mardi 6 août 2019

1900 L'ART NOUVEAU, LALIQUE? évidemment!, mais les autres?

Il y a les "grands" joailliers, ceux dont les intérêts sont développés  par des groupes financiers, mais souvent ils n'ont rien fabriqué, et puis il y a les petits, les oubliés et pourtant leur travail à toutes les époque a été indispensable au développement des styles du bijou!!!!!



Sotheby's  a revendu cette boucle de cape double en argent en partie émaillée, nacre et jade, de Edouard de Martilly,  produite en France, vers 1900. Chaque partie de forme auriculaire à décor de troncs d'arbres, les feuilles émaillées en vert, sur un fond de nacre irisée, avec deux pendants en jade en forme de pommes de pin. 7.8 cm 

Vous ne le trouverez pas dans le Dictionnaire international du bijou,  et pourtant!!  
Boucheron et Chaumet firent des concessions à l'Art nouveau, mais pas Cartier. 
Je vous propose des photographies de l'époque. J'ai retouché du mieux que j ai pu ces photos passées et jaunies. Peu de texte, juste des photos  de 1903 et 1904 après la grande exposition universelle de 1900 à Paris.



Cliquez sur les photospour agrandir tous les documents

Justement  Edouard de Martilly , sur cette planche, quatre bijoux de lui tout à fait comparables aux plus grands  de l'Art Nouveau. 



Edouard De Martilly s'intéressa aussi à la sculpture, voici un bougeoir en bronze "la femme fleur" on peut  voir sa signature, 




Le N° 3 est de Aimé Arnould. J'ai traité cet artiste et éditeur intéressant.  



Aimé ARNOULD. Papillon et tulipes. Entre 1912 et 1922. Collier Art Nouveau en or jaune composé - d'un motif central figurant un papillon aux ailes ajourées, de profil posé sur des tulipes épanouies et d'une fine chaîne alternant brins stylisés et anneaux ovales. Signature sur un élément de la chaîne. Longueur total : 42 cm. Poids brut : 14.11 g (750°/00)



Poinçon de Aimé Arnould



Ces deux pendules, l' une en bois et bronze, l autre en Bronze argenté, sont très intéressantes et ces couverts par Henri Dubret me font penser que je devrais lui consacrer un chapitre, il a essayé de sortir du classique, peut être aurait il pû aller plus loin.



1905 Broche de Henri Dubret revendu par Christie's De forme rectangulaire à décor ajouré en or, figurant des papillons en émail polychrome ponctués de diamants taillés en rose et de grenats, des fleurs et des feuilles émaillées, certaines serties de grenats démantoïdes, d'améthyste et de diamants, dans un encadrement rehaussé d'une ligne d'émail bleu marine, vers 1905, poinçon français, poinçon de maître d'Henri Dubret, montée en broche,Signée Henri Dubret



Poinçon de Henri Dubret en 1904




Les Anglais n'étaient pas en reste , ils avaient créé le style Arts and Crafts pour combattre les effets de l industrialisation.



J ai réuni beaucoup d informations sur Edmond Henri Becker, en particulier sur ces pendules:https://www.richardjeanjacques.com/2019/07/edmond-becker-le-plus-grand-medailleur.html




Poussielgue-Rusand fabriqua beaucoup d objets religieux, il eut le courage d' imposer des objets comme ce calice dans le style Art Nouveau. Une église le possède t elle toujours dans son patrimoine?




Rare calice avec coupe en or 750. Le calice en vermeil, la fausse coupe ornée de trois motifs piriformes en diamants dont cinq disposés en croix sous une frise ajourée d'enroulements à décor de fleurettes. Le nœud composé de huit larges godrons. Le pied rond à décor ciselé de fleurs et appliqué de pierres fines autour d'une croix en diamants. Poids : 524 g. dont coupe en or 154 g. - H. : 25 cm. 
Poussielgue Rusand surtout connu pour ses objets liturgiques fut l'auteur du "Maitre-autel" de l'église de la Sainte Trinité de Paris et de la couronne de lumière de la Cathédrale Notre Dame de Paris. Il reçut le titre de Fabricant de Saint Père le Pape.



A propos de Poussiegle Rusand et sa légion d honneur, un passage du journal intime de Vever en 1898



Il faut savoir que la plupart des légions d honneur sont attribuées par les ministères, chacun ayant un quota à distribuer. Le ministère du commerce par exemple demande aux fédérations professionnelles de lui proposer des noms.
Alors les exploits????
Vever nous montre qu'il faut attendre et savoir attendre, donc Sandoz ne l' a pas eu en 1898 mais il l'a eu en 1902,  en 1908 il est nommé Officier et en  1926 commandeur de la légion d'honneur au titre du ministre du commerce, il avait du rentrer dans le rang des organisations professionnelles.
Mais notre brave Poussièlgue Rusand Fils??? Son père était officier de la légion d honneur décédé en 1889 , il ne semble pas qu' il ait eu cette honneur prédit par  Vever.


D'ailleur Poussielgues  père avait choisi Monseigneur Victor Felix Bernadou, Arhevèque de Sens, Eveque d'Auxerre, primat des Gaules et de Germanie.
Cela se comprend, il fabriquaient surtout des articles religieux.

Mais si nous prenons les Van Cleef et Arpels, Ils ont tous été décorés par l ' intermédiaire du Capitaine Marty , secrétaire du grand chancelier de l'ordre de la Légion d honneur,.
Marty , cousin de René Bousquet (Il est l'organisateur principal de la rafle du Vélodrome d'Hiver de  et de celles d'août 1942 en zone sud. Il dirige également la police française aux côtés de l'occupant lors de la rafle de Marseille, en .)., sut les protéger alors qu' ils étaient juifs quand il y eut la guerre et qu il était prefet de police à Vichy, alors les Arpels,  après la guerre et après que Marty ait été condamné pour collaboration, surent le remercier en l embauchant chez Van Cleef. Pas rancuniers!!!!
Quant à Maurice Mellerio, son dossier n'est pas consultable, mais il ne la méritait pas, voir: 

J en ai discuté de vive voix avec Laurent Mellerio, lorsqu' il m a rendu visite en Avignon et j ai maintenu mon article.




Philippe Wolfers , la maison a été crée en 1812, la famille était d origine Hollandaise, il y aurait beaucoup a dire sur ce Joaillier dont on ne sait si c'est lui qui a influencé Lalique ou l' inverse, à l exposition de 1900 il employa beaucoup les perles, les tourmalines , les agates, les améthystes, les opales, les cornalines, j'avais rencontré son fils à une réunion des Joailliers Français dans les années 1960 .
Il entra dans la petite salle de réunion "Bonjour , je me présente: Wolfers, 300 employés" 





Dessinés par C.R. Ashbee Londres

Ashbee, Charles Robert (1863-1942) Royaume-Uni. 
Né le 1863-05-17  mort : 1942-05-23 Architecte et designer. -  : réformateur social. 



Dessiné par C.R. Ashbee Londres




Wagner: je n'ai écrit sur lui que très peu (provisoirement) figurez vous qu' il eut un ouvrier célèbre , mais plus tard, " l'écrivain Céline" qui fut ouvrier bijoutier chez Wagner allez  sur 

Sur cette planche (ci-dessus) Edouard Monod et encore Henri Dubret




Réunis sur une même page : De Martilly, Boutet de Monvel et Wolfers!!!
Boutet de Montvel, un immense artiste.



MrArthur Gaskin et Mme Acocks Green de Wortestershire



Ces peignes, véritables Bijoux sont de Henri de Waroquier, qui fut un artiste complet, grand peintre, sculpteur, graveur, décorateur.De 1904  à 1906  il expose des  bijoux en Corne certains avec des formes végétales stylisées, Il vécut 92 ans et changea de styles souvent au cours de sa longue carrière.



Boutet de Monvel N° 1 & 2


Je trouve intéressante cette plaque de cou de Ecalle de Paris, 
Ecalle était un Horloger important, toujours au Palais Royal en 1892, responsable important de la chambre syndicale des Horlogers . Puis installé au 19 Boulevard de la madeleine en 1900   Il devient Bijoutier et expose dans les deux disciplines a l exposition universelle de Paris en 1900.


Dans son dossier de légion d honneur  en 1900 il avait 54 ans



Il participe en 1908 à l Exposition Universelle de Londres et pourtant, je n'ai pas trouvé de bijoux de lui




puis René Beauclair : N°4 et 5: J ai déja publié des dessins de lui: 


Il dessina de tout, mais après 1925 se tourna vers l ameublement.


Le N° 6 c'est Paul Emile Mangeant que vous aviez déjà vu en première page 
Peintre, sculpteur et publiciste. - Membre de la Commission départementale des arts et des antiquités de Seine-et-Oise. - A été professeur de dessin à l'Ecole d'horticulture de Versailles


1904 Bijoux en nacre de Paul Emile Mangeant

MANGEANT (PAUL-ÉMILE) Peintre et décorateur français. Il expose au Salon
de la Société nationale des beaux~arts de 1895 à 1914 et, à partir de 1899, exclusivement des bijoux et quelques objets d'orfèvrerie. En 1903, Emile Mangeant indique sa propre adresse, 104, avenue de Paris, à Versailles, et celle de La Maison Moderne, 18, rue Tronchet, à Paris. En 1904, il présente des bijoux en argent dont certains sont ornés de cuirs de Clément Mère et de Waldraff.
Mangeant réalise des bijoux extrêmement construits en argent forgé, repoussé et en nacre, dont les contours très apparents évoquent la tradition anglaise des Arts and Crafts, volumes simples, presque naïfs - peigne hippocampe en
ivoire, boucle violettes, rehaussés de pierres de couleurs sourdes.( E.Possémé)




Deux pendules en cuivre repoussé,d'Alfred Daguet mais réalisées par 'L'Art Nouveau, maison Bing à Paris.






Le Peigne N° 1 est de Henri Dubret. 
Henri Dubret est un sculpteur et bijoutier formé à l'École des Arts Décoratifs de Paris. Il expose pour la première fois en 1897 en tant qu'orfèvre au Salon de la Société des Artistes, puis en tant que bijoutier dès 1899.

Les 2 et 3 sont de Lucien Heurtebise, sculpteur. 

Le 4 est de Edouard Monod qui était: licencié es-sciences, artiste décorateur bibliothécaire de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Orfèvre et ciseleur, ce n'est qu'a partir de 1912 qu' il prend le nom de Edouard Monod Herzen, professeur a l'école des Arts Appliqués, il devient ensuite un grand spécialiste de la Psychanalyse

le N° 5 Georges de Ribaucourt dessinateur , il remporte en 1902 le premier prix du concours organisé par la Revue de la Bijouterie Joaillerie. 




Broche de Lucien Heurtebise qui contrairement à beaucoup d'autres, à l'époque de l'Art Nouveau,  était spécialisé dans l usage des diamants.






1904: En bas à gauche , intéressante pendule de Paul Follot qui était le fils d un fabricant de papiers peints, élève d'Eugène Grasset.  Il commence sa carrière d'après Evelyne Possémé, comme dessinateur de la "Maison Moderne" de Julius Meier- Graefe (d'ou viennent les chandeliers en haut de page)  Il a exposé des bijoux au salons des Artistes décorateurs français en 1905 Participe d'ailleurs a ce salon de 1904  à 1914, (voir le dictionnaire international du Bijou)  


Encrier de Paul Follot, on voit sa signature à droite revendu par Christie's



Miroir à main de Paul Follot revendu par Christie's

Puis pendule de A Waldraff.  Les N° 8 et 9 sont des pendules en porcelaine de chez Bing et Gründahl.

Les N° 5-6-7 sont de Maurice Elysée Dufrene



Vers 1900 il publie un recueil de 24 planches intitulé "Les Bijoux". Je vous présente deux de ces planches, je consacrerai un jour un chapitre à Maurice Dufrene. 
Les N° 5-6-7, sont de Maurice Elysée Dufrene, il était peintre et décorateur, avait fait ses classes à l'école des Arts décoratifs Lui aussi avait commencé sa carrière à la Maison Moderne et certains de ses bijoux y ont d ailleurs été édités a partir de 1901. C'est vers 1911 qu' il rejette  comme son compagnon Paul Follot, l 'esthétique de l'art nouveau, pour l'Art Déco .



Dufrène sera l un des grands décorateurs de cette époque 1925, ci dessus le dessin d une chambre d homme et ci-dessous  deux meubles Dessins publié dans la Revue "Renaissance de l art et l industrie"




Un avis étonnant sur ce qui précède, je l ai trouvé dans le "Vogue " de décembre 1925:
Les Pavillons élevés par les Grands Magasins : Louvre, Galeries - Lafayette, Printemps et Bon Marché, sont peut être un des traits les plus caractéristiques de l'Exposition. Chacun de ces magasins a un atelier d'art, dirigé par un artiste choisi entre les plus célèbres et les plus délicats. M. Poirier qui avait fait sa fortune dans la bonneterie, n'en reviendrait pas. Et c'est peut-être le plus réel progrès depuis le temps où Emile Augier créait M. Poirier. Aujourd'hui, un Maurice Dufrène, un Ruhlmann, un Laprade, un Follot concourent à la fabrication courante, au modèle usuel, au meuble vendu en série.
La vieille idée de Ruskin, qui souhaitait bannir la laideur du plus modeste logis, se réalise. Et peut-être l'homme qui a dessiné avec goût une table ou un fauteuil a-t-il le droit d'en être plus fier que de beaucoup des œuvres qu'il signe. Car un fauteuil sympathique aux reins donne de bonnes pensées à tous ceux qui s'y reposent.

Maurice Dufrène, au Pavillon des Galeries-Lafayette, a fait toute une exposition du goût le plus subtil et le plus neuf. Le plan même du Pavillon, bordé d'une terrasse et limité par une enceinte de grosses colonnes de marbre blanc, est très ingénieux. A l'emploi du marbre blanc s'ajoute hardiment celui du fer forgé. M. Dufrène a même osé une salle à manger très réussie, où le métal joue le principal rôle. Imaginez, entre des murs de stuc bleu, une table de cristal portée par des lames de fer. Pour la desserte, une large console repose pareillement sur un souple bouquet de rubans métalliques, ouverts en éventail. La fenêtre, qui n'est pas moins originale, ressemble à un immense paravent de lumière.
Le plafond est une verrière. L'ensemble, entre gris et bleu et tout pénétré de rayons tamisés, est bien plus accueillant qu'on ne l'attendrait de ces matières inhumaines.......




avec le n°1 et 6 ce cher Charles Boutet de Monvel,cette broche orchidée, et les autres bijoux du N° 2 sont de Henri HirnéVever en a parlé , mais peu: 
 "Dans la même vitrine, une orchidée et des bagues ingénieuses de M. Hirné nous frappent par la beauté de leur coloris et leur exécution irréprochable." et 
"M. Thesmar, en plus de ses travaux habituels si parfaits, a placé dans sa vitrine l'envoi de M. Hirné, qui se compose de bagues ravissantes et d'une grande broche orchidée, impeccable d'exécution et de modelé. Dans la carène de la fleur, entièrement repercée, une couche d'émail rubescent, tour à tour transparent et sur champlevé, exalte l'harmonie des rouges avec le rubis du pistil"

Les N°3 et 4  sont de Gabriel Falguieres , ces bijoux reflètent ce Gabriel et pourtant, le dictionnaire international du bijou cite un Georges Falguieres que je n ai pas trouvé ailleurs , certains ont pensé que cela pouvait s'écrire sans "S" à la fin, c'est sans S que son poinçon a été enregistré, mais ces planches prouvent le contraire???


orfèvre
auteurFalguière, Gabriel
patronyme(s)Falguière
prénom (état civil)Gabriel
professionFabricant bijoutier
initialesG.F.
symbolesune croix de Lorraine
n° de garantieB158
n° de préfecture10525
date d'insculpation23 mai 1888
date de biffage10 novembre 1922
lieu(x) d'activité75
Paris
adresse de l'atelier23 rue Notre-Dame-de-Lorette


1902 d' après Christie's


1904 Gabriel Falguières


Ce bijou a été publié dans la revue de la Bijouterie Joaillerie de 1901 et le rédacteur qui doit être Vever a noté G.Falguieres,  et autant presque toute la profession est citée dans les Cahiers de Henri Vever en 1898, autant Vever ne dit rien de Falguières

Le N° 5 Plusieurs bijoux de Gaston Lafitte, mais il fit beaucoup mieux


Gaston Lafitte


Oeuvres de gaston Lafitte en 1906

J adore l adresse (postale) de Lafitte, il habitait 34 rue de la grande truanderie... membre de la société des Artistes de 1904 à 1904 il aurait même travaillé avec Lacloche.
Le N° 7 est de Jean Louis Bonny: Evelyne Possémé dit de lui  qu il alliait "la grandiloquence de la joaillerie du XIX eme  au répertoire formel de l'Art Nouveau.



L adresse de son magasin


Cette pièce de lui est exposée au Musée du Petit Palais

Lemaire, Georges (Fourquevaux, 19–01–1853 - Paris, 1914), sculpteur
Bonny, Jean-Louis, bijoutier - Joaillier
Date de production: 
Vers 1898
Datation en siècle: 
4e quart du 19e siècle
Type(s) d'objet(s): 
Arts décoratifs, Glyptique
Dénomination(s): 
Médaillon (bijou)
Matériaux et techniques: 
Pierre, Argent
Dimensions - Œuvre
Diamètre : 5.9 cm
Dimensions - Cadre
Hauteur : 11.2 cm
Largeur : 13 cm
Epaisseur : 1.5 cm
Marques, inscriptions, poinçons: 
Signature - Sur le côté : "Lemaire"
Description iconographique: 
Décor de feuillage pour la monture
Représentation végétale, Allégorie des Quatre saisons, Automne, Branche fleurie, Nu féminin, Vendange, Raisin, Vigne




Tout est de Charles Boutet de Monvel





Ces artistes joailliers sont originaires de Pforzheim

Mes connaissances en Allemand étant ce qu' elles sont, je ne puis faire de recherches, mais la planche vaut la peine


N° 6 : Edouard Colonna 
Édouard Colonna, né en 1862 et mort en 1948, est un orfèvre français  ( Bien qu il soit né en Allemagne, ait changé son nom car il se nommait "Klonne" mais il est mort à Nice à l'age de 86 ans). Il fait partie des jeunes artistes découverts par Siegfried Bing, l'un des principaux promoteurs de l'Art nouveau.

Le musée des arts décoratifs de Paris conserve quelques-unes de ses pièces, caractérisées par un style très sinueux

Il fit des études d'Architecture, et quitta l Europe en 1882 pour New York et travailla pour Tiffany, Evelyne Possémé nous précise qu'il partit pour Montreal en 1888 comme architecte, c'est sur recommandation de Tiffany qu' il va travailler pour "Bing" de 1898-99 à 1903  Après la fermeture du magasin "Bing", Colonna retourne au Canada puis New York en 1913 et revint à Nice pour se retirer en 1923. 




C'est à ce moment que se présenta à M. Bing un jeune artiste inconnu avec, sous le bras, un portefeuille tout entier consacré au développement de ce thème : « Lignes décoratives tirées de l'orchidée. » Edouard Colonna, de par l'espèce particulière de son talent, de par toutes les fibres de son cerveau, fut l'auxiliaire prédestiné et apparu à l'heure propice, pour la mise en oeuvre du programme imaginé.



Analysez les quelques spécimens représentés ici. Le plus souvent, le bijou Colonna ne prétend aucunement au rôle d'une somptueuse parure d'apparat. C'est plutôt l'ornement d'un usage familier, s'accommodant au besoin de la sévérité du costume tailleur et des étoiles de drap. Alors même qu'il compose des bijoux d'un puissant effet décoratif, M. Colonna ne cherche pas une magnificence d'effets que pouvaient seuls accompagner l'éclat des corsages de brocart semés de pierreries, les jupes aux plis magnifiques et tout le fastueux appareil des toilettes Renaissance ou Louis XIII. C'est dans l'équilibre parfait des formes, dans la pureté des lignes, que réside le charme discret de ses compositions. On remarquera à quel point la structure élégante et simple de ses pendants, de ses broches, de ses boucles de ceinture, s'harmonise avec la délicate silhouette de la femme moderne, la sveltesse de sa taille, la ligne onduleuse de ses toilettes. Ainsi se trouve réalisé cet accord du costume, du type féminin, avec la parure dont il convient de faire la loi essentielle de l'art du bijou.



Tous les éléments décoratifs des oeuvres de Colonna sont tirés de l'étude des formes végétales. Il n'en est guère où l'on ne trouve une interprétation ingénieuse de la plante, soit qu'elle ait suggéré le motif de la composition, soit qu'elle ait fourni seulement le principe de la ligne et des ornements. Telle broche figure une fleur d'orchidée, dont les pétales sont autant de perles baroques ; tel pendant, une courge encadrée de deux larges feuilles vertes 
tel autre, enfin, offre une combinaison de lignes entrelacées où l'interprétation de la nature se révèle encore dans la souplesse toute végétale des courbes. Nous ne saurions trop insister sur cette conception originale du caractère décoratif de la plante. C'est elle qui donne aux bijoux de Colonna des qualités de style et de distinction qu'on ne saurait puiser dans une imitation servile  la nature.


Est-ce à dire que la plante soit, parmi toutes les créations de la nature, le seul élément offrant un principe d'heureuses combinaisons ornementales ? Dans les ateliers de l'Art Nouveau, on n'a eu garde de restreindre, par un semblable parti pris, l'essor des artistes. S'il est indéniable que M. Colonna semble vouer un culte un peu exclusif aux beautés plutôt linéaires du monde végétal, nous voyons que M. Marcel Bing ne craint pas d'enfermer, par contre, en ses jolies silhouettes, tantôt quelque gracieuse effigie humaine, tantôt quelque forme habilement choisie parmi les mille variétés de la gent animale.




Mais un même principe sert de guide aux deux artistes, plus rigoureusement et plus facilement applicable,..applicable dans l'ordre des sujets où se meut le talent de M. Colonna, que dans le domaine préféré de M. Marcel Bing. Aucun bijou sortant des ateliers de l'Art Nouveau, qui ne marque la volonté de subordonner toute autre considération au souci des lignes harmonieuses et bien ordonnées. C'est surtout cet ordre de recherches qui a poussé M. S. Bing à fournir sa part de contribution au mouvement transformateur dont l'art de la bijouterie s'enorgueillit à notre époque. C'est le désir d'arriver, par une stylisation raisonnée des formes naturelles à ce parfait équilibre des masses, à cette synthèse rythmée de toutes les parties d'un objet, à cette répartition logique des pleins et des vides, seuls capables de procurer à l'oeil un point de repos. Cette façon de comprendre le bijou interdit évidemment l'espoir des fascinations éblouissantes de la première heure, dont bénéficient les compositions où la libre fantaisie s'est donné pleine carrière. Mais, en revanche, un autre résultat, et non moins enviable, s'obtient : au lieu d'exposer ses productions aux dangereuses atteintes d'une lassitude qu'entraînent souvent les premières attirances trop impératives, on parvient à les pénétrer de ce durable charme d'intimité, qui devrait être la vertu dominante de chaque objet destiné au contact journalier du regard.(Revue de la bijouterie Joaillerie 1901 )

Puis un témoignage de Henri Vever qui écrivit dans son journal intime de 1898:

par cette fin de belle journée d'ete, le coup d'oeil est feerique. Je reste en extase, en silence, savourant la douceur et l'harmonie de ces tonalités si variées de bois de champs de plaines, et cet horizon infini légèrement brumeux et doré. Il y a de quoi rendre rêveur le plus endurci - Les convives sont, en plus de moi, Mr de Radicikez [sic]directeur du Musée de Buda-Pesth, un homme charmant, parlant le français avec une correction et un charme rares, et Mr Colonna, un
jeune Canadien(?????NDLR) qui dessine pour Bing ses bijoux (flacons et broches) Art nouveau - Il y a aussi Mlle Jacobsen l'ancienne gouvernante des
Bing qui est très intelligente et très aimable et qui s'occupe beaucoup des affaires de Mr Bing. La conversation ne tarde pas à être intéressante, on parle Art nouveau, tendances nouvelles, exposition de 1900 etc. J'ai la conviction que nous sommes à une époque très rare, j'allais dire unique,  la production d'œuvres d'art nouvelles. Tout le monde est saturé, dégoûté, écoeuré, de voir rabâcher depuis tant d'années les vielles rengaines des styles Louis XV et
autres, on commence à n'en plus vouloir, coûte que coûte, on veut réellement du nouveau. On commence à en produire, ce mouvement se dessine avec une rapidité inouïe, surtout depuis deux ou trois ans (Liberty, Lalique, Tiffany, Grasset, Cheret, Gallé, etc. etc...). On verra  en 1900 l'ensemble de ce mouvement rénovateur, dans toutes les branches de l'industrie d'art


N°7  je trouve très beau ce coffret à bijoux de Georges  de Ribeaucourt, parmi certains excès de l'Art nouveau , ses lignes sont une réussite
Ribeaucourt , élève de l'école des arts décoratifs, s'était d abord orienté vers le dessin industriel.


Puis en 1902 il gagna le premier prix d un concours organise par la Revue de la bijouterie Joaillerie Orfèvrerie, 



1903 belle pendule de De Ribeaucourt, observez le balancier.
En 1902 il expose une collection d objets d'art et des dessins de bagues prêtées par Sarah Bernhardt (Evelyne Possémé) Il aurait également travaillé avec la maison Arthus Bertrand.


Bague de  De Ribeaucourt



1906 sur des dessins de De Ribeaucourt




Boutet de Monvel, je l'ai cité dans cet article.

mais Georges Bastard non! C'est un tabletier,  qui est issu d'un longue lignée de tabletiers depuis le XVII eme siècle, mais il suivit d'abord les cours des Arts décoratifs.
Après être retourné chez son père ou il continua son apprentissage sur  la nacre, l'ivoire, l'écaille, les pierres dures, le jade et même le corail , il crée des objets Art Nouveau , avant de rencontrer un réel succès a l exposition de 1925 pour ses éventails. C'est un grand artiste qui travailla avec d'autres grands artistes.


Il dépassa l art des tabletiers ici une broche en nacre et perle , 1906 revendue par l'excellent antiquaire de Monaco Robert Zehyl


Autre broche en nacre de Bastard chez Robert Zehyl


Eventail de Georges Bastard en 1912



1913 ce bel éventail de G.Bastard parfaitement réussi, mais de facture Art Nouveau, il se trouve au Musée d'Orsay.


Alors que ces deux là, datant de 1927 (publié dans art et décoration) sont Art déco  et superbes , taillés dans de la nacre



Je n'ai trouvé que peu de bijoux à vous montrer  de lui , pourtant , il en fabriqua de très intéressants. ceux ci datent de 1927



Ce beau BRACELET en nacre (burgau) taillée et sculptée. 1925 Signé G.Bastard. Diam. 9 cm (3.5 in.)  a été revendu par la maison Artcurial



Ci dessus et dessous , travaux des élèves de l'école d'art appliqué de Prague en 1903 et 1904




Peintre, Sculpteur , créateur Allemand, Franz Boeres né en 1872 rentre comme modeleur en 1886 à Hanau dans une fonderie. c'est en 1904 qu 'il exposera ces bijoux dessinés pour Fahrner de  Pforzheim a l exposition de Saint Louis.


Il dessina du mobilier avec son style particulier, ses pièces contrastent avec les formes végétales du style Art Nouveau



Il associe l'argent et les émaux bleus , le plus souvent


Ce collier a été revendu par mes amis de la "Gallery Tadéma" de Londres



Franz Boeres fit partie du mouvement "Jugendstil" (équivalent en Allemagne de l'Art nouveau) qui est un mouvement artistique moderniste international embrassant toutes les disciplines à la fin du XIX eme siècle.
Le Jungen, est un mouvement global qui est apparu à Vienne dès la fin du XIXème siècle. Le Jungen, définit un mouvement « moderne », s’articulant autour de la « jeunesse » viennoise, qui se caractérise par un choc des générations et un contexte politique viennois libéraliste. Le Jungen concernant d’abord la culture, la philosophie ou la politique, va rapidement s’étendre aux arts, et va faire rupture avec un passé académiste.




Mais Franz Boeres associe souvent aussi de l or avec du Bleu ou du Violet



Toute cette page est consacrée a Georg Jensen, pour qui j' ai écrit un chapitre du blog: https://www.richardjeanjacques.com/2019/02/georg-jensen-lun-des-orfevres-les-plus.html

Ces bijoux datent de 1904, Georg Jensen débute à son compte, à Copenhague cette année là, cette page est très Art Nouveau et ne ressemble en rien au style qu' on lui connaîtra  quand il deviendra l'un , sinon le plus grand nom de la Joaillerie Danoise. Cette année là , il avait bénéficié d' une exposition personnelle au Musée des Arts décoratifs  de Copenhague.
Il passera deux année en France, à Paris entre 1924 et 1926 où il tentera d ouvrir un atelier, finalement il rentrera à Copenhague.



Emile Sedeyn écrivit à son propos en 1914:
« Ce qui caractérise l'œuvre de M. Jensen, c'est quelle nous vaut des objets vraiment usuels, qui sont en même temps des pièces d'art émanant directement de l'artiste, sans intermédiaire des procédés mécaniques, si nuisibles au charme du modèle le plus réussi.
Orfèvre, M. Jensen se refuse à confier à une interprétation mercenaire la réalisation de ses modèles; il reprend pour son compte ces anciens procédés manuels et ces outils simples et rationnels, dont l'artisan n'est pas esclave, mais le maître. C'est pourquoi ses œuvres si neuves, si fraîches, si franches de formes et de lignes, possèdent, en outre, des qualités de grâce et de noblesse que l'on se résignait peu à peu à ne trouver réunies que dans les pièces anciennes."




Ce sont des bijoux de  Frederick James Partridge (1877-1942) qui étudie à la Birmingham School of Art. Il est membre de la Barnstaple Guild of Metalwork et travaille avec Ashbee à la Guild of Handicraft à Chipping Camden. Il avait un atelier à Branscombe, dans le Devon, et s'installa vers 1910 à Dean Street, Soho, où il créa entre autres pour Liberty & Co
.
On le surnommait le "Lalique Britannique" Sur cette page , que des peignes sauf la broche N°8 qui attire toute mon attention.





Ce bijou date de 1905 et c'est à la Tadéma Gallery de Londres que vous pourriez l acquérir, 



Ce bijou, retourné, permet de voir la signature (FJP) de Frederick James Partridge.



Tiare en Corne et pierre de lune de Frederick James Partridge



1905 autre bijou de Fred en émail, argent et perles

Cette époque  "Art Nouveau" nous enchante, nous nous apercevons que ces bijoux étaient distribués dans des circuits souvent parallèles, et dans quelques grandes maisons mais à l'époque dans les années 1905 à 1915 que vendaient les bijoutiers?



Vever Rue de la Paix


Vous remarquerez que Chez Vever ou Mellerio, peu de pièces sont exposées en vitrines, à cette époque vous verrez aussi  que Mellerio n'était pas au 9 rue de la Paix mais au 16, à coté de Vever, en face de Cartier



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Vever , Mellerio,  Boucheron, Vaubourzeix,  étaient rue de la Paix, mais un bon bijoutier Horloger de centre de Paris où de quartier, que vendait il?




J ai écumé(un peu) les archives de la Bibliothèque nationale, à la recherche de bijouteries parisiennes , par exemple celle ci:  
La Maison E. Bailly, tenue par Mr Et Madame Leforestier.



Ne cherchez pas de nos jours ce "grands Magasins de Joaillerie" il semble que l' immeuble a été détruit avec la percée du centre Pompidou.
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Mr Leforestier avec sa blouse d horloger vendait des colliers, des croix, des chaines, des médailles, des montres de poche et surtout des montres de poches "Omega"




Il vendait aussi des huiliers, des cafetières, des théières, des soupières,  pas tellement Art Nouveau


Mr et Mme Leforestier vendait aussi des cadeaux, des pendules (louisXV-Louis XVI, des cadeaux en porcelaine et autres,  des chandeliers et des statues en bronze!!!! Ce sont ces dernières qui sont à peu près époque 1900.
Apparemment l'esprit Art Nouveau ne les inonde pas.


Cette autre affaire, 1907 , la maison des perles à, Paris, neuf et occasion




L exposition Universelle ne les avait pas influencé dans le choix de leur offres?
Et pourtant, lisez mon article sur un grossiste fabricant de l époque, un gros effort avait été fait pour s'inspirer du courant Art Déco, c'était aussi en 1907.



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Rue de la Paix en 1923

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