lundi 19 mars 2007

Le "CULLINAN" Plus gros diamant du monde

Les 9 morceaux du Cullinan bruts avant d'être taillés

En 1898, Thomas CULLINAN, un maçon enrichi dans l immobilier ,se rendant dans la région de Prétoria en Afrique du sud, observant le paysage, trouva qu'il ressemblait étrangement à celui de Kimberley, d'ou il était originaire.
C'est à Kimberley que Sir Cecil Rhodes avait ouvert "The big Hole"le plus grand puit jamais creusé par l homme pour y chercher des diamants. Cecil Rhodes fonda la De Beers, et la Rhodesie, devenue le Zimbabwé, lui doit son nom. Cullinan se rendit à la ferme"Elandsfontein" qu'il apercevait au loin,et proposa au propriétaire, Monsieur "Prinsloo" de lui acheter sa ferme et la terre qui l entourait, mais Prinsloo refusa de lui vendre.
Big Hole

Ce n'était pas la première fois qu'on lui demandait mais il avait eu de par le passé des ennuis avec les prospecteurs d'or ou de diamants. Qu'importe, Cullinan attendit sa mort et, en 1902 il acheta la ferme à la fille de Prinsloo pour 52000livres sterling.
La mine fut appelée «Mine Premier" ainsi nommée car inaugurée par le Premier Ministre en 1905. C'est l une des plus grandes cheminées Kimberlitiques connues de 450 sur 900 mètres environ soit 32 hectares de surface, alors que THE BIG HOLE, n'en faisait que 4 ha 31
Le 26 janvier 1905, à 17 heures, un diamant de 3106 carats (621grs20) en fut extrait. Vu sa forme, on pensa à l époque qu'il ne représentait qu'une partie d'un diamant estimé à 5000 carats (souvenez vous de mon chapitre sur le carat en janvier, 5000 carats, cela fait 1 kilog)
Nommé Cullinan, en l honneur de Thomas Cullinan, le plus gros diamant du monde (10*6/5 cm) fut acquis pour 150000 livres par le gouvernement du transvaal, et offert à Edouard VII d'Angleterre, pour son anniversaire le 9 novembre 1907, afin de sceller définitivement la paix après la guerre des boers.
Le Diamant brut, fut envoyé à Londres en secret par paquet-poste recommandé affranchi à 3 shillings, alors qu'un coffret vide était expédié avec un grand luxe de précautions.
Edouard VII demanda alors aux frères ASSCHER, d'Amsterdam, les meilleurs diamantaires du moment, s'ils acceptaient de la tailler. Le Roi souhaitait la conserver dans sa totalité, mais les frères Asscher lui firent comprendre qu'une trop grosse pierre aurait peu d'éclat, et qu'il fallait, après l'avoir fractionnée, en tailler la meilleure partie, celle ou il y avait le moins d'impuretés. Le Roi donna son accord. La pierre fut alors transportée de Londres à Amsterdam.
Alors qu'un paquet plombé, farouchement gardé traversait la manche à bord d'un navire de la Royal Navy, Abraham Asscher mit le "caillou" dans sa poche et effectua tout simplement le voyage de nuit en train et ferry-boat.
L'étude précédant sa taille dura un an, plusieurs jours furent nécessaires pour réaliser une petit incision en forme de "V" pour introduire une lame d'acier afin de la cliver, c'est à dire de la séparer en deux parties.
Le clivage eut lieu le 10 février 1908. Je m'imagine l'émotion de Joseph Asscher (on dirait de nos jours le stress) lorsque qu'il frappa d'un coup sec sur la lame. Rien ne se produisit, la pierre demeura intacte.
Après deux autres essais, le diamant se sépara en deux morceaux comme prévu.
Après le stress, la joie, car cela aurait pu se passer différemment.
Les deux gros fragments furent eux aussi clivés, puis taillés en neuf pierres principales et 96 pierres de tailles diverses, sans compter plusieurs petites pierres totalisant 9 carats et demi. Avec les plus gros fragments, les frères Asscher produisirent;
Le "Great star of Africa" ou Cullinan I, poire de 530, 20 carats, actuellement sur le sceptre de l'empire britannique


Le "Lesser star of Africa" ou Cullinan II, diamant taille coussin de 317 carats 40 actuellement sur la Couronne de l’empire Britannique.
7 autres pierres importantes de (94,4 carats à 4,39 carats) nommées de Cullinan III à Cullinan IX, faisant partie du trésor de la Couronne Britannique, et 96 diamants de grosseurs et de tailles diverses, soit un rendement de 35%, preuve du talent des frères Asscher.

Je ne saurais vous dire si l'ouvrier noir qui découvrit ce cristal eut une prime et quel en était le montant.


dimanche 18 mars 2007

Qu'est-ce qu'un bijou "VINAIGRETTE "

Cliquer pour agrandir
Ce sont des flacons en verre (variante appelée flacon à sels) avec des bouchons ou des capuchons en matière précieuse, ou encore de petites boites de formes variées apparues au XVIII°siècle et au début du XIX°, remplies de sels, ou de vinaigres aromatique destinés à réanimer les élégantes aux fréquentes langueurs, dites aussi "vapeurs".

Un traité anonyme paru en 1774 décrivait cette expression.
"Dans l'usage, le mot vapeurs est consacré pour exprimer le cercle d'humeurs,de caprices,de jolies inégalités, de bouderies,de singularités,de grimaces,de petites manières,de minauderies dans lequel une femme doit être continuellement ballottée pour être ce qu'on appelle une jolie femme"

Ces petits flacons étaient "bouchés à l'émeri". Sous le couvercle et le bouchon, il y avait un petit morceau d'éponge imbibé de vinaigre aromatique. Les dames le gardaient dans leur poche ou leur sac, mais plus souvent en pendentif autour du cou pour ne pas être prise au dépourvu lorsque ces horribles vapeurs survenaient. (Exemple,lorsqu'elles désiraient se faire remarquer par un homme de leur goût), mais cette réflexion est très machiste.

A l'époque, le vinaigre servait à laver le visage car il donnait en même temps du ton aux fibres de la peau, mais aussi comme thérapie!!!
Lorsque la femme s'évanouissait, on pouvait lui frictionner le front avec un coton imbibé de vinaigre ou lui faire inhaler le contenu du flacon.
Bien entendu, ce n'était pas n'importe quel vinaigre.....souvent des vinaigres aromatiques de lavande ou de colchique
A noter que la Colchicine tirée de la Colchique est employée aussi comme médicament dans les crises aiguës de "goutte".

Vinaigrette en or et émaille vers 1850 (Christie's)

Les femmes utilisèrent ces vinaigres souvent aromatisés, pour combattre les odeurs nauséabondes. Pour cela, il fallut trouver un système pour transporter ces vinaigres volatiles. Ainsi naquirent les vinaigrettes, créées à partir des boîtes à mouche et des boîtes à priser, fort courantes à cette époque.
On ajoutait à ces boites une petite grille finement ajourée, derrière laquelle on plaçait une éponge naturelle imbibée de vinaigre. L’ouverture de la boîte permettait la diffusion des odeurs et sa fermeture conservait les propriétés du vinaigre.




Vinaigrette décorée de pierres dures Allemagne XVIII eme siècle En forme de navette, décorée d'une marqueterie de pierres sèche, les formes formant un couvercle à charnière en verre et avec calandre (Christie's)
Dans un premier temps, elles furent de taille discrète et unie, puis elles arborèrent un décor, ou prirent la forme d’un petit sac, mais restèrent des objets cachés dans une poche. L’engouement des dames pour ces vinaigrettes les rendit indispensables, et les transforma en objets décoratifs et en accessoires de raffinement qu’il fallait montrer. Richement décorées avec des émaux polychromes, des pierres dures ou des matières naturelles, utilisant des métaux plus nobles comme le vermeil, elles deviennent alors des objets à la mode et furent portées comme des bijoux.
Il convient de bien différencier les vinaigrettes des flacons à sels. Ces derniers contiennent un carbonate d’ammoniaque, dont l’odeur très acide, fait réagir immédiatement.




Magnifique Vinaigrette en or , émail, perles et miniature d'Isabey .
Losangique, les côtés décorés de croisillons en noir et blanc, ou le couvercle avec portrait miniature d'une jeune fille, ailes dans les nuages, les cheveux bouclés, signé Isabey, dans un cadre de perles, l'intérieur avec grille, le couvercle avec inscription "Donné par l'Impératrice à Joachim le 10 mars 1862", les étiquettes en maroquin rouge et ou avec le numéro d 'inventaire' 16 "et" 90 ", étiquette rouge armoriée des collections Murat.


Froment Meurice

Bracelet rigide articulé dont l’ouverture à cliquet se fait à la partie supérieure. Deux femmes allongées sur des peaux de bête et à demi dénudées sont ciselées de part et d’autre d’un petit coffret à parfum émaillé de bleu et garni de pierres de couleur, dont le couvercle s’ouvre sur une cassolette en argent doré (vinaigrette) encadrée de feuilles d’acanthe émaillées de vert ; il y reste un fragment durci de la petite éponge imbibée de vinaigre aromatique que l’on y plaçait. Sous le coffret le bracelet prend la forme d’une loutre (?), dont dépassent la tête, aux yeux incrustés de pierres rouges, et les pattes.
Il se présente sur une base d’écrin en velours noir, dont la partie supérieure a disparu. Au dos, étiquette ovale dorée portant l’inscription « Froment-Meurice orfèvre-joaillier de la Ville de Paris. Hôtel de Ville, rue de Lobau, 2 ». Ce bracelet est au musée de la Malmaison



Une "vinaigrette" en forme de petite boîte à tabac. En or 18 carats, bicolore (rose et vert), elle est parsemé de décorations florales. Marqué avec deux aigles, marque de garantie pour l'or Paris après le 9 mai 1838. (Marque du maître illisible.), France, 18ème siècle ou début 19ème siècle.


Emaillée rouge vif et transparent sur la gravure guilloché sur le haut, le bas et les quatre panneaux latéraux. A l'intérieur, la calandre gravée prend la forme de joncs semblant atteindre le soleil.
Très bonne condition. Dans l'étui en cuir d'origine.
Dimensions: 3,4 x 2,6 x 1,2 cm.




Les vinaigrettes ont leur origine dans les" pommanders"qui datent des temps anciens. Les premiers exemples sont des «boîtes à parfum» qui apparaissent vers 1720. Une petite éponge était trempée dans un parfum créé à base de vinaigre, bien connu pour son effet antiseptique et cicatrisant. Bien qu'ils aient varié en apparence, tous présentent un contraste saisissant entre leur design extérieur et intérieur. Dans cet exemple, par exemple, il y a l'élégance  de la boîte et la beauté audacieuse de la grille. Très populaire au 18ème siècle, l'utilisation des vinaigrettes n'était plus à la mode au milieu du siècle suivantEn vente chez Kunsthandel Inez Stodel excellente maison d'Amsterdam

Faire une médaille de 103grammes en or en 4 jours : par Jean Jacques Richard, Joaillier

Simulation de la médaille en or 18 Kt avec surfaces polies (lettres et mains) et fond satiné, d’après le modèle gravé original. Une médaille...