jeudi 26 août 2010

Albert Londres, Lang Villars, suite....

J'étais parti d'un article de presse sur un fait divers qui traitait en 1934 d'un recel de bijoux Van Cleef et Arpels appartenant à une madame Lang Villars


Photographie transmise par Francesco Culicelli

J'ai reçu grâce à Internet des témoignages et des photographies, mais pour se remettre dans le bain de l'époque:
cet article  du Journal "CYRANO" de 1934
Que de mystères et de questions sont posées par cet article et d'autres de la presse de l'époque. Mais elles n'ont pas obtenu de réponses
Un membre de la famille du pilote, de nos jours continue a chercher ces réponses il y consacre un site internet: François Goulette


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Il m'a adressé des photographies de sa collection privée, personnelle, et de sa famille.

Une équipe cinématographique française  contacterait des personnes concernées par ce sujet depuis le début du mois, mais j'ai reçu aussi quelques photographies de la part d'un écrivain italien qui a consacré un livre a ce drame. Le titre de son livre:
"Il mistero dei Monti Ernici" 

Sous titre "La Fémmina morta".  
Cet écrivain se nomme Stefano Magliocchetti.
Il avait découvert dans la montagne lors d'une randonnée le monument aux victimes de cet accident 

 François Goulette m'a indiqué ce qu'il y avait d'écrit:
"A Picard Susanna Sarah, Lang Willar Alfredo, Goulette Marcello Francesco , Moreau Luciano 25 maggio 1932" 
C'est l'hélice de l'appareil qui se trouve  sur le rocher, il manquerait un appareil de bord qui était incrusté sur le rocher en bas à gauche.
 Stefano Maglioccheti va vouloir comprendre ce monument et ce qui s'est passé, il va se rendre en France, en Suisse, en Italie en Egypte.....

Il raconte....le 25/5/1932 comme chaque année à Véroli, c'est la fête en l'honneur de Santa Maria Salomé. Non loin de là dans les montagne du massif Ernici  un avion s'écrase avec quatre passagers.
Stefano Maglioccheti nous dit que Alfred Isaac Willar, est le cousin de Louis Dreyfus, qu'il est juif ainsi que Sarah Suzanne Picard et que comme Louis dreyfus, originaire de Suisse et dans la finance internationale.
Alfred,né le 20/1/1875 à Bâle, et Suzanne née le 4/3/1894 à la Chaux de Fond en Suisse avaient échappé quelques jours auparavant au naufrage du "Georges Philippar" 
Albert Londres avait été entrainé par le fond mais pas Alfred et Suzanna qui bons nageurs avaient pu rejoindre le navire soviétique qui était arrivé dès le début du naufrage.
Alfred aurait été un ami proche de Léon Trotski et serait même vu proposer par ce théoricien de la révolution permanente le ministère des finances Russe. Quant à Suzanne Picard son père Gabriel Picard aurait été parmi les fondateurs socialistes du journal l'humanité (Louis Dreyfus est l'un des principaux souscripteurs de ce journal)


Marcel Goulette
Son livre relate la carrière de Marcel Goulette ses exploits, ses quinze années au service de l'aviation civile et ses expéditions avec son Farman vers le Sahara l'Afrique et la Réunion mais il relate aussi celle du second pilote à la carrière tout aussi héroïque  Lucien Moreau:


Lucien Moreau











Au delà des aspects romantiques, dont l'espionnage et la politique fiction entourent ces faits, il faut noter que si d'autres  aviateurs avaient refusé ce vol commandé par le journal L'Excelcior, seuls Goulette et Moreau avaient été jugés capables d'effectuer la liaison de Paris à San Vito Dei Norman et Salerne Rome Livourne Gênes et Marseille ou ils devaient déposer les époux Lang Willar.
J'ai donc reçu aussi la très belle photographie de Suzanne,  qui  fait la couverture du livre de Stéfano Maggliochetti.
Suzanne est l'arriere grand mère maternelle du chanteur RAPHAEL Haroche, l'auteur de "Caravanne"
 Ce livre doit être fascinant car  il mêle les histoires de quatre personnages qui nous font côtoyer les aventuriers et les célébrités de ce premier tiers du vingtième siècle.
Néanmoins il reste beaucoup de questions auxquelles  les gouvernements de l'époque avaient refusé de répondre.
Bonne chance à François Goulette qui comme Stefano ne connaissait pas l'épisode des bijoux Van Cleef de Madame Lang Willar

Si quelqu'un peut résoudre ce problème?


Quelle est la bonne orthographe du nom : Lang Villars, Lang Willar, Lang Villard etc

J'ai reçu d'Italie d'excellentes photographies en couleurs grâce à la gentillesse de Monsieur Francesco Culicelli, je l'en remercie. 

















Cliquez pour agrandir
On voit bien l'emplacement de ce cadran de bord qui était incrusté et qui a disparu


Et puis cet article de l'Ouest éclair sur les obsèques des aviateurs





CAMEE de Fontaines pétrifiantes



Vous trouvez aux puces un camée, ou un client vous amène un camée en matière blanche représentant une tête de femme de profil.
Vous l’examinez, la couleur est « ivoire » c’est plus lourd qu’un camée coquillage mais la dureté semble égale, ce n’est pas un marbre….quoique !!




Vous retournez le camée, le dessous est brut et en regardant de plus près ou avec une loupe  10X, vous observez un agrégat de microcristaux blancs.
C’est du carbonate de calcium, du moins la matière que vous avez sous les yeux en contient  une très grande quantité !
C’est le composant principal du calcaire et de la craie, mais aussi du marbre, mais c’est aussi le constituant des coquilles d’animaux marins (d’où l’idée d’un camée coquillage) le corail et même les coquilles d’escargots.
Mais quelle idée de se servir de cette matière pour un Camée!




Vous retournez à nouveau le camée et  observez bien le dessous, c’est une matière qui, pourtant, ne vous rappelle rien.
Vous vous trouvez en présence d’un camée fabriqué à l aide de fontaines pétrifiantes.
Il n’est pas besoin d’aller loin, en Auvergne, ou les hommes comprirent vite le processus de formation. En 1665 dans « Mémoire sur les grands jours d’Auvergne » Esprit Fléchier décrit le phénomène




               « durcissent insensiblement, se couvrent d’une écorce »

Les habitants de cette région commencèrent  à faire des essais en mettant dans ces fontaines des végétaux ou des écorces d’arbre, puis ils en arrivent aux poteries, etc.  Ces fontaines, ou plutôt ces sources qu’on dit pétrifiantes, aux eaux très riches en dioxyde de carbone contiennent une très grande quantité de carbonate de Calcium, appelé autrefois carbonate de chaux. Et des objets exposés plusieurs jours sous ces eaux ruisselantes se retrouvent recouvert d’une couche de Calcite.
C’est en 1828 à Saint Nectaire que Jean Serre va mettre au point le processus de recouvrement. Puis Mr Clementel  propriétaire de l’ensemble des sources  comprend que lorsque l’eau sort de la terre à l’air libre, le carbonate se précipite sous forme de cristaux avec un grain grossier mais qui devient de plus en plus fin. Il va donc aménager ces sources et y exposer des objets et même des animaux empaillés  qui avec le temps deviennent des sculptures de pierre.
Au début du XIX° nos auvergnats  emploient une nouvelle méthode.
Ils fabriquent des motifs qu’ils vont mouler au début en soufre, puis en gutta Percha qui est une gomme végétale naturelle issue du latex (elle entre de nos jours dans la composition des balles de golf)
Ils en viennent à créer des tableaux en reliefs et ces produits se vendent toujours. Ils ont découvert aussi que l’eau en passant dans des canalisations contenant des copeaux de bois se filtrait de l’oxyde de fer contenu, ce qui donnait aux objets cette teinte ivoire.
Si vous vous rendez sur le site :


Vous découvrirez ces « escaliers » sur lesquels les moules sont placés pour être recouverts petit a petit de carbonate de calcium
« Ici, se déposent jusqu’à 25 cm de calcaire par an. Dès le début de la fabrication, les moules en Gutta Percha sont placés dans le bas de l’échelle, afin de recueillir des dépôts de calcaire fins et durs et réaliser ainsi la face du bas-relief. Nous terminons de remplir les moules en les remontant progressivement vers le haut de l’échelle où les grains de calcaire sont plus grossiers et plus abondants. Au final nous obtenons des bas-reliefs en calcaire dont la finesse et le poli font penser aux plus beaux ivoires. » 
Cette maison continue la fabrication camées montés en bijoux et m'a fait parvenir une photographie.



A voir aussi:

Faire une médaille de 103grammes en or en 4 jours : par Jean Jacques Richard, Joaillier

Simulation de la médaille en or 18 Kt avec surfaces polies (lettres et mains) et fond satiné, d’après le modèle gravé original. Une médaille...