samedi 5 juillet 2008

Ils ont dit du Bijou ....Jean GIONO







Avec Henri Bosco nous étions à Avignon, descendons un peu plus bas, à Manosque ou est né et a vécu Jean Giono. En juillet 1960 , ce joli texte sur le Diamant. Je l'ai photographié pour pouvoir garder la beauté des caractères choisis par l imprimeur.



Cliquez sur les textes , ce sera plus net





















Hyacinthe



Si je prends mon dictionnaire portatif de la langue Françoise de Pierre Richelet de 1756, "Hiaçinte" est un nom féminin qui veut dire "nom de fleur & de pierre précieuse".

Au début du 17 eme on distinguait "4 éspèces de Hiaçinte" Rouge feu, rouge orangé, jaune safran, Incolore.
Pourtant dans son poème sur l'or et les pierres précieuses, dans mon chapitre précédent,Henri Bosco parle plusieurs fois de "l'Hyacinthe."
Fin 18 eme Romé de l'Isle, la définit comme un minéral dont les cristaux sont des prismes quadrilatères. Au XIX eme siècle, ce terme est appliqué au Zircon, et d'ailleurs, au début XX eme, la Hiaçinte sert à désigner, le zircon, l'hessonite et certains quartz.



Sur ce Zircon Hyacinthe on observe le fort doublage des arêtes de la pierre

Au 20 eme, il n'y a plus que les Lapidaires qui se servent de ce terme pour désigner une pierre d'une certaine couleur orangée.

Sous la renaissance l'hyacinthe apportait la sagesse, la prudence, toutes les vertus du coeur, elle apportait richesse et honneurs, etc.
De nos jours le Larousse désigne la Hyacinthe ainsi: "Ancien nom de la Jacinthe, Pierre fine, zircon brun orangé à Rouge"
Pourquoi Henri Bosco la cite t'il plusieurs fois? Est ce a cause de ses origines paternelle, l'Italie?
Un langage des poètes? En 1940 il écrivit un livre "Hyacinthe" et en 1946 "le Jardin d'Hyacinthe" deux volumes sur la trilogie consacrée aux aventures de Constantin et Hyacinthe.
Ce nom devait lui parler.

vendredi 4 juillet 2008

Ils ont dit du bijou....Henri Bosco

Dimanche dernier, je découvrais le marché aux puces d'Avignon, un temps splendide, un peu chaud, 32° à midi, un peu d'air, mais sous les arbres de la place des Carmes , un bon temps pour flâner au milieu des bouquinistes, bel endroit qui mériterait de meilleurs marchands.



En repartant sur la droite , une toute petite ruelle et une plaque. Je découvre que Henri Bosco est né là , rue de la Carreterie, au N° 3 , près de l'église des Augustins.

Alors j'ai cherché dans mes archives, il avait préfacé un catalogue de bijoux pour le club des Joailliers Français, auquel appartenait mon père. Sur la place, le festival s'organise, dans le cloitre de l'église des carmes, il y aura des spectacles du festival, mais plusieurs petits théatres de rue se montent autour de la place. Aurait il aimé?


la plaque commémorative, une photo de la rue de la Carreterie, étroite et sombre, mais fraiche, et une photo du clocher des Augustins. Quelle idée d'avoir refait une horloge moderne sur l'édifice!!! et de plus sur les quatre cotés du campanile!






je m'empresse de vous faire découvrir ce que henri Bosco avait écrit, car peu de poètes ont écrit sur le Bijou:



.... C'était donc à l'aube des ages lorsque ceci est arrivé.
Alors l' homme prenait lentement connaissance de soi, de la terre et de l' univers.
Alors la pierre, le métal, le désir, la pensée, animés d'une obscure sympathie commencèrent à se confronter.
Car de la pierre et du métal, émanait un attrait encore indéfinissable, mais fort.
Il créait un désir étrange au coeur de l'homme.
Désir qui attirait la pensée vers la pierre et vers le métal encore captifs.
Le désir désirait ces choses inconnues, mais restait impuissant a en faire tout seul des choses connaissables, des choses qu'on peut posséder.
Et c'est pourquoi il en appela si passionnément à la pensée que celle ci s'enfonça, lampe en main, dans les ténèbres au sein de la matière et en détacha l'or et le diamant.
Mais c'était dans leur gangue.
Et le désir exigea davantage.
Et la pensée brisa la gangue.
Et l'or fauve se mit a luire, le diamant à étinceler.
Or peu à peu, le puissant sortilège qui habitait ces corps nouveaux, libéré de la gangue, rayonna si intensément au dehors que l'homme ébloui, ébranlé, pénétré dans sa chair, envouté jusqu'au fond de l'âme, se sentit lié au métal et à la pierre.
Soudain, il était possédé.
Mais cette possession lui donnait de telles délices qu'il voulut à son tour posséder qui le possédait. C'est ce qu'on appelle l'amour. Et l'amour un peu follement se veut durable.
Pour le rendre tel, l'homme ingénieux conçut cette idée admirable de les associer, de les unir, et d'inventer pour lui, et pour lui seul, un objet encore inconnu de la terre.
Ainsi fut créé le premier bijou, l'anneau fondu dans l'or magique ou étincelait le diamant.
Mais toujours curieux de connaitre, l'homme découvrit bientôt une relation imprévue entre le métal, la pierre et les astres.
Car après le diamant uni à l'or, il avait incrusté à l'or d'autres pierres, le rubis, l'émeraude, le saphir, la topaze, l'hyacinthe, l'aigue-marine.
Et, parfois, quand il regardait jouer le soleil sur ces pierres, il y apercevait, en transparence, des planètes et des étoiles.
Et c'était Mars dans le rubis,Vénus dans l'émeraude, et dans le saphir Jupiter, cependant que topazes et hyacinthes offraient l'image même du soleil et qu'Astarté lointainement nageait dans le bleu de l'aigue marine.
La puissance magique des bijoux en était si mystérieusement multipliée que chacun d'eux semblait y condenser en soi les splendeurs sidérales.
Or qu'advint-il de cette découverte?
Ceci dit-on...
C'est depuis ce temps là que l'homme sagement croit à la secrète vertu des métaux et des pierres.
Et pour agrandir les forces rayonnantes, son art fond, cisèle, taille, sertit ces substances terrestres. Ainsi, tant par le travail de ses mains que par les inventions de sa pensée, il en fait des objets sacrés.
Ses mains attachent la pierre au métal, sa pensée les met en rapport avec les astres et les infaillibles desseins du Zodiaque.
HENRI BOSCO

NICE MCMLXIII

Si vous voulez en savoir plus sur Henri Bosco, voici l'adresse de son site officiel
http://henribosco.free.fr/

Du Scrupule au Carat mesure pour l'Or


En novembre 2007, j'avais expliqué l'origine du mot "Carat" venant de la graine de caroubier, mais il m'est souvent demandé des précisions sur la différence entre le carat des pierres précieuses et celui de l'or, J'ai explique que l'or à 24 karats était de l'or à 1000/1000° soit de l'or pur, donc le 12 Kts est de l'or à 500/1000°, et le 18 kts de l 'or à 750/1000°. Donc c'est la quantité d'or fin contenue dans l'alliage . Mais les questions se font plus précises, tout en vous rappelant que désormais en France et en Europe, nous devons parler du titre de l'or en 1000°.
l'origine vient du Solidus .Constantin 1er vers 311 après JC, crée une nouvelle monnaie, le Solidus,(poids 4 grs 50) / Solidus veut dire "solide.Stable", il connut d'ailleurs une extraordinaire stabilité et ne fut dévalué qu'au XI ° siècle.
Constantin ayant connu des périodes de dévaluations constantes avait fixé de par la loi, le poids du Solidus en Or à 4 scrupules, un scrupule équivaut à 6 kerations ou Karats, donc le solidus pesait 24 Kérations ou 24 karats.
Après la disparition de l 'empire Romain, le "Solidus" continue à circuler quelques temps chez les Francs, en français de l'époque, il devint le "Soldus" puis le "Solt", le "Sol" et enfin le "Sou". Avec toutes les expressions, telle"un sou est un sou" que nous avons gardé dans notre langue.
Maintenant c'est l'Euro, et nous n'avons plus de sous.....!
Un précision supplémentaire pour le caratage de l'or, tiré de l'encyclopédie le Spectacle de la nature de 1780 en 13 volumes, collection personnelle.

Une excellente page sur Wiki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Poids_de_marc
C'est ce marc qui donna son nom au Mark Allemand


jeudi 3 juillet 2008

Escroquerie Chez Cartier






De nos jours trouver deux belles perles de Tahiti ou de culture japonaise, semblables, pour appairer comme on dit dans le jargon des bijoutiers, ce peut être difficile, mais sûrement pas impossible.
Mais avant 1905 il n'y avait que la perle naturelle , ce que nous nommons la perle fine, il fallait plonger pour ramener les huitres et ce, au milieu de grands dangers, tels que les requins les morsures de pieuvre, l'asphyxie etc. Toutes les perles étaient différentes, par la forme , la couleur....!
Alors que la perle de culture commençait à apparaître sur le marché, un client acheta chez Cartier une perle de cinquante six grains soit quatorze carats. C'était une très belle perle provenant du golfe persique. Quelques jours plus tard, le client revint et demanda à acheter une deuxième perle en tous points semblable à la première. On appela Louis Cartier, qui parait-il jura que seul dieu pourrait trouver une perle identique, mais que Louis Cartier ne le pouvait pas.Le client insista "je suis prêt a payer, n'importe quel prix"
On promit d'essayer et de contacter aussitôt tous les bureaux des maisons qui travaillaient avec le célèbre Joaillier , de Londres à New-york, de Hong-kong à Calcutta et ailleurs si nécessaire. On ne sait jamais!!!! quelquefois que!!!!
De fait quelques temps après , un homme fit savoir qu'il détenait une perle tout a fait semblable à la demande , le prix réclamé était deux fois et demi supérieur à celui de la première perle.Cartier contacta son client qui déclara être toujours intéressé et prêt à payer la somme demandée. Je ne sais si Cartier paya la somme demandée au début , (si ce n'est plus), il paya.
Mais le vendeur et l'acheteur, vous l'avez compris étaient un seul et même homme, et on ne le revit jamais.
Louis Cartier , dégoûté (est ce le bon mot) ne la remit pas en vente, et finit par l'offrir en 1925 à la Comtesse Almassy, sa deuxième femme.



Faire une médaille de 103grammes en or en 4 jours : par Jean Jacques Richard, Joaillier

Simulation de la médaille en or 18 Kt avec surfaces polies (lettres et mains) et fond satiné, d’après le modèle gravé original. Une médaille...