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samedi 3 février 2007

Bijoux en Cheveux !!!



Je collectionne, entres autres, les mini-boites, de toutes formes, mais de moins de 6 cm de diamètre.

A l'intérieur d’une très jolie petite boite en carton, on peut lire, écrit à la main.
« Premiers cheveux d’Yvonne à l âge de 25 jours. »



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Combien de Mamans ont gardé une mèche de cheveux de leur bébé ?
A l’exposition, présentée au Musée de Malmaison en octobre 2004, figuraient des bijoux fabriqués avec des cheveux.

« Marchand conservera mes cheveux et en fera un bracelet avec un petit cadenas en or pour être envoyé à l impératrice Marie Louise, à ma mère et chacun de mes frères et sœurs, neveux, nièces, au cardinal, et un plus considérable à mon fils »
Signé Napoléon 1er
On trouve fréquemment au XIX eme siècle ce type de bijoux dans lesquels on incorpore les cheveux du défunt.
Mais, Constant, le valet de chambre de Napoléon, dans ses mémoires relate aussi l’histoire d’une bague offerte par l empereur à Marie, (Marie Walewska ?) Elle contenait « les beaux cheveux blonds » de cette marie, et à l ‘intérieur était gravé :
« Quand tu cesseras de m aimer, n’oublie pas que je t’aime »



Broche de deuil en or, cheveux et cristal de roche figurant les initiales M.S. et l’inscription "borne March 19 day 97 years dyed may 27 99 years." Vers 1690 vente Sotheby's


C'est au XVI ème siècle que l'on voit paraître pour la première fois, les bracelets de cheveux, portés indistinctement  par les femmes comme par les hommes. Le poète Théophile Viau, dans sa "Plainte à un sien amy" , pendant son emprisonnement dans la tour de Montgommery, dit, en parlant des plaisirs de la campagne

Là, d une passion, ny ferme, ny leger
Jaurais donné ma flamme aux yeux d une bergere
Dont le coeur innocent eust contenté mes voeux
D'un bracelet de chanvre avecques ses cheveux

A l époque d'Henri IV Théodore Agrippa d'Aubigné  dans une bataille, combattait corps à corps contre le capitaine Dubourg. Au plus fort de l'action, d'Aubigné s'aperçut qu'une arquebusade avait mis le feu à un bracelet des cheveux de sa maltresse, qu'il portait à son bras aussitôt, sans songer à l'avantage qu'il donnait à son adversaire, il ne s'occupa que du soin
d'éteindre le feu et de sauver ce précieux bracelet, qui lui était plus cher que la liberté et la vie. Le capitaine Dubourg, touché de ce sentiment, le respecta; il suspendit ses coups, baissa la pointe de son épée, et se mit à tracer sur le sable un globe surmonté d'une croix.

Tallemant des Réaux parle de ces bijoux dans plusieurs de ses Historiettes, et le même auteur, à propos de Souscarrière, fameux galant du temps de Louis XIII, raconte que la belle Anne Rogers 
« avoit donné un brasselet de cheveux à Villandry, et qu'il y avoit eu des rendezvous"



Cette époque était si sentimentale d'apres Madame De Genlis dans son dictionnaire des étiquettes.

« Notre époque est si sentimentale, dit à ce sujet Mme de Genlis, qu'il n'y en a certainement jamais eu où l'on ait tant fait de bracelets, de bagues, de chiffres, de chaînes de cheveux. On a vu des femmes
porter des ceintures des cheveux de leurs amants. Nos grands-pères et nos grand'mères étaient loin de cette touchante prodigalité de cheveux. »

La mode de porter, par affection ou par superstition, des bracelets de toute sorte, est assez ordinaire en Russie parmi les hommes. C'est ainsi que le grand duc Constantin porte constamment, même en voyage, un bracelet au poignet, fait avec les cheveux de sa femme, la grande duchesse Alexandra.
Bien que ce culte des cheveux soit attesté depuis la renaissance, c’est au 18 eme siècle que cette vogue à repris, pour atteindre son apogée sous la monarchie de juillet.









C’était devenu une mode, mais cela provenait aussi, comme on le voit plus haut d’un état sentimental. Ce fut essentiellement une mode citadine, mais qui s’étendait à toutes les couches de la société. Au 18 eme la Normandie était le principal fournisseur de cheveux, puis la Bretagne ou les jours de grand pardon, les marchands trouvaient des têtes à tondre.



Bracelet de la Reine Hortense début du XIX Musée de la Malmaison

Bracelet constitué de sept segments de cheveux bruns tressés terminés par des embouts en or ciselé, articulés à sept perles de turquoises dont l’une, plus grosse, orne le fermoir à cliquet.


La plupart des bijoux en cheveux, bracelets colliers et bagues sont fabriqués a partir de tresses réalisées sur un métier à fuseaux, ces tresses une fois terminées étaient rigidifiée en les trempant longtemps dans de l‘eau bouillante. Les bijoutiers les montaient sur un support en or pour mieux résister à l épreuve du temps. Il fallait trouver un bijoutier de confiance pour être sur qu’il ne mélange pas les cheveux de la personne chérie avec ceux d’une autre.

mercredi 25 janvier 2023

BIJOUX DE DEUIL: en fontes de fer, où en fontes de Berlin.

Perpetuer le souvenir d'un être cher, il faudrait remonter à Richard II et la guerre de cent ans, puis aux Méménto Mori, à la Reine Victoria? Mais il y eut aussi le Jais, le Bog Oak, le buis, l'acier, l'onyx, l'émail noir, puis ....au XIX ° siècle, les fontes de fer.


Peigne-diadème: La naissance d'Athéna - Allégories du jour et de la nuit - Mariage d'Eros et Psyché

Les premiers exemplaires de bijoux en fonte, modéles géométriques de fils entrecroisés, generalement émaillés de noir, sont réalisés en 1798 par la fonderie royale de Gleiwitz (Kénigliche Eisengiesserei Gleiwitz), en Haute-Silésie, et représentent une tentative pour élargir la gamme de produits clisponibles aupres des armuriers et fondeurs locaux. La fonderie royale de Berlin (Kénigliche Eisengiesserei Berlin) ouvre en 1804, et l’on sait par son inventaire qu’elle commence à fabriquer des bijoux en fonte deux ans plus tard, lorsque Napoleon conquiert la ville. En 1808, l’inspecteur général de Villefosse, séduit par la qualité des fonderies allemandes, leur soustrait un grand nombre de leurs moules originaux, dont ceux des bijoux en fonte, et les envoie en France  afin de les faire étudier et utiliser .



1806-1807

C’est en 1806 que la fonte de fer de Berlin apparaît. Ce sont les fonderies royales prussiennes qui ont lancé cette collection osée et excentrique de bijoux en fer noir.
Ces fonderies royales ont été construites à partir de la seconde moitié du XVIII siècle pour pouvoir concurrencer le fer Suédois qui était, à l’époque, le plus convoité en Europe. Napoleon avait envahi la Prusse, Napoléon n'a mis que 19 jours du lancement de son attaque sur la Prusse jusqu'à son entrée dans Berlin.  La Prusse sortit très affaiblie économiquement de ces conflits qui duraient depuis pres de trois ans 


1807 Napoleon vainqueur de la Prusse à Friedland

Il fut demandé au bourgeois et nobles Prussiens d'aider l'effort de guerre, en donnant leur vaiselle en or et argent et leurs bijoux contre la même chose en moins précieux.
Bon nombre des bijoux en acier de Berlin portent l'inscription : « Gold gab ich für Eisen » 
« J'ai donné de l'or pour du fer » ou « Echangé pour la patrie ».A Berlin, plus de 160.000 bagues ont été échangées à cette époque.
Les centres allemands des objets d'art en fonte de fer, furent Berlin et Gleiwitz (fonderie créée Royale dès 1786). 
Presque toutes les sortes de bijoux furent réalisées en fonte de fer : diadèmes, colliers, bagues, agrafes et boutons.
Mais c'est la manufacture royale de Berlin, inaugurée en 1804, qui lance la mode de ces bijoux en fontes de fer . A la fin des guerres napoléoniennes, la mode des objets en fonte de fer de Berlin perdure en 1814, 40.000 pièces sont produites à Berlin !)et les exportations vont se faire dans toute l'europe .  





Collier Fer et acier - Berlin - 1820-1830 -  
Les bijoux présentent des motifs empruntés à l'architecture gothique (ogives, arcs polylobés) accompagnés de motifs naturalistes (végétaux et animaux) et de motifs classiques (acanthes). Sur certains bijoux, le travail de tressage est d'une finesse extrême. On y trouve également le motif des camées, si prisé au 19e siècle. Victoria & Albert Museum

L'apogée de ces bijoux sera dans les années 1820 et 1830


Paire de boucles d'oreilles, fer de Berlin, papillons ajourés avec pampilles serties sur acier poli, probablement réalisées par Siméon Pierre Devaranne en Allemagne (Berlin), début XIXe siècle
Victoria & Albert Muséum

 Ce genre de hijouterie, en vogue pendant plus d'un demi siècle n'en a pas moins eu, à une époque ou la bijouterie en doublé ou en doré n’était pas parvenue an degré de perfection et de hon marché qu’elles ont atteint aujourd’hui, une certaine importance. L’ Angleterre et la Prusse avaient acquis sur nous, sur ce point, une supériorité que nous étions cependant en droit de revendiqner, car ce n’était que par application de principes émis par Réaumur, qu’elles étaient arrivées a cette perfection dans ce genre dc travail. Pour surexciter le zele dc nos nationaux, la Société d’encouragement proposa des 1805 un prix dont la valeur fut élevee successivement pendant quelques années; l’on vit bientôt cette industrie prendre un nouvel essort, et les bijoux en fonte de fer fabriqués en France purent désormais soutenir la concurrence avec ceux de provenance étrangère. La fonte moulée peut, en effet, dans certaines circonstances, remplacer le fer et l’acier avec de grands avantages au point de vue du prix. Toutefois, les fontes destinées a cet usage devaient remplir des qualités spéciales.


La naissance d'Athéna - Allégories du jour et de la nuit - Mariage d'Eros et Psyché
Auteur: Bertel Thorvaldsen ( Copenhage, 1770 - Copenhague, 1844 ) auteur modèle réalisé après 1810
Berlin (Fonderie Royale de Berlin - Königliche Giesserei von Berlin)Fonte de fer, dite « de Berlin », laque noire cirée, acier doré et poli

Notre grand Savant René Antoine Réaumur qui entre de multiples découvertes inventa des 1730, le Thermometre à alcool  recommanda : 
1° D’éviter la fonte blanche, qui, trop fusible, a le grand  inconvenient de se figer trop promptement et d’etre trop aigre, et les fontes noires qui sont communement poreuses et boursouflees. 
2° De ne se servir que de fonte grise qui presente particulierement les caracteres suivants, qu’il regarde comme ceux de la fonte de premiere qualite, savoir : 
1° d’etre très liquide, mais de ne pas se figer trop vite, afin que la fonte puisse remplir le moule completement; 
2° de ne presenter à la surface aucune irregularité; 
3° de ne pas avoir de boursouflures interieures; 
4° de ne pas tre aigre et cassante apres le refroidissement; 
5° de n’avoir qu’une certaine dureté qui la laisse attaquer par la lime, et de jouir d’un premier degre de malléabilité; 
6° de ne prendre que le moindre retrait possible, pour ne pas altérer les moules et les proportions des pieces délicates. Tout le secret de ce genre de fabrication réside donc dans l’étude préalable de la matiere première que l’on emploie. 




1 Stdibs revend ce collier
Délicat collier en fonte de Berlin. Cette exquise fonte fine a été conçue et exécutée en 1820-1830 environ par une fonderie de Berlin ou de Gleiwitz.

Pour mieux comprendre l intérêt des travaux de Réaumur pour la mettalurgie, je vous conseille ce site:


Paire de bracelets de ferronnerie berlinoise, fonte ajourée, réalisée par Devaranne, Berlin, ca. 1820-1830
Paire de bracelets en ferronnerie berlinoise. Chaque bracelet est formé de sept maillons ajourés passant entre un fermoir qui présente un panneau ovale légèrement convexe d'une gerbe de fleurs dans une bordure de fleurs. Quatre des liens sont centrés par des rectangles avec un motif de couche, les rectangles tenus en haut et en bas par un arc de trois volutes bordées de volutes et de trèfles. Deux liens sont formés d'acanthe au-dessus et au-dessous d'une croix d'acanthe et de fleur de lys centrée par une fleur. Le maillon du milieu est un ovale concentrique de rinceaux centré par la même gerbe florale qui recouvre la prise. Dans un bracelet, les deux sprays ont la même orientation. Dans l'autre, ils sont inversés.  Victoria & Albert Muséum


Variante du bracelet de Pierre Devaranne

La fonte, un alliage de fer riche en carbone
Dans l'industrie, le fer est rarement utilisé à l'état pur. Il entre dans la composition de plusieurs alliages, l'un des principaux étant la fonte. Cet alliage est composé de fer et de carbone à hauteur de 2 % à 6,67 %. Lorsque, dans la fonte, le carbone se présente sous forme de lamelles de graphite, on parle de fonte grise.
Contrairement aux idées reçues, la fonte n'est pas plus lourde que le fer. Elle présente une masse volumique comprise entre 6.800 et 7.400 kilogrammes par mètre cube alors que le fer se situe à 7.860 kilogrammes par mètre cube. La fonte n'est pas plus lourde que l'acier non plus -- dont elle peut être un précurseur -- à la masse volumique très proche de celle du fer.


Si des musées comme le Victoria & Albert Muséum de Londres ou le Met de New-york , possèdent des collections de bijoux en fonte de fer, la France n'est pas en reste.  Le musée Le Secq des Tournelles est un musée de la ferronnerie installé dans une ancienne église désaffectée à Rouen. L'édifice est situé à proximité immédiate de l'église Saint-Godard et du musée des Beaux-Arts. Le musée a été fondé en 1920, il contient une collection de ferronnerie léguée par Henri Le Secq des Tournelles (1854-1925) et qui avait été commencée en 1862 par son père Henri Le Secq.
Le musée dispose d'une collection unique au monde de ferronnerie regroupant éléments d'architecture, enseignes, serrures, heurtoirs, moulin à café, outils, bijoux, objets de couture et de costume.





Etonnantes chaînes de cou en fonte de Berlin revendue sur le site https://www.1stdibs.com/




Berlin : Collier L'allemagne, vers  1820-1840. Fonte de Fer noirci, plaqué or, Acier, Poids: 76,0 g. Longueur environ 46,0 cm.
Cette pièce en fonte ornementale reflète à la fois la virtuosité des fonderies et la haute gamme de leur clientèle. Seules les femmes du plus haut niveau de la société porteraient un tel objet de parure personnelle. 
Parce que le fer est un matériau très fragile et également sensible à la rouille, relativement peu d'exemples ont survécu. Cette splendide pièce combine un camée néo-classique (également en fonte) avec un ornement néo-gothique.





Achille Richard   qui, vers 1828, s’etait rendu celebre dans ce genre de travail, n’employait que des fontes frangaises sans alliage, et se bornait pour toute préparation,et faire fondre le metal dans un creuset ordinaire de Picardie, et à le maintenir en fusion pendant une demi-heure; puis à le couler sur le sable on plaques minces, qui sont ensuite brisées et pulverisées pour etre remises de nouveau au creuset. Les moules étaient confectionnés par les procedes ordinaires, en ajoutant au sable neuf de Fontenay-aux-Roses un huitieme de poussier de charbon de bois et un huitième de calcaire bitumineux du Bas-Rhin, le tout pulverisé, brassé et mele avec soin. Plus tard, un fabricant de Berlin, M. Schof, introduisit dans ce travail une petite modification, grace a laquelle  ses produits se distinguaient par le fini du travail, leur flexibilité et leur légèreté.  Il ajoutait un peu d’acier à la fonte, et faisait recuire les pieces dans du prussiate de potasse.
Il existe toujours une fonderie qui travaille avec ce sable: http://www.fonderie-piwi.fr/post/2016/07/02/Travailler-avec-du-sable-Fontenay%2C



M. Glautz, célèbre aussi pour la bijouterie en fonte de fer, faisait recuire les pièces dans le charbon de bois; elles acquièrent ainsi la propriété d’etre malléables, et sont susceptibles de prendre un beau poli.  La fonte dont on faisait usage etait une fonte grise provenant de Styrie, d’un grain serré et homogène, la fusion s’opérait dans des creusets de plombagine, et par le recuit dans le poussier de charbon de bois, elle était rendue assez mallé able pour ê tre travaillée à l’outil et recevoir toute la perfection de forme désirable.La bijouterie en fonte de fer, après un beau poli, peut lutter avec la bijouterie d’acier, mais les applications les plus considérables qu’elle reçoit se trouvent dans la bijouterie de deuil. Il suffit, en effet, d’y apposer un vernis noir, séché au four pour obtenir des objets analogues a ceux de jais taillé et monté, et qui revennaient à un prix beaucoup moins élevé. 

1820 Bracelet en fonte de Berlin revendu par l étude Pierre Bergé


1820 Chevalières en fonte de Berlin revendues par l étude Pierre Bergé


1820 bracelet en fonte de Berlin revendu par l étude Pierre Bergé

Henri Vever dans son histoire de la bijouterie nous explique une part du succès des bijoux en fonte de fer pour les bijoux de deuil

Après l'assassinat du Duc de Berry le 13 février 1820 **, le deuil fut tout à fait de mode : « C'est une fureur que les bijoux noirs : le jais, le fer-et toutes les compositions noires s'emploient en  d'argent dans la coiffure, diadème en joaillerie, épingles de cheveux, nœuds en brillants, broche or et pierreries. (Bibliothèque des Arts décoratifs.)

 Chaque boutique de nos bijoutiers semble être une boutique consacrée au deuil : on voit des colliers en camée noir, ou des chaînes croisées dans tous les sens, ou des perles formant dix tours sur la poitrine, puis les sévignés, les nœuds, les épingles, les lorgnons, les chaînes de montre, les bracelets, les peignes, les bagues, enfin tout se trouve. » « Des camées noirs en fer, retenus par de petites chaînes de jais de distance en distance, font des colliers très à la mode. On en voit d'autres dont les chaînes en fer de Berlin offrent le même travail que-nos belles chaînes d'or et sont ornées d'une douzaine d'agrafes en jais enchâssées dans de petits treillages en fer. » 
« Les diamants sont devenus le seul ornement des dames, même des jeunes dames ; mais on les dispose avec une grande variété. C'est un papillon en diamants qui se balance sur une guirlande de fleurs naturelles ; c'est un diadème qui rend cette simplicité plus remarquable par un éclat fastueux; c'est un peigne dont les pierres sont élevées et montées comme celles du diadème; enfin, ce sont des épis. »

**La mort du duc de Berry fut lourde de conséquences. Il était le dernier héritier en ligne directe de la dynastie des Bourbons, et tous les espoirs de Louis XVIII et du futur Charles X reposaient sur son éventuelle descendance mâle.



1830-1840 dans le livre de Vever des bijoux  "en Fer dit de Berlin" gravée par Caqué à cette époque:
Nous voulons dire un mot de certains bijoux de deuil, puisque le deuil lui-même a ses parures, et qui eurent alors un très grand succès. Il ne s'agit pas du jais, qui donnait lieu à une fonte de fer, que l'on appelait fonte de Berlin parce qu'elle y a été inventée, et « qui était une chose nouvelle en France en 1827 »  Plusieurs fabricants s'en occupèrent à Paris, entre autres MM. Dumas, dont la production était si parfaite et si bon marché, que les fabricants étrangers avaient dû baisser leurs prix. Nous donnons la reproduction de quelques pièces de cette fabrication, en faisant remarquer que le camée en fer de l'un des bracelets (la tête vue presque de face) est l'œuvre de Caqué, qui était alors graveur de la Monnaie de Paris. On exécuta ainsi des bijoux d'une grande finesse, des éventails en fonte « aussi légers et aussi bien repercés que s'ils eussent été faits en ivoire » ; des broches, colliers, bracelets, boucles, épingles, etc. Il s'en portait beaucoup pour les deuils de Cour et les deuils officiels. 
On attribue à la présence du phosphure de fer la grande fusibilité de la fonte de Berlin, et la perfection de ses empreintes à.la finesse des moules en tripoli.



Simon Pierre Devaranne de Berlin vers 1833  Victoria & Albert Muséum




En 1832 dans le manuel du Joaillier de Julia de Fontenelle


Bracelet en fonte de Berlin articulé de maillons feuillagés, le fermoir agrémenté d’un personnage en buste de profil « à l’Antique ».
Travail du XIXe siècle.  Dimensions : 17,7 x 4,4 cm environ.



1837  Le dictionnaire des inventions et découvertes  Houdaille l'un des trois fabricants de fontes de fer.


1837 dans l'encyclopédie du commerçant, les différentes catégories de métiers de la bijouterie.


1839 Dans le dictionnaire du commerce , une intéressante analyse.


Cette pièce en fonte ornementale reflète à la fois la virtuosité des fonderies et la haute gamme de leur clientèle. Seules les femmes du plus haut niveau de la société porteraient un tel objet de parure personnelle. 
Parce que le fer est un matériau très fragile et également sensible à la rouille, relativement peu d'exemples ont survécu. Cette splendide pièce combine un camée néo-classique (également en fonte) avec un ornement néo-gothique.



Entre 1840 et 1850


1855 Suite à la visite de l'exposition universelle par le prince Louis Napoléon



Ensemble de bijoux en fer de Berlin à motifs floraux stylisés, comprenant :
deux peignes à chignon (dents en bakélite), trois bracelets, un fermoir, quatre épingles, deux broches, une paire de dormeuses, et quatre éléments. XIXème et XXème siècles.
Revendus par la maison Millon


Cliquez pour agrandir toutes les photographies: Collections du Musée du Secq des Tournelles


Collections du Musée du Secq des Tournelles


Collections du Musée du Secq des Tournelles


Broche en fer, Fonte de Berlin


Collections du Musée du Secq des Tournelles, Cachets armoriés






1836 


Collections du Musée du Secq des Tournelles à Rouen


Collections du Musée du Secq des Tournelles à Rouen


Musée du Secq des Tournelles, fabrication d'Henry d'Allemagne, il fallait bien des coffrets à bijoux en fontes de fer pour ranger ses bijoux.


Diadème, photo aimablement fournie par le Musée du Secq des Tournelles de Rouen
 



Collier en fonte de Berlin composé de 8 médaillons...revendu par  Tessier & Sarrou et Associés
Collier en fonte de Berlin composé de 8 médaillons à décor de buste d'homme de profil à l'Antique. Les médaillons sont reliés par par trois rangés de fleurs. La maison d'enchères, Tessier- Sarrou qui l'a revendu indique : Epoque Empire.

"l'habilete des fondeurs francais à imiter les modeles allemands devient telle qu’il est aujour'd’hui difficile de distinguer, parmi les bijoux produits entre 1808 et 1815, ceux qui sont de fabrication francaise et ceux qui sont de fabrication allemande. ..........
Pour la seule annee 1814, la production de la fonderie royale de Berlin atteint 40.000 pieces, mais des officines privées plus petites, comme celles de ]ohan Conrad Geiss et de Simon Pierre Devaranne, connaissent aussi un vif essor. Materiau resistant par excellence, la fonte n'est pas tant un substitut de l’or qu’un symbole de la dureté des temps et de la force de l’amour de la patrie. Les bijoux en fonte sont a la fois d’une couleur assez sombre et sevère pour convenir a l'esthétique neoclassique et d’une facture assez ouvragée, delicate comme une dentelle, pour s'adapter au romantisme des années suivantes. 
Appropries en tant que bijoux de deuil, ils sont egalement annonciateurs d’un avenir meilleur,tant ils innovent par rapport à la tradition du bijou de prix. Le gouvernement prussien cree une troisieme fonderie royale a Say en 1815, apres l'annexion de ce territoire riche en minerai de fer. Une fois finie la guerre contre Napoléon, la mode des bijoux en fonte berlinoise, loin de disparaitre, s’etend a toute l’Europe, et en particulier à la France qui, non contente d’en importer des quantites considérables de Prusse, developpe sa propre production dans les usines fondées à l'initiative de Napoleon, comme celles de Dumas et de Richard, qui realisent de superbes parures de style neoclassique : bracelets à chainons avec fermoirs en camées, colliers de camees et de medaillons emaillés. En 1830, la seule ville de Berlin compte au moins Z7 fonderies signalées comme produisant des bijoux en fonte, et cette production existe aussi en Autriche et en Boheme, sur des modeles dessines en Prusse. Une très interessante collection de bijoux en fonte berlinoise se trouve au Victoria and Albert Museum de Londres". (Deanna Farnetti-Cera, specialiste internationale du bijou fantaisie)

Une remarque, un complément, mon mail richard.jeanjacques@gmail.com

mercredi 6 août 2014

La Bijouterie Joaillerie au dix neuvieme siècle au travers de dessins d'époque, véritables cahiers de tendances.

Ce chapitre ne prétend pas traiter les Bijoux au XIX eme siècle, mais au travers de Cahiers de dessins et de dessins dans la presse de l'époque, montrer les tendances de l'époque.


Au début du  XIX eme siècle, les femmes aiment porter des ensembles harmonieux où dominent les mêmes pierres et les mêmes ornements. Ainsi apparaissent les parures avec collier et les demi-parures comprenant uniquement une broche et une paire de boucles d’oreilles. Car curieusement des le XVIII eme siècle on ne portait pas beaucoup de bagues , elles n'avaient pas disparu complètement d'ailleurs.
On peut dire qu'au XVIII eme, un type de bague avait vu le jour ...la bague marquise dans la forme, c'est a dire un diamant seul ou une bague de forme Marquise.
La bague a entourage s'installait de même et elle était toujours en vogue dans les années 80.


Cette planche date de 1810 ce qui nous permettra de voir le chemin parcouru en 100 ans, la plupart des dessins qui vont suivre, je les ai trouvé à la  Bibliothèque publique de New York. Nous avons un musée merveilleux, celui des Arts décoratifs à Paris, mais un site internet très restreint quand aux publications numériques de bijoux.
Je crois que cela tient a une certaine puissance des fonctionnaires de musées nationaux qui préfèrent garder les informations pour publier des livres ..etc..plutôt que de les partager au nom d'une vraie culture. 
Le musée des arts décos.....ce n'est pas le british Muséum ou....!



Une boucle de ceinture, c'est quelque chose d'important au début du XIX eme siècle, car le bijou suit toujours et accompagne la mode vestimentaire et la boucle de ceinture correspond à la mode des tailles hautes très marquées et des manches gigot
Les bracelets vont quelquefois par paire pour être mis sur chaque bras. L'élément de tresse qui est au milieu a gauche est important aussi , nous le verrons plus avant dans cet article


Ce dessin daterait de 1823, intéressant car il nous montre des bijoux réalisé avec de savantes tresses de cheveux, une technique surprenante.Voir
Au début du 19° siècle " les bijoux en fer ". Les fondeurs de fer allemands se consacrent à la production de colliers et de bracelets. Première production à Berlin en 1804 à la fabrique royale.
En 1806 - Napoléon conquit Berlin et s'empara des moules des médaillons d'où l'apparition en France d'objets en fer, jusqu'en 1815 il est pratiquement impossible de distinguer si une pièce est d'origine Allemande ou Française.
Même après la chute de Napoléon, le public appréciait les décorations noires qui créaient des contrastes sur la blancheur de la peau. La gamme de produit fut considérable :
- colliers - bracelets - boucles d'oreilles - broches - ornements pour cheveux - accessoires tels que les tabatières et les boucles 



Il y eut la Révolution, il fallut un certain temps pour en amortir ses effets et revenir a une vie "normale", les classes moyennes vont prospérer et cela va entraîner une recherche, et une augmentation de l'offre et de la demande pour les produits de luxe, ceci est encore actuel dans les pays qui accèdent à un certain niveau de vie.



Je n'avais jamais vu ce type de bijou , ce dessin date de 1823 et ce sont des mosaïques en tissus des gobelins. Avec l'empire et les expéditions de Napoléon en Egypte, les bijoux de cette époque vont se référer à l antiquité, on utilisera des Camées entre autres, plus tard le Bijou sous la Restauration verra son style s'affirmer, ce qui va diversifier les techniques et les matériaux et annoncer l originalité des décennies à venir. 
Cette vogue Égyptienne fut renforcée par l inauguration en 1869 du canal de Suez et la découverte de nombreuses tombes dans la vallée du Nil .




Pour la bijouterie, la découverte en 1867 des mines de diamants du Cap, en Afrique du Sud,  apporte sur le marché une quantité de diamants jamais atteinte jusqu’alors. La joaillerie n’est plus l’exclusivité des classes supérieures et son rôle prend une autre signification. Comme l’écrit le bijoutier Eugène Fontenay : « Le diamant ne fait réellement bien qu’aux lumières, tandis que la beauté de l’or et des émaux est encore augmentée par l’éclat du jour. » C’est alors que naît la distinction entre joaillerie (bijoux du soir), et bijouterie (bijoux de jour), sur laquelle notre époque continue de fonder son rapport à la parure. Quoique !!je ne suis pas entièrement d'accord sur cette explication des termes, il est vrai qu'on les associe au fait que le soir pour sortir, on met des bijoux plus "luxueux " que le jour, mais je préfère m en tenir au sens de: 
la bijouterie désigne le travail de pièces uniquement en métal, là où la joaillerie inclut également la préparation de la pièce à la mise en pierre ou sertissage. D'ailleurs les apprentissages suivent cet ordre.On commence a apprendre pour le CAP de bijouterie, les techniques de travail du métal, (limer, ajuster, souder, tracer etc..) puis ces techniques acquises et validées par un CAP , on apprend en Joaillerie, a préparer la mise en place des pierres précieuses sur une "monture" pour que le sertisseur puisse faire tenir les pierres sur la monture


En 1840 la presse publie un exemple des cadeaux que reçurent la Reine Victoria et le Prince Albert, La Reine Victoria aimait et aima beaucoup les bijoux de qualité


Cette planche date de 1850, le monde se prépare pour venir découvrir la  Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations de 1851 qui fut la première des expositions universelles. Elle eut lieu du 1er mai au 15 octobre 1851 à Londres.

Ces bijoux datent de 1851 , réalisé en vue de cette exposition, bijoux importants mais fabriqués en creux, en bas a droite une "Vinaigrette" Ce sont des flacons en verre (variante appelée flacon à sels) avec des bouchons ou des capuchons en matière précieuse, ou encore de petites boites de formes variées apparues au XVIII ° siècle et au début du XIX°, remplies de sels, ou de vinaigres aromatique destinés à réanimer les élégantes aux fréquentes langueurs, dites aussi "vapeurs".

Cette première exposition universelle déclencha le renouveau, et sous le Palais de Cristal ( vaste palais d'exposition en fonte et verre d'abord édifié à Hyde Park pour abriter la Great Exhibition de 1851les visiteurs purent admirer les réalisations des ateliers de bijouterie joaillerie Français et Britanniques. La mode fut aussi une alliée précieuses pour nos métiers. Les décolletés des robes s'élargissent et vont permettre de réaliser de somptueux tours de cou, les cheveux étant tirés vers le haut découvrent les oreilles, tout est fait pour relancer l économie




Gravure d'un livre de ferdinand Séré qui a écrit entre autres livres 

Histoire de L'Orfevrerie-Joaillerie Et Des Anciennes Communautes Et Confreries D'Orfevres-Joailliers .

On peut voir un dessin de sac du soir et un exemple de "Pompon" en sautoir qui  est devenu un classique de 1918 à 1936.
 A. Abbattista Finocchiaro ans son ouvrage "Le Livre des Bijoux" explique que les sautoirs de cette époque, toujours très longs soulignaient la verticalité de la silhouette féminine. 


Ces dessins de qualité représentent des bijoux de 1851 par Kaemmerer and Zeftigen. installé à Saint Peterbsbourg, on retrouvera pendant un siecle au moins, ce "design" du bracelet Serpent va être repris par les joailliers du monde entier, allez voir sur ce blog le bracelet de Sarah Bernhardt: 

Le 2 décembre 1851, le président de la IIe République, démocratiquement élu en décembre 1848, s’empare du pouvoir par un coup d’État. Le neveu de Napoléon Ier, Louis Napoléon Bonaparte, se proclame empereur des Français et prend le nom de Napoléon III. C’est la seconde fois en moins d’un siècle qu’une république née d’une révolution succombe de cette manière, mais c'était aussi la "Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations"


Très beau dessin d un joaillier de Moscou , peu connu en France, fils  d'un capitaine de la marine marchande suédoise, mort en mer (1831) Bolin dut quitter précipitamment le domicile familial afin de subvenir aux besoins de sa famille, très nombreuse. Il tenta l'aventure en Russie où il trouva un emploi de comptable chez Jahn et Roempler. Il épousa en 1834  Ernestine Catherine Roempler, seconde fille d'Andreas Roempler, et devint ainsi le beau-frère de Gottlieb Jahn, qui l'associa rapidement à l'affaire.
La maison Roempler et Jahn fut alors rebaptisée Jahn et Bolin. En 1836, au décès de Jahn, Bolin prit en main les destinées de la société. En 1839, il obtint de l'empereur Nicolas 1er le titre envié de fournisseur officiel de la Cour impériale, titre qui resta dans la maison jusqu'à l'effondrement de l'Empire ; à cette occasion, il fut reçu Bourgeois de Saint-Petersbourg.



Le XIXe siècle voit la mise au point de la monture « à jour », sans fond de métal, technique qui renforce la réfraction de la lumière sur les culasses des pierres taillées. Auparavant, sous les pierres, une plaque de métal, pour augmenter l éclat un petit film de l équivalent "papier chocolat" . Mais les pierres étaient ternes, et souvent le logement de la pierre ne permettait pas de nettoyer le bijou, l éclat de la pierre était fortement diminué. C'est donc a cette période que la joaillerie s'est mise à percer le métal sous la pierre,  a ajuster la pierre dans cette couche de métal après avoir ajouré autant que faire se pouvait  pour laisser passer la lumière de tous les cotés et nettoyer par différents moyens le logement de la pierre et sa culasse.




Ce cher et grand joaillier Français, Lemonnier, qui en 1851 va dessiner ces bijoux pour la reine d'Espagne, ces motifs floraux  sont dignes de donner inspiration a nos joailliers actuels



Noblesse et royauté explique bien l histoire de ce joyau de "Lemonnier" C’est le joaillier Lemonnier qui réalisa en 1853 le diadème de perles et brillants pour l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. L’impératrice qui affectionnait particulièrement les bijoux, en avait elle-même passé commande.Le diadème fut vendu sur ordre de la III République en 1887, en même temps que la quasi totalité des bijoux de la couronne de France.
Le diadème de l’impératrice Eugénie a alors abouti dans la famille princière Thurn und Taxis.  Suite au décès de son époux le prince Johannes en 1990 et devant faire face à d’importants paiements de droits de succession, la princesse Gloria von Thurn und Taxis a procédé à la vente aux enchères de plusieurs bijoux dont le diadème de l’impératrice Eugénie.L’Association des Amis du Musée du Louvre l’a racheté en 1992 lors de cette vente aux enchères, permettant ainsi à cette pièce historique de revenir en France.
Je crois que l association aurait du être remboursé par la république en réparation de son énorme bévue.



Lors de l'exposition universelle de Paris en 1855, Napoléon III voulut impressionner le monde entier en présentant les diamants de la Couronne, remontés à cette occasion. Alexandre-Gabriel Lemonnier (vers 1808-1884) fut chargé de réaliser la couronne de l'Empereur et celle de l'Impératrice avec une partie de ces diamants. La couronne de l'Impératrice aujourd'hui au musée du Louvre dévoile le faste du Second Empire tout comme la virtuosité des joailliers de cette époque.(texte emprunté au musée du Louvre) http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/couronne-de-limperatrice-eugenie



1860 bijoux  Anglais et Indien


styles renaissance historique qui avait dominé dix-neuvième siècle les arts décoratifs.
Aux environs de 1825, les Arts français, dont les créateurs en joaillerie  vont redécouvrir le Moyen Âge et la Renaissance, et s’en inspirent pour donner naissance à des bijoux composites d’une très grande virtuosité. Le goût pour la Renaissance est toujours manifeste dans les pièces présentées à l’Exposition universelle de 1878. .




 Le second Empire et la troisième République voient la création des bijoux néo-antiques d’Eugène Fontenay ou de Fortunato Pio Castellani.
Que disait une commission émérite avec a sa tête le grand Fontenay, dans la revue le Joaillier de 1875 a propos de Castellani?
LES PRODUITS NATIONAUX ET TYPIQUES
Un des plus glorieux privilèges du beau, c'est de ne pas vieillir. Toute oeuvre marquée au sceau de son empreinte divine traverse les siècles en conservant l'éclat de son éternelle jeunesse, et lorsqu'après avoir été enfouie dans l'oubli elle est rendue à la lumière, elle apparaît aussi fraîche que si elle venait de voir le jour pour la première fois. C'est ce qu'a si bien compris l'artiste émérite italien, en reproduisant, pour les rendre à notre admiration, les plus beaux types des bijoux romains et étrusques. Nous avons nommé M. Castellani.
Il est difficile de rien dire sur ces conceptions pleines de charme qui n'ait été mille fois répété, et l'on ne sait, en les voyant, ce qu'il en faut le plus admirer, ou de l'imagination ou du goût. Les proportions en sont toujours parfaites, les reliefs savamment équilibrés, les oppositions bien calculées, et le souffle qui les a fait vivre les anime et nous pénètre encore, grâce à la fidélité intelligente avec laquelle elles sont reproduites.
Un grand nombre de fabricants exposent des produits du même style, mais d'une exécution moins parfaite ; et, pour que la représentation de la bijouterie italienne soit complète dans, toutes ses variétés, les fabriques de filigranes d'argent, d'argent doré et d'or de Rome, de Gênes, de Florence, etc., ont envoyé, de beaux ouvrages, très remarquables, à la fois, et par la légèreté de l'exécution et par la modicité du prix. Dans ce choix de bijouterie courante et de pièces moins ordinaires, telles que vases, boîtes, coffrets à bijoux, bonbonnières, etc., nous avons constaté que le filigrane de Florence l'emportait toujours sur les autres par sa finesse.
(1) Les exposants qui faisaient partie du Jury ont été mis hors concours. Nous n'aurons donc pas à apprécier leurs produits, mais nous jugeons utile de rappeler ici leurs noms. Ce sont : MM. Matzenauer et Aegidi, de Vienne ;JM. C. Backes, de Hanau, et MM. Rouvenat et Fontenay, de Paris.
Des mosaïques de Florence et de Rome, du corail en grande quantité, rose, rouge et blanc, monté, non monté et à l'état brut, des camées gravés sur coquilles, complétaient cet ensemble. Mentionnons pour mémoire quelques tentatives de joaillerie d'un goût douteux et d'une exécution un peu rudimentaire.



Composition de A Leroy



Mellerio et Baugrand en 1863, encore des vinaigrettes



Belle broche en 1864


Autre planche datant de 1864




1864 revue "Elements divers de Bijouterie"



Étonnant collier avec un ancêtre du fermoir bâtonnet de "Hermes", relié a un collier




Alors qu'au XVIIIeme siècle on portait peu les bagues, au XIX eme siecle, la bague va perdre ses significations symboliques, a l exception de la bague de Mariage







Au centre une bague presque actuelle et au centre un bracelet dont les mailles pourraient etre dignes de Van Cleef & Arpels



1864



Le XIX eme siècle est celui de la révolution industrielle, cela va aussi bouleverser nos métiers, car la production va se faire en grande quantité et à meilleur marché.
C'est en 1800 qu'on crée le serti a griffe et "ouvert"
C'est aussi en 1802, que Luigi Valentino BRUGNATELLI, chimiste italien (1761 -1818) découvre le bain d'électrolyse.
C'est au XIX eme siècle qu'on va pouvoir enfin travailler le platine, grâce au chalumeau Oxhydrique.
C'est en 1819 que deux Lyonnais  Maillet et Chorier vont lancer le Maillechort alliage de cuivre, zinc, nickel, d'aspect argent, malléable, facile à polir, résiste à la corrosion et peu coûteux.
En 1853 Edouard Marchand, va créer les "Cuirs Roulés" qui sont de petites volutes d'or enroulées pour ressembler a un rouleau de cuir pour décorer les entourages de camées
Le XIX eme va voir aussi l invention de la cannetille. 
Grace au chagrin de La Reine Victoria d Angleterre, les bijoux de deuil en perles de Jais (ou Jayet) vont se démocratiser et se développer.
En 1884, le verre noir met fin au succès du jais, suivi du bois de chêne noir ou de l'émail noir.




La rangée inférieure présente 3 pendentifs de "Massin" , au milieu du siècle  Oscar Massin est l auteur du chaton illusion qui agrandit la pierre


En 1870 le fameux Castellani est toujours présent avec ces deux bracelets, il était a l époque à Naples né en 1823 il est mort en 1883; Ces bracelets sont en or avec une décoration granulée , des fils appliqués en motifs sur des panneaux articulés. 
La conception de ces bracelets articulés s'inspire des bracelets de la collection Campana du musée du Louvre, Paris. Les bracelets du Louvre sont faits de panneaux individuels, dont certains sont d'authentiques boucles d'oreilles étrusques qui ont été martelés plat. Ils ont ensuite été mélangés avec des plaques modernes dans le style étrusque. 
Les copies Castellani ne reproduisent pas exactement les originaux mais sont inspirées par les modèles dits «anciens». 


Dans les années 1867, L impératrice Eugénie est l une des plus ardentes promotrices des bijoux d'inspiration naturelle, elle fit l'acquisition a l exposition Universelle de Paris d'une branche de Lilas en or et diamants, et la Maison Boucheron saisit vite  l intérêt de cette nouveauté et elle produit rapidement des bijoux de ce type. 
En 1875, dans la presse de l'époque des bijoux de Baugrand, on retrouve l un de ses thèmes favoris, le Paon


Bijoux d'Anton Vever

Ces bijoux en 1878 sont de style gothique Renaissance



Toujours en 1878 , cette influence Égyptienne qui nous venait des campagnes de Napoléon 1er.


En 1878, aux États Unis, on parle encore des bijoux que le français Lemonnier réalisa pour la Reine d'Espagne en 1851



1881 aux Etats unis William  Demorest était un éditeur de magazines  et en collaboration avec sa femme ils ont créé cinq magazines de modes (c'est elle aussi qui inventa les patrons en papier pour la couture...un énorme succès) il eut aussi une société de cosmétiques, fit breveter une machine a coudre et un vélocipède, dans ses revues très diverses sur le sujet de la mode, j'ai trouvé cet encart sur des bijoux pour hommes


Cette publication date de 1884 elle n'est pas sans rappeler les broches "trembleuses" comme celle ci-dessous qui date de 1880



1893 Maison Agnellet Paris


En 1896, dans le catalogue de la maison de La Pensée 5 rue faubourg Saint Honoré à Paris, vous remarquerez , le Hochet pour bébé, des pommeaux de Canne, ces petits livres  en bijoux, cette bague marquise et ce splendide petit vélo que ne renierait pas mon ami Bernard Sylvain.


J ai trouvé cette publicité , dans un excellent reportage sur la rue Saint Honoré
 http://www.apophtegme.com/ROULE/roule01.pdf




1896 de nouveaux présents pour le Roi d'Angleterre

 Dans les années 1890,  l'Art Nouveau a  enterré le style renaissance historique qui avait dominé au dix-neuvième siècle les arts décoratifs. L'Art Nouveau, en France a été inspiré par la vitalité du monde naturel et une nouvelle appréciation de l'art japonais.
Les bijoux de style Art Nouveau vont combiner des interprétations réalistes de plantes et d'animaux avec des créatures de fantaisie et de mythe. Il va être élevé au rang de beaux-arts avec des "designers" tels que René Lalique. 
Ce style sinueux et sensuel a complètement disparu avec l'apparition de la Première Guerre mondiale en 1914.


Je ne connaissais pas cet artiste qui a laissé des dessins de bijoux à la fin du siècle. il signait sous le nom de rené Beauclair 

(Ludovic Jean Joseph Marie Popineau dit) 1877-1960, architecte, décorateur, céramiste, ornemaniste, peintre. Cet artiste prolixe qui fit sa renommée par la publication de modèles décoratifs de style art nouveau au début du XXe siècle eut une activité extraordinaire dans l’entre-deux-guerres. Peintre et décorateur, il fut aussi auteur de nombreux monuments aux morts de la grande guerre. Il participa avec talent à la production de céramiques décoratives pour Odetta à Quimper, manufacture dont il fut une des figures majeures. Il réalisa de très nombreuses œuvres à Toulouse et dans la région de Gaillac qui ne possédait à ce jour aucune œuvre de lui. (cf site musées Midi-Pyrénées)J'ai trouvé l explication sur ce site
http://www.antiques-delaval.com/fr/porcelaine-faience/5961-superbe-vase-faience-polychrome-quimper-hb-odetta-rene-beauclair-xxe-siecle.html
Plusieurs dessins sont accessibles sur le site de NYPL Digital Gallery

rené Beauclair



René Beauclair

L exposition Universelle de 1900 a Paris va secouer ce début du vingtième siècle, car en Europe le déclin britannique  marque l économie européenne, mais bien que l Angleterre  se soit lancée dans d importantes réformes sociales, la joaillerie ne sort pas du rococo et rocaille, et c'est le français Louis Cartier qui va trouver un style et le lancer.
 Il est fils et petit fils de Joaillier il est aussi marqué par le rococo mais il va s inspirer de sa ville Paris:. Il se concentre sur les dentelles et les broderies, il réalise des structures légères et va dominer bientôt la mode en matière de Joaillerie.




René Beauclair

Cartier prépare une certaine révolution qui arrivera dans l entre deux guerres, mais cet article ne peut remplacer un livre, car le sujet est si vaste.

Ce dessin date de 1903, ce qui montre qu'en matière de Joaillerie le mouvement Art Nouveau (qui suivait le mouvement Arts and Crafts) ne modifiait pas les modèles de joaillerie



1905 quelle richesse dans ces lignes souples


1907 dessins de Mr Avrillier

Un autre dessin de Maurice Avrillier , il s'est installé en 1908, il est étonnant que le ministère de la culture recense les poinçons des bijoutiers Joailliers sous la dénomination Orfevre!!


orfèvre
auteurAvrillier, Maurice
patronyme(s)Avrillier
prénom (état civil)Maurice
professionFabricant bijoutier
initialesM.A.
symbolesun héron couronné une étoile au-dessus
n° de garantieC1249
n° de préfecture12867
date d'insculpation13 avril 1908
lieu(x) d'activité75
Paris
adresse de l'atelier28 rue de Turbigo


1912


1913


1914

C'est la Guerre, Cartier domine, mais bientôt Cartier aura un concurrent, le seul à lui faire de l ombre sera Van Cleef et  Arpels, cette nouvelle maison installée en face du Ritz, place Vendome qui saura réagir à chaque nouveauté de Cartier avec un culot incomparable.
Alfred Van Cleef a tout compris de ce qu'est le "Luxe" mais c'est une autre histoire.

Souvenirs d'un diamantaire Michel BRULEY de 1965 à 2022:

Michel Bruley Un jour  Françoise R . avait dit un jour à Michel Bruley négociant en diamants.  « tu devrais nous raconter le  négoce et ses ...