des données sur sa vie, son travail, sont introuvables, au profit des "marques" pour qui il a travaillé.
Le 18-07-1907, un certain Lucien Louis Girard, né à Paris le 10/12/1886, profession graveur, domicilié à Paris, 22 rue Croix-des-Petits-Champs, fils mineur de Louis Honoré Girard, boulanger, et de Jeanne Marie Corni, épouse Augustine Marie Roi, née le 27/10/1885. Un arbre généalogique découvert confirme en indiquant Joaillier Orfèvre.
En effet, il se marie, bien que, juste majeur civilement" – de 1804 à 1907 la majorité matrimoniale était à 25 ans pour les garçons, 21 ans pour les filles –, donc soumise à l'autorité parentale.
Mais Lucien Girard, graveur en 1907, que va-t-il faire dans nos métiers entre cette date et l'insculpation d'un poinçon en 1921 ? Chez qui travaillait-il, dans quelle maison ?
Lucien est né le 10-12-1886, un indice permettant de continuer ma recherche. Lucien Louis Girard sur une liste électorale de 1922, habitait 134 rue du Temple puis 150 rue du Temple.
Le quartier des Enfants-Rouges est le 10ᵉ quartier administratif de Paris, situé dans le 3ᵉ arrondissement.
Ce quartier tient son nom de l'hospice des Enfants-Rouges qui a été fondé par Marguerite de Valois-Angoulême, sœur de François Iᵉʳ, au XVIᵉ siècle. En 1536, Marguerite de Valois décide de créer un hôpital-orphelinat pour recevoir « des orphelins de père et de mère trouvés à l’hôtel-Dieu de Paris ». Contrairement à ce que rapporte une légende parfois imprimée, les orphelins de cet établissement n'étaient pas vêtus de rouge – la teinture carmin à base de cochenilles étant hors de prix – mais prirent le nom "d'enfants-rouges" parce qu'ils avaient en commun d'avoir tué leur mère en couche. Phrase terrible pour expliquer que leur maman était morte en accouchant.
Située sur l’emplacement de la rue du Grand-Chantier (maintenant une partie de la rue des Archives), cette institution ferme ses portes en 1772 et les orphelins sont transférés aux Enfants trouvés de l’île de la Cité. En souvenir de cet hôpital-orphelinat, le marché voisin du Marais du Temple devient à la fin du XVIIIᵉ siècle le marché des Enfants-Rouges, ce qui donnera par la suite son nom à ce quartier du 3ᵉ arrondissement.
C'est en dernier que je trouve son acte de naissance qui explique beaucoup de choses.
Ce que l'on apprend.
Lucien Louis Girard naît à Paris le 10 décembre 1886.
Mais il est déclaré sous le nom de sa mère, Jeanne-Marie Cornic, domestique âgée de 21 ans. Son père, Louis Honoré Girard, n'est pas présent lors de la déclaration de naissance.
La mention marginale nous apprend ensuite :
« Par leur mariage célébré à la mairie du 1ᵉʳ arrondissement le 10 décembre 1906, Louis Honoré Girard et Jeanne-Marie Cornic ont légitimé l'enfant ci-contre. »
Autrement dit, Lucien est né hors mariage et n'est officiellement reconnu que vingt ans plus tard, lors du mariage de ses parents.
Pour l'époque, ce n'était pas une situation exceptionnelle, mais cela pouvait marquer profondément une enfance.
Mais il est déclaré sous le nom de sa mère, Jeanne-Marie Cornic, domestique âgée de 21 ans. Son père, Louis Honoré Girard, n'est pas présent lors de la déclaration de naissance.
La mention marginale nous apprend ensuite :
« Par leur mariage célébré à la mairie du 1ᵉʳ arrondissement le 10 décembre 1906, Louis Honoré Girard et Jeanne-Marie Cornic ont légitimé l'enfant ci-contre. »
Autrement dit, Lucien est né hors mariage et n'est officiellement reconnu que vingt ans plus tard, lors du mariage de ses parents.
Pour l'époque, ce n'était pas une situation exceptionnelle, mais cela pouvait marquer profondément une enfance.
L'adresse du 134 et puis 150 rue du Temple permet de confirmer que c'est bien ce Lucien Girard, car il y obtiendra l'insculpation de son poinçon.
GIRARD. Prénom Lucien, initiales L. G., localisation : 134 rue du Temple. Fabricant bijoutier à façon
Symbole : un soleil, deux étoiles au-dessous. Date d'insculpation : 14/09/1921 Numéro du registre de la garantie 3484, numéro du registre de la préfecture 16419
L'empreinte du poinçon de Girard conservée par les services de la garantie étant très floue, voici un dessin précis que vous pouvez trouver dans le très bon et très beau livre de Laurence Mouillefarine et Véronique Ristuelhueber "Lacloche Joailliers", éditions Norma – l'école des arts joailliers.
De plus, les auteurs de ce livre ont recherché et trouvé des œuvres de Lucien Girard fabriquées pour la maison Lacloche, surtout pour Jacques Lacloche. Malheureusement, d'autres n'ont pas indiqué leur fournisseur.
Lucien Girard avait son premier atelier au 134 rue du Temple à Paris, au 3ᵉ étage, au-dessus de ce magasin Orion. Avec Guilbert, ils étaient deux joailliers installés à cet étage. Lucien Girard y était encore en 1927.
Important : Lucien Girard est présenté à la Chambre syndicale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie par Paul Templier et Jacques Lacloche. Belles recommandations, il travaillera pour Lacloche mais peut-être aussi pour Templier ?
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Clip de revers diamants et platine, fabriqué par Lucien Girard pour Lacloche vers 1930, revendu par la maison de ventes, Pierre Bergé.
Lot 40 Diamants taille ancienne et taille huit-huit. Platine (950) et or 18 k (750) Travail français, vers 1925.. Poinçon d’atelier Lucien Girard L. : 18 cm env. – Pb. : 47,6 g, revendu par la maison Aguttes.
Merci à la Maison Aguttes d'avoir noté le poinçon de maître de Lucien Girard.
Première apparition dans le Bottin du premier janvier 1930, au 150 rue du Temple à Paris.
150 rue du Temple Paris
Lucien Girard pour Lacloche Frères Diamond Airplane Stick Pin
Spectaculaire broche Lacloche Frères en platine et diamants fantaisie, représentant un avion ! Témoignant d'un savoir-faire exceptionnel et d'un souci du détail raffiné, ce joyau rare, vestige de l'âge d'or de l'Art déco, est orné de diamants fantaisie qui captent la moindre lueur. Symbole de sophistication, cette broche en platine évoque l'époque romantique des débuts de l'aviation. Portée à la boutonnière ou précieusement conservée comme pièce de collection, elle vous transportera dans une ère de glamour. Préparez-vous à un voyage au cœur de l'histoire de la haute joaillerie ! Signée Lacloche Frères, elle porte un numéro de série et le poinçon de maître.
https://dsfantiquejewelry.com/ a écrit : Comme pour de nombreuses entreprises familiales, le krach de 1929 a eu un effet significatif sur Lacloche Frères, car les gens ne se concentraient pas sur l'achat d'articles de luxe. L'entreprise a déposé son bilan en 1931 et les magasins Lacloche Frères ont fermé en 1935. Jacques, fils du frère d'origine Jacques, a ouvert un magasin Lacloche Frères à l'intérieur de l'hôtel Carlton à Cannes, et en 1938, il a ouvert un magasin à Paris sous le nom SARL Jacques Lacloche.
Jacques a eu beaucoup de succès et sa clientèle comprenait le prince Rainier, qui a commandé une broche en diamant et saphir comme cadeau de mariage pour Grace Kelly. L'entreprise a officiellement fermé ses portes en 1960, mais l'héritage et les pièces de Lacloche Frères perdurent sur le marché immobilier et continuent de ravir les collectionneurs aujourd'hui.
Très bon commentaire, j'ai écrit à ce sujet : La faillite du comptoir Lyon Alemand suite à la crise de 1930 et les graves conséquences sur nos métiers: https://www.richardjeanjacques.com/2011/09/la-faillite-du-comptoir-lyon-alemand-et.html
Dessin de Lucien en 1933 grande force dans ce dessin, ce pourraient être des mains qui entourent des rubis taillés en trapèze.
Dessin de 1934
Une autre pièce de Lucien Girard, j'avais répondu en 2020 à une lectrice à son propos.
1936 : Lacloche : fabriqué par Girard, certainement deux boucles d'oreilles s'assemblant pour faire broche.
1936 Dessin de Girard
1936 dans un numéro de ma collection de la revue AZUR
1936
Broche rubis et diamants baguettes et ronds de Lucien Girard
1937
1937
1937
Du dessin à la réalisation ci-dessous.
En 1937, Jacques Lacloche propose un bracelet dont les cabochons, qui sont montés sur des clips amovibles composés en corail, jade, turquoise, topaze, furent fabriqués par Lucien Girard, grand spécialiste des systèmes à complications.
1938
1938
1938
1938
1938
1938
1938
1939
Ce dessin certainement proposé par Lucien Girard, à Jacques Lacloche
Lucien le réalise en 1939 avec des saphirs bleus, jaunes, mauves, rubis et diamants sur platine. Il a été revendu par https://worth-avenue.com/business/richters-of-palm-beach/
Une surprise qui montre tout le talent de Lucien Girard, nous la devons à la maison Artcurial,
Poinçon du joaillier Lucien Girard sur les deux éléments, Le clip signé Marc Paris
On pourrait penser que c'est du Van Cleef & Arpels ? Mais !!!
En or jaune et gris 18k, le clip de corsage stylisant un bouquet de fleurs aux pétales sertis de saphirs bleus ou jaunes taillés en coussin, le pistil formé de rubis ronds, l'ensemble rehaussé de diamants taillés en brillant ; il est transformable en ornement de bracelet grâce à un lien tubogas.
Travail français vers 1940 Clip signé
Dimensions du clip : environ 6 x 4,5 cm, Longueur du tube : 13,2 cm, Poids total brut : 86,73 g
Ingénieux système du double cliquet qui permet de porter le clip en ensemble bracelet
Pendant et après la guerre, que s'est-il passé ? Lucien voit son poinçon de maître biffé le 27 juillet 1945, il avait 59 ans.
Je crois trouver l'explication dans son dossier militaire.
Lucien au conseil de révision de 1906 avait été ajourné en 1907, puis il, fut exempté de service militaire en 1908 pour : Faiblesse générale :
Évidemment la guerre de 14-18 annula cette décision et en 1915 il fut déclaré apte au service et fut un soldat exemplaire nommé brigadier, puis maréchal des logis-chef en novembre 1918, ne fut démobilisé qu'en 2019. Mais je note qu'il effectuera un séjour de 15 jours à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce du 1ᵉʳ au 15 juin 1932.
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Dans ma collection d'annuaires AZUR, je trouve en 1947-1948 et les années suivantes une publicité de Henri Winzelberg, indiquant qu'il est le successeur de Louis Girard, qui reprend les mêmes termes, il reprend aussi les mêmes symboles pour son poinçon : Un soleil et deux étoiles :Lettres H.W.
Azur 1948
Azur 1948
Winzelberg cessera d'exercer en 1985.
Les dernières années de Lucien Girard
Longtemps, le destin de Lucien Louis Girard demeura obscur. Les archives permettent aujourd'hui d'en retracer les grandes lignes.
Né à Paris le 10 décembre 1886, il est déclaré sous le nom de sa mère, Jeanne-Marie Cornic, domestique. Son père, Louis Honoré Girard, boulanger, ne le reconnaît officiellement qu'à l'occasion du mariage de ses parents célébré vingt ans plus tard, le 10 décembre 1906.
Issu d'un milieu modeste, Lucien Girard débute sa carrière comme graveur. Il devient ensuite joaillier, dessinateur et fabricant, établissant son atelier d'abord au 134 puis au 150 rue du Temple à Paris. Son talent lui permet de travailler pour plusieurs grandes maisons, notamment Lacloche et Van Cleef & Arpels, où les archives le mentionnent comme intervenant fréquemment dans la réalisation de mécanismes et de systèmes de bijoux.
Après la Seconde Guerre mondiale, son activité est reprise par Henri Winzelberg, présenté dans les annuaires professionnels comme son successeur. Le poinçon de Girard est radié en 1945.
Lucien Girard s'éteint finalement à Thouars (Deux-Sèvres) le 17 avril 1967, à l'âge de quatre-vingts ans.
J'aimerais réparer une erreur, car ce bracelet n'est pas de Lucien Girard, ainsi qu'il est indiqué sur un site internet.
Ces deux bracelets sont de Verger Frères.
Un complément, des documents sur cet article, m'écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com























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