mercredi 3 mai 2023

Jules et Louis Wièse, Jules Venu d'Allemagne et Louis, son fils, né à Paris

 L' aventure  des "Wièse" commence à Berlin avec la naissance de Johan Georges Hossauer né le 5 octobre 1794, Berlin, Allemagne et décédé le 14 janvier 1874, Berlin, Allemagne


Johann George Hossauer

Après avoir fréquenté une école juive, Johann George Hossauer fait un apprentissage de plombier. En 1815, à Paris, il se familiarise avec un nouveau procédé de production d'objets en métal léger et trouve par la suite un emploi dans la manufacture de bronze Werner & Mietke à Berlin. De 1817 à 1819, Hossauer effectue un apprentissage chez l'orfèvre parisien Henri de Ruolz . Henri de Ruolz a inventé un procédé de dorure sans recours au mercure, procédé utilisé en joaillerie et pour les arts de la table. Le « ruolz » est utilisé pour la fabrication de couverts. 

Orfèvre important, Hossauer fournissait le Roi de Prusse est-ce lui qui a influencé Jules Wièse pour qu'il aille à Paris?. Jules Wièse est né a Berlin en 1818. et après sa formation chez Hossauer, il vient à Paris chez l'orfevre-bijoutier, Jean Valentin-Morel qui est à l'origine de la formation de  Mr Chaumet.

https://www.richardjeanjacques.com/2017/01/joaillerie-dite-chaumet-des-origines.html

D'après Isabelle Lucas Historienne BJO, Jules  serait devenu ouvrier chez Froment-Meurice a 21 ans 


Vers 1844, cette coupe est réalisée par Jules Wièse  antoine Vechte et louis Augustin Muller et d'apres un dessin de Geoffrey Dechaume pour Froment Meurice dont la signature est sur la base.


Sur la base du pied de cette coupe  tres nettement le poinçon de Maître de Jules Wiese soit J.W. et une étoile au dessus et une au dessous


Plusieurs coupes des vendanges ont été réalisées par Jules Wièse , celle ci est de lui et Adolphe Victor Geoffroy Dechaume Il est inscrit "A ma fille le 1er janvier 1855", elle avait été offerte par le Roi Jérome à sa fille, celle de la princesse Mathilde, elle, est plus riche en perles.


Bracelet des vendanges d'après la maison Tajan de Paris qui le date de 1845
Il est composé d'un ensemble de feuilles de vigne naturelles émaillées vert et brun, rehaussé de neuf grappes de raisin, constituées de petites perles fines de ton mauve. Au revers, il représente un sarment de vigne articulé. Monture en vermeil. Poinçon de maître de Jules WIESE Largeur du motif : 4,8 cm
Longueur du bracelet : 18 cm


1845 environ, un oiseau en or et argent, émail vert et perle grise. Les yeux sont en rubis, poinçon de Jules Wiese pour Froment-Meurice . est en vente en 2023 chez Fabian de Montjoye, son site avec des bijoux merveilleux: https://www.fabiandemontjoye.com/

Contremaitre chez Froment Meurice  avec lequel il tissera des liens étroits et lorsqu'il aura, en 1844 son propre atelier,a 26 ans, il travaille exclusivement  pour Froment Meurice, lequel va à l'exposition des produits de l'industrie de 1849, le citer comme coopérateur de sa maison, ainsi qu'en 1851 pour l'exposition universelle à Londres.

Sur les registres des fournisseurs que fait travailler Froment Meurice, on peut lire qu'en tant que collaborateur attitré, après la mort de François Désiré, il reçoit de la maison Froment Meurice  1000francs par semaine.

En 1849 la maison Wièse déménage  7 rue Jean Pain Mollet.

Il est bon je crois de rappeler ce que Vever pensait du Néo-Gothique de Froment Meurice, de Wiese, etc 

Mais déjà on commençait à se fatiguer des mauvais pastiches de l'Antiquité. D'autre part, l'Aigle blessé agonisait, David était proscrit. On ne voulut plus entendre parler du grec et du romain, et l'on se lança éperdûment dans une voie nouvelle. C'est du gothique qu'on s'éprit. Châteaubriand avait remué les âmes avec son Génie du Christianisme; il semblait qu'on venait de découvrir nos belles cathédrales, et, ainsi qu'il arrive lorsque la mode s'en mêle, l'art du Moyen-Age fit fureur. Mais là encore on tomba dans l'exagération, car ce style gothique, que l'on n'avait pas eu le temps d'étudier, fut mal compris, et ce bel élan, cet engouement trop brusque, n'aboutit en somme, sauf de rares exceptions, qu'à des pastiches d'un goût très discutable.


Une boîte Vesta française en argent doré, bijou et émail, Jules Wièse pour François-Désiré Froment-Meurice, Paris, vers 1848  debout, de forme rectangulaire à coins coupés, de chaque côté des médaillons ovales ciselés d'allusions incendiaires : le char d'Hypérion et une Vestale, sertis de gemmes roses de formes variées, sur fond d'émail noir, le couvercle à ressort surmonté d'un putto sur un globe avec les signes du zodiaque, s'ouvrant pour révéler quatre compartiments en vermeil, avec des poignées de volutes, sur quatre supports de dragon en vermeil,  marqués tout au long. 336 grammes hauteur 
12,5cm Revendue par la maison Sotheby's


Dès 1844, il crée son propre atelier avec vingt-cinq ouvriers sous ses ordres. Il produit alors d’abord exclusivement des pièces pour son ancien employeur, François-Désiré Froment-Meurice, et ce jusqu’en 1855. Cette année-là  il reçoit la médaille de “première classe” en orfèvrerie, bijouterie et joaillerie, à l’Exposition universelle de Paris, où il présentait pour la première fois des œuvres uniquement sous son nom. À la mort de Froment-Meurice, il reprend la tête de l' atelier pendant dix ans, jusqu’en 1865 où il le laisse au fils de celui-ci, Émile, devenu majeur. Jules Wiese connaît un immense succès à l’Exposition universelle de Londres en 1862 et est depuis lors reconnu comme un des ciseleurs les plus habiles de son temps. 
En 1844 Jules Wièse  est établi 63 rue de la Tixanderie.
1850 env 
La bague large bande représentant une scène de chasse.  Poinçons d'état  français et poinçons de maître
 or 18 carats

Henri Vever explique l’apparition du Neo-gothique  par un besoin de poésie, d’imagination, de pittoresque. On pourrait ajouter le goût de la nouveauté, conjugué à la nostalgie d’un passé moins lointain que l’Antiquité.
Les ornements néogothiques de la Restauration sont en or, moins souvent en argent,
et concernent les bagues, bracelets, broches, agrafes ou châtelaines2 de style troubadour3,
ornées de motifs d’ogives, d’arcs brisés, de tours crénelées et de représentations de dames
ou de chevaliers. Ce sont aussi des bijoux dits « à la Cathédrale », c’est-à-dire d’inspiration
religieuse, tels les boucles de ceinture représentant des scènes de pèlerinage, les croix
grecques ou latines, les croix de Malte ou de Jérusalem et les rosaires arborés en parures.
L’inspiration médiévale, en faveur dans toute l’Europe4, autorise toutes sortes d’extravagances,
mais inspire aussi de remarquables parures, comme celle que commande
l’architecte et dessinateur anglais A. W. Pugin (1812-1852), et dont le bandeau est une
copie de celui des anges du retable de Jan Van Eyck, dans la cathédrale de Gand5.
Assez peu soucieux de réalité historique, les bijoutiers trouvent souvent leur inspiration
dans les romans historiques populaires, notamment ceux de Walter Scott, traduits
en français dès 1819, romans qui décrivent un Moyen Âge de fantaisie, situé plutôt vers
le XVe siècle. Les écrivains romantiques français illustrent également la mode médiévale,
notamment Victor Hugo en 1826 avec ses Odes et ballades.
Ce sont les élites, en particulier la cour sous la Restauration, qui se saisissent du style
néogothique, jouant là leur rôle classique de faiseur d’opinion en matière de modes et de
consommations. L’intérêt pour ce qui va devenir le goût du jour pousse les femmes les
plus en vue – notamment la duchesse de Berry – à choisir des toilettes et des bijoux
moyenâgeux. Elles sont imitées par le Tout-Paris, et quelquefois précédées par les comédiennes
ou les demi-mondaines : 



C'est en tant que collaborateur de François désiré Froment Meurice qu'il participe à l''Exposition universelle de 1851 qui était la première exposition universelle organisée à Londres, au Royaume-Uni. Elle a été inaugurée le 1er mai 1851 par la reine Victoria et a duré six mois, jusqu'au 15 octobre 1851. L'exposition avait pour but de présenter les réalisations industrielles de tous les pays participants et de stimuler le commerce international.L'exposition était située dans le Crystal Palace, un bâtiment en verre et en acier construit spécialement pour l'occasion dans le parc Hyde à Londres. Le bâtiment mesurait 564 mètres de long et contenait plus de 13 000 exposants de 25 pays différents. Les exposants ont présenté des machines, des outils, des textiles, des produits alimentaires, des sculptures, des peintures, des bijoux et d'autres objets d'art et d'artisanat.
L'exposition universelle de 1851 a été un énorme succès, attirant environ 6 millions de visiteurs. Elle a été considérée comme un symbole de l'ère industrielle naissante et a suscité un grand intérêt pour les expositions universelles qui ont suivi. De nombreuses réalisations importantes ont été présentées pour la première fois lors de cette exposition, notamment la première machine à écrire et la première imprimante rotative.


Bracelet rigide articulé dont l’ouverture à cliquet se fait à la partie supérieure. Deux femmes allongées sur des peaux de bête et à demi dénudées sont ciselées de part et d’autre d’un petit coffret à parfum émaillé de bleu et garni de pierres de couleur, dont le couvercle s’ouvre sur une cassolette en argent doré (vinaigrette) encadrée de feuilles d’acanthe émaillées de vert ; il y reste un fragment durci de la petite éponge imbibée de vinaigre aromatique que l’on y plaçait. Sous le coffret le bracelet prend la forme d’une loutre (?), dont dépassent la tête, aux yeux incrustés de pierres rouges, et les pattes.
Il se présente sur une base d’écrin en velours noir, dont la partie supérieure a disparu. Au dos, étiquette ovale dorée portant l’inscription « Froment-Meurice orfèvre-joaillier de la Ville de Paris. Hôtel de Ville, rue de Lobau, 2 ». Ce bracelet est au musée de la Malmaison , le premier avait été réalisé par James Pradier  en argent et Vermeil, mais le modele fut répété plus tard par Jules Wièse avec des variantes.**

Il semble que la date de 1841 soit celle du modèle fourni par le sculpteur James Pradier, comme l’indique Michèle Heuzé dans son article. Pour la fabrication, quatre de ces exemplaires portant le poinçon de Jules Wiese déposé en 1844, ils ne peuvent donc être datés qu’après cette date, entre 1844 et 1866, même si le modèle a pu être repris par le fils de François-Désiré, Emile Froment-Meurice, comme nous l’indique l’exemplaire privé portant la signature Ed. Froment-Meurice et conservé dans son écrin d’origine portant l’adresse du « 48 rue d’Anjou », magasin ouvert par Emile en 1867. Quant à l’exemplaire mis en vente chez Christies, s’il ne porte aucune signature et poinçon de fabricant, il présente le même décor de feuilles de vigne émaillées que celui édité par Emile Froment-Meurice.Précisions de madame Evelyne Possemé


Voici l un de ceux fabriqués par Jules Wièse, revendu par la maison Christie's

Le bracelet représente deux femmes en argent, allongées sur des peaux de lions de part et d’autre d’un coffret émaillé, boîte de Pandore faisant office de vinaigrette. Ces cassolettes sont appelées vinaigrettes** car elles contiennent une grille ajourée qui permettait de retenir une petit éponge imbibée de vinaigre balsamique dont l’inhalation permettait aux femmes élégantes de lutter contre les évanouissements. Ce vinaigre, lors des bals et des soirées, pouvait être conservé à portée de la main dans des flacons, des bagues à anneau creux ou dans des flacons-bagues que la femme pouvait tenir dans le creux de sa main gantée.
** Voir mon article: https://www.richardjeanjacques.com/2007/03/quest-ce-quun-bijou-vinaigrette.html
A ce jour, cinq variantes de ce bracelet sont identifiées : trois se trouvent dans des collections publiques : musée des Arts décoratifs à Paris, musée national du château de Compiègne et Schmuckmuseum de Pforzheim en Allemagne ; deux dans des collections privées dont celui présenté récemment à la vente par la maison Christies. Deux sont signés et datés : celui du musée des Arts décoratifs, (Pradier/Statuaire/FD Froment-Meurice/Orfèvre/1841) et celui d’une collection privée,(Pradier/Statuaire/Ed. Froment-Meurice). La différence de signature et la mention à l’intérieur de l’écrin indique que ce dernier a sans doute été réédité par le fils de François-Désiré Froment-Meurice à partir de son installation en 1867. Ces deux bracelets ainsi que ceux de Compiègne et Pforzheim portent tous les quatre le poinçon de Jules Wiese insculpté en 1844 au moment où celui-ci installe son propre atelier, après avoir été le chef d’atelier de François-Désiré Froment-Meurice pour lequel il continuera néanmoins à travailler.


Wiese | Bracelet en vermeil et grenat vers 1851
Centrage sculpté de chérubins musiciens et joueurs de harpe, décoré de motifs feuillagés et de grenats cabochon, poids brut environ 51 tpl, longueur 6½ pouces, avec dosage français et poinçon de maître pour Jules Wièse ; vers 1850. 
Littérature: Illustré dans From Slave to Siren par Dora Jane Janson, page 21, figure 12, numéros de catalogue 36-37. revendu par Sotheby's

La maison Wièse déménage en 1853 48 rue de l'Arbre sec à Paris.



Vers 1855 Bracelet Or, Argent, Email. se trouve au Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris.  Hauteur : 18.7 cm  Largeur : 3.5 cm  Profondeur : 1.25 cm 
Poinçon de garantie - Poinçon de garantie, sur le fermoir, en haut : "[ tête d'aigle]"
Poinçon de fabricant, sur le fermoir, en bas : "[JW / deux étoiles]"
Bracelet articulé décoré de six personnages en haut relief inscrits dans des médaillons ovales à décor de fleurons, reliés par des torsades.
Pour ce bijou, il s'inspire manifestement de la série de bustes que Ghiberti cisela sur l'encadrement des portes du Baptistère de Florence entre 1400 et 1425.


C'est le poinçon de Jules Wièse


Alors que celui de son fils Louis, inscrit au milieu d un losange horizontal son nom en toutes lettres et une étoile au dessus et une en dessous.

La veuve de François désiré Froment-Meurice après sa mort brutale le 17/02/1855 à l age de 53 ans, juste quelques mois avant l'exposition universelle de 1855,décide de conserver la direction de l'entreprise, qui est présente à l'exposition.
Elle exposera le reliquaire du talisman de Charlemagne commandé par Napoleon III.


Les photos disponibles ne sont pas très nettes


Sur celle ci on distingue mieux la fenêtre rectangle en bas du reliquaire, ou se trouve la relique.

Le reliquaire sera éxécuté par Jules Wièze, celui-ci commande le 1er mai 1855, au sculpteur Geoffroy-Dechaume (pour le compte de Froment-Meurice, les symboles des Evangélistes et quatre anges portant les instruments de la Passion.
Jules Wiese, bien que luthérien et membre du Consistoire supérieur, réalise également des pièces pour l’Église catholique,


1855 Le talisman de Charlemagne est un reliquaire portatif ou encolpion** du IXe siècle. Il fait partie du trésor de la cathédrale de Reims conservé au Palais du Tau.
Reliquaire du Talisman de Charlemagne pour Napoléon III (1855), est en Argent : doré, émail
Marque d'auteur : Froment-Meurice (signature ?). Poinçon de maître : poinçon de l'orfèvre Jules Wiset**, actif à Paris entre 1844 et 1858. Date : 1855. Poinçon garantie et titre argent Paris depuis 1838 : tête de sanglier, poinçon de petite garantie pour l'argent, à partir de 1838 (répété deux fois). Armoiries : armoiries de l'Empire.
Reliquaire peut-être conçu par Froment-Meurice pour Napoléon III, et exécuté par Jules Wiset, en 1855, pour abriter cinq reliques : au sommet, le lange de N. S. Jésus Christ ; en dessous, à gauche, la robe de la sainte Vierge ; en dessous, au centre, le Talisman de Charlemagne ; en dessous, à droite, le suaire de saint Jean-Baptiste ; en bas, dans le soubassement, l'os du bras droit de Charlemagne. Toutes ces reliques sont encore en place, sauf le Talisman de Charlemagne, présenté à part au palais du Tau.

**Un encolpion (grec : ἐγκόλπιον, enkólpion : « sur la poitrine ») est une croix pectorale, mais c'est aussi le terme utilisé pour le médaillon, comportant une icône en son milieu, que portent les évêques orthodoxes ou uniates (grecs-catholiques et autres) sur la poitrine, attaché par une chaîne autour du cou.
** Il fut, "dit" Wiset au lieu de Wièze


Ces deux pièces sont aussi décrites comme étant marquée Wiset: le coffret en vermeil à couvercle amovible, ciselé de scènes pastorales, poinçonné ; une tabatière en cuivre vermeil avec couvercle à charnière, le couvercle ciselé d'une scène représentant trois femmes dans des volutes . revendu par Sotheby's.

Très difficile de nos jours de trouver des oeuvres de Froment-Meurice qui ont en réalité été executées par Jules Wiese et déja à l'époque, des journalistes contestèrent à Froment-Meurice le merite de ses oeuvres. 
F.de Lasteyrie y fait deja allusion clans son article necrologique, tout en le defendant (Le Siécle, Z7 mars I855). Quelques rnois plus tard, un article de Gustave Planche (Revue des Deux-Mondes, 15 novembre I855) relance la polémique et declenche une vive reaction de ses anciens collaborateurs, lesquels, àl'instigation de Paul Meurice, signent une petition pour souligner au contraire combien Froment-Meurice prenait soin de mettre leur part en valeur. Malgre la diversite de son oeuvre, on peut bien parler en effet d’un << style
Froment-Meurice ». Theophile Gautier le souligne : << Son idee, sinon sa main, a mis un
cachet sur toutes ses oeuvres. Comme un chef d'orchestre, il inspirait et conduisait tout un
monde cle sculpteurs, de dessinateurs, d’ornemanistes, de graveurs, d’emailleurs et de
joailliers. . . >> (La Presse, 4- avril I855).

J'ai retrouvé un article dans la revue des Arts décoratifs qui montre que la polémique continuait en 1882

« Monsieur,

« Je lis dans le numéro. du 15 novembre de la Revue des Deux Mondes un article intitulé l'Orfèvrerie à l'Exposition et signé Gustave Planche. Cet article contient sur FromentMeurice, mon frère, mort il y a quelques mois à peine, des. allégations de faits qui veulent un démenti. Je laisse entièrement de côté, dans les pages de M. Planche, les critiques qui pourraient toucher le talent de l'artiste chez mon frère; mais c'est mon devoir et par conséquent mon droit de relever les attaques qui voudraient atteindre le caractère de l'homme.
« M. Planche reproche à M. Froment-Meurice « d'avoir signé de son.nom des châte« laines, des agrafes, des salières élégantes, quand des gens du métier savent très bien que « ces pièces d'orfèvrerie n'ont été ni conçues ni exécutées par lui... » — Je vous adresse, monsieur le directeur, les extraits des rapports des jurys de 1844, 1849 et 1851 ; ils constateront suffisamment dans les pièces exposées par Froment-Meurice la part d'invention ou d'exécution qui lui revient, et je n'ai pas à insister sur ce point. Mais M. Planche ajoute : « Qu'un fabricant bien achalandé néglige de nommer les artistes qu'il emploie, « qui font la source de sa richesse, je ne l'approuverai pas ; mais qu'il se laisse donner pour « l'auteur dès oeuvres qui ne sont pas sorties de ses mains, c'est un fait plus grave encore, et « qui doit être plus sévèrement qualifié. J'aime à croire que le fils de M. Froment-Meurice « suivra une autre méthode pour établir sa réputation. »



Coupe nautile à monture d'argent, Jules Wiese, Paris, vers 1860 la base ornée d'une frise de feuilles de nénuphar, la tige en forme de triton sortant de l'eau et tenant un serpent, crachant de l'eau soutenant la coquille, cette dernière monture ornée de fleurs et de deux putti et surmontée d'un putto tenant un collier de perles, signé WIESE sur la bordure des pieds , le fût formé d'un triton sortant des eaux et tenant un serpent de la main droite, crachant un jet d'eau soutenant le coquillage, celui-ci orné de fleurs et de deux puttis, sommé d'un putto tenant un collier de perles, signé WIESE sur le bord du pied Haut. 25cm 

JULES WIÈSE BRACELET XIXème SIÈCLE articulé en dix pièces, délicatement ciselées sur fond guilloché de motifs de rinceaux et de pommes de pin, symboliques du style néo-gothique. Ce bracelet en or jaune 18K présente la signature « Wièse » sur le fermoir Travail français. Tour de poignet : 16.5 cm. Poids brut : 88.5 gr. 


Un bracelet Napoléon III en argent et or 18 carats. revendu par la maison Lempertz

Un bracelet Napoléon III en argent et or 18 carats. Conçu comme un bracelet articulé décoré de vignes et de putti, serti de 23 rubis. Le cartouche central de verre rouge sur une base en nacre avec un monogramme "RL" appliqué sous une couronne comitale. L env. 19 cm. Poids 88,9 g.
Jules Wièse (Berlin 1819 - Paris 1890), ca. 1860.



Rare service à thé et café de style ottoman en argent partiellement doré par Jules Wiset, et LouisManant pour Henri Duponchel, estampé Duponchel, Paris, vers 1860
Jules Wiset, c'est Jules Wièse et il a réalisé la Théière et le sucrier de ce service, à thé et café de style ottoman en argent partiellement doré par Jules Wiset, et Louis Manant pour Henri Duponchel, estampé Duponchel, Paris, vers 1860

Dimensions du coffre 72x63x28 cm , 10 100 g ; décoré d'arabesques comprenant: une bouillloire sur son réchaud avec sa lampe, une cafetière, une théière, un sucrier couvert, un pot à lait, un bol, et un plateau circulaire gravé aux armes Cambacérès, dans son coffre estampé sur la tranche intérieure: DUPONCHEL rue Nve St Augustin 47, Paris, le couvercle orné d'une plaque en cuivre portant les armoiries d'alliance Cambacérès/Davout d'Eckmülh et étiqueté: succession Albuféra/ service à thé style arabe / de la comtesse de Cambacérès / née née Davout d'Eckmülh, 

La maison Sotheby's qui a revendu cet ensemble nous indique la provenance:  Adèle Davout d'Auerstaedt d'Eckmühl (1807-1885), fille du maréchal Davout, prince d'Eckmühl qui épouse en 1827 le comte Etienne de Cambacérès, fils de Jean-Pierre-Hubert de Cambacérès, frère de Jean-Jacques, second consul et archichancelier de l'empire.
Par descendance à son fils Louis de Cambacérès (1832-1868), mari de la princesse Bathilde Bonaparte, puis à leur fille Zénaïde de Cambacérès (1857-1932) qui épouse Raoul Suchet 3e duc d'Albufera.
Puis à leur fils Louis Suchet, 4e duc d'Albufera (1877-1953) qui épouse Anna Masséna d'Essling et de Rivoli, arrière-petite-fille du maréchal Masséna.

La maison Chamarande a revendu cette COUPE NEO RENAISSANCE SIGNÉ JULES WIESE
Jules Wiese
Coupe ovale en agate sur une monture en vermeil ornée de motifs d'émail polychrome et de cabochons de turquoises, pierres de lune et grenats, circa 1860-70
Signée JW sur le socle 
Poinçon de titre français (sanglier) Ht 13 cm, L 16 x 7,8 cm

En 1860  Jules Wièse va réaliser  une épée d'honneur commandée par la ville d'Autun pour le Maréchal Mac-Mahon d'après le dessin du sculpteur Schoenewerk, je n'ai pu en trouver une illustration.



C'est une coupe couverte en argent, argent doré, cristal de roche, perles, grenats, chrysoprases de 21 cm de haut, statuette de chevalier sur le haut, style renaissance, signée Froment Meurice mais réalisée par Wièse à plusieurs exemplaires , et qui fut présenté à l exposition universelle de 1862 .

Il reste fidèle  aux idées de son Maitre Froment Meurice dans le style néo-gothique et néo-Renaissance en orfèvrerie et joaillerie. C'est avant tout un sculpteur et un ciseleur avec une technique d'orfèvre plus que de Joaillier.
Il applique souvent de l’oxyde de mercure sur ses bijoux en argent afin d’en accentuer l’aspect « vieilli ». mais aussi  il lui arrive d’ajouter du rouge de bijoutier sur les pièces en or afin de donner l’impression d’avoir été récemment déterrées. 
Ses gouts en matières d utilisation des pierres précieuses   sont influencés par  la collection du marquis Campana acquise par Napoleon III et conservée  au Louvre , ce qui lui inspire des bijoux dans l’esthétique de l’Antiquité. Ces derniers étaient la plupart du temps faits d’or fin et ornés de cabochons et de perles de camées  en pierres fines ou dures. Il les présentera à l'exposition universelle de Paris  en 1867, cette production lui apporte une médaille de bronze lors de l’Exposition universelle de Paris , ce qui sera pour lui une grande décéption.




IMPORTANTE BROCHE en or jaune et argent, stylisant un sujet naturaliste retenant trois oiseaux dans leur nid, et un serpent dans un décor de feuilles de vignes et de grenats de taille cabochon en serti clos. Dans son écrin de forme signé J. Wièse Poids brut: 40,6 g Hauteur: 7 cm Largeur: 5 cm A garnet, enemal, silver and yellow gold brooch by Jules Wiese La maison Osenat l'a revendu pour 1860-70, je pense que c'est avant cette date.

Un sceau à Main en Vermeil par Jules Wuièze vers 1870
Conçu comme un chasseur sonnant du cor, debout avec son cheval sous un arbre, son chien et un cerf mort couché sur le moulu à côté de lui, un cabochon rouge grenat surmontant la poignée, la matrice gravée d'un blason français
(98 mm.) haut
poids brut (176 gr.)
Les armes sont celles de Le Clerc empailing de Percin de Montgaillard de Lavalette, pour Charles-Léon-Ernest Le Clerc (1825-1886), marquis de Juigné, député de la Sarthe 1871-1876 et son épouse Charlotte-Bernadine -Auguste, née de Percin de Montgaillard de Lavalette, qu'il épousa en 1844.


Vendu par la maison Sotheby's. Etui en jaspe multicolore d'Inde monté en or et argent, attribué à Jules Wièse, Paris, vers 1870
• Haut. 13 cm ; 5.11 in. high
Le corps en jaspe de forme chantournée, reposant sur quatre dragons ailés en argent, la prise du couvercle représentant un putto en argent agenouillé tenant des fleurs, les anses en double console en or sur lesquelles sont perchés deux oiseaux de paradis, dans un étui rouge postérieur à la forme estampillé J. Kugel, 7 rue de la Paix, Paris



Revendu par la maison Couteau Bégarie, 
Un bracelet souple en or jaune, composé de motifs ronds ajourés de fines volutes symétriques, chacun est relié par deux anneaux en maille jaseron. Fermant par un cliquet intégré dans l'un des motifs avec une chaînette de sécurité. Dans son écrin, signé WIESE, 90 rue de Richelieu. Poids: 26,20 g.  Le 90, rue Richelieu, l'une des nombreuses adresses de la maison WIESE, fût occupé dès 1864, comme nous l'indique la marque de l'écrin d'origine. 


Broche revendue par Sotheby's, de Louis Wiese à la fin du 19ème siècle
De conception Néo-Renaissance, représentant une scène de chasse dans un entourage feuillagé ajouré de style Néo-Renaissance, signé WIESE,poinçon de dosage français, poinçon de maître pour Louis Wièse, étui estampillé WIESE.
Rappelons que Jules Wiese en 1880 cesse d'exercer et passe la main à son fils Louis qu'il aura formé ainsi que Emile Philippe  et Leopold Hubert


Revendu par Sotheby's :  Louis Wiese bracelet Composé de maillons floraux articulés, circonférence intérieure 180 mm, poinçon français de l'or 18 carats (750°/00), poinçon de maître Louis Wièse, poids brut environ 41,25 grammes.


Revendu par PIASA, Louis WIESE 
Années 1880-90: Broche ajourée d'inspiration néo-gothique en or jaune 18k (750‰) très richement ciselé et gravé de rinceaux et feuillages:Signée, poinçonnée et poinçon de Maître Orfèvre. Dimensions : 4,3 x 3,1 cm. Poids : 15,4 g
Louis Wièse va suivre l'enseignement de son père , avait certainement conservé des modèles de son père  mais en ellabora de nouveaux


Louis Wiese revendu par Sotheby's:  or, rubis, saphir Composé d'une série de quadrilobes incrustés de cabochons de rubis, de saphirs et de portraits, longueur environ 190 mm, signés Wièse, poinçons de maître.
1890 Louis Wiese revendu par Sotheby's 
La broche circulaire de style archéologique représentant le profil d'un guerrier, peut-être Minerve en relief, encadrée de cabochons de rubis et de perles, à une bordure en corde et perles en or, signée WIESE, poinçons français et poinçon de maître de Louis Wiese avec une étoile au-dessus et ci-dessous dans un losange horizontal.


Collier de Louis Wièze


Dans le Style néogothique  broche en or de Louis Wièse entre 1890 et 1900  


Bague néo gothique 1890 à 1900, en or:  https://www.fabiandemontjoye.com/


Epingle Néo gothique en or vers 1890-1900  Louis Wièze: https://www.fabiandemontjoye.com/


Chevaliere en or style Néo-renaissance  1890-1900 de Louis Wièze: 


Coté de la chevalière


Broche Ange en or style néo-renaissance de Louis Wiese vers 1890-1900 : https://www.fabiandemontjoye.com/


COLLIER INTAILLES ÉTRUSQUES CORNALINE, PAR WIESE
Formé d'une fine chaîne d'or retenant vingt-neuf scarabées étrusques en cornaline du IVème et IIIème siècle avant J.C. gravés en intaille dans le style "Globolo" représentant entre autres un griffon, une silhouette nue tenant un bâton et une épée, peut-être Heraclès, un cheval ailé, Pégase, un satyre jouant d'une double flûte, Heraclès remplissant une amphore, un centaure et une déesse ailée, peut-être Lasa, alternés de boules d'or , fin XIXè siècle, 47 cm, poids brut : 204.63 g, monture en or jaune 18K (750), poinçon français
Signé Wiese



L'une des marques de fabrique utilisée par Jules Wièse et son fils louis de sont les bijoux en forme de Quadrilobe**   BROCHE ANCIENNE EN ÉMAIL ET GEMMES, PAR WIESE revendue par Christie's
De forme quadrilobe centrée d'un feuillage émaillé vert avec détail de diamants taillés en rose, une perle bouton au centre, altérations. Signée Wiese
**: Le quadrilobe est un Ornement de la période  gothique formé de quatre lobes en arcs brisés.



WIESE louis  1895 chez Chassaing : https://bijouxsignes.fr/fr/homepage
Broche ajourée signée "WIESE". Entièrement ciselée, elle représente une chimère enserrant un serpent menaçant. Présence de deux poinçons "tête d'aigle" et du poinçon du joaillier Louis Wièse (1852-1923) 
Métal : or jaune 18k (750‰) Dimensions : hauteur : 1,7 cm - largueur : 2,7 cm - épaisseur : 1,1 cm Poids : 11,20 g


Poinçon de Maitre de Louis Wièse sur broche



Louis Wiese  bague en Or 750/1000° Lapis Lazuli,Diamant Fin du 19e siècle fabrication:  vers 1900


Revendu par la galerie Tadéma de Londres : https://www.tademagallery.com/



Crosse du Pape Leon XIII  réalisée par Wièse pour Froment Meurice


**: BIBLIOGRAPHIE
Philippe Burty, « F.D. Froment-Meurice, argentier de la ville, 1802-1855 », Paris, 1883
Henri Vever, La bijouterie française au XIXe siècle « , Paris, Floury, 1906, tome 1
Michèle Heuzé, « Pradier intime, bijoux et camées », L’Estampille/L’Objet d’art, n° 380, mai 2003, p. 70-78
Marie-Elise Dupuis, « Rediscovery of the Mermaids’pearl bracelet » , Silver Magazine, november-december 2016, p. 24-31
Trésors d'Argent: Collection Paris Musées.
Jacqueline Viruega

Une remarque, un complément? m'écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com


samedi 8 avril 2023

Asscher France sauvé de l'aryanisation par le directeur général de Cartier , Mr Collin. mais il existe aussi la Maison B.A. Asscher.


Isaac Asscher

 Isaac Joseph Asscher aurait fondé  l'Asscher Diamond Company en 1854 et il avait  installé son bureau à Tolstraat 127 à Amsterdam. Mais étant né en 1843, il n'avait que 11 ans....?
Ce doit donc être son père Joseph Isaac Asccher, qui était cordonnier et se serait converti tailleur de diamant au point de devenir un artisan connu. 
Joseph Isaac a  créé la société diamantaire I.J. Asscher, du nom de son fils Isaac Joseph Asscher, qui a suivi les traces de son père et est entré dans l'industrie du diamant. Il a transmis son savoir-faire à ses cinq fils, dont Joseph (un tailleur de diamants prolifique et sans égal) et Abraham (un innovateur et homme d'affaires talentueux)

Quand furent decouverts des diamants en Afrique du Sud, l’industrie diamantaire hollandaise connaissait, tout comme celle d’Anvers, un taux de chomage particulièrement élevé. Mais, grace aux nombreux investissements qui avaient ete faits au cours des annees 1840, quand l’avenir semblait assuré, elle beneficiait d’un equipement technique et de structures commerciales qui la mirent d’emblée en position de force. Certaines fabriques etaient alors considerées alors comme les plus modernes d’Europe et ce n’est pas le fruit du hasard si les premières pierres brutes venant d’Afrique du Sud leur furent confiees pour etre taillées. Tres vite l’atmosphere fut à l’optimisme et la vie opulente (l’expression n’est pas trop forte ) que menèrent à partir de 1871 ouvriers et diamantaires et elle a donne naissance a beaucoup d’histoires qui ne sont pas toutes inventées. Il y avait du travail pour plus de 2000 ouvriers au moins, quand la ville n’en comptait pas plus de 1200. 


The Big Hole («le grand trou»), l'ancienne mine de diamants à ciel ouvert de Kimberley en Afrique du Sud.

Ainsi deferlait, sur la lointaine Europe, un peu de la fievre de Kimberley. 

Les patrons  se regroupèrent au sein de l’Association geerale des Joailliers (Amsterdamse Juweliersvereniging) ; le mot "joaillier" etait alors le terme consacre pour designer les maitres de l’industrie cliamantaire.

Le prestige de certaines tailleries d’Amsterdam etait alors sans égal et lorsqu’en 1903 la De  Beers decida de faire tailler l’Excelsior, qui avait ete trouve en 1893 dans la mine de Jagersfontein et qui etait alors le plus gros diamant connu (925,20 carats), c’est aux Etablissements Asscher qu’elle s’adressa. Considérés comme les plus grands diamantaires du moment, les freres Asscher devaient avoir le privilege d’etre choisis, quatre ans plus tard, par le roi Edouard VII d’Angleterre pour tailler l’enorme Cullinan qui venait de lui etre offert par le gouvernement du Transvaal, en gage de fidelite et d’attachement à la Couronne britannique. 


 Siège de la Royal Asscher Diamond Company sur la Tolstraat 127 à Amsterdam.

Une industrie moins importante, mais encore présente. D’une maniere inexplicable, la Hollande ne sut pas tirer parti de la position privilégiée que lui avait value sa neutralité pendant la Premiere Guerre mondiale. En 1921, sur les 9000 membres de l’Union des Travailleurs hollandais, 7 000 étaient sans travail.  Anvers devint tres vite un pôle d’attraction aussi bien pour les ouvriers que pour les diamantaires hollanclais, assurés d’y trouver une situation sociale et fiscale plus favorable. 

Entre ternps, le marché du brut s’était, lui aussi, déplacé, ce qui ne fit qu’accentuer le mouvement de migration. Aussi, quand survint la grande crise des années 1930, celle-ci fut-elle encore plus durement ressentie clans la métropole hollanclaise que chez sa voisine et concurrente. L’invasion allemande et l’0ccupation du pays par les nazis allaient porter a l’industrie hollandaise du diamant un coup dont elle ne se releverait que difficilement.

En 1950, l’Association des producteurs ne comptait déja plus que 40 membres et beaucoup, depuis, ont disparu. Seules d’anciennes firmes, bien établies et dont le renom est intact, continuent a y prospérer; mais la ou des milliers d’ouvriers étaient employés, on ne les compte plus aujourd’hui que par centaines. 



Le 22 avril 1899, Joseph et Louis vont créér une société en France  au 8 rue Lafayette  à Paris


Joseph devint  un tailleur de diamants renommé. En 1902, il a développé et fait  breveter la coupe dite Asscher, une coupe octogonale qui a immédiatement été populaire auprès de l'élite. L'intérêt pour les variantes de la taille Asscher a culminé pendant l'art déco (1910-1930) lorsque les formes géométriques austères ont régné en maître.


Dessin annexé à son brevet.


Joseph Asscher a compris l’importance de la taille d’un diamant pour libérer la beauté et l’éclat inhérents à la pierre. À une époque où les tailleurs de diamants comptaient uniquement sur leur intuition et leur expérience pour tailler avec précision la matière la plus dure connue de l’homme, Joseph a fait preuve de patience et de force de caractère extraordinaires. Après tout, c’était dans son sang: Joseph avait appris le métier de son père, qui l’avait appris lui-même son père Isaac Joseph Asscher le fondateur de l’entreprise familiale en 1854.


1903,  au mois d'Aout ,Joseph va transformé sa société en devenant société en nom collectif, toujours au 8 rue Lafayette à Paris et se déclare "Marchands et tailleurs de diamants"


le 11 décembre 1903 dans le journal le XIX eme siècle



1905- Paris, 4 juillet.—]uin a été un mois calme dans le commerce des diamants et les affaires pendant
Jusqu'à présent,  durant le mois de juillet semble encore moins actif.
A la demande du Gouvernement belge, les autorités ont récemment arrêté un nommé Kohn, un diamantaire de Anvers, qui a échoué il y a quelque temps. et poursuivi une procédure de faillite frauduleuse.
Kohn a été emmené à Anvers. Georges Asscher. de B A. Asscher, revenu récemment d'Amérique. Louis et Jules Peeters, d'Anvers, ont  visité le marché parisien   cette semaine.

C'est ainsi que je découvre l'existence d'une autre maison Asscher, qui elle, existe toujours aussi en 2023, mais je l' expliquerais plus loin dans cet article.


le 11-07-1911 Le président de la république en visite officielle en Hollande visite la taillerie de diamants de Joseph Asscher


23/12/1918 



Je n'ai pu trouvé son dossier que la Base Leonore de la Légion d 'Honneur ne publie pas, sauf...
ASSCHER Joseph : né [sans indication] ; hollandais. directeur de la cristallerie de diamants de
Versailles (Yvelines); fondateur d'œuvres pour la rééducation des mutilés de guerre.
secteur(s) d’activité : Pierres précieuses, Œuvres sociales. date(s) du dossier : 1921.


1921 Inauguration de la taillerie de diamants de Versailles, installée par Joseph Asscher.
J ai traité le sujet très interessant de cette taillerie de diamant dans un chapitre à part:


15-06-1922 Joseph cité dans la revue "Le Juif"


En 1930 modification de la société Joseph Asscher et Cie Elie Asscher cede ses droits à ses frères Joseph et Louis .


1931  Louis Asscher  préside sa commission à l exposition coloniale de 1931


En 1931 cette exposition Coloniale fut très importante, en témoigne accueille une immense réplique du temple cambodgien d’Angkor Vat. 


le 15/12/1934, Louis et Joseph Asccher avait créé la "société méditéranéenne minière, méttalurgique et commerciale.


Joseph Assher


Le 20/08/1937  toute la presse le cite: Joseph Asscher est mort à Deauville



C'est avec une profonde emotion que nous avons appris la mort de nolre ami, M. Joseph Asscher, survenue le 19 aout à Deauville.
Depuis longtemps, son état de santé était précaire, mais rien ne pouvail laisser prevoir une fin aussi soudaine.
Avec lui disparait un homme de bien et  un grand ami de la France.
Il avait fait de notre pays sa terre d’élection ll s’était assigné comme tache particulièrement chere à son cceur de veiller à ce que rien ne vint troubler l'amitié traditionnelle de la France et de la Hollande,
sa patrie. ll a fail mieux : il l’a developpée, en mainte occasion, par l’effet de son aclion personnelle.
M. Joseph Asscher était president de la Chambre de Commerce des Pays-Bas à Paris. Dans ce role délicat et souvent difficile, sa longue habitude des affaires et sa culture générale ont servi à la fois la cause des deux pays, de leurs ressortissants et de leurs gouvernemenls.



Au sein de la puissante firme de diamants dont il partageait, à Paris et  Amsterdam, la responsabilité avec ses fréres, M. Joseph Asscher n’a jamais oublié qu’il était fils adoptif de la France. ll l’a prouvé en élevant aux environs de Versailles la taillerie ou s’exercait la main-d’oeuvre française.
Enfin, et surtout, c’est aux heures sombres que les chefs de la maison Asscher ont acquis les droits les plus surs : la reconnaissance francaise.
C’est  à leur instigation, en effet, que furent créées au Grand Palais, pendant les hostilités, l’Union des colonies étrangeres en faveur des victimes de la guerre et l’Oeuvre de rééducation des mutilés. M. Jo-
seph Asscher en fut l’âme. C’est faire le plus bel éloge de l’ami qui n’est plus que d’évoquer aujourd’hui ce passé. M. Joseph Asscher était chevalier de l’ordre du Lion néerlandais et commandeur
de la Legion d’honneur.  Nous prions Mme Joseph Asscher, ainsi que M. Louis Asscher et les siens, d’agréer l’expression de nos profondes condoléances. Les obsèques de notre regretté ami ont eu
lieu le 21 aout, au cimetiére du Pere Lachaise. J. M.

C'est donc son frère Louis qui va lui succéder. 
Mais arrive la guerre et nombre d'entreprises juives savent ce qui est arrivé à leurs semblables dans l'Allemagne de Hitler.

Certains français de confession  juive croient le Maréchal Pétain, d'autres savent ce que vont faire les Nazis. Les Rothschild par exemple ont réagi très vite, ils connaissent mieux que tous les pratiques antisémites  (grace à leur famille installées dans les territoires déjà occupé par le Reich) et sa haine de la réussite et de la fortune des juifs, ils partent.
Les Arpels de Van Cleef & Arpels sont dans les plus rapides à réagir et déménagent leur stock en zone libre et vendent la société a une relation deux mois plus tard. Les Pierre et Paul Wertheimer (parfums Chanel)  cèdent dès 1940 leurs intérèts à un industriel de l'aéronautique Félix Amiot eux aussi dans le cadre d'une fausse Aryanisation et d'autres aussi. C'est ce que firent  les Asscher, mais ma surprise repose sur la personnalité de celui qui les aida à réaliser cette "aryanisation bidon" c'est à dire l'un des deux grands directeurs de "CARTIER"
Je me procure le dossier d'Aryanisation de la maison Assher, dirigée par Louis et là , grosse surprise!!


Je découvre que Monsieur Collin, a l 'époque directeur dénéral de Cartier au 11 rue de la Paix à Paris a repris la majorité des actions de la maison Asscher du 8 rue Lafayette.



Et les choses se feront, l aryanistion sera réalisée et de nouveaux actionnaires , tous aryens seront nommés pour remplacer la famille.

Les cessions d'actions ont été opérées à la fin mai 1941 et les actionnaires nouveaux sont:

Mr Collin Paris 31 rue Malesherbes(son domicile)                 700 actions
Mr Falize Pierre  2 rue Thiévielle                                             60 actions
Mr Brethiot 13 rue Montyon                                                   100 actions
Mr Chamard    30 rue Cortambert                                           110  actions
Mr Decrais                                                                                   5 actions
Mr Pierre Faucheux                                                                     5 actions

Pierre Falize était l un des trois fils de Lucien Falize ( Paris 4 août 1839 - Paris 4 septembre 1897) qui fut un joaillier et écrivain français en France, qui a été le pionnier et le moteur du mouvement Art nouveau avec son entreprise Falize.  Il est connu pour ses créations époustouflantes et innovantes pour les ventes publiques et privées.

Evidemment chacun dut fournir toutes preuves de leur Aryanité. Le certificat d'aryanité (en allemand : Ariernachweis ou Arierschein) est, sous le Troisième Reich un document attestant de l'appartenance d'un individu à la race aryenne et garantissant ainsi qu'il est exempt de sang étranger ou juif.

Pourtant Fernand Poncet (l'administrateur) demanda par écrit à pouvoir garder dans l'entreprise l'irremplaçable Ben Asscher comme employé à la taillerie de diamants , qui n'avait jamais joué un rôle dans la direction mais qui serait utile en tant qu'"Estimateur" et qui aurait pu s'occuper de l'exploitation. mais ce lui fut refusé.

Autre chose étonnante la Taillerie fut fermée en juin 1940 à la demande du "Comité d'organisation des industries et métiers d'art" créée par l administration de Ph, Pétain.
Le Comité d’0rganisation des industries et rnétiers d’art conseilla aux diamantaires restants de former une société cooperative pour prendre en charge les stocks des diamantaires juifs.
La taillerie fut réouverte à nouveau en décembre 1940 dans le but de faire travailler les ouvriers diamantaires (non juifs) au chomage et de conserver un noyau de lapidaires capable de faire de nouveau apprentis.
Les comités d'organisation sont un ensemble d'instances créées par le Régime de Vichy pour contrôler et diriger l'économie française pendant la période d'occupation par l'Allemagne, durant la Seconde Guerre mondiale.
D'abord destinés à protéger les intérêts français, ils deviennent rapidement un outil de la collaboration économique. Les comités d'organisation se font le relai des instructions du gouvernement de Vichy. Par exemple, Pierre Laval leur adresse le 2 juillet 1942 une ordonnance leur demandant de relayer ses instructions auprès des entreprises et que chacun des comités d'organisation coordonne pour améliorer le rendement de la relève.


On découvre aussi que les deux sociétés , celles d'Amsterdam et de Paris sont liées



Asscher France , dans son bilan de 1940, avait des comptes débiteurs à son profit, Chaumet par exemple devait 17080frs, Ponti Gennari 144,567 franc Au printemps  403,867frs
Boivin 175,000 Mauboussin le plus gros débiteur 900,630 francs soit l'équivalent de 37,840,646 euros de nos jours et même si ces convertions en Euros de l'INSSEE sont discutables, c'étaient des sommes très importantes!!


Vu les dates et d autres réflexions, cela sent l'aryanisation bidon, organisée, et chose remarquables pour la suite, c'est le lapidaire PONCET qui est nommé administrateur de l'aryanisation.


De plus il demande à ce qu'on lui affecte l'aryanisation de la taillerie de diamants de Versailles


On pourrait pense, quoi de plus normal d'acheter une entreprise bradée par les Allemands sous pretexte qu elle appartient à un "Juif"? mais la suite est étonnante
Je veux vérifier d'abord aupres de Francesca Cartier Brickell qui me répond de l'avion ou elle se trouve.

Merci, c'est fascinant, il semble bien que ce soit lui - il a pris sa retraite en 1957 en raison de problèmes de santé (il avait deux ans de moins que mon arrière-grand-père). Malheureusement, je n'ai pas de photo de Louis Collin (je ne pense pas qu'il ait eu des enfants) mais il était le bras droit de Louis Devaux et j'ai beaucoup de correspondance de lui, des années 30-50.
Je les lirai correctement dès que j'arriverai demain et je vous ferai savoir ce que j'en ai fait.
Bravo d'avoir trouvé ça !
Bien cordialement, Francesca

Francesca Cartier Brickell 07:08 
À moi
Merveilleux, c'est logique, car Louis Devaux a été libéré de la prison militaire en septembre 1942. Je suis un grand fan de votre travail, alors je suis heureux que mon livre a été d'une certaine manière utile pour reconstituer le puzzle du passé ! Quelques détails biographiques supplémentaires pour M. Collin, en cas d'intérêt :
• Louis Joseph Marie Collin
• Né : le 28 novembre 1886 à Dijon (21)
• Marié : 26 octobre 1912 à Yvonne Jeanne Joséphine Laffage Alise-Sainte Reine (21)
Décédé : 18 janvier 1960 Grasse (06)

Puis , 

Bonjour Jean-Jacques , j'ai trouvé la lettre en question (que j'ai transcrite ci-dessous), elle est de Louis Asscher (Société Diamantaire Asscher, 8 rue Lafayette Paris) et datée du 25 juin 1945. Il y a peu de contexte, mais je crois que Louis Collin a reçu la Légion d'Honneur et je pense que cette lettre a probablement été écrite à l'appui de cette distinction, car elle est rédigée de manière assez formelle (je pense qu'il était déjà Chevalier dans les années 1930, mais peut-être visait-il à obtenir le niveau supérieur...). 

Elle ne vous donne pas la motivation sous-jacente (car elle n'est pas exprimée par Collin), mais je pense que cela montre clairement qu'il s'agissait d'une action altruiste. Si possible, je préférerais que vous ne le citiez pas en entier, mais c'est à vous de voir et aucun problème pour utiliser les extraits. J'espère que cela vous aidera, j'ai hâte de lire votre travail, faites-moi savoir si vous avez besoin d'autre chose sur M. Collin. 

Je soussigné, Louis ASSCHER, Commandeur de la Légion d'Honneur, Président du Conseil d'Administration de la Société Diamantaire Asscher, déclare que dès 1940, Mousieur Louis COLLIN, à ce moment Président du Conseil d'Administration de la Société Cartier, s'est offert spontanément pour nous aider dans les circonstances difficiles créées par les lois raciales instituées par les Allemands et exécutées par le Gouvernement de Vichy, et ceci, tout en sachant à quoi il s'exposait. Monsieur Louis Collin nous a aidé à constituer une Société aryanisée avec le concours d'amis et il en prit lui-même la présidence, en plein accord avec son Conseil d'Administration. Il nous a soutenu efficacement et au péril de sa liberté pour passer ces années si périlleuses. Au lendemain de la libération, il nous a spontanément et immédiatement remis notre société intacte.

Bien cordialement, Francesca



Et j'ajoute que le Lapidaire Poncet , nommé administrateur, a rendu les honoraires qu il avait touché et qui avaient été prélevés sur la société Asscher, et ce fait est rare, très rare, car certains déjà cité sur mes blogs n'ont rien rendu de leurs acquisitions aryanisées, pretextant qu ils avaient acheté à un notaire, etc etc ...etc.

Excellente société que Poncet dont je fus client de 1972 a 2007

Alors, si je sais ce qu'est devenue la maison Poncet, je n'ai rien trouvé au sujet de Monsieur Collin, et...

Francesca Cartier Brickell f.cartier.brickell@gmail.com

14 févr. 2023 11:53
À moi
Ok, c'est bien de garder cette histoire vivante. Je n'ai pas réussi à trouver de descendants jusqu'à présent - il est né en 1886 et est décédé en 1960. Je pense que c'était un mariage sans enfant - je me souviens d'une interview que j'ai faite à ce sujet, je vais essayer de la retrouver...


C'est Louis  Asscher qui continuera l'entreprise  après la guerre.
Il est necessaire de lire: Le pillage des diamantaires en Belgique par les nazis.
Mais il existait aussi une autre maison Asccher, plus précisément B.A. Asscher et cette maison, de reprise en reprise existe toujours à Paris

La maison B.A. Asscher  importait des diamants , en partie de la maison Asscher d'Amsterdam, elle était installée depuis longtemps en France , j ai retrouvé un peu de l historique.


Aussi loin que j ai pu remonter André Benjamin Asscher était le fils de Benjamin André Asscher et le petit fils de Andriés Asscher.
Il était né le 28/08/1893  et décédé le 15/07/1966,  titulaire du baccalauréat es lettres de la faculté de Paris, avait combattu en 14-18 pendant 54 mois.
Il était rentré dans les affaires en 1912, fondé de pouvoir et gérant de la société BA Asscher qui avait été fondée en 1862.
Déclaré comm consignataire en pierres gemmes brutes. son dossier de légion d'Honneur indique.

Sur le plan syndical : a pris une part au rétablissement de  la-profession durement éprouvée_par la crise de I930, s'est consacré depuis 1944 à la reprise des relations internationales dans la  corporation et à  la mise aur pied d'un régime, d'importation et d'exportation, permettant au  marché franqais des pierres
gemmes et des perles de reprendre la place importante qu'il occupait avant guerre sur le plan commercial: s'est‘spécialement  attaché à fournir de la matiére premiére aux ateliers lapidaires du  Jura et de la région Parisienne afin d'assurer a ceux-ci un maximum d‘activité, a dirigé 1'activité de sa maison vers les exportations, notamment à destination des Etats unis effectuant de  ce fait des rentrées importantes .de devises fortes an bénéfice.du Trésor français (chiffre d'affaires en 1948, 52 millions_dont près de 29 millions  a l'exportation).

Donc , Asscher, deux maisons importantes pour nos métiers


Réplique en résine du Cullinan avant clivages et tailles

Les Cullinans

Découvert au soir du 26 janvier 1905, a 17 heures précisément, par un ouvrier noir qui travaillait à la mine Premier, près de Pretoria, le Cullinan se révéla comme le plus gros diamant jamais mis au jour (ce qui est encore vrai aujourd’hui). Pierre colossale de 3106 carats, il mesurait 10 cm de long, 5 cle large et 6 de haut. Par égard a sir Thomas Cullinan, qui avait clécouvert la mine Premier et était a l’époque le president cle la compagnie qui en assurait l’exploitation, le diamant avait étébaptisé de son nom. La pierre ne se presentait pas comme un cristal octaéclrique et offrait sur l’une de ses faces, la plus large, un plan naturel de clivage, ce qui amena les experts de l’époque a penser qu’on se trouvait devant un fragment une pierre beaucoup plus grosse.  Acquis par le gouvernement clu Transvaal, sur proposition du Premier ministre Botha, pour la somme de 750 O00 $ (de l’époque), le diamant fut envoyé a Londres en secret par paquet poste recommancdé affranchi :31 3 shillings, tandis qu’un coffret vide était expédiéavec un grand luxe de precautions. Lorsque Edouard VII eut pris possession de la pierre, il recuten audience privée les freres Asscher, auxquels fut confiée l’écrasante responsabilité de la tailler. Le roi souhaitait la conserver dans sa totalité, mais les freres Asscher durent l’en dissuader, faisant valoir non seulement qu’un tel cai1lou serait monstrueux, mais aussi qu’il convenait de procéder a sa fragmentation pour en éliminer les impuretés. Le roi se laissa aisément convaincre. La pierre fut  alors transportée de Londres àAmsterdam. Alors qu’un paquet plombé, farouchement gardé, traversait la Manche à bord d’un navire de la Royal Navy, Abraham Asscher mit le <<caillou» dans sa poche et effectua tout simplement le voyage en train et sur le ferry-boat de nuit, dans le plus total incognito. La pierre fut étudiée pendant des mois dans les ateliers de la Tolstraat. Etant donné ses dimensions extraordinaires, les outils habituels ne pouvaient étre utilisés et il fallut en concevoir de nouveaux. 

On savait, en outre, par experience qu’une certaine " tension " à l’intérieur d’un cristal donné était toujours a redouter et que cette "tension" représentait un risque grave au moment du clivage.



Article écrit 1941 

1908 Photographie de M. Joseph Asscher assis dans son atelier, tenant dans sa main gauche le diamant Cullinan, enveloppé dans du tissu, tout en faisant l'incision initiale avant le clivage.

On ne disposait alors ni de polariscope, ni de ces appareils sophistiqués dont s’entourent aujourd’hui les cliamantaires. Plusieurs jours furent nécessaires pour réaliser la petite incision en forme de "V" dans laquelle serait introduite la lame d’acier servant au clivage. Celui-ci eut lieu finalement le 10 février 1908. Procédant selon les règles, ]oseph Asscher frappa un coup sec sur la lame. Celle-ci cassa, la pierre demeurant intacte. Apres deux autres vaines tentatives, le diamant se scinda, parfaitement clivé en deux, comme prévu. Les deux énormes fragments furent ensuite clivés, puis taillés en neuf joyaux principaux et 96 pierres  de grosseur variée, sans compter diverses petites pierres totalisant 9 carats et demi. Les neuf joyaux principaux font partie du Trésor cle la Couronne cl’Angleterre ou appartiennent à la famille royale.En voici les principales caractéristiques :


Photo des différents diamants taillé a partir du Cullinan brutt empruntée à https://www.maison-bianchi.fr/

Cullinan I (530,20 carats), faconné en poire avec 74 facettes; c’est le plus gros diamant taillé au moncle. Connu aussi sous le nom de << Great Star of Africa», il est monté sur le sceptre de l’Empire britannique et est expose en permanence a la Tour de Londres;

Cullinan II (317,40 carats), taille coussin a 66 facettes. Appelé aussi << Lesser Star of Africa », il est monté sur la couronne de l’Empire britannique et on peut également le voir à la Tour de Lonclres;

Cullinan III (94,40 carats), taillé en poire. Apres avoir fait partie de la couronne de la reine Mary, il a été monté en broche avec le Cullinan IV;

Cullinan IV (63,60 carats), taille coussin. Avant cl’avoir été monté en broche avec le Cullinan III, il a également fait partie de la couronne de la reine Mary.

Viennent ensuite Cullinan V(18,80 carats), taillé en coeur; Cullinan VI (11,50 carats) et Cullinan VII (8,80 carats), taille marquise; Cullinan VIII (6,80 carats), taille ovale, et Cullinan IX (4,39 carats), taillé en poire.  Tiré du livre "Le Diamant" edité par Flamarion


Des commentaires, ci dessous, sinon, écrivez moi : richard.jeanjacques@gmail.com 

Boucheron existe depuis 168 ans

 J'avais fait cet article en 2008 mais sous WordPress et, en le relisant, les photos avaient disparu, je le republie. Boucheron poursuit...