mardi 9 décembre 2008

Faire de l' Or fin avec ses déchets



Un mot pour les lecteurs de ce blog qui ne sont pas des professionnels: 

Les Bijoutiers Joailliers liment, martèlent, découpent des plaques d'or, des fils....cela fait des limailles, des morceaux d'or. Tout cela tombe dans une peau en cuir ou un tiroir spécial situé au dessus des genoux. Régulièrement dans la journée ou selon les changements de métaux, ils recueillent ces déchets et les placent dans leurs boites à métal.
Ce sont des boites avec deux compartiments, le premier est un peu comme une passoire, qui laisse passer les limailles et se situe au tiers supérieur de la boite. Il y a une boite par métal employé, l'or jaune, l'or rose, l'or gris, le platine. Certains bijoutiers peignent une bande de couleur sur les boites pour éviter les erreurs (les étourdis comme moi).



Les morceaux de métal vont resservir pour des pièces plus petites .


Et les limailles vont être données à des laboratoires de traitement des déchets précieux. Il faut vous dire aussi qu'une partie de cet or travaillé, va sur le sol de l'atelier, et régulièrement le sol est balayé, poussières et autres déchets y compris. Nous récupérons tout , même les filtres de polissage, les vieux bains de dorures, etc. Autrefois les ateliers traitaient eux-même ces déchets, mais le temps passé, les acides à employer, les fumées....! Néanmoins, il peut être intéressant d'avoir à l'atelier, un peu d'or fin, pour sertir certaines émeraudes par exemple, pour relever le titre d'un morceau d'or refondu dont la pierre de touche ferait douter de sa teneur en or!

MÉTHODE ET RECETTE

Surtout, pas de fer ou métaux ferreux dans nos déchets, ce qui veut dire qu'il faut tout vérifier, tout passer à l'aimant et quelque fois découper en morceaux. Dans les boîtiers de montres anciennes, il y a la plupart du temps des ressorts pour l'ouverture des boîtiers! Dans les charnières de poudriers, de boites, se méfier des goupilles, remplacées souvent au cours de la carrière du bijou par des métaux ferreux..., tout ce qui a été fabriqué pendant la période 1939 à 1949 (on se débrouille en temps de guerre, et nombre de bijoux de cette époque qui me sont passés entre les mains étaient plus que douteux) Enlever systématiquement tous les ressorts des anneaux ressorts et des mousquetons, les soudures à l'étain, etc. 




PREMIERE CUISSON

Pour ce qui va suivre, il vaut mieux une hotte aspirante dans l'atelier, ou une très bonne cheminée chez soi, car nous allons polluer un peu. Il faut avoir une coupelle en porcelaine spécialisée, ou un récipient en Pyrex que vous poserez sur une grille en fer, ou une plaque, un substitut d'amiante (puisqu'elle est interdite maintenant) Commencer pour la première fois avec une petite quantité, moins de 30 grs de broutilles, les recouvrir d'eau, et ensuite seulement (l'inverse est dangereux) ajouter un tiers (par rapport à l'eau ) d'acide sulfurique pur.
Je sais que c'est difficile à trouver désormais, sinon selon ce que vous trouvez , variez les proportions en conséquence de façon a obtenir un Dérocher puissant (25%) qui va bouffer (dissoudre) tout ce qui est ferreux restant .
Chauffer jusqu'à frémissement pendant 10 minutes et laisser agir en refroidissant pendant 3 heures. Si l'or prend une couleur rouge et que le bain devient tout noir, vous le savez déjà, c'est le fer qui a donné cette couleur en se délitant.
Lorsque le dérocher est froid, vider la mixture dans vos récipients spéciaux pour donner à traiter, et non dans les Water comme autrefois, rincer plusieurs fois à grande eau. Faites bouillir les broutilles dans une solution saturée de bicarbonate de soude, rincer et sécher, si vous avez un vieux sèche cheveux, cela accélérera le processus de séchage. 




Les broutilles étant bien sèches, les peser, et ajouter trois fois le poids de cuivre rosette électrolytique si possible, car il est pur , vous pourrez l'obtenir en grenaille ou en bâtonnets de fil rond. Faites un lingot, pas trop large qui sera facile à laminer. Laminer en le recuisant autant que nécessaire. Lorsque vous arrivez à une épaisseur proche de la limite de jointure de vos deux rouleaux, ne recuisez plus, descendez à trois dixièmes de m/m, si le métal craquelle, se fend sur les cotés, pas d'inquiétude (ce n'est pas de l'or à 750!). Vous avez donc une bande de métal, très fine, coupez la en paillons de 3 à 4 m/m de large. Lorsque tout est coupé , chauffer sur un charbon avec une flamme molle, sans aller jusqu'au recuit, pour être sur qu'il n'y a plus de gras. Laisser à nouveau refroidir.

A NOUS LA CHIMIE ou l'alchimie

Reprenez votre coupelle en porcelaine ou en Pyrex (pas le saladier de votre femme) préalablement bien rincé. Préparez une solution d'acide nitrique (eau forte) à 80 % , huit parties d'acide et deux parties d'eau, 1 litre pour 100 grammes de broutilles. Poser au fond du récipient 2 ou 3 grammes pour débuter puis avec délicatesse verser quelques gouttes de votre eau forte diluée. N'oubliez pas d'aller faire cela sous votre hotte, car il se produit un bouillonnement violent et et une vapeur brun rousse se dégage. Ne laissez pas d'outils en fer ou acier a coté, car le lendemain ils auront changé de couleur, quant a vous, reculez un peu, c'est pas très bon pour la peau et les poumons. Quand le bouillonnement est terminé recommencer avec une autre petite dose, rien ne résiste à cette potion magique sauf l'or et le platine. Le liquide n'est pas intéressant, mais la boue qui reste au fond du récipient, c'est ce que vous cherchiez, c'est de l'or fin .
Rincer plusieurs fois jusqu'à ce que l'eau soit claire, laisser sécher. Cette poudre qui reste, récupérez là dans un papier de soie et faire un petit sac fermé, le poser dans un creuset, humecter d'alcool à brûler, allumer le papier de soie, cela va tenir la poudre.



Commencez à chauffer au chalumeau, la flamme va devenir verte, un beau vert bronze, ne pas s'inquiéter, ce sont les restes d'acide. Ajoutez du borax et fondre à flamme molle , petit à petit au fond du creuset va apparaître la belle couleur de l'or fin, ou presque...considérez par précaution que vous avez du 995/1000°.
Quelle cuisine, il ne vous reste plus qu'a couler , servez froid, n'oubliez pas de débarrasser, faire la plonge...du moins nettoyer tout.

Sources et photos
Bijouterie Zimmermann à Québec  id2sorties Robert arnold

lundi 24 novembre 2008

Des Soutiens Gorge en or et pierres précieuses



Fin 2007, début 2008, on fêtait les 100 ans du soutien gorge. L'ennui c'est que personne n'est d'accord sur la date de l'invention, sauf que dans les années 30 ce sont les grands couturiers et surtout Paul Poiret qui l'imposeront à leurs clientes.

Les Chinois ont créé en 2007 ce soutien gorge en or de 630 grs,  ajouré sinon quel en aurait été le poids!  2000 heures de travail ont été nécessaires pour le fabriquer en sertissant des pierres précieuses et un diamant de 7 carats 50



Celui-ci dénommé "Black Diamond Miracle Bra", est incrusté de 3775 diamants noirs, 177 diamants de 1 carat chacun, 34 rubis, 2 diamants noirs de 100 carats chacun.
Le joaillier qui l'a fabriqué est Martin Katz pour le compte de Victoria Secret.
Prix 5 millions de dollars
Si d'autres veulent faire plus cher, il faudra prendre des diamants Blancs et Jonquilles, et que le mannequin ait un tour de poitrine plus important!!!!!

Sources: jetsetmagazine.net et beijing information

Sont ils les premiers à avoir pensé à faire des soutiens gorge en or et pierres précieuses ?


Pendant longtemps, il a été le premier soutien gorge fabriqué en or. Il a été créé par Sven Bolstenstern à Vienne en 1970 le commanditaire l'avait fait fabriquer avec une intention publicitaire.
La pointe du sommet est ornée de quelques diamants. Cela ne parait pas, mais l'objet a été difficile à terminer car il fallait trouver la bonne tension pour les fils.
D'après Grahm Hugues, l'objet plus, bijou qu'utilitaire avait été acquis par Spritzer et Furhmann, de Curaçao.
Désormais, chaque année il apparait un soutien gorge encore plus cher , donc:

Mais aussi; 

Toujours Victoria Secret , un amas de pierres précieuses


2004 - The Heavenly "70" Fantasy Bra
Un examen approfondi de ce soutien-gorge montre un travail de conception thématique détaillé. Peut-être que cette création de 100 millions de dollars a été la naissance des Angels secrets de Victoria.



Adriana "Lima" pour Victoria secret: 2 millions de dollars



Adriana "Lima" pour Mouawad


Charme d'asie


"Victoria secret" 10 millions d'euros



C'est tout en diamants "Louise Boutin"


Soutien Gorge "Mercedes pour un prince Saoudien

vendredi 21 novembre 2008

BOUCHERON,150 ans: De la Bague au Parfum




Une bague inspire un parfum, elle existait avant même qu'on ne l'appelle Diablotine, en 1988, Boucheron modifie légèrement sa bague et la façonne comme le modèle ci dessus (dessin aimablement fourni par la maison Boucheron).
Parrallelement, Boucheron crée son premier Parfum Bijou et le baptise , BOUCHERON.
C'est le groupe: Yves Saint Laurent Beauté qui le fabrique. Ce parfum évoque;

Il est préférable que je vous laisse lire la définition, car pour moi , c'est olfactif, je trouve que tel parfum me plait et d'autres pas.
Mais c'est aussi un peu comme le Beaujolais nouveau, certains vous parleront de Banane, de framboises, de cassis....?
Pour les 150 ans Boucheron vient de lancer un nouveau Parfum.
Comme "Boucheron" est né de la bague Diablotine,
"Boucheron pour hommes " de la montre "Reflets",
"B" a pris corps au coeur des ateliers de Joaillerie, a partir de la collection "Exquises Confidences" qui incarne la volupté.
Le secret de "B" La taille Pompom, brèveté par Boucheron qui ne dévoile la préciosité de la pierre facettée qu'a celle qui la porte.





-Le Godron d'or, cher à Boucheron, (pensez aux montres)
-Ce flacon n'offre ses secrets qu'a celle à qui il appartient: Il faut l'avoir en main pour decouvrir le Poinçon du Joaillier
- Sa lumière, omniprésente se reflète à la fois dans le prisme de verre, la pierre du capot et le métal gravé Boucheron Paris.
- Après le règne du Saphir, avec Diablotine, voici venu celui de l'émeraude La plus féminine et la plus fragile des pierres précieuses.








Avant que Diablotine ne soit associée au premier parfum
Boucheron, elle existait déjà sous une forme très proche,
c'est un de mes amis "André Conte"qui en avait fait la maquette.
A cette époque,pour garder une trace en volume, nous faisions un moulage: il fallait presser fortement l'objet (après l'avoir bien savonné) à mouler dans de la plastiline, (pate à modeler) puis le retirer délicatement pour ne pas déformer. Après avoir fait un bord en zinc autour de la plastiline, il ne restait plus qu'a couler du platre a modeler. Nous pliions un petit fil de fer , en lui donnant la forme d'un U et le placions dans le platre au bord supérieur.
Une fois démoulé, l'objet apparaissait en relief.
Après il ne restait plus qu'a le placer au mur de l'atelier à coté de ses prédécesseurs. Comme archive c'était plus parlant qu'une photo de l'époque.

lundi 17 novembre 2008

Rocher, Dérocher.



ROCHER: C'est recouvrir de Borax en poudre lié à de l'eau ou de collobore les parties que l'on veut souder.
DEROCHER: C'est le décapage d'une surface métallique par un bain d'acide sulfurique (ou de nouveaux produits équivalents)
Vous prenez 9 parties d'eau pour une partie d'acide sulfurique que vous mélangez dans une bouilloire en plomb, et vous mettez les parties de métal précieux que vous aviez soudées entre elles
dans ce bain qui chauffe doucement, chaleur entretenue par une petite veilleuse au gaz.
Collobore: mélange d'eau et de borax, utilisé lors de la soudure afin de favoriser la fonte des paillons de soudure qui en sont imprégnés.
Paillons: minuscules parties de plaques de soudures laminées, decoupées à la pince pour être placés à la jonction des deux parties à souder.
Borax. Mineral réduit en poudre, utilisé en bijouterie pour isoler le point de soudure de l'oxygene sur les métaux précieux

Voir site de Michel Zimmerman au Québec:
http://www.zimmermann-quebec.com/methode_show.php?unikid=20070913154502

dimanche 16 novembre 2008

Qu'est ce qu'un Rifloir ? qu'est ce que la Sausse?

Je pourrais vous répondre:un outil pour limer dans les coins!

En réalité les rifloirs sont des sortes de limes qui ne sont taillées que par les deux bouts. Ces deux extremités sont fines ou grosses, en proportion du calibre du rifloir. Elles sont aussi recourbées afin de pouvoir s'insinuer dans tous les coudes ou leur usage est nécessaire. Ils servent en Bijouterie Joaillerie et orfèvrerie, mais aussi en modelage ou en sculpture.



La SAUSSE:
Ce sont des liqueurs chaudes, composée de sels et de vert de gris (CH3 CO2)² CU, CU(OH)² H2O) pour donner de la couleur à l'or: même là, il faut touiller!!

Depuis l'antiquité, on le fabriquait en immergeant des morceaux de cuivre dans des tonneaux de vinaigre brulant ou des tonneaux de marc de raisins aussi riche en acide acétique que le vinaigre.

Un Ringard! en bijouterie



Un "Ringard" en Bijouterie Joaillerie Orfèvrerie, c'est une barre de fer , souvent crochue à l'une de ses extremités avec laquelle on remuait les métaux en fusion.
De nos jours c'est un agitateur mélangeur en céramique ou en graphite.


jeudi 13 novembre 2008

Joyau Sacré : La Couronne de Liège


Cliquez pour agrandir la photo



Cette très belle photo de Pierre Emmanuel Malissin, sur son site :
http://www.photos-galeries.com/category/musee-du-louvre/objets-dart/

nous permet de découvrir une pièce d'orfèvrerie du moyen age.
Juste un rappel, à l'époque les Orfèvres travaillaient les métaux précieux et fabriquaient aussi bien des bijoux que des objets sacrés ou des hanaps et le tout sous des règlementations sévères qu'il valait mieux ne pas enfreindre. Ci dessous un extrait de "Histoire anecdotique des métiers " paru en 1892
Cette Couronne, se compose de huit plaques de Vermeil (couche d'or sur argent) surmontées de fleur de Lys et reliées entre elles par huit anges. Pierreries et feuilles de chêne estampées, perles... au centre de chaque plaque se trouve une cavité qui renferme des reliques: ossements d'apôtres, de confesseurs, de martyrs, des reliques de la passion du Christ (Sainte Lance, Bois de la Croix, couronne d'épines).C'est grace aux inscriptions sur des petits parchemins que nous savons ce qu'elle contient.
Cette couronne est donc un témoin de la fabrication d'Orfevrerie du XIII eme   siècle





Saint louis l'offrit au Couvent des Dominicains de Liège. En effet des Liégois (Jacques de Vitry à la cinquième), avaient participé aux croisades aux cotés de Saint Louis.

Le reliquaire est sacré, car il est intimement mêlé au dialogue des hommes avec Dieu, l'homme peut voir, toucher surtout, le reliqaire pour implorer le Saint de lui accorder des Graces. Louis IX (Saint Louis)en 1235 avait acheté à Constantinople des fragments de reliques, il avait acquis d'abord la couronne d'épines à des marchands Vénitiens pour 135000 livres C'est dans les années qui suivent qu'il acheta (selon l'inventaire de 1740) 22 autres reliques . Elles furent regroupées dans une chasse, de plus de trois mêtres de haut en attendant que Saint Louis construisit la Sainte Chapelle dans l'Ile de la Cité pour abriter ces reliques. Certes Saint Louis était très pieux, mais il fut le premier qui se dota gràce à ces reliques, d'une légitimité tenue directement de Dieu. 
Ses successeurs d'ailleurs en firent un des moyens de la monarchie de droit divin. De plus il fit de nombreux "cadeaux" de ces parties de reliques a sa famille mais aussi aux communanutés religieuses, assurant ainsi son image

Boucheron existe depuis 168 ans

 J'avais fait cet article en 2008 mais sous WordPress et, en le relisant, les photos avaient disparu, je le republie. Boucheron poursuit...