dimanche 14 juillet 2019

Edmond Becker : le plus grand médailleur français était aussi dessinateur, sculpteur, ciseleur, bijoutier, joaillier, orfèvre




Henri Edmond Becker: Son acte de naissance  le 20 juillet 1871 quelle vie ! Du Président  louis jules Trochu au Président  Georges Pompidou!
Une anecdote à propos de sa naissance, elle m a été racontée par Michel Brasier  le successeur de Frédéric Brasier qui fut l associé de Edmond Becker à Partie de 1938:
"Quand Edmond est né, l accouchement ne se passait pas bien et le médecin dit au père d'Edmond "Vous devez choisir entre la mère ou le fils!" Le père répondit "la mère"jalors le bébé fut placé dans une corbeille proche et le médecin s'occupa de la mère, mais quand il eut fini, Edmond était toujours vivant, il se plaisait à expliquer que sa nature fragile venait de sa naissance......."

Il est né dans un milieu artisanal d'Art , 9 rue Henri Chevreau à Paris Belleville dans le 20 ème arrondissement. J' aime (quand je peux) montrer le lieu  de naissance de nos grands artistes joailliers, il est souvent modeste.



Cette voie tient son nom d'Henri Chevreau (1823-1903), ministre français de l'intérieur et éphémère préfet de la Seine à la suite de la destitution d'Haussmann. A gauche de la petite porte c'est le N°9 peut être , son atelier était il installé sur la rue ? Comme nous le voyons sur l acte de naissance, son père était ébéniste, son oncle ébéniste, et le témoin lors de sa naissance était aussi ébéniste. Il est donc né dans ce milieu du travail du bois, et a du certainement  commencer à s'exercer sur le bois grâce à  son entourage.

Peu de choses sur sa jeunesse, il fut l' élève de  Charles Valton, né le 26 janvier 1851 à Pau et mort le 21 mai 1918 à Chinon, qui était un sculpteur animalier français. et de louis Auguste Hiolin un grand statuaire.




En 1893 dans le journal La Lanterne: Edmond Becker reçoit un prix à la Sorbonne , une bourse de voyage.



En 1891 il est d'ailleurs comme l' attestent ses papiers militaires, Sculpteur sur bois, et habite avec ses parents au 32 rue de la mare à Paris toujours proche de Belleville dans le 20 ème arrondissement, il est grand environ 1 mètre 71.Vous voyez noté sur ce papier 751, car a cette époque, tous ne faisaient pas leur servie militaire. De 1804 à 1903, les appelés sont convoqués pour connaître leur affectation à l'issue d'un tirage au sort. Dans un premier temps, le tirage au sort détermine qui part et qui ne part pas, les numéros les plus bas étant réputés « bons pour le service ». En 1872, la fonction du tirage est changée : les numéros les plus bas font un service de cinq ans, les autres d'un an seulement. En 1889, la durée du service est fixée pour tous à trois ans, les numéros servant désormais à déterminer l'arme d'affectation.




Ce document militaire est intéressant, il ne fera pas les trois ans de service militaire, car il justifie d une dispense au titre d'ouvrier d'Art.





C'est apparemment pendant la guerre de 14-18 qu' il va s orienter vers les médailles, pourtant en 1916 il a 45 ans , mais on lui demande , entres autres de confectionner des médailles pour des médailles commémoratives des campagnes faites par les troupes Belges en Afrique.
Il est souvent mis en sursis d Appel: Remise de l'incorporation d'un homme, appelé sous les drapeaux, à une date ultérieure en raison de ses études, d'un cas de force majeure, ou des besoins de son exploitation.
Et là nous découvrons qu' il est remis en sursis d'appel, au titre de Mellerio joaillier au 16 rue de la Paix du 12 juillet au 20 aout 1918 ce qui confirme bien mes dires a propos de Meller,  comme quoi Mellerio était au 16 rue de la paix et non au 9 et ce pendant des années:
Qu y a t il dessiné????

Mais retour en arrière aux environs de l année 1896 




C'est un médaillon ouvrant que Edmond Becker a dessiné. ce médaillon est en or: photos aimablement prêtées par Fabian de Montjoye:



Il est ouvrant, il y a la marque de Becker, remarquez le collier 



Ceci est l autre face du médaillon ouvrant


Ce qui m a conforté dans mon analyse de ce médaillon plus "riche ", vendu par la maison Tajan au mois de juillet 2019 :https://www.richardjeanjacques.com/2019/06/maison-tajan-une-belle-vente-de-bijoux.html

Ce médaillon était accompagné à la vente par un poudrier et chacun avait un miroir à l intérieur.

Boucheron en 1900, était une bijouterie, mais aussi une joaillerie, éxécutait beaucoup de commandes spéciales, des bibelots, des objets autour du tabac, des objets de bureau etc .
Quand l'exposition universelle fut annoncée, Boucheron sentit ce qu' il pouvait tirer de cet évènement et passa commande a de nombreux artistes dont Michel Menu et Edmond Henri Becker qui travaillèrent ensemble, Menu se servait de l or pour embellir les sculptures sur bois de Becker, lequel Becker utilisait des bois qui s harmonisaient avec l or.

Madame Willaz Silverman qui a transcrit les cahiers de Vever qui  sont détenus par la Freer Gallery of Art  et les Arthur M Sackler gallery Archives de la Smithsonian Institution de Washington nous permet de connaître la vie de chaque jour de Henri Vever. C'est un livre que les amoureux de l histoire de la Joaillerie doivent se procurer, et un passage de son livre nous indique que le
9 mars 1898 . Ce matin, à la Chambre  Syndicale, jugement du concours des
dessinateurs : une boucle ou agrafe de corsage en métal à l'exclusion de
pierre. Concours très intéressant, 44 concurrents dont 14 femmes y
ont pris part ~ Jury : Messieurs Corroyer, Colin, Boucheron, Massin, Boin,
Lalique, L. Aucoc, Gauthier, Mal, Henri  Vever - on procède par élimi-
nation - Le 1er prix (200 frs) est décerné à l'unanimité à Mr Beckerle sculpteur sur bois que j'ai vu au travail dimanche dernier. Il a fait 7 projets, tous très bien mais dont 2 ou 3 surtout sont très remarquables - le 2° prix (100 frs) M' Landoy un des deux adhérents de la Chambre qui ont pris part au concours - le 3° prix (50 frs) M Chardon un élève de notre école (travaille chez Le Turcq). Puis pour encourager et récompenser on a ajouté 5 mentions dont deux à des femmes.

117. Edmond Becker (1871-1971), dont l'agrafe de ceinture en argent fondu et ciselé intitulée Chant sacré, chant profane, sera reproduite par la suite par la maison Puiforcat & Tabouret.



Et voici la photo de cette boucle de ceinture que nous décrit Vever.
C'est une boucle de ceinture en argent " Chant Sacré Chant Profane", par Puiforcat, dessinée par Edmond-Henri Becker, Paris,en 1898  revendue par la maison Sotheby's .
la partie gauche ornée d'une tête de femme dominant une portée musicale, respirant des lys, une colombe sur la gauche, la partie supérieure marquée CHANT SACRE, la partie droite ornée également d'une tête de femme entourée de papillons, la partie haute marquée CHANT PROFANE, signée C BECKER





Agrafes de ceinture : Chant sacré; Chant profane celle ci est au Musée d'Orsay. Elle date de 1898 dessinée par Becker Edmond Henri (1871-1971) pour la 
maison Puiforcat (fondée en 1820) (origine) argent (métal) ciselé fondu, Hauteur : 0.47 m, Largeur : 0.125 m Profondeur : 0.17 m Don au musée de M. Robert-Alexandre Zehil, 1997.
Paris, musée d'Orsay Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski



 Même année 1898, même style Dessin de Becker: "Psyché et amour" broche fabriquée en or par Paul Richard admirez le volume rendu. 

Son nom fut associé à la maison Boucheron comme collaborateur lors de l'Exposition universelle de 1900 à Paris. Domicilié 92, rue de Charonne en 1898, il apparaît 8, rue Fromentin en 1901, puis 50, rue Saint«Antoine en 1905 et,

enfin, en 1909, 6, rue Beautreillis à Paris. (Evelyne Possémé)





Il semble que ce soit une oeuvre majeure. C'est un coffret à bijoux en argent incrusté de panneaux d' ivoire .
Le dessus figurant une jeune femme nue drapée tenant un miroir et regardant par dessus son épaule le jeune garçon situé derrière elle. Les autres panneaux à motifs de fleurs. La monture ornée de roses, feuilles de lierre et papillons. Panneaux en ivoire sculptés par Becker. Signé sur le couvercle, gravé XIV sur un des côtés. Poinçons sur la monture en argent : Société parisienne d'orfèvrerie (détenue par Boucheron).





Sculpture en bois "la violoniste" 1899 de Edmond Becker

Avant la révolution industrielle, les artistes se servaient surtout du Chêne, du Buis, du Noyer. Mais pour cette exposition universelle de 1900  les pays lointains nous firent profiter de leurs essences de bois rares. C'est ainsi que Edmond Becker se servait des tons or du buis de Turquie, ou du noir profond de l'ébène, des tons rouges et cuivrés de l'acajou, le violet intense de l amarante.
Mais aussi le prunier d'Australie, le satiné, le santal qui parfume. 
Personnellement j aime le Mimosa dont une certaine variété s'appelle l"Amourette, le poirier, le sycomore associé a l' ébène!!!!
Vever nous expliqua  que "C'est à ce sentiment qu'obéit M. Boucheron, lorsqu'il demanda à M. Becker quelques-uns de ses bois, si finement sculptés.
Enrichis d'or, d'émail et de pierreries, ils furent unanimement admirés à son éclatante exposition."




Le bas relief est ciselé par Becker, et l' entourage par Louis Aucoc




1899-1900 c'est la date donnée par la maison Sotheby's pour un pendentif rond représentant le profil d’une jeune fille sur un fond radiant en émail plique-à-jour bleu et vert, signé Becker pour Henri Edmond Becker.






Ces trois médailles sont d'Edmond Henri Becker  le petit pendentif en bas à gauche  est orné d'émail plique à jour la date serait en 1900!






Dans la revue des arts décoratifs en 1899, il obtient un prix pour un miroir à main, c'est à juste titre que le journaliste critiquera le support réalisé certainement par Becker, mais de fait, sur la photo publié un an après!!




Comme à l habitude je n' assure pas le bien fondé des datations données par tout un chacun. En revanche je suis certain de ces dates lorsque j ai trouvé un article dans la presse.




Maitre Leclere à Paris a revendu ce beau vase et le date de 1900, Les quatre saisons. Vase de forme balustre en bronze à patine marron. Signé et cachet du fondeur Susse frères. H.: 22,5 cm.






C'est une oeuvre de création de Edmond Becker mais fabriquée par Boucheron.
"Les Trois filles d'Eve" Elle est en or, émail, et pierres de couleur et c'est exécuté d'après une sculpture sur bois d'Edmond Becker.


Et voici la maquette qui servit à Boucheron pour exécuter le pendant en or, j ai retrouvé cette photo de la sculpture sur bois de Becker, dans "Art et décoration" de 1901.
Revue de la BJO: 
Les Bois sculptés de M. Becker
IL n'est pas un homme de goût, un admirateur véritable des belles choses, qui ne se soit trouvé, au Petit Palais, sincèrement
impressionné à la vue des superbes boiseries du Moyen-Age, sculptées avec amour pour leurs églises par les pieux artistes de cette époque de croyance et de foi. On s'arrêtait de même devant les meubles de la Renaissance,
Renaissance, fouillés, et devant les spécimens des somptueuses décorations intérieures, que d'autres artistes, à l'esprit poétique et primesautier, créaient pour les demeures des marquises et des financiers des XVIIe et XVIIIe siècles.
A côté de ces chefs-d'oeuvre de la sculpture sur bois, auxquels les plus grands artistes tels que Jean Goujon et Pujet, pour ne citer que ceux-là, n'ont pas dédaigné de prêter leur ciseau, il en est d'autres plus petits, plus délicats, qui ont aussi charmé nos yeux à cette Exposition merveilleuse. Peut-être nous ont-ils plus délicieusement émus parce qu'ils s'adressent davantage à nos sentiments intimes, qu'ils nous montrent d'adorables objets, compagnons fidèles des plus simples actes journaliers et qui, malgré cela, n'en sont pas moins d'exquises oeuvres fouillées par l'art le plus parfait.
Assurément le bois, bien que d'essences résistantes, est l'une des productions de la nature se pliant le mieux sous des mains habiles aux différents besoins pratiques




SARAH BERNHARDT DANS “GISMONDA”, CIRCA 1900

Médaillon en bronze ciselé et doré, relief léger , estampé du monogramme de l'artiste D'après une gravure de Théobald CHARTRAN, gravée par Adolphe LAMOTTE 21,3 x 15,3 cm. Cette médaille était en plaqué or "FIX"
Fix était la marque utilisé par le joaillier Savard et si vous voulez consulter le catalogue de cette époque.





Ce modèle a également été réalisé sous forme de médaille en bronze doré (3,5 x 2,2 cm) avec l’inscription suivante au dos: Becker selon Chartran  et FIX .
Plaquette, Sarah Bernhardt (1844-1923) sculpture en bronze
Hauteur : 0.211 m Largeur : 0.151 m 
Paris, musée d'Orsay
Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Tony Querrec



On lit très bien le nom du fondeur "Susse " sur le pied de cette coupe ci-dessous




Coupe dessinée et ciselée par Edmond Henri Becker, façonnée dans les ateliers Susse


UN RARE VASE  EN ART ART NOUVEAU SIGNÉ PAR EDMOND-HENRI BECKER ET AUCOC & CIE., PARIS, 1900-1905   Christie's a noté 18 K serait il en or?
En forme de balustre, le cou ciselé avec des vagues et appliqué avec de l'eau gelée sur le bord, chaque côté étant coiffé d'un bélier de Bacchic, chacun avec une corne brisée symbolisant le creux des passions de Bacchic, flanqué de vigne appliquée et de cartouches à volants entre, sur un socle en marbre gris, le pied avec des signatures gravées E. BECKER Sc. et A. AUCOC Orf., également frappé de la marque standard française et de la petite marque de fabricant 




HENRI EDMOND BECKER 
Vase boule en bronze à patine brune figurant un serpent dévorant un fruit. Signé Becker. Vers 1900.



Boucle de ceinture en vermeil représentant Sainte Cécile, par Edmond-Henri Becker, Paris, vers 1900 
De forme rectangulaire, la partie gauche ornée d'une femme auréolée jouant du violon à côté d'une fleur de lys représentant sainte Cécile, patronne des musiciens, signée EB



Cette autre boucle de ceinture a elle aussi été vendue par Sotheby's, plus tard et elle est en argent.




Edmond Becker - Une broche Art Nouveau nommée  BELLE DE NUIT, vers 1900. Composé d'ivoire, de diamants, d'émail plique-à-jour, d'or et de platine. Une nuit en ivoire sculpté avec une ceinture en diamant taille rose, prolongeant les ailes en émail plique-à-jour bleu parsemées de colliers en diamant, rehaussée d'une bordure en diamant et d'étoiles en diamant, adossé à un ancien croissant de lune en diamant européen et rose toile de fond étoilée, montée en platine et or argenté. Revendue par Christie's



La maison Quittenbaum de Munich a revendu ce Pendentif d'Edmond-Henri Becker, Paris. Pendentif 'mère et enfant', env 1900. H. 5,2 cm. Longueur: 50 cm Or jaune, technique de plique-à-jour, trois brillants, gros et plus petit rubis. Signé: Becker, tête d'aigle et marque du fabricant, Poinçons d'importation française.



Le même pendentif dans son écrin, travail proche de ses médailles religieuses!


Robert Zehil à Monaco vend cet IMPORTANT CARTEL PENDENTIF, CIRCA 1900
Bronze doré et ciselé; les médaillons portant les noms des quatre saisons
Signé E. Becker , F. Barbedienne, marqué FUGIT IRREPARABILE TEMPUS
90 cm. haut: Exposition Universelle, 1900
Bibliographie:Les industries d'art à l'exposition Universelle de 1900 , de Victor Champier, publiée par la Revue des Arts Décoratifs, Paris 1902





La maison Chritie's a revendu: UNE RARE BOÎTE À TIMBRES ART NOUVEAU EN BOIS ET OR, PAR BOUCHERON 
La boîte rectangulaire en bois incurvée, entourée d'un cadre en feuillage doré sculpté et d'un cadre de pensée repoussant au verso de la couverture, le panneau inférieur en forme de fleur épanouie sculptée, sur les côtés représentant de nombreuses colombes en vol et le couvercle représentant une jeune fille de profil en train de s'ouvrir pour révéler quatre compartiments montés en or, vers 1900, portant les marques de titrage français
Signé Boucheron, Paris.





Il fut écrit dans la revue de la BJO, a propos de cette boite:
voici une boîte à timbres d'une exquise recherche ; la structure en or maintient
ses panneaux fouillés dans le prunier d'Australie; le couvercle symbolise le souvenir; sur les côtés passent des colombes messagères; des pensées sont ciselées sur la monture d'or.





J ai retrouvé une photo d'époque dans le Art et Décoration de 1901 , mais c'est une autre boite à timbres.

La firme Boucheron, fondée par Frédéric Boucheron (1830-1902) en 1858, acquit rapidement la notoriété de l'excellence du travail, des dessins et des pierres précieuses. Déménagées sur la célèbre Place Vendôme en 1860, leurs créations délicatement ornées de motifs floraux sont devenues une signature de la Maison, qui a préempté le style Art Nouveau. Bien que très conscient des excès de la mode Art nouveau, Boucheron embrasse le style plus complètement que les autres Maisons, sans jamais s’écarter de la conviction qu’une pièce, quelle que soit sa mode, doit toujours être reconnaissable en tant que Boucheron. Leur exposition à l’exposition de Paris de 1900 a fait sensation lorsque la firme juxtapose avec confiance bijoux à la fois traditionnels et "modernes". Il a chargé plusieurs artistes, dont le maître sculpteur sur bois Edmond-Henri Becker, de produire des œuvres extraordinaires en bois,
Extraordinairement utilitaire, cette boîte à timbres a été créée par Boucheron en 1900. La monture gracieuse en or est formée de boucles souples décorées de pensées, le couvercle s’ouvrant pour laisser apparaître un cadre également dédié à l’image de la pensée. Les compartiments en or poli révèlent son véritable objectif, qui consiste à conserver des timbres. Selon le langage des fleurs sentimental des victoriens, la pensée pense que "vous êtes dans mes pensées" ou "l'aisance du cœur", lien subtile avec le but de la boîte. Les sublimes sculptures sur bois ont été exécutées par Edmond-Henri Becker et leur relief est très discret, évoquant des références à des artisans japonais. Traditionnellement considérés comme les messagers de la paix, les pigeons des trois panneaux latéraux sont représentés à différentes étapes du vol. Le panneau en bas continue le thème de la pensée et dans un coin, donne l'illusion de deux autres colombes. Enfin, le panneau du haut représente le profil d’une femme, peut-être le plus grand thème du mouvement Art Nouveau.
L'unification fluide des matériaux organiques et inorganiques avec les thèmes Art Nouveau en fait un exemple véritablement exquis du travail de Boucheron mais également du style Art Nouveau.




Dans Art et décoration de 1901




 Becker participe au Salon de la Société des artistes français de 1898 à 1914. En
1898, il expose pour la première fois, dans la section Art décoratif, un cartel en bois de tilleul sculpté. Parallèlement à sa collaboration au décor du mobilier, il travaille beaucoup pour les bijoutiers, notamment Louis Aucoc, Ferdinand Verger
et surtout la maison Boucheron pour laquelle il réalise de nombreux objets en bois ou en ivoire. 
En 1899, il présente, avec Paul Richard, des bijoux, des montres et une plaquette édités par Ferdinand Verger avec lequel il collaborera jusqu'en 1901. 



Art et décoration de 1901

En 1901  la revue de la bijouterie lui consacre un article important, car a cette date il est vraiment reconnu par la presse.

Cet art plus grave, plus sévère, plus classique, M. Becker m'en a donné l'espoir en une exposition variée où, par ses recherches laborieuses et ses moyens multiples, il donne l'impression d'un artiste complet.
Ses bijoux, sans rehauts d'émail ni de pierreries, offrent, à cote d'oeuvres plus brillantes et plus capricieuses, un charme discret, tout intime et d'une simplicité enveloppante.
 L'oeuvre principale, une châtelaine, m'a fait rêver de perfections non coutumières. Il y a l'attention délicate d'un poète attaché aux merveilles du passé en cette châtelaine de grâce mélancolique, dont la fidélité aux chansons d'antan se rappelle autour d'elle, aux deux pendeloques comme à l'attache de la montre, en un motif de lierre, — le lierre, plante symbolique des souvenirs persévérants. Autour, ce sont des montres. L'une, aux motifs de violettes, une autre d'églantines, une troisième d'un charme de légende avec son agrafe cerclée d'une faucille d'or où se pose une branche de gui, rappelée, sur la montre, en feuilles de chêne, une dernière d'une grâce mutine en son médaillon d'enfant.



Cette médaille "Vierge" de Becker daterait de 1901

Suite de l article de la revue BJO.

Les lignes ont une simplicité élégante. Les détails seraient presque sévères, si les motifs n'en étaient empruntés à la nature fleurie. Le modelé est en plans fondus, en reliefs à peine accusés, d'une sérénité blonde. L'impression dominante est celle d'une harmonie discrète, sans lourdeur ni mièvrerie. La verve vagabonde des essors d'art nouveau est ici disciplinée par un goût sûr, et la sobriété des adaptations de fleurs et de feuillages présente une
eurythmie parfaite. Les bijoux de M. Becker décèlent une qualité rare : le style. Ils sont admirablement exécutés et ciselés par M. Richard.
Des objets d'art exposés en une vitrine voisine, que dirai-je qui n'ait été dit déjà ici-même? Serait-ce la tristesse de cette Ophélie aux cheveux flottants semés de fleurs, aux yeux clos de regret pour les songes morts et les espoirs perdus? Des nénuphars l'entourent, et c'est une symphonie : or vert, jade, néphrite et buis. Un presse-papier, cela, et qui ferait rêver. Serait-ce ce vase, triangle curviligne aux faces d'acajou sombres en ciselures d'algues où passent des crevettes? Quelles fleurs exotiques attend ce calice d'or, dont trois algues de jades, vertes étrangement, forment les anses? Serait-ce ce missel, aux armatures d'argent si simples, et qui se marient au dos du livre, en lettres saintes, autour de la croix? En un relief pâle où le regard parle avec une douceur insistante, le Christ, le doigt levé, semble encore semer les paroles d'espoir qu'entendirent si souvent les plaines de Judée : « Aimez-vous. » A l'intérieur, avec une grâce ingénieuse, l'artiste a sculpté, au début des lys, au final des fleurs de passiflore. Que d'autres merveilles encore !
Cette horloge  en or, buis et camaïeu, ou le Jour et la Nuit président à la fuite des Heures. Un coffret aux chrysanthèmes délicieusement sculptés, une boite à timbres à monture d'or, un cachet en buis, or et jade.
De ces objets d'art, comme de l'exposition de bijoux, vient une impression dominante de grâce et de simplicité. Ici, cependant, malgré la présence de cette pendule d'un art parfait, malgré le charme de toutes les oeuvres, il semble que la beauté réalisée n'est pas encore définitive et que M. Becker a seulement soulevé le voile.


la boite à allumettes en buis : de face, une figure d'enfant avec des fleurs d'aubépine, dont la branche fait l'ornementation du revers ; monture en or, avec
motifs en émail de basse-taille.


Suite de la Revue BJO de 1901 .


I. Voir la reproduction donnée dans la Revue, 1re année, p. 233.
sur un monde féerique dont tous les enchantements ne nous sont pas encore connus, parce que les matières à utiliser sont innombrables, parce que l'inspiration se trouve aux prises avec un monde de techniques différentes, il vient la sensation que l'artiste, ici, est dans une période de recherches et de progrès. Je crois que, poursuivant son audace heureuse et déchiffrant une à une les énigmes de la science des couleurs parmi tant de métaux, de gemmes et de bois aux teintes harmonieuses, M. Becker accumulera une palette aux richesses toujours plus éblouissantes, et dont la splendeur colorée, unie à la science des lignes qu'il possède, permet de prévoir un art d'une plus radieuse beauté.
De ses bois sculptés, que dirai-je ? Il en fut tant parlé. Les qualités de sobriété et de style de ses bijoux s'y retrouvent et aussi l'ingéniosité d'interprétation coutumière. Enfin, auprès d'oeuvres certes gracieuses, mais d'une conception artistique par trop dédaigneuse des soucis utilitaires, les oeuvres de M. Becker représentent la tradition pure, conforme aux exigences de la matière utilisée et aux destinées pratiques des objets qu'il crée. Aussi, parmi cette corbeille à pain, ce ramasse-miettes et ce nécessaire de bureau, le musée des Arts décoratifs est-il venu faire un choix conforme à sa devise : utile dulci.
J'ai insisté longuement, trop longuement peut-être, mais cette oeuvre, plus que toute autre, me semble proche du « style». De plus, par le modelé souple, par le goût pur, par la connaissance parfaite du bois, par les qualités de style, elle me fait espérer de M. Becker une oeuvre d'ensemble à laquelle il semble destiné. Je vois, je devine l'enchantement que serait tout un ameublement de l'artiste, meubles, bibelots, étagères et bijoux, le bois formant le leit-motive autour duquel, variations judicieusement choisies, toutes pierres et tous métaux viendraient apporter leurs notes dans la symphonie. M. Becker, à quoi servirait vraiment d'avoir obtenu gain de cause pour l'avènement du bois dans l'orfèvrerie, si ce n'était pour réaliser l'ensemble d'ameublement et d'objets d'art harmonieux et fondu que l'uniforme présence d'une même matière peut donner? Enfin, orfèvre et sculpteur aux ressources complexes, n'êtes-vous pas appelé plutôt aux oeuvres d'ensemble qu'aux objets délicieux certes, mais isolés, que vous nous avez donnés jusqu'ici?






La maison Bonhams a revendu ces pendentifs de Becker , La maison Fix fabriquait du plaqué Doublé or et était à cette époque une très grande maison.

Avec la marque du fabricant sur un côté et «FIX» au verso, la monture circulaire en forme ornée d’un profil de femme portant une coiffe classique, et de gui au revers, d’un médaillon médaillé d’or et de diamants orné d’un portrait de femme un parchemin sinueux, avec une extrémité en diamant simple taille, sur une fine chaîne à maillons en trace et un autre exemple en or.








Une superbe couverture de Missel   de Edmond Becker en 1901



1901 Revue de la Bijouterie Joaillerie  Ophélie de Becker



Chatelaine de Becker et Paul Richard dans la Revue de la BJO en 1901 



Encore une commande de Boucheron à Edmond Becker  pour l'exposition de 1900, mais parue dans la Revue des arts décoratifs en 1901, c'est un encrier en bois sculpté et or qui se nomme "Les Ronces"
Là encore la revue de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie de 1901 nous apporte des précisions:Plus loin, un encrier, dont les panneaux d'ébène sont encadrés
de fer ciselé. L'artiste a montré jusqu'où allait son souci : il a voulu le fer, dont la sévérité convient à un bureau de travail. 
une note d'or rehausse la matité du fer et de l'ébène sur le couvercle et le corps de l'encrier; c'est la ronce, symbole de l'étude, qui fait la décoration. Le porte-plume en ébène accompagne l'encrier; la monture d'or est agrémentée de feuilles de ronces et terminée par un rubis.



1901:Commande de Boucheron à Becker c'est une pendule en bois sculpté, et en or ciselé et repoussé.



Mes parents auraient dit de ce style, "c'est du Rococo" mais Selon Delécluze, le terme « rococo » est inventé, vers 1797, en dérision par Pierre-Maurice Quay, élève de Jacques-Louis David, maître à penser du mouvement des Barbus et chantre d’un néo-classicisme poussé à l’extrême. Il résulterait d’une association du mot français rocaille, qui désigne une ornementation imitant les rochers et les pierres naturelles et la forme incurvée de certains coquillages, et du mot portugais barroco : « baroque ». Le terme rococo conserve longtemps un caractère péjoratif avant d’être accepté par les historiens de l’art vers le milieu du xixe siècle et d’être considéré comme un mouvement artistique européen à part entière, quoique l'on préfère parler de style rocaille pour ce qui concerne la France.



Etonnant! ce meuble qui est un casier à Musique pour y ranger des partitions, , il est en bois d'acajou de  Tabasco, (celui qui sert a fumer les piments pour la célèbre sauce dans les barriques en Tabasco) fabriqué en 1899,  en 1901 la revue des arts décoratifs publie :
Un prix de 1.000 francs à MM. Francis Madeleine, dessinateur, et Edmond Becker, sculpteur, pour un meuble casier à musique, en bois de Tabasco. Élégant, gracieux, impeccablement exécuté et plein d'heureuses trouvailles, ce meuble manque peut-être de simplicité ; quelques jurés ont trouvé inutile la figure, délicatement modelée pourtant, qui se trouve sculptée sur la porte, et ont regretté la recherche, d'une subtilité exagérée, de certains ornements symboliques qui nuisent au calme de l'ensemble.







En novembre 1901 la revue de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie  publie ce dessin de Becker qui ensuite aurait été réalisé et ciselé par Paul Richard



En revanche j ai trouvé cette photo du motif précédent, avec le même nom 'La Nuit", d'un crochet de montre , dans la revue Art et décoration de 1901, mais c'est une pièce exécutée pour l exposition de 1900




Miroir de Edmond Becker



Citons encore le délicieux cachet "Le Baiser", dans lequel deux enfants s'enlacent parmi les lys dont les tiges encerclent une base de jade.




Dans Art et décoration 1903 " des riens, sans prétention, mais bien tournés, la rose, l'oeillet ou le bleuet; des tètes enfantines, saisies malicieusement sur le
vif, et qui se précisent dans l'or: "Joies et larmes" ou les Souffleurs. Et le polichinelle contraste avec le croquemilaine."





Pendentif de Boucheron autour d'une médaille de Becker




"A partir de 1902, il travaille avec divers éditeurs, dont la maison Lépine pour les
pendules, ou la maison Hébrard. Spécialisé dans la gravure de médailles, il obtient une médaille de première classe en 1901. ll réalise des objets sculptés (boîtes, cachets, pendules, encriers), mais intervient dans les parties sculptées de nombreux
bijoux en or. Les bois utilisés sont d'essences variées : amarante, acajou, ébène, prunier d`Australie, avec une prédilection pour le buis de Turquie. " Evelyne Possémé




RARE BOÎTE japonisante constituée d'un morceau de racine évidée, la monture en argent épousant les bords du couvercle à double charnière et de la base. Décor d'un scarabée grimpant sur le couvercle en pierre dure verte sculptée, pattes en argent (manques). Poinçon de l'orfèvre.
Hauteur: 8,5 cm - Largeur: 19 cm - Poids brut: 1 051 g
Il a collaboré avec la maison BOUCHERON pour ce type d'objet: 
«... à l'exposition universelle de 1900 Boucheron présente des objets d'art en bois sculpté allié aux métaux dont la conception et la sculpture sont dues à Becker. Les bois sont d'essences variées, amarante, acajou, ébène, prunier d'Australie, buis de Turquie dont les chaudes tonalités s'accordent bien avec celle de l'or, qu'il utilisera aussi pour les bijoux...» (Extrait du catalogue de l'exposition, Boucheron 130 années de création et d'émotion, Musée Jacquemart-André, 1988).
Le musée des Arts Décoratifs conserve une théière en vermeil en forme de fenouil, Becker sculpteur et Hébrard orfèvre.




Le musée des Arts Décoratifs conserve une théière en vermeil en forme de fenouil, Becker sculpteur et Hébrard orfèvre.


Juillet 1901 revue de la BJO: 
Les bijoux de M. Becker décèlent une qualité rare : le style. Ils sont admirablement exécutés et ciselés par M. Richard.


1902 Revue de la Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie



Critique honnête de 1902 : 
Là, au surplus, se trouve, pour les métaux précieux, un nombre beaucoup plus considérable d'envois et certaines vitrines très garnies rappellent, sans désavantage marqué, les magasins de nos grands joailliers, aussi nous estimons-nous heureux de n'avoir pas d'opinion à émettre, de n'avoir pas à rechercher si, en réalité, pas d'opinion à émettre, de n'avoir pas à rechercher si, en réalité, quelques collaborations n'ont pas été involontairement omises.
Les artistes en orfèvrerie sont légion; aujourd'hui tout le monde est orfèvre ou croit l'être ; illusion inoffensive qui ne fait de mal à personne ; cependant les spécialistes sont tous connus et l'étaient au surplus avant la création des sections d'art décoratif; ce sont particulièrement ceux qui, formés en quelque sorte au contact des industriels, sinon même à leur école, ont dès longtemps donné leur mesure. Il ne paraît pas que livrés, à eux-mêmes, ils aient produit des travaux, nous ne dirons pas supérieurs à ceux qui ont été exposés en 1900, mais même équivalents. 
Quant aux autres, les indépendants, ils continuent avec une constance imperturbable à apporter, chaque année, des projets étranges qui déconcertent les meilleures volontés et désarment toute critique.

Quelle bloggeuse d influence oserait écrire cela de nos jours???????



Car même Becker se prenait une tartine...
"M. Becker est, lui, un véritable artiste, capable d'exécuter toutes les jolies choses qu'il compose ; c'est non seulement un fortbhabile sculpteur, c'est aussi un poète délicat; ses bijoux, qu'ils soient d'ivoire ou simplement de bois, produisent l'impression d'art qu'on n'éprouve qu'à l'aspect d'oeuvres originales, et, de fait, ce sont bien des originaux. 
Que M. Becker n'a-t-il pu ciseler lui-même le gobelet d'argent qui vient attrister son envoi ! Il est, en vérité, impossible d'imaginer quoi que ce soit d'aussi banal et terne que l'exécution de ce gobelet ; rien plus n'y subsiste de la manière et de l'esprit du sculpteur : la ciselure « pignochée », sans aucune couleur, sans aucun accent, démontre qu'un ciseleur, même habile, peut devenir le plus redoutable adversaire d'un artiste lorsque, comme dans l'espèce, il ne sait pas s'identifier avec la pensée de celui-ci ; c'est là de la ciselure en bijouterie, qui
s'attarde aux détails, sans jamais se préoccuper de l'effet d'ensemble.



Le « blotting », avec frise de coeurs-de-Jeannette entourant une fillette qui, les bras croisés sur la poitrine, est assise sur un tapis de diclytras. Ce travail est pris dans une seule masse de bois. La monture est en or ciselé, les fleurs en émail, et les jouets posés à
côté du bébé sont en prunier d'Australie. Dans ce même bois avaient été sculptés une charmante bonbonnière incrustée de panneaux d'or, ornés de gui, surmontée d'une druidesse, ainsi qu'un presse-papier représentant une Ophélie parée de marguerites, incrustée dans un bloc de néphrite. Autour de la tête, des nénuphars aux fleurs de jade et aux feuilles d'or semblent flotter sur la pierre verdâtre qui figure l'étang. Citons encore le délicieux cachet Le Baiser, dans lequel deux enfants s'enlacent parmi les lys dont les tiges encerclent une base de jade, et la boite à allumettes en buis : de face, une figure d'enfant avec des fleurs d'aubépine, dont la branche fait l'ornementation du revers ; monture en or, avec motifs en émail de basse-taille.






"Quelles fleurs exotiques attend ce calice d'or, dont trois algues de jades, vertes étrangement, forment les anses?" 




Revue de la bijouterie: M. Becker, dont nous avons loué l'an dernier les innovations — bois aux coloris divers, alliés aux bijoux et aux métaux précieux — et à qui nous souhaitions de revenir cette année avec un mobilier entier, où le bois serait le leit-motive d'une symphonie, où toutes matières apporteraient leurs notes colorées, ne nous donne pas encore l'ensemble décoratif que nous rêvions. Qui mieux que lui, cependant, pourrait, — avec une pleine conscience des ressources et des exigences de cette matière souple, vivante, avec ses veines, ses tons discrets et variés infiniment, — donner l'oeuvre merveilleuse que nous attendons, cette oeuvre où chaque meuble serait comme une grande fleur épanouie, à côté de laquelle fleurettes et brins d'herbes, et graminées frêles, les objets d'art (vases, lampes, pendules; et les bijoux apparaîtraient, avec leurs notes diverses, suivant l'utilisation, et toutes subordonnées au motif d'ensemble. Le bois, partout et toujours employé, saurait donner à l'ensemble, comme à chacun des détails, une harmonie non réalisée jusqu'à présent.




Cela, M. Becker n'a pas eu encore l'occasion de nous le donner. Quoi qu'il en soit, son exposition, plus variée même que l'an dernier, fait apparaître mieux encore les ressources innombrables dont dispose son génie artistique.
Comme chaque année, et afin de ne pas faire oublier ce qu'il est à peu près seul à dire, il nous donne des bijoux en bois et métaux : deux pendules, d'ensemble absolument différent, et qui toutes deux témoignent d'une maîtrise dans l'agencement des lignes et d'une sobriété impeccable de décoration. En bois encore un peigne, des baguiers; l'un, simple et d'une élégance merveilleuse avec ses quelques feuilles incrustées d'or; les autres, des feuilles mortes, l'une avec noisettes enchâssées, l'autre avec un insecte en lapis-lazuli, rappellent l'habileté prestigieuse de certains artistes japonais. Et tout cela, si l'on songe à la gamme du blanc au rouge sombre, au violet, au noir, que les bois peuvent fournir, et si l'on songe aussi aux véritables chefs-d'oeuvre réalisés, aux difficultés inouies avec lesquelles a déjà jonglé cet artiste puissant, tout cela nous fait encore regretter de ne pas voir un ensemble, un Salon entier signé Becker.



Peigne de Becker 1903

En attendant, avec la curiosité de matières diverses, l'artiste réalise des objets d'ivoire, des peignes en corne, une épingle, plusieurs même, où tantôt le bois, ou l'or, ou la corne, ou l'ivoire, ou les perles, se marient avec un charme infini. Citerai-je, parmi d'autres oeuvres toutes dissemblables de lignes, toutes diverses d'inspiration, un peigne à motif de chrysanthèmes, un autre-à motif d'algues, une épingle or, perle, corne, un hippocampe d'une, fantaisie japonaise encore. Plusieurs de ces objets ont été achetés du reste par le musée des Arts décoratifs, comme aussi un calice d'argent d'une pureté classique, avec ses motifs si sobres de lis candides.
Pour quand ce mobilier, avec tous bijoux, toutes oeuvres d'art encloses harmonisées, dites, Becker?


1903 dans la revue L'Art Appliqué plateau en bois




Maitre Leclere a revendu cette lampe électrique de Edmond Becker

Henri Edmond Becker &  Daum
Lampe Art Nouveau Piètement en bronze patine dorée à décor floral.
Cache ampoule en verre marmoréen orange nuagé de bleu. Signature E. Becker – Marque de fondeur ED Susse Frès Signature de la verrerie Daum croix de lorraine Nancy H : 32 cm



Sur le pied la Marque du célèbre fondeur "Susse"




La Revue Art et décoration en 1903 : L'envoi de M. Becker peut compter parmi
les plus intéressants de ce Salon. L'artiste nous montre une fois de plus toutes les ressources de son joli talent, fait de grâce et de sobriété à la fois. Il a exécuté pour M. Hébrard toute une importante série de sébilles de bois divers, incrustés de matières diverses : argent, or, nacre, ivoire, etc. On ne peut nier
dans ces pièces une inspiration japonaise évidente; mais certains de ces bibelots sont absolument charmants, telle la sébille ornée de champignons, par exemple. D'autres, plus simples encore d'ornementation, valent par un point mis à la place exacte avec un tact très juste et un sentiment exquis.
M. Becker expose en outre des pièces plus importantes, et parmi elles deux pendulettes.



Il est evident qu'après l'explosion de talents déployés pour l exposition universelle de Paris en 1900, il était difficile de faire aussi bien, et les critique du salon de 1903 étaient dures:
Quelques   restrictions dans les éloges.
Mais, dira-t-on, les artistes se préoccupant peu d'ensembles, ici, se font valoir dans les objets séparés, les objets de vitrine. Est-ce bien vrai? A part la vitrine de M. Lalique et celle de M. Gaillard, que trouvons-nous dans les bijoux? Et retirant les envois de M. Becker, ceux de M. Dufrène, de M. Lelièvre, de M. Bénédictus, que reste-t-il? Bien peu de choses en vérité, et surtout, pas de tentatives nouvelles, pas de progrès marqués sur les expositions
précédentes.
Et du reste, n'est-ce pas là la caractéristique des sections d'objets d'art aux Salons de 1903, A savoir que la moyenne des envois y est honorable, le niveau d'art satisfaisant, sans plus............


1903  Edmond a 32 ans et se cherche encore, alors... dans la revue de la BJO 

Ce n'est pas la première, fois que nous reconnaissons que M. Edmond Becker a beaucoup de talent ; il l'emploie avec une prédilection marquée à sculpter des petites pendules délicates, raffinées, c'est parfait; je vois, de lui.aussi, de petites coupes.délicieusement décorées,: que je trouverais charmantes, si, à mon sens, elles n'étaient trop japonaises.
Pourquoi M. Becker ne laisse-il pas aux Japonais le soin de faire du japonais ? Pourquoi ne veut-il pas penser toujours en Français et employer son talent à créer des petits chefs-d'oeuvre français? Il y réussirait mieux encore.





En 1904 dans la Chronique des arts



Becker est un touche à tout, du moment qu 'il dessine, sculpte, et cisèle , ainsi en 1904 il réalise des lampes "électriques"


1904

Lampe de table circa 1904
En bronze à patine dorée, base quadrangulaire et corps ornés de motifs floraux. Signée sur la base et cachet du fondeur Susse Frères. H. 45 cm
Provenance :  Gaston Doisneau (1884-1914, sculpteur et graveur, membre de la société des Artistes Français et des Artistes Décorateurs) Dans la famille depuis et transmis par descendance. 
Usures de la patine, électrification fonctionnelle à réviser, abat-jour d'origine en soie verte cassé et usagé



EDMOND BECKER en 1904...Médaillon en pâte de verre, têtes de fillettes en blanc sur fond bleu, avec une croix de Lorraine émaillée en pendentif. Titré le retour. Signé. Poinçon tête d'aigle. H.: 3 cm.
On voit le mot "Retour"  sous entendu de l' Alsace et la Lorraine qui avaient été annéxées par les Allemands après la guerre de 1870 .

"Deux provinces écartelées ;
Strasbourg en croix, Metz au cachot ;
Sedan, déserteurs des mêlées,
Marquant la France d'un fer chaud "

L'Alsace et la Lorraine, territoires du Saint-Empire romain situés entre la Meuse et le Rhin, ont été annexés par le royaume de France entre les xvie et xviiie siècles. Ces mêmes territoires ont fait l'objet d'un rattachement à l'Empire allemand au xixe siècle, puis au Troisième Reich au xxe siècle, avant de redevenir français.


Un ami me transmet cette médaille de Edmond Becker  qui fut un bijou Alsacien  elle est en argent.



Ell se trouve sur son site  www.bijouxregionaux.com". là encore, très beau relief.





Sur le site de vente https://www.1stdibs.com qui vend toujours de beaux bijoux
Edmond-Henri Becker Pendentif Belle Époque Pâte de Verre Diamant Platine


 On peut voir au centre-gauche la marque de Becker et admirer le relief , car c'est une pâte de verre




Vase ovoïde en bronze à patine brune figurant une rascasse sur fond végétal aquatique. Signé E. Becker. Vers 1905. H : 28 cm



Une remarque :  ce porte bouquet  que j ai trouvé dans une revue de 1905  avec des écrevisses est en bois sculpté et les anses sont en jade et vermeil, quel était le légume ou le fruit?(dommage que nous n'ayons pas la couleur) et comparons avec celui du dessous



Et ce vase qui est en bronze avec  des homards ? crevettes roses et fraises en relief.  Signé Susse Fres., Paris et Becker



Becker apparemment a repris l idée , n'a pas mis d'anses, et d'après ce qui est noté sur le vase au lieu de sculpté le bois, l aurait peut être réalisé en pate a modeler ou glaise et aurait fait un moule pour le tirer en platre???
La galerie Robert Zehil à Monaco présentait  de coffert de Edmond
“FRAISIA” BOX, CIRCA 1905  Patinated gilt bronze,Signed Becker and Susse (le fondeur)Edt Paris 7.5 cm. high  20 cm. wide  11 cm. deep
Illustrated in the catalogue of Susse Frères.

Pour ceux qui désirerait ce catalogue intéressant de la maison Susse je peux leur transmettre en PDF NDLR




1908 expo franco-Britannique Becker habite 50 rue saint Antoine



Le 50 rue saint antoine est à droite de la photo , et à gauche, l' hôtel de Sully et emplacement du carrousel du 30 juin 1559, ou le roi Henri II fut blessé à mort par le comte de Montgommery, dans un tournoi



En 1908 page du second livre des monogrammes



1909 dans Art et décoration



1909 le mythe de Jeanne d'Arc a été developpé  et restauré

Jeanne d'Arc connaît son âge d'or depuis la Restauration des Bourbon jusqu'au Second Empire qui voit son mythe s'épanouir avec le « patriotisme moderne » : la gauche s'approprie sa figure romantique de fille du peuple trahie par le roi et brûlée par l'Église, tandis que la droite loue la ferveur catholique et monarchiste de la Pucelle.  Après la guerre franco-allemande de 1870, Jeanne devient la « bonne Lorraine » sous la Troisième République et la biographie Jeanne d'Arc d'Henri Wallon, qui connaît quinze éditions, présente une Jeanne catholique et républicaine. 

1909 l'atelier de Edmond Becker est définitivement au 6 rue Beautreillis à Paris
J ai eu cette précision de la bouche de Michel Brasier qui a bien connu Edmond Henri Becker et aussi l attelier du 6 rue Beautreillis.




Dommage c'est tout ce qu il reste de l'Hotel Raoul , au 6 rue Beautreillis et dans quel etat!!



Voici, photographié par "Atget" le portail de l hotel Raoul , il était propre, il y avait des réverbères au gaz et des fontaines d'eau publiques
Victorien Sardou y naît le 5 septembre 1831 rue Beautreillis, Jim Morrison meurt dans un appartement de l'immeuble situé aux nos 17-19, en 1971.



Cette horloge aux Dauphins était au 6 rue Beautreillis,  l Hotel ayant été détruit en 1961, l horloge a été déplacée sur l un des immeubles qui ont été reconstruits à la place.



Edmond Becker est profondément Catholique et il va suivre ce mouvement, il dessine , sculpte des médailles à l'effigie de Jeanne , elles sont fabriquées en or , mais il faut toucher toutes les couches de la société, et Mr Savard le patron de la maison "FIX" qui fabrique un plaqué or  Laminé exceptionnel, depuis 1823, va se lancer dans la fabrication de médailles  symboles d une droite française. Edmond Becker est bien placé pour prêter son talent a ces fabrications




 Elle est utilisée comme symbole de l'union nationale lors des deux guerres mondiales mais aussi comme fétiche anglophobe par le régime de Vichy. 
Aux débuts de la Grande Guerre, c'est le leader de la droite nationaliste, Maurice Barrès, député et chantre de l'Union sacrée, qui relance la proposition en déposant en décembre 1914 un nouveau projet de loi. Pour lui, l'institution d'une fête de Jeanne d'Arc est nécessaire.
« Son culte est né avec la patrie envahie ; elle est l'incarnation de la résistance contre l'étranger. »( Wikipédia)




Président de la Ligue des patriotes après la guerre, Barrès revient à la charge et tente une habile synthèse entre les divers concepts entourant le personnage de Jeanne.
Le projet est voté le 24 juin 1920, soit à peine un mois après la canonisation de Jeanne par le pape Benoît XV. Jeanne d'Arc (et non Sainte Jeanne) sera donc fêtée par la République le deuxième dimanche de mai, anniversaire de la délivrance d'Orléans. Ce n'est évidemment pas par hasard que le gouvernement laïc de Millerand (majoritairement de droite mais comprenant des radicaux) a choisi cette date précédant de quelques jours la date de la Sainte Jeanne d'Arc fixée par l'Église catholique au 30 mai, anniversaire de sa mort. Et c'est le ministre de l'Intérieur Théodore Steeg, radical, fils de pasteur protestant, qui signe la loi instaurant cette nouvelle fête nationale.




Broche en or 750/1000°: la femme au paon: Edmond-Henri Becker et Paul Richard , au revers il y a deux anneaux pour monter la broche sur un collier et un crochet pour suspendre en pendentif: Poinçonné P. Richard & E. Becker. 25,5 g.



1910 avers de la médaille Alleluia 

C'est le nom qui se trouve sur le site de la RMN pour cette médaille qui est exposée au musée d'Orsay, c'est une médaille en bronze, une grande médaille.
Plus tard Edmond Becker en fit une médaille qui eut d'ailleurs un grand succes de vente mais qu il rebaptisa "l'Angélus" (ci-dessous)





C'est aussi en 1910 que Edmond Becker se déclare orfèvre avec le statut de "fabricant artiste", ce poinçon servira jusqu'en 1946, Edmond aura 75 ans




1911 dans la Vie artistique, Edmond Becker obtient une médaille de 1 ère classe, avec Feuillatre. Edmond a 40 ans



Becker touche a tout, mais un homme aussi complet dans sa formation, peut  tout dessiner , et cette épée en 1911 est destinée à Henry Rougon qui a été élu à l académie Françaises




L épée sort des ateliers de Gustave Roger Sandoz:
Elle a été ciselée par Edmond Becker et la lame est dûe à l'armurier très célèbre à cette époque Mr Gastinne Renette




Tous les symboles attachés à la personne de  Henry Rougon ont été représentés sur cette épée






Exposition de la Parure précieuse de la femme (1908). —
L'exposition de la parure précieuse de la femme offrait de très graves difficultés d'exécution.
Réunir, grouper, présenter, choisir de façon intelligente une sélection de tous les objets dont la femme se pare, dans le cadre, délicieux il est vrai, mais plutôt restreint du musée Galliera, cela n'offrait-il pas des difficultés insurmontables, n'était-ce point courir à un échec presque certain ?
Il n'en fut rien cependant et, sans pouvoir être taxé d'exagération, on peut affirmer que la manifestation de 1908 ne le céda en rien aux précédentes et même étonna les visiteurs par la variété inattendue des pièces exposées, l'éblouissante richesse des vitrines, la nouveauté et l'originalité des formes décoratives.
Et loin de ressembler comme on pouvait le craindre à une boutique de bijouterie, le musée sortit victorieusement de cette épreuve un peu hardie.
C'est que non seulement on y admira des bijoux : peignes, broches, pendentifs, épingles, sautoirs, colliers, bagues, boucles, bracelets, etc., mais aussi des ceintures, des écharpes, des voiles, des ombrelles, des glaces à main, des flacons de sels, des éventails, des broderies, des boutons, des boîtes à poudre, des cols de dentelles, des rabats, des mouchoirs de Chantilly ou d'Alençon, des missels,. jusqu'aux coiffures de théâtre !
Cette grande diversité d'objets choisis avec soin, dans une note très moderne, jointe à la multiplicité des matières employées, sauva l'exposition de la monotonie, lui communiqua une vie propre, une sorte de vie multiple frémissante et quelque peu versicolore.
Les envois les plus remarqués furent ceux de la maison Boucheron, qui exposa des merveilles, de M. Lucien Gaillard, 
où triomphaient à la fois la forme et la somptuosité ; de M. Lionel Le Couteux, qui sait si bien marier l'or à la nacre; de M. Charles Rivaud, aux vigoureuses harmonies ; de la maison Vever aux émaux admirables, du comte du Suau de la Croix avec ses émaux translucides, de M. E. Lelièvre, de Henri Hamm, un spécialiste de la corne.
C'est encore Edgard Brandt et les frères Nies, créateurs des bijoux forgés, Feuillâtre et Paul Bonnaud et leurs émaux; ce sont les belles expositions de Charles Boutet de Monvel, d'Edmond Becker, R. Bouvet, Henri Dubret, G. Fouquet, A. Fourain, Jorel, Mme Lecreux, Ch. Lefebvre fils, Paul Liénard, Franck Scheidecker, Vernier, etc., etc.
Il faudrait citer tout le catalogue pour ne pas commettre d'injustice.







Becker dessine même cette pièce de monnaie en 1913,IIIe République, fonte uniface, projet d'avers pour l'essai de 25 centimes, par Becker, 1913 Paris



Dans le "Gaulois" en 1915



1916 dans la Chronique des arts et de la curiosité



1916  Les trois artistes choisis sont Becker, Nocq et Vever


1919 chronique des arts et de la curiosité
Les fêtes avaient commencé la veille par la remise, sur la place de l'Hôtel-de-Ville, de trois épées d'honneur offertes par la Ville de Paris aux trois maréchaux de France : celle du maréchal Joffre, due à M. Henry Nocq ; celle du maréchal Foch ciselée par M. Henri Vever; celle du maréchal Pétain, œuvre de M. Edmond Becker. (Une autre épée d'honneur, due au ciseleur parisien Falize, fut offerte également au maréchal Foch par la ville de Liège lors des fêtes de la Victoire qui eurent lieu en Belgique les 22 juillet et jours suivants.) Le 12 juillet avait eu lieu à Versailles la remise par la municipalité de cette ville au maréchal Foch d'un « laurier d'honneur » consistant en un bas-relief de bronze dû au sculpteur Georges Bertrand.



C'est l'épée du maréchal Pétain offerte par la ville de Paris, dessinée et ciselée par Edmond Becker.

Ville de Paris - épée d´honneur du maréchal Pétain par Edmond Becker
L´ILLUSTRATION n° 3984 12 Juillet 1919
Son oeuvre est d´un parti résolument "art moderne". La Ville de Paris, enveloppée dans les plis du drapeau français, tend, de ses bras levés, la couronne de lauriers destinée au vainqueur; elle est debout sur le vaisseau symbolique de son blason, dont la figure de proue reproduit le coq gaulois, et son svelte corps est la fusée de l´épée dont la couronne forme le grêle pommeau et la nef sa garde.
Sur la coquille externe, les armes de Paris sont reproduites, en émail champlevé, vieux travail français. 
Et les sept étoiles de brillants constellent, ici encore, l´arc de garde, qu´encercle, au milieu, un bandeau de platine cerné de deux couronnes de lauriers et gravé des deux grandes dates de la guerre: 1914 1918. 
La coquille pliante porte les armes de la nef, émergeant d´une palme. 
La chape qui couronne le fourreau de maroquin bleu - la couleur du bâton de maréchal - se pare d´un motif à la courbe élégante, tandis que le bouton d´arrêt du porte-épée est constitué par une fine médaille représentant la Victoire.




Edmond participe a ce salon, il semblerait que celui qui a dessiné la couverture ait eu un problème pour placer le mot "Société"!!!



Il exposait cette statue intitulée "On ne passe pas"



Etait-ce cette statue du poilu , en or, qui avait été offerte au Maréchal Pétain?



1920 Medaille "En plein ciel" en vente chez Fabian de Montjoye: 



Le site americain " Worth" revend cette médaile, un des exemples parmi tant d'autres de la collaboration de Edmond avec la maison Savard (Bijoux Fix)
Ce pendentif de médaille Art nouveau français représente Sigurd d'un côté (nom nordique de Siegfried le tueur de dragon) et un cor de chasse de l'autre côté. Il est signé par Edmond-Henri Becker, un artiste de l’art nouveau bien connu. Il a été exécuté par FIX bijoux France, une firme spécialisée dans les bijoux plaqués or similaires au double américain. Ce pendentif a été fabriqué dans les années 1920. Bon état, pas d'usure pour le placage d'or. Marques: Marque du fabricant d'un côté, FIX au revers Poids: 5 grammes
Diamètre: 1 pouce (2,7 cm)



Signature de Becker on voit les marque d usure du placage or




Au centre le poinçon carré pour le plaqué, ou doublé or français et sur le coté la marque FIX



1921 dans l annuaire Didot Bottin


1921 dans le journal "Le Rappel




Belle épée d'académicien de Monsieur Pierre de NOLHAC. revendue par l'étude de Maitre Ader Monture entièrement en vermeil. Pommeau ciselé en ronde-bosse du visage de Laure de Sade, muse du poète Pétrarque. Fusée à décor à l'avers des armoiries de Nolhac («D'azur au château d'argent, au chef de gueule portant une étoile d'argent entre deux fleurs de lys d'or») sous couronne de marquis, encadré de feuilles de vigne et au revers d'une fleur de lys. Garde à une branche et deux quillons inversés finissant en feuillages. Noeud de corps daté «1923»; année de la remise de l'épée. Clavier en coquille asymétrique ciselé d'une vue de la Cour royale du Château de Versailles, de la Chapelle et de la grille royale, d'un visage rayonnant symbole du Roi Soleil, d'une plume et d'une branche de laurier. La tranche du clavier est gravée «A PIERRE DE NOLHAC LES AMIS DE VERSAILLES» et «BECKER Sc Orf». Lame ancienne triangulaire gravée au talon «Coulaux & Cie Klingenthal». Fourreau en bois recouvert de galuchat blanc à deux garnitures en vermeil. Chape à décor à l'avers de branches de feuilles de laurier surmontant une fleur de lys et à l'avers de chutes de feuilles de vigne. Bouton de chape monogrammé «AV». Bouterolle feuillagée. Poinçons tête de sanglier et d'orfèvre. T.B.E. Avec son baudrier porte-épée, en fil brodé noir, doublé de maroquin. Suspentes en moire blanche. Présentée dans son écrin en bois recouvert de papier façon maroquin à garnitures en laiton, portant sur le couvercle une pastille en argent travaillée à jours du monogramme de Pierre de Nolhac. Garni de feutrine en forme et de soie ivoire (manques et traces d'humidité au gainage extérieur de l'écrin). Historique: La Société des Amis de Versailles ayant décidé d'offrir l'épée, la Société des Sciences morales des Lettres et des Arts de Seine-et-Oise décida de ne pas rester étrangère à cette manifestation et participa pour la somme de 1000 francs, somme qui fut couverte en peu de jours. La remise de l'épée eut lieu lors d'une cérémonie intime au musée Jacquemart-André le 18 janvier 1923..
Nommé attaché au musée de Versailles à compter du 3 novembre 1886, il s'y installa avec sa famille en octobre 1887 puis fut nommé conservateur délégué en 1892 puis conservateur en titre en 1895. Il devait le rester jusqu'en 1920, date à laquelle il devint conservateur honoraire chargé de la direction du musée Jacquemart-André. C'est sous son impulsion que le Château de Versailles retrouva sa splendeur passée, de même c'est lui qui insista pour que le Traité de Versailles de 1919 y soit signé. 



Ce monument au mort a été dessiné par Edmond Becker et sculpté par lui assisté de Alexandre Bolloré architecte

Il honore les 150 000 combattants français, italiens et américains morts en Argonne de 1914 à 1918.
Il fut érigé à l'initiative de la comtesse de Martimprey en souvenir de son époux.



Le 30/07/1922 inauguration du monument en présence d une Kyrielle d Eclesiastiques, ce qui me sidère toujours c'est ce Dieu du coté des vainqueurs, car les Allemands, protestants ou catholiques avaient le même Dieu, et les Français le priaient et le remerciaient de les avoir sauvés?????





Edmond Henri Becker en 1927, il a 56 ans


4/1/27, M. [Edmond] Becker, artiste, présente à M. Paul Léon le maître-autel destiné à l'église française de New-York : [photographie de presse] / [Agence Rol]


24/1/27, maître-autel destiné à l'église française de New-York, oeuvre de M. Becker : [photographie de presse] / [Agence Rol]



Une grande vedette française se mariera à l' Eglise française de New York ,c'est  le 20 septembre 1952, elle épouse le chanteur français Jacques Pills en l'église Saint-Vincent-de-Paul de New York. Son témoin est l'actrice Marlène Dietrich, qui a choisi la robe de mariée. L'événement est couvert par plus de soixante magazines.



A mon âge, on se souvient de ces plaques  porte-bonheur ou porte-chance qu' on installait dans les voitures, sur les vélos, ou les tracteurs.

Belle plaque de tableau de bord de voiture ancienne, argent massif poinçonnée au sanglier.
Epoque: Entre deux guerres. 1920 - 1940.
Fabrication de Edmond Henri Becker, sculpteur, orfèvre, joaillier et médailleur français de style Art Nouveau puis Art Déco. 
Cette plaque en très bon état, vierge de toute inscription, est prête à recevoir un nom de propriétaire.Elle possède ses deux écrous en laiton pour la fixer au tableau de bord.
Poids: 33,1 grammes.Longueur total: 7 cm.Largeur de l'emplacement de nom: 2,1 cm.
Longueur de l'emplacement pour le nom: 3,5 cm.Epaisseur de la plaque pour le nom: 1 mm Diamètre de la médaille: 3,4 cm.
Ce texte est du site "Proantic""dont un des partenaires a revendu cette plaque , la plaque existait en médaille de Saint Christophe



1931 c'est la croix du monastère Sainte Odile en France, ou il livra des pièces importantes

La croix originelle contenant des reliques du saint prépuce, provenant de l'abbaye de Niedermunster au pied du Mont Sainte-Odile, disparut pendant la Révolution. Elle est connue par plusieurs dessins. Il faut attendre l'époque moderne et la grande rénovation du monastère de Sainte-Odile pour que l'idée de réaliser une nouvelle croix sur le modèle de l'ancienne se concrétise. Destinée aux processions, elle est réalisée par l'orfèvre Edmond Becker et inaugurée solennellement le 14 septembre 1931 par l'évêque de Strasbourg, Mgr Ruch. L'orfèvre, fidèle à l'iconographie connue par les dessins, réalise une interprétation de dimensions réduites, dans un élégant style néo-roman rappelant les oeuvres du 12e siècle  (RMN)



1932 journal La Croix du groupe Bayard



Eglise du monastere du Mont Saint Odile

région de l' Alsace :Lieu-dit Mont Sainte-Odile :Monastère du Mont Sainte-Odile
Sur le maître-autel de l'église de l'ancien couvent du Mont Sainte-Odile
Or, argent, ivoire, pierre précieuse, émail, verre (coloré), perle
Symbole christique (Christ : pressoir, sang : raisin), sainte Odile,
Ostensoir reposant sur cinq petits pieds rectangulaires portant les armoiries de cinq des grandes villes d'Alsace : Strasbourg, Mulhouse, Colmar, Sélestat et Haguenau


Face de l Ostensoir de Sainte Odile


Dos de l' ostensoir de Sainte Odile

Cette oeuvre raffinée, décorative et nourrie de symbolique est une réalisation d'Edmond Becker, orfèvre à Paris, en 1932. Ses lignes géométriques sont représentatives de l'art des années Trente. Elle a été commandée spécifiquement pour le Mont-Sainte-Odile, comme son iconographie l'indique, pour pratiquer l'adoration perpétuelle instituée en 1931 par Mgr Ruch, évêque de Strasbourg.



1934  Dans le Journal La Croix


1937 La médaille de l exposition universelle



Il cisela de nombreuses médailles de ce genre

Mais venons en aux médailles religieuses Première main chez Cartier, Frédéric Brasier, artisan orfèvre, s’associe en 1938 avec Edmond Becker, pour fonder la société Becker-Brasier fabriquant exclusivement des médailles. Michel Brasier, fils de Frédéric Brasier, dont la fierté est d’avoir été aussi un élève de Becker, suit des études de Bijouterie et travaille quelques années dans les ateliers Cartier. En 1966 il reçoit la direction des ateliers Becker-Brasier. Depuis 2003 c’est la société Saga qui poursuit  la fabrication et la distribution de ces médailles qui sans conteste peuvent être considérées comme les plus belles médailles religieuses et laïques, de par leur finesse d’exécution et le rendu des expressions. 


Comment résumer  un catalogue aussi complet de ses médailles, avec une qualité de gravure et ciselure aussi grande? En effet, quel est le nombre de ces médailles qu' il a créées


La matrice qui va frapper la médaille est aussi importante, bien faite , c'est elle qui témoignera de la qualité de la médaille



Vendu par Osprey Paris 

Sur le site "bijoux des régions de France" grande médaille Becker en vermeil que j ai vendu récemment, 40mm, dingue!




1939 Dictionnaire des peintres

1939: Frédéric Brasier est appelé aux armées, la guerre gronde, il fut fait prisonnier, envoyé en allemagne, il ne rentrera qu'en 1945. Michel Brasier m'a éxpliqué que pendant tout ce temps Edmond Becker s'occupa de la femme et du fils de Frédéric Brasier, une solidarité qui allait au déla de l association commerciale.

Apres de 1946 à 1966  Edmond Becker se consacra entièrement a ses médailles.





1971: C'est la tombe de Edmond Henri Becker. Une de ses œuvres orne sa tombe. Elle représente son fils, mort à 20 ans, et inhumé dans ce caveau.




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Rue de la Paix en 1923

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