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mardi 22 septembre 2026

Louis Rigollet (1884-1957) : Le génie mécanique de l'ombre derrière les chefs-d'œuvre de la place Vendôme

L’histoire de la haute joaillerie française souffre trop souvent d’une amnésie sélective, savamment entretenue par le marketing contemporain des grandes maisons. Le récit officiel préfère prôner le génie exclusif des directeurs artistiques et des vitrines de la place Vendôme, oubliant que sans le génie mécanique des fabricants, aucun dessin, aucune innovation n'aurait pu voir le jour.
À ce titre, je regrette de ne pouvoir trouver les modèles fabriqués par Rigollet pour les grandes maisons.

 


Louis Rigollet est l'exemple le plus emblématique de ces "mains"  restées dans l'ombre. Longtemps confondu dans les catalogues de ventes avec un simple acronyme ou un jargon technique d'animation en raison du mystérieux système d'articulation « RIG » qui lui était attribué, cet homme était en réalité un ingénieur du bijou hors norme. Le dépouillement minutieux de la collection des annuaires professionnels L'Azur, des registres de la Garantie, des documents généalogiques et des bases de données internationales des brevets d'invention tel espace.net permet enfin de reconstituer la trajectoire de son atelier de la rue Saint-Sauveur.

Les origines, l'atavisme familial et l'indépendance (1884-1927)

Pour comprendre le génie de Louis Rigollet, il faut s'éloigner des salons feutrés et du marbre de la place Vendôme, et plonger dans la réalité laborieuse des ateliers. Louis Rigollet n'est pas devenu joaillier par hasard ; il est l'héritier direct d'une véritable dynastie vouée au façonnage de la matière et des structures.

 

Les racines de la famille plongent dans le sol de la Touraine. Son grand-père, Louis Rigollet, marié à Eugénie Cormier, y exerce le rude métier de tailleur de pierres. Dans la région de Tours, cette profession s'articule traditionnellement autour du tuffeau et de la pierre monumentale, (carriere de Veretz par ex) exigeant un sens aigu des volumes, de la géométrie et de l'assemblage architectural. Cet esprit de construction glisse naturellement vers la finesse des métaux précieux à la génération suivante : son père, Louis Martin Rigollet (né en 1860) et marié à Laure Eugénie Chinon, fait évoluer le savoir-faire familial en s'établissant comme bijoutier à Tours. 


C’est devant cette échoppe provinciale, au milieu des marteaux, creusets et des chalumeaux, que le jeune Louis Camille Georges Rigollet naît le 11 août 1884.


Pour être honnête, c'est cette photographie ancienne qui m'a été confiée, et je lui ai mis un coup de jeune.


D'après son dossier militaire, il mesurait 1 mètre 66, il avait les cheveux noirs, les yeux bruns, le visage ovale.
Il s'était engagé "volontaire" pour 3 ans le 28/10/1903, il était soldat de 2ᵉ classe et eut son certificat de bonne conduite.
Le 27/02/1905, il est à Londres, Eastbourne, pour un an.
En 1906, j'habite à Tours, 17 rue du Change, en 1907/02/17, 9 rue Saint-Romain à Paris. 
En 1909/08/14, il habite 7 rue Rousselet, Paris . 
1919, il loge route de Carrières à Versailles et ce n'est que le 2 mars 1927 qu'il est enfin rue Saint-Sauveur à Paris.

Bercé par cet atavisme, le jeune homme parfait son apprentissage et s'ancre très tôt dans sa vie d'adulte en épousant, en 1906, "il a 22 ans", Cécile Couturier (1883-1942). C’est fort de ce bagage familial et de cette stabilité personnelle qu'il monte à Paris. En 1915, au plus fort de la Première Guerre mondiale, la vie du couple s'ancre définitivement dans le 2ᵉ arrondissement de la capitale avec la naissance de leur fille unique, Hilda Cécile Rigollet (1915-1996).

Il devint ouvrier, puis chef d'atelier, puis Louis Rigollet décida de voler de ses propres ailes. Le 23 mai 1924, il franchit l'étape la plus symbolique pour un bon artisan : l'insculpation de son poinçon de maître personnel (numéro de garantie 4127). 


Nom
Rigollet
Prénom : Louis. Initiales . Localisation : 4 bis rue Saint-Sauveur.
Profession : Fabricant bijoutier joailler
Lieu d'activités 4bis rue Saint-Sauveur, Paris (75)
Symbole (pour les orfèvres) une flèche.
Date d'insculpation (pour les orfèvres) : 23/05/1924.
Numéro du registre de la garantie (pour les orfèvres) : 4127.
Numéro du registre de la préfecture (pour les orfèvres) : 17373


Son poinçon, porte ses initiales « L » et « R » séparées par une flèche verticale. Le succès technique et commercial l'amène, le 21 septembre 1927, à fonder la S.A.R.L. « Établissements Louis RIGOLLET » au capital de 350 000 francs, installant son atelier au 4 bis, rue Saint-Sauveur, dans le quartier de Bonne Nouvelle (Paris 2ᵉ).


Dès 1924, Louis dépose un brevet pour un dispositif protecteur de la pointe des broches utilisées dans les articles de joaillerie et de bijouterie.



1927 les établissements Rigollet




BOUCHERON Paris: Face à main en platine (950 ‰), les lorgnons de forme carrée à pans coupés, le manche ciselé serti de diamants taillés en rose. Signé et numéroté. Poinçon d’orfèvre Louis Rigollet. Vers 1925. Poids brut : 24,1 g… Revendu par la maison Pestel de Bord, une loupe platine et diamants était jointe. 


Modèle de face à main revendu par la maison Aguttes. Il était pliable, verre dépoli, émeraude, diamants, platine, or gris signé Lacloche, mais fabrication Rigollet. Il s'en fit tout en diamants.

Louis Rigollet semble raffoler des faces-à-main. Un précieux modèle pavé de diamants exécuté pour Lacloche Frères s’en fait le témoin. Un chroniqueur du Grand Négoce confirme : « M. Rigollet a raison de croire aux gestes effrontés du face-à-main : il est très féminin. » L’année suivante, en 1928, le même rédacteur remarque chez Louis Rigollet une parure en brillants et platine poli aux arêtes vives pour laquelle l’artisan joaillier a inventé un système d’articulation qu’il a baptisé « RIG». Le poinçon qui se lit sur le spectaculaire bracelet manchette dans l'introduction semble être  le sien. Tiré du livre de Laurence Mouillefarine sur Lacloche





Lunettes d’approche ou de théâtre réalisées pour BOUCHERON en 1925 par Rigollet. Calibrés rubis, émeraudes, deux rangées de diamants taille rose, 1 ct 80 de diamants montés sur platine, signée Boucheron. La lunette se replie en deux pour se ranger dans la partie fourreau en onyx.


Le véritable système d’articulation « RIG » (1924-1928)

L'année 1925 voit la consécration internationale de son premier coup de génie mécanique, déposé en France le 8 mai 1924 (puis décliné sous les brevets GB233717A et US1777679A) en collaboration avec S. Zoppini. Mais c'est en 1928 que le nom de cette invention entre officiellement dans l'histoire de la joaillerie, au croisement de nos propres travaux de recherche indépendants.


Dépôt de son brevet en Allemagne en 1925 mais reconnu en 1928

Dès début 2016, j'avais sur ce blog réalisé le tout premier travail d'archive déconstruisant le storytelling de la maison Lacloche Frères. Francis Lacloche, alors au ministère de la Culture, me confirma certains faits de la vie de son père. Ces recherches pionnières, qui ont inspiré et nourri les publications ultérieures (notamment l'ouvrage de Laurence Mouillefarine sorti en 2019 chez un grand éditeur), trouvent aujourd'hui leur prolongement technique. Interrogé par mes soins, Francis Lacloche m'a transmis une chronique d'époque exhumée dans ledit ouvrage, où un rédacteur de 1928 remarque chez Louis Rigollet une parure révolutionnaire en brillants et platine poli aux arêtes vives. Le journaliste note alors avec admiration que pour cette création, « l’artisan joaillier a inventé un système d’articulation, qu’il a baptisé RIG ».
 


Cette mention historique concorde de manière spectaculaire avec mes propres découvertes: c’est précisément en septembre 1928 (dans le numéro 31 de la revue allemande Deutsche Goldschmiede-Zeitung, issue de la collection de la bibliothèque Johann Hasse) que l'Office allemand des brevets publie l'extension internationale de son invention (DE465150C) sous la désignation de Gelenkverbindung (connexion articulée).

 

Le problème technique résolu par Rigollet était majeur : lorsque les bracelets en platine de l'Art Déco s'enroulaient autour du poignet, les maillons rigides s'écartaient, laissant apparaître des espaces vides inesthétiques qui rompaient le pavage de pierres. L'invention de Rigollet déplace l'axe de rotation au ras de la face supérieure décorative du bijou. Le résultat est une articulation invisible où les maillons coulissent les uns sous les autres sans jamais laisser voir le moindre espace vide. 
Adopté immédiatement par les grands donneurs d'ordres comme Lacloche Frères, pour qui Rigollet façonne également de somptueux faces-à-main pavés de diamants, ce mécanisme d'une souplesse de tissu prend ainsi officiellement le nom de sa griffe commerciale : le système d'articulation RIG. Il l'a déposé plus tôt en France mais n'a été admis qu'en 1930 aux USA

1927: Louis Rigollet est membre actif de la Chambre syndicale de la bijouterie, de la joaillerie et des industries qui s'y rattachent, qui s'inquiète de l importation des perles de culture japonaises.

En sa séance du 20 mars dernier, à laquelle assistaient: MM. Fouquet-Lapar, Saglier, Hardellet, Giard (au Bureau) et MM. Arvisenet.
Hagneaux, Mellerio, Aucoc, Auricoste, Blanchet, Brézina, Carette, Chapus, Coussin, Delâtre, Delettrez, Desmarès,Duval, Garnier, Landier, Lenfant, Loiseau, Maes, Marnotte, Nicolle, Rigollet, Thibouville,Verger, Weissmann, et après avoir adopté le procès-verbal de la précédente séance, lecture fut faite d'une lettre adressée par M. Fouquet-Lapar à M. le directeur général des Douanes, faisant suite aux différentes décisions concernant les régimes de la soumission cautionnée et de la consignation pour l'importation temporaire des pierres gemmes taillées et des perles fines. 
Il fut donné connaissance ensuite de la lettre adressée au président de la Chambre syndicale par M. le ministre du Commerce et que nous publions ci-dessous dans son intégralité :
Monsieur le Président,
Dans les importants arrêts qu'elle a rendus le 28 juillet 1927, la Cour d'appel de Paris, se prononçant sur les procès qui lui étaient soumis à l'occasion de l'importation et de la vente en France de perles de culture, a décidé que ces perles ne sauraient être vendues pour des perles naturelles.  




 Ce superbe clip a été revendu par la maison Aguttes. Paris.
Onyx et pavage de diamants ronds taille ancienne Or 18 k (750) Poinçon de maître Louis Rigollet, 
Écrin en forme Dim. : 4 x 3 cm env. – Pb. : 15.1 g


Pour une fois l'écrin est important, la maison Aguttes avait noté sur son catalogue "Poinçon de maître Louis Rigollet années 1920", C'est bon!  Mais il y a, en lettres d'or sur l'écrin, "Ets" pour "Établissements", donc nous pouvons préciser que c'est à partir de 1927.

Dans les années 1930, les Établissements Louis Rigollet s'affirment comme « Fabricant Joaillier Décorateur » dans l'annuaire L'Azur. L'atelier ne se contente plus d'exécuter, il conçoit la nouveauté en Belle Joaillerie. C'est cette réputation de prototypiste de génie qui pousse la maison Van Cleef & Arpels à lui confier la réalisation de ses projets les plus complexes.

Brevet pour une : agrafe à élément digitiforme servant à retenir sur un vêtement, une coiffure ou autre, un insigne, une montre ou tous les motifs décoratifs.


Bracelet rubis et diamants 
Composé d'une série de motifs géométriques, orné de rubis taille carrée, sertis de diamants taille ancienne, 8/8 et carrée, longueur 170 mm, poinçons français pour le platine (850°/00), poinçon de maître, poids brut 73,24 g, vers 1930. 




Diamants ronds, anciens, taille simple et baguette, platine (marks français), années 1930, pendentif amovible, marque de fabricant (Louis Rigollet)
Diamants : pour un poids total approximatif de 30,00 à 33,00 carats.
Taille/Dimensions : pendentif de 9,7 cm de haut ; chaîne de cou d’une longueur réglable d’environ 60,0 cm. Poids brut : 81,0 grammes (lot Art)



Bague marguerite en platine 850 millièmes présentant un diamant taille brillant moderne d'environ 1 ct dans un entourage de dix diamants taille carré. Numérotée 553. M. O. : Louis RIGOLLET. Dim. du diamant principal : 6,5 - 6,6 x 3,8 mm Poids total estimé des diamants : 1,80 ct Doigt : 54,5 - Poids brut : 6,3 g... revendu par la maison Le Floch



Ce bracelet de perles de rocaille et de corail à dix rangs signé Louis Rigollet est doté d'un fermoir tube de style plongeur 18 carats rarement vu, avec la marque de Louis Rigollet, 
Ce bracelet mesure 6,5 cm de long et comprend dix (10) rangs de rocailles et de coraux, un classique des bijoux de cette époque. Les perles ont un bel éclat, bien assorties et de forme baroque, présentées dans un ensemble unifié et uniforme. Lorsque le bracelet est porté avec une légère torsion, l'effet est comme une corde, une sensation agréable contre le poignet.
Le fermoir très intelligent est facile à mettre et à enlever tout en étant très sûr sur le poignet. Sur le côté du fermoir se trouve un petit bouton qui permet de fixer et de libérer le fermoir.
Le fermoir porte un poinçon de l'aigle français et la marque de la flèche LR (déposée au nom de Louis Rigollet) et est en très bon état général. Parfait pour ajouter une touche de raffinement à la française à votre look, ce bracelet est un incontournable pour celles qui apprécient les bijoux intemporels et exquis.
 


Le 22 février 1937, Louis Rigollet dépose un brevet capital (GB491074A) intitulé « Une méthode améliorée pour sertir les pierres précieuses ». Si Van Cleef & Arpels a breveté le principe général du Serti Mystérieux en 1933, la technique originale consistant à glisser des pierres rainurées sur des rails métalliques en T, reste artisanale, fragile et complexe à ajuster.

 91 074. Bijouterie. RIGOLLET , L. 22 févr. 1937, n° 5273. [Classe 43] Un dispositif de sertissage de pierres précieuses ou de bijoux comprend une coupelle munie d’une languette rigide sur une face et d’une languette souple sur l’autre. La languette rigide s’engage dans un logement de la pierre, tandis que la languette souple s’insère dans un autre logement de la pierre. Comme illustré, le dispositif comprend une coupelle métallique 2 munie, sur l’un de ses bords supérieurs, d’une languette ou saillie 3 destinée à s’engager dans un logement ou une encoche 4 de la pierre 1. À la périphérie opposée à la languette 3, un interstice est ménagé dans la coupelle. Cet interstice est comblé par une fine bande métallique 51 dont la partie inférieure 5, jusqu’aux trous 7, est soudée aux bords de l’interstice. La partie supérieure de la bande, formant une languette souple 6, est munie d’un ergot 8 destiné à s’insérer dans un logement ou une encoche 9 de la pierre. La coupelle peut être brasée ou soudée au support de la pierre, ou bien être munie à sa base d'un col, d'une bride, d'un collier ou de griffes conçus pour passer dans un trou du support et être fixés par rivetage ou brasage. Voir le brevet n° 454 821.

Rigollet apporte une réponse mécanique révolutionnaire : le sertissage individuel à encliquetage (dit snap-fit). Il conçoit une petite coupelle métallique invisible dotée d'un côté d'une languette rigide fixe, et de l'autre d'une fine bande de métal flexible munie d'un ergot. Lors de l'assemblage, la pierre rainurée vient se clipser instantanément et définitivement dans la coupelle souple. Ce système élimine le risque de casse des gemmes, assure un maintien parfait et supprime toute griffe visible sur le dessus du bijou. Cette innovation est le chaînon manquant qui a fiabilisé et pérennisé les plus grandes pièces de collection en serti invisible de la place Vendôme, à commencer par ses fameux clips de corsage.

 

 Photo du clip Ballerine de Van Cleef & Arpels en or et rubis et diamants fabriquée par Rigollet

L’alliance de guerre, la puissance financière et la retraite (1941-1957)


L'histoire officielle a longtemps situé l'évolution d'après-guerre de l'atelier aux alentours de 1950. Les registres officiels de la Garantie rectifient cette chronologie. C'est en pleine période d'Occupation, le vendredi 2 mai 1941 (registre 1505/préfecture 21110), que naît la raison sociale « Rigollet et Ulmer » et son poinçon de maître associé, le trigramme « LRU ».


L'ancien et le nouveau poinçon 

L'associé n'est autre que la maison « ULMER & C¹ᵉ », installée au 10, rue Vivienne, grand spécialiste de la bijouterie mécanique pour hommes (boutons de manchettes et chaînes d'or). Cette fusion entre le joaillier d'élite (Rigollet) et le chaîniste de précision (Ulmer) permet à l'atelier du 4 bis, rue Saint-Sauveur de devenir une puissance industrielle majeure après la Libération.

 
                                           

Le bracelet "BRAID" avait été créé en 1947, et en 1954 est sortie cette montre-bracelet  pour Van Cleef et Arpels.
L'étude Rossini a revendu cette montre accompagnée d'une bague.

VAN CLEEF & ARPELS (Commande spéciale) Ensemble comprenant une montre-bracelet de dame en or jaune 18K (750) articulée et un anneau tressé en or jaune 18K (750) assorti. - la bague : signée Van Cleef & Arpels et numérotée. Poinçon tête d'aigle. Tour de doigt : 50 - Poids brut : 9 g. - la montre : poinçon de maître de Louis Rigollet. Poinçons tête d'aigle et tête de rhinocéros. Cadran doré signé Van Cleef & Arpels  Mouvement mécanique. Le fond du boîtier signé Van Cleef & Arpels et numéroté. Longueur : 18,2 cm. - Diamètre : 1,1 cm. - Poids brut : 48,52 g.

Dans les années 1940 et 1950, l'atelier donne vie aux bijoux transformables en or jaune torsadé, aux bracelets mailles d'une souplesse textile (développés d'après son brevet de cordon métallique souple à ressorts du 25 juin 1931, FR706560A) et aux fameuses montres-bracelets en tresses d'or. La réussite est totale : l'édition de 1950 de l'annuaire L'Azur indique que le capital de la société LOUIS RIGOLLET ET ULMER a explosé pour atteindre le montant spectaculaire de 1 287 000 francs.

 

LOUIS RIGOLLET Broche-clip en platine et en or gris 18 K (750) dessinant une gerbe sertie de diamants ronds de taille brillant et de diamants calibrés, ornée de deux pâtes de verre incolores plus importantes, l'une ronde, l'autre taillée en goutte. Non signé, poinçon de maître. Travail français des années 1940. Hauteur : 4,5 cm environ. Poids brut : 19 g Une pince à diamant française de 1940  revendue par maître Ader.


Une broche en or français de dix-huit carats, Louis Rigollet avec rubis, diamants et émail.








Toutes les grandes épopées artisanales ont un dénouement. Le 9 décembre 1955, alors qu'il prépare sa retraite à l'âge de 71 ans, Louis Rigollet cède son droit au bail concernant la porte-cochère historique et le sous-sol de fabrication du 4 bis, rue Saint-Sauveur à la société Presse et Propagande pour la somme de 900 000 francs. Cet acte juridique marque la fermeture définitive de ce haut lieu de la création parisienne. Le poinçon LRU est biffé des registres, les outillages sont dispersés. Louis Rigollet s'éteint deux ans plus tard, en 1957, laissant un patrimoine matériel immense mais anonyme.



travaillé sous la direction du célèbre Jacques Lacloche, et porte sa marque. Lacloche a réalisé de nombreuses œuvres de la série « Portrait de femme ». Curieusement, cette pièce ne figure pas au catalogue de Lacloche. Il est probable qu'il s'agisse d'une idée originale de Rigollet, mais que Lacloche ne l'ait pas adoptée et n'y ait pas apposé sa marque (signature). On suppose donc que Rigollet l'a vendue sous son propre nom (ou sans signature). Par conséquent, cette pièce n'est pas une œuvre de Lacloche produite en série, mais bien une pièce rare et unique. Son charmant décor, représentant une promenade par temps de pluie, possède une dimension narrative qui ne manquera pas de séduire les collectionneurs.
Revendue par "AntiqueGallery Soleil"


Quelques mots sur la maison René ULMER, après le décès de Rigollet, mes parents travaillaient avec cette maison et à mes débuts, vers 1974, j'ai travaillé aussi avec eux, un grand technicien dans ses chaînes, bracelets et colliers. Il était né en 1896 à Mulhouse, il s'était inscrit au registre des métiers en 1936, il fut radié en 1941, parce qu'il s'associa à Louis Rigollet. 


Il reprit un poinçon dont le symbole était une hélice d'avion et les lettres R.U. Ce poinçon fut biffé le 24 mars 1964 ayant créé une société Ulmer et Cie, et le même symbole mais les lettres U. Cie ;


 Je n'ai pu trouver de pièces représentatives sur le net,  de cette "maille Ulmer" qui se faisait dans toutes les couleurs, très belle, très souple. C'était léger et un certain volume avec les côtés du bracelet qui avaient un peu de hauteur.


Pourtant, pour l’historien du bijou, le collectionneur averti ou le confrère joaillier, la vérité historique ne se lit pas sur l'or imprimé des écrins de la place Vendôme. Elle se traque patiemment au revers des pièces, dans le secret du platine et de l'or, là où le petit losange gravé d'une flèche atteste, pour l'éternité, de la signature du véritable créateur.


jeudi 21 mai 2026

Ernesto Pierret: l’art de faire revivre les bijoux de l’Antiquité

Pierret est né à Paris, en France, mais il s'est installé et est devenu célèbre à Rome. Alors que Fortunato Pio Castellani (6 mai 1794 - 1ᵉʳ janvier 1865), dont il s'est inspiré, est le fondateur de l'atelier Castellani, spécialisé dans la restauration d'orfèvrerie étrusque, il ouvrit des succursales à Paris et à Londres à partir de 1853 lorsque Fortunato Pio Castellani confia sa direction à son fils aîné Alessandro.


Au XIXᵉ siècle, les découvertes archéologiques fascinent l’Europe entière. Les fouilles de Pompéi, d’Herculanum et les études consacrées aux civilisations antiques réveillent une passion nouvelle pour les arts du passé. Dans ce contexte naît un courant aujourd’hui appelé « renouveau archéologique », qui cherche à ressusciter les formes et les techniques de l’Antiquité. Parmi les joailliers qui participèrent à cet élan, un nom mérite une attention particulière : Ernesto Pierret.
Né à Paris en 1824, Ernesto Pierret s’installe très jeune à Rome, ville alors devenue un centre artistique majeur pour les amateurs d’archéologie et les voyageurs du Grand Tour. Il y apprend le métier d’orfèvre et développe rapidement une grande maîtrise technique. Plusieurs spécialistes pensent qu’il fut proche de l’environnement de la célèbre famille Castellani, dont les créations étrusques révolutionnaient alors la joaillerie italienne.
En 1846, il ouvre son propre atelier à Rome. Très vite, ses créations attirent l’attention des amateurs d’art ancien et des visiteurs étrangers. Dès le milieu du siècle, les guides destinés aux voyageurs mentionnent son nom parmi les joailliers romains les plus remarquables.


Palazzo Pierret,

Pierret se spécialise dans les bijoux inspirés de l’Antiquité, notamment des modèles étrusques. Il remet à l’honneur des procédés techniques extrêmement complexes, parfois oubliés depuis des siècles : granulation d’or d’une finesse remarquable, délicats filigranes, micromosaïques romaines ou encore montures inspirées des découvertes archéologiques.
Mais Ernesto Pierret ne se contente pas de reproduire les bijoux anciens. Là réside probablement sa singularité. Plutôt que d’imiter servilement les modèles antiques, il cherche à recréer leur esprit. Ses œuvres mêlent souvent inspiration historique et interprétation personnelle. Il n’est pas rare qu’il incorpore dans ses créations des éléments anciens véritables : monnaies romaines, intailles gravées, scarabées égyptiens ou pierres antiques.
Cette approche séduisait une clientèle cultivée, passionnée d’histoire et désireuse de rapporter d’Italie un objet évoquant la grandeur du monde antique. Les voyageurs du Grand Tour trouvaient dans ces bijoux bien davantage qu’un simple ornement : un souvenir artistique chargé d’histoire.



Sa signature broche vendue par la maison LEMPERTZ

Après son mariage avec Virginia Crespi, Ernesto Pierret acquiert un palais près de la place d’Espagne à Rome. Ce bâtiment, connu aujourd’hui sous le nom de Palazzo Pierret, porte encore le témoignage de son ascension sociale et artistique.
Bien que son nom soit resté moins célèbre que celui des Castellani, Pierret occupe une place essentielle dans l’histoire de la joaillerie italienne du XIXᵉ siècle. Son œuvre illustre parfaitement cette rencontre entre archéologie, savoir-faire traditionnel et imagination créatrice. À travers ses bijoux, il ne cherchait pas seulement à copier le passé : il tentait de lui redonner vie.
Aujourd’hui encore, les collectionneurs apprécient particulièrement ses créations, témoignages précieux d’une époque où la joaillerie se voulait aussi un dialogue avec l’Histoire.



Broche ronde en forme de disque, ornée de filigranes et de granulation de style néo-étrusque, revendue par la maison d'enchères LEMPERTZ : https://www.lempertz.com/



Comportant une plaque en micromosaïque représentant le buste d'un pharaon égyptien, entourée d'un cadre en or orné de granulation et de filigrane, suspendue par une tête de bœuf ornée d'une guirlande, poids brut d'environ 24 dwts, avec la marque du fabricant ; vers 1860. Revendue par Sotheby's

Ernesto Pierret,Antonio Carli et Antonio Civilotti produisaient également de magnifiques bijoux dans un style néoclassique. Si, à première vue, les colliers de style néoclassique produits à Rome à cette époque semblent très divers, ils sont en réalité tous caractérisés par une structure similaire : des chaînes en or ou des anneaux tressés auxquels sont suspendues des franges rayonnantes de pendentifs de formes variées, souvent disposés sur plusieurs niveaux. Ces pendentifs, fidèles à leurs prototypes hellénistiques, étaient souvent conçus comme des gouttes en forme d’amphore ou des motifs allongés en forme de graine, et ornés de perles et de granulés. D’autres modèles présentaient des gouttes décorées de camées ou d’intailles représentant des scènes mythologiques. Les joailliers travaillant dans ce style ne se contentaient pas de copier ou de réinterpréter des modèles du passé, mais intégraient également à leurs colliers d’authentiques fragments antiques, tels que des gemmes romaines gravées et des pièces de monnaie grecques ou romaines. Grenades, vignes fruitières, feuilles et baies, inspirées du monde classique, étaient également utilisées comme pendentifs. Les plaques en micromosaïque représentant les ruines archéologiques de Rome, encadrées de fil d'or ou de perles, étaient également très prisées.



Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord. Camée français. British Museum



Broche en or ornée d'une tête de bélier creuse entourée de fleurs fixées par des tiges individuelles traversant des perforations dans la base, bordée de cordages et de tubes d'or. De la gueule du bélier pend un anneau creux en forme de tonneau, auquel est fixé un pendentif serti d'une intaille en agate rubanée représentant une créature marine mythique. Tête de lion face à une tête de bélier. La monture, ornée d'un grainage, est flanquée de deux motifs à quatre pétales et se termine par trois grains de taille décroissante. Un poinçon d'orfèvre est apposé sur la tige de fixation et un compartiment vitré pour les cheveux se trouve à l'arrière. 


Cette pièce merveilleuse est au British Museum à Londres.


Fabriquée à Rome, vers 1870, par Ernesto Pierret (1824-1898).
Cette croix tridimensionnelle en or 18 carats est superbement conçue et fabriquée à la main dans le style Renaissance médiévale avec des éléments gothiques et Renaissance. La croix est embellie de saphirs, de rubis, de diamants taillés roses et de perles.
Via rubylane.com

Intaille sur agate représentant un Hoplite: L'hoplite (en grec ancien ὁπλίτης / hoplítēs) est un fantassin de la Grèce antique lourdement armé et organisé en phalange, par opposition au gymnète et au peltaste, équipés plus légèrement. Présent dans chaque cité-État à l'époque classique, il représente le soldat grec par excellence.
Or 18 k (750/1000°) Signé H. : 7,8 cm env. - Poids : 40,8 g


Au centre, un camée scarabée en lapis-lazuli, monté sur des ailes en or ornées de micomosaique bleue. Longueur 3¾ pouces  Signé Pierret  or 18 carats Vers 1860




 Le « Murray's Handbook to Central Italy and Rome » (1863) le décrit comme « l'un des plus grands artistes romains de bijoux étrusques ». 


Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord.
Réalisé par : Ernesto Pierret Date de production : 1860 (vers ; cadre), 1826-1875 (camée)
or et sardonyx. Broderie de perles  Hauteur : 3,30 centimètres  British Museum.

Ce camée a été provisoirement qualifié de français en raison de l’utilisation d’un portrait de style Renaissance et d’une différence marquée dans sa réalisation par rapport au groupe romain documenté.
Ernesto Pierret travailla à Rome d’environ 1845 jusqu’après 1870. Le motif d’ovales en fil de fer et les perles constituent un motif de bordure caractéristique des camées. Ce même motif, serti de mosaïque, apparaît sur le pendentif à pièces de monnaie de Pierret, qui relève plus manifestement du « style archéologique ». 


Créé à Rome par l'atelier de renaissance archéologique d'Ernesto Pierret vers les années 1860, ce collier à franges en or 18 carats représente le style étrusque. Il se présente sous la forme d'une frange de feuilles effilées, densément superposées et légèrement chevauchantes, suspendues à une ligne de perles enfilées sur une chaîne en queue de renard. Ce collier en or raffiné et riche, d'une souplesse et d'une sophistication suprêmes, est à la fois facile à porter et important d'un point de vue historique. Il s'agit d'une pièce rare provenant d'un fabricant romain légendaire, qui s'adapte doucement au cou et à la clavicule.


Exemple de ce que certains appellent un poinçon de Pierret. C'est plutôt sa "marque". Il est en Italie et nous ne pouvons trouver notre système français de poinçons de maître.

Galerie Macklowe Notes du conservateur :
Bijoutier néo-révolutionnaire de renommée internationale, Ernesto Pierret (1824-1870) arrive à Rome de Paris en 1845 à l'âge de 21 ans. Il y ouvre son premier salon en 1857 sur la Piazza Firenze et s'installe bientôt au 36 Via dell' Umiltà, non loin des locaux de Castellani. Concurrent de premier plan des Castellani, son travail est souvent indiscernable, par son raffinement technique, son esthétique et sa valeur académique, de celui de la famille la plus célèbre. En 1865, Pierret déménage son entreprise et sa famille dans un ancien palais de la famille Vescovali, au numéro 20 de la Piazza Spagna, qui fait face à la fontaine "La Barcaccia" du Bernini. Situé à gauche de l'escalier espagnol, le palais porte encore le nom de Pierret dans les mosaïques au-dessus de l'entrée. Grâce à l'épouse de Pierret, dont le père était avocat du pape, la clientèle de Pierret a pu avoir une orientation plus conservatrice, ce qui lui a permis de segmenter une clientèle locale de luxe en dehors de celle de la famille Castellani, dont l'un des membres (Alessandro) était un nationaliste et révolutionnaire de premier plan qui était sous le coup d'un ordre de bannissement. Pierret, qui était polyglotte et peut-être - selon certains spécialistes - "moins exigeant" envers ses clients que les Castellani, proposait des bijoux dans les styles étrusque, hellénistique et byzantin. Le nom de Pierret est signé d'une plume appliquée, comme ici, ou d'un monogramme élaboré, rarement utilisé.


la fontaine de la Barcaccia de Bernini. Ernesto Pierret acquiert ce palais au XIXᵉ siècle après son mariage avec Virginia Crespi, issue d’une famille romaine influente. Son nom est resté attaché au bâtiment jusqu’à aujourd’hui. 
Ce qui est remarquable, c’est que le palais est bien plus ancien qu’Ernesto Pierret lui-même. Les premières mentions remontent à la fin du XVIᵉ siècle. Lorsque les célèbres escaliers de la place d’Espagne furent aménagés au XVIIIᵉ siècle, l’édifice fut transformé pour s’harmoniser avec le nouveau décor urbain. 

Au XIXᵉ siècle, le quartier de la place d’Espagne est un véritable foyer artistique. De nombreux artistes, écrivains et voyageurs français y résident. Ernesto Pierret, joaillier d’origine parisienne installé à Rome, s’inscrit parfaitement dans cette ambiance cosmopolite où l’archéologie, l’art et le goût du Grand Tour se rencontrent. 


Au XIXᵉ siècle, sous Pierret, l’immeuble est encore modifié : ajout d’un quatrième étage, terrasse panoramique et embellissements néoclassiques. Le palais prend alors l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. 


L’ascension d’Ernesto Pierret fut telle qu’il acquit un palais au cœur même de Rome, sur la Piazza di Spagna. Aujourd’hui encore, le Palazzo Pierret perpétue discrètement le souvenir du joaillier, dont le nom demeure inscrit dans l’un des quartiers les plus emblématiques de la ville éternelle.
C’est un très beau détail biographique : un joaillier devenu suffisamment reconnu pour laisser son nom gravé dans le paysage romain.


C'est désormais un hôtel : la Residenza Pierret, 20 Piazza di Spagna, Place d'Espagne, 00187 Rome, 
Excellente situation géographique — avec une note de 9,9/10 ! (note basée sur 427 commentaires)
Évaluée par les clients après leur séjour à l'établissement Residenza Pierret 
 https://www.booking.com/hotel/it/residenza-pierret.fr.html

Pendentif cruciforme en or orné d'un médaillon central en micromosaïque de verre représentant la Colombe du Saint-Esprit auréolée d'or. Les quatre bras sont sertis de mosaïque blanche, chacun incrusté d'une lettre grecque en or formant le mot NIKA, Un compartiment circulaire pour les cheveux est prévu à l'arrière.   British Museum



ERNESTO PIERRET - ANNÉES 1850-1860
BROCHE BÉLIERS ET CAMÉE Revendue par la maison Tajan
Elle est de forme ovale ornée d'un grand camée sur coquillage représentant le portrait d'une dame de qualité au chignon fleuri. Magnifique monture en or jaune 750/1000ᵉ à décor de béliers affrontés, moulures et petits dômes. Signé PIERRET.  Poids brut : 30,57 gr. Dimensions : 6,3 x 5,8 cm.


Sceau de bureau de vente Wartsky Londres : https://wartski.com
Un sceau de bureau en argent, en forme de harpe, aux cordes en or rose, au manche orné de feuilles de chêne, de glands et de perles d'or ciselé, à la caisse de résonance ajourée et ciselée, surmontée d'un buste de Psyché en cornaline sculptée, symbolisé par deux ailes de papillon en argent dans le dos. Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».
Signé : PIERRET

10 cm x 4,2 cm

Le récit d'Éros et Psyché apparaît pour la première fois à la fin de l'Antiquité dans L'Âne d'or ou les Métamorphoses de Lucius Apulée. L'histoire de Psyché devient une allégorie du voyage tumultueux de l'âme à travers la vie. Psyché est le mot grec pour « âme » ou « esprit ». Le papillon est un attribut à la fois de l'héroïne Psyché (la mortelle devenue immortelle) et de l'âme. On pensait que l'esprit s'échappait du corps au moment de la mort par la bouche, sous la forme d'un papillon. La harpe représente l'harmonie et la créativité, à l'opposé d'une arme, qui sert à verser le sang ou la violence. Le dieu de l'amour, Éros, est souvent représenté tenant un instrument de musique, symbole de l'amour vertueux, un rébus pour Amor Vincit Omnia (l'amour triomphe de tout). De l'union d'Éros et de Psyché naquit leur fille, Volupta (le Plaisir).


Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».


ATTRIBUÉ À ERNESTO PIERRET : BRACELET SCARABÉE EN OR, STYLE NOUVEL ÉGYPTIEN, CIRCA 1870
Composé de quatre scarabées sculptés, gravés et pivotants, finement travaillés, encadrés de bordures torsadées ornées de perles, chacun présentant un compartiment vitré au revers. Les scarabées sont reliés par des maillons cylindriques arqués, travaillés en filigrane. Monture en or. Longueur : 21 cm.


Les scarabées étaient des symboles importants dans la culture égyptienne antique, représentant le cycle de la naissance, de la vie, de la mort et de la résurrection. Ils étaient fréquemment intégrés aux amulettes et aux bijoux talismaniques de l'époque, témoignant de l'importance accordée à la notion d'au-delà dans cette culture. Les compartiments en forme de médaillon au revers de chaque scarabée sont typiquement victoriens par leur sentimentalité. Ainsi, ce bijou exquis est une alliance harmonieuse entre les motifs de l'Égypte antique et la culture victorienne moderne.



forme de croix, de style néo-byzantin italien, en or 18 carats et saphirs. Motif de croix grecque byzantine orné d'un décor en filigrane. Sertie symétriquement d'un saphir ovale (env. 2,74 ct, env. 8,85 x 6,84 x 5,28 mm) et de quatre saphirs taille coussin (env. 0,25 ct chacun) dans des montures coniques hautes. Fermoir et attache pour broche. Poinçons : « PIERRET ». 4,5 x 4,5 cm. Poids : 24,33 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1870.  Maison Lempertz


Dos de cette croix avec saphirs, à gauche la plaque de "PIERRET"


Pendentif en or 18 carats, émail et micromosaïque, de style néo-étrusque, avec chaîne. revendu par la maison ; Lempertz

Ce pendentif long en deux parties présente des motifs de croix grecques ornés d'émail turquoise, de filigranes et d'incrustations de micromosaïque. Il est accompagné d'une fine chaîne munie d'un fermoir en S. Signé et monogrammé « EP » au revers. Longueur totale du pendentif : 5,5 cm. Longueur de la chaîne : 41,5 cm. Poids total : 14,67 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1860.

Orné de neuf intailles sculptées en cornaline, jaspe, agate rubanée, sardoine et jaspe, représentant la déesse Fortuna, des oiseaux assis sur un nid d'oiseaux, représentant Vénus, Achille dans le temple d'Apollon, un buste de gentilhomme avec la chouette de Minerve, Antilope, la déesse Victoria, la déesse Artémis, chacune dans des cadres en fil de fer et perles, entrecoupés de maillons noués, longueur environ 170 mm.


Suite d'intailles néo-étrusques. Intailles en onyx et or jaune, vers 1860. Avec l'aimable autorisation de Hancocks. https://hancockslondon.com/

Cette suite comprend un magnifique collier à pendentifs et un peigne à cheveux en écaille, tous deux ornés d'intailles circulaires en onyx nicolo représentant des figures classiques, entre des barrettes à centre floral. Les intailles du collier représentent diverses figures antiques, dont Cérès, Flore, Salacia, Minerve, Aphrodite et Bonus Eventus. Il ouvre son propre atelier en 1846 et, quelques années plus tard, un guide touristique de Rome de 1853 le décrit comme « l'un des premiers artistes romains spécialisés dans les bijoux étrusques ». Son travail est d'une très grande qualité et présente souvent des micromosaïques, des camées et des intailles, le tout intégré dans de magnifiques ouvrages en or, parfois très ornementés, avec des motifs typiques du renouveau archéologique et étrusque.


Bracelet de style « archéologique » par l'artiste Ernesto Pierret Lieu d'origine : Italie, Rome . Date vers 1865. Dimensions L : 7 1/2 po (19 cm) Or, rubis, émeraudes, diamants, camée d'agate.
Ligne de crédit Fonds de M. et Mme George M. Jones, Jr.
Musée de Tolède:  https://emuseum.toledomuseum.org/




Ernesto Pierret (1824-1898), ceinture à transformations pouvant se détacher en bracelet et collier, en or jaune à mailles alternées de perles de lapis-lazuli, milieu du XIXe siècle, l. 79 cm, poids brut 224,2 g.
Gazette Drouot

  
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret. Revendu par la maison Sotheby's


broche en or, agate et perle, pendentif revendu par la maison Sotheby's
Camée ovale en agate sculptée représentant Vénus et Cupidon, dans un cadre en or orné, entouré de perles, monté en broche et pendentif, le camée signé GA Girardet F. et G. Giniselli Inv., le montage signé Pierret.

cornaline, onyx, or Revendu par Sotheby's
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret.


Une remarque, une précision, un commentaire, m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com


Nissim Maïr Rozanès, le joaillier de la rue de la Paix que le roi d'Espagne venait rencontrer. De Constantinople à Paris, de la joaillerie au projet de transformation de San Sebastián, une destinée internationale longtemps restée dans l'ombre

1925  Il existe des noms que l'on rencontre dans les archives sans vraiment savoir qui se cachait derrière eux. Nissim Maïr Rozanès est...