mercredi 30 septembre 2020

KRAMER François: Joaillier de l' impératrice Eugénie.

 


Grand noeud de corsage de l'Impératrice Eugénie


En 2008 a pu être racheté ce superbe bijou:  grand nœud de corsage, en diamants, de l'impératrice Eugénie, réalisé en 1855 par le joailler parisien François Kramer, joailler personnel de l'impératrice Le bijou était resté dans la Famille Astor pendant plus de cent ans. En 2015 a pu être rachetée la broche d'épaule de l'impératrice Eugénie, réalisée en 1853 par le joailler parisien François Kramer. La broche est entrée dans les collections du Louvre le 11 février 2015.
La famille Astor est une célèbre famille anglo-américaine d'origine allemande, installée à New York et à Londres, connue pour sa prééminence dans le monde des finances et de la politique.

A propos des bijoux du Premier Empire on connait bien Alexandre-Gabriel  Lemonnier  
https://www.richardjeanjacques.com/2016/10/alexandre-gabriel-lemonnier-joaillier.html
On connait aussi Alfred Bapst
https://www.richardjeanjacques.com/2018/03/les-falize-3-generations-de-joailliers.html

Mais Kramer? Pourtant choisi par l impératrice Eugenie, qui n'était pas n'importe qui dans le choix et la qualité de ses bijoux.
Kramer est né a Cologne et reçut une influence française non négligeable, car en 1794, les armées révolutionnaires françaises entrèrent dans la ville, qui devient trois ans plus tard chef-lieu de district du département Roer.  Lors de la création de celui-ci au sein de la République cisrhénane. ( Son nom vient de la rivière Roer (Rur en allemand, Rour ou Roule en français)
Cette dernière est annexée en 1801 à la république française et le restera jusqu'à la chute du Premier Empire en 1814. Durant ces vingt années, Cologne reçoit donc l'influence réformatrice française.

Cologne

Bartholomäus Heinrich Joseph Franz Hubert Kramer est né le 12 janvier 1825 à Cologne ,  Son père Augustin Kramer est orfèvre dans cette ville depuis 1813, il saura s'adapter à la nouvelle clientèle prussienne après la domination française,  en fabriquant en 1817 des épaulettes en or ou argent pour les uniformes prussiens. Il les réalise par estampage, ce qui va lui permettre de passer de cet estampage à l 'orfèvrerie. 

Franz Kramer a dû se former dans l atelier familial, ses frères sont aussi dans le métier.
Marc Bascou et Anne Dion Tennenbaum dans leur belle étude sur Kramer, pensent que l'affaire paternelle étant promise à son frère ainé, Franz Kramer s'expatria en France.



Rue neuve Saint Augustin


En 1852, d'après le "Calepin des propriétés des propriétés baties" il loue un appartement spacieux  au rez de chaussée entre cour et jardin au 31 rue Neuve Saint Augustin à Paris, il est qualifié dans ce calepin de "marchand sans atelier"
Donc il semble avoir obtenu un emploi chez Jules Fossin.et fils, Henri Vever nous dit qu' il a commencé comme commis chez Fossin

"Revenons à Kramer, qui sut, nous l'avons dit, remplacer Fossin auprès de l'Impératrice.
La Comtesse de Montijo, avant qu'elle fût devenue l'Impératrice Eugénie, se fournissait chez Fossin, qui exécuta même plusieurs objets pour son mariage, et Kramer était l'employé de cette maison auquel elle s'adressait de préférence. Celui-ci, très avenant, très empressé, très arrangeant aussi, avait gagné les bonnes grâces de la future souveraine. Elle ne l'oublia pas lorsqu'elle fut au pouvoir. Aussi, lorsque, par un scrupule honorable, Fossin refusa, comme nous l'avons dit, de devenir son fournisseur attitré, c'est à Kramer qu'elle songea pour le remplacer"
Henri Vever

Fossin était resté fidèle à la famille d'Orleans et ne voulait pas travailler pour  les Bonapartistes.



Ainsi Kramer remplaça Fossin dans la charge de joaillier auprès de l'Impératrice Eugénie,   
qui va lui passer des commandes importantes, qui vont permettre à Kramer de s'installer à son compte. Il fait imprimer un en tête de lettre et de facture qui stipule " Joaillier Bijoutier de S.M. l'impératrice " et ligne du dessous, (Ancien Gérant de la Maison Fossin).

Napoleon III à l instar de l exposition de Londres voulait dépasser l'évènement Anglais, en effet, La Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations (grande exposition universelle des travaux de l'industrie de toutes les nations) de 1851 fut la première des Expositions universelles. Elle eut lieu du 1er mai au 15 octobre 1851 à Londres. Elle marqua le sommet de la puissance britannique d'époque victorienne.

En 1853, le jour de son mariage, l'Impératrice Eugénie, qui portait une robe de velours blanc
uni, recouverte de magnifiques dentelles d'Alençon,  avait un corsage couvert sur le devant d'épis de diamants posés comme des brandebourgs, et, sur la tête, un diadème et un tour de peigne avec saphirs merveilleux. Bapst, qui était joaillier de la couronne, venait également d'exécuter de nouvelles parures en utilisant les pierreries du Trésor. Il fit ainsi, entre
autres pièces, deux grands noeuds d'épaule, un diadème à palmettes, un tour de corsage à
feuilles de lierre, une grande guirlande à seize aiguillettes,une  berthe » ou ornement de corsage en perles et diamants, une broche Sévigné, une chaîne de trente-deux gros maillons en brillants, un grand peigne dans lequel figuraient plusieurs des Mazarins, un grand diadème russe et un autre grand diadème à la grecque. [Ces deux dernières pièces figurèrent à l'Exposition de 1867 où elles furent très remarquées.]  "Les Centenales"

C'est donc en 1853 qu'en vue de l'Exposition Universelle de Paris en 1855, qu' il fut commandé aux joailliers parisiens des myriades de bijoux, parures et autres afin de mettre ceux-ci en valeur.
Furent choisis: Bapst, Viette, Massin, Marret et Beaugrand, Fester, Mellerio et le petit nouveau François Kramer.



François Kramer reçut en commande pour cette occasion une garniture comprenant deux broches de corsage et deux broches d'épaules en perles et en diamants qui se trouvent aux quatre angles de cette photographie de 1887, une longue broche de diamants jaunes ainsi qu' une ceinture tout en diamants.


Broche d'épaule se trouvant actuellement au Louvre

Pour ce faire, l'inspecteur des diamants de la couronne, Monsieur Devin va faire porter à François Kramer deux cent quatre vingt diamants, cinq cent soixante roses et 28 perles pour créer les quatre broches en commande ces perles proviennent de la parure créée par François-Regnault Nitot pour l'impératrice Marie Louise de 1810 à 1812 qui avait déja été transformée par Bapst  pour la Duchesse d'Angoulème (fille de LouisXVI et Marie Antoinette)  en 1819-1820 "  d'après Marc Bascou et Anne Dion Tenenbaum




dos de la broche d'épaule se trouvant actuellement au Louvre.

Palais de l industrie de 1855


Les commissaires anglais, à qui l'on faisait visiter le nouveau Palais, déclarèrent imperturbablement qu'il serait à peine suffisant pour y installer les produits de leurs nationaux. Il faut reconnaître qu'ils ne manquaient pas d'un certain aplomb.




"L'Exposition de 1855 eut lieu au Palais de l'Industrie, construit exprès pour cet usage. L'Empereur Napoléon III l'inaugura solennellement et de la façon la plus brillante.
Les diamants de la Couronne y furent mis sous les yeux du public pour la première fois ; plusieurs y apparaissaient dans des montures nouvelles et témoignaient ainsi des dispositions des souverains à favoriser le luxe et des encouragements qu'ils avaient donnés aux principaux joailliers. A cette époque, où un lot de cent carats de diamants était dans le commerce et resta longtemps encore une chose extraordinaire et tout à fait exceptionnelle, la vue d'une telle accumulation de pierreries et de richesses impressionna vivement les visiteurs. On fit également figurer à l'Exposition le grand service de cent couverts, exécuté pour l'Empereur, et qui avait coûté huit cent mille francs.
On remarquait, parmi les parures nouvellement remontées, « une garniture de robe, en forme de berthe, composée de feuilles de groseilles, au milieu de laquelle brille une magnifique pièce de corsage du même style, exécutée par Bapst. Au-dessous, se dessine une ceinture exécutée par M. Kramer, joaillier de l'Impératrice ; les nœuds en brillants qui la terminent sont mouvementés avec une grande vérité, et lui donnent un véritable cachet d'élégance"  Henri Vever

En aparté je me suis demandé ce qu' était devenu ce magnifique palais



Le palais a été détruit à la fin du 20e siècle et remplacé pour l'Exposition Universelle de 1900 par le Petit Palais et le Grand Palais.



Cette revue va nous apporter des détails très interessants

Le Prince a examiné successivement, avec le plus grand intérêt les merveilles de l'industrie parisienne dont nous ne citerons que quelques unes des plus remarquables : les rares productions de Froment Meurice, mort à la veille de l'Exposition ; les vases et les bijoux artistiques de M. Rudolphi ; l'orfévrerie sérieuse de M. Lebrun, secondé par les frères Fannière, les deux plus illustres ciseleurs de notre époque; les autres objets et la belle coupe de MM. Rossigneux, coupe offerte à M. l'ingénieur Parandier, ainsi que leur miroir acheté par S. A. R. le prince Albert; les produits de MM. Callot, Wiese, ancien contremaître de Froment Meurice, Henri Hayet, l'un de nos premiers modeleurs, Morel, l'un des premiers joailliers de notre époque , Dafrique, dont les modèles sont répandus en France et à l'étranger.
Nous ne passerons pas sous silence le plaqué qui soutient la concurrence de l'argenture. La fabrication des couverts estampés, frappés ou gravés à la mécanique, a vivement intéressé à S. A.  Il en est de même de la bijouterie d'imitation, presque aussi brillante que la vraie joaillerie : perles fausses, pierres fines, diamants imités et émaux. M. Chariot fils a exposé des objets qui ont mérité une attention spéciale du Prince qui a visité ensuite les diamants de la couronne.
S. M. a fait remonter une grande partie des anciennes parures, après avoir approuvé tous les dessins présentés par M. Devin, joaillier, inspecteur des diamants de la couronne.
Voici l'énumération des principaux objets qui sont renfermés dans cette vitrine. Le Régent, monté sur la couronne impériale, de 126 karats (10 millions de francs); une garniture de robe, en forme de berthe, composée de feuilles de groseilles, due au travail de MM. Bapst ; une ceinture, de M. Kramer, joaillier de l'Impératrice; un bouquet de brillants de M. Fester ; le diadème de S. M. l'Impératrice le jour de l'inauguration de l'Exposition, idée de M. Devin, exécution de M. Viette; la parure en saphirs , exécutée en 1822 par M. Bapst; une coiffure montée sur les dessins de M. Devin ; les ordres et décorations ; l'épée en diamants, chef-d'œuvre de MM. Bapst; un éventail; une parure en rubis ; un peigne en brillants; la parure de perles, qui n'a pas son égale ; les magnifiques bijoux particuliers de S. M. l'Impératrice, collection qui fait le plus grand honneur au goût de M. Lemonnier; les parures de saphirs et rubis remontées par MM. Bapst. L'inventaire dressé en 1832 par MM. Baspt et Lazare portait les pierres précieuses de l'Etat au nombre de 64,812, pesant 18,751 karats 17/32 et ayant une valeur de 20,090,260 fr. La couronne valait 14,702,708 fr. 80.



En 1855 d'après l almanach du commerce, Kramer est  toujours établi au 31 rue Saint Augustin.
Avec quel poinçon fabriquait il, Mme Tenenbaum nous écrit qu' il fait insculper son poinçon le 24 fevrier 1855, or l exposition universelle commença  le 15 mai 1855, comment faisait il avant  ? Il faisait poinçonner par Fossin?

Comme il arrive souvent son poinçon ne figure pas dans le site du ministère de la Culture.
Comme il a fini sa vie à Cologne en Allemagne , j ai fait appel à Ursula Butschal qui a bien voulu amicalement me faire parvenir plusieurs document dont celui ci-dessous.



Mais la photo est difficilement lisible alors j' ai fait un petit dessin le symbole est un crabe, les initiales F.K. et le losange est à la verticale


Poinçon de Maitre de François Kramer

Ursula Butschal m'a indiqué que des dessins de Kramer étaient détenus par le Musée de Cologne et m a adressé un exemple.


Etonnants dessins de François (Franz) Kramer

Le 16 juillet 1855 Kramer va livrer pour l impératrice, une broche de corsage sertie de 67 diamants jaunes d un poids total de 110 carats composée de 3 agrafes assorties de pendeloques et d'après la définition de Marc Bascou et Anne Dion Tennenbaum "un gros diamant chrysolite oriental"
Je ne vois pas ce que peut être un diamant Chrysolite????? Une Chrysolite Orientale est l' ancienne appellation du péridot.


Ce noeud de corsage, éblouissant de par le dessin, les matières, la taille 22 cm de haut, le nombre de diamants que la société des amis du Louvre grâce au don de Mr et Mme Michel Rouffret, d'ou vient il?

Il nous faut remonter à 1855,  Napoleon III commande à Kramer pour l' Impératrice une ceinture de diamants qu'il faudra agrandir plus tard, car l Impératrice est enceinte  et il faut agrandir cette ceinture de deux maillons de chaque coté.

Cette ceinture était composée de 4445 diamants qui pesaient 348 carats, les ajouts portèrent le nombre de diamants à 4790 diamants pour un poids total de 386 carats 27.
La ceinture qui dessinait une frise ajourée et nouée de légères feuilles était assortie d'une éblouissante garniture de feuilles de groseiller exécutée par Alfred Bapst.
Il n existe apparemment aucune représentation de cette ceinture portée par l impératrice.



Il existe une gravure du mariage de Napoleon III avec Eugénie  que j ai pu trouver sur le site "Gallica de la BNF"   si vous agrandissez  la photo elle ressemble étrangement a celle fabriquée par Kramer pour l'exposition Universelle de 1855, mais le mariage c'était 1853!!!!!
Cette grande ceinture sera démontée en 1864.

Mais comme souvent, je me pose la question, ce grand Joaillier qui  a du avoir une production conséquente, avec son talent et la publicité de fournisseur de l'Impératrice comment se fait-il qu'il reste-il aussi peu de bijoux?

Par exemple  dans le  Journal d’Hippolyte Fortoul, ministre de l’Instruction publique et des Cultes de Napoleon III de 1851 à sa mort en 1856 , ces notes qui doivent dater de 1855 et du 2 janvier 1856





Monsieur le ministre  a acheté au moins deux bracelets, que sont ils devenus?



1856 L imperatrice Eugénie en prière( la photographie naissante a le sens de la communication) La plupart des photographies d'elle la représentent avec des perles.




Le 18 mai 1859 François Kramer se marie à Londres avec la fille d 'un marchand anglais de mère allemande.En 1859 Kramer obtient l'autorisation d'être domicilié en France et surtout de jouir des droits civils


1859 , tableau de joseph désiré Court  qui se trouve au musée de Picardie en Amiens, "La commission du musée Napoleon présente à leurs Majestés Impériales au Palais de Saint Cloud les plans du musée fondé à Amiens par l'Empereur"
L 'Impératrice Eugénie nous montre qu' elle apprécie les perles



Marie Sophie de Bavière, Reine de Naples

Henri Vever nous indique que "Kramer exécuta aussi en 1861 la couronne offerte à la Reine de Naples par les dames napolitaines.
Cette couronne était formée de feuilles de laurier en or mat et de fleurs de lis en brillants mélangées et rattachées par un ruban également en or, sur lequel on lisait cette inscription :  A l'héroïne de Gaëte, les dames de Naples ». Au sommet, une perle fine d'une grosseur remarquable simulait une bombe et rappelait ce siège mémorable pendant lequel la Reine Marie-Sophie avait fait preuve d'une bravoure et d'une énergie peu communes à son sexe."

Je n'ai pu trouver de documents sur cette couronne autre que le texte de Vever et je ne pense pas que sur la photo ci-dessus ce soit celle de Kramer


1862 L Impératrice ,  couronne et colliers de perles



1863

En juin 1864, L'imperatrice ne désire plus porter sa grande  ceinture , elle garde cependant divers éléments dont qu'elle va faire convertir en grand noeud de corsage, auquel il est ajouté cinq pampilles, certainement par Alfred Bapst  . Marc Bascou et Anne Dion Tenenbaum précisent que ce nouveau bijou "restait fort conséquent puisqu'il s'élevait à 2634 diamants pesant 136,30 carats.....les pampilles, rubans, pompons fixés sur une barette vissée au noeud, étaient détachables. L'épingle était également amovible. C'est sous cette forme que ce bijou exceptionnel nous est heureusement parvenu."



1866

En juin 1866 avait confié aux Messageries Impériales  une caisse de diamants d une valeur de 250.000Frs, mais la caisse a mystérieusement  disparu en Alexandrie, 



En 1870 la guerre franco prussienne l'oblige à s'exiler ,  il doit se réfugier dans sa belle famille et en 1971  il est recensé à Londres comme marchand de diamants.
Après la chute de l'empire il va racheter des bijoux personnels de l impératrice Eugénie .
C'est en 1872 qu' il est a nouveau installé à Paris , mais n'a plus la même aura.




C'est en 1874 qu il s'installe au 350 rue Saint Honoré, il y occupe deux appartements.



Le grand Joaillier Fontenay,  va le défendre en publiant un démenti en 1878 dans le Figaro, et il pourra exposer quelques pièces de sa fabrication a l exposition Universelle de 1878 sur le stand de Eugène Fontenay.

En 1883 il est à nouveau victime d une escroquerie il avait confié a un jeune anglais , marchand de tableaux James Henru Marriot des bijoux d une valeur de 375.000 francs  le joaillier espérait vendre  ces diamants par l intermédiaire de Marriot  au très riche ambassadeur américain W.W. Astor qui ne les achète pas, mais Marriot s 'enfuit  avec les diamants et sa maitresse et pourtant...
En 1887, c'est la vente désastreuse des Joyaux de la couronne: un gouvernement qui veut faire oublier la royauté, un bas esprit de vengeance

Alors cette  grande broche noeud , va être vendue tout a fait légalement à un dénommé Schlessinger, aux Etats Unis, puis elle passera  entre les mains de la  collection Astor puis de Mr Esmérian à New York .

En 1889 d'apres Vever  :
"La Comtesse de Donnersmarck mourut quelques années plus tard en Allemagne. Son mari, malgré les souvenirs qui pouvaient s'attacher à un pareil joyau, le vendit, en 1889, à Kramer qui, nous l'avons dit, avait été joaillier de l'Impératrice, bien que sujet prussien ; ce dernier le revendit immédiatement 5oo.ooo francs à Boucheron, qui dispersa cette collection de perles en différents colliers."

La comtesse était plus connue sous le nom de "La Païva"



La Paiva
Épouse du comte prussien Henckel von Donnersmarck, multimillionnaire et cousin de Bismarck, elle put réaliser son rêve de construire un somptueux hôtel avenue des Champs-Élysées. Selon la légende, pendant sa jeunesse difficile, cette rousse flamboyante avait été poussée hors de la voiture par un client pressé (son amant) et s'était légèrement blessée. Elle se serait alors promis de faire construire « la plus belle maison de Paris » en face du lieu où elle était tombée2.
La Païva fit appel à l'architecte Pierre Manguin pour construire l'hôtel dans le style de la renaissance italienne avec un jardin suspendu. Son coût de 10 millions de francs or défraya alors la chronique comme la durée des travaux, près de dix ans.(wikipédia)



À partir de 1866, la comtesse, pourtant exclue des salons aristocratiques du fait de son parcours singulier, y reçut des gens célèbres : les Goncourt, Théophile Gautier, Gambetta, Renan, Taine, Émile de Girardin...

En 1877, soupçonnée d'espionnage, elle quitte la France pour se retirer au Château de Neudeck (aujourd'hui Świerklaniec, en Pologne), dont la construction venait de s'achever et où elle fait transférer une partie du mobilier de l'hôtel. Elle y meurt le 21 janvier 1884, âgée de soixante-cinq ans.
Son hôtel reste alors fermé pendant plusieurs années.
Devenu veuf, remarié avec Catherine von Slepzow (1862-1929), le comte Henckel von Donnersmarck vend l'hôtel en 1893 au banquier berlinois James Soloschin. Un ancien cuisinier du tsar, Pierre Cubat y installa un restaurant réputé dans lequel le Tout-Paris se retrouvait. Pour autant, en dépit de sa renommée, l'établissement ferme ses portes en 1898. Un projet d'installer la mairie du 8e arrondissement n'aura pas de suite.




Devenu veuf, remarié avec Catherine von Slepzow (1862-1929), le comte Henckel von Donnersmarck vend l'hôtel en 1893 au banquier berlinois James Soloschin. Un ancien cuisinier du tsar, Pierre Cubat y installa un restaurant réputé dans lequel le Tout-Paris se retrouvait. Pour autant, en dépit de sa renommée, l'établissement ferme ses portes en 1898. Un projet d'installer la mairie du 8e arrondissement n'aura pas de suite.
En 1903, le Travellers Club s'installa dans cette ancienne demeure luxueuse dont ce gentlemen's club est propriétaire depuis 1923. L'hôtel de la Païva est classé au titre des monuments historiques en 19801. Travellers Club, s'y installe en 1903 et en fait l'acquisition en 1923
Le rez de chaussée est devenu un restaurant le "Bistro 25"



1916

Le noeud de l'Impératrice Eugénie fut mis en vente en 2002 chez Sotheby's ce n'est qu'en 2008 que la société des amis du Louvre pourra se porter acquéreur. 
Voici leur communiqué à l'époque:
En 2008, la Société des Amis du Louvre a pu faire revenir des Etats-Unis un joyau provenant de la Couronne de France : un somptueux noeud de diamants réalisé par le joaillier François Kramer pour l'impératrice Eugénie en 1855. Le dessin du noeud, assorti de deux glands de passementerie, s'inspire librement de modes de la fin du XVIIIe siècle. 
Le ruban de dentelle élégamment noué paraît d'une étonnante souplesse ; les franges des glands, entièrement flexibles, sont rendues avec un souci de réalisme extrême. Le sertissage, réunissant non moins de 2634 diamants dont 2438 brillants pesant 140 carats, est en effet d'une rare complexité : entièrement ajouré, articulé, et traité en relief, il est destiné à faire scintiller les pierres au moindre mouvement. Ce bijou a pu être acquis et offert aux collections du Louvre grâce aux legs de M. et Mme Rouffet consentis par testament aux Amis du Louvre. A partir du 16 septembre 2010, le Grand Nœud sera pour la première fois présenté au public du Louvre dans une vitrine installée dans la salle 74 du département des Objets d'art (Aile Richelieu, 1er étage).
Il sera accompagné du Diadème de l'impératrice Eugénie acheté par notre Société en 1992.


Un commentaire, des bijoux fabriqués par Kramer a me signaler,  ci-dessous si vous avez un compte google, sinon, m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com

J avais demandé à la maison Christie's s'ils pouvaient me retrouver le communiqué de presse de 2008 , mais j ai reçu ce texte le 2/10/2002 alors que j avais publié mon article le 30/09/2020  je le publie ci dessous pour compléter mon travail et remercie la maison Christie's d'avoir recherché










1 commentaire:

  1. Il y a une quinzaine d'années, le bureau de change qui occupait le devant et sous-sol de l'hôtel Paiva voulait vendre son fonds de commerce. Je l'ai visité, mais il était surdimensionné, franchement vaste. Et même les frais d'agence, à 10% de prix de cession (3.5 millions d'Euros), n'étaient pas dans mon budget! Le Traveller's Club fait des visites guidés de l'hôtel Paiva une fois par mois, ça vaut le détour.

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