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jeudi 22 septembre 2011

La Faillite du Comptoir Lyon Alemand et le Crash des Diamantaires qui s'ensuivit






Maison Lyon Alemand Rue de Montmorency
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Aux États Unis en 1929, eut lieu la Grande crise.
Plusieurs mois plus tard, cette crise mondiale fit sentir ses effets en France, nos métiers furent très touchés, mais ce furent parmi eux les diamantaires, qui payèrent un lourd tribut à la faillite de deux banques :
Le Comptoir Lyon Alemand et la BNC (banque nationale de crédit)


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Les Américains avaient réagi à la crise en adoptant un moratoire sur les dettes pour une durée de un an, et surtout  les anglais dévaluèrent leur livre (£)
La France contrairement aux autres ne décida d’une dévaluation qu’en 1936, mais c’était trop tard pour nos diamantaires, car les entreprises anglaises étaient devenues beaucoup plus concurrentielles que les nôtres.
Il devenait évident que le travail allait partir ailleurs, alors que nos entreprises étaient endettées raisonnablement, mais le cours des pierres précieuses s’écroulant, les traites  ou autres papiers que nos professionnels avaient signées ne valaient plus rien, les remboursements étaient trop lourds, la BNC et le CLA  finirent par être liquidés.
Il faut ajouter que la BUP (banque de l union parisienne) était très engagée en Allemagne, et en Autriche,  suite aux attaques subies par la BNC.
Une certaine panique se déclencha et les clients retirèrent au plus vite leur argent des Banques qui en grand nombre firent faillite.


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Un petit retour en arrière.
Mademoiselle Alemand en 1800 crée avec Monsieur Lyon  un comptoir d’affinage des métaux précieux. Après la mort de son mari, madame Lyon crée la « société Veuve Lyon Alemand et ses fils » transformé en 1871 en « Comptoir Lyon Alemand.
Le « C.L.A » acquiert des usines à Paris, à Vienne, à Villeurbanne, puis s’implante en France, à l’étranger, en Egypte à Port Saïd et au Caire
A propos du Caire, je vous recommande un site, celui de Pascal Chour qui publie les courriers de son grand père qui dirigeait l usine du CLA en Egypte , ses échanges avec son patron parisien. En lisant tout, vous verrez ses conditions de travail et de vie a l'époque et vous retrouverez un certain"LATIMIER" qui débutait au comptoir.
http://www.pascalchour.fr/perso/divers/cla/cla3/cla3.htm

Le Petit parisien  1893

En 1922 le CLA développe une activité de Banque, « la compagnie technique et financière ». La BNC, « La banque Nationale du crédit » rachète la CTF fin 1923


le figaro 1931 cliquez pour agrandir


La B.N.C. a été fondée en 1913, et avait repris le réseau français du « Comptoir d’escompte de Mulhouse », elle a un développement rapide et reprend une trentaine de banques locales et régionales entre 1913 et 1920. Entre temps, elle a installé son siège social boulevard des Italiens, elle y est encore mais après de multiples reprises , est actuellement Bd des Italiens, sous le nom de « BNP Paribas ».

En 1927 André Vincent directeur du comptoir Lyon Alemand devient président de la B.N.C., C'est un homme dynamique et entreprenant; client et administrateur, mais aussi actionnaire principal de la BNC, son groupe comprend une cinquantaine de bonnes sociétés (le CLA, les forges et aciéries de Firminy, Carel et Fouché, entreprise de matériel roulant ferroviaire) Minerais et Métaux, etc.
D’après BNP Paribas je cite: « Progressivement, une confusion s’établit entre les comptes du Comptoir Lyon Alemand et ceux de la BNC. Celle ci devenue captive de son client, fait peu à peu financer son activité par la banque de dépôt , et lorsque survient la crise économique et boursière, les comptes débiteurs des sociétés du groupe Vincent pèsent lourd dans les créances de la BNC, comme ceux des sociétés nouvelles qui misaient sur la croissance ».
La mainmise du Comptoir Lyon Alemand sur la BNC  avait placé les dépôts de cette banque à la portée du groupe Vincent, l'ambition d'andré Vincent fit le reste, c’est ce qui allait perdre la BNC


Journal des débats 22/6/1932

Il est évident qu’en 1930, les français, suite à la crise américaine et mondiale  sont inquiets, attentif, bientôt ce sera la panique.
Des rumeurs…déclenchent une crise de confiance, et la « Revue hebdomadaire" d’écrire « En tout cas, il y a quelques mois des bruits fâcheux ont couru au sujet de difficultés qu’aurait éprouvé le Comptoir Lyon Alemand du fait de la crise sévissant dans le commerce des diamants »
Le public vide ses comptes, en langage bancaire cela s’appelle un « début d’érosion des dépôts » c'est plutôt la panique!



JDD 20/07/1932

Dès le mois d’octobre 1930, les énormes difficultés du marché interne des diamants et pierres précieuses (les perles aussi) avaient amené les banques créancières à  créer une société « Diaperl » chargée de mettre de l ordre chez les professionnels endettés (tous) ou presque, et de faciliter la liquidation de leurs engagements, mais 610 millions de francs de l’époque quand la crise est là et que les commandes ont chuté ?
Avec quoi payer ? Alors en 1932 on songea au règlement en marchandises, il fut créé une « Société Corporative des négociants en perles fines et pierres précieuses »  et un « Comité des affaires diamantaires » pour maintenir un dialogue entre les banques et huit négociants, afin de proposer des solutions convenant à cette situation d’exception et écouler les marchandises au mieux des conditions du marché.
Pour certains la vie continue.







Ayant consenti d’importants crédits au Comptoir Lyon Alemand, la BNC est tenue pour solidaire de la situation de cet établissement et les clients se précipitent à nouveau pour retirer leurs fonds.

Nos diamantaires s’enfoncent, des ateliers de joaillerie s’enfoncent, Monsieur André Vincent, le directeur du CLA et de la BNC démissionne en septembre 1931. Il sera jugé.


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Le Journal le Matin 10/07/1934






Il s’agit de sauver la banque, mais les avances du Trésor public, soit « 2,075 millions de francs », ne suffisent pas à la sauver et c’est la liquidation amiable sur décision du ministre des Finances en accord avec la Banque de France et acceptée par les actionnaires le 26/2/1932 avec une condition… Créer une société nouvelle (la BNCI) ancêtre de BNP PARIBAS), qui reprenne le fonds de commerce, et continue l'exploitation, car les répercussions sur l'économie du pays auraient été désastreuses.

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Un concordat fut établi pour le Comptoir Lyon Alemand le 16/06/1932 mais il ne put être réalisé. 


 Marthe Hanau  se déchaine, souvenez vous, "la Banquiere" jouée magistralement par Romy Schneider.







D'après Wikipédia:"Après une grève de la faim et une évasion, elle est libérée sous caution. Elle est à nouveau arrêtée et libérée sous caution en1932. En juillet 1934, Marthe Hanau est condamnée à trois ans de prison ferme. Elle se suicide en juillet 1935 à l'aide d'un tube de barbituriques", mais avant elle écrit dans son journal "Écoutez moi"


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Un dernier article ou elle parle d'André Vincent
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Pour Lyon Alemand, il fut créé alors une nouvelle société  dans laquelle on met tous les actifs se rapportant à l industrie et au commerce des métaux précieux. La société se nomme « Société nouvelle du comptoir Lyon Alemand »  rapidement, en 1936  « Nouvelle » sera supprimé de l 'intitulé.


André Vincent avait voulu innover, Dominique Lacoue-Labarthe dit dans son étude des paniques bancaires de 1930
« Il avait le mérite de proposer une autre solution au problème du financement de projet, la banque mixte, ou banque-industrie (comme on dira dans les années 1990), plutôt que le classique financement par mobilisation de papier commercial. La banque-industrie n’est pas malsaine en soi, pas plus que la mobilisation de papier de crédit ou le découvert par caisse ou en compte courant, préfigurations du futur crédit global d’exploitation. C'est plutôt la fragilité des garanties et l'absence de diversification qui sont ici prises en défaut."


Alors nos diamantaires dans tout ce fatras? Ils ont payé, durement, sur leurs biens. Pour certains, ce fut long, pour d'autres très court, le chagrin, l'honneur, ils en meurent, plus de boulot avec la crise, mais plusieurs avaient de la marchandise. Ci-dessous une liste d'entre eux.
Lisez tout, surtout Rosenthal!!!

Bienenfeld (Etablissements Jacques)  : aux termes d'un accord de 1936 avec ses créanciers, la société fit don pendant 15 ans de tous les éléments de son actif et d'une part de ses bénéfices ; elle permit à ses créanciers le rachat des actions issues de la succession de feu Jacques Bienenfeld ; en 1946, David Bienenfeld obtint le rachat des créances contre 3 500 000 francs.
La créance de la BNC s'était élevée à 3 300 000 francs et elle acquit 1710 actions.


Cette société se transforma en Société industrielle et commerciale de la perle fine, SA avant 1941, afin de faire disparaître toute trace d'origine juive.

Il faut préciser que d'après un dossier conservé aux archives nationales

Dès octobre 1930, de graves difficultés du marché interne des perles et pierres précieuses avaient amené les banques créancières à créer la société Diaperl, chargée de vérifier la situation des diamantaires et de faciliter la liquidation de leurs engagements, qui se chiffraient à 610 millions. En 1932, on songea au règlement en marchandises, c'est-à-dire à la répartition des stocks et autres éléments d'actif entre les créanciers au prorata de leurs engagements : la Société corporative des négociants en perles fines et pierres précieuses fut créée à cet effet, tandis qu'était constitué un Comité des affaires diamantaires, organisme paritaire regroupant les sept principales banques et huit négociants, ayant pour but de poursuivre les pourparlers entre créanciers et diamantaires et de proposer des amendements justifiés par les circonstances. La société Diaperl, impuissante à résoudre les problèmes soulevés, fut dissoute en octobre 1933 et remplacée par le Service de règlement des affaires diamantaires qui dépendait de la Société auxiliaire des perles fines et pierres précieuses, fondée par les Etablissements Marret, Bonin, Lebel et Guieu réunis, liquidateurs de Diaperl, afin de représenter les créanciers dans diverse affaires.

Bourdier (Etablissements).
La BNC produisit pour environ 2 800 000 francs à la liquidation de la société qui fut dissoute en 1933.



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Broche Diamants1930,avec une montre incorporée de BOURDIER vendue par Christie's en 2002, 22325e




Très jolie broche Nœud de BOURDIER (vers 1920) vendue pas Sotheb'ys en 2005  21600€ cliquez pour agrandir

Caesar (Rodolphe) perles et pierres fines.
La BNC fut admise pour 21 millions à la liquidation amiable de cette maison, décidée par les créanciers le 14 février 1931.
En 1930, Mr Caesar était président de la Chambre syndicale en diamants, perles, pierres précieuses.



Livre de Jean Philippe de Garate ci-dessous

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Dunès (Etablissements).
Après l'abandon de son actif en 1934 en faveur de ses créanciers, la société fut dissoute en 1935 ; la BNC qui produisit pour 1 200 000 francs reçut en paiement des marchandises.

Egouvillon, Lafon et Cie (horlogerie-joaillerie).
La liquidation judiciaire de cette société en nom collectif fut prononcée le 29 novembre 1932 ; le concordat de 1938 passé avec la BNC (pour récupération en 10 ans de 45% de la dette qui s'élevait à 115 570,70 francs) fut résolu et la société mise en faillite.

Eliakim (Sam).
La BNC produisit pour 69 757, 86 francs (provenant d'effets impayés) à la faillite prononcée le 5 mai 1930.

Esmérian (Paul).
A la suite d'un accord passé en 1934 avec les créanciers, la BNC fut inscrite au passif pour environ 400 000 francs ; après une longue procédure elle récupéra sa créance en 1939.

Fischof (société Léo).
SARL pour le commerce de perles fines admise au bénéfice de la liquidation judiciaire le 13 novembre 1930 ; la BNC produisit pour environ 120 000 francs, mais le concordat obtenu fut résolu, et la faillite prononcée en 1933.

Fischof et fils (A.M.)
La BNC produisit pour environ 700 000 francs à la liquidation amiable de la société, prononcée le 13 décembre 1932.

Founès (Salomon).
Après la mise en liquidation judiciaire en 1932, ce joaillier mourut et en 1934 un accord fut passé entre les créanciers et sa veuve moyennant abandon de l'actif ; la BNC avait produit pour environ 16.500.000 francs et n'obtint qu'un règlement partiel.

Frank (Etablissements Louis).
La créance de la BNC s'élevait à environ 190 000 francs lors de la dissolution de la société le 20 décembre 1933.

Habib (A. et J.)
Après la mise en liquidation judiciaire, en 1931, de cette société en nom collectif, un concordat fut obtenu avec les créanciers en 1933 ; sa résolution amena la faillite, close en 1947. La BNC fut admise au passif pour environ 15 500 000 francs et ne récupéra qu'une faible partie de cette avance.

Société d' Importation de perles fines et pierres précieuses 
Un arrangement fut obtenu en 1934 avec les créanciers moyennant abandon de l'actif et remise de parts bénéficiaires. La créance de la BNC s'élevait à 520 000 francs. Dissoute en 1944, la société ne fut pas reconstituée.

Lacloche frères (Société des anciens établissements).
La BNC produisit pour environ 2 500 000 francs à la faillite prononcée le 23 juin 1931.



Marschak (Nicolas).
La BNC fut admise au passif de la liquidation judiciaire, en 1931, pour environ 16 500 francs.

Marx (Albert).
La BNC, qui avait une créance de 500 000 francs, réalisa le gage qu'elle possédait mais ne put rien obtenir de la succession de ce négociant en bijoux décédé en 1934, l'actif ayant été absorbé par les impôts privilégiés.

Mauboussin (Georges).
Cette société anonyme, mise en liquidation amiable en 1934, devait plus de 16 millions à la BNC qui lui avait consenti un crédit de 15 millions en participation avec le Comptoir Lyon-Alemand et le Crédit foncier colonial et de banque.

Max Mayer Ltd (Londres).
La BNC produisit pour environ 2 500 000 francs au passif de cette société ; à la suite d'un accord passé avec les créanciers elle se vit attribuer pour environ 400 000 francs de marchandises, mais ne put recevoir les obligations prévues par l'accord.

Mossein, Bédarridès et Cie.
La dissolution et la liquidation amiable de cette société a été prononcée le 31 décembre 1932 ; la créance de la BNC s'élevait à environ 7.500.000 francs.

Nossovitzki (Michel).
Exploitant un fonds de commerce en perles fines, déclaré en faillite en 1933, il était débiteur d'environ 260.000 francs envers la BNC.

Polianowski (Antschel).
Négociant en perles, déclaré en faillite en 1931, son concordat fut résolu en 1939 et la faillite fut close en 1949 ; la BNC produisit pour environ 5.700.000 au passif.

Rosenthal et frères (Léonard).
Cette société en nom collectif avait eu un engagement de près de 50 millions envers la BNC ; atteinte par la crise, elle sollicita en 1932 un arrangement avec les créanciers et fut mise en liquidation amiable en 1934.

Les trois frères constituèrent ensuite chacun une nouvelle société et prirent des participations dans des sociétés immobilières ; le frère aîné alla s'installer à New-York où il développa un commerce de perles florissant. La BNC voulut faire jouer la clause de retour à meilleure fortune ; après de longues tractations Léonard Rosenthal proposa la remise de 80 000 actions de la Société foncière des Champ-Elysées ; en 1948, les associés procédèrent au rachat définitif de cette clause pour 4 500 000 francs.


J'ai découvert un document officiel traduit en français, datant de 1917, lorsque l'Allemagne manquant de fonds, liquide tout ce qu'elle peut, en confisquant et curieusement la liste des joailliers ci-dessous comprends donc des maisons qui avaient déjà souffert pendant la guerre, mais qui se retrouvent dans ce désastre bancaire de 1930.
On y lit les noms de Mélik, Ascher, mais également de David et Grosgogeat, le maitre d'apprentissage d'Alfred Van Cleef que de célèbres écrivains de la bijouterie ont répandu dans le monde entier, comme David et Grogeat


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De mémoire de sa famille ce n'est pas son métier de grand marchand de perles, mais les affaires immobilières, et en partie "le passage des champs élysées"qui aggravèrent sa situation: voir;

http://books.google.fr/books?id=_X27oU7Uzf8C&pg=PA78&dq=Lenoard+rosenthal&hl=fr&ei=dVh7TvH7FcbtOfbOta8C&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=9&ved=0CF8Q6AEwCA#v=onepage&q&f=false


Ses livres ont inspiré d'autres, et j'ai la chance de posséder un original de 1926  "Au Royaume de la perle " qui fut offert à mon père par Jacques Tharin.



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 Rosenthal  avait produit le cinéaste Serguei Eisenstein



Léonard et son fils Jean





Livre en mode image et en mode texte, 
Léonard Rosenthal, satrape des Champs Promoteur des galeries enclavées dans les immeubles des Champs-Élysées, Léonard Rosenthal a fait fortune dans le négoce des perles. Après la Grande Guerre, il fonde la Société immobilière des Champs-Élysées, dont l’objet principal est de privilégier une bonne publicité


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Et aussi un livre de 1924, titre ambitieux, mais.....




Rosenthal et frères (Léonard).
Dossiers des co-obligés.

Rozanès (Nissim).
La BNC a produit pour 2 500 000 francs à la mise en liquidation de cette entreprise en 1932.
Nissim Rozanes avait choisi pour transformer son Hôtel particulier un architecte de grand talent, Auguste Perret, celui qui reconstruira le Havre.


Mr Rozanes fut très actif, il était juif venant de Turquie





Magasin de Mr Rozanes Rue de la Paix en 1923




Sachs et Cie (Robert).
Cette société en commandite simple obtint en 1935 un accord avec ses créanciers moyennant l'abandon de presque tout son actif, la répartition de ses marchandises et une partie de ses bénéfices, la BNC était créancière pour environ 7 millions.

Sachs et fils (Léo).
Cette société en nom collectif obtint un arrangement avec ses créanciers en 1934 ; la BNC admise au passif pour environ 17 millions.

Volt (Henri).
Ce tailleur de diamant, qui fut amené à la liquidation judiciaire puis à la faillite en 1932, était débiteur d'environ 120 000 francs envers la BNC.
1922-1954

Il faut ajouter d’autres diamantaires et non des moindres


Abouhamad (S. et M.), Auricoste (J.), Goudeket (Maurice) Dernier mari de l écrivain Colette était marchand de perles
, Société Janesich, Madame veuve Auguste Lévy et fils, Lifschitz (Bernard), Lopez (S. de), Minassiantz (Mélik), Montias (Samy), Nersessian (Nersesse), Pollitzer et Cie (Marcel M.), Rakover (Adolphe), Stiller fils, Stiskin fils et gendre, Strauss (Albert), Wall (Gustave),

En 1929, les petites banques ont été coulées, sont restées certaines banques importantes, Ces grosses banques se sortent de tout, elles sont toujours là.
Les diamantaires ont disparu, certains en camps de concentration, mais quand en 1948, le CLA est à nouveau repris, il l'est par la Banque de l'Indochine (qui s'est même sorti de l'affaire des piastres), Worms et Cie Montagu et Cie de Londres.
L'argent n'a pas d'odeur ni de sentiments, nous pouvons juste signaler qu'en 1950 (l'affaire des piastres se terminera en 1953) était ministre des Colonies François Mitterrand, et René Bousquet directeur de la Banque de l'indochine.

En effectuant des recherches pour l'Histoire des Van Cleef et des Arpels" à la recherche de René Marty, j'ai été amené à consulter le très protégé dossier "Bonny et Lafont" aux Archives Nationales et dans les témoignages de leur procès je trouvais.


Audition de Delehaye Edmond


Laval Pierre avait une certaine amitié pour Henri (lafont) car ce dernier avait fait sortir du camp où ils étaient internés deux Banquiers, les frères……………qui seraient à la base de la fortune de Laval
Mais dans le livre "Albert Buisson un destin au vingtième siecle" , j'ai trouvé ceci .




Amédée Siaume et André Vincent du Comptoir et de la BNC

Alors si vous avez des commentaires, des précisions, des souvenirs, vous pouvez laisser des commentaires ou m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com




lundi 22 juin 2026

Lucien GIRARD, il travailla pour Lacloche, Van Cleef & Arpels et certainement pour d'autres grands de la joaillerie, mais son poinçon de maître n'est pas relevé au profit de la "Marque"


Lucien Girard, de l'idée au dessin, du dessin à la création et à la fabrication du bijou. Pourtant
des données sur sa vie, son travail, sont introuvables, au profit des "marques" pour qui il a travaillé.

J'ai recherché des "Lucien Girard Bijoutier", un seul, mais c'est le bon. J'espère que mes lecteurs compléteront son histoire, ?




Le 18-07-1907, un certain Lucien Louis Girard, né à Paris le 10/12/1886, profession graveur, domicilié à Paris, 22 rue Croix-des-Petits-Champs, fils mineur de Louis Honoré Girard, boulanger, et de Jeanne Marie Corni, épouse Augustine Marie Roi, née le 27/10/1885. Un arbre généalogique découvert confirme en indiquant Joaillier Orfèvre.
En effet, il se marie, bien que, juste majeur civilement" – de 1804 à 1907 la majorité matrimoniale était à 25 ans pour les garçons, 21 ans pour les filles –, donc soumise à l'autorité parentale.

Mais Lucien Girard, graveur en 1907, que va-t-il faire dans nos métiers entre cette date et l'insculpation d'un poinçon en 1921 ? Chez qui travaillait-il, dans quelle maison ? 



Lucien est né le 10-12-1886, un indice permettant de continuer ma recherche. Lucien Louis Girard sur une liste électorale de 1922, habitait  134 rue du Temple puis 150 rue du Temple.


Le quartier des Enfants-Rouges est le 10ᵉ quartier administratif de Paris, situé dans le 3ᵉ arrondissement.
Ce quartier tient son nom de l'hospice des Enfants-Rouges qui a été fondé par Marguerite de Valois-Angoulême, sœur de François Iᵉʳ, au XVIᵉ siècle. En 1536, Marguerite de Valois décide de créer un hôpital-orphelinat pour recevoir « des orphelins de père et de mère trouvés à l’hôtel-Dieu de Paris ». Contrairement à ce que rapporte une légende parfois imprimée, les orphelins de cet établissement n'étaient pas vêtus de rouge – la teinture carmin à base de cochenilles étant hors de prix – mais prirent le nom "d'enfants-rouges" parce qu'ils avaient en commun d'avoir tué leur mère en couche. Phrase terrible pour expliquer que leur maman était morte en accouchant.


Située sur l’emplacement de la rue du Grand-Chantier (maintenant une partie de la rue des Archives), cette institution ferme ses portes en 1772 et les orphelins sont transférés aux Enfants trouvés de l’île de la Cité. En souvenir de cet hôpital-orphelinat, le marché voisin du Marais du Temple devient à la fin du XVIIIᵉ siècle le marché des Enfants-Rouges, ce qui donnera par la suite son nom à ce quartier du 3ᵉ arrondissement.


C'est en dernier que je trouve son acte de naissance qui explique beaucoup de choses.

Ce que l'on apprend.
Lucien Louis Girard naît à Paris le 10 décembre 1886. 
Mais il est déclaré sous le nom de sa mère, Jeanne-Marie Cornic, domestique âgée de 21 ans. Son père, Louis Honoré Girard, n'est pas présent lors de la déclaration de naissance.
La mention marginale nous apprend ensuite :
« Par leur mariage célébré à la mairie du 1ᵉʳ arrondissement le 10 décembre 1906, Louis Honoré Girard et Jeanne-Marie Cornic ont légitimé l'enfant ci-contre. »
Autrement dit, Lucien est né hors mariage et n'est officiellement reconnu que vingt ans plus tard, lors du mariage de ses parents.
Pour l'époque, ce n'était pas une situation exceptionnelle, mais cela pouvait marquer profondément une enfance.
L'adresse du 134 et puis 150 rue du Temple permet de confirmer que c'est bien ce Lucien Girard, car il y obtiendra l'insculpation de son poinçon.


GIRARD. Prénom Lucien, initiales L. G., localisation : 134 rue du Temple. Fabricant bijoutier à façon
Symbole : un soleil, deux étoiles au-dessous. Date d'insculpation : 14/09/1921 Numéro du registre de la garantie 3484, numéro du registre de la préfecture 16419


L'empreinte du poinçon de Girard conservée par les services de la garantie étant très floue, voici un dessin précis que vous pouvez trouver dans le très bon et très beau livre de Laurence Mouillefarine et Véronique Ristuelhueber "Lacloche Joailliers", éditions Norma – l'école des arts joailliers.

De plus, les auteurs de ce livre ont recherché et trouvé des œuvres de Lucien Girard fabriquées pour la maison Lacloche, surtout pour Jacques Lacloche. Malheureusement, d'autres n'ont pas indiqué leur fournisseur.


Lucien Girard avait son premier atelier au 134 rue du Temple à Paris, au 3ᵉ étage, au-dessus de ce magasin Orion. Avec Guilbert, ils étaient deux joailliers installés à cet étage. Lucien Girard y était encore en 1927.



Important : Lucien Girard est présenté à la Chambre syndicale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie par Paul Templier et Jacques Lacloche. Belles recommandations, il travaillera pour Lacloche mais peut-être aussi pour Templier ?

                                       

Clip de revers diamants et platine, fabriqué par Lucien Girard pour Lacloche vers 1930, revendu par la maison de ventes, Pierre Bergé.


Bracelet articulé, diamants et platine, 1930 env., Girard pour Lacloche.

Lot 40 Diamants taille ancienne et taille huit-huit. Platine (950) et or 18 k (750) Travail français, vers 1925.. Poinçon d’atelier Lucien Girard L. : 18 cm env. – Pb. : 47,6 g, revendu par la maison Aguttes.



Merci à la Maison Aguttes d'avoir noté le poinçon de maître de Lucien Girard.



Première apparition dans le Bottin du premier janvier 1930, au 150 rue du Temple à Paris.


150 rue du Temple Paris


Lucien Girard pour Lacloche Frères Diamond Airplane Stick Pin 
Spectaculaire broche Lacloche Frères en platine et diamants fantaisie, représentant un avion ! Témoignant d'un savoir-faire exceptionnel et d'un souci du détail raffiné, ce joyau rare, vestige de l'âge d'or de l'Art déco, est orné de diamants fantaisie qui captent la moindre lueur. Symbole de sophistication, cette broche en platine évoque l'époque romantique des débuts de l'aviation. Portée à la boutonnière ou précieusement conservée comme pièce de collection, elle vous transportera dans une ère de glamour. Préparez-vous à un voyage au cœur de l'histoire de la haute joaillerie ! Signée Lacloche Frères, elle porte un numéro de série et le poinçon de maître. 


 https://dsfantiquejewelry.com/ a écrit : Comme pour de nombreuses entreprises familiales, le krach de 1929 a eu un effet significatif sur Lacloche Frères, car les gens ne se concentraient pas sur l'achat d'articles de luxe. L'entreprise a déposé son bilan en 1931 et les magasins Lacloche Frères ont fermé en 1935. Jacques, fils du frère d'origine Jacques, a ouvert un magasin Lacloche Frères à l'intérieur de l'hôtel Carlton à Cannes, et en 1938, il a ouvert un magasin à Paris sous le nom SARL Jacques Lacloche.
Jacques a eu beaucoup de succès et sa clientèle comprenait le prince Rainier, qui a commandé une broche en diamant et saphir comme cadeau de mariage pour Grace Kelly. L'entreprise a officiellement fermé ses portes en 1960, mais l'héritage et les pièces de Lacloche Frères perdurent sur le marché immobilier et continuent de ravir les collectionneurs aujourd'hui.

Très bon commentaire, j'ai écrit à ce sujet : La faillite du comptoir Lyon Alemand suite à la crise de 1930 et les graves conséquences sur nos métiers: https://www.richardjeanjacques.com/2011/09/la-faillite-du-comptoir-lyon-alemand-et.html



Dessin de Lucien en 1933 grande force dans ce dessin, ce pourraient être des mains qui entourent des rubis taillés en trapèze.


Dessin de 1934


Une autre pièce de Lucien Girard, j'avais répondu en 2020 à une lectrice à son propos.



Lucien Girard pour Lacloche Frères, boucles d'oreilles clips Art déco en saphirs et diamants, vers 1935. Elles présentent un motif de corne d'abondance stylisée, sertie de rangées de diamants baguette et de saphirs ovales de taille dégressive, disposés en bouquet. La partie centrale est ornée d'un panneau de saphirs taille calibrée et de diamants. Montées sur platine et or blanc, elles sont munies de clips articulés permettant de les porter en broches. Signées, elles portent le poinçon du maître et les poinçons de contrôle français. Longueur : 4,4 cm.


Je publie la photographie de https://www.woolleyandwallis.co.uk/departments/jewellery/ pour se rendre compte de la taille et de l'adaptation sur l'oreille.
                                                     

1936 : Lacloche : fabriqué par Girard, certainement deux boucles d'oreilles s'assemblant pour faire broche.


1936 Dessin de Girard


1936 dans un numéro de ma collection de la revue AZUR


1936


Broche rubis et diamants baguettes et ronds de Lucien Girard


1937


1937


1937


Du dessin à la réalisation ci-dessous.


En 1937, Jacques Lacloche propose un bracelet dont les cabochons, qui sont montés sur des clips amovibles composés en corail, jade, turquoise, topaze, furent fabriqués par Lucien Girard, grand spécialiste des systèmes à complications.



Paul-Louis Flandrin
Ce beau bracelet manchette fut vendu par l’étude Crait et Müller, dont j’étais l’expert (avec l’aide de Madame Mouillefarine) le 30/11/2018.

Bracelet manchette en or deux tons 18 k 750 ‰, composé de deux larges pattes à sections rectangulaires, plates, reliées entre elles par un lien en forme d’anneau bombé à section ronde. De part et d’autre, deux éléments amovibles peuvent recevoir dix cabochons, il est possible de changer les cabochons.
Signé J. LACLOCHE Cannes. Dans son écrin.
Muni d’un jeu de dix cabochons en corail* et d’un jeu de neuf cabochons de turquoise et un en saphir et dix cabochons en citrine. Poids brut : 109,40 g


D'ailleurs, à ce propos, je me suis laissé dire avec grande confiance, par une amie  spécialiste de Van Cleef et Arpels, que Lucien Girard apparaît bien comme ayant fabriqué pour eux, mais durant une période très courte dans les années 1930 et très ponctuellement, et qu'il intervenait souvent, avec d'autres ateliers, sur une pièce à complication, car il fabrique souvent le système.


1938


1938


1938


1938


1938


1938


1938





1939
Ce dessin certainement proposé par Lucien Girard,  à Jacques Lacloche


Lucien le réalise en 1939 avec des saphirs bleus, jaunes, mauves, rubis et diamants sur platine. Il a été revendu par  https://worth-avenue.com/business/richters-of-palm-beach/


Une surprise qui montre tout le talent de Lucien Girard, nous la devons à la maison Artcurial,
Poinçon du joaillier Lucien Girard sur les deux éléments, Le clip signé Marc Paris
On pourrait penser que c'est du Van Cleef & Arpels ? Mais !!!


En or jaune et gris 18k, le clip de corsage stylisant un bouquet de fleurs aux pétales sertis de saphirs bleus ou jaunes taillés en coussin, le pistil formé de rubis ronds, l'ensemble rehaussé de diamants taillés en brillant ; il est transformable en ornement de bracelet grâce à un lien tubogas.
Travail français vers 1940 Clip signé
Dimensions du clip : environ 6 x 4,5 cm, Longueur du tube : 13,2 cm, Poids total brut : 86,73 g



Ingénieux système du double cliquet qui permet de porter le clip en ensemble bracelet 

Pendant et après la guerre, que s'est-il passé ? Lucien voit son poinçon de maître biffé le 27 juillet 1945, il avait 59 ans. 
Je crois trouver l'explication dans son dossier militaire.

Lucien au conseil de révision de 1906 avait été ajourné en 1907, puis il, fut exempté de service militaire en 1908 pour : Faiblesse générale :


Évidemment la guerre de 14-18 annula cette décision et en 1915 il fut déclaré apte au service et fut un soldat exemplaire nommé brigadier, puis maréchal des logis-chef en novembre 1918, ne fut démobilisé qu'en 2019. Mais je note qu'il effectuera un séjour de 15 jours à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce du 1ᵉʳ au 15 juin 1932.




Dans ma collection d'annuaires AZUR, je trouve en 1947-1948 et les années suivantes une publicité de Henri Winzelberg, indiquant qu'il est le successeur de Louis Girard, qui reprend les mêmes termes, il reprend aussi les mêmes symboles pour son poinçon : Un soleil et deux étoiles :Lettres H.W. 





Azur 1948


Azur 1948
Winzelberg cessera d'exercer en 1985.


Les dernières années de Lucien Girard

Longtemps, le destin de Lucien Louis Girard demeura obscur. Les archives permettent aujourd'hui d'en retracer les grandes lignes.

Né à Paris le 10 décembre 1886, il est déclaré sous le nom de sa mère, Jeanne-Marie Cornic, domestique. Son père, Louis Honoré Girard, boulanger, ne le reconnaît officiellement qu'à l'occasion du mariage de ses parents célébré vingt ans plus tard, le 10 décembre 1906.

Issu d'un milieu modeste, Lucien Girard débute sa carrière comme graveur. Il devient ensuite joaillier, dessinateur et fabricant, établissant son atelier d'abord au 134 puis au 150 rue du Temple à Paris. Son talent lui permet de travailler pour plusieurs grandes maisons, notamment Lacloche et Van Cleef & Arpels, où les archives le mentionnent comme intervenant fréquemment dans la réalisation de mécanismes et de systèmes de bijoux.

Après la Seconde Guerre mondiale, son activité est reprise par Henri Winzelberg, présenté dans les annuaires professionnels comme son successeur. Le poinçon de Girard est radié en 1945.


Lucien Girard s'éteint finalement à Thouars (Deux-Sèvres) le 17 avril 1967, à l'âge de quatre-vingts ans.
Merci au service de l'état civil de Thouars qui m'a adressé son acte de décès.


J'aimerais réparer une erreur, car ce bracelet n'est pas de Lucien Girard, ainsi qu'il est indiqué sur un site internet.



Ces deux bracelets sont  de Verger Frères.

Un complément, des documents sur cet article, m'écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com






Lucien GIRARD, il travailla pour Lacloche, Van Cleef & Arpels et certainement pour d'autres grands de la joaillerie, mais son poinçon de maître n'est pas relevé au profit de la "Marque"

Lucien Girard, de l'idée au dessin, du dessin à la création et à la fabrication du bijou. Pourtant des données sur sa vie, son travail, ...