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samedi 22 mars 2025

MAHLER, l'orfèvre cuillériste ou CADET-PICARD le bijoutier électricien, et un bijou mystère.


 La maison "Aguttes" met en vente  le 26 mars 2025 ce bracelet or 750/1000° et émaux et indique qu'il se trouve dans un écrin en forme "Mahler Palais Royal" , peu d'indications mais cela vaut la peine de s'y intéresser. Une Aphrodite avec deux chérubins


C'est pour moi le poinçon de Charles Malher  , je l ai retrouvé sur de nombreux couverts en argent massifs revendus ces dernières années.


De par son poinçon ,on sait qu'il a été fabriqué, grace à la tête d'aigle découpée, entre 1838 et 1847

Mais qui était Charles Mahler,
article: https://www.richardjeanjacques.com/search?q=froment+meurice

Il était de la famille des Froment Meurice, il suffisait de trouver qui sont les personnes inhumées dans ce caveau.

Caveau des Froment Meurice  
Jacques FROMENT-MEURICE 7 octobre 1864 - 15 décembre 1947 
Jeanne FROMENT-MEURICE 27 juillet 1878 - 29 juillet 1965

en gravure : Emile Froment-Meurice 21 mars 1837 - 15 avril 1913 
Berthe Froment-Meurice née Thomas Tassin de Moncourt 8 juin 1832 - 25 avril 1913
en gravure :
[illisible] MAHLER, né à Paris le 19 janvier 1868, mort le 30 août 1907 
Pierre MAHLER 30 juillet 1860 6 janvier 1935 
Madeleine WEILLER v ve de Pierre MAHLER 30 mars 1875 19 avril 1965 
Charles [illisible] MAHLER Né à Paris le 3 FÉVRIER 1786, mort le 21 décembre 1845 
François Désiré FROMENT-MEURICE né à Paris le 31 janvier 1801, mort le 17 février 1855 
Pierre [illisible] MEURICE né le 28 juin 1781, morté le 17 juin 1857 
Charles Pierre MAHLER né à Paris le 10 juillet 1825, mort [illisible]
Mélanie Françoise MAHLER née à Paris le 13 juin 1805, morte le 12 juillet 1889.
Louise Henriette MAINGUET veuve de François Désiré FROMENT-MEURICE née à Montreuil-sous-bois le 14 octobre 1817, morte à Paris le 21 février 1900 
Marie Françoise MEURICE née à Paris le 4 mai 1783, morte le 3 mars 1855 
Marie Cécile BARTHE veuve de Charles Pierre MAHLER né à Paris le 3 décembre 1837, morte à Dinard le 6 mars 1915 
Émilie Nathalie Froment née le 19 janvier 1810 morte le 7 février 1830 
Marie Emilie Elise Corrard, née le 12 novembre 1829, mortée le 29 avril 1859



Charles Salomon Mahler, avait épousé une soeur  de François Meurice.


Notre futur orfèvre est bien né le 3 février 1786 et décédé le 21 décembre 1845.Charles-Salomon Mahler est décrit comme un maître orfèvre parisien actif au début du 19e siècle. Insculpation et activité : Il a été insculpé en 1824 et son poinçon a été biffé en 1841. Son activité s'est étendue de 1816 à 1841.


Il avait succédé  en 1818 (il avait 32 ans) à Nicolas Castel-Gilbert qui déja, sur son poinçon avait un casque de profil comme symbole.
Retour en arrière

Il avait épousé  le 23-11-1816 Françoise Mallner, ( décédée le 22 octobre 1817 à Paris, 11éme (ancien),   à l'âge de 19 ans, inhumée le 24 octobre 1817 - Cimetière du Père Lachaise, Paris, 20éme
je note au passage que le père de Charles  était tailleur et qu'il habitait au 21 cour du Harley près du Pont neuf, sur l'ile de la Cité à Paris. Sur son acte de mariage il est écrit :Orfèvre:  et son poinçon  représente le symbole d'un casque Morion avec les initiales C.S.M. soit Charles Salomon Mahler.


Service de voyage français en vermeil du début du XIXe siècle.
Paris, vers 1816: revendu par Bonhams.
Composé d'une saleron à double cuve en verre taillé avec couvercle doré, d'un gobelet, de deux cuillères et de deux fourchettes, par Charles Salomon-Mahler, de deux couteaux, dont un de Joseph Antoine, l'autre avec une lame en acier remplacée, à crête, le tout dans un étui en cuir travaillé. Poids : 300 g.

Il va se remarier et épouser Mélanie Françoise Meurice: en 1823 elle était née née le 3 messidor an XIII (22 juin 1805) (samedi) - Paris, 75056, Paris, Ile-de-France elle est la fille de Pierre Jacques Meurice et de Marie Françoise Giroux qui de son premier mariage est la veuve de Jean François Froment. 
Pour s'y retrouver



Il change de poinçon le 19-02-1824,  un casque Morion et en 1833, les initiales C en haut et MAHLER en lettres majuscules au milieu. 
Le morion est un casque espagnol en usage en Europe aux XVIe et XVIIe siècles ouvert, issu du chapel de fer et proche du cabasset qui est issu de ce dernier. Il est caractérisé par sa haute crête.


Facture de Mahler datant de 1833  il est installé au 10 Quai des Orfèvres ou Cour de la Sainte Chapelle et le 11 novembre 1933 changement de poinçon de maître, C...MAHLER et casque Morion.


Et à mon avis, c'est le poinçon qui se trouve sur le bracelet or et émail  j'ai reçu un charmant accueil de la part d'une spécialiste de l orfèvrerie Louise Antiquités
https://www.louiseantiquites.com/


Mais aussi: 
https://www.creditmunicipal.fr/ventes-aux-encheres/catalogue-des-ventes/190628000/charles-salomon-mahler-epoque-louis-philippe-s/



Voici le poinçon qui se trouve sur le bracelet or et émail et les couverts qui précèdent.


Autres poinçons de Charles Salomon Malher


Cliquez pour agrandir sur ordinateur  



Il  me fallait un avis éclairé celui de Sandrine Tessier "meilleur ouvrier de France

Cher Jean-Jacques, bonjour,
Sauf erreur au vu des photos c'est ce qu'on appelle du champlevé.
Ils auront décaissé dans le métal la forme des personnages en laissant des cloisons de métal pour faire des délimitations (ex : coiffe de la femme, partie regravée de son instrument,…).
La partie gravée est alors remplie d'émail blanc, puis sur applique de la peinture pour faire tout décor des personnages.
Les températures de cuisson sont autour de 750/850 degrés Celsius.
Sur les photos, ils semblent que ce soit des plaques ovales qui ont été rapportées sur la structure du bracelet.
Rivetés ou vissées certainement. Je reste à votre disposition Cher Jean-Jacques si vous avez besoin de plus de précisions 
Excellent week-end,
Sandrine

Oui Sandrine c'est riveté.


Charles Salomon Mahler est décédé en 1845, ce serait Froment Meurice qui aurait continué l' exploitation de la maison dont a hérité Françoise Meurice. Sa femme Mélanie Françoise Meurice , veuve de Charles est décédée en 1889, on peut y voir aussi les noms de Charles François Mahler  et de Pierre François Mahler.
En 1907 C'est Auger ancien de chez  Froment Meurice qui reprendra cette même maison

Charles Salomon Mahler et sa femme habitaient au 52 rue du faubourg saint honoré à Paris

52 rue du Faubourg Saint Honoré

Je vous invite a lire un très bon article (une petite erreur, mais!!!!) de la Tribune de L'Art: 


J ai appris que Maitre Baratoux : baratoux@etude-baratoux.com : avait revendu un bracelet semblable  il il y a trois ans, il m'a très aimablement communiqué la fiche de l'époque , le bijoux ayant été expertisé par Caroline Thirion de Briel que je remercie pour leur contact

Bracelet rigide Napoléon III à trois médaillons émaillés et cabochons . Le médaillon central à décor d'une femme debout de profil vêtue à l'antique tenant une harpe, les deux médaillons de côté à décor de putti tenant les attributs de l'amour : couronne de fleurs, torche enflammée, arc et flèche. Les médaillons sont séparés par des fils d'or en volutes sommées de fleurs de lys agrémentées de cabochons : émeraude et pierre verte 74,78 g.

Diamètre 5,7 cm, hauteur du médaillon central 4,6 cm.

Fermoir à cliquet avec chaînette de sécurité.

Rapport de condition : petits enfoncements, rayures sur l'or, les émaux en bon état.

Poinçon têtes d'aigle et de rhinocéros. Joaillier : Vege.s en toutes lettres


J ai recherché un Maître dont le poinçon aurait été proche de l'observation, mais le poinçon était en partie effacé d'après l expert. Serait-ce OGEZ ? décédé en 1856 et qui fut repris par Auguste Germain Cadet Picard? Possible le poinçon est difficile à Lire



Il y a de petites différences entre les deux. Les angelots n'ont pas les jambes semblables, la flèche de cupidon, la couleur des nuages, la torche, les pieds , le tissus cache sexe, la Déesse ou Venus : l serre tête dans la coiffure différent, le tissus rouge sur la colonne la couleur du vêtement, la position du pied et du tissus sur le pied, mais le fabricant ne peut être que le même. Donc Mystère.



Marie (marie@legemmologue.com) m'envoie ce poinçon tres proche de celui de Mahler.

Mais la veuve Ogez et Cadet Picard sont intéressants pour avoir fabriqué un bijoux fonctionnant à  l'électricité avant 1860.


Des 1856 cette maison prend plusieurs brevets



En 1867  ils participent à l 'exposition Universelle sous Napoleon III


Dans les vitrines de moindre importance, signalons cependant, à titre de curiosité, des bijoux électriques d'une originalité presque effrayante, dont Trouvé, « ingénieur électricien », était l'inventeur, et qui étaient exécutés et exposés par Cadet-Picard. « Une pile de Volta en miniature, placée dans la poche, communique le mouvement à une foule de petits objets de toute nature, très joliment modelés et émaillés. C'est une tête de mort qui fait des grimaces horribles, un lapin qui bat du tambour, un oiseau ou un papillon qui agite ses ailes, le tout disposé en bijoux pour porter à la cravate, au corsage ou dans la coiffure. Est-il possible de faire un emploi plus bizarre d'une des découvertes les plus importantes des temps modernes ? » Dans ce genre de bijoux mécaniques et de haute fantaisie, Otterbourg fit, plus tard, des broches et des bracelets représentant ce qu'on appelait des jeux pyrrhiques. Deux disques de couleurs différentes, superposés et ajourés, étaient actionnés par un mouvement d'horlogerie que l'on déclanchait à volonté sous la pression du doigt, et qui, faisant tourner en sens inverse les deux disques coloriés, produisait un effet d'optique analogue aux rosaces multicolores et mouvantes des lanternes magiques. Ogez, rue de la Feuillade, fabriqua aussi des bijoux articulés : têtes de mort, pantins, le clown Auriol passant dans un cerceau ; de même, Robin père fit des tortues à la tête et aux pattes mouvantes1, des polichinelles, etc. Puis ce furent des bijoux comiques : poupées articulées, cocottes de papier en or, épingles à surprises, diables, singes coiffés d'un chapeau de gendarme, d'un shako, d'une toque de jockey, fabriqués par Brocard. 



Fabriqué par Auguste-Germain Cadet-Picard, qui a fabriqué et exposé des épingles électriques inventées par Trouve à l'exposition de 1866 à Paris. Lors de cette exposition, les bijoux à pièces mobiles alimentées par l'électricité ont suscité un vif intérêt. Le bijou est doté de bornes électriques qui, lorsqu'elles sont connectées à une pile dissimulée dans la poche de celui qui le porte, provoquent un mouvement des yeux et un claquement des mâchoires.

Détails Titre : Épingle à cheveux, Créateur : Cadet-Picard, Auguste-Germain, Date de création : 1866Lieu : Paris Dimensions : Hauteur : 9,2 cm, Largeur : 1,5 cm, Profondeur : 1,0 cm Support : Or et émail avec des étincelles de diamant

Épingle tête de mort en or, émail et diamants, par Trouvé et Cadet-Picard, vers 1870

Le crâne en or, rendu avec réalisme dans des tons crème, brun et noir, est orné d'une mâchoire articulée et d'yeux mobiles en diamant taille rose, d'un os en or à sa base, poinçon de maître, poinçon d'essai français, émail légèrement imparfait, longueur 9,1 cm

Provenance Ex-Cameo Corner, Bloomsbury

Cette épingle tête de mort est l'une des rares survivantes d'une série de bijoux électriques fantaisie inventés par Gustave Trouvé et fabriqués par Auguste-Germain Cadet-Picard. Trouvé était un scientifique talentueux, reconnu pour ses applications de l'électricité portable et son expertise en automatisation miniature. En 1865, à 28 ans, il breveta son invention d'une « pile lilliputienne portable » inusable. Cette pile de poche servait à alimenter une série d'épingles à pièces mobiles électriques, fabriquées en collaboration avec le joaillier Cadet-Picard.

Parmi les motifs figuraient un soldat frappant un tambour, un singe jouant du violon, un lapin jouant avec des baguettes sur un petit tambour, une sonnette électrosphérique, Arlequin et Colombine dansant un ballet, un singe à lunettes grimaçant, un colibri battant des ailes, un papillon voletant et un crâne, semblable à celui présenté ici, qui roulait des yeux et grinçait des dents. Une fois l'épingle fermement fixée à la cravate de l'homme, elle était fixée à une pile hermétiquement scellée dans sa poche de poitrine par un fil invisible. Pour animer son épingle à cravate, il tournait furtivement la pile de côté dans sa poche, surprenant ainsi son public..

 

 

 





1867 Dans l'Echo de la Vallée


1867 A l'exposition Universelle, Cadet Picart obtient une médaille de Bronze

Épingle tête de mort en or et émail, à la manière de Gustave Trouvé et Cadet-Picard, années 1870 or, émail revendu par la maison Bonhams.

Le crâne est modelé de manière réaliste et décoré d'émail crème et noir, la mâchoire articulée actionnée par une broche secondaire reliée par une chaîne de liaison en os émaillé, marques d'essai et de fabricant françaises indistinctes, émail imparfait.

Cf : Lot 15, 24 septembre 2015 Bonhams et Lot 106 16 décembre 2003 Sotheby's pour des exemples similaires de Skull stiuck pins de Gustave Trouvé.

Les épingles suscitèrent l'admiration à l'Exposition universelle de Paris en 1867 et furent décrites par Henri Vever comme des « joyaux d'une originalité presque terrifiante » ; en 1879, elles figurèrent dans un article détaillé de la revue scientifique française « La Nature ». En raison de la précision technique requise pour leur fabrication, ces épingles furent produites en très petit nombre et, dès 1891, elles étaient déjà des pièces de collection.

Un exemplaire presque identique se trouve dans la collection de bijoux du V&A de Londres, (voir plus haut) sous le numéro de musée M.121-1984. Un autre a été vendu lors de la vente aux enchères londonienne de « Bijoux », le 16 décembre 2003, lot 106. Un crâne fumant un cigare et portant un monocle en émeraude a été vendu lors de la vente londonienne de « Joaillerie fine », le 27 mars 1990, lot 14. Pour plus d'informations, voir : Henri Vever, « Bijoux français du XIXe siècle », (traduction de Katherine Purcell), Londres, 2001, p. 779-780 ; Clare Phillips, « Bijoux et joaillerie », V&A Publications, 2000, p. 91 ; Charlotte Gere et Judy Rudoe, « Bijoux à l'époque de la reine Victoria », Londres, 2010, p. 210-211 ; Kevin Desmond, « Gustave Trouvé, génie électrique français (1939-1909) », Londres, 2015.



Vever est président de l Chambre Syndicale de la BJO en 1875 et l'Assemblée accepte Cadet Picard comme membre


1875 dans l Almanach du commerce


1875 dans l Almanach du commerce


1876 Dépot de brevet pour un moteur électrique 


1878 dans le dictionnaire de poche , la liste des Joailliers dont Cadet Picard


1882 Cadet Picard est en faillite et à l'époque c'était terrible, tous les journaux le publiaient, le failli etait considéré comme un dirigeant dont la gestion était jugée à l'origine des difficultés de l'entreprise, il ne pouvait plus se réinstaller.



1913  Mais cela ne l'a pas empêché d'être pratiquement centenaire


Et puis, pour MAHLER je ne puis résister a vous présenter la moitié de mes Victor Hugo.



Car Victor Hugo a écrit sur lui  dans "Actes & Paroles", mais Mahler père ou fils????
A la reflexion je pense que c'est  Pierre Charles Mahler Chevalier de la Légion d'honneur 1825-1884 il était avocat

L'Événement, journal du soir est un quotidien français fondé à Paris le 30 juillet 1848 par Victor Hugo entre autres pour soutenir la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République. Le journal a paru jusqu'en septembre 1851 .Les cinq associations littéraires, dont Victor Hugo était le délégué à l'Assemblée, ayant réclamé son appui, on trouve la réponse à leur demande dans l'Événement du 1er août 1848 : 


« Le Comité de l'Intérieur a adopté ce matin à l'unanimité une proposition de M. Victor Hugo qui demande au ministre de l'Intérieur, sur les fonds votés récemment pour les secours aux lettres et aux arts, une somme de 25.000 francs destinée aux cinq associations littéraires qui existent à Paris ».

Nous venons de citer l'Événement du 1er août 1848, c'était son jour de naissance. Amis et ennemis disent volontiers que Victor Hugo avait créé ce journal et que, sous la signature de tel ou tel rédacteur, c'était sa pensée même qui se faisait jour. Il a fait justice de cette affirmation dans la lettre que nous reproduisons page 635 ; quant à la création du journal, nous tenons de Paul Meurice le récit des circonstances dans lesquelles l'Événement vit le jour.

Paul Meurice* et Auguste Vacquerie ** étaient, et cela avant même leur sortie du collège, admirateurs passionnés du poète, ils le sont restés toute leur vie ; voyant, en 1848, leur dieu attaqué furieusement par une certaine presse, ils rêvaient de le défendre, d'affirmer leur communion d'idées dans un journal ; mais il étaient loin de posséder les fonds indispensables au lancement des premiers numéros.

Paul Meurice fit alors part de ses désirs, de ses regrets à son demi-frère, l'orfèvre Froment-Meurice, et à son beau-frère, Charles Mahler ; tous deux s'engagèrent à assumer une partie des premiers frais ; diverses combinaisons furent alors envisagées, Victor Hugo les énumère dans cette lettre à Paul Meurice :

« Cher ami, plus j'y pense, plus je vois la situation embarrassante. Je crois pourtant qu'on peut s'en tirer. De notre côté je ne vois toujours que l'une de ces trois combinaisons :Ou une combinaison Goudchaux-Lachâtre (par tiers). Ou une combinaison Goudchaux et nous (meilleure).

Ou enfin votre combinaison de soixante parts à 750 francs, trente-une à nous. En ce cas je suis encore prêt, comme je vous le disais hier, à faire les 14.000 francs nécessaires pour les 19 parts miennes. Mais qui prendrait les 29 restantes ?
En tout cas, il serait utile de voir M. Goudchaux. Je ne le connais pas personnellement, mais si vous croyez que cela pourrait servir, je vous accompagnerais chez lui.
Voulez-vous venir manger ma côtelette ce matin ? Nous causerons. Venez à dix heures et demie. Nous aurons deux heures. Je suis forcé de sortir à midi et demie.

VICTOR H.
 

Il est probable qu'indépendamment de leur apport dans les « trente-et-une parts à nous », Froment-Meurice et Charles Mahler s'engagèrent pour quelques-unes des « 29 restantes » ; grâce à leur concours, l'Événement parut ; Charles Mahler, à partir du 4 septembre, signa même : L'un des propriétaires, gérant ; les deux fils de Victor Hugo firent leurs premières armes dans ce journal ; Paul Meurice et Auguste Vacquerie y bataillèrent à qui mieux mieux ; un groupe d'ardents écrivains se joignit à eux : Théophile Gautier, Théodore de Banville, Gérard de Nerval, Dumas fils, Mürger ; la réussite dépassa leur attente. jusqu'au jour où les fondateurs payèrent de la prison ce trop grand succès.

* Paul Meurice le frère de madame Mahler

**Auguste Vacquerie était le beau frère de Leopoldine Hugo qui se noya à Villequier sur la Seine.
Familier de Victor Hugo, beau-frère de Léopoldine Hugo. Rédacteur à L’Événement, journal quotidien paraissant matin et soir, du 30 juillet 1848 au 1er décembre 1851 et dont les points de vue se teintèrent progressivement de socialisme, il subissait une peine de prison au moment du coup d’État.
Il accompagna Hugo en exil à Jersey après le coup d’État du 2 décembre 1851 et y resta sept ans. Il y vivait en compagnie de sa mère Jeanne Arsène Charreau (1790-1868), de sa sœur Marie Arsène (1811-1882) veuve de Nicolas Lefèvre (1801-1842) et leur fils Ernest Lefèvre. Pendant son séjour il fit de nombreuses photos des occupants et visiteurs de Marine Terrace puis Hauteville house, résidences successives de la famille Hugo sur l’île de Jersey puis Guernesey.
Il fut, en 1869, l’un des fondateurs et rédacteurs du Rappel avec Albert Barbieux, Charles Hugo, Victor Hugo, Paul Meurice et Henri Rochefort.
Il était aussi romancier et auteur dramatique.
Durant toute la période de la Commune de Paris, il publia des éditoriaux hostiles à Versailles, attentifs à tous les efforts de conciliation et prônant la défense intransigeante de la République.
Il fut, en 1881, l’un des fondateurs de la « Ligue de l’intérêt public - Société protectrice des citoyens contre les abus » créée à l’initiative du docteur Edmond Goupil.
Exécuteur testamentaire de Hugo avec Paul Meurice, il supervisa les éditions posthumes du poète.



dimanche 22 septembre 2024

SILBERSTEIN Robert André. Un parcours de vie tourmenté, Bijoutier pendant la période Art Déco. Mais aussi André Silberstein, Maurice Beck

Alerté par un de mes lecteurs je suis surpris de l attribution de cet étui à cigarettes à Paul Emile Brandt .



Paul Emile BRANDT (1883 - 1952) attribué à Etui à cigarette laqué noir et rouge à décor géométrique et incrustations de coquille d'oeuf, l'intérieur doré. Gravé made in France, et numeroté 11833 / 33 sur le second revers. Poinçon de maître carré RSA et une ancre pour Silberstein Robert André.Non signé.Dimensions: 8 x 9 cm environPoids brut: 90,2g Réalisée en laque noire, rouge et blanche, et ornée de délicates incrustations en coquille d’œuf, cet boîte à cigarette reflète parfaitement l'esthétique géométrique et minimaliste de l’époque. À l'instar de l'étui à cigarette Marchak, cette pièce incarne l'élégance raffinée propre aux objets de luxe de l’entre-deux-guerres. Comme la Maison Marchak, Paul Brand s'inscrit dans cette tradition de haute qualité et d'innovation dans l’utilisation des matériaux, privilégiant ici la coquille d’œuf pour un effet texturé unique. Bibliographie: - Massard, Bleue-Marine. Paul Brandt. Paris : Norma Éditions, 2021 : pour des étui aves des décors similaires.


En clair: C'est du lard où du cochon????



Une certitude, au vu de la description du poinçon, cet étui a été fabriqué par Robert André Silberstein (à ne pas confondre avec André Silberstein son père, poinçon une ancre avec les lettres A.S.)
Mais rien à voir avec Paul Emile Brandt ou Jean Dunand (l'inventeur de la coquille d'oeuf pulverisée ou Marchak)
André Silberstein (père de Robert) est né le 4 avril 1866 à Wloclaveck en Russie aujourd'hui en Pologne.
Je ne suis pas d'accord avec le dictionnaire des poinçons de Rémi Verlet qui écrit "né à Wosloveck" mais de plus lorqu'il est écrit que Beck est le successeur de Robert André Silberstein fils d'André.André Silberstein est arrivé en france avant 1893 mais en tant que bijoutier installé au 30 rue des francs Bourgeois , il obtient son poinçon le 9/12/1893 son poinçon a pour symbole une Ancre avec les initiales A.S.
Il se marie le 4 avril 1895 avec Lucie Metzger il est domicilié au 20 rue Cadet à Paris.



Depuis quand André est il associé a Maurice Beck qui est installé au 9 rue de Provence à Paris


Toujours est-il que la société est dissoute en 1898. Plus précisément le 4 mai.




1902 André est installé rue Cadet


1903 André Silberstein est au 9 rue Cadet à Paris


Alors qu'en 1904 Beck est toujours au 9 rue de provence. Robert Silberstein à 7 ans, il ne peut donc etre le prédecesseur de Beck.


Le 27 mai 1905 André Silberstein  installé au 55 rue de Provence,  qui a une succursale au 60 rue Saint Honoré est mis en liquidation.


4 juillet 1916 : Naturalisation - 75009 Paris France
Demande de naturalisation déposée par le père, devant le juge de paix du 9 -ème arrondissement pour ses 2 enfants Robert et Jean.
Numéro de décret: Bulletin Nº 182 Décret Nº 25591
Naturalisation obtenue le 11 Novembre1923 Numéro de décret : 356-1070
Sources: Bulletins des Lois.

D'après la généalogie de Shéhérazade,  fille de Robert, il part aux USA peu avant le déclenchement de la guerre de 1914-18. 
A St Louis (Missouri), il est accueilli par sa grand-tante Eugénie (Nina) METZGER, épouse de Max WEIL qui possède un magasin de confection pour hommes une sorte de "supermarket" de la confection: il y travaille. Lors de la déclaration de guerre, il opte pour la nationalité française et rejoint la France "pour servir". 
Le Steamerle ramenant en France le débarqua à Lisbonne .
A son arrivée à Lisbonne (Portugal), il est recruté militairement par l'ambassade de France au titre "d'agent de liaison".  Il ne participe donc pas directement à la guerre où son frère meurt héroïquement.


"Cet Après midi automnal "de Gilbert Silberstein

Apres la guerre 14-1918, Robert va apprendre le métier de bijoutier joaillier avec son père, André Silberstein. Il se spécialise dans la laque sur briquets, poudriers, boîtiers à cigarettes, etc.
Le 11 novembre 1921 il dépose un poinçon d'importation, symbole: Une ancre de marine avec les lettre AS, dans un ovale



1922 Mariage de Robert Silberstein il est enregistré avec profession: Commissionaire en marchandise


Le 22 fevrier 1924une poinçon de maître losange et carré pour Robert Silberstein symbole une ancre de marine et les initiales RS. A.


 Etui à cigarette en métal ,laque noire  et 8 bandes de coquille d'œuf vendu sur EBAY en 2022(photo communiquée par Arnaud Raphael)




Relevé sur etuis en métal laqué et coquille  Poinçon de maitre (carré pour le métal)
N°s atelier((photo communiquée par Arnaud Raphael)


- Etui à cigarette en métal laque noire, rouge, métal argenté et coquille d'œuf vendu par 1930.fr (similaire à celui en vente chez Margaux Serrano)(photo communiquée par Arnaud Raphael)


 Boite de beauté réalisé en laque noire avec Shou en marcassite sur métal . Intérieur doré révélant un miroir , 2 compartiments et un rouge à lèvre. Poinçon de maitre carré peu lisible  RAS et une ancre pour Robert André Silberstein, numéroté 66, marqué "made in France" Dimensions8,9x5,5x1,2cm. Poids 116g (photo communiquée par Arnaud Raphael)


La maison Quittenbaum présente cet étui a cigarettes de Robert Silberstein en le datant de 1920 , ce ne peut être qu'a partir de 1924


Étui à cigarettes, vers 1920
8,7 x 6,3 cm. Métal argenté, éclats de coquille d'oeuf, émail noir. Marquage intérieur : MADE IN FRANCE, marque d'atelier, divers numéros de modèles (en relief).


1925 Argent, intérieur plaqué or, laque noire, éclats de coquille d'oeuf


Robert André SILBERSTEIN 
Boite à cigarettes à corps quadrangulaire en laque noir rehaussé d'un décor en coquille d'oeuf au recto et noir uni au verso ouvrant par un bouton poussoir sur un intérieur en vermeil et argent à élastique distendu.
Signé du poinçon de maitre carré, marqué Made in France et numéroté 8352 et 52.
11,5 x 9 cm


Mais en 1925-05-04 Maurice Beck décède, donc la succession par "Beck" de Silberstein, parait douteuse

la commercialisation se tarit à cause de l'évolution de la mode et le crack (vendredi noir) de Wall Street.Le 24 octobre 1929 ("Black Thursday"), les cours de la bourse new-yorkaise de Wall Street s'effondrent, entraînant le plus spectaculaire et le plus long Krach boursier de l'histoire. Ce krach boursier précipite les économies capitalistes dans la crise.


Cet etui marqué Hermes est tout a fait dans le style de Robert Silberstein
Mais quand on sait que Hermes ne fabriquait pas, quel est le fabricant ???
D'autres sociétés telles LANCEL ont vendu sous leur marque des etuis du style Silberstein, mais personne ne relève les poinçons.


1930 création d une nouvelle société : André & Fils, avec apport du fond de commerce de bijouterie du 21 rue Montmarte à Paris.


Que de sociétés montées par Robert Sliberstein !, par ex , celle ci: 
Aux termes d’un acte sous signatures privées, en date à Paris du 1 er décembre 1933, enregistré à Paris (1 er A. S. S. P.) le 20 décembre 1933, n° 645, au droit de cinquante-six francs cinquante centimes, Mme Joséphine, Louise, Théodorine Marandas, commerçante, demeurant à Paris, 42, passage Jouffroy, veuve de M. Joseph Sambon,

Et M. Robert Silberstein, représentant, demeurant à Paris, 105, boulevard de Magenta (10 e ), Ont déclaré dissoudre purement et simplement, à compter du 1 er décembre 1933, la Société à responsabilité limitée Veuve Sambon et Compagnie suséoncée, existant entre eux. Conformément à l’article 31 des statuts sociaux, Mme Veuve Sambon et M. Silberstein, seuls gérants en fonctions, ont été nommés liquidateurs de la Société. Les liquidateurs ont arrêté, aux termes d’une convention passée d’accord entre eux, les conditions de la liquidation. Un original de l’acte de dissolution a été déposé à chacun des Greffes de la Justice de Paix du neuvième arrondissement de Paris et du Tribunal de Commerce de la Seine, le 22 décembre 1933. Pour extrait et mention : Les liquidateurs : J. Sambon et R. Silberstein. . X 5479


En 1934, il déménage avec toute sa famille (4 enfants) à Marseille où il fonde, rue Nationale, le dépôt et la vente en gros de la fabrique de bas et chaussettes de la firme "Labonal", une filature du nord de la France. Cela durera jusqu'en 1942 et l'occupation de la zone sud par les Allemands.


1938

1939 La famille est partie se réfugier dans les cévennes, à Saint Jean du Gard
Puis après la drôle de guerre, toute la famille (grands parents, oncles, tantes, cousins du nord  de l est de la France, se sont repliés à Marseille, puis Grenoble.


"Cet Après midi automnal "de Gilbert Silberstein

Le 2 novembre 1942, l'armée allemande franchit la zone de démarcation et installe ses troupes dans les villes de la zone sud. Robert Silberstein et sa famille vont devoir changer d'identité, et Robert va prendre le nom de Servais censé être né a Rethel dans les ardennes. Non vérifiable, car la Mairie de Réthel et les archives ont été entièrement detruites pendant la guerre.
Pendant presque deux ans, Marseille vit au rythme de l'Occupation jusqu'aux combats pour sa Libération menée par l'Armée d'Afrique et la Résistance.



Ce n'est qu'en 1945 que toute la famille va retourner à Marseille

En 1945, Robert ne retrouve pas "sa" concession de chaussettes. Il poursuit la vente des mêmes articles au détail, petitement, en plein air sous un porche du cinéma, Le Modern rue St Ferreol. Son épouse  demande et obtient le divorce en 1949 

Il retourne à Paris où il retrouve toute sa famille, devient chauffeur de taxi et se remarie. avec Suzanne Blanche Yvon (c'est son 4 eme mari) le 20-10-1955

Il décède le 16-07-1975 en sa maison de retraite au Mas Saint Pierre avenue de boulogne à Saint Gaudens

Si vous avez des compléments, des photos, des documents, je suis preneur à l adresse, richard.jeanjacques@gmail.com

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