Il s’agit de sauver la banque, mais les avances du Trésor public, soit « 2,075 millions de francs », ne suffisent pas à la sauver et c’est la liquidation amiable sur décision du ministre des Finances en accord avec la Banque de France et acceptée par les actionnaires le 26/2/1932 avec une condition… Créer une société nouvelle (la BNCI) ancêtre de BNP PARIBAS), qui reprenne le fonds de commerce, et continue l'exploitation, car les répercussions sur l'économie du pays auraient été désastreuses.
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Un
concordat fut établi pour le Comptoir Lyon Alemand le 16/06/1932 mais il ne put
être réalisé.
Marthe Hanau se déchaine, souvenez vous, "la Banquiere" jouée magistralement par Romy Schneider.
D'après Wikipédia:"Après une grève de la faim et une
évasion, elle est libérée sous caution. Elle est à nouveau arrêtée et libérée
sous caution en1932. En juillet 1934, Marthe Hanau est condamnée à trois ans de prison ferme.
Elle se suicide en
juillet 1935 à
l'aide d'un tube de barbituriques", mais avant elle écrit dans son journal "Écoutez moi"
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Un dernier article ou elle parle d'André Vincent
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Pour Lyon Alemand, il fut créé alors une nouvelle société dans laquelle on met tous les actifs se rapportant à l industrie et au commerce des métaux précieux. La
société se nomme « Société nouvelle du comptoir Lyon Alemand » rapidement, en 1936 « Nouvelle » sera supprimé de l 'intitulé.
André Vincent avait voulu innover, Dominique Lacoue-Labarthe dit dans son étude des paniques bancaires de 1930
« Il avait le mérite de proposer une autre solution au problème du financement de projet, la banque mixte, ou banque-industrie (comme on dira dans les années 1990), plutôt que le classique financement par mobilisation de papier commercial. La banque-industrie n’est pas malsaine en soi, pas plus que la mobilisation de papier de crédit ou le découvert par caisse ou en compte courant, préfigurations du futur crédit global d’exploitation. C'est plutôt la fragilité des garanties et l'absence de diversification qui sont ici prises en défaut."
Alors nos diamantaires dans tout ce fatras? Ils ont payé, durement, sur leurs biens. Pour certains, ce fut long, pour d'autres très court, le chagrin, l'honneur, ils en meurent, plus de boulot avec la crise, mais plusieurs avaient de la marchandise. Ci-dessous une liste d'entre eux.
Lisez tout, surtout Rosenthal!!!
Bienenfeld (Etablissements
Jacques) : aux termes d'un accord de
1936 avec ses créanciers, la société fit don pendant 15 ans de tous les
éléments de son actif et d'une part de ses bénéfices ; elle permit à ses
créanciers le rachat des actions issues de la succession de feu Jacques
Bienenfeld ; en 1946, David Bienenfeld obtint le rachat des créances
contre 3 500 000 francs.
La créance de la BNC
s'était élevée à 3 300 000 francs et elle acquit 1710 actions.
Cette
société se transforma en Société industrielle et commerciale de la perle fine,
SA avant 1941, afin de faire disparaître toute trace d'origine juive.
Il faut
préciser que d'après un dossier conservé aux archives nationales
Dès
octobre 1930, de graves difficultés du marché interne des perles et pierres
précieuses avaient amené les banques créancières à créer la société Diaperl,
chargée de vérifier la situation des diamantaires et de faciliter la
liquidation de leurs engagements, qui se chiffraient à 610 millions. En 1932,
on songea au règlement en marchandises, c'est-à-dire à la répartition des stocks
et autres éléments d'actif entre les créanciers au prorata de leurs
engagements : la Société
corporative des négociants en perles fines et pierres précieuses fut créée à
cet effet, tandis qu'était constitué un Comité des affaires diamantaires,
organisme paritaire regroupant les sept principales banques et huit négociants,
ayant pour but de poursuivre les pourparlers entre créanciers et diamantaires
et de proposer des amendements justifiés par les circonstances. La société
Diaperl, impuissante à résoudre les problèmes soulevés, fut dissoute en octobre
1933 et remplacée par le Service de règlement des affaires diamantaires qui
dépendait de la Société
auxiliaire des perles fines et pierres précieuses, fondée par les
Etablissements Marret, Bonin, Lebel et Guieu réunis, liquidateurs de Diaperl,
afin de représenter les créanciers dans diverse affaires.
Bourdier
(Etablissements).
La BNC produisit pour environ 2 800 000 francs à la liquidation de la
société qui fut dissoute en 1933.
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Broche Diamants1930,avec une montre incorporée de BOURDIER vendue par Christie's en 2002, 22325e
Très jolie broche Nœud de BOURDIER (vers 1920) vendue pas Sotheb'ys en 2005 21600€ cliquez pour agrandir
Caesar (Rodolphe)
perles et pierres fines.
La BNC fut admise pour 21 millions à la liquidation amiable de cette maison, décidée par les créanciers le 14 février 1931.
En 1930, Mr Caesar était président de la Chambre syndicale en diamants, perles, pierres précieuses.
Livre de Jean Philippe de Garate ci-dessous
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Dunès
(Etablissements).
Après l'abandon de son actif en 1934 en faveur de ses créanciers, la société
fut dissoute en 1935 ; la BNC
qui produisit pour 1 200 000 francs reçut en paiement des
marchandises.
Egouvillon,
Lafon et Cie (horlogerie-joaillerie).
La liquidation judiciaire de cette société en nom collectif fut prononcée le 29
novembre 1932 ; le concordat de 1938 passé avec la BNC (pour récupération en 10
ans de 45% de la dette qui s'élevait à 115 570,70 francs) fut résolu et la
société mise en faillite.
Eliakim
(Sam).
La BNC produisit pour 69 757, 86 francs (provenant d'effets impayés) à la
faillite prononcée le 5 mai 1930.
Esmérian
(Paul).
A la suite d'un accord passé en 1934 avec les créanciers, la BNC fut inscrite au passif
pour environ 400 000 francs ; après une longue procédure elle
récupéra sa créance en 1939.
Fischof
(société Léo).
SARL pour le commerce de perles fines admise au bénéfice de la liquidation
judiciaire le 13 novembre 1930 ; la
BNC produisit pour environ 120 000 francs, mais le
concordat obtenu fut résolu, et la faillite prononcée en 1933.
Fischof et fils (A.M.)
La BNC produisit pour environ 700 000 francs à la liquidation amiable de
la société, prononcée le 13 décembre 1932.
Founès
(Salomon).
Après la mise en liquidation judiciaire en 1932, ce joaillier mourut et en 1934
un accord fut passé entre les créanciers et sa veuve moyennant abandon de
l'actif ; la BNC
avait produit pour environ 16.500.000 francs et n'obtint qu'un
règlement partiel.
Frank (Etablissements
Louis).
La créance de la BNC
s'élevait à environ 190 000 francs lors de la dissolution de la société le
20 décembre 1933.
Habib (A.
et J.)
Après la mise en liquidation judiciaire, en 1931, de cette société en nom
collectif, un concordat fut obtenu avec les créanciers en 1933 ; sa
résolution amena la faillite, close en 1947. La BNC fut admise au passif pour environ
15 500 000 francs et ne récupéra qu'une faible partie de cette
avance.
Société d' Importation de perles fines et pierres précieuses
Un arrangement fut obtenu en 1934 avec les créanciers moyennant abandon de
l'actif et remise de parts bénéficiaires. La créance de la BNC s'élevait à 520 000
francs. Dissoute en 1944, la société ne fut pas reconstituée.
Lacloche
frères (Société des anciens établissements).
La BNC produisit pour environ 2 500 000 francs à la faillite
prononcée le 23 juin 1931.
Marschak
(Nicolas).
La BNC fut admise au passif de la liquidation judiciaire, en 1931, pour environ
16 500 francs.
Marx
(Albert).
La BNC, qui avait une créance de 500 000 francs, réalisa le gage qu'elle
possédait mais ne put rien obtenir de la succession de ce négociant en bijoux
décédé en 1934, l'actif
ayant été absorbé par les impôts privilégiés.
Mauboussin
(Georges).
Cette société anonyme, mise en liquidation amiable en 1934, devait plus de 16
millions à la BNC
qui lui avait consenti un crédit de 15 millions en participation avec le
Comptoir Lyon-Alemand et le Crédit foncier colonial et de banque.
Max Mayer Ltd (Londres).
La BNC produisit pour environ 2 500 000 francs au passif de cette
société ; à la suite d'un accord passé avec les créanciers elle se vit
attribuer pour environ 400 000 francs de marchandises, mais ne put
recevoir les obligations prévues par l'accord.
Mossein,
Bédarridès et Cie.
La dissolution et la liquidation amiable de cette société a été prononcée le 31
décembre 1932 ; la créance de la
BNC s'élevait à environ 7.500.000 francs.
Nossovitzki (Michel).
Exploitant un fonds de commerce en perles fines, déclaré en faillite en 1933,
il était débiteur d'environ 260.000 francs envers la BNC.
Polianowski (Antschel).
Négociant en perles, déclaré en faillite en 1931, son concordat fut résolu en
1939 et la faillite fut close en 1949 ; la BNC produisit pour environ 5.700.000 au
passif.
Rosenthal
et frères (Léonard).
Cette société en nom collectif avait eu un engagement de près de 50 millions
envers la BNC ;
atteinte par la crise, elle sollicita en 1932 un arrangement avec les
créanciers et fut mise en liquidation amiable en 1934.
Les trois frères
constituèrent ensuite chacun une nouvelle société et prirent des participations
dans des sociétés immobilières ; le frère aîné alla s'installer à New-York
où il développa un commerce de perles florissant. La BNC voulut faire jouer la
clause de retour à meilleure fortune ; après de longues tractations
Léonard Rosenthal proposa la remise de 80 000 actions de la Société foncière des
Champ-Elysées ; en 1948, les associés
procédèrent au rachat définitif de cette clause pour 4 500 000 francs.
J'ai découvert un document officiel traduit en français, datant de 1917, lorsque l'Allemagne manquant de fonds, liquide tout ce qu'elle peut, en confisquant et curieusement la liste des joailliers ci-dessous comprends donc des maisons qui avaient déjà souffert pendant la guerre, mais qui se retrouvent dans ce désastre bancaire de 1930.
On y lit les noms de Mélik, Ascher, mais également de David et Grosgogeat, le maitre d'apprentissage d'Alfred Van Cleef que de célèbres écrivains de la bijouterie ont répandu dans le monde entier, comme David et Grogeat
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De mémoire de sa famille ce n'est pas son métier de grand marchand de perles, mais les affaires immobilières, et en partie "le passage des champs élysées"qui aggravèrent sa situation: voir;
http://books.google.fr/books?id=_X27oU7Uzf8C&pg=PA78&dq=Lenoard+rosenthal&hl=fr&ei=dVh7TvH7FcbtOfbOta8C&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=9&ved=0CF8Q6AEwCA#v=onepage&q&f=false
Ses livres ont inspiré d'autres, et j'ai la chance de posséder un original de 1926 "Au Royaume de la perle " qui fut offert à mon père par Jacques Tharin.
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Rosenthal avait produit le cinéaste Serguei Eisenstein
Léonard et son fils Jean
Livre en mode image et en mode texte,
Léonard Rosenthal, satrape des Champs Promoteur des galeries enclavées dans les immeubles des Champs-Élysées, Léonard Rosenthal a fait fortune dans le négoce des perles. Après la Grande Guerre, il fonde la Société immobilière des Champs-Élysées, dont l’objet principal est de privilégier une bonne publicité
Et aussi un livre de 1924, titre ambitieux, mais.....
Rosenthal et frères (Léonard).
Dossiers des co-obligés.
Rozanès
(Nissim).
La BNC a produit pour 2 500 000 francs à la mise en liquidation de cette entreprise en 1932.
Nissim Rozanes avait choisi pour transformer son Hôtel particulier un architecte de grand talent, Auguste Perret, celui qui reconstruira le Havre.
Mr Rozanes fut très actif, il était juif venant de Turquie
Magasin de Mr Rozanes Rue de la Paix en 1923
Sachs et
Cie (Robert).
Cette société en commandite simple obtint en 1935 un accord avec ses créanciers
moyennant l'abandon de presque tout son actif, la répartition de ses
marchandises et une partie de ses bénéfices, la BNC était créancière pour environ 7 millions.
Sachs et
fils (Léo).
Cette société en nom collectif obtint un arrangement avec ses créanciers en
1934 ; la BNC
admise au passif pour environ 17 millions.
Volt
(Henri).
Ce tailleur de diamant, qui fut amené à la liquidation judiciaire puis à la
faillite en 1932, était débiteur d'environ 120 000 francs envers la BNC.
1922-1954
Il faut ajouter d’autres diamantaires et non des moindres
Abouhamad (S. et M.), Auricoste (J.), Goudeket (Maurice) Dernier mari de l écrivain Colette était marchand de perles
, Société Janesich, Madame veuve Auguste Lévy et fils, Lifschitz (Bernard), Lopez (S. de), Minassiantz (Mélik), Montias (Samy), Nersessian (Nersesse), Pollitzer et Cie (Marcel M.), Rakover (Adolphe), Stiller fils, Stiskin fils et gendre, Strauss (Albert), Wall (Gustave),
En 1929, les petites banques ont été coulées, sont restées certaines banques importantes, Ces grosses banques se sortent de tout, elles sont toujours là.
Les diamantaires ont disparu, certains en camps de concentration, mais quand en 1948, le CLA est à nouveau repris, il l'est par la Banque de l'Indochine (qui s'est même sorti de l'affaire des piastres), Worms et Cie Montagu et Cie de Londres.
L'argent n'a pas d'odeur ni de sentiments, nous pouvons juste signaler qu'en 1950 (l'affaire des piastres se terminera en 1953) était ministre des Colonies François Mitterrand, et René Bousquet directeur de la Banque de l'indochine.
En effectuant des recherches pour l'Histoire des Van Cleef et des Arpels" à la recherche de René Marty, j'ai été amené à consulter le très protégé dossier "Bonny et Lafont" aux Archives Nationales et dans les témoignages de leur procès je trouvais.
Audition de Delehaye Edmond
Laval Pierre
avait une certaine amitié pour Henri (lafont) car ce dernier avait fait sortir
du camp où ils étaient internés deux Banquiers, les frères……………qui seraient à
la base de la fortune de Laval
Mais dans le livre "Albert Buisson un destin au vingtième siecle" , j'ai trouvé ceci .
Amédée Siaume et André Vincent du Comptoir et de la BNC
Alors si vous avez des commentaires, des précisions, des souvenirs, vous pouvez laisser des commentaires ou m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com