mercredi 2 juin 2021

Histoires de Perles


Une perle de 8 000 ans, présentée comme la plus ancienne au monde. Appelée "perle d'Abou Dhabi" et découverte par des archéologues sur l'île de Marawah, au large de la capitale des Emirats arabes unis, ce bijou appartient au Musée national Zayed. 
Des analyses au carbone 14 ont permis de révéler que les couches de roches d'où provient la perle datent de 5 600 à 5 800 ans avant notre ère, pendant la période néolithique.
Des experts ont suggéré que les perles étaient échangées avec la Mésopotamie contre des céramiques et d'autres marchandises, ou portées comme des bijoux, selon la même source.

L'industrie perlière a prospéré dans le Golfe jusqu'aux années 1930, date des premières découvertes de pétrole et de l'apparition des perles de culture. 

L' Utilisation de la perle remonte si loin, à la nuit des temps, ce qui  pourrait signifier la naissance du temps , c'est à dire qu'une histoire ou un fait sont tellement anciens qu'ils remonteraient à la création de l'humanité. »  
Mais plus près de nous, "ROME" .  Pline se dit convaincu que c'est Pompée qui après sa victoire sur le Roi des Parthes,  Mithridate, s'étant approprié sa collection de bagues, de pierres et de perles, les offrit à Jupiter sur le Capitole, déclenchant ainsi un phénomène de mode chez les Patriciens.
Plus près de nous, Ernest Babelon écrivit que ce goût des perles se développa avec la conquête de la Grèce.




bague vers l' an 400Découverte en Syrie, Chaton : une émeraude taillée en prisme, entre deux perles. Don du duc de Luynes, Honoré Théodoric d’Albert, en 1862 à la Bibliothèque Nationale de France

Je ne crois pas que cette émeraude ait été taillée en prisme comme le dit la légende de la Bibliothèque nationale, mais tout  simplement une émeraude qui est un cyclo-silicate donc cristallise dans le système hexagonal.
Donc ce cristal brut a été simplement tronçonné perpendiculairement aux faces naturelles de l' hexaèdre, on peut noter aussi qu'un fil d or passe au travers des deux perles et du cristal et ce fil est rabattu a chaque fois en dessous des perles.


Pline nous dit  que les Romains marchaient sur des perles , leurs chaussures en étaient tissées, Néron "semait de ces larmes blanches sa couche impure"
Héliogabale ou Élagabal (Varius Avitus Bassianus) est empereur romain de 218 à 222 sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus. Il fit servir au cours d'un repas qui dura dix jours entiers des petits pois à la grenaille d'or , des haricots à l 'ambre et du riz aux perles

Lollia Paulina, ou Lollie Pauline, née vers 15 et morte en 491, est une femme de la noblesse romaine de la première moitié du Ier siècle, qui a été impératrice de Rome pendant six mois  Lollia Paulina est mentionnée dans l'« Histoire naturelle » de Pline l'Ancien, qui dit « qu'elle portait une large partie de sa fortune sur elle sous forme de bijoux valant 7 à 8 millions de sesterces, ornant ses cheveux, son cou, ses bras, ses doigts, et même ses pieds ». L'écrivain se plaint du fait que Rome investit d'énormes sommes d'argent dans l'importation de poivre et de perles depuis l'Inde, et ce portrait de Lollia vient étayer son propos. lorsqu'elle était la troisième femme de Caligula.
A un repas de fiançailles elle apparut habillées seulement de perles et d'émeraudes, ce n'était pas des dons de l empereur mais les produits de la corruption de son père Marcus Lullius  il avait trahi et vendu l armée des Parthes à l armée Romaine contre des pierres et perles précieuses  destinées a satisfaire l'avidité de sa fille .



Ces perles fines montée sur une intaille Romaine font partie des nombreux trésors de la collection des antiques de la Bibliothèque Nationale de France.

"Julie, fille de l'empereur Titus"
L intaille  en aigue marine vient d' Italie, du Latium, Rome, gravée vers l an 90 mais la monture avec le socle date de l époque Charlemagne, elle mesure :H. 10.5 cm, l. 9.5 cm avec monture, sans socle.
Description :
Julie, fille de l'empereur Titus, en buste de profil à gauche. La monture est composée de neuf saphirs, dont les six latéraux se terminent par une petite perle.
L’intaille formait le couronnement de l’"escrain de Charlemagne”, grille d’or ornée de perles et de pierres précieuses (comprenant plus de 700 perles, 209 saphirs, 135 émeraudes, 22 grenats, 11 améthystes, 8 rubis, 2 aigue-marine) qui mesurait plus de 1,10m de haut et 0,82 m de large. Cet "escrain", issu des ateliers de Charles le Chauve vers 870-877, a été réutilisé au 14e siècle; il reposait sur un reliquaire des saints Georges, Théodore et Apollinaire, en argent doré, aux armes de l’abbé Philippe de Valette (1398-1418).
L“escrain” est décrit pour la 1ère fois au début du Xe siècle puis dans les inventaires de Saint Denis de 1534 et 1634. Avant son démembrement lors de la Révolution française, la fonte de l'or et la vente des pierres précieuses et des perles, une aquarelle fut exécutée par Etienne-Eloi Labarre en 1794, sur ordre de la commission temporaire des Arts. Seul l’élément terminal fut préservé à la demande de l'abbé Barthélemy, garde du Cabinet.


 

Pommes de senteur

Les pommes de senteur, "pomandres" ou "pomanders" sont soit ajourés soit constitués de "quartiers" hermétiques. Ces objets permettent de porter sur soi le parfum du musc, de l’ambre gris ou de la civette 
En 1174, nous avons le témoignage de l’arrivée en Europe de l’ancêtre des diffuseurs de parfums. À cette date, Baudoin IV (1161-1185), roi de Jérusalem, offrit à l’empereur Frédéric Barberousse (1122 – 1190) plusieurs pommes d’or (des pommes de senteurs précieuses) remplies de musc. Une manière très élégante de faire comprendre à Fredéric qu’il sent l’ours. L’ours après une longue hibernation.
Chronologiquement, le musc et l’ambre sont les senteurs plus appréciées. Néanmoins, la faculté de médecine de Paris ajoute dès le milieu du XIVe siècle pas moins de 29 substances odorantes propres à prendre place dans ces écrins. Font ainsi leur apparition la noix de muscade, le bois d’aloès, le gingembre, le clou de girofle, la cannelle, le camphre, le santal ou le cinnamome.
Ces aromates proviennent de l’orientale route des épices traversant des pays aussi lointains que fascinants. Pourquoi les hommes du Moyen-Âge s’entêtèrent-ils à recourir à de tels produits alors qu’il existait chez eux des produits odoriférants moins onéreux tel que les fleurs, herbes séchées et autres écorces ? 

Vers  1291  Marco Polo signale que les perles faisaient la richesse  de Ceylan et Herman en 1230 indique que 3000 bateaux étaient engagés pour la pêche aux perles dans le golfe de Manaar

Au Mexique le Temple ou Montézuma priait était gravé, garni de plaques d or et brillait de perles et de joyaux, le palais des morts de Talomeco était entièrement revêtu de nacre et de nattes perlées, des vases débordaient de perles. Tout cela pour expliquer que la France mit du temps à s'occuper des perles, elles apparurent dans les édits somptuaires de Philippe le Bel.




 En 1400 environ, la   Couronne des Lancaster, les groupes de 3 ou 4 perles se nomment des "Troches" Munich Musée de la résidence.

En 1414, l an de sa disgrâce, Charles d'Orléans , l'ami du Duc de Bourgogne, disposa sur son pourpoint, 960 perles.

Henri III aimait les pendants d'Oreilles il avait aussi: "De cordons emperlés sa chevelure pleine,  Si qu'au premier abord  chascun était en peine"

1416   La grosse perle de Berry , évaluée 4000 livres  et la perle de Navarre  cotée a 2000 livre à la même date, enrichissaient  le fabuleux trésor de Jean De France, Duc de Berry.

Lorsqu'elle épousa le duc d'Orléans en 1533,  Catherine de Médicis portait une couronne d'or exécutée par Pierre Mangot sur l ordre  de François 1er , il fut noté a propos du royal présent "Deux Grosses perles pucelles et non percées en forme de poyres" L une de 93  et l autre de 96 grains, le grain vaut aujourd' hui un 20/ème de gramme.

Elle les donna plus tard à Marie Stuart, et Leonard Rosenthal précise: "L infortunée Reine d'Ecosse possédait elle aussi quelques unes des plus belles perles d'Europe, des "Bordures de tour" faites de grosses perles en forme de poires, alternant avec des perles rondes, de longs rangs de perles enfilées à la façon des rosaires, des carcans et des ceinturons et une quantité de perles détachées. Lors de ses malheurs un grand nombre furent perdues et volées. Catherine de Médicis chargea M de la Forest ambassadeur de France de lui racheter celles qu'elle avait donnes à sa bru, alors Reine de France, mais........ce fut Elisabeth d'Angleterre qui acquit les joyaux de son ennemie"
C'est François 1er qui fonda la collection des joyaux dite de la Couronne.




Deux jours après être couronné,  Le 15 février, 1575 Henri III épouse Louise de Vaudémont-Nomény, princesse de Lorraine. Il n'a pas d'enfant de ce mariage d'amour. Sur tous les tableaux qui la représentent , elle est couverte de Perles.
Mais  Marie de Médicis n'était pas en reste, au baptème de son fils , la  Reine portait une robe tissée  de joyaux où  32000 perles étaient écloses  sous les feux de 3000 diamants.




Extrordinaire!  Vers l'an 1400, Le reliquaire de la Sainte Epine qui se trouve au British Muséum.
Reliquaire en or, richement émaillé et serti de rubis, perles et saphirs. Socle architectural en forme de forteresse crénelée avec un ange demi-longueur sonnant une trompette occupant chaque tourelle, socle également aux armes de Jean, duc de Berry en panneaux rectangulaires d'émail translucide bleu et rouge. L'avant est une représentation de la résurrection des morts, un monticule émaillé vert s'élevant de la base d'où sortent les cercueils, les morts ressuscitant de l'intérieur. Au-dessus se trouve une fenêtre en cristal de roche, l'Épine placée verticalement au centre, montée sur un saphir cabochon, au-dessus d'un rouleau inscrit. Des figures de la Vierge et de saint Jean s'agenouillent à côté de l'épine, le Christ avec ses cinq blessures est assis derrière, les pieds posés sur un globe émaillé de blanc. Deux anges tiennent une couronne d'épines au-dessus de sa tête, les instruments de la Passion dans leurs autres mains. Une arche est formée autour du tout par les douze apôtres au sein d'une masse de feuilles et de branches, Dieu le Père au sommet. Au revers se trouvent deux portes battantes décorées en relief et pontillé avec les figures de Saint Michel et du Diable et de Saint Christophe portant le Christ Enfant, à l'intérieur se trouve une cavité vide recouverte de verre moderne, probablement un espace pour une autre relique. Au-dessus se trouve une cocarde avec le visage du Christ en relief au milieu des rayons du soleil. 
Matériaux or, épine, émail, cristal de roche, perles, rubis, saphirs 
Hauteur: 30,50 centimètres  Poids: 1404,65 grammes



Bague Médiévale du début du XV eme elle provient du trésor de Chalcis.
Chalcis était une colonie Vénitienne sur l'ile grecque d'Eubée, ceux qui l ont connue la comparait en 1395 à la cour du Roi Arthur. C'est là que fut découvert en 1840 un ensemble de bagues toutes plus fantastiques les unes que les autres, avec des décors niellés, observez cet amusant anneau tournant avec quatre perles.

C'est amusant  car il y a 40 ans sans connaitre cette bague , j avais réalisé une collection de bijoux pour enfants et j avais conçu une bague en argent avec deux perles de turquoise et deux perles de culture sur un anneau central qui tournaient et au dessus une boule de turquoise....




1476 ,  Broche des fiançailles de l’empereur Maximilien Ier et Marie de Bourgogne avec représentation du couple. Or, émaux et perles. Trésor, Vienne, Kunsthistorisches Museum.

1498: Une théorie de Jean Paul Poirot (qui fut l un de mes professeurs de gemmologie  explique que les Espagnols en arrivant en Amérique du Sud sont surpris de voir que les indigènes sont  habillés de perles comme à Venise et nommèrent cette terre "Petite Venise" soit Vénézuela

Autre Théorie,  en 1499, une expédition menée par Amerigo Vespucci et Alonso de Ojeda explore cette région pour la première fois (côte nord-ouest). Elle découvre des indigènes (dont des Kalinago, des Arawaks et des Cumanagotos), vivant principalement d'agriculture et de chasse, installés le long de la côte, de la Cordillère des Andes et du fleuve Orénoque. Les maisons sur pilotis des Indiens du golfe de Maracaibo font penser à une petite Venise, Venezziola, ce qui donne le nom du pays, devenu Vénézuela (Wikipédia)



                                                                                


Dans ce pendentif, l’Agneau pascal est représenté portant l’étendard de la Foi et couché sur le livre des Saintes Ecritures. L’animal est associé au sacrifice d’Abraham dans l’Ancien Testament et à la résurrection du Christ dans le Nouveau Testament. La hampe en bois en forme de croix à laquelle est suspendue la bannière (labarum) signifie la victoire sur la mort.

Suspendu à une double chaîne mobile, le corps de l’animal est constitué d’une grande perle naturelle de forme baroque, irrégulière, sur laquelle sont fixés la tête et les pattes repliées exécutées en or émaillé. L’ovin est couché sur une terrasse en forme de livre dont le plat supérieur ajouré est décoré de plantes en or émaillé. Sous le second plat également ajouré, sont suspendues des perles fines.

La tranche en or gravé du livre est constituée, sur l’un des petits côtés, d’un panneau coulissant muni d’un petit ergot qui permettait, en le faisant glisser, d’accéder au volume intérieur du livre qui pouvait recevoir des reliques ou plus sûrement des pâtes odoriférantes pour protéger son propriétaire des miasmes et des mauvaises odeurs fréquentes à l’époque.

Les perles fines ou naturelles sont très appréciées en Europe depuis l’Antiquité où elles furent rapportées du Golfe persique par l’empereur Alexandre le Grand. Au XVIe siècle, elles sont particulièrement recherchées et recouvrent à profusion les costumes des monarques. Les perles de forme baroque irrégulière nourrissent l’imagination des bijoutiers qui les utilisent pour réaliser des bijoux extraordinaires représentant des personnages ou des animaux fantastiques au corps de perles montées en or et pierreries. Texte du M.A.D. Photo Jean Tholance.

Jean de Médicis (italien : Giovanni di Lorenzo de' Medici) naît le 11 décembre 1475 à Florence et meurt à Rome le 1er décembre 1521. Il fut le 217e pape de l’Église catholique sous le nom de Léon X de 1513 à 1521. Il est le second fils de Laurent le Magnifique et de Clarisse Orsini. et il possédait une perle de 350.000 francs achetée à un marchand Vénitien




Depuis le début du siècle, tout est confus dans l histoire de deux perles "La Perégrina et la Pelégrina"


La Pérégrina fut découverte en 1513  La perle est remise à don Pedro de Temez, l'administrateur de la colonie espagnole de Panama. 
Temez apporte la perle en Espagne et l'offre au roi Philippe II, son histoire est si souvent racontée que je vous laisse découvrir dans Wikipédia, comment elle arriva jusqu'à Elisabeth Taylor:    https://fr.wikipedia.org/wiki/Perle_P%C3%A9r%C3%A9grine

Le poids original de cette perle en forme de poire était de 55,95 carats. Au moment de sa découverte, c'était la plus grosse perle jamais trouvée. En 1913, après nettoyage, polissage et taille, son poids passa à 50,56 carats. La Pérégrine reste l'une des plus grosses perles en forme de poire parfaitement symétrique.
Je préfère vous citer le meilleur journaliste de son temps, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon

"Ce fut à la cour (de Louis XIV) ou je vis et touchai à mon aise, la fameuse Périgrine, que le Roi avait, ce soir là,  au retroussis de son chapeau, pendant d une belle agrafe de Diamant. Cette perle de la plus belle eau que l on ait jamais vue est précisément faite et évasée comme ces petites poires musquées qu'on appelle , de sept en gueule  , et qui paraissent  dans leur maturité vers la fin des fraises. Leur nom marque leur grosseur, quoiqu'il n'y ait pas de bouche qui puisse contenir quatre à la fois sans péril de s'étouffer. La perle est grosse et longue comme la moins grosse de cette espèce de poires."

Il ne faut donc pas confondre la Pérégrina avec la Pélégrina 



C'est probablement un cadeau du roi Philippe IV d'Espagne à sa fille Marie-Thérèse, à l'occasion de son mariage en 1660 avec Louis XIV. Elle a figuré parmi les joyaux de la Couronne de France jusqu'à la Révolution et a disparu en 1792.
On ne sait pas ce qu'il est advenu de cette perle entre cette date et 1826. Vers cette époque, "La Pélégrina" est réapparue à Moscou, où elle a été achetée par la princesse Tatiana Vassilievna Youssoupova, née Engelhardt (nièce du célèbre Potemkine et arrière-grand-mère de Zénaïde). Elle est restée dans la famille jusqu'à la Révolution, russe cette fois. Les Youssoupov ont réussi à l'emporter en quittant le pays.
En exil, la perle fut plusieurs fois engagée au Mont-de-Piété. En 1953, le prince Félix Youssoupov (le fils de Zénaïde), ayant besoin d'argent, s'est résolu à la vendre à un joaillier de Genève.
En 1987, elle a été mise en vente en Suisse par Christie's. C'est un acheteur anonyme (certains parlent d'Elizabeth Taylor) qui l'a achetée pour l'équivalent de 2 780 000 francs français.


Léonard Rosenthal nous rapportait que plus tard (peut être vers 1650) Georgibus de Calais rapporta des Indes une autre perle extraordinaire, de 126 carats (504 grains) et la revendit à Philippe IV d'Espagne pour 80.000 ducats.
On raconte que ce Roi ayant demandé au marchand: "Comment avez vous osé mettre toute votre fortune sur une aussi petite chose?"  "Sire répondit le marchand j ai pensé qu il y avait au monde un Roi d'Espagne pour me l'acheter"




Cette grande bourgeoise est couverte de perles, si le peintre a respecté les proportions, c'est un magnifique collier, un pendentif diamant et perle poire et sur la résille du haut de la robe, une perle cousue sur chaque croisillon. Ce  portrait de Eléonore de Tolede date de 1562
Éléonore s'est mariée à Florence, le 14 mai 1539 avec Cosme Ier de Toscane, duc de Toscane, fils de Jean de Médicis, patricien florentin, et de Maria Salviati. Ils ont eu neuf enfants : dont  Marie de Médicis, morte de malaria (1540-1557). En espagnol, Leonor Álvarez de Toledo y Pimentel-Osorio, nom complet d'Éléonore de Tolède (née en 1522 à Alba de Tormes, dans la province de Salamanque, en Espagne et morte le 17 décembre 1562 à Pise




Ce Pendentif  qui date de 1580 environ, est un cure-dents; forme de sirène; tête d'or, coiffe de volute émaillée; corps de perle baroque; la partie inférieure se termine par une pointe gravée d'un motif de volutes entre l'émail vert translucide; deux cartouches en relief à la jonction avec le corps, émaillés et sertis de trois rubis dans des montures en relief.
Il est conservé au British Muséum,  qui pour sa provenance hésite entre l Allemagne et l'Italie
Or , émail, perle rubis.



J adore Arcimboldo (certains disent  Arcimboldi) Ce tableau est au musée de Vienne, il s'appelle , "L'Eau" Agrandissez l image et prenez du  recul pour découvrir le visage composé de poissons, crustacés, reptiles, batraciens, mammifères, étoiles de mer, et puis, le corail et la perle, portée en collier ou en boucle d'oreille. Une remarque à propos de la crevette, ce n'en est pas une, mais une "Squille Mante"  en italien "Canocchia" que vous trouverez  toujours vivante sur les marchés de Venise, à  déguster "Al Dente" pas plus de deux à trois minutes de cuisson. 




Pendentif ronde-bosse en or ciselé et émaillé, émeraudes et perle baroque ; émaux vert, bleu, rouge, blanc, violet, noir. Sur une branche, portant des feuilles lancéolées, certaines, recourbées, deux animaux imaginaires, un écureuil ailé au dos souligné d’une crête et, un lézard à la tête huppée se font face, corps du reptile quadrillé au dos orné de cinq cabochons d’émeraude alternant la forme ronde, et losangée ; suspendue à la partie supérieure du rameau, une perle montée sur une petite feuille, émaillée ; anneau de suspension.
Frandres ?, fin du XVIe/début du XVIIe siècle, Hauteur 3,4 cm (sans l’anneau de suspension)
Poids : 15,6 g
Provenance : Ancienne collection d’Anne-Marie Louise de Médicis, Electrice Palatine (1667-1743)
Ce bijou est d’une typologie peu courante puisqu’en complète ronde-bosse, il peut se regarder, sous tous les angles. Le thème animalier est un des thèmes de prédilection des orfèvres de la Renaissance et du XVIIe siècle. On sait que l’Electrice palatine, Anne-Marie-Louise, dernière, des Médicis a tout particulièrement apprécié les bijoux représentant des animaux réels ou, fantaisistes. Celui-ci, avec son écureuil mi-dragon et son lézard, est réputé avoir appartenu à la fabuleuse collection de la dernière des Médicis. A sa mort, fut dressé un inventaire après décès qui ne répertorie pas moins de 789 objets en or et pierres précieuses. Parmi les bijoux, conservés aujourd’hui au Museo degli Argenti de Florence, qui ne représentent qu’une infime partie de ces objets précieux, on peut voir plusieurs petites «bestioles» réalisées dans le même esprit.




1600 environ Cupidon tirant sa flèche d amour,  pendentif 10,7 cm de haut or émaillé et pierres précieuses Joaillerie renaissance Allemande.

A la renaissance, les perles furent considérées comme "des gouttes de rosée solidifiées par les mollusques qui les captaient au petit matin" On disait à l époque que leur beauté, dépendait du temps qu'il faisait lors de leur conception et le tonnerre qui provoquait des soufflures de perles.




Bouton de collier monté en pendentif avec une fleur de quatre perles
Pendentif provenant d'un collier Esterhazy ; réalisé dans le sud de l'Allemagne PÉRIODE 16e siècle 17e siècle,  période moderne - Renaissance  émail sur ronde-bosse d'or et or . 
Se trouve à Ecouen, au  musée national de la Renaissance



Les perles de la courtisane magnifient ce tableau

Le Tricheur à l'as de carreau est un tableau réalisé par Georges de La Tour vers 1636-16381, conservé au musée du Louvre, et considéré comme l'un des chefs-d'œuvre du peintre et de la peinture française. L'œuvre est signée « Georgius De La Tour fecit » sous le coude du tricheur, dans l'ombre de la nappe tombant sur le rebord de la table.
La femme située derrière la table, les épaules légèrement tournées vers la gauche du cadre (vers le tricheur) est selon toute vraisemblance une courtisane : c'est ce que suggèrent son large décolleté rectangulaire, ainsi que les grosses perles qu'elle porte, en pendants d'oreilles en forme de poire, mais surtout rondes, en bracelets autour des deux poignets, en collier autour du cou, et autour de la tête, pour décorer le rebord de sa coiffe.

Située légèrement à droite du centre de la composition, la courtisane du Tricheur est le personnage qui se remarque immédiatement, en pleine lumière, ce qui donne à son teint une blancheur presque irréelle. Les ombres vers la droite se marquent surtout sous son nez, ses lèvres, et sous son cou, tandis que de minces plis de peau sont marqués, à la naissance des seins et à l'aisselle gauche.
Elle porte une toque rouge à cornes décorée d'une plume d'autruche frisée et teintée en carmin, ainsi que d'une broche circulaire faite d'une pierre noire cerclée d'or, terminée par un pendentif en perle. Elle est vêtue d'une élégante robe de velours ocre-brun décorée de galons d'or et de boules dorées aux emmanchures. Ses manches à crevés aux bordures en croquets dorés laissent voir leur doublure de soie jaune, et la blancheur d'une chemise. Sa main gauche, dont le tranchant repose sur la table, tient quatre cartes, dont le dos blanc seul est visible. Devant ces cartes sont étalées, sur la table, huit pièces d'or. De l'index de la main droite légèrement replié, elle s'adresse au tricheur, qui ne la regarde pas. Ses yeux en coin regardent vers le haut, vers la servante, à « l'image des voies obliques qui caractérisent le monde43 ».
Le plus remarquable reste son visage d'un ovale quasi parfait, presque sans menton ni pommettes, ce que soulignent les autres formes géométriques : les lignes du nez qui passent par les sourcils, sa chevelure en bandeaux collés séparés au milieu, dont une mèche tombe de chaque côté du visage, les cercles de perles autour de la tête et du cou.

Louis XIV  offrit à Madame de Maintenon  une berle baroque de 112 grains ayant pour forme naturelle , le torse d un homme.



La peseuse de perles de Johannes Vermeer.

Ce tableau nous montre que vers les années 1660  existait un commerce florissant des perles  aux pays bas, , on voit que des colliers sont conçus  avec d autres perles de couleurs, cette dame les pèse, les trie!!!!
La Femme à la balance, attribuée à Gabriel Metsu, et accompagnée de la description suivante: « Une bonne femme se tient près d’une table avec une balance dans sa main droite. Sur la table, des perles et des boîtes à bijoux à côté d’une étoffe bleu sombre. » Le tableau est acheté, pour la somme, modique à l'époque, de 801 florins, par Louis Charles Victor de Riquet de Caraman, ambassadeur de France en Bavière, qui le ramène à Paris. Il sera cédé, réattribué à Vermeer, lors de la vente Lacoste du 10 mai 1830, à Casimir Perier, dont le fils le rachètera lors de vente Christie & Manson du 5 mai 1848 à Londres.
Acheté conjointement en 1910 par les marchands d'art Colnaghi et Knoedler pour leur galerie londonienne, il entre, le 11 janvier 1911, dans la collection P.A.B. Widener (Elkins Park, Pennsylvanie). Le fils de ce dernier le léguera à la National Gallery of Art en 1942, où il est actuellement conservé.

Puisque nous traitons des perles, au travers de ce tableau  parlons de la pesée, le poids des perles s'exprime en grains, rappelant les grains de mil qui autrefois étaient employés en Inde pour les peser.
Donc le grain égale le quart du carat métrique, qui, lui, vaut exactement  1/5 ème de gramme. Un grain correspond donc à 1/20 ème de gramme.

Pas simple dans nos métiers, je pourrais aussi vous parler des colliers de perles qu' on mesure en Mommé.  Un Momme = 18,75 carats = 3750 Milligrammes = 3,75 grammes
Nous avons aussi le carat, ou Karat....




1730 Clement XII 
Des médaillons de tous les papes de Saint Pierre  à Clément XII ont été   réalisés en or pierres précieuses et perles, certainement d'eau douce. C'est extraordinaire d arriver a donner avec si peu de volume,  un relief.  C'est la propriété du cabinet des médailles à la bibliothèque de France




La couronne Kiani a été utilisée pendant la dynastie Qajar. 
Reza Shah, le fondateur de la dynastie Pahlavi, avait sa propre couronne conçue mais la couronne Kiani était présente lors de son couronnement. La couronne elle-même est en velours rouge sur laquelle sont fixées des milliers de pierres précieuses. Fathali Shah est souvent représentée dans des peintures portant une couronne similaire - on ne sait pas s'il y avait un certain nombre de couronnes en usage à l'époque qui se ressemblaient ou si les artistes ont simplement dépeint la même couronne de différentes manières. La couronne Kiani a environ 1800 perles semées dessus, chacune de 7 à 9 mm. en diamètre. Il y a environ 300 émeraudes sur la couronne, dont la plus grande mesure environ 80 cts. Il y a aussi environ 1800 rubis et spinelles sur la couronne, dont le plus gros mesure 120 cts. Le plus gros diamant mesure 23 cts. La hauteur totale de la couronne est de 32 cm. sans l'aigrette, et la largeur totale est de 19,5 cm. [Source: Iran Chamber Society]




Le dernier Qadjar a porter la couronne de perles

Mohammad Ali Chah Qadjar (en persan : محمدعلی شاه قاجار), né le 21 juin 1872 à Amol et mort à Sanremo en Italie le 8 avril 1925, a été Shah d’Iran du 8 janvier 1907 au 16 juillet 1909. Il était opposé à la constitution ratifiée pendant le règne de son père, Mozaffareddine Chah. Il dissout l’assemblée et est soutenu par la Russie avec une brigade cosaque. Cependant, il abdique en faveur de son fils Ahmad Chah Qadjar, à la suite de la Révolution constitutionnelle. On se souvient de lui comme d'un symbole de la dictature (Mirza Riza Khan).
Il s’exila en Russie et ses tentatives pour regagner le trône ne furent pas couronnées de succès. Son fils, Ahmad Chah Qadjar fut le dernier héritier de la dynastie Qadjar.




Revendu par Chistie's
PENDENTIF EN OR EMAILLE, PERLES AMENDES, RUBIS ET EMERAUDES
Probablement Allemagne, vers 1740
En forme de cerf, le corps émaillé et serti de petits rubis et émeraudes facettés, les chaînettes en or et petites perles fines.




PENDENTIF EN OR EMAILLE ET PERLES
Probablement Espagne XVIIème siècle
En forme d'oiseau fantastique, le corps fait d'une perle fine baroque, les ailes et le cou émaillés, le bec et les pattes retenant des perles fines baroques, l'ensemble soutenu par une colombe émaillée, Hauteur avec la chaîne: 8 cm. (3 1/8 pouces)



Ce Dragon est Flamand, du XVII eme , il se trouve au musée de Florence

 Evidemment on prêta à la perles des vertus thérapeutiques 

 A Rome c'était un remède contre la folie, 
Ou à l époque classique  une marque d'estime , voire de passion de vider à la santé  de l'amie ou d un ami, une coupe de vin dans laquelle on avait fait dissoudre une perle. D'ailleurs les Chinois considéraient que c'était un remède contre les embarras gastriques.

Au XVII eme siècle, c'était un fortifiant : On conseillait de préparer "une eau perlée"  en broyant une perle dans du jus de citron et Boèce de Boot en 1609 expliquait "que c'était très admirable pour réparer les forces et comme ressusciter les morts"
Autant s acheter du Pulco Citron................

Un jour, pour mater l’orgueil de son amant, Antoine César,  la Reine Cléopatre lui déclare qu’elle est capable de dépenser 10 millions de sesterces pour un seul dîner. La nuit suivante, elle organise un banquet, splendide certes, mais pas plus qu’à l’accoutumée. 
Vient le moment du dessert. Cléopâtre demande alors qu’on lui serve une coupe de vinaigre. Elle prend une perle de grande valeur qu’elle porte comme boucle d’oreille et la jette dans la coupe. Elle attend qu’elle se dissolve et boit, avalant ainsi les richesses promises. L’un de ses conseillers présents l’empêchera de faire de même avec l’autre boucle d’oreille.

Cette histoire est-elle vraie ? Il pourrait s’agir d’une invention de Pline pour discréditer Cléopâtre, qu’il traite de « prostituée »  dans le même passage. Il existe toutefois des arguments en faveur de sa véracité.  (Pierre Renucci)

D'après  Léonard Rosenthal," il eut fallu plusieurs jours pour faire dissoudre une perle aussi grosse"
La perle qui restait, sauvée par Lucius Plautus fut rapportée à Rome  avec les trésors de cette princesse et l empereur Auguste  la fit scier en deux pour en faire des boucles d'oreille pour la Vénus de Praxitèle.



Christie's a revendu ce bijou magnifique:    
Attribué a Moulin, Bautte et Cie, ou J.B Garrand Genève C'est un pulvérisateur de parfum extrêmement rare, important et tres fin en or, émail et perles séchées, fabriqué pour le marché Chinois. Circa 1805



Mouvement: Manuel, laiton doré, échappement à verge, chaîne fusée, ajouré et coq d'équilibre chassé
Cadran: émail blanc, dissimulé derrière des couvercles circulaires à l'extrémité de la poignée, s'ouvrant par un bouton dissimulé dans le bracelet
Boîtier en or en forme de pistolet à silex, poignées recouvertes d'émail écarlate translucide sur fond tourné par moteur, sertie d'une rosace en or sertie de perles, bords inférieur et supérieur sertis de perles fendues, centrées par des plaques d'or encadrées de perles fendues finement ciselées avec un chien sur un côté et un lapin au revers, les bords supérieurs sertis de demi-perles, marteau doré mat et gravé, la tête du bras en silex gravée de tête de lion, écrou en silex arrondi gravé en or, silex en agate, canon octogonal émaillé bleu décoré de paillonné et feuillage de laurier simulant le travail damasquiné, pointe sertie de perles, le parfum se répand à travers les pistils de la tulipe en or avec des pétales d'émail, libérés par la percussion du marteau lorsque la détente est enfoncée, avec une glissière en or en dessous pour se retirer dans le canon, 111 mm. longueur totale..




Diadème impératrice Eugenie, il y a peu de diadème aussi beau que celui ci, il a échappé au massacre de la revente des bijoux royaux de France par la république.
En 1887, ce diadème en perles et diamants fit partie de la grande vente des bijoux de la Couronne. Il avait été dessiné pour l’impératrice Eugénie à partir de pierres ayant appartenu à l’impératrice Marie Louise. C’est le joaillier Jacoby qui en fit l’acquisition. Il entra ensuite en 1890 dans la collection de la famille princière von Thurn und Taxis  à la faveur du mariage du prince Albert von Thurn und Taxis.




1855 broche d' épaule de l impératrice Eugenie, perles diamants argent doublé d'or  Hauteur 9 cm 8  Se trouve au Musée du Louvre




Camée en or, agate, perles naturelles et diamants vers 1860 représentant le profil d'une dame taillé dans une agate  avec  une bordure en diamant taille rose et des perles naturelles

Boucle d'oreille dormeuse  Paris, Epoque Second Empire (1852-1870) en 
or ciselé et gravé, émail sur fond guilloché, perles montées sur fil d'or.
Mesures:    H. cm : 2   fleur, feuille, tige fleurie, branche de fleurs et de feuilles
Photographie: jean Tholance



Sotheby's a revendu cette belle broche en indiquant: 
Anciennement dans la collection de la famille Froment-Meurice
BROCHE PERLES DE SEMENCE ET ÉMAIL, ATTRIBUÉE À FROMENT-MEURICE
Représentant un oiseau parmi une grappe de raisin et des feuilles de vigne, dimensions environ 70 x 45 mm, marque française pour l'or et l'argent 18 carats, poids brut 19,86 grammes; milieu du XIXe siècle, écrin signé Froment-Meurice.

Ce n'est pas toujours très prudent d'attribuer un bijou d'après le nom qui est marqué sur l'écrin, surtout dans le cas de Froment Meurice qui revendit beaucoup de bijoux fabriqués par d'autres en particulier Jules Wieze ou Wiese. Dommage que le poinçon de Maître de ce bijou n'ait pas été signalé!

Des Perles de semences ????


En 1701 on appelait ainsi les perles les plus menues

Louis Dieulafait qui a beaucoup écrit sur les pierres précieuses a traité des perles et il ecrivit: 

Une perle de premier choix doit, avant tout, posséder un bel orient. On entend par cette expression une blancheur épurée, jointe à un éclat vif qui étincelle à la lumière. Il existe encore des perles qui, avec la couleur blanche, montrent un léger reflet d'azur. Ce sont les plus estimées.

Il est vrai que c'est un critère tres important , mais l'Orient????

On parle d'Essence d'Orient, mais pour les perles fines ou les perles de culture, on parle de l'Orient de la perle, retour sur ce que j'ai écrit à ce propos:
Ci dessous qu'est-ce que l orient d'une Perle? Mon dessin explique  le mécanisme qui le déclenche .


 

La lumière frappe la 1 ère couche, et une petite partie est réfléchie de suite, 1/16ème
Une partie de la lumière traverse la couche suivante qui à cause du retard apporté la vitesse de pénétration de la lumière, se disperse en vibrations colorées.
Une autre partie de la lumière est réfléchie et retourne à la surface.

Une réflexion partielle des vibrations colorées sortant de la première couche va pénétrer la 2 eme couche, puis une partie la troisième etc., alors qu’en même temps une autre partie remonte vers la surface.
Ce cycle recommence continuellement en se compliquant au fur et à mesure que la lumière pénètre à l intérieur de la perle et qu’augmente le nombre de couches traversées par les rayons pénétrants et retraversées en sens inverse, par les rayons réfléchis vers la surface. Vous aurez donc des phénomènes de gerbes de lumières, provoqués par ces interférences, qui vous donnent cet aspect velouté des perles que l on appelle « l’ORIENT » des perles.
L’autre partie du velouté de cet Orient provient des phénomènes de diffraction et d interférences produits par la surface de la perle sur la lumière incidente.

Fixez une perle des yeux, et bougez la entre vos mains, vous verrez cette lumière spéciale qui auréole les perles.
Plus la perle sera restée dans l huître, plus elle aura de couches perlières et plus son « ORIENT » sera profond.

Ne pas confondre avec le Lustre qui reflète la qualité de la surface de la perle, c'est a dire:

Le lustre est l'élément le plus important dans la détermination de la valeur d'une perle. C'est aussi celui qui compte le plus dans sa beauté visuelle. Le lustre, c'est bien plus que le reflet brillant de la surface d'une perle. Il est rendu par la réflexion de la lumière s'immisçant au sein des différentes couches de nacres, sur la peau externe.




BROCHE/PENDENTIF PERLE ET ÉMAIL, "L'HARMONIE", FRANÇOIS DÉSIRÉ FROMENT-MAURICE, VERS 1847  revendu par Sotheby's qui note que ce bijou vient de la famille de Froment Meurice .
Figurant Sainte Cécile jouant de la viole dans un décor architectural d'inspiration Renaissance rehaussé d'émail, entourée de quatre putti, surmontée d'une perle supposée fine, dimensions 47 x 50 mm environ, partiellement signée Froment-Meurice, poinçon français d'import pour l'argent (800°/00), poids brut 35.94 g, une perle manquante, épingle en métal.

Parmi les grands trésors de l'Inde contemporaine, il faut citer ceux du Gaïkovar de Baroda,
estimés à 12 millions de dollars. Une ceinture composée de 100 rangs de perles, terminée par un gland de perles et d'émeraudes, sept rangs de perles superbes dont la valeur dépasse un demi-million de dollars, et surtout un tapis châle fait de perles enfilées. Ce tapis, long de
10 pieds-et demi et large de 6 pieds, devait, dit l”Histoire, recouvrir la tombe de Mahomet.
D”autres croient qu'il était destiné à une belle dame. Cet ornement, conservé maintenant
parmi les insignes royaux du Baroda, est, sans    doute, le plus précieux du Monde, il est estimé à plusieurs millions de dollars. (Leonard Rosenthal)




Extraordinaire collier , 1800 Inde
Or diamants Perles Revers émaillé rouge vert et blanc  Collier empruntant sa forme  au bouton de la fleur de Champaka couramment utilisé comme offrande dans les temples hindous.





C'est  une Pomme de senteur en filigrane de vermeil et perles, Chine, vers 1880
à décor de feuilles de vigne, les grappes de raisin en perles, avec anneau de suspension, se dévissant en deux compartiments avec longue vis pour tenir la cire parfumée, non poinçonnée

La première mention de pomme d'ambre, ou pomander, désigne une pépite d'ambre gris enchâssée dans une boule de senteurs. On lui prêtait des vertus curatives mais aussi aphrodisiaques. Le premier pomander( comme je l'ai expliqué plus haut) est cité en 1174 dans un texte décrivant le présent offert à l'Empereur Frédéric Barberousse par le roi Baudouin de Jérusalem
À partir du xive siècle, le terme de « pomander » désigne l'objet où prend place la boule odorante. Elle est constituée d'une petite cage sphérique s'ouvrant à l'équateur par une charnière et un ressort. Elle a un usage essentiellement prophylactique ou thérapeutique et est très utilisée pendant les épidémies de peste, les recettes du mélange de substances aromatiques étant adaptées en fonction du niveau de vie des utilisateurs. Elle sert également à parfumer le linge de corps qui n'est pas renouvelé régulièrement, même dans les milieux de la Cour.
Au temps de la Renaissance, les pomanders deviennent pièces d'orfèvrerie, ciselées en or, argent ou vermeil. Au tournant du XVI eme siècle, ils s'ornent d'incrustations de perles, émaux ou pierres précieuses, grenat, rubis, topaze, émeraude ou diamant. Munis d'un pied, ils s'ouvrent en quartiers sur de petits réceptacles pouvant réunir plusieurs parfums sous forme de pâte ou de poudre.
La fin du XVII eme siècle voit leur supposés pouvoirs ésotériques tournés en dérision. Ils ne sont plus portés que par coquetterie et leurs senteurs lourdes et entêtantes sont supposées servir l'art de la séduction.Ils passent de mode au milieu de XVIIIeme  siècle



Deux broches en perles, rubis, serti et diamant 
Chacun conçu comme un papillon, l'un serti d'un rubis en forme de coussin et d'un corps de perle de culture, les ailes ornées de diamants taille rose et d'émeraudes, poids brut d'environ 4 grammes , l'autre sertie d'un cabochon d'opale et d'une taille carrée corps émeraude, les ailes rehaussées de diamants taille rose, saphirs, perles et rubis, marque autrichienne .revendues par Sotheby's



Sotheby's a revendu ce très beau losange en or, figurant un dragon dans un entourage de rinceaux ajourés dans le style Troubadour surmontant une perle supposée fine rehaussée de taille diamants rose,  dimensions environ 37 x 33 mm, signée Wièse, poinçon français pour l'or 18K (750 ° / 00), poids brut 9,19 g, fin du 19e siècle



Dans les métiers de la bijouterie joaillerie, l imaginaire permet de réaliser de belles oeuvres par exemple,  cette coquille d'huître perlière montée en coupe, argent, vermeil et perle fine, par Emile Froment-Meurice, vers 1880 revendue par Sotheby's





En 1887 lors de cette minable vente ou la république brada la collection des joyaux de la Couronne,  cette épingle : Dauphin dit "le Dragon à la Perle" .Le corps est formé par la perle baroque. Début 17e siècle.  Ancienne collection des Diamants de la  couronne,émail sur ronde-bosse d'or,  perle baroque, elle fut attribuée au musée du Louvre  ou elle se trouve toujours.



En 1897 Collier souple serti de diamants 7 grosses perles poires en pendeloques,  la plus grosse fait 151 grains 



Il me semble que cette tiare de Chaumet est composée du collier précédent, collier dont on voit les deux fermoirs cliquets qui doivent permettre  de le monter en tiare en  séparant les deux parties. Cette tiare réalisée par Chaumet  à la demande du marquis de Keroüartz pour sa fiancée Louise d'Andigné. 



Ce bijou a été vendu par la maison Sotheby's, serti de pierres précieuses et broche- pendentif en diamant,  fabriqué par Zorra, vers 1900.
Le portrait en calcédoine sculpté d'une femme, encadré par ses cheveux et ses motifs feuillagés en or, rehaussé de grappes de diamants taille circulaire en forme de raisin, suspendant trois grappes de soufflure de perle , signé Zorra, marque de dosage français, raccord de broche détachable.
Signé ZORRA sur le devant. Raccord de broche estampillé des marques de dosage français pour l'or 18 carats. Portrait de calcédoine sculpté en excellent état. Trois grappes de soufflure de perle, une qui a été partiellement travaillée, une avec des traces de colle visibles sous un grossissement 10x à la base, quelques reflets rosés et verts visibles. Pendentif central et fixation de broche détachables. On estime que les diamants pèsent au total entre 1,50 et 2,00 carats, brillants et vifs. Signes d'usure normale de l'or, abrasions conformes à l'âge et à l'usage. En bonne condition. Poids brut environ 33 grammes.
Inspiré des traditions littéraires du XIXe siècle, le motif  "fille aux fleurs '' a été donné vie en joaillerie par des joailliers Art nouveau tels que Lalique, Vever, Aucoc, Beaudouin, Solié et Zorra. L'ivoire, la calcédoine, la coquille et le corail ont été sculptés pour le portrait central. Une petite collection d'œuvres de Louis Zorra est la propriété du Museum für Kunst und Gerwerbe de Hambourg, très probablement achetée aux Salons de Paris au tournant du siècle.
Je n ai pu entrer en communication avec ce Musée


Admirez cette perle gold, sur cet intéressant pendentif  en or 750/1000° et platine revendu par Philippine Dupré La Tour .



Pendentif "insecte" en or 18k et platine serti de diamants de taille ancienne et d'une importante perle fine de forme ovale de couleur dorée.
Pb: 5.5gr
Broche accompagnée d'un certificat LFG n°3156412 attestant perle fine, eau de mer.







Un pendentif art nouveau en nacre, émail et perle de semence de Lucien Gaillard. Il figure une branche de corail stylisée vers 1900 environ 8 cm 5 la monture est or or, poinçon français et signé L Gaillard.

En  Italie , la reine Marguerite  vers 1870 était l une des femmes les plus élégantes et était recouvertes de perles à chacune de ses sorties.
Son mari lui avait offert un collier de perles et ajoutait chaque année un rang supplémentaire. En  1888 elle possédait 14 rangs de perles blanches.




1900 Von Cranach:  broche "seiche et Papillon," or émail  avec une perle baroque diamants , rubis, amethyste, et topaze.

Vous savez tous, je pense, que souvent l'huitre réagit a un corps étranger, minéral ou animal , et quand une perle s'est formée c'est que le parasite ou le grain de sable s'est logé entre la coquille et la surface externe  du manteau, surface externe qui seule peu produire de la nacre.
Le manteau commence par encapuchonner l'animalcule, puis il l'enveloppe,  et l' enferme dans un petit sac fait de cellules productrices de nacre.
On l'appelle le sac perlier et ce sac pressé par la coquille, s 'enfonce dans les tissus sur lesquels s'étend le manteau.
Le sac s' enkyste et les cellules  continuent à fonctionner bien que le sac perlier soit obligé de se distendre au fur et à mesure que la perle grossit.




1900   Henri  Vever a réalisé   broche florale en or jaune émaillé en résille, sertie de diamants et ornée de deux chrysanthèmes dont les pétales sont faits de perles "dents de chiens" 

Pour reprendre mon explication, un autre facteur intervient: C'est la finesse des lamelles 
d 'aragonites encastrées dans les alvéoles de conchyoline.
Plus elles sont fines et plus grand est le nombre de couches que la lumière doit traverser , de couche en couche, quand une fois réfléchie elle regagne la surface.




1902 Fouquet réalise cet  ornement de corsage  en or représentant un serpent marin ailé, décoré d'émail, cloisonné à jour, émeraudes et perles baroques.




Pendentif Art Nouveau émail, diamant et perle signé Lalique.
Il figure quatre guèpes en émail noir, les ailes serties de diamants évoluant dans un bouquet de fleur d'aubepine en verre coloré et émail à jour, retenant une perle baroque en pampille vers 1899-1901 (revendu par Christie's)



1902-04  Lalique nous offre ce curieux collier, sur chaque motif, deux grillons en corne teinte une perle baroque entre les pattes avant et arrière  Musée Gulbenkian a Lisbonne.

Broche Fleurs d'iris tige feuillagée, art nouveau de Georges Fouquet , bijoutier, Paris, 1905/1906  Présentée à l'Exposition internationale de Milan en 1906
or, émail, émail translucide à jour maté à l'acide avec inclusion de paillons argent, perles de rivière, diamants taille rose Diam. cm : 4,8
Elle fait partie des collections du Musée des Arts décoratifs




Une histoire de perles du grand Joaillier Lacloche en 1908.

Il y a quelque temps, M. Lacloche, bijoutier, allait offrir à Nejib pacha, riche Ottoman descendu à l'hôtel Ritz, un collier de perles que celui-ci refusa.
Peu après, Nejib pacha changeait, à l'hôtel, d'appartement. Dans celui qu'il quittait le garçon de l'hôtel trouva une grappe de vingt et une perles, qu'il remit à la femme de chambre de Mme Nejib pacha, une demoiselle Girardot.
Cette dernière alla la proposer à un bijoutier de la rue de la Paix, qui eut des soupçons, s'informa, et finit par apprendre que ces perles appartenaient à M. Lacloche, qui rentra en leur possession. Quant à la demoiselle Girardot, elle partit pour l'Egypte.
Hier, elle a été condamnée par défaut, par la  dixième chambre, à deux ans de prison.

Et Nejib pacha a été déclaré civilement responsable. Or, M. Lacloche, s'étant aperçu que deux des perles étaient perforées, lui réclamait 18,000 francs de dommages-intérêts ; mais le tribunal n'a pas statué immédiatement à cet égard, il a chargé un expert d'évaluer le préjudice souffert par M. Lacloche.( extrait du journal "Le Radical")




Merveilleuse broche Art Nouveau, l'épingle est en forme de cigogne,  en or , émaux , et pierres précieuses avec cette perle naturelle.
Elle a été exposée et peut être vendue par la maison Finarte de Milan

Peut être pouvons nous citer diverses symboliques liées à la Perle ?

Née des eaux ou née de la lune, trouvée dans une coquille, la perle représente le principe Yin: elle est le symbole essentiel de la féminité créatrice. Le symbolisme sexuel du coquillage lui communique routes les forces qu'il implique; enfin la ressemblance entre la perle et le fœtus lui confère des propriétés génésiques et obstétricales; de ce triple symbolisme: Lune- Eaux-Femme, dériveur toutes les propriétés magiques de la' perle : médicinales, gynécologiques, funéraires . A titre  d'exemple, elle sert, en Inde, de panacée;
elle est bonne contre les hémorragies, la jaunisse, la folie, l'empoisonnement, les maladies des yeux, la phtisie, etc.
En Europe, elle était utilisée en médecine pour traiter la mélancolie, l'épilepsie, la démence...
En Orient, ses propriétés aphrodisiaques, fécondantes et talismaniques priment sur les autres. Déposée dans un tombeau, elle régénère le mort en l'insérant dans un rythme cosmique, par excellence cyclique, présupposant, à  l'image des phases de la lune, naissance, vie, mort, renaissance.
La thérapeutique hindoue moderne, utilise la poudre de perles pour ses propriétés
revigorantes et aphrodisiaques.
Chez les Grecs, elle était l'emblème de l'amour et du mariage.
En certaines provinces de l'Inde, on emplit de perles la bouche du mort; la coutume se retrouve à Bornéo. 
En Floride, les tombeaux des Rois étaient ornés de perles. Les soldats de Soto découvrirent, dans un des grands temples, des cercueils de bois ou gisaient, embaumés, des morts; près d'eux étaient de petits paniers remplis de perles. Des coutumes analogues ont été signalées, notamment en Virginie et au Mexique.




1911 C'est une commande passée à Cartier,  platine , diamants ronds taille ancienne et roses six perles fines poires de belles taille

Suite de la symbolique des Perles
En Chine, la médecine utilisait uniquement la perle vierge, non perforée, qui passait pour guérir toutes les maladies d'yeux.
La médecine arabe reconnait à la perle des vertus identiques.
Avec les Chrétiens et les Gnostiques, le symbolisme de la perle s'enrichit et se com-
plique, sans toutefois jamais dévier de sa première orientation.
Saint Ephrem utilise ce mythe ancien pour illustrer aussi bien l'Immaculée Conception que la naissance spirituelle du Christ dans le baptême du feu. Origène
reprend l'identification du Christ à la perle.  Il est suivi par de nombreux auteurs.
Dans les Actes de Thomas, célèbre écrit gnostique, la quête de la perle symbolise le drame spirituel de la chute de l'homme et  de son salut. Elle finit par signifier le mystère du transcendant rendu sensible, la manifestation du Dieu dans le Cosmos

Le musulman se représente l'élu au Paradis comme enfermé dans une perle en compagnie de sa houri. La perle est l attribut de l'angélique perfection, d'une perfection par une transmutation.
Il faut entendre par cette perle qu'on peut acquérir en vendant tout son bien, enseigne
Diadoque de Photicé, la lumière intellectuelle dans le cœur, la vision béatifique.
Nous rejoignons ici la notion de perle cachée dans sa coquille: comme celle de la
vérité, de la connaissance, son acquisition nécessite un effort. Pour Shabestarî, la
perle est la science du cœur: lorsque le gnostique a trouvé la perle, la tâche de sa vie est accomplie. Le Prince d'Orient des Actes de Thomas cherche la perle comme Perceval le Graal
 Dans la Chine ancienne, on observe une mutation des perles et des animaux aquatiques parallèle aux phases de la lune. La perle védique, fille de Sôma, prolonge la vie. Elle est, en Chine aussi, symbole d'immortalité. Le vêtement orné de perles, ou les perles introduites dans les ouvertures du cadavre empêchent sa décomposition. Il en va de même avec le
Symbole d'un ordre analogue: celui des perles enfilées sur un fil. C'est le rosaire, le Sûtrâtmã, la chaîne des mondes pénétrés et reliés par Atmâ, l'Esprit universel. 
Ainsi, le collier de perles symbolise l'unité cosmique du multiple, l'intégration des éléments  dissociés d'un être dans l'unité de la personne, la mise en relation spirituelle de deux ou de plusieurs êtres; mais le collier brisé, c”est l'image de la personne désintégrée, de l'univers bouleversé  de l'unité rompue.



1911 une publicité de Cartier, à cette époque la perle, c'était surtout  les colliers et il en était de magnifiques. C'est Georges Barbier  qui dans une symétrie parfaite illustre pour Cartier une femme parée de colliers de perles. 



Une Panthere noire est couchée a ses pieds et à cette date et même  en 1925/30 jeanne Toussaint n'est pas là, alors?????


Suite de la Symbolique des perles
La perle a une valeur symbolique particulièrement riche en Iran, tant au point de vue de la sociologie que de l'histoire des religions. D'après une légende reprise par Saadi (poète persan du XIII eme siècle) dans le Bustân. La perle est considérée comme une goutte de pluie tombée du ciel dans une coquille qui vient à la surface de la mer et s'entrouvre pour la recevoir. C'est cette goutte d'eau, semence céleste, qui devient  perle.
Cette légende tire son origine du folklore persan et constitue un thème fréquent dans
la littérature. On cite d'ailleurs un hadîth du Prophète: 
"Dieu a des serviteurs comparables à la pluie; lorsqu'elle tombe sur la terre ferme, elle donne naissance au blé, lorsqu'elle tombe sur la mer, elle fait naître les perles."

Chez les Kurdes; on  emploie l' expression "percer la perle de la virginité" pour indiquer la consommation du mariage.
Dans la littérature persane, on désigne par perle une pensée raffinée, tant à cause de sa beauté que du fait qu'elle est le produit du génie créateur de l'auteur. On dit par exemple, une pensée subtile plus fine qu 'une perle rare.  Donc en Perse  "Enfiler des perles", c'est composer des vers. 
Alors qu en France Rabelais en a fait quelque chose de péjoratif.


1913 dans la revue Les Modes:

Le magnifique cadeau par excellence c'est naturellement le fil de perles, que ce soit le rang au cou qui se porte du reste beaucoup plus long cette année, le sautoir tombant en cascade, ou la fine chaîne destinée à soutenir le face à

main ou quelque précieuse breloque, — et toutes les histoires de perles truquées, maquillées, falsifiées, ne prévaudront jamais contre leur séduction irrésistible; on a imaginé aussi un nouveau genre de collier : un fil d'or, droit, sur lequel sont enfilées à espace régulier sept ou neuf perles et, tombant devant, deux autres fils d'or où sont suspendues des perles ; on fait aussi alterner perles et diamants, et cette monture si différente de la souplesse des rangs de perles habituels a un imprévu nouveau et plaisant.




En 1916 ou 1917 Un très beau collier de deux rangs de Perles fut échangé contre cet immeuble sur la 5 eme avenue a New York. 

Maisie Plant, une jolie jeune femme, épouse riche de Morton Plant, un homme d'affaires américain Elle a un coup de foudre pour128 perles fines et graduées vues chez Cartier De fait, la maison Cartier a mis plusieurs années à en réunir les plus somptueuses avant de réaliser ce collier spectaculaire. «Mae », comme on la surnomme le veut. Sa valeur : 1 million de dollars. Soit le prix de l'hôtel particulier sur la 5e Avenue dont est propriétaire son mari. L'adresse est prestigieuse, autant que la rue de la Paix à Paris. Et l'échange se fait, Cartier s' y trouve toujours. 



Ce qui ce vendait le plus, c' étaient des colliers classiques de 1-2-et plus de rangs de perles, ce qui ne veut pas dire qu il n'y avait pas de compositions , comme cette belle épingle au goût Indien, en perles fines corail et diamants la partie de l'épingle descendait sous le tissus porteur et le fermoir se trouvait en surface du tissus: 1922.

En revanche lisez cette belle escroquerie qui arriva à la maison Cartier: 




1923 broche  Cartier Platine diamants ronds taille ancienne et roses rondelles de diamants, une perle de conque 111 grains 28. Il y a une vingtaine d 'année, la maison Grospiron avait dû  tailler de semblables rondelles de diamants et j avais pu leur acheter quelques rondelles en trop, à intercaler dans différents motifs. Il faut les enfiler et passer en plus un petit fil d'acier, par précaution , car ces rondelles sont de véritables rasoirs.

Dans le journal " le Gaulois" de 1924 :
Les histoires de perles volées ne se dénombrent plus et deviennent banales. 
Celle que conte une dépêche de Graz semble cependant assez piquante.Un certain baron Arthur Konrad de Konradsheim avait donné une réception à laquelle s'étaient rendus des invités de marque, et parmi ceux-ci le comte et la comtesse Berberstein-Prosgram. La comtesse portait un fort beau collier de perles, dont le fil se rompit au. cours de la soirée. Naturellement, toutes les personnes qui se trouvaient auprès d'elle l'aidèrent il ramasser les perles, qui furent mises dans une petite boîte. Or, le lendemain matin, la comtesse prévint la police que le nombre des perles recueillies était sensiblement inférieur au nombre des perles du collier. La police se mit en campagne. Elle apprit bientôt qu'un joaillier avait, de bonne foi, acheté les perles à une dame qui lui avait paru fort distinguée. On put établir que cette vendeuse était. la baronne de Konradsheim. Elle vient de faire de complets aveus (écrit ainsi dans le texte , orthographe actuelle "Aveux").


Mais en 1931 qu'écrivait  la presse, par exemple "le Progrès de Bel Abbes "  
Le bonheur pour beaucoup est la simplicité et la vie tranquille ; pour d'autres c'est le luxe avec de beaux meubles et des bijoux, des pierres précieuses, des diamants et des perles.

Pourtant les perles donnent bien des déconvenues à ceux qui les possèdent ; les plus belles, les plus chères sont sujettes à caution car il paraît certain que même aux mieux exercés, il est à peu près impossible de reconnaître une perle naturelle d'une perle de culture. Au fait, cette dernière est naturelle elle aussi, sauf que la sécrétion qui devient une perle, au lieu découler d'elle-même, est provoquée par une petite incision qui devient une blessure autour de laquelle la perle se forme. Mais toutes les deux ont la même composition, le même poids, la même forme et le même orient. Comment les reconnaître l'une de l'autre ? Un récent jugement du tribunal civil de la Seine, après de minutieuses expertises, déclare que c'est tout à fait impossible. Cependant, les juges ont décidé que les joailliers devaient déclarer dans leurs tractations s'il s'agit de perles de culture ou de perles naturelles. La question a une très grande importance au point de vue commercial. Ce qui fail le prix des perles, c'est qu'elle sont fort rares au naturel. Mais depuis qu'à l'aide d'une simple ponction on en peut produire tant qu'on veut, la valeur diminue considérablement.

Ces temps derniers, les perles de culture — qu'on persiste à considérer comme fausses — font" l'objet de tractations considérables. Un syndicat de bijoutiers s'est formé ; on importe du Japon où se pratique la culture en grandes quantités de perles el l'on vend couramment deux mille francs des colliers qui coûteraient trente et quarante mille francs en perles naturelles.

Il s'est passé au cours d'une de ces expertises dont je parlais tout à l'heure un fait bien typique. Un importateur avait formé un collier composé de perles vraies et de perles fausses entremêlées. Il fut impossible aux experts de dire quelles étaient celles qui étaient d'importation et les autres. . Après cela, en pareille matière, tout est de convention el, comme on dit vulgairement, il n'y. a que la foi qui sauve.




Cela date de 1937  et le créateur est Verdura
Boutons de manchettes et de chemises de Verdura  des perles baroques noires , or et diamant réalisée pour le baron de Gunzburg qui était un ami de verdura.
Pour ne pas les percer, ni souder, Verdura a employé un procédé très simple, il passe entre les fils, les perles, puis d un tour de pince les fait tenir.






Et puis , avant 1940 je pense,  cette paire de pendants d'oreilles en or gris 18k (750) de Suzanne Belperron composés d'une chute de demi-sphères en cristal de roche dépoli soulignées d'un filet en platine serti de diamants et retenant en pampille une perle fine en goutte.



Revendue par Philippine Dupré La Tour de la maison Aguttes, qui bénéficie de l'expertise d'Olivier Baroin

Des perles noires??? Oui car la couleur des perles, est semblable a celle de la nacre du mollusque secréteur. Elle peuvent donc etre blanche, blanc rosé pour les perles d'Orient,  tirant sur le jaune,  voire doré (perles pipi de Tahiti et même gris, plus ou moins foncé (gris perle des perles noires du Mexique ou de Tahiti)
La couleur d une perle résulte  de la présence dans l'eau de mer de traces d'éléments chromogènes concentrés par le mollusque secréteur, selon son espèce et son alimentation.
Lorsqu'une perle ne présente pas une belle couleur, elle peut être teintée en noir avec des teintures à base de sels d'argent. La perle est baignée plusieurs mois dans une solution dont la formule est propre a chaque atelier , puis exposée à la lumière qui va revèler l'argent métal, comme en photographie quand on veut passer du négatif au positif.

Lorsqu'un perlier trouve une tache noire sur une perle, il suppose que sous cette couche de surface se trouve une autre, sans tache propre et d un bel orient . Il va peler la perle,  c'est à dire enlever une ou plusieurs couches perlière.
On fait la même chose, lorsqu'une perle devenue au porter un peu "tonneau"  elle sera rendue ronde par grattage, plus petite, mais plus commercialisable.

Mr Faerber de Geneve a bien voulu me transmettre un texte de Madame Claudie Plé, ancienne propriétaire de la Maison Gourdji et je l en remercie.
A propos du pelage des perles 

C’est à la fois très simple en théorie et bien plus difficile en pratique.
Il faut des limes de différents grains et des papiers plus ou moins abrasifs à utiliser les unes
comme les autres dans un ordre très précis et qui dépend à chaque fois de la matière que
l’on doit travailler. Voilà pour la théorie.
Pour la pratique, comme dans tout métier « manuel », c’est l’expérience qui compte. Mais
pas seulement. Savoir tenir son outil et faire le geste juste ne suffit pas. Avant tout Il faut
connaître la matière que l’on doit travailler. C’est le B A BA du lapidaire en perle. Sans cette
connaissance rien n’est possible. L’approche doit être sensible, toutes les perles n’ont pas
besoin du même traitement. Il faut savoir toucher pour établir le diagnostic, observer la
matière, de loin et de près, la faire rouler entre ses paumes pour pouvoir avoir ensuite les
gestes justes. Les couches perlières sont de l’ordre d’un micron et tout retour en arrière est
impossible. Après ces observations indispensables, on doit être en mesure de visualiser la
perle telle qu’elle sera après avoir été restaurée. On ne se lance jamais dans l’inconnu parce
qu’on ne peut pas toujours résoudre tous les problèmes ; il ne suffit donc pas d’avoir le
geste juste, d’autant que souvent la valeur de ces perles fines est très importante.
Vient ensuite le choix des limes qui sera fait en fonction du travail à effectuer. Il y a bien sûr
une différence entre peler et polir. Et même si la courbure du geste, très spécifique, est la
même le résultat sera différent selon l’intensité de l’appui qu’on lui donne et le choix de
l’outil que l’on utilisera. C’est l’artisan qui décide en fonction de ses précédentes
observations de la matière perlière qu’il a entre les mains. Il faut beaucoup de patience, de
minutie et d’heures pour accomplir ce travail qui doit être aussi parfait à l’œil nu qu’à la
loupe. Mais la patience porte ses fruits parce que, le plus souvent, le résultat dépasse les
espérances.



Broche (Lune et Soleil à figure humaine)
Jean Lurçat , en est le dessinateur,  Gilbert Albert , l'orfèvre, 1960/1966, Patek Philippe (maison) , réalisation, En 1960, la maison d'horlogerie Philippe Patek commande à Jean Lurçat plusieurs modèles de bijou. or, perles H cm : 10 - l. cm : 5,5



Cette coupe n'est pas d'époque Renaissance, mais contemporaine, je l ai découverte grâce à Sotheby's 
Une tasse en jaspe italien avec montures en or, décorée de branches et de feuilles, de perles et de pierres, attribuée à Ghelli, Milan.
reposant sur un piédestal haut, les branches d'or s'insèrent avec des nacres et des pierres de couleur en jaspe montée en or, décor de ramages et feuilles, ornée de perles et pierres 
la coupe de forme chantournée reposant sur un haut piédouche, les ramages en or sertis de perles et pierres dont rubis et émeraudes Haut. 16,5 cm; 6½ pouces




Du corail Violet associé a des perles.
Demi-parure corail et pierres précieuses par Gilbert Albert le joaillier Suisse
Comprend: un collier serti de corail violet, une opale, des saphirs cabochons et des émeraudes, des perles de culture de formes variées et des diamants taille brillant, d'une longueur d'environ 390 mm , et une paire de boucles d'oreilles, poteaux et raccords à charnière; chaque pièce signée Gilbert Albert, poinçons de maître, étui estampillé Gilbert Albert. 




Pour célébrer toutes les perles naturelles de couleur,  ce collier de 1980,  Perles roses des Caraïbes, mêlées de spinelles.  611 carats de perles, je ne suis pas sûr de la date, mais elles sont dans la collection de P. Lançon à Genève.



Calcaire et organique, la perle est  sensible aux agents atmosphériques elle " vit ", dans toute l'acception du terme.
Par grande chaleur, elle peut se dessécher et se craqueler c'est le sort des colliers qui demeurent enfermés au fond d`un coffre de banque (la perle embellit celle  qui la porte, qui elle-même la valorise en l'hydratant) Ce qui altère calcaire et matières organiques altère aussi la perle, et  notamment les acides gras, les parfums, la transpiration, etc. 
Elle «meurt›› sa couleur verdit, son orient ternit et il n'est guère possible de réparer les dégâts.
Certaines personnes ne peuvent porter des perles que sur un vêtement. 
Un collier de perles, qu'elles soient fines ou de culture, ne se place que lorsqu'on a vaporisé la dernière touche de parfum.
Un collier de perles doit être régulièrement lavé dans l'eau savonneuse et séché sans frottement (pour éviter les rayures) 
ll est préférable de le réenfiler tous les six mois, les fils de soie ou de coton conduisant jusqu' au coeur de la perle, par capillarité, les acides gras et les vapeurs urbaines qui pénètrent dans les couches perlières sectionnées par le trou de la perle.

Un incident survenu vers 1925 est resté célèbre dans les milieux perliers lors d'une soirée, le collier de perles (heureusement monté à noeuds) d'une invitée se cassa et la perle centrale tomba,  le petit chien de la maitresse de maison  bondit sur la perle et l'avala,  soumis à des 
purgatifs puissants, il rejeta une perle plus petite car déjà en partie dissoute dans son estomac mais la perle avait doublé de valeur, car son orient et sa couleur étaient devenus beaucoup plus agréables.
Certaines rumeurs laissent entendre que les Sri Lankais font avaler les perles ternies par des poulets un séjour d'une minute dans leur estomac suffirait pour leur  redonner un magnifique orient.
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J aurais pu écrire plus de données, mais je crois que mon chapitre est déjà long.

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