prévisible qu'elle va muer en totale hystérie - " Tutmania " exploitée par l'industrie cinématographique et par le commerce de luxe aussi bien en Europe qu'en Amérique ,à partir du moment où la reine Élisabeth de Belgique, Lloyd George, Cécile Sorel et le maharadjah de Poona se rendent en pèlerinage sur le site du tombeau du pharaon, poursuivis par la presse. Les chemins de fer égyptiens inaugurent le "Toutankhamon Spécial " reliant Le Caire à Louqsor, à l'usage du flot de touristes américains et japonais. Une question se pose alors , serait-il possible que le pharaon ait le pouvoir de punir toute personne dont la conduite blasphématoire perturbe sa paix dans l'au-delà ? Selon l',ancienne croyance égyptienne, le Soleil descend chaque soir au royaume des Morts, où il triomphe des puissances des ténèbres, permettant aux défunts de prendre part au rayonnement de l'éternité pendant la nuit, pour, le matin, rajeuni, remonter à l'assaut des cieux. En fait, il semble que Toutankhamon prenne sa revanche sur la profanation de sa sépulture lorsque lord Carnarvon meurt, en 1923, d'une piqûre d'insecte.




Carter n'a pas encore découvert Toutankhamon, mais Cartier crée ce pendentif avec Pylone et Sphinx sur une commande de 1921, pendentif en forme de Pylone :voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pyl%C3%B4ne_(%C3%89gypte_antique)
avec corniche à cavet en onyx, contenant des fleurs de lotus en rubis et émeraudes sur fond de pavage en diamants surmonté d'un Sphinx en pierre de lune gravée, de rubis et d'émeraudes.



En 1913 René Boivin le Joaillier annonce son changement d 'adresse avec cette carte




Louis Comfort Tiffany n'est pas en reste vis a vis de ce mouvement néo egyptien, et compose ce collier en 1913



Des 1885 Tiffany commercialisait aux États-Unis des garnitures de cheminée style Egyptian Revival de fabrication française, Metropolitan Museum of Art, New York



Melle Lubowska dans Cléopatre

Vers 1920, le théatre et la danse s'emparèrent de la mode du renouveau Egyptien 


La Danse aussi  avec Maita Ossira




La couture et haute couture adoptèrent cette mode Egyptienne et la grande Madeleine Vionnet dessina des modèles à l'Egyptienne


Cette broche , marquée par la firme new-yorkaise Marcus & Co., présente une grande opale blanche sertie dans un cadre en or d'inspiration égyptienne avec un scarabée en haut, des figures égyptiennes sur chaque côté long et un ibis stylisé en dessous. Les ailes déployées et les fleurs de lotus sont ornées d'émaux rouges, bleus et verts. Cette pièce illustre le travail de Marcus & Co. dans le style néo-égyptien, un goût qui a captivé l'imagination des bijoutiers et de leurs clients des années 1860 aux années 1920
Avant d'établir Marcus & Co avec ses fils en 1892, l'immigrant allemand Herman Marcus (1828-1899) était employé par les prestigieuses sociétés new-yorkaises Tiffany & Co. et Black, Starr & Frost, et pendant un certain temps, il s'est associé à la bijouterie Theodore B. Starr. Il était connu pour avoir appliqué sa connaissance de l'art et de la mythologie aux bijoux créés par son entreprise, et à sa mort, un souvenir publié dans The Jeweller's Circular (25 octobre 1899, pp. 8-9) déclarait « Peu d'hommes parmi les bijoutiers de New York connaissent mieux leur métier qu' Herman Marcus.". 
Marcus & Co. est resté en activité jusqu'en 1942.



Publicité Sasportas des années 20




Sasportas était une belle maison dans les années 1920, j ai retrouvé l un des bracelets de cette publicité-réclame en haut à gauche, il a été revendu par la maison de vente "De Baecque"




Toute l industrie du luxe va s'engouffrer dans la brèche et produire aussi bien de la maroquinerie, des bijoux, des parfums comme Ramses ou Bichara dans des bouteilles de Baccarat.



Ramsès


Bichara



broche néo-égyptienne (Egyptian revival) datant des années 1920 : Elle est ornée du profil d'une Reine d'Egypte - coiffée de la couronne Neret représentant un vautour aux ailes encadrant le visage - et de deux fleurs de lotus stylisées. Elle est en or poinçonné 14K, décorée d'émaux polychromes et agrémentée de petits rubis et diamants. En vente sur Ebay


Corde fermant le tombeau de Toutankhamon , vous remarquerez à droite le sceau  qui prouvait que la tombe n'avait pas été ouverte

Les peintres aussi savent tirer parti des nouvelles découvertes de l'égyptologie et reproduisent des décors à l'ambiance pharaonique en les associant parfois à des épisodes bibliques, ils se libèrent du côté militaire de la campagne Napoléonienne.
Au cours du XIXème siècle, l'égyptomanie touche toutes les formes de création, de l'Opéra Aïda créé pour le percement du canal de Suez, aux peintures de style Pompier avec notamment Jean-Léon Gérôme (1824-1904), en passant par le mobilier, les cheminées mais aussi les arts décoratifs.
En novembre 1922, en pleine domination du style Art Déco, la découverte de la tombe de Toutânkhamon relance la mode de l'Egyptomanie, qui viendra alors envahir le monde de la mode et de la publicité.
Prenant le relais des grandes institutions muséales, le cinéma des années 1950, prenant modèle sur les peintres pompiers, met en scène sujets bibliques et sujets antiques dans le style de l'Egyptomanie. C'est le cas du célèbre film Cleopatra , production Hollywoodienne titanesque, longtemps considérée comme la plus chère de tous les temps, avec dans le rôle principale la belle Elizabeth Taylor.

Marc Maison: https://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/egyptomanie



Existe-t-il un plus bel exemple que Maria José de Belgique, future Reine d'Italie par son mariage avec Umberto II qui des pieds à la tête est "à l'Egyptienne" , et ce en 1923-24?
https://sydneyflapper.tumblr.com/




Au passage , je vous signale que pour le mariage de Umberto d'Italie avec Maria José de Belgique, en 1930, la mairie de Paris offrit à Maria José ce beau bijou de Georges Fouquet qui avait été dessiné par Jean Fouquet



Photographie de 1924 , Collier Scarabée provenant des archives de la Maison Cartier de Londres 



Cette broche intitulée "Le Scarabée ailé" a été éxecutée par l'English Art Works pour Cartier Londres afin d'être portée soit en broche, soit en boucle de ceinture



Aprés la découverte de Carter , de nombreuses marques de cigarettes reprirent le thème de l egypte


Boite de Cigarettes

Van Cleef & Arpels ne sont pas en reste avec l'Egyptomanie et ce sont des scènes peintes trouvées dans les tombeaux qui vont les inspirer dès 1923.
Les figures pharaoniques représentées de profil ou agenouillées s'agrémentent de symboles égyptiens tel, l'Ibis, le Scarabée, la fleur de Lotus le Dieu Horus, le Sphinx.
Ces bracelets sont en platine et or blanc monture à jour, diamants tailles brillant, rubis, saphirs, émeraudes plus des onyx taille suifée



Ce bracelet montre de VCA a été réalisé en 1924 et provient de l ancienne collection du Maharadjah d'Indore en platine, diamants taille brillant, rubis , émeraudes, et onyx taille suifée.



Ce bracelet aussi date de 1924. En platine, diamants taille brillant et roses diamant, saphirs, émeraude et onyx suifées



Sur ce bijou qui est une broche fabriquée en 1924, ce sont des scènes de pêche, En platine, diamants taille brillant et roses diamant, saphirs, émeraude et onyx suifées



1924 Cartier Publicité "Illustrated London"



Bouton de Manchettes de Jacot Guillarmod revendu par la maison Horovitz de Genève


en 1927 Jacot Guillarmod  est fabricant de bijouterie avenue du Maine



Son poinçon, insculpé en 1924



1924 Nécessaire avec figure dans une chapelle,  par la maison Cartier, en or, corail lapis lazuli, onyx et diamants avec personnage en faïence bleue jouant de la flute surmonté d'un lotus en corail onyx et diamants.




Pendentif néo-égyptien d'origine Allemande. en argent doré, émail plique-à-jour, scarabée en Faïence
L 5,60 cm | L 7,00 cm , env 1925 Des marques '800'




Tadema l a revendu , c'est une broche Scarabée ailé en argent perles et verre moulé et comme je ne connais pas cette maison allemande, j ai demandé à Sonya Smith de la Galerie Tadéma qui m a apporté ces précisions:
KNOLL & PREGIZER (fondé en 1879) Allemand
La famille de Theodor Eberhard Friedrich Knoll possédait une petite entreprise de bijouterie à Schwäbisch Gmünd. Il a suivi une formation d'orfèvre dans la ville voisine de Pforzheim où il a ouvert une petite entreprise. En 1882, il s'associa avec le joaillier Friedrich Pregizer et la société s'appelait alors Knoll & Pregizer. En 1907, Pregizer a démissionné de l'entreprise et les deux fils de Knoll, Carl et Theodor, ont pris la relève. Plusieurs générations ont continué à diriger l'usine qui s'est ensuite spécialisée dans la bijouterie fantaisie jusqu'en 1957, Erich Keller, le petit-fils de Carl Knoll, a fermé l'entreprise pour en ouvrir une à son nom.

Sonya m a indiqué ce site très intéressant.
https://knollpregizer.tripod.com/history-of-knoll-pregizer.html.




RENAISSANCE ÉGYPTIENNE .Parure Argent, émail, cornaline, calcédoine, turquoise
Origine allemagne , vers 1925
illustrée dans leur livre :
Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021, p. 272
Collections: acquises par les musées nationaux d'Écosse



RENAISSANCE ÉGYPTIENNE
Collier Barge Solaire. Or, cornaline, lapis lazuli, faïence égyptienne, corail, amazonite
Origine Britannique, vers1925 marques 'GK' '14ct'
Or émaillé, avec scarabée central & cornaline. La chaîne, avec des perles de lapis lazuli, faïence égyptienne, corail & amazonite. Le cartouche émaillé s'articule pour révéler un médaillon secret.
illustré dans :
Beatriz Chadour-Sampson & Sonya Newell-Smith, Tadema Gallery London Jewellery from the 1860s to 1960s, Arnoldsche Art Publishers, Stuttgart 2021, p. 273
cf. Bijoux des Pharaons, Bijoux égyptiens de la période dynastique, Cyril Aldred, 1971.




Bracelet en vermeil Email et Lapis L 6,90 cm L 6,60 cm origine allemande vers 1925 .

Bracelet du grand prêtre PI_NUDJEM II de la 21e dynastie de Thèbes, qui était le souverain virtuel de la Haute-Égypte, numéro de catalogue du musée du Caire 2089 .



Ce très beau bijou date de 1925 et vient de la maison Janesich.
Platine. Broche à broche allongée avec un motif de boucle couronnée d'une feuille de lotus. Serti géométriquement de 63 diamants taille ancienne et taille transition (au total environ 2,90 ct (H/I, si), cabochons d'onyx, 48 rubis naturels calibrés et 48 saphirs calibrés. Poinçons : platine parisien titre Pt950, « Janesich », numéroté 1708. H 8,5 cm. L 3 cm. Poids 15,75 g.
Janesich, Paris, vers 1925.



Cette  broche en platine de style égyptien Art Déco, a été revendue par la maison d'enchère Lempertz et dire que les mises à jour étaient faites à la main , sans traçage!!!!!




Cette montre en pendentif , platine, rubis, émeraudes onyx suifés, date des année 1925 et vient de la maison Lacloche 
Voir livre "LACLOCHE JOAILLIERS" de Laurence Mouillefarine et Véronique Ristelhueber



1925 Nécessaire Sarcophage Egyptien de Cartier , en or jaune , or rose, platine, le motif Egyptien en couvercle est en os gravé diamants taillé en rose et diamants taille 8/8 rondelles émeraude, émeraudes gravées, saphirs calibrés, onyx , email safran, bleu, vert, blanc et noir. L intérieur comprend un miroir déployant ave dos écaille, un peigne, un tube à rouge, un compartiment à cigarettes il a été vendu à Mr Blumenthal qui de banquier est devenu en 1905 administrateur du Métropolitan Muséum of Art.



Dessin pour l'étude du bijou

L' explication de Judie Rudoe ( assistant conservateur au British Muséum à Londres et historienne de la joaillerie est peut être un peut longue, mais vaut la peine d'être lue.

On pense aujourd'hui que le couvercle bombé en os est moderne, mais à l'époque Louis Cartier croyait avoir acheté à son antiquaire  une authentique pièce d'ivoire égyptienne (voir Snowman (ed.) 1990, p. 200). Il était sans  aucun doute destine à rappeler les couvercles en bois bombes surélevés sur quatre pieds des sarcophages égyptiens à partir de la 26 eme dynastie (voir C. Andrews, Egyptían Mummíes, Londres 1984, ill. 56). C'est peut-être de ces couvercles de sarcophage surélevés sur quatre pieds que vint l'idée du support commandé pour ce nécessaire par Mrs Blumenthal en octobre 1936, pres d'un an et demi aprés qu'elle l'eut acheté ; l'objet fut surélevé sur quatre pieds incrustés de saphirs au-dessus d'un socle revêtu d`un miroir afin que le dessous fût visible .  Le sphinx qui se trouve de chaque côté porte une coiffure royale avec pans décorés de bandes bleues et jaunes alternées, exécutés en saphirs montés en or. La frise de fleurs de lotus, de marguerites et de grappes de raisin qui borde les côtés peut avoir été copiée dans la Grammar of Ornament, pl. VII et VIII, publiée par Owen jones en 1856. Des frises similaires reproduites dans cet ouvrage de documentation y sont décrites comme reprises des sarcophages du British Museum et du Louvre. La scène de la base conjugue plusieurs sources d'inspiration différentes. Les personnages, généralement masculins, portant un panier sur la tête et des fleurs de lotus sur les bras sont fréquents dans les scènes de porteurs d'offrandes de l'Ancien Royaume. Mais les offrandes qu'ils portent sont toujours des aliments. L'ibis inclus ici n'est pas consommable, et ne figure pas dans les représentations égyptiennes de porteurs de  nourriture (bien qu'il ressemble plus à un grue, sa couleur est indéniablement celle d'un ibis). Le personnage féminin s'inspire de porteuses d'offrandes de la fin de la période ptolémaïque, cependant que l'ibis évoque peut être le poème de Thomas Moore, 
Seul un autre nécessaire similaire semble avoir été exécuté. Il fut vendu par Cartier  en janvier 1923. Le couvercle contenait une plaque d'ivoire sculptée sertie dans une structure en or émaillé représentant de chaque  côté deux colonnes avec des guirlandes lierre et des oiseaux au sommet.




Pendentif et Broches. Argent, émail plique-à-jour  Origine Allemagne, vers 1925 poinçonné  800/1000°



Une page merveilleuse de la Maison Antiquorum, qui a revendus ces bijoux magnifiques, Antiquorum les date de 1926, la montre pendentif et les pendants d'Oeilles sont de Lacloche, le bracelet est de Van Cleef & Arpels et la broche de Cartier. 



Toujours la maison Antiquorum qui a revendu, ce collier articulé en or jaune ajouré à décor de fleurs stylisées orné d'un motif central émaillé polychrome figurant un scarabée ailé sous un dais serti de lapis lazuli, rubis, et diamants taillés en rose. Il est orné de quatre motifs émaillés polychromes représentant des dieux égyptiens. Travail fin XIXème, début XXème , lapis lazuli, rubis and diamants , circa 1900 Poids: 71,7g 




1927: Nécessaire Cartier, or émaillé, corail, lapis lazuli, émeraudes et diamants montés sur platine avec plaque égyptienne de calcite gravée de chaque coté Sur le dessus Horus enfant portant un scorpion et un lion.


Ci dessus et ci-dessous: Broche divinité sur fleur de lotus réalisée par Cartier Paris pour Cartier New York





Collier Argent doré, émail, faïence H 4,40 cm L 2,50 cm L 45,00 Origine Allemagne, vers1925
marqué '900'
cf. Joyaux des pharaons, Bijoux égyptiens de la période dynastique, Cyril Aldred, 1971.
Egyptomania, Musée des beaux-arts du Canada, 1994, page 479.




1925 Broche Tête d'Horus de Cartier en platine, or, faience bleue égyptienne, diamants ronds taille ancienne et 8/8, cabochon d'émeraude, bâtonnets et cabochons de corail, picots et cabochons d'Onyx, émail noir et rouge.



Broche en argent   Origine Allemande, vers. 1925 Poinçonnée '800'




Pendule « temple égyptien » inspirée du propylône de Ptolémée III Évergète à Karnak, Cartier, Paris, 1927, or, vermeil, nacre bleue gravée, lapis-lazuli, corail, émeraude, cornaline, émail polychrome et blanc (Collection Cartier/Nick Welsh)
Judy Rudoe estime que cette pièce est sans conteste la plus spectaculaire de l' "Egyptomanie" de Cartier, elle a été décrite a tort ( ce qui est rare) par Hans Nadelhoffer et son texte fut repris par Christie's, comme ayant été inspirée du Temple de Koms à Karnak. La pendule a été executée par Couet chez Cartier.



Le dessin de l'expédition



A l heure actuelle




En 1928 : Boucheron obtient cette commande pour cette couronne en or émaillé que le roi Fouad 1er offrit à son épouse la reine Nazli



Modélisé comme un serpent en cristal de roche rehaussé d'émail noir et de diamants, à la base géométrique en émail rouge, bleu et noir, vers 1930, circonférence intérieure 17,0 cm, avec poinçon de dosage français pour or Signé Janesich Paris revendu par la maison Christie's

Il n'y eut pas que les bijoux qui furent influencés par cette Egyptomanie


Des événements ponctuels qui viennent raviver son influence et relancer la mode. Par exemple, en 1798 la campagne d'Egypte de Bonaparte, en 1836 l'érection de l'obélisque de Louxor à Paris, en 1869 l'ouverture du canal de Suez, en 1967 l'exposition Toutankhamon à Paris : chaque fois, pour un temps, l'Egypte occupe le centre de l'actualité, jusqu'à se manifester dans la publicité où les « Tout en campant » de Trigano, « Tout en épargnant » de la Caisse d'Epargne et autres « Toutankamion » sont restés présents dans toutes les mémoires.
La découverte de la tombe de Toutankhamon, en 1922, a joué un rôle comparable. La mode, les tissus, les bijoux se sont emparés des thèmes décoratifs à l'égyptienne, et les scarabées sont devenus le signe de reconnaissance des élégantes « branchées ». La statuaire et les objets d'art sont le reflet de ce goût, dont Chi-parus catalyse le mieux les tendances à travers ses Danseuses et ses Cléopâtre.
L'architecture, toujours friande d'exotisme, profite du prétexte pour utiliser à nouveau abondamment des thèmes égyptiens, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis. A Chicago, le garde-meuble de la société de déménagement Reebie constitue l'un des meilleurs exemples de l'influence de l'actualité sur les arts décoratifs ; construits en 1923 par Charles S. Kingsley, il fut décoré par Fritz Albert de terres cuites multicolores réunissant Ramsès II, la déesse Hathor, des scarabées ailés et des frises de hiéroglyphes mêlant l'Art déco à la publicité en signalant : « Je donne protection à vos meubles » ou en représentant des cargos naviguant sur le Nil. A Londres, Adelaïde House est un autre exemple de ces influences que l'on retrouve aussi en France dans les décors extérieurs, comme sur la façade de la pharmacie Sarret construite en 1924 par l'architecte Jarrier à Clermont-Ferrand.
Les salles de cinéma, modernes palais du rêve, constituent dans les années 1920 un nouveau support de choix particulièrement bien adapté à l'égyptomanie. Paris accueille en 1921 la première salle du genre, le Louxor, toujours visible aujourd'hui 170 boulevard Magenta ; colonnes lotiformes, frises de mosaïques multicolores, vitraux à fleurs de lotus, scarabée ailé, tout est fait pour donner envie d'entrer y voir des spectacles certainement encore plus étranges et exotiques. Entre 1922 et 1930, nombreuses sont les salles de ce genre à travers le monde à présenter un intérieur à l'égyptienne : l'«Egyptian Theater» d'Hollywood, et le cinéma d'Islington, dans la banlieue de Londres, gardent des traces de ces décors.
A bord des paquebots
A la même époque, les paquebots ne pouvaient bien évidemment pas ignorer de tels raffinements. En effet, ils ne constituent déjà plus seulement de simples moyens de transport ; ils sont devenus eux aussi des usines à rêve, et l'aménagement intérieur fait partie du « plus »
publicitaire destiné à fidéliser une clientèle habituée au luxe des grands hôtels. Dès lors, des architectes « civils » s'emparent des espaces, et vont rivaliser dans le fantastique et l'exotique préparant le voyageur à sa destination. Charles Méwès, pionnier de ce type d'aménagements, utilise déjà une certaine vision de l'antiquité dans les décors grecs et pompéiens dont il pare, dès avant la Première Guerre mondiale, les paquebots de la Hapag, L'Imperator et le Tirpitz.
Les Messageries maritimes, qui ne prétendent pas rivaliser avec les compagnies exploitant l'Atlantique Nord, souhaitent néanmoins offrir à leur clientèle variée un confort de bon aloi en conservant la tradition qui veut une relation étroite entre le navire et sa destination. Déjà, au XIXe siècle, le Louqsor, le Nil, le Caire, l'Osiris et le Sphinx avaient assuré la ligne d'Orient. En 1912, le Lotus et le Karnak sont modernisés pour assurer la liaison Marseille-Egypte. Mais aucun n'avait de décor suggérant l'Egypte. Lorsqu'on annonce la mise en service de deux nouveaux paquebots décorés à l'égyptienne, le Champollion et le Mariette Pacha, le succès est immédiat.
1990 Revue des Cols Bleus



Joli pot en émail Champlevé

Les images et les symboles égyptiens servaient également à des fins plus triviales, comme les services de desserts, le mobilier, la décoration, le kitsch commercial ou même la publicité. Il y avait des fêtes et des événements publics qui avaient comme devise l’Egypte, où les gens portaient des costumes spéciaux. En général, les gens étaient fascinés par tout ce qui portait l’étiquette égyptienne. Et même aujourd’hui, ce genre de fascination pour l’Egypte et toutes les choses égyptiennes existe toujours. De nombreuses expositions sur la culture égyptienne dans les musées du monde entier témoignent de l’intérêt continu des gens pour cette culture.




La fabuleuse chambre à coucher rhamsésienne imaginée par l’ébéniste Louis Malard fit fureur à l’Exposition Universelle de 1889, où elle était présentée dans le groupe III, classe 18 (Mobilier et accessoires). Acquise par la Comtesse Bathilde Ducos (1851-1927), puis par Charles-Henri Duquesne en 1896, et la voici aujourd’hui présentée à l’Hôtel Drouot par la volonté de la petite-fille de ce dernier, Rose Marie Simon



Pavillon des girafes au Zoo d'Anvers, réalisé en 1856




Wilhelm Schiller & Sohn
, vase en terre cuite, vers 1900, hauteur 28 cm.
Source : Collection et photo Jean-Marcel Humbert.



Royal Doulton, soucoupe de tasse à thé du service de table « Chasseurs » en faïence, avec le sous-titre et le cachet ajoutés après la découverte de la tombe de Toutankhamon, entre 1923 et 1929, diamètre 14,5 cm.


Bouteille de Parfum



Cléopatra brand - boîte de sardine à l'huile Stavanger (Norvège) 1914 


Les fameuses "Camel"

Il y aurait tellement à écrire. Un commentaire ? écrivez moi à richard.jeanjacques@gmail.com, avec l' autorisation de le publier.


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