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mardi 22 mai 2018

La Tour Eiffel en diamants de 1889, qu'est elle devenue?



« Cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine »(Guy de Maupassant)
« ce lampadaire véritablement tragique » (Leon Bloy);
« ce squelette de beffroi » (Paul Verlaine) ;
« ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme » (François Coppée)
« un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui attend d'être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous » (Joris Karl Huysmans)

On ne peut dire qu'elle suscita l enthousiasme à l'époque? Mais elle encouragea deux hommes à la reproduire en 1 mètre de haut , or, diamants, et roses en diamants


La tour Eiffel en or, diamants, argent, pierres précieuses et émail de Martin Posno

La Tour EIFFEL, dont le succès à l'exposition est si immense et si bien justifié par l'espèce de miracle qu'il a accompli, peut se vanter de l'avoir échappée belle !
Il paraît certain qu'au moment où il a présenté son projet de tour métallique, sa proposition a failli être repoussée, et l'on a lieu de croire que, si les constructeurs et architectes distingués qui ont été chargés d'étudier ses plans avaient été des joailliers ou des orfèvres, ils eussent déclaré nettement que la tour projetée était trop grande et trop haute pour le Champ-de Mars, et ils eussent privé le monde entier d'un sujet inépuisable d'admiration.
L'échec que M. Eiffel a failli subir, il est un autre spécialiste non moins hardi en son genre, un joaillier que tout Paris connaît bien et que le monde entier connaîtra bientôt, lui aussi, qui n'a pas eu la chance d'y échapper, précisément parce qu'il s'est trouvé en présence des joailliers et des orfèvres chargés de régler l'installation de la joaillerie au Champ-de-Mars, et qui ont déclaré trop volumineuse pour la classe une réduction aux trois centièmes de la tour Eiffel exécutée de tous points en diamants!
L'histoire est des plus curieuses, et nous trouverons certainement un jour l'occasion d'exposer en détail les nobles tentatives des concurrents de M. Martin Posno pour enrayer son œuvre, soit en le décourageant lui-même, soit dans l'opposition bizarre du commissariat de l'exposition, l'obstruction inexpliquée de M. Berger, l'inutile intervention de M. Eiffel qui eût été heureux de faire rendre justice à l'homme qui avait si bien compris, si admirablement reproduit son immortel chef-d'œuvre.
Le dépit très naturel de M. Martin Posno a fait place à un long éclat de rire, et aujourd'hui il est pleinement consolé en voyant la galerie Georges Petit, de la rue de Sèze, où il a installé sa splendide tour de diamants, transformée en une véritable succursale de cette exposition qui lui a si 
arbitrairement fermé ses portes, succursale envahie chaque jour par 1,200 visiteurs, venant admirer l'éclat incomparable du premier chef-d'œuvre de l'industrie de la joaillerie, unique au monde entier.
Le Panthéon de l industrie en 1889




Cette Tour Eiffel en diamants eut un beau succès journalistique a l'étranger , en France et même le Courrier de Tlemcen fit un article, j'en reprends une partie.

"Dernièrement à Paris, dans les salons Petit, rue de Sèze, a eu lieu l'inauguration officielle de là tour Eiffel, en diamants. La tour qui a un mètre de hauteur, repose sur un socle de peluche grenat et. un soubassement de marbre de même nuance.
La monture est tout en  argent et or; tous les diamants, même les plus petits, qui dessinent les croisillons, sont montés sur griffes ; c'est une rangée de gros diamants blancs et jaunes du Cap qui forme le bord inférieur de l'arche du premier étage; les rangées de globes lumineux qui dessinent chaque plateforme de la vraie tour ainsi que les globes électriques du restaurant Brébant sont représentés par des rangées de perles fines.
Les moindres détails sont merveilleusement travaillés et rendus ; le phare est éclairé par une minuscule  lampe Edison placées à l'intérieur; le tout sous la lumière des lampes électriques à réflecteur placés aux quatre coins de la vitrine, est éblouissant.
La tour pèse 15 kilogs. et compte 40,000 diamants; le plus gros coule 40,000 fr."


Il convient d'ajouter qu'elle était parsemée d'émaux diversement coloriés, de rubis, de diamants surtout, de façon à reproduire tous les détails et même toutes les colorations de la tour qui allait lui servir de modèle, de telle sorte qu'en dehors de la couleur fidèlement reproduite, la tour en joaillerie fut comme une réduction photographique de l'immense tour en fer et de tous ses accessoires.



Il est vrai que des tours Eiffel, à l époque on en fit de toutes sortes, jusqu'a la nausée, ci-dessus des bouteilles que la verrerie "Legras" (collection personnelle) fabriquait par milliers

En or, en argent, en cuivre, en étain, en plomb, en zinc, en aluminium, en platine, des bracelets à la Tour Eiffel; Des breloques; Des flacons; Des bouteilles; Dos manches de couteau ; Dos chandeliers;
Des broches, des bagues, des boucles d'oreilles ;
Des cartonnages, des porte-monnaies, des portefeuilles, des buvards;
Des verres,'des écrins, des porte-plumes, des sacs de voyage, dos livrets, des huiliers, des casquettes, des chapeaux ;
Des jupons, brodés de Tour Eiffel, des corsets, des robes, des mouchoirs, des , gilets, des chemises ;
Il y a des Tours Eiffel en diamants, en stuc, en plâtre, en terre, en albâtre, en cuir, en onyx, en marbre, en cristal, en ébène.
On plaque des Tours Eiffel sur les brosses à dents, à cheveux, sur les glaces à main, sur les bonbonnières, sur les boîtes à poudre de riz;
On en met dans les vases en porcelaine, pour remplacer l'oeil légendaire!
Les charcutiers font des Tours Eiffel en saindoux ; " Les pâtissiers en nougat; Les confiseurs en sucre ; Les glaciers en  glace ; Les chocolatiers en chocolat; Les musiciens en font en polkas et en valses.
Où cela s'arrètera-t-il?


On en fit même en chocolat


Et la revue Paris Capital-journal financier du  2 octobre 1889  écrivait encore

Quelques individus se font tatouer en Tour Eiffel !
Photographes, lithographes, autographes, dessinateurs, brodeurs, se livrent à des orgies de Tour Eiffel.
Je déclare une chose, c'est que lorsqu'on déboulonnera la Tour Eiffel, je pousserai un soupir de soulagement, et je vous prie de croire que ce n'est pas moi qui irai contempler la tour de six cents mètres qui sera élevée, l'an prochain, à New-York.
Celle que nous avons au Champ-deMars me suffit, et au delà!



 Le journal "Le Panthéon de l industrie" nous explique que La plupart des joailliers, jaloux d'avance du succès que pouvait obtenir une pareille œuvre, affectèrent d'en accueillir avec des éclats de rire l'annonce et le commencement d'exécution.
Quelques-uns, plus.habiles et plus hardis, tentèrent d'enrayer l'œuvre en ruinant le crédit de l'audacieux qui l'entreprenait, et aussi de le réduire à l'impuissance en débauchant ses ouvriers.
Autant de tentatives inutiles. Mais les jaloux parurent bientôt avoir rencontré une autre chance de succès plus sérieuse dans les difficultés mêmes de l'exécution, difficultés qui semblèrent, à plusieurs reprises, donner raison aux railleurs et faillirent décourager M. Martin Posno lui-même. De sorte que le chef de l'entreprise, épuisé par d'interminables nuits de veille, par les incessantes réfections auxquelles il se voyait condamné, se sentit un instant sur le point d'abandonner son œuvre, mais y revint ensuite avec une résolution plus ferme que jamais. Après deux tentatives infructueuses, il eut cette fois l'heureuse chance de mettre la main sur une équipe d'une centaine de joailliers, sertisseurs, polisseuses, émailleurs, ouvriers-artistes de toutes les spécialités, qui se trouva, cette fois, tout à fait digne de lui, grâce aussi à l'habile direction et à l'intelligente et dévouée collaboration de M. Lefort, que M. Martin Posno s'était adjoint.
Le travail ne fut plus interrompu ni jour ni nuit, et, après quatre mois remplis par 13,500 heures de travail, soldées par environ 150,000 francs de salaires, la tour se trouva debout sur son socle de marbre rouge, entourée à sa base de bornes en or surmontées d'un gros diamant et reliées entre elles par une chaîne d'or de 5 mètres de développement.



Cette tour, que M. Van Derheym, expert de l'Etat,qui expertisa les joyaux de la couronne de France (apparenté aux Van Cleef et Arpels) après l'avoir très longuement étudiée et admirée, a estimée 3 millions de francs ce qui converti en Euros donnerait 11,570,000 €

Les quatre piliers en or qui la supportent sont munis de quatre petites guérites richement émaillées dont chacune est occupée par un agent de police.
Sur la première plate-forme, où l'on a un jour placé debout un enfant de trois ans dont le poids et les mouvements n'ont produit aucun ébranlement, aucun déplacement de la moindre des pièces, sont établis maintenant quatre restaurants d'or et d'émail, dont la forme et la couleur rappellent exactement celles des v rais restaurants établis dans la tour du Champ-de-Mars.
Les galeries, les plates-formes, l'escalier qui comprend environ 1,800 marches, les ascenseurs mobiles dans l'intérieur de la tour, les restaurants que nous venons de citer, l'imprimerie du Figaro installée sur la deuxième plate-forme, les inscriptions diverses, tous les détails de l'édifice, en un mot, y compris les drapeaux flottants, qu'il a fallu exécuter avec des. émaux d'une ténuité qui en rendait la combustibilité presque inévitable, ainsi que le drapeau du sommet de la tour, dont les trois couleurs sont obtenues à l'aide de rubis, de brillants et de saphirs, rendent de la façon la plus fidèle les dimensions, la forme et la couleur des détails correspondants de la Tour Eiffel.
Les globes qui entourent les becs de gaz sont fidèlement représentés par des perles fines, et les points brillants infinis en nombre qu'il s'agissait de reproduire l'ont été à l'aide de 40,000 diamants installés dans le même nombre de chatons ménagés dans ce but, et ont nécessité le triage et l'essai de 9 ou 10 millions de diamants bruts.




Les diamants taillés qui ont été employés occuperaient, s'ils étaient mis en contact sur une même ligne, une longueur totale de 80 mètres,supérieure, par conséquent, et la hauteur de la première plate-forme de la Tour Eiffel.
Le phare, une des parties les plus difficiles et les plus soignées de cet admirable travail, a absorbé et lui seul vingt et un carats de diamants bruts que la taille a réduits et trois carats et demi.
Il comprend, outre les brillants, des rubis et des saphirs, qui, traversés par les rayons d'une toute petite lampe électrique, jettent des feux d'un admirable effet, quand cet ensemble est animé de son mouvement de rotation mû par un petit mécanisme d'horlogerie.
L'aspect en est, comme on le voit, absolument féerique, et la plume est malheureusement impuissante à décrire l'éclat de ce monstre en diamants.
L'installation de la lumière électrique, destinée à faire ressortir les moindres détails de cet édifice ruisselant de diamants, a été l'une des plus graves difficultés de l'œuvre de M. Posno.
M. Franseschi, un électricien d'un grand mérite qui en avait été chargé, fut un moment menacé de perdre la vue, et c'est en définitive à M. Posno lui-même que revient l'honneur-d'avoir réalisé un mode d'installation donnant à l'ensemble de la tour un éclat véritablement admirable et que la vraie Tour Eiffel aurait peut-être, cette fois, des raisons de lui envier.
"Le Panthéon de l'Industrie" 1889


Souvenir de mon  ascension  au 1 ere étage de la Tour Eiffel (collection personnelle)


1er juin 1889 dans le Figaro
Cliquez pour agrandir toutes les photographies




05-08-1889 dans le journal Gil Blas


Et puis le 24-05-1890, les affaires vont mal, l argent ne rentre pas, la faillite de la société Martin Posno est publiée.
De nombreuses critique avaient freiné son succès, les journalistes n aimaient pas la grande tour en fer,  alors on confondait avec la petite en diamants

1889 L univers Illustré
La tour Eiffel en diamants pourrait bien porter préjudice à "son modèle en fer. On commence d'ailleurs à s'habituer au « clou » du Champ de Mars, et même à revenir d'un enthousiasme de commande qui, un instant, a paralysé toute critique. On examine plus froidement, et l'on se rend compte _- enfin ! — que cet édifice purement bizarre n'atteint aucun des buts qu'il semblait s'être proposés, même celui de paraître sa véritable hauteur.
En clair on préférait la pierre au Fer:

Comme nous le disions il y a quelques mois dans une de ces causeries, la tour Eiffel montre l'inanité des prétendus progrès réalisés par la charpente en fer pour les constructions en hauteur. Au contraire, on ne peut se lasser d'admirer les merveilles de cette industrie quand elle répond aux nécessités modernes de la construction horizontale. Ici, aucun problème n'effraye les ingénieurs, qui se sentent en main les éléments voulus pour justifier toutes leurs audaces. Notre savant confrère A. Vernier assure qu'il est question, de l'autre côté de l'Atlantique, de traverser l'Hudson au moyen d'un pont métallique auprès duquel celui de Brooklyn paraîtra un timide essai.
Ce pont n'aurait qu'une seule travée mesurant 872 mètres (500 de plus que celle de Brooklyn). Un tablier de fer de près d'un kilomètre, d'une seule venue, sans pile intermédiaire! Les tours doubles où cette formidable travée, s'appuiera de chaque côté du fleuve auront 452 mètres de hauteur. Elles supporteront en outre les deux travées de rive, qui auront 457m,50 chacune.



Mars 1890 le journal L univers

La Tour est mise sous séquestre avec ordre de la ramener de Londres ou elle etait exposée


Dit que dans la huitaine de la signification du présent jugement, Parent ès qualités, sera tenu de remettre la Tour Eiffel en diamants et ses accessoires à Bernard ès-qualités, le tout à peine de 50 francs par jour de retard  .Ladite reprise de possession à charge par Bernard ès-qualités, de rembourser à Parent ès-qualités toutes avances par lui faites en sa qualité de séquestre, le tout sous réserve par Eugène Martin de faire valoir ses droits dans la faillite Martin-Posno et Cie ;
Autorise Bernard ès-qualités à faire procéder à la vente par officier public de la Tour Eiffel en diamants, objet du litige ;
Dit que le prix à provenir de cette vente sera après prélèvement des frais de vente, frais de séquestre et autres justifiés pour la conservation de la chose déposée à la caisse des Dépôts et Consignations au compte de la faillite MartinPosno et Cie ;
Condamne Parent ès-qualités et Eugène Martin solidairement aux dépens.



20-06-1891 le jugement est publié dans le périodique "Le XIX ème siècle"


Coup de Théâtre un jugement en référé va annuler la première procédure

Par ces motifs,
Infirme les deux jugements frappés d'appel en ce que les premiers ont déclaré à tort que la Tour Eiffel en diamants appartenait à l'actif de la faillite de Martin-Posno 

Dit que ladite Tour, et notamment les pierres et diamants étaient la propriété de Eugène Martin, sauf l'obligation pour ce dernier de tenir compte à Martin-Posno de la valeur de la monture ;
Confirme en tant que de besoin, le jugement du 31 mars 1891 en ce qu'il a ordonné une expertise ; nomme toutefois, comme troisième expert, M. Pelletier;
Dit que la valeur proportionnelle des diamants et pierreries composant la Tour, dans le prix de 220,000 fr., moyennant lequel, Eugène Martin s'est rendu acquéreur de ladite Tour, appartient audit Eugène Martin ;
Dit que Bernard ès-noms sera tenu dès à présent, à titre de provision, de remettre une somme de 100,000 francs à Eugène Martin sur les 220,000 francs encaissés, prix de la vente ;
Restitution dss amendes consignées ;
Condamne Bernard ( le syndic de faillite) ès-noms, en tous les dépens de l'instance et d'appel.



Finalement La Tour Eiffel a bien été vendue aux enchères le 18 juin 1891


1891 Paris Capital

On essaye alors de monter une souscription pour l offrir au Tsar qui va venir nous rendre visite , mais l opération sera déjouée .

Patriotisme usuraire Le Radical 1893-10-07
Toutes les imaginations françaises ont travaillé pour rechercher les meilleurs moyens de fêter les marins russes, pour deviner quelles réjouissances, quels cadeaux leur agréeraient le mieux. Grâce à cette véritable débauche d'idées, d'inventions, ils seront reçus magnifiquement et emporteront sans doute, nous en possédons l'espoir, un heureux et durable souvenir de leur séjour chez nous.
L'initiative, l'émulation qu'ont manifestées nos concitoyens sont louables; elles furent aussi, en général, absolument désintéressées et on peut dédaigner les quelques rares industriels qui cherchent à profiter des réjouissances patriotiques, officielles et populaires, pour en tirer un bénéfice quelconque, en  argent ou en publicité.
Il faut pourtant noter une combinaison par trop ingénieuse, pour cette double raison , qu'elle était malhonnête et a été aussitôt dénoncée que conçue.
On n'a peut-être pas oublié qu'au temps où la tour Eiffel jouissait de sa pleine vogue, un joaillier-eut l'idée d'en établir un fac-similé tout en diamants. Ce joyau, de défaite difficile, on a espéré s'en débarrasser en l'offrant au tsar. Il s'agissait de provoquer une souscription publique destinée à réunir la modeste somme de cinq cent mille francs pour payer à son propriétaire actuel la tour Eiffel en diamants.
A cet effet, M. le ministre de l'intérieur est sollicité d'autoriser cette souscription à laquelle toutes les communes de France seront invitées à s'inscrire pour une cotisation de dix francs, le surplus devant être parfait grâce au concours de la presse et à celui d'un généreux anonyme qui sortirait de sa poche particulière la bagatelle de cent mille francs. Générosité extraordinaire et qui pourrait bien n'être que le résultat d'un habile calcul.
Nous espérons que le ministre de l'intérieur n'autorisera pas cette souscription, édifié qu'il est à l'heure présente par les éclaircissements qu'apporte sur cette affaire un honorable négociant en diamants, M. Alphonse Ochs qui écrit au Temps :
Tout en applaudissant aux manifestations patriotiques sous quelque forme qu'elles puis-
sent se produire, je crois remplir un devoir de conscience vis-à-vis du pays auquel on fait appel, en déclarant que la valeur donnée à ce joyau est exagérée. La tour Eiffel en diamants a été vendue, le 18 juin 1891, dans une vente publique à laquelle assistaient tous les principaux joailliers et négociants en diamants de Paris, au prix de 220,000 francs.
Ayant été à cette époque charge officiellement d'une expertise par le tribunal de commerce de la Seine, j'ajouterai que le nombre de carats employé n'est pas de 3,000 environ, mais exactement de 1,670 carats diamants et 39 carats de roses.
Le procédé que blâme le signataire de cette lettre valait d'être mis à jour et on doit féliciter celui qui, par le seul énoncé des faits, l'a stigmatisé.
L'opération commerciale trop hardie qu'on a voulu essayer aura avorté heureusement.
Ceux qui l'avaient échafaudée sont déjà désavoues. Ils méritent encore d'être flétris pour avoir risqué de déflorer l'explosion si pure de la générosité et du patriotisme français.



1892  affiche de l exposition à Londres.


Et puis rien!! je n'arrive pas a trouver de suite, mais le 05-10-1943, le "Journal" fait un article sur ce qui était publié il y a 50 ans , en 1893.
On avait bien essayé de la refiler aux Russes en la faisant payer par les Français



« LE JOURNAL » il y a cinquante ans
5 octobre 1893 La réception de l'escadre russe
LA TOUR EIFFEL EN DIAMANTS

Monsieur le Ministre- de l'intérieur vient d'être saisi par M. le Préfet de l'a Seine d'une demande de M. A. Hennape, directeur du Journal du Commerce, tendant à l'ouverture, dans  les bureaux du ministère, d'une conscription publique, laquelle aurait pour but d'offrir au tsar un fac-similé en diamants de la Tour Eiffel.
• L'ensemble de ce  bijou colossal est, de tous points, admirable. il a coûté, dit la notice, 13.500 heures de travail ; sa charpente comporte 15 kilos d'or et d'argent et il étincelle des feux de 40.000 diamants et de 3.000 carats.
Cette Tour Eiffel au 300° se pare également de pierres fines et de rubis. De même que sa grande sœur, elle a un phare tournant, lequel, éclairé par la lumière, renvoie tes feux avec des couleurs variées.
La souscription sera présentée dans les termes ci-dessous :
Souscription publique :fac-similé de la Tour Eiffel en en diamant à offrir au Tsar
«Les soussignés, Désireux de voir cimenter l'alliance entre les deux grands peuples ; voulant, à l'occasion .du passage de son représentant, donner un gage de sympathie à l'auguste souverain, notre allié, « Décident qu'un royal cadeau lui sera offert par la démocratie française.
et, pour mieux rappeler dans le vaste empire de toutes les Russies une des merveilles de notre art français; de même que, pour perpétuer le souvenir de notre cordiale réception de Cronstadt, toutes les municipalités de France désireuses de voir aussi s'affirmer les- idées de paix, si nécessaires pour le  bien des peuples, s'associent dans une pensée commune pour leur offrir un fac-similé, en diamants, de la Tour Eiffel.
« Toutes les communes de France sont invitées à s'inscrire pour la somme unique de dix francs « Le calcul suivant a été fait : 
La Tour Eiffel .en diamants sera laissée à. 500.000 fr. Un seul souscripteur s'est déjà inscrit pour 100.000 fr. t Reste donc 400.000 fr.
 Si les 36.000 communes fournissent 10 fr., cela fera 360.000 fr.
 Par le concours de la Presse, on arrivera bien à fournir 40.000 fr.
 Ajoutons que-la tour en diamants est visible chez MM. Coulon et Cie*, 16, rue de la Paix, de dix heures à cinq heures. »

Tout en finesse , faire payer une oeuvre invendable par une souscription publique pour faire un cadeau au Tsar avec des arguments fallacieux, vous me direz....de nos jours...en 2018!!!!!! serait ce mieux?

Mais cette tour, nous savons qu'elle a été vendue 220.000frs en 1891, mais à qui?.... elle a due être démontée?



La conclusion on peut la trouver dans cet article de 1893 dans le journal " La Lanterne"

Peut être qu' un de mes lecteurs pourra nous éclairer sur ce qu est devenue la Tour en diamants.

Merci a Eric Schoonhoven pour son info, un homme d une grande gentillesse et un bon chercheur en Joaillerie, Voir son site: http://www.erikschoonhoven.nl/

* qui était Coulon 16 rue de la Paix?

Je vous recommande de lire l aventure de l 'escroc qui vendit la tour eiffel du champ de mars 

lundi 15 avril 2019

Henri Hector PICQ, un excellent fabricant pour les grands Joailliers, tel Cartier

Si nous n'avions pas de bons experts en joaillerie dans des salles de ventes comme Sotheby's ou Christie's, nous ne connaitrions pas ce fabricant émérite qui travailla beaucoup pour Cartier, mais aussi Lacloche, où Ostertag. le plus beau compliment sur lui vient de la maison Sotheby's
"Qu'il soit signé par Cartier ou non, un bijou portant la célèbre marque Henri Picq est garanti non seulement, beau à regarder, mais aussi magnifiquement réalisé."

Henri Picq ne figure pas dans le  "Vever", ni dans le dictionnaire du bijou, ni ailleurs car il fait partie des "fournisseurs", ceux dont on tait le talent car ils détiennent un secret, en effet  ils connaissent le nom de celui qui se vantera d' avoir créé, dessiné, réalisé le bijou, un jour ou l autre le bijoutier détaillant à une envie de gloire qui lui fait dire qu' il a réalisé tout ce qu il a vendu!!!  C'est humain?




Déjà un premier mystère à résoudre, à quelle date est né Henri Picq ? Il est né le 14 mars 1861. 
Recherche un peu fastidieuse mais j'ai fini par trouver, il est né comme nombre de parigots (parisiens) le 14-mars 1861 à Sainte Vertu dans l'Yonne, c'est un Bourguignon, d'ailleurs son père; Edmé Picq est vigneron à la naissance de notre futur joaillier. Et à Sainte Vertu, il y a du bon champagne.



Sa maman, Eugénie Lamas,  et son papa ont 25 ans. 




Quand Henri épouse Marguerite Octavie Denariaz en 1885, il a 24 ans.  
Il est né en 1861, elle en 1862 , je note qu'il est bijoutier et sa femme, Plumassière, elle transforme des plumes d’autruche, de coq, de faisan, de dinde, d’oie ou autres, en accessoires ou éléments de costume pour le monde du chapeau, du spectacle ou de la haute couture.  profession importante à l' époque , plus de 500 en 1885 et de nos jours 5.


Voici une photo de Henri Picq, elle m a été fournie par Jean Marie Jamet, l' arriere arriere petit fils de Henri Picq, je l en remercie a nouveau



Jean Marie Jamet m'a aussi adressé une photographie de Marguerite Octavie Dénériaz, la femme de Henri Picq



Quand Henri Picq se marie, sur son acte de mariage, il est déclaré habiter 20 rue Vincent à Paris, je ne l ai pas trouvée, et pour cause, certaines rues et passages aujourd’hui ont  disparus à Belleville dans le XIX ème comme  le passage des Faucheux, le passage Kuzner, la rue Vincent.
Sa femme habitait Rue du Chalet la rue existe toujours mais tout est neuf, l' immeuble a disparu


1885 mariage d'Henri et Marguerite Denariaz




Leurs  témoins étaient:  Eugene Deriot, fabricant de perles, certainement des perles en verre à broder comme a Venise, Gustave Dutreuil un bijoutier, Adrien Croze qui fabriquait des cadres et Lucien Lévy bijoutier. Qui sait si nous ne les retrouverons pas un jour dans notre histoire du métier, notez qu'a l'époque , il fallait l autorisation des parents pour se marier.

Avec le code Napoléon (1804) : pour se marier, les enfants étaient obligés d'obtenir le consentement parental s'ils n'avaient pas la majorité matrimoniale, soit 25 ans pour les garçons et 21 ans pour les filles.
Si les enfants avaient atteint la majorité matrimoniale, ils pouvaient se marier sans l'autorisation parentale, cependant ils étaient tenus par la loi de demander le conseil de leurs parents par des actes respectueux. Cela nécessitait de recourir à un notaire pour adresser une « sommation respectueuse » à leurs parents.
Il fallait y recourir par trois fois. Si les parents continuaient à s'opposer au mariage après le 3ème refus le mariage pouvait être célébré.
Les parents pouvaient essayer divers moyens pour faire pression comme menacer de déshériter, de supprimer dot ou soutien éventuel.




Son poinçon de Maître, un H, un As de pique, et un P

Regrettable, nous ne savons rien de sa formation professionnelle, mais  gràce à la délivrance de son poinçon de maître français, nous savons qu'apparemment il aurait commencé son activité au 25 rue des Lehises à Saint Mont ou il était né, mais il a du venir rapidement à Paris au 27 rue des écluses Saint Martin à Paris, pres d où habitait sa future femme dans le 10 eme arrondissement. Là aussi, l immeuble  n'existe plus, bien que la rue existe toujours. Son immeuble devait être au bord du quai de Jemmapes.

Cette rue précédemment, partie de la rue des Morts et antérieurement partie de la rue Saint-Maur. Elle est indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort (1672). Elle s'étendait autrefois jusqu'à la rue du Faubourg Saint-Martin. Un arrêté du 28 octobre 1910 a donné le nom d'Eugène Varlin au tronçon de la rue des Ecluses Saint-Martin, compris entre le quai de Valmy et la rue du Faubourg Saint-Martin.




En 1890 Marguerite Octavie et Henri ont un fils, nous le savons par une partie de son dossier militaire.



Nous apprenons ainsi qu'en 1908 Henri Picq et Marguerite Octavie Picq habitent au 20  rue du quatre septembre à Paris dans cet immeuble en photo, l' atelier s'y trouve aussi, à 5 minutes à pied de "Cartier" par la rue de la Michodière et la rue saint Augustin. 
Leur fils en 1908  Robert Henri est bijoutier, mais il  devance l' appel et s'engage en 1909 pour trois ans dans le 20 ème régiment de chasseurs à cheval, les fameux Cuirassiers. Brigadier chef en 1911 il deviendra Lieutenant, nous le retrouverons en 1916.





Bracelet  maillons en diamants et intercalaires en rubis daté en 1904 de manière sure car fabriqué par Henri Picq pour Cartier c'est d'ailleurs son poinçon qui est insculpé sur ce bracelet  revendu par Christie's  grâce a qui nous pouvons connaitre Henri Picq.

Mais j ai de bons amis, par exemple la maison Miller: https://www.miller.fr/
Carine et Sarah ont eu ce bracelet entre les mains, et m ont envoyé des photos très intéressantes.

Christie's dans son catalogue indique; BRACELET ANTIQUE EN DIAMANT ET RUBY, PAR CARTIER : Conçu comme un maillon ajouré serti de diamants avec des espaceurs en rubis calibrés,1904, 18,2 cm, avec la marque de titrage française pour l'or
Par Cartier, avec la marque de fabrique de Henri Picq, no. 1121



Ce n'est pas qu' un bracelet, mais deux


Les deux réunis font un collier, cet ensemble avait été vendu à une Anglaise
L' écrin Cartier est d'origine



La gravure Cartier est sous le fermoir




1121, c'est le N° qu' indique Christie's




Et voici le poinçon de Henri Picq qui figure sur ce bracelet , photographié par Carine Miller



Le N° 1121  est bien visible



1909 Broche noeud très classique d Henri Picq pour Cartier





Le saphir en forme de coussin serti dans un cadre pavé de diamants, surmonté d’un diamant de taille rectangulaire, les premières pierres de la chaines sont des saphirs et des diamants, Années 1910, 48,0 cm, avec marques de titrage français pour l'or, étui Cartier équipé en cuir rouge et signé Cartier, avec marque du fabricant de l'Atelier Henri Picq, nos. 1226 et 4382

Accompagné du rapport no. 64304 du 24 juillet 2012 du SSEF Swiss Gemmological Institute, déclarant que le saphir est d'origine ceylan, et n'a pas été chauffé.






Même pendentif que précédemment




Diamant et émeraudes, du début du 20 eme siècle. Conçue en croissant, sertie de diamants taille ancienne, rehaussée d'une rangée d'émeraudes calibrées, années 1910, 14,5 cm, avec le poinçon d'importation française, et le poinçon de maître d' Henri Picq.





Parure d'habit, En or jaune (750/1000°) et platine (950/1000°) composée d'une paire de boutons de manchette et de trois boutons de plastron, ornée de sept cabochons  d'améthystes cernés d'un tour ornés en serti perlé de diamants taillés en brillant .
Signés Cartier sur la ceinture, poinçon du joaillier Henri Picq 
Sur les anneaux, poinçons de Moscou 1908-1917 
Sur l'anneau à ressort n° P095 
Dans un écrin 
Poids total brut: 12.96 g 

Bibliographie: 
Cartier, Le style et l'histoire, ouvrage publié à l'occasion de l'exposition au Grand Palais en 2013-2014, P. 94, "En 1904-1905, Pierre Cartier effectue des voyages en Russie pour repérer des artisans capables de fournir les petits sujets en pierres dures.... que l'on s'arrache. La production et la commercialisation de ces objets, entre Cartier, Fabergé et quelques autres, deviennent dès lors une forêt inextricable pour l'historien." 





De Henri Picq
, ce  bracelet en rubis et diamants du début du XXe siècle, vers 1910 revendu par la maison Bonhams https://www.bonhams.com/

La rangée de rubis calibrés, se trouve entre deux  rangées de diamants taille brillant , 5,60 carats au total, rubis d'environ 6,20 carats au total, numéroté, poinçon de maitre Henri Picq probablement pour Cartier, poinçon de test français, longueur 17,5 cm.
Avant 1929, lorsque Cartier installa son propre atelier à Paris, Henri Picq était l'un des fournisseurs parisiens préférés de Cartier et son principal atelier de bijouterie en platine  de 1900 à 1918.

Hans Nadelhoffer a écrit  qu'il était dit que Cartier utilisait le meilleur platine à Paris. Il était réputé pour sa surface blanche et chatoyante, un alliage dont l'atelier de Picq était particulièrement fier. cf. Nadelhoffer, Hans, Cartier, Thames et Hudson, 1984, page 59. 






Collier pendentif en forme de ruban, centré sur un noeud stylisé, suspendant des anneaux en forme de corde et deux pendentifs à pampilles, entièrement sertis de diamants, le motif central peut être détaché pour être porté en broche, avec raccord supplémentaire et tournevis , monté en platine, 1911, 35,0 cm, dans un étui Cartier équipé en cuir bleu marine
Signé Cartier, nos. 6312 et 46 (indistincts), avec la marque du fabricant  Henri Picq




Paire de pendentifs en diamant, Cartier, 1911 Chaque pendant est conçu comme un pompon, sertie de diamants ronds, taille brillants et roses en diamants, poinçons français non signés marqués du poinçon de maître de  Henri Picq, 

Entre 1918 et 1940, période d'apogée de Cartier, les maisons Henri Picq, Renault, Dubois, Allard et Meyer, Droguet, travaillent à leur compte et à l'écart des ateliers de la rue de la Paix. Ils réalisent un grand nombre de pièces pour le compte du bijoutier.
Mais c'est Couet qui, sans conteste, demeure le plus célèbre de ces fabricants.





Il est rare de voir encore intact un joyau de la Belle Époque, de plus , fabriqué par Henri Picq. La plupart de ces bijoux ont été démontés dans les années 1920 et 1930 afin de replacer les pierres et on peut supposer que c'était ce qui arrivé à celui-ci.   Cette pièce de corsage a été vue pour la dernière fois lors de sa vente à Christie's Geneva en 1991 au prix de 3 850 000 francs suisses. Elle a refait surface lors de la Masterpiece Fair de Londres, où elle aurait été vendue pour 20 millions de dollars.




Le devant de corsage du Londonien Solomon Barnato Joel, qui, avec son oncle Barney Barnato, a fait fortune dans la ruée sud-africaine de l’extraction de diamants à la fin du XIXe siècle. Il vivait pleinement et c'étaient les meilleurs diamants qu'il possédait  personnellement, qu'il avait demandé à Cartier de monter en 1912 pour la femme qu'il aimait.
Ce devant de corsage a été vendu à Masterpiece London l’année dernière pour un montant de 20 millions de dollars.
Il a été fabriqué par Cartier en 1912 et ses guirlandes sont simples et très stylisées. Conçu pour être porté sur le corsage, ce devait être une pièce glorieusement ostentatoire même à l’âge excessif de la Belle Époque. Il a été réalisé en platine par Henri Picq Le poids total en carat des pierres principales (les quatre pierres centrales dans l'élément suspendu de la broche) est de 67,65 carats.


Le pendentif est centré sur un diamant en forme de poire, pesant environ 34,08 carats, un diamant ovale, pesant environ 23,55 carats, et un diamant en forme de marquise, pesant environ 6,51 carats , rehaussé par des maillons de muguet sertis de diamants de taille circulaire et suspendu à deux lignes détachables de même sertissage, chacune avec un terminal en forme de palmette taille ancienne en pavé, montée en platine, 1912, pendentif seulement 9.1 cm
avec poinçon de maître pour atelier Henri Picq, signé Cartier
Accompagné du rapport no. 2155827220 datée du 20 décembre 2013 du GIA Gemological Institute of America indiquant que le diamant en forme de poire de 34,08 carats est de couleur E, la clarté VSI et une lettre de classification du type de diamant indiquant que le diamant est du type IA 

Rapport no. 2155827320 datée du 16 décembre 2013 du GIA Gemological Institute of America indiquant que le diamant de forme ovale de 23,55 carats est de couleur D, de pureté VVS2, d'un diagramme de travail indiquant que la pureté du diamant est potentiellement intrinsèquement parfaite, et d'une lettre de classification du type de diamant que le diamant est de type IIA

N ° de rapport 2155827783 daté du 24 décembre 2013 du GIA Gemological Institute of America indiquant que le diamant en forme de marquise de 6,51 carats est de couleur D, de pureté VS1, et dans une lettre de classification du type de diamant indiquant que le diamant est du type IIA 

. 5151827771 daté du 20 décembre 2013 du GIA Gemological Institute of America indiquant que le diamant en forme de coeur de 3,54 carats est de couleur E, de pureté VS2, et qu'une lettre de classification du type de diamant indique que le diamant est du type IA 




Ce bijou a une histoire, je laisse Jean Marie Jamet  qui m' a donné cette photo pour l histoire d henri Picq:

Mon nom est Jean-Marie JAMET, je suis le fils de Jacques JAMET avec qui vous avez eu des contacts récemment concernant mon arrière arrière grand père Henri PICQ.
J'ai un seul bijoux venant de lui en ma possession dont voici quelques photos. Je peux les refaire ou vous en faire parvenir d'autres si vous le souhaitez.
Il m'est impossible de prouver que ce bijoux est de Henri PICQ car il n'y a aucun poinçon de lui ou même un poinçon pour l'or. Mais il se trouve que cette broche est bien en or massif. Henri PICQ était le grand-père de mon grand-père, Pierre JAMET, fils de Charles JAMET et de Lucienne PICQ, fille de Henri PICQ. Henri a fait cette broche qu'il a gravé au prénom de mon grand-père et qu'il lui a offert le jour de son baptème en 1913. Il se trouve que mon second prénom est Pierre et mon grand-père me l'a donné le jour de mon baptème.

Si vous saviez ce que cela peut me faire plaisir de recevoir de tels courriers, de la part des descendants, que je ne connaissais pas avant de faire l histoire de leur aieul !


Il a joint une photo de Lucienne Jamet  fille de Henri Picq



La Reine Marie de Roumanie  avec au bout du collier, ce saphir de 478 carats (photo couleur ci dessous)
Le saphir en coussin de 478,68 carats est maintenu par des motifs floraux en diamant en trois points, cadre en diamant au dos et anneau de suspension, avec marquage de platine français pour platine et poinçon de maître du  fabricant, pour l'atelier français d'Henri Picq, no. 5026 sur le panier.
Avec le rapport no. 41140 du 15 mai 2003 de l'institut suisse de gemmologie SSEF indiquant que le saphir est d'origine sri-lankaise, sans aucun signe d'amélioration thermique
Ce qui augmente sa rareté.




a) Celui-ci montre le collier en diamant d'origine auquel Cartier adapte six saphirs en forme de coussins, et un saphir en goutte d”un total de 224,10 carats. Mais les saphirs sont démontés et envoyés à New York où un collier en diamant identique est exécuté pour les recevoir. lls sont remplacés par de l'onvx sur le collier de Paris, démonté de nouveau en 1914.

b) Le collier de New York est transformé à Paris, et on ajoute un splendide saphir goutte de 478 carats au sept pierres d'origine.

c) Les sept saphirs sont enlevés seul le gros saphir goutte demeure, attaché au collier par un anneau pendentif en saphirs calibres.

d) Le saphir goutte est transféré sur un collier en diamant vendu à Mrs Leeds en 1911, au centre duquel se trouvait un grand diamant goutte et un diamant rose de 6,83 carats; Cartier rachète le collier sans les deux pierres centrales, en 1919. Le diamant goutte est transféré sur un nouveau collier de diamant que Mrs Leeds porte à l`occasion du  mariage de son fils William B. Leeds avec la Princesse Xenia.


Mais je laisse Hans Nadelhoffer expliquer, car Cartier avait exposé à San Sebastian en 1919 cet important saphir, c'était à l hôtel San Maria Cristina ou logeaient entres autres  de riches cubains et argentins.


"A San Sebastian il n”est question que de l'étalage de Cartier: la Reine d”Espagne, Victoria Eugénia, la Reine Mère, Maria Cristina et la Princesse de Bourbon viennent du Palace Miramar voisin. La Reine essaie le bijou en saphir et en garde l°année suivante le souvenir. Le Roi Alfonso achète deux nouveaux diamants pour le sautoir en diamants anciens de son épouse; mais il n”est pas tenté par la pièce de Cartier.
“Seuls les nouveaux riches peuvent se permettre un tel luxe),' observe -t-il “nous, les Rois, sommes les nouveaux pauvres d,aujourd”hui."
A peu près au même moment, ainsi que se le rappelle plus tardLouis Cartier, la pierre géante blanchit le nom d`un marchand de pierres précieuses parisien. ll s'agit du vol d”un saphir appartenant à un Polonais, le Comte Branicki. La pierre a été volée dans sa cachette, la blague à tabac du Comte, dans sa résidence de Varsovie et tout indique qu'elle est arrivée à Paris. Là, elle est achetée en toute innocence par un marchand qui la fait retailler à cause de sa taille considérable. ll est assigné en justice, accusé de l”avoir  modifiée en connaissance de cause afin d°effacer toutes traces de son existence. Mais Louis Cartier, dont le grand père a eu à un moment donné, la pierre en main, est convaincu
de l'honnêteté du marchand. Appelé à témoigner en tant qu”expert, il stupéfie la cour en présentant le saphir géant de la maison. ll devient évident que la pierre volée n'était pas unique, et Louis Cartier fait éclater l'innocence du marchand."




Hotel Maria Christina du nom de la Reine d'Espagne

Deux ans après l'exposition en Espagne,le saphir goutte est acheté par le Roi Ferdinand de Roumanie qui lui aussi se montre très prudent. Cartier doit tout d'abord s'engager à annuler la vente “en cas d”événements graves et imprévus? (Peut-être le roi pense t il à son triste exil à lasi pendant la Guerre de 1914 Î) La somme de 1.375.000 francs est payable en quatre fois échelonnées jusqu'en 1924. La très belle épouse de Ferdinand, la Reine Marie, alors âgée de 46 ans, est à l'apogée de sa gloire et l'ambassadrice idéale des intérêts de son pays. A Paris, elle descend au Ritz qui bat alors pavillon-roumain, et chacun de ses
mouvements est avidement suivi par le public. Mais les grands bijoux n'ont pas encore éveillé son intérêt et rien dans sa collection n°égale les pièces en rubis de sa mère, la Duchesse de Saxe~Coburg~Gotha, morte récemment. 
Marie préfère porter, lorsqu'elle va à l”Opéra, la croix grecque, ou ses perles. A l'époque où elle reçoit le saphir-goutte, elle achète chez Cartier un diadème en perles qu'elle aime porter à la manière “byzantine”: un bandeau de perles encadrant son visage.
Cependant, le grand collier de saphir est le compagnon parfait de la magnifique tiare en saphir que la Reine a achetée àl a Grande Duchesse Vladimir lorsqu'elle s”enfuit de Russie. Marie porte les deux joyaux pour les fêtes de son couronnement et lors des séances de pose pour son portrait par Philip de László

La reine Marie, très jolie femme  était réputée pour être un ambassadeur des intérêts culturels de la Roumanie (la reine Marie était une petite-fille de la reine Victoria de Grande-Bretagne et du tsar Alexandre II de Russie). Au moment de l'achat du saphir, elle a également acheté un diadème en perles de Cartier, qu'elle portait dans le style «byzantin». 
Le couronnement du roi Ferdinand eut lieu le 15 octobre 1922. La reine Marie portait dans son bijou son magnifique collier, complétant parfaitement l'extraordinaire diadème en saphir qu'elle avait acheté à la grande-duchesse Vladimir lorsqu'elle avait fui la Russie. Ce sont aussi les deux bijoux que la reine a portés pour son portrait par Philip de Laszlo en 1924. 

D'après Christie's: Le saphir a été vendu, probablement en 1947 lorsque le roi Michael (petit-fils de la reine Marie) a quitté la Roumanie et a été acquis par Harry Winston. Les dernières images du collier de diamants sans le saphir ont été prises lors du mariage du roi exilé Michel de Roumanie avec la princesse Anne de Bourbon-Parme en 1948. Il a ensuite été démonté. 
Parmi les saphirs taillés les plus célèbres et les plus historiques au monde, le bijou proposé à la vente  est de loin le plus important, pesant 478 carats. Deuxième en taille, le Logan Sapphire (423 carats) a été offert en 1960 par Mme John A. Logan au Smithsonian Institute. Le saphir de la reine Marie de Roumanie est le plus grand saphir jamais présenté aux enchères et, avec sa beauté véritable et son histoire fascinante, devient ce que l'on peut indiscutablement qualifier de joyau unique.





Broche "Oranger" en cristal de roche et pierres précieuses, par Cartier, en 1914 mais fabriquée par Henri Picq revendue par la maison Bonhams à qui nous devons d'avoir relevé le poinçon de maître de Picq
L’oranger miniature en forme de parapluie, réalisée en cristal de roche dépoli, doublé d’une feuille verte, rehaussée d’une gravure en feuilles, avec trois "fruits" en cabochon rubis, le tronc en citrines  calibrées et suifées surmontée d’un feuillage en émeraude en forme d'onyx, le  pot au centre un diamant taille brillant, muni de deux poignées stylisées en forme de tête et de cabochons circulaires en onyx, diamants d'environ 1,00 carat total, signé Cartier, numéroté, partiellement frappé, marques de titrage françaises, longueur 3.3cm
Il fut offert à Elizabeth Corbett  le jour de son mariage en 1941 par Lady Jean Ward, petite-fille de Darius Ogden Mills, financier et philanthrope américain et jadis l'homme le plus riche de Californie. Descente directe jusqu'au propriétaire actuel.

C’est un exemple rare du motif «Orange Tree» de Cartier créé par Cartier Paris en 1914. Bien qu’il soit difficile d’attribuer des bijoux Cartier survivants, à des concepteurs individuels en raison de la politique d’anonymat de la société, cette petite broche , incorpore une multitude d'influences innovantes en matière de design et d'innovations techniques, caractéristiques du concepteur pionnier de Cartier, Charles Jacqueau (1885-1968). Après s'être joint à la firme en 1909, Jacqueau éloigne Cartier du style guirlandes, prônant des couleurs vives dans des designs inventifs et contemporains qui le distingueraient de ses concurrents sur le plan artistique.  Jacqueau se rend régulièrement au Louvre et s’inspire des expositions présentées. Peut-être que la peinture "Madonna della Vittoria" (1495), représentant Saint Elizabeth et le petit Saint John sous des citronniers et des orangers sur lesquels des oiseaux se perchent, a également inspiré la ligne "Orange Tree".

Une des plus anciennes broches "Orange Tree" de Cartier Paris date de 1913; il est semblable à cet exemple car il s'agit d'une forme bidimensionnelle très stylisée incorporant des motifs de tête d'oiseau, mais la similitude s'arrête là. Alors que la broche de 1913 est monochromatique, presque entièrement sertie de diamants blancs compensée par quelques reflets d'onyx, cette broche, fabriquée un an plus tard, éclate avec des combinaisons de couleurs et différentes formes et coupes de pierres précieuses. 1913 est une année charnière pour Cartier: l'obsession de Jacqueau pour les couleurs vives du Ballet Russes de Diaghilev a atteint son zénith - Nadelhoffer note comment ses collègues du studio de design ont dessiné de manière ludique des caricatures de lui habillé en Isadora Duncan en robes bouffantes - permettant à la firme de finir se libérer des contraintes du style guirlandes. Cette broche "Orange Tree" de 1914 montre clairement les nouvelles influences en jeu dans son utilisation de pierres précieuses de formes, couleurs, coupes et textures différentes, du cristal de roche gravé appliqué sur une feuille verte aux citrines taillées en calibré et calibré et l’utilisation d’onyx profilés, introduits dans les dessins de Cartier à partir de 1910, et qui donnaient une structure et un contraste à de nombreuses pièces de style Art déco. En outre, la broche porte la marque de fabrique d'Henri Picq, principal fournisseur de l'atelier de Cartier entre 1900 et 1918, réputé pour son platine de haute qualité et qui exécutera par la suite bon nombre des «Tutti Frutti». Texte de la maison Bonhams





Ras de cou en perles naturelles et diamants. revendu par la maison Sotheby's
Composé de cinq rangées de perles naturelles mesurant de 2,90 à 4,30 mm environ, dont une en culture, décorée de motifs de diamants entrelacés serties de diamants ronds taillés et roses diamant, d’une longueur d’environ 350 mm, poinçons franais et poinçon de maître de Henri Picq.
NOTE DE CATALOGUE
Du début du XXe  siècle à la fin des années 1920, l'atelier d'Henri Picq, situé dans le quartier du Marais à Paris, était à l'origine de certains des designs les plus emblématiques de l'époque. Travaillant en grande partie, mais pas exclusivement, pour Cartier, ils ont été les premiers à utiliser des matériaux novateurs et à exécuter certaines des conceptions les plus avant-gardistes de Cartier.




Un drame qui a certainement touché au plus profond Henri Picq










Heureusement il finira par être acquitté, 





En revanche, en 1922 Robert Henri Picq  va épouser Ines Rafaella Espéranza Carvallo Normand  née a Santiago du Chili, sur son acte de mariage Robert Henri est toujours indiqué exercer la profession de Joaillier


Robert Henri Picq aimablement adressée par Mr Jamet descendant


Sa femme Ines Carvalho photo aimablement adressée par Mr Jamet





Broche en cristal de roche sculptée centrée sur une grappe en forme de losange de taille circulaire, sertissage à grains , en cristal de roche gravée, circa 1920, 5,1 cm. large, avec poinçons français de l or
Signé Cartier Paris Londres New York, n ° 6339, avec marque de fabricant distincte HP pour Henri Picq revendue par Christie's.



J aime bien "faire mes courses" pour mes blogs chez Wartski à Londres, je trouve toujours de beaux objets, voici une paire de boutons de manchette Cartier sertis de diamants et d'onyx, de platine de section transversale triangulaire et montés de diamants roses et d'onyx. 1,6 cm sur 0,7 cmCartier, Paris, vers 1920, fabricant Henri Picq, numéroté 4595. 
Et Katherine Purcell ajoute: Ces boutons de manchette sont contemporains de la première série de bijoux «peau de panthère» conçus par Charles Jacqueau pour Cartier Paris.  Cartier a utilisé le motif peau de panthère pour la première fois en 1914, mais il n'a pas été décrit comme tel. jusqu'en 1917. Le motif reflétait l'idée d'une femme-Panthere en tant que prédatrice sexuelle et symbole de l'érotisme démoniaque. Jeanne Toussaint (1887-1978), la conseillère artistique de Cartier associée à Louis Cartier, était surnommée "La Panthere".
Katherine Purcell FSA chez Wartski,  60 St. James’s Street, London SW1A 1LE





Bracelet Tutti Frutti fabriqué par Henri Picq


Lorsque Jacques Cartier prend en 1906 la direction de la succursale londonienne de la Maison, il découvre en même temps le fleuron de l’Empire britannique : l’Inde. De ses nombreux voyages, naît une double inspiration, présente à partir des années 1910. D’une part, elle se matérialise par des joyaux évoquant les arts décoratifs indiens ; d’autre part, grâce à l’achat sur place de saphirs, rubis et émeraudes gravés traditionnels, elle mène dans les années 1920 à l’invention d’un style unique et chatoyant mêlant ces pierres de couleur, qui deviendra l’un des éléments majeurs de l’art de Cartier. Vers 1970, on le baptise « Tutti frutti ». texte Cartier




D'autres pièces fabriquées par Henri Picq,  Photo que m' a adressé Fabian de Montjoye


Un autre ami , une autre grande maison Fabian de Montjoye m' envoie aussi des photos
http://www.fabiandemontjoye.com/

1920 broche "Yatch" fabriquée par Henri Picq

J ai noté 1920 mais Fabian pense que c'est plus tard


Ce Yatch a fière allure











Henri Picq l' avait fabriqué pour Berlioz  , j 'ai écrit un article en 2016 , des documents interessants, suivez ce lien: https://www.richardjeanjacques.com/2016/06/paul-hamelin-hippolyte-martel-georges.html




Tutti Frutti de Henri Picq pour Cartier en 1920




C'est un ravissant collier  en platine, or 18 carats et diamants, Schlumberger pour Tiffany & Co., France mais revendu par la maison Sotheby's
Conçu comme un ensemble de feuilles de vignes serties  de nombreux diamants ronds pesant environ 38,75 carats, accentués par des diamants baguette pesant environ 7,50 carats,, signé Tiffany Schlumberger, poinçons français et le poinçon de maître Henri Picq. Avec écrin signé et aménagé
Anciennement de la collection d'Alex & Elisabeth Lewyt, 
Alexander Lewyt (1908-1988) était un visionnaire, un inventeur et un entrepreneur dès son plus jeune âge. Adolescent, le fils d'un immigré autrichien né à Manhattan travaillait dans le magasin de bibelots en métal de son père, où il a inventé le nœud papillon à pince. Héritier de l'entreprise familiale à l'âge de 18 ans, Alex Lewyt n'a cessé de se développer et de se diversifier, malgré la Grande Dépression, en ajoutant des clients, dont International Business Machines Inc., mieux connu sous le nom d'IBM.
La plus célèbre invention de Lewyt était son aspirateur éponyme, une machine compacte sans sac à poussière, conçue pour fonctionner sans distorsion de la réception de la télévision et de la radio. Il fabriqua également des pop-corn soufflés et des climatiseurs, ainsi que du matériel à usage militaire, en signant un contrat de 16,7 millions de dollars avec le US Army Signal Corps en 1950. En 1952, Lewyt vit à temps partiel en France, où il commence à collectionner des œuvres d'art. Son mariage avec Elisabeth, qui partageait sa passion pour l'art, a eu lieu le 31 décembre 1953.
Née à Chartres en France, il y a plus d'un siècle, Elisabeth Lewyt  était surnommée "la Sainte Babette" pour sa gentillesse et son dévouement pour les animaux. son mari a accepté la Légion d'honneur française pour ses services militaires pendant la guerre, a fondé un musée des outils ménagers, lancé un programme d'emploi pour les seniors en 1957, vendu la Lewyt Corporation en 1973 et rassemblé des peintures de Cézanne, Degas, Bonnard, Renoir, et le plus célèbre,  L' homme à la hache  par Paul Gauguin. De nombreuses peintures ont ensuite été données au Metropolitan Museum of Art de New York.
Connue de ses amis comme Babette, Mme Lewyt a défendu les organisations qui soignent  les animaux errants et abandonnés. Elle a contribué à sauver d'innombrables animaux de l'euthanasie, à la fois par sa philanthropie et son travail concret.



bracelet Art Déco Conçu comme un panneau de diamant central composé de trois pierres, il présente les bords ajourés ainsi que quatre autres motifs de pince unique et un fermoir à boucle, vers 1925, 17,7 cm. Long poinçon français pour le platine
Poinçon de maître  HP pour Henri Picq, l'un des principaux fabricants de Cartier




Une parure en onyx et diamants, par Cartier, vers 1920 revendue par Bonhams.
Double face: chaque disque circulaire en treillis ouvert, serti de diamants à taille unique et d'onyx calibré, à un système chaîne, les  quatre boutons sont sertis de diamants, poids total env. 1,05 carat, une partie en onyx, signée Cartier, Poinçon de maître du fabricant HP pour Henri Picq, numérotée, marques de dosage françaises, longueur 1,2 cm (5))





En acier noirci et diamants, ce diadème fait partie d'une série de diadèmes  créée entre 1912 et 1915 dans l'atelier parisien d'Henri Picq: à l'origine le diadème est retenu à l'arrière par un ruban. 
Celui-ci est acheté en 1921 chez Cartier par le prince Charles-Egon V de Furstenberg (1891-1973) pour son épouse née comtesse Franziska Ida "Mena" von Nostitz-Rieneck.
En 2015 il est vendu chez Sotheby's par un descendant, puis revu chez Christie's en 2018
.
L'atelier d'Henri Picq dans le Marais était responsable, du début du 20 ème siècle jusqu'à la fin des années 1920, de certaines des conceptions les plus emblématiques de cette période. Travaillant en grande partie, mais pas exclusivement, pour Cartier, ils ont été les premiers à utiliser des matériaux novateurs et à exécuter certaines des conceptions les plus avant-gardistes de Cartier.
 C'est Picq, par exemple, qui a produit le premier des diadèmes en acier et en diamant des années 1910.



Bracelet Tutti Frutti fabriqué par Henri Picq pour cartier Années 1925




Ce bracelet Lanière, d'après Cartier est daté de 1929, exposé fin octobre 1989 au musée du petit palais  pour l exposition "L Art de Cartier"  J avais acheté le catalogue à l exposition




Spectaculaire collier fabriqué par Henri Picq et revendu par 1stdibs: https://www.1stdibs.com
Collier français en platine Art Déco avec diamants et émeraudes d'Henri Picq. Le collier est centré sur un diamant taille émeraude d’un poids total approximatif de 2,50 carats et des diamants baguette, taille ancienne européenne et à taille unique, d’un poids total approximatif de 40,00 carats, couleur H / I, VS. Le pendentif est composé de 2 émeraudes taille émeraude et de 44 émeraudes taille calibrée d’un poids total approximatif de 7,70 carats. Le pendentif est détachable du design torsadé et des maillons en forme de tonneau du collier.  




Henri Picq, broche en nœud papillon avec diamants, émeraudes et saphirs, montée en platine. ca. 1925




Cette broche était en vente à New York au magasin "A la Vieille Russie" et c'est Sharon Twickler qui m' a autorisé a publier cette photo.
Sharon Twickler 
A La Vieille Russie
745 Fifth Avenue
New York, NY 10151

Quand je regarde un bijou, instinctivement (car mes maîtres me l ont appris), je le retourne c'est ainsi qu'on peut voir la qualité du travail.




1925 Dans le temps, les bagues sont les plus difficiles a conserver, et la maison Wartski de Londres revend cette bague en forme de dôme de diamants taillés en brillant montés en platine, le centre est serti d’un diamant plus grand, le dôme se prolongeant jusque dans les épaules.Estampillé du poincon d'Henri Picq. http://www.wartski.com



Fabriqué par Henri Picq. Important et rare Bracelet de pierres précieuses Tutti Frutti. Vers 1925. Photo  de Sandra Cronan . 
Un bracelet Tutti Frutti exceptionnel, serti de diamants, d'émeraudes sculptées, de saphirs, de rubis et de cabochons à onyx pointus. Monté en platine. Portant la marque du fabricant pour Henri Picq. Paris, vers 1925. Henri Picq était réputé pour ses beaux bijoux Tutti Frutti, qu'il fabriqua pour la plupart pour Cartier. Largeur / longueur: 16,5 cm 
Sandra Cronan LTD. 16 Albemarle St.  Londres, Royaume-Uni E-mail: enquiries@sandracronan.com

Cette broche en forme de guirlande a été désignée plus tard sous le nom de design 'tutti frutti'. Picq était responsable de la création du tout premier bijou "tutti frutti" de Cartier, à l'époque simplement appelé "pierres de couleur", un bracelet conçu pour l' Exposition Universelle de Paris en 1925.





Double clips Tutti Frutti Art Déco par Henri Picq Paris. France, vers 1925. Photo prise par Sandra Cronan LTD
Une paire exceptionnelle de doubles clips tutti frutti, serties de diamants, d'émeraudes sculptées, de rubis et de saphirs et d'onyx cabochon. Monté en platine. Paris.
La maison Henri Picq fabriquait la plupart des bijoux Tutti Frutti pour Cartier, Lacloche et Ostertag.
Picq a utilisé son poinçon de maître, les détaillants ont soit ajouté la leur, soit ajouté une signature, soit les deux. Les clips de double Tutti Frutti sont extrêmement rares à trouver de nos jours. Les clips peuvent être portés ensemble ou  séparés.
Sandra Cronan LTD. 16 Albemarle St.  Londres, Royaume-Uni, - E-mail: enquiries@sandracronan.com




C'est encore grace a la maison Christie's que nous pouvons savoir que ce bracelet est de Picq.  Conçu comme un panneau de diamant central composé de trois pierres, il présente les bords ajourés ainsi que quatre autres motifs de pince unique et un fermoir à boucle, vers 1925, 17,7 cm. Longue,  poinçon français Tête de Chien pour le platine
Avec le poinçon  HP et un as de Pic  pour Henri Picq.

Ce bracelet est un bel exemple du travail accompli par Henri Picq. La propriétaire actuelle a reçu le bracelet de sa grand-mère, qui l'avait reçu de sa mère, Yvonne Patenôtre, épouse de Boniface de Castellane. Son mari, de Castellane, était le fils d'un noble français, Boni de Castellane, et d'Anna Gould, citoyenne américaine et fille du magnat des chemins de fer Jay Gould. 





Une  bague émeraude et diamants art déco,  assortie d'une émeraude de taille rectangulaire, d'un poids de 22,58 carats, sur les deux épaules des diamants taille baguette, vers 1925,  poinçon de platine français
avec marque de fabrique d'Henri Picq 

Accompagné du rapport . 58622 du 1er mars 2011 de l'Institut suisse de gemmologie SSEF indiquant que l'émeraude est d'origine colombienne, avec des indications de modification de netteté mineure (huile)  revendue par Christie's




Broche à pince double «Tutti Frutti» Art Déco avec diamants, Henri Picq pour Cartier Paris, vers 1925. 
Demies spheres d'émeraude cannelées, feuilles de rubis et de saphir sculptés, cabochons de pierres précieuses. Vieux diamants de taille européenne et baguettes, totalisant environ 5,00 carats. Platine et or blanc 18 carats. Marques de dosage français. Signé Cartier Paris et numéroté 0812. Avec poinçon de maître d' Henri Picq. Ecrin signée.

La sortie  de ce qui est maintenant breveté sous le nom de "Tutti Frutti" découle des voyages de Jacques Cartier en Extrême-Orient à partir de 1909, en particulier en Inde, où il noua des relations avec des princes et des maharajas qui possèdent d'importantes pierres précieuses. Il rapporta en Europe une grande quantité d'émeraudes, de rubis et de saphirs sculptés, qui étaient assemblés dans un style polychrome sur des bijoux évoquant l'exotisme d'empires lointains. Cette approche audacieuse, considérée à l'époque comme très peu conventionnelle à cause des conflits de couleurs, deviendrait plus tard un style signature de Cartier. Il est important de noter que chaque bijou Tutti Frutti est unique en raison de la nature singulière des composants et donc de leur composition. Il n'y a pas deux bijoux Tutti Frutti identiques.

Cette broche est particulièrement intéressante pour son tracé asymétrique, peu commun à l’époque de sa fabrication. En dépit des irrégularités des pierres précieuses sculptées, une géométrie stricte a été observée pendant la période Art Déco, en particulier lorsque les bijoux sont vendus par paires. Les "branches" de cette broche semblent imiter la nature organique de la croissance d'un arbre, certaines se terminant sur des boutons floraux (cabochons), d'autres sur des fleurs épanouies (deux perles d'émeraude cannelées).

Complétée par la marque d’atelier Henri Picq (HP entourant un as de pique) des deux côtés de la broche et la signature «Cartier Paris», cette broche à double clip est un superbe exemple d’un chef-d’oeuvre unique et emblématique de Cartier.




Bague Art déco de Cartier

Rubis de cabochon ovale dans un panier surélevé sertie d'émeraudes et de saphirs en forme de poire, entre des épaulements de lignes de diamant, vers 1929,  poinçons français pour l or et le platine
Poinçon de maître du fabricant  Henri Picq, non signé, non. 6329
Accompagné du rapport no. 82383 du 2 octobre 2015 de l'Institut suisse de gemmologie SSEF indiquant que le rubis a pour origine la Birmanie (Myanmar),Rubis non chauffé




Bague typique  art déco, magnifique serti,  Le diamant central de taille rectangulaire, entre les épaulements en baguette et en diamant de taille carrée, rehaussé sur un corps de bague effilé orné de losanges de même taille, circa 1930, Poinçon français pour le platine 
Avec le poinçon de maître de fabricant, HP pour Henri Picq




BROCHE clip en diamants par Henri Picq vers les années 1930 revendue par la maison "Revival" à Singapour et expertisée par Brenda Kang Le motif en éventail ajouré, serti de diamants de taille élégante, européens et à taille unique, pesant environ 10 ct au total, monté en platine, poinçons français et poinçon de maître de Henri Picq, 39 grammes, largeur: 7,5 cm x 5 cm de hauteur.





Bracelet saphir et diamants, 1930 revendu  par Sotheby's
De conception géométrique, sertie dans l’ensemble de diamants de taille circulaire, ornée de diamants de taille carrée d’une longueur approximative de  170 mm, marque française de dosage de l’or et du platine, marque de fabrique de Henri Picq.
 Au cours des années 1920 et 1930, l'atelier a créé bon nombre de leurs bijoux emblématiques «Tutti Frutti» ainsi que certaines de leurs superbes œuvres Art Déco. À peu près à la même époque, l'atelier d'Henri Picq se diversifie et commence à travailler avec d'autres maisons de joaillerie qui ont toutes mon admiration, telles que Lacloche et Ostertag, tout en préservant son engagement envers Cartier.Qu'il soit signé par Cartier ou non, un bijou portant la célèbre marque Henri Picq est garanti non seulement beau à regarder mais aussi magnifiquement réalisé.




Le saphir à pans  coupé au centre pèse 30,95 carats, les griffes sont fixées dans un pavé serti de diamants taillés en brillant avec des accents de perles, les pavés surmontés d'épingles en diamant taillé en brillant, d'environ 3,00 carats au total, signé Schlumberger sur une plaque sous la galerie, le corps de bague estampé avec la marque de fabrique de l'atelier Henri Picq, 







Broche "temple" Art Déco en diamant de Cartier, Paris, vers 1930, atelier d'Henri Picq 
De conception architecturale, composée de deux colonnes en pavé de diamants 
entrelacées d'un socle et de frontons à rubans, carrés et baguettes, surmontées d'un brillant rond collier en diamant taillé, monté en platine, numéroté




Une parure française Art Déco en platine et saphir, par Cartier, 
composée de deux boutons de manchette conçus comme des panneaux carrés en pierre de saphir calibré, avec des pointes en saphir cabochon, trois boutons de robe assortis et deux boutons de robe, vers 1930, dans un boîtier ajusté estampé Asprey & Co Ltd, points de serti  des saphirs cabochon sont la plupart du temps deficients
les boutons de manchette signés Cartier, Paris, Made in France, n ° 9563, marque de fabricant pour Henri Picq, un bouton robe signée Cartier, Paris, Made in France, n ° 6619, les montants non marquées




A l' hotel des ventes de Montpellier  Aude Andrieu et Bertrand de la tour ont revendu cette broche de Henri Picq: 
http://hoteldesventesmontpellier.fr/



 Clip en platine et or gris 18 K (poinçons tête d'aigle et de chien) (3 x 2.5 cm), pavé de diamants ronds taille brillant et 8 x 8, diamants taille baguette pour un poids estimé à environ 3 carats au total. Circa 1930. Numéroté et poinçon du joaillier. L expert de cette vente était www.francoise-serru.fr
Je la cite , car elle  a répondu a mon courrier, ce n'est pas courant dans ce métier.



De plus François Serru, m a adressé ces deux photos du dessous du clip, je l en remercie.





Un Bracelet art déco. Avec une série de perles d'émeraude godronnées chacune au centre d'une circonférence de diamants, de  feuilles de saphir sculptés et rubis,  vers 1930, 17,0 cm de long, avec poinçon français du platine et  poinçon de maître du fabricant  Henri Picq




Bracelet Tutti Frutti de Cartier revendu par la maison Christie's
Il est conçu comme une branche en  diamants sertie en pavé avec saphir et feuilles d'émeraude sculptés, collets en saphir et émeraude cabochon, perles en rubis et détails en émail, années 1929, 18,0 cm, avec texte en français écrin Cartier,   en cuir rouge Signée Cartier, avec la marque de fabrique de l'Atelier Henri Picq, nos. 02357 et HC 86003





Henri Picq est décédé à l age de 80 ans le 7 décembre 1941, il habitait toujours rue du 4 Septembre à Paris.
 Triste journée qui verra, les ttaques aériennes japonaises sur Pearl Harbor ainsi que sur Hong Kong, sur  la Malaisie, la Thailande, et Shangaï
Le Mexique suspend ses relations diplomatiques avec le japon, le lendemain les Etats Unis en feront autant, le Royaume uni déclare la guerre au Royaume de Roumanie, le Décret Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard) est signé par le maréchal Keitel





Acte de décès officiel de Henri Picq, j'ai essayé de faire mieux connaitre les travaux de Henri Picq, qui fut très discret, et si je n ai rien trouvé ou presque sur sa vie j'espère avoir trouvé suffisamment de bijoux de lui pour montrer son importance. Encore une fois je remercie les grands maisons de vente aux enchères, et les commerces spécialisés en joaillerie ancienne qui prennent le temps de relever les poinçons de Maître sur les bijoux des joailliers  commerçants devenus célèbres et qui n ont pas une pensée pour ceux qui les ont aidés par leur talent  à acquérir leur célébrité.


Néves & Dubois. Mystere en partie résolu. La maison Audouard qui les précéda

  Cliquez sur toutes les photos pour les agrandir. Ce beau et rare bracelet de Boucheron me pose beaucoup de questions, il est décrit par la...