Affichage des articles triés par date pour la requête Belperron. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête Belperron. Trier par pertinence Afficher tous les articles

vendredi 20 mars 2026

INDEX DES JOAILLIERS CONTENUS DANS CE BLOG

Ce blog est consacré à l’histoire des joailliers, bijoutiers et fabricants parisiens du XIXe et du début du XXe siècle.
Cliquez sur un nom pour accéder à l’article correspondant.
Cet index inclut également certains fabricants étudiés dans le blog "Courrier des lecteurs".

A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

A

Admira

Aitken

Andrey Georges

Andrey Georges

Aguttes, Georgette

Akiba

albert Gilbert

Allard Virginie

Antoine Maurice

Argy Rousseau

Arnould Aimé

Arpels Esther

Arpels Esther

Arpels Louis

Arpin Ferdinand

Atlor Poinçon

Ange Joseph

Arfvidson

Arthus Bertrand

Aubry

Aucoc la dynastie

Audouard Philibert Honoré

Auger Alphonse Georges Emile

Augis

Augis

Authouart Daniel

B

Bacqueville Albert

Bablet Paul Jean Alphonse

Barbary

Barlach Heuer

Basset Eugene

Basset & Moreau

Baugrand Gustave

Belperron Suzanne

Belperron Suzanne

Becker Edmond

Becker et non Bapst

Boucheron

Boulon & Taragnat

Bourdier Théodule

Bouvet René

Brandt Paul-Emile

Bredillard Alexandre

Bricteux Antoine et sa famille

Bruck Madeleine

Brunet Georges Paul et La veuve

Bry René

Bruley Michel

C

Cabrilhac poinçon

Cabrilhac poinçon

Chaise Jules

Chaise Albert

Cardeillac orfevre

Louis Cartier

Cartier alliance 3 anneaux

Louis Cartier

Louis Cartier

Cartier Collier Bérénice

Cassandre Mouron

Cerf Isidore Van Cleef

Chabrolle Georges

Chaumet

Chambin Albert

Chanel les bijoux

Cocteau Jean

Col Léon

Christie's James

D

Dali et Elsa Schiaparelli

David Etienne & Edgar

Debacq

Debut & Coulon

Delion

Deraisme Georges

Després Jean

Dreicer

Dreicer

Dubret

Dufrene

Duhamel

Dumont la saga

Dunand Jean

Dusausoy

Duvalet Maurice

E

EDYAD EDY Pochiet famille

Entremont,Renée Puissant

La tour Eiffel en diamants

Ehret Robert

Eschwege René

Espezel Numa et Camille

F

Fontana Charles et Frères

Fouilhoux

Fréchou Bernard

Froment Meurice Louise Mainguet

Emile Froment Meurice

G

Gaillard Lucien

Gaucherand

Geller Moïse

Gonon Barthélémy

Grasset Eugène

Gross et Langoulant

Maison Guillot Freres et descendants

H

Hamelin Paul

Hardellet André

Hermes

Hermes chaine d'ancre

Herz Bernard

Hoffman

Hugo François

I

Iribe Paul

J

Janesich

Jensen Georg

K

<

Kirby-Beard

Koh-I-Noor

Koultacheff ou Tachef

Kramer

L

➡ Labitte

➡ Lacaze

➡ Lacloche Frères

Lambert Bijouterie

Laguesse Emile et Jules

➡ Lavabre

Malher Orfevre

➡ Marchak

Martel Hyppolyte

➡ Massin

➡ Mauboussin

➡ Mellerio

➡ Moissan

N

➡ Neusécourt

➡ Nèves & Dubois

➡ Niederman

➡ Nocq

O

➡ Orazzi

➡ Ostertag

P

➡ Paillet

➡ Peyroulx Auguste

➡ Peyroula

➡ Picq

➡ Ploujavy

➡ Porges

➡ Puiforcat

Q

R

S

Sellier Albert

T

U

V

Van Cleef & Arpels et René Bry

Vaubourzeix Georges

➡ Vautrin

➡ Vever

W

➡ Wolfers

➡ Worms

Y

➡ Yard

Z

➡ Zorra

lundi 2 février 2026

Les Spinelles d'exceptions , les rubis balais, les synthetiques, les doublets.

Le plus célèbre des spinelles est certainement le rubis du Prince noir qui se trouve sur la couronne d'Angleterre.


En 1362, Pierre Ier de Castille s'empare de la pierre après avoir tué Abu Saïd, un prince maure, bref émir Nasride de Grenade.


En 1366, Pierre Ier de Castille (dit Pierre le Cruel) doit s'enfuir d'Espagne, chassé par son demi-frère Henri II avec l'aide des troupes françaises de Bertrand Du Guesclin et des Grandes compagnies. Pierre Ier se réfugie d'abord en Galice puis embarque pour Bayonne en Guyenne, sous protection anglaise. Le 23 septembre 1366, il signe le traité de Libourne avec Édouard de Woodstock — le Prince Noir — et Charles le Mauvais, roi de Navarre. Ce traité stipule que le Prince Noir et le roi de Navarre doivent apporter une aide militaire et financière à Pierre le Cruel pour la reconquête de son trône et recevoir des territoires en contrepartie ainsi que 550 000 florins d'or. En février 1367, l'armée anglaise est à Pampelune et arrive en avril à Nájera où elle bat l'armée d'Henri II. Mais Pierre le Cruel a plus promis qu'il ne peut tenir, et l'énorme « rubis » gros comme un œuf, est le seul gage qu'il peut offrir au Prince Noir. C'est ainsi que la pierre entre dans les joyaux de la monarchie britannique.
En 1415 La pierre du Roi est "vue" à la bataille d'Azincourt ; Henri V portait sur son casque d'armure une couronne remplie de pierres précieuses au milieu desquelles était le Rubis du prince noir. Pendant la bataille, le roi d'Angleterre est frappé sur son casque, il faillit en mourir, mais le spinelle est en partie cassé et perdu. Heureusement ou malheureusement pour lui, un prisonnier français nommé Gaucourt dit au roi qu'il sait où se trouve ce morceau du spinelle, et demande sa libération pour révéler l'endroit. Le Français va le retrouver mais ne sera pas libéré pour autant. 
Voir la suite sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rubis_du_Prince_Noir 



La couronne a été  refaite en 1838 pour la reine Victoria.  Pendant des siècles, de célèbres « rubis » des trésors royaux — dont le Rubis du Prince Noir et le Rubis de Timour — se sont révélés être des spinelles rouges, la distinction gemmologique entre corindon et spinelle n’ayant été établie qu’en 1850 siècle avec le développement des méthodes optiques.
Elle comprend 4 rubis dont le "Prince noir" placé au centre, 11 émeraudes, 16 saphirs (dont le saphir des Stuarts), 277 perles et 2 783 diamants (dont un des plus gros fragments du Star of Africa) ; le roi la porte pour le couronnement et l'ouverture du Parlement.
Ce spinelle se trouve sur le devant de la couronne impériale fabriquée pour le couronnement de George VI en 1937 par le joaillier de la Couronne Garrard & Co. Le spinelle n'est pas taillé, brut, juste poli, il présente une forme d’octaèdre irrégulier aux bords arrondis de 5 cm de long, avec une couleur rouge vif spectaculaire. Il y a un endroit où la pierre a été percée lorsqu'au début, elle était portée en pendentif. Ce "trou" a été bouché par un petit rubis véritable monté sur une sertissure.


Tableau comparatif — Spinelle, Rubis (Corindon) 


CritèreSpinelleRubis (Corindon)
Famille chimiqueOxyde (MgAl₂O₄)Oxyde (Al₂O₃ + Cr)
Système cristallinCubique (isométrique)Trigonal
Structure optiqueIsotropeAnisotrope
BiréfringenceNulle≈ 0,008
PléochroïsmeAbsentNet (rouge / rouge violacé)
PolariscopeToujours extinctionAlternance clair/sombre
Indice de réfraction1,718 – 1,738 (≈ 1,72)1,762 – 1,770 (≈ 1,76)
Dureté (Mohs)89
Densité (g/cm³)3,58 – 3,623,98 – 4,05
ÉclatVitreuxVitreux à adamantin
Inclusions typiquesMacles, cristaux octaédriquesSoies de rutile, fractures cicatrisées
TraitementsRaresChauffe très fréquente
Synthèse historiqueTrès courante (flamme)Fréquente
Confusion historiqueFréquemment pris pour rubis

La confusion historique avec le rubis vient du fait que :

IR du rubis (corindon) ≈ 1,76–1,77
IR du spinelle ≈ 1,72
Mais surtout : le spinelle est isotrope, le rubis est biréfringent et dichroïque. 
C’est un critère de séparation fondamental en gemmologie classique. Le spinelle n'a qu'une seule couleur dans tous les axes de la gemme alors que le rubis  a deux couleurs selon  les axes de la gemme.


Cliquez pour agrandir l image: J'ai la chance de posséder les 13 volumes de l' encyclopedie "Le Spectacle de la nature" en 13 volumes et c'est toujours interessant de voir comment était traitées les pierres précieuses en 1754  par exemple le Rubis


Mais aussi le rubis balais, le spinelle.


C'est un collier de Cartier,avec un bel ensemble de 17 spinelles,  émeraudes, perles, diamants. Le poids des spinelles est de 458,9 carats, sur le principal spinelle figure une gravure: AKBAR SHAH, BACHADUR  qui en Ouzbek  veut dire : AKBAR est un enfant. (collection Al Thani)


British Muséum
Broche ; or ; perles, saphirs, spinelles ; broche en forme de losange ornée de saphirs et de spinelles sertis rectangulaires ; trois perles à l'extrémité de l'épingle ; une perle à l'une des pointes du losange ; aucune perle aux deux autres pointes. Fin du Moyen age.


Couronne appartenant à la Parure de Rubis et Spinelle de Bavière. (Wikimedia Commons.)

Sarpech des Nizams d’Hyderabad — Ornement de turban ancien en diamants, spinelles, perles et émail, monté en or, argent et laque. Longueur : 26,7 cm. Daté du début à milieu du XIXᵉ siècle, avec un spinelle gravé plus ancien (1607–1608 et 1633–1634). Probablement fabriqué à Hyderabad.

Le sarpech (« plume de tête » en hindi) était un ornement de turban réservé aux empereurs et princes indiens, symbole suprême de la royauté. Issu de la tradition de la plume de héron (kalgi), il devient richement serti de pierres précieuses sous les empereurs moghols, notamment à partir du règne de Shah Jahan. Au XIXᵉ siècle, après l’interdiction des couronnes aux princes indiens, les sarpechs deviennent plus grands et plus somptueux, servant d’expression alternative du pouvoir royal.


Catherine II commanda pour son sacre une couronne surmontée du gros spinelle LAL de 414,30 carats qui était un don de l'empereur de Chine, mais la couronne ne fut pas prête à temps et ne servit la première fois qu'en 1797 à son fils Paul Iᵉʳ. Elle se trouve à l'heure actuelle au musée des Armures à Moscou.



Couronne impériale de Russie - Celle ci est une copie exacte, utilisant des pierres précieuses naturelles et de l'or blanc au lieu de l'argent.



Le Spinelle Carew

Aujourd'hui, le Victoria and Albert Museum (V&A) est le gardien du célèbre spinelle Carew.
Auparavant, cette pierre précieuse appartenait à Julia Carew, Lady Carew. Dans son testament (elle décéda en octobre 1922), elle légua le bijou à sa sœur, Jane Cory, pour la durée de sa vie, après quoi il devait revenir au South Kensington Museum, devenu depuis le V&A. Selon les informations fournies par sa famille, elle avait été acquise par un parent à Téhéran avant 1870.

Julia Carew l'avait reçu en cadeau de mariage de sa mère en 1888. La pierre, alors appelée rubis, avait été achetée à Téhéran par son oncle, Charles Alison, alors ministre britannique.
Cette pierre précieuse est un spinelle, une gemmologie proche de celle du rubis. Elle porte les noms ou titres des empereurs moghols Jahangir (r. 1605-1627), Shah Jahan (r. 1628-1658) et Alamgir (r. 1658-1707), l'ancien prince moghol Aurangzeb.


La pierre aurait été achetée à Téhéran par un parent de la très honorable Julia Mary, Lady Carew, quelque temps avant 1870. (Elle aurait été acquise en premier lieu par Monsieur Richard, auprès duquel elle aurait été achetée par M. Charles Alison, le grand-oncle de Lady Carew, qui était ministre britannique à la cour du Shah.)


Pendentif en forme de tête d'animal. Réalisé en bois et recouvert d'une mosaïque de turquoise et de malachite, fixée à l'aide de résine de pin. Les yeux sont en pyrite et en coquille de conque (Strombus) à rayures blanches et jaunes. La gueule ouverte est incrustée de pierres précieuses (grenat, béryl, émeraude, spinelle, zircon) et garnie de dents de requin, probablement postérieures.Ajouts. Deux zones sur le haut de la tête sont incrustées de perles, donnant l'illusion de sourcils, mais il s'agit probablement d'une modification ultérieure, peut-être pour masquer des dommages dus à la perte d'oreilles (?) initialement présentes à cet endroit. Les perles, les pierres précieuses et les dents sont maintenues en place par de la cire d'abeille. Une boucle de suspension, faite d'un anneau de coquillage blanc (Strombus), est fixée au sommet de la tête.  Azteque: de 1400 à 1520 British Muséum.



COLLIER IMPÉRIAL MOGHOL EN SPINELLES
Avec onze spinelles polies, pesant au total 1 131,59 carats, sur une chaîne à maillons en or jaune et un fermoir à crochet, probablement monté au XIXe siècle, 52,0 cm.
Trois des spinelles sont gravées. Deux portent le nom de l'empereur Jahangir, une porte les trois noms des empereurs Jahangir, Shah Jahan et Alamgir, également connu sous le nom d'Aurangzeb :

JAHANGIR SHAH AKBAR SHAH 1015 1607
JAHANGIR SHAH AKBAR SHAH 1017 1609
JAHANGIR SHAH AKBAR SHAH 1018 1610
ALAMGIR SHAHI 1070 1660
SAHIB QIRAN ... 1045 1636.

Veuillez noter que le poids des spinelles est de 51,91, 73,52, 74,28, 128,77, 160,37, 158,19, 164,09, 138,85, 73,35, 54,64 et 53,62 carats
. Accompagné du rapport n° Certificat n° 52831 du 12 novembre 2008 de l'Institut suisse de gemmologie SSEF attestant que les 11 perles de spinelle proviennent du Pamir et ne présentent aucune indication de traitement.
Revendu par la maison Christie's, tres interessant texte sur ce sollier : voir


Spinelle de l’Espoir (Hope Spinel)  un spinelle rose-rouge du XIXᵉ siècle considéré « exceptionnel » pour sa transparence et sa couleur.
Le grand spinelle octogonal, pesant 50.13 carats, à l'intérieur de vieilles griffes décoratives en diamant taille brillant et rose, encadré par de plus gros diamants taille brillant ancien, monté en argent et or, monté comme une broche / pendentif avec des raccords détachables, anciennement le pièce maîtresse d'un plus grand bijou, diamants d'environ 6.50 carats, raccord de broche détachable, dimensions de la broche 4.0 x 3.2 cm, enveloppé par Mallet, The Octagon Bath & 40, New Bond Street, Londres, une note épinglée à l'intérieur indique «Spinnel Ruby de Hope Collection »


Henri Philippe Hope (1774-1839) appartenait à une célèbre dynastie de riches marchands et de banquiers marchands. Les espoirs étaient également d'éminents collectionneurs et mécènes. L'entreprise familiale leur a donné un revenu énorme pour accumuler de vastes et extrêmement précieuses collections personnelles de tableaux, porcelaines, antiquités, sculptures, livres, bronzes et bijoux.


L’Imperial Spinel de Bulgari : un spinelle rose-fuchsia de 131,21 carats serti dans un collier spectaculaire de la collection Magnifica.
Découvert au Tagikistan, ce spinelle, le quatrième plus gros connu au monde, pèse 131,21 carats et orne la pièce maîtresse du collier « Spinelle Impériale », serti de diamants et d’émeraudes. Collection de Haute Joaillerie MAGNIFICA 2021 de Bulgari.


Petite énigme (pour moi) car certains attribuent à Jean-Baptiste Fossin la fabrication de ce diadème en 1810, il a été réalisé pour la Princesse Catherine Bagration (en Russe: Екатерина Павловна Багратион ) née Skavronskaya (7 Décembre 1783 - 21 mai 1857 ou 2 Juin 1857) C'était une princesse russe, mariée au général Pyottr Bagration. Elle était connue pour sa beauté, ses amours et ses comportements non conventionnels. Elle s'est mariée en 1800 mais a rompu définitivement avec son mari en 1805 et est partie à Vienne. Donc Fossin signait-il de son nom a cette date?
Les pierres roses de ce superbe diadème sont des spinelles.



Le diadème et la parure en spinelle proviennent de la célèbre princesse Catherine Bagration, nièce du grand prince Potemkine, qui épousa un membre d'une ancienne dynastie géorgienne-russe, connue pour sa beauté, ses liaisons amoureuses et son comportement anticonformiste lors de ses voyages à travers l'Europe. "Merci à https://royalwatcherblog.com/2024/05/08/bagration-tiara/  pour ces deux photographie.



Il pèse plus de 352 carats et jusqu'en 1851, était largement considéré comme le plus grand connu rubis dans le monde. Il a été présenté à la reine Victoria par la Compagnie des Indes orientales en octobre 1851 et fait depuis partie de la collection de la famille royale britannique. Le Timur Ruby a une histoire longue et colorée.

Timur était un dirigeant turco-mongol qui aurait acquis le rubis lorsqu'il a limogé Delhi en 1398. Il est resté en Inde pendant un peu plus d'un an, avant de retourner à Samarcande avec le rubis parmi son butin de guerre. La rubis a été hérité par son fils, Mir Shah Rukh, et plus tard son petit-fils, Mirza Ulugli Beg.
Pendant son règne, il y eut plusieurs guerres avec les Perses et après l'une d'entre elles, le rubis tomba entre les mains de Shah Abbas I de Perse, qui en 1612 donna le rubis en cadeau à son ami proche, Jahangir, l'empereur moghol de Inde. Jahangir avait son nom gravé sur le rubis, ainsi que celui de son père, Akbar. La légende raconte que lorsque sa femme préférée l'a réprimandé pour avoir défiguré un joyau aussi magnifique, il a répondu : "Ce bijou transmettra plus certainement mon nom à la postérité que n'importe quelle histoire écrite. La maison de Timur peut tomber, mais tant qu'il y aura un Roi, ce joyau sera à lui".

Le propriétaire suivant de la pierre précieuse était Shah Jehan, qui avait son nom inscrit dessus et l'a placé sur le trône du paon. Les propriétaires successifs du bijou ont continué à inscrire leurs noms jusqu'à Farukhsiyar, qui fut le dernier des empereurs de Delhi à inscrire son nom sur le joyau. Son successeur était Nadir Shah d'Iran, qui a attaqué Delhi en 1739.

I

Comme tant de joyaux célèbres de l'Orient, le Timur Ruby a voyagé en Angleterre parmi une collection de bijoux indiens provenant du Trésor de Lahore en 1849 lorsque la Grande-Bretagne a annexé le Pendjab à son empire. Les bijoux ont été exposés lors de la grande exposition au Crystal Palace en 1851, puis donnés à la reine Victoria.
La reine Victoria  admirait particulièrement ce qu'elle appelait «les merveilleux rubis» et, le 23 octobre 1851, écrivit dans son journal: «Ce sont des cabochons, non taillés, non sertis, mais percés. Celui est le plus grand du monde. , donc encore plus remarquable que le Koh-i-noor !"

En avril 1853, Garrards sertit quatre de ces soi-disant «rubis» dans un nouveau collier en or et émail incrusté de diamants «de conception orientale», avec quatre pendentifs en diamant également de Lahore. Au centre du collier se trouvait l'énorme pierre rose-rose de 352 carats que la reine Victoria avait remarquée. Deux mois plus tard, Garrards a ajusté le collier pour permettre à cette pierre d'être détachée pour servir de broche et d'alterner avec le diamant Koh-i-noor récemment recoupé.

Aujourd'hui, ce spinelle fait partie des joyaux de la couronne britannique et est monté sur un collier qui est conservé à la Tour de Londres. Comme beaucoup de grands spinelles historiques, il a été longtemps confondu avec un rubis jusqu'à ce que des techniques modernes de gemmologie révèlent sa véritable nature.


SPINELLE (RUBIS BALAIS) AVEC INSCRIPTION ROYALE  LNS 1660 J.
Spinelle taillé (rose foncé tirant légèrement sur le pourpre, légèrement velouté), perforé, gravé manuellement avec une pointe diamant et à l’aide d’une fraise . 
Hauteur 48 mm ; largeur 36 mm ; épaisseur 18 mm ; poids 249,3 carats 
Inscriptions : 
(1) Timouride : Ulugh Beg (avant 1449)
(2) Safavide : Shah Abbas I‘ (daté de AH 1026/1617)
(3) Moghole : Jahangir (daté de AH 1030/1621)
(4) Moghole : Shah Jahan (sans datation)
(5) Moghole : Alamgir [Awrangzib] (daté de AH 1070/1659-1660)
(6) Durrani : Ahmad Shah (daté de AH 1168/1754-1755)

Tiré de la revue "Le Trésor du Monde"  sur l' Al-Dabah collection au musée national du Kuweït.

LES INSCRIPTIONS ROYALES sur des gemmes apparaissent en Mésopotamie dès le 11° millénaire av. J.-C. Toutefois, la majorité des exemples anciens connus se rencontrent, semble-t-il, essentiellement à partir du 1 millénaire av. J.-C.
Il s’agit surtout d’agates de plusieurs couleurs, mais également de turquoises et de calcédoines bleues.

Cependant, les gemmes portant des inscriptions royales plus tardives (la plupart sont gravées au nom des empereurs moghols), bien qu’elles ne soient pas semblables, diffèrent peu par leur caractère et méritent d’être distinguées. Cette pratique, héritée de leurs ancêtres, les Timourides, perpétue une tradition déjà en vigueur au XIII siècle chez les souverains mongols. Les premiers exemples aujourd’hui connus des historiens d’art semblent indiquer que les souverains du Badakhshan en auraient peut-être été les initiateurs au Xi siècle (ou auparavant). Cette hypothèse semble plausible étant donné que se trouvaient sur leur territoire des mines de rubis balais (des spinelles rouges, de  loin les plus utilisés pour les inscriptions royales)

L'exemple le plus ancien que nous connaissons est la gemme citée plus haut, gemme qui fut gravée à plusieurs reprises sur une période de plus de cent ans. Elle porte le nom du Timouride Ulugh Beg
(mort en 1449)  Ce rubis balais comporte également l’unique exemple d’inscription au
nom d’un souverain safavide (Shah Abbas [“). On y trouve en outre le nom de trois empereurs moghols (Jahangir, Shah Jahan et Awrangzib) ainsi que celui du roi afghan Ahmad Shah. Cette pierre est très célèbre dans la littérature car elle 
fut offerte à Jahangir par Shah Abbas I" et des textes récents l'ont surnommée le « Rubis Timour ».



Ce Merveilleux Spinelle se trouve au Musée du Louvre à Paris La Côte de Bretagne est un spinelle gemme, couleur amarante, retaillé au XVIIIe siècle en forme de dragon. La patte de droite passe sous le cou de la créature alors que son membre senestre est replié sur le dessus d'un tronc.La paire d'ailes et la queue fléchée d'origine ont disparu après le vol de septembre 1792 du grand insigne de la Toison d'or de Louis XV dans lequel le dragon était serti.
La Côte de Bretagne est le cinquième des huit joyaux sélectionnés par François Ier le 15 juin 1530 pour constituer le fonds des joyaux de la Couronne de France. Il avait hérité du spinelle après le décès en 1524 de Claude de France, fille d'Anne de Bretagne et petite-fille de Marguerite de Foix qui est la propriétaire la plus ancienne connue de cette gemme.



Conçu comme une guirlande florale sertie de perles fines, ornée de seize plaques de jadéite sculptées semi-translucides de couleur vert pomme moucheté, de tourmalines roses et jaunes de formes variées, et rehaussée de spinelles rouges, vers 1910 . Revendu par Sotheby's


Spinelle en forme de perle: rose foncé tirant légèrement sur le pourpre, perforé et gravé manuellement avec une pointe diamant.


Plusieurs  exemples en Spinelle rouge avec inscriptions Royales

Ces inscriptions, comme celles des noms des souverains moghols, furent exécutées avec une pointe diamant (et non, comme pour les sceaux, à l’aide d’une fraise) qui assure une meilleure maîtrise du travail. La calligraphie, quand elle est agrandie, semble incarner de parfaites proportions à l'égal des grandes inscriptions architecturales contemporaines




Autre perle en spinelle  avec inscription Royale Moghole  vers 1606-1607
Voir le site très intéressant :https://daralatharalislamiyyah.com/en/home-page-en/


Sertie de deux spinelles en forme de coussin, de couleur bleue et rouge vif, pesant ensemble environ 4,65 carats, ornée jusqu'aux épaules de diamants taille brillant, montée sur or jaune 18 carats, signée Agapoff. Revendue par la maison Sotheby's



Les Spinelles synthétiques

Ce Spinelle de synthèse vendu par la maison:  https://www.gems-plus.com   a les mêmes caractéristiques physiques et chimiques que le Spinelle naturel. Mais il est fabriqué  en laboratoire selon le procédé Verneuil (fusion à la flamme). Sa couleur bleu intense est causée par un additif de cobalt lors de la fabrication , à ne pas confondre avec celles du verre au cobalt, pourtant de même couleur ou presque. 
Le Spinelle synthétique fabriqué par le procédé Verneuil a une teneur en magnesium plus forte que celle du spinelle naturel.

Depuis les années 20, le spinelle est produit de façon synthétique. Il sert à la fabrication de doublets (pierres dont une moitié est naturelle et l'autre synthétique ou du verre) et à l'imitation de nombreuses gemmes, notamment le grenat, l'améthyste, le zircon, le saphir, le rubis et, mais surtout celle de l'aigue marine.


Spinelle synthétique rectangulaire à pans coupés sur papier. Poids : 15 cts. voulant imiter et être vendu comme aigue marine


Bague Or Jaune et Spinelle Synthétique 
Bague en or jaune (18k), au centre un spinelle synthéthique bleu taille émeraude. Poids Brut : 8,90 g
Revendu par Savaje Paris

Combien de gens ai-je déçus en quarante ans parmi ceux qui m'ont amené les splendides "aigues marines" de famille, qui n'étaient en réalité que des spinelles bleus synthétiques. Celui ci-dessus est un Spinelle synthétique rectangulaire à pans coupés sur papier. Poids : 15 cts. revendu par la maison Rossini

"Mais Mr Richard, c’est impossible, je la tiens de ma grand mère"

Faites attention, de nombreux bijoux vendus en brocantes, chez les Antiquaires ou dans les salles des ventes comme "Aigues marines", ne sont que des spinelles synthétiques.



BAGUE SPINELLE SYNTHETIQUE, PAR SUZANNE BELPERRON
Sertie d'un spinelle synthétique de couleur verte, (avec les reflets de l'Or, il parait jaune) monture en or jaune
Poinçon de Darde & Cie revendu par la maison d'encheres Christie's

Le recuit que subit le spinelle synthetique pour réduire les tensions internes supprime les zones courbes d'accroissement et déforme les bulles de gaz "piégées " qui prennent des formes anguleuse




Les doublets saphir vert - saphir synthétique, récents, se vendent fréquemment, en Thaïlande notamment. Les triplets Les triplets, ou doublets sensu lato, sont constitués de deux lames cristallines incolores, réunies au niveau du rondis par une mince couche d'émail coloré qui donne sa couleur à la production ; ce sont notamment les doublets quartz-émail vert-quartz, les doublets spinelle synthétique-émail coloré-spinelle synthétique (de toutes couleurs, qui peuvent imiter toutes les gemmes : émeraude, topaze, améthyste,etc, etc (d'après Jean Paul Poirot l'un de mes professeurs de gemmologie avec Melle Level)

Depuis 1994 du spinelle synthétique de couleur rouge ou de couleur bleue est fabriqué en Russie par voie andryde et hydrothermale, son aspect est assez convaincant.


Fiche Technique

Nature et composition Famille : oxydes

Formule chimique : MgAl₂O₄ (spinel magnésien)

substitutions possibles : Fe, Zn, Cr, Co… responsables des couleurs

 Système cristallin

  • Cristallisation : cubique (isométrique)

  • Habitus : octaèdres, macles fréquentes (macle en “triangle” typique)

 Dureté

  • Échelle de Mohs : 8

    • Plus dur que le quartz (7)

    • Moins dur que le corindon (9)

 Densité (poids spécifique)

  • ≈ 3,58 – 3,62

    • Peut varier selon la composition (Fe, Zn, etc.)

 Propriétés optiques

  • Indice de réfraction (IR) : 1,718 – 1,738
    (souvent autour de 1,72)

  • Biréfringence : nulle (pierre isotrope)

  • Pléochroïsme : absent

  • Signe optique : isotrope (extinction constante sous polariscope)

 Éclat et transparence

  • Éclat : vitreux à légèrement adamantin

  • Transparence : transparent à translucide

 Couleurs

Très large palette :

  • Rouge (spinelle “rubis-like”)

  • Rose, violet

  • Bleu (souvent cobaltifère)

  • Orange, gris, noir

  • Incolore (rare)

 Comportement à la chaleur et traitements

  • Très stable

  • Peu sensible à la chaleur

  • Traitements rares (contrairement au corindon)

  • Nombreux spinelles synthétiques depuis le XIXe siècle (flamme, puis Verneuil)

 Inclusions typiques (naturel)

  • Cristaux octaédriques

  • Soies fines (rare)

  • Plans de macles

  • Empreintes de cristaux dissous

jeudi 6 novembre 2025

Florence Jay Gould, les gouts d'une milliardaire au travers de ses bijoux

Florence Gould : Mécène, Icône et Collectionneuse de Bijoux.

Je trouve fascinant de voir ce que des milliardaires ont acheté comme bijoux. Leurs choix étaient-ils dictés par le milieu qui fréquente Cartier ou Van Cleef & Arpels, ou reflétaient-ils un goût personnel pour des créateurs émergents comme Suzanne Belperron, Jean Vendome, Jean Dinh Van, Bernard Sylvain ?

Pour l’illustrer, j’ai traité les bijoux de madame Doris Duke dans un précédent article .  https://www.richardjeanjacques.com/2020/09/les-bijoux-dune-milliardaire-americaine.html 

Ici, c’est Florence Gould qui nous intéresse.



Donc ce magnifique collier très classique appartenait a Florence Gould
Merci à @archivodejoyas sur Instagram pour ses photos

Florence Gould, née Florence La Caze à San Francisco le 1er juillet 1895 et morte à Cannes le 28 février 1983.
Fille  de Maximilien Lacaze, un éditeur d'origine française ayant fait fortune en Californie. À l'âge de 11 ans, Florence Gould, s'est installée à Paris avec ses parents français. À l'origine, elle se destinait à une carrière de chanteuse d'opéra.


Florence Jay Gould

Florence, s'était mariée une premiere fois  en octobre 1914 avec Henry C. Heynemann, un ami d’enfance originaire  de San Francisco. Le mariage ne tint pas longtemps et après les formalités de divorce dès 1916, Florence rejoignit Paris où sa mère, devenue veuve, coulait une retraite modeste.

Jolie et bien faite, étant jeune elle était préssée de se faire connaitre de la High society, elle prit des cours de danse et de chant.
Elle devint chanteuse et fit de très nombreuses conquètes  mais elle savait ou elle voulait en venir et lorsque le fils de Jay Gould, roi des chemins de fer américains, vint applaudir Mademoiselle Lacaze aux Folies Bergère… le poisson était pris à l hameçon.
D’ailleurs, en 1918, lorsqu’il rencontra Florence, Frank Gould était encore uni à une anglaise Edith Kelly, épousée en secondes noces. Florence sut y faire pour remplacer cette comedienne. Après un retentissant divorce qui tint la presse en haleine pendant des mois , Florence devint officiellement la troisième épouse du milliardaire.
Elle interrompit sa carrière de chanteuse en 1923 lorsqu'elle épousa M. Gould.
Le couple s'installa en France et vécut à Juan-les-Pins, où il constitua une importante collection de tableaux impressionnistes français. Leur maison était fréquemment un lieu de rencontre pour les artistes et les écrivains.

Ci après un grand nombre de bijoux vendus après sa mort par la maison d'enchères Christie's en 1984, pour illuster les gouts de cette personne immensément riche.


Bague d'éternité en diamant. Conçue comme une rangée de diamants taille baguette bordée de deux rangées biseautées de diamants taille baguette coniques, montée sur platine — 
Bague d'éternité en saphir. Conçue comme une rangée de saphirs taille baguette bordée de deux rangées biseautées de diamants taille baguette coniques, montée sur platine .Revendues par la maison Christie's en 1984.

A Granville, en Normandie, Frank avait fait construire en 1911 un casino et un palace, il péfèrèrent pour peu de temps Nice, mais trouvèrent qu il y avait trop de monde


Un peu avant 1928 Les Gould tombèrent amoureux de Juan- les-Pins, Ils y achetèrent la Vigie, une villa néo-gothique où ils pouvaient recevoir leurs amis : les Fitzgerald, Cole Porter, Douglas Fairbanks, Charlie Chaplin ou encore l’Aga Khan. Ils firent construire le Provençal, un luxueux hôtel Art déco appelé à devenir l’un des établissements les plus prisés de la Côte d’Azur.


Lorsque leurs médecins, en 1927 conseillèrent aux Gould de faire une cure à Bagnoles-de-l’Orne, station en perte de vitesse de la campagne normande, le couple accepta, en prenant tout de même quelques précautions : le Grand Hôtel devait être rénové, ses parcs redessinés, un lac devait remplacer l’étang jugé indigne, et un casino serait de toute urgence construit. En l’espace de six mois, c’est tout le paysage de la ville qui se trouva changé.(Site de France Amérique)


Pendentif émaillé Rennaissance
De forme ovale, conçu comme une plaque de jaspe avec une figure appliquée en or et émaillée représentant un pèlerin portant un bâton, dans un cadre en or décoré d'émail bleu, vert et rouge, suspendant un pendentif en perle (la perle pourrait avoir été ajoutée ultérieurement) — probablement espagnol, fin du XVIIe siècle. (revendus par la maiison Christie's)
En Espagne, le XVIIe siècle a été appelé le « siglo de oro ». "Le siècle d'or"  
Cervantès, Le Greco et Vélasquez travaillaient tous sur des thèmes héroïques, religieux et courtois, et leurs préoccupations se reflétaient dans les petits pendentifs ovoïdes représentant des rois, des saints, des héros et des pèlerins encadrés sur du cristal de roche, enfermés dans des plaques d'émail « fleuries » sur un fond complémentaire. Ces figures en or sculptées représentent l'apogée de l'art de l'orfèvre espagnol avant que le siècle suivant ne réduise son rôle à la fourniture de montures pour gemmes et pierres de couleur.

Miniature serti dans un cadre en or
La miniature ovale représentant une jeune femme, aquarelle sur ivoire, dans un cadre en or décoré d'émail guilloché jaune et noir et de diamants taille rose, sur un support en métal doré. (1984 revendu par la maison Chrisitie's)


1928 Surprenant ces légions d honneur.


1928 dans le Figaro


1929 Florence Gould finançait régulièrement des concours d'élégance automobile


Pendant 10 ans ils furent pris de fièvre immobilière jusqu'a construire à Nice l'imposant Palais de la Meditéranée
A cette époque , Florence dont le mari buvait beaucoup, fit de nombreuses conquètes (à commencer par son professeur de ski nautique), sport qu’elle introduisit en France. Vint La guerre, Les Goulds pouvaient rentrer aux Etats unis mais ils décidèrent de rester en France 


1930 Florence adorait offrir de très belles coupes sportives et aussi pour d'autres occasions


1933 Elle aurait introduit en France le Ski nautique, créé en 1922  par un américain  et nous voyons qu'a cette époque cela s'appelait "Le Water Ski".


1935


Florence Jay Gould vers 1936.
Lire l'excellent rticle sur  Mme Gould sur: https://stewross.com/florence-lacaze-gould/.


1940 dans le Cri de Paris

Florence Gould pendant la guerre.

Américaine d’origine française, Florence La Caze, tenait avant guerre, chaque jeudi, un salon littéraire et artistique à l’hôtel Bristol. Elle poursuit cette activité sous l’Occupation dans son appartement de l’avenue Malakoff et compte parmi ses habitués Jean Giraudoux, Céline, Marcel Jouhandeau, Paul Léautaud (et beaucoup d’autres), Ernst Jünger, et de nombreux hauts responsables nazis. Elle est associée à une banque allemande implantée à Monaco. Céline, dans ses mémoires, la décrit comme fantasque mais intelligente, prête à soutenir les artistes et à protéger certains écrivains malgré la guerre.
Une semaine après la Libération, Florence Gould continue ses salons alors que ses amis allemands quittent Paris. Elle est désignée comme une "Collabo"
Qui est intervenu après la guerre pour qu'elle ne soit nullement inquiètée? Le gouvernement américain? la caution morale de Jean Paulhan, figure fondatrice du Conseil National des Écrivains?, mais aussi une contribution généreuse à l’égard des FFI?



Etui à cartes Art déco en émail plique à jour et diamants
Le couvercle est décoré d'un motif de style égyptien en émail plique-à-jour multicolore, les côtés sont sertis de panneaux en cristal de roche alternant avec des barres serties de diamants taille rose, avec un bouton-poussoir en diamant taille rose, le panneau inférieur est en or 18 carats poli — 4,25 x 8,95 x 1,27 cm.  
Signé par Van Cleef & Arpels . et revendue en 1984  par Christie's

Céline ecrivit sur elle.
Madame Frank J. Gould la femme (la 5e ! J’ai aussi très bien connu la 2e) du vieux milliardaire des chemins de fer américains, c’est une ancienne manucure, […] fantasque et pas bête, snob, et qui me voulait tout le bien du monde, elle forçait notre modeste logis, avec Marie Bell (de la Comédie française), elles apportaient le dîner ! Moi qui ne reçois jamais personne j’étais bien forcé de la recevoir ! Elle voulait à toute force m’acheter mes manuscrits. Je m’y refusais, ne voulant rien devoir au milliardaire américain. Mais elle n’était ni désagréable ni sotte – Dans sa précipitation, la nuit et ivre, elle s’est même cassé la jambe en bas de mon escalier, rue Girardon. J’ai refusé d’aller la voir dans son lit comme elle m’y conviait à la soigner ! par télégramme… Elle chasse dans le génie. Que pourrait-elle pour moi en ce moment ?

Céline voit clairement qu’il peut compter sur Florence Gould. À en croire le romancier, elle le recevait, le poursuivait même assidûment, pendant la guerre. Et pourtant Jünger, qui pouvait être en désaccord avec Céline mais qui était mortifié à la pensée qu’un de ses écrits puisse causer à Céline le moindre ennui touchant à ses appels génocidaires, et Florence Gould, à la poursuite acharnée du romancier, étaient alors amants  Jünger avait remplacé dans ce rôle un major de la Luftwaffe (cité par Feffrey Melman)
Elle fut aussi très amie avec Gerhard Heller. Le Sonderführer Heller, de la Propagandastaffel chargé de la censure Littéraire en France. C'est Bousquet qui la présenta a Gerhrard Heller lui permetant de faire connaissance avec Ernst Jünger capitaine de la Wehrmacht dont l'épouse était restée à  Hanovre.



Bijou en Ivoire sculpté, diamants et émeraudes
Bague en ivoire sculpté représentant un dauphin stylisé, orné de volutes de diamants et de volutes en or 18 carats, les yeux sertis de cabochons en or 18 carats, Signée par M. Gérard.
Fondée en 1968 par Louis Gérard, ancien de Van Cleef & Arpels, et située au 8, avenue Montaigne, M. Gérard a été citée en 1975 comme le plus grand exportateur français de haute joaillerie. En 1978, des bijoux de cette maison et de quatre autres grandes maisons new-yorkaises ont été illustrés dans un thriller revisité, « To Catch a Diamond », photographié à Monte-Carlo par Helmut Newton (Vogue, décembre 1978).


Trois Charmantes broches poisson en saphir étoilé et diamants
Une broche représentant un poisson-ange serti d'un saphir étoilé pesant environ 179,49 cts, son œil serti d'une émeraude cabochon, sa tête, sa queue et ses nageoires pavées de diamants, montées sur platine et or blanc 18 carats ; et deux broches plus petites en suite (3) Signée par Van Cleef & Arpels revendus par la maison Christie's

1945 Après la liberation de la france
Ce qui est étonnant c'est qu'après la liberation, Florence Gould, largement collaborationiste des Allemands et des Pétainistes, n'ait pas été inquiétée.
Elle est arivée à négocier ce statut  en devenant mécène de l université américaine . 
Jeffrey Melman ecrivit "la meilleure explication a peut-être été offerte par Jünger lui-même, sous la forme d’une plaisanterie qu’il échange avec Heller. Les caves de Maisons-Laffitte, patrimoine de Frank Jay Gould, étaient d’une telle richesse qu’aucun officiel, qu’il soit allemand ou, plus tard, américain ou britannique, ne pouvait résister à la tentation de se laisser acheter. Heller l’a noté dans ses mémoires : « Les Gould montrèrent, en effet, que leur richesse et leurs relations leur permettaient de ne pas craindre davantage ceux-ci que ceux-là. »


En 1946, Nice Matin écrit: 
Florence Gould se fait voler son émeraude de 33 carats, taillée en poire, dans le coffre de l’hôtel Le Provençal, à Juan-les-Pins. L’enquête s’éternisera. L’issue surprendra.
Elle n'en était pas à un caillou près. Aussi aveuglant qu'ait pu être son éclat. Mais quand même, se faire chiper une émeraude de 33 carats dans le coffre de son hôtel, il y a de quoi rendre… verte (de rage).
Eh puis, quel hôtel! Pas n'importe lequel. Pas un petit. Pas un taudis. Juste Le Provençal, à Juan-les-Pins. Cette illustre bâtisse où Florence Gould brillait plus encore que les bijoux qu'elle collectionnait. Monsieur avait quand même construit le mastodonte. 

Après la Seconde Guerre mondiale, et surtout après la mort de son mari en 1956, Florence Jay Gould se consacre intensément au mécénat.

Elle tient à nouveau un salon littéraire et artistique très influent dans sa somptueuse villa "La Vigie" à Juan-les-Pins (ou parfois dans sa propriété de Cannes). Ce salon devient le rendez-vous incontournable des grands noms de la culture de l'époque, accueillant des écrivains, des artistes et des intellectuels tels que Jean Cocteau, Pablo Picasso, André Gide, ou encore Anaïs Nin.

Elle a soutenu financièrement de nombreux artistes et écrivains, créé des prix littéraires (comme le Prix Florence Gould) et rassemblé une collection d'art impressionnante (comprenant des œuvres de Monet, Cézanne, Renoir, etc.).



Sautoir en perles de Cultures Composé de cent huit perles de culture d'environ 9,50 mm (45 po) en moyenne.

Dans La Vie à Paris article de Jean Pierre Dorian en 1949.
j’ai, aussi, reçu des nouvelles de Florence Gould, propriétaire de Juan-les-Pins, dont le sable n’était plus doré que par le soleil et le souvenir des fastes de naguère. Mais, grâce à cette jeune femme dynamique, dont l’esprit franco- américain s’ingénie à marier les frénésies estivales de ses compatriotes d’origine et les folies françaises, Juan-les-Pins est en train de reprendre, sur la Côte, la toute première place.  Elle a attiré, sur sa plage, une demi-douzaine de Maharadjahs (dont celui de Palampur qui donne des dîners de cent couverts au Casino), quelques vedettes de Hollywood aux ongles d’or et aux cils de platine, et Maurice Chevalier qui déserte deux fois par semaine, son domaine de La Louque, pour aller danser sur les terrasses de la Pergola, en compagnie de sa fiancée. Elle voudrait. paraît-il, une robe de chez Fath dont elle a furieusement envie depuis trois mois. Chevalier trouve ce caprice un peu cher ! Il a beau lui offrir, en compensation, des sacs dé bonbons, ouelques bou- ouets de fleurs, et... l’or d? sa voix charmeuse sous la forme de petits compliments, de mots sucrés, , de « Mon amour » par ci, « Ma moumoute » par là, elle n’est pas éloignée de penser que son Maurice n’emportera pas ses cachets avec lui et qu’il susurre mieux les notes qu’il ne les paie !  (L'echo d'Alger 21 juillet 1949 et Le Monde)


1952 dans "Le Franc Tireur


1953 Dans le Patriote de Nice.

Le fin mot de cette affaire, c’est que nous nous trouvons devant une sordide question d’intérét et qu' on a l'impression que les milliards de M. Franck J.Gould, qui est agé de 76 ans, attirent la cupidité d’une partie de la famille,impatiente d’hériter. Peut-étre veut-on faire doter le vieillard d'un conseil de tutelle ?



Poudriers en or et diamants
Le boîtier carré en or 18 carats est entièrement décoré d'un motif floral gravé, le couvercle est serti de diamants, le bouton-poussoir est serti de petits diamants ronds, l'intérieur est équipé d'un miroir et d'un compartiment à poudre recouvert d'or.
Le boîtier en or finement poli est orné sur le couvercle de lignes de diamants ronds et taille baguette. Le bouton-poussoir est serti de petits diamants ronds, l'intérieur est équipé d'un miroir et d'un compartiment à poudre recouvert d'or. (revendus par la maison Christie's)


Poudrier compact art déco, perles, diamants,  et émail or 750 et platine  bordure de diamants signé Van Cleef et Arpels

Le boîtier rectangulaire en émail noir, décoré sur le couvercle de rangées de perles de rocaille bordées de diamants pavés, est doté d'un miroir et de deux compartiments à poudre, montés en or 18 carats et platine .


1954 France Soir



Le boîtier rectangulaire en platine poli, avec ses deux panneaux latéraux sertis de diamants taille baguette formant un motif brique, est orné de trois diamants taille carrée et taille baguette, et son intérieur est doté d'un miroir monté sur le côté, et d'un compartiment à poudre recouvert d'or. Poids brut : 200 g, dimensions : 6,3 x 8,3 x 1,8 cm. (Revendu par la maison Christie's)


Journal Juvénal en 1954, 

Bonjour tristesse Mardi, au cours de la réception donnée chez Eux, avenue du Maréchal-Foch, par le directeur des Editions des Deux-Rives, et Mme René Defez, le prix des critiques 1954 a été attribué à Françoise Sagan pour son roman : Bonjour Tristesse, par un jury composé de MM. Emile Henriot, Gabrie. Marcel, Dominique Aury, Marcel Arland, Georges Bataille, Maurice Blanchot, Jean Bianzat, Roger Caillois, Henry Clouard, Jean Grenier, Armand Hoog (absent), Robert Kemp, Robert Kanters, Pierre Lœ- wel, Thierry Maulnier, Maurice Nadeau et Jean Paulhan. La lauréate est une romancière de 19 ans, qui en est à son premier bouquin. Ancienne élève du collège des Oiseaux, fille d’un industriel fortuné, Françoise Sagan a toutes les chances d’un bel avenir littéraire devant elle. Les 100.000 francs offerts par Mme Florence Gould, lui ont été remis en espèces, parce qu’elle est mineure et qu elle n’a pas le droit de toucher un chèque. Mais qu’importe, grâce à Bonjour Tristesse elle aura connu un jour de grande joie .

De nos jours ! En espèces???


Important sautoir à tête de diamants et rubis.
Conçu comme un pompon en perles de rubis avec un capuchon floral en diamants serti pavé 
Motif serti de diamants stylisé comme des liens superposés en forme de navette  pesant environ 16,00 cts., attaché à trois rangs de perles rubis entrecroisées par des maillons en diamants, monté en or jaune 18 carats.Signé par Louis Gérard, anciennement de Van Cleef & Arpels, a fondé le cabinet M. Gérard en 1968 au 8 avenue Montaigne à Paris.



1954 Dans "Arts et Lettres"


Broche rubis et diamants
Conçue comme dix grappes superposées, chacune sertie d'un rubis taille ovale entouré de diamants taille circulaire légèrement dégradés, montée sur platine et or 18 carats.
Signée Van Cleef & Arpels.
Très important bracelet rubis et diamants
Conçu comme un anneau articulé de rubis ronds et ovales, bordé de diamants ronds, orné de dix grappes de rubis et de diamants en relief, le tout monté sur or jaune 18 carats.
Signé par Van Cleef & Arpels, New York n° 35004( les deux revendus par la maison Christie's)


Bijou Description probable (Traduction du catalogue Christie's)
Importante Bague en Rubis et Diamants, centrée sur trois rubis taille ovale ou coussin, entourée de plusieurs rangs de diamants taille ronde et baguette. Monture en platine.
Bracelet Manchette Roulé en Rubis et Diamants, composé de lignes de diamants taille baguette, encadrant un ruban central de rubis taille baguette ou calibrée, le tout rehaussé de diamants taille fantaisie, dont un large diamant navette ou poire. Monture en platine.
Boucles d'oreilles Paire de Puces d'Oreilles en Rubis et Diamants, de forme bombée, entièrement pavée de rubis taille coussin ou cabochon, encadrés et séparés par des lignes de diamants taille ronde et baguette.



Bague Solitaire en Diamant et Platine, centrée sur un grand diamant de forme ovale ou coussin, pesant probablement entre 10 et 15 carats, avec une monture simple en platine.
Bracelet Art Déco Ligne en Émeraudes et Diamants, composé d'émeraudes taille émeraude ou coussin, alternant avec des motifs géométriques sertis de diamants taille baguette et taille trapèze. Monture en platine.
Importante Bague en Émeraude et Diamants, centrée sur une émeraude de grande taille, taille cabochon ou ovale, entourée d'un pavage de diamants taille ronde et marquise. Monture en platine.
(Revente par Christie's)


Collier important en perles d'émeraudes sculptées gaudronnées

Composé de trente et une perles d'émeraude cannelées de taille dégressive mesurant environ 1,90 carat (20,90 mm), le fermoir est serti d'un diamant jaune clair taille marquise d'environ 1,46 carat, entouré de douze diamants taille brillant, monté sur platine et or blanc 18 carats. Poids total des perles d'émeraude : environ 890,88 carats. Créé par Alexandre Reza, Paris.(Revente Christie's)


Bague en Perle de Culture et Diamant
Sertie d'une perle de culture mesurant environ 15,20 mm, flanquée de chaque côté d'un diamant de taille poire. Monture en platine. Importante Paire de Puces d'Oreilles en Perles de Culture
Chacune sertie d'une perle de culture mesurant environ 16,00 mm. Monture en or blanc. Paire de Boucles d'Oreilles en Perles de Culture et Diamants
Chacune sertie d'une perle de culture de forme "bouton" mesurant environ 16,70 mm, entourée de deux rangs de diamants taille circulaire. Monture en or jaune 18 carats.( Revente Christie's)



Collier à deux rangs de perles de culture et diamants.

Composé de cinquante-neuf et soixante-deux perles de culture légèrement dégradées mesurant environ 10,50 à 13,40 mm, le fermoir est conçu comme un ensemble navette de diamants ronds et taille marquise, monté sur platine et or blanc  (Revendu par  Christie's)




Collier de perles fines naturelles.

Important Collier de Perles Fines Naturelles en Chute, composé de trente-huit perles naturelles mesurant environ 10,65 à 14,00 mm, avec un fermoir de broche en diamants de style Art Déco signé Cartier. Le fermoir, monté en platine, est centré sur un diamant de taille ancienne, entouré de diamants ronds, baguettes et de forme fantaisie.Accompagné d'un certificat attestant de la nature naturelle des perles d'eau salée.

Paire de Boucles d'Oreilles pendantes en perles fines et diamants.

Importante Paire de Boucles d'Oreilles pendantes en Perles Fines Naturelles et Diamants, chaque boucle d'oreille étant centrée sur une perle fine naturelle en forme de poire, d'environ 15,00 mm de longueur, suspendue à un motif floral ou étoilé en diamants. Le motif est serti de diamants de tailles ancienne, ronde et taillés en forme de baguette. Monture en platine.

Note : Ces boucles d'oreilles reprennent le motif du fermoir du collier (Lot 474) ou présentent une conception similaire pour former une parure.



Importante Broche Clip en Perles Fines Naturelles Grises et Diamants, conçue comme une volute fluide ornementée de diamants ronds, marquise et baguette. La broche retient en pampille six perles fines de mer naturelles, de couleur gris foncé à gris clair (souvent appelées "couleur de fantaisie"), de forme poire, montées en dégradé, avec des attaches serties de diamants taille baguette. Monture en platine.
Cette broche est un exemple typique de la haute joaillerie Art Déco et post-Art Déco, souvent réalisée par des maisons comme Van Cleef & Arpels ou Cartier.

Paire de Boucles d'Oreilles en Perles Fines Grises et Diamants
Paire de Boucles d'Oreilles Pendantes en Perles Fines Naturelles Grises et Diamants, chacune centrée sur une perle fine de mer naturelle, de forme poire (correspondant aux perles pendantes de la broche), surmontée d'un motif floral ou d'une grappe en diamants de taille ronde et marquise. Monture en platine.(Les deux revendues par Christie's)


Important collier frange, en perles de culture et diamants

Véritable prouesse d'orfèvrerie, le trembleur utilise une technique qui permet à certains éléments de la pièce de vibrer légèrement, amplifiant ainsi le jeu de lumière sur les pierres précieuses. La qualité exceptionnelle des pierres, alliée à un savoir-faire expert, témoigne de l'engagement indéfectible d'Alexandre Reza envers la perfection.
Conçu comme une guirlande florale en diamants taille circulaire et marquise, rehaussé de six fleurs en diamants taille poire, rond et marquise montées en tremblant. Le collier est agrémenté de franges composées de tiges en diamants taille baguette, suspendant des perles de culture en forme de poire en dégradé, allant d'environ 12,20 x 14,00 mm à 14,70 x 16,00 mm. Le fermoir floral suspend deux pampilles en diamants et perles de culture. Monture en platine. Présenté dans son écrin d'origine ajusté en daim noir.Par Alexandre Reza, Paris.

Poids total des cent quinze diamants taille marquise et poire : environ 79,90 cts. Poids total des cent dix-neuf diamants ronds : environ 39,20 cts. Poids total des quatre-vingt-dix-sept diamants taille baguette : environ 4,45 cts. (Revendu par la maison Christie's)

A. Reza a fondé une maison de joaillerie à Moscou en 1900 et a fui en France en 1925. Son fils, Alexandre Reza, a repris l'entreprise dans les années 1940. Après la guerre, il s'est réinstallé à Paris, où il compta parmi ses clientes Florence Gould. Actuellement, Alexandre Reza est situé au 21, 23 Place Vendôme ; c'est un joaillier moderne de premier plan disposant d'un grand atelier privé, réputé pour ses pierres fines et ses bijoux.


Lot 479 – Important collier de diamants

Alexandre REZA. IMPORTANT PENDENTIF ET COLLIER EN DIAMANT. Conçu comme un col souple continuellement serti de 192 diamants baguettes légèrement graduant en taille, pesant ~ 30,00 cts, supportant un diamant en forme de poire de 48,91 cts, surmonté de 2 diamants taillés trapèze, platine, marque de fabricant et marques d’essai, pendentif détachable. Estimation 700 000 - 1 000 000 USD // VENDU 1 552 000 USD. GIA // Pendentif : J/VS2. Provenance : Florence H. GOULD [S. NY APR. 2007] #AlexandreREZA #Diamant #FlorenceGouldJewels

Deux cents œuvres d'art, dont des peintures et des dessins impressionnistes et post-impressionnistes de Van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Cézanne, Degas et Monet, provenant d'une collection privée et qui n'ont pas été vues par le public depuis des décennies, ont été exposées et vendues aux enchères chez Sotheby's à New York fin avril



Bague en platine sertie d'un diamant jaune fantaisie taille rectangulaire d'environ 36,66 ct Flanquée de chaque côté de deux diamants taille baguette et trapèze.

Boucle d'oreille en platine sertie d'un diamant rond d'environ 4,02 ct, entouré de six diamants taille poire et marquise d'environ 23,10 ct  fabriqué par Harry Winston (Revendus en 1984 par la maison Christie's)


Bague « Victoire »
sertie d’un diamant taille rectangulaire d’environ 31,34 carats, flanqué de deux diamants taille baguette. Taille de bague : 5 3/4 pouces (14,6 cm). Monture en platine.
Accompagnée du rapport n° 5151960000 du 27 février 2014 du GIA (Gemological Institute of America) attestant que le diamant est de couleur D et de pureté VVS2 ; un diagramme de travail indique que sa pureté est potentiellement « Internally Flawless » ( Fleur Interne).

Un certificat complémentaire du Gemological Institute of America atteste que le diamant a été identifié comme étant de type IIa. Les diamants de type IIa sont les plus purs chimiquement et présentent souvent une transparence optique exceptionnelle. Les premiers diamants de type IIa ont été identifiés comme provenant d'Inde (en particulier de la région de Golconde), mais on en trouve désormais dans toutes les principales régions diamantifères du monde. Parmi les diamants de gemme célèbres, le Cullinan I (530,20 carats) et le Koh-i-Noor (105,60 carats) sont des exemples de diamants de type IIa.


Prix ​​réalisé 4 309 000 USD en 1984

Le diamant « Victory », de 31,35 carats, monté en bague. Il doit son nom à la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale, car la pierre brute dans laquelle il a été taillé a été découverte en Sierra Leone en 1945, à la fin de la guerre.
Cette pierre brute était la troisième plus grosse jamais trouvée en Afrique.

Un rapport de la CIA daté de 1945, déclassifié après son décès, révéla en détail comment Florence Gould avait travaillé assidûment pour les services secrets allemands durant la guerre. En compagnie de son amant Ludwig Vogel, un jeune agent SS, elle fit, sous un nom d’emprunt, plusieurs voyages à Berlin. Elle entretint également une liaison avec Otto Abetz, ambassadeur du Troisième Reich à Paris, et mit en place un réseau de prostitution de luxe pour distraire les officiers allemands. « Je donnerais n’importe quoi pour qu’on enlève tout ça de ma tête… » furent les dernières paroles entendues de la bouche de Florence Gould.



Paire de boucles d'oreilles Saphirs et diamants
Chacune conçue comme un amas en forme de dôme de saphirs taille ovale, de diamants taille marquise et circulaire, frangée de diamants taille baguette, montée sur platine et or blanc 18k 

Bracelet Diamants
 Conçu comme deux lignes de diamants taille baguette et carrée formant une série de motifs montant progressivement évoquant des vagues déferlantes, avec une ligne centrale de diamants taille baguette, monté sur platine Signé Van Cleef & Arpels 
Bracelet Saphirs
 Conçu comme deux lignes de saphirs taille carrée formant une série de motifs montant progressivement évoquant des vagues déferlantes, avec une ligne centrale de saphirs taille baguette, monté sur platine Revendus par Christie's


Bague saphir et diamants 
d'une grande importance. Saphir taille coussin d'environ 65,53 carats, serti de chaque côté. Diamants taille baguette effilés, montés sur platine. (Revente Christie's)


Rare et inedit  sac de soirée en perles naturelles, perles fines et diamants 1923 environ
Van Cleef & Arpels : Composé de perles fines et doublé de cuir blanc, orné d'une superposition triangulaire de perles fines, il suspend neuf perles naturelles en forme de goutte, soutenues par des coupelles serties de diamants taille rose, et est monté sur un cordon double, agrémenté de rondelles serties de diamants taille rose, le tout sur une monture en platine.

Composé de perles fines avec un intérieur en cuir blanc, orné d'une superposition triangulaire de perles fines, suspendant neuf perles naturelles en forme de goutte, soutenues par des capuchons sertis de diamants taille rose, enfilées sur un cordon double, ornées de rondelles serties de diamants taille rose, montées en platine.
Ce sac à main en perles est accompagné d'un certificat d'authenticité de VCA attestant qu'il a été fabriqué en 1923. À notre avis, les perles pendantes sont blanches, de forme légèrement baroque, avec un bon lustre et quelques imperfections superficielles modérées. Les minuscules perles fines sont blanc crème et d'un lustre moyen à bon. État : Une petite tache brun-jaune clair est visible sur le sac, près du bas. On note également un petit endroit où les perles sont légèrement détachées, formant presque un minuscule trou. Ces défauts sont à peine perceptibles, sauf en y regardant de très près, et n'altèrent en rien la beauté ni l'intégrité de la pièce. Les anneaux en platine sertis de diamants présentent des éraflures et une usure superficielles, normales pour leur âge, mais sont globalement en bon état.(Revendu depuis par la maison Sotheby's)


Florence Jay Gould comptait parmi les plus grandes collectionneuses de bijoux du siècle dernier, et le joyau de sa collection était un saphir surnommé la Princesse Bleue

L'histoire de ce collier commença avec un saphir birman de 113 carats, une pierre si extraordinaire que Van Cleef & Arpels la sertit d'abord avec simplicité, comme si rien ne pouvait rivaliser avec sa présence. Florence, cependant, n'était pas une femme de retenue. Elle commanda ensuite à la maison Gould une nouvelle interprétation de la pierre centrale d'un somptueux collier, y ajoutant trois saphirs ovales, une cascade de saphirs calibrés et des diamants sertis en volutes. Le résultat fut un triomphe du design français du milieu du XXe siècle : un collier d'une symétrie audacieuse, centré sur l'immense saphir taille coussin.


Le collier « Princesse Bleue », porté lors d’un bal en 1962, devient une légende. Florence racontait à ses invités qu’il lui rappelait un soir d’été sur la Riviera, lorsqu’elle reçut la visite impromptue d’un Maharajah venu admirer la mer et ses bijoux scintillants. Les broches poissons et les clips en diamants étaient toujours là, discrets mais éclatants, rappelant que l’art et la fantaisie pouvaient se cacher dans le moindre détail.

Après la mort de Florence en 1983, le bijou fut inclus dans la vente aux enchères historique de sa collection chez Christie's en 1984. Quelques jours avant la vente, des voleurs firent irruption dans la salle des ventes londonienne et s'emparèrent de plusieurs pièces. La Princesse Bleue échappa de justesse au vol grâce à la vigilance de deux employés qui la cachèrent avant que les voleurs ne puissent s'en emparer.

Lorsque le collier fut enfin mis aux enchères, il devint la pièce maîtresse de la vente Gould. Pesant plus de 114 carats, il fut adjugé à plus de 1,3 million de dollars en 1984, une somme colossale pour l'époque. Depuis, la Princesse Bleue n'a plus jamais été vue. Qu’il soit démantelé, caché dans un coffre-fort ou porté en secret, son sort reste incertain.


Elle portait des diamants de la tête aux pieds, comme l'a constaté M. Curiel de Christie's en fouillant ses placards et en trouvant une paire de clips en diamants sur ses chaussures. Elle portait également des faux : trois faux diamants, deux faux saphirs et une émeraude artificielle sont en vente. Les faux et les poissons – de nombreuses épingles en forme de poisson, en saphirs et diamants, ainsi qu'en ivoire, diamants et émeraudes – sont, selon Christie's, ceux qui suscitent le plus d'intérêt. Le 12 avril 1984, ses bijoux furent vendus pour 8 millions de dollars, le prix le plus élevé jamais atteint aux enchères pour un seul bijou.


En 1984, l'année suivant le décès de Gould, au moins deux cents œuvres d'art impressionnistes et postimpressionnistes ont été vendues aux enchères à partir de sa collection.

**
Alors  quelles sont les motivations des milliardaires pour le choix de leurs bijoux?

 Affirmation du Statut Social et Mimétisme
Symbole de Richesse : Le luxe, et les bijoux en haute joaillerie en particulier, servent de marqueur social fort. Ils communiquent le succès, la richesse et l'appartenance à un cercle d'élite. 
Validation Sociale : Posséder des pièces rares, signées par de grandes maisons ou ayant une provenance prestigieuse, valide la position de l'individu dans son milieu social. Il peut y avoir un mimétisme pour adopter les codes vestimentaires et les symboles de réussite de ce groupe.
Héritage et Prestige : Acheter des bijoux historiques ou de collection peut être motivé par le désir de perpétuer un héritage et d'acquérir une pièce reconnue pour sa valeur et son histoire, au-delà du simple attrait esthétique. 
Choix de Goût Personnel et Expression de Soi 
Expression d'Identité : Les bijoux sont une extension du style personnel et permettent d'exprimer son individualité, sa personnalité ou ses valeurs. Même à ce niveau de richesse, le choix d'un design, d'une pierre ou d'un créateur peut être très personnel. 
Valeur Émotionnelle : Un bijou peut marquer un accomplissement personnel, un amour, ou faire partie d'une tradition familiale. Cette valeur sentimentale peut largement dépasser le prix.
 Appréciation de l'Art : La haute joaillerie est souvent considérée comme une forme d'art, où le savoir-faire supérieur, la qualité des pierres et la complexité du design sont admirés pour eux-mêmes.
 Facteurs Économiques (Investissement)
 Valeur Intrinsèque et Sécurité : Pour les ultra-riches, les bijoux de très haute qualité (avec des métaux précieux et des pierres rares) sont aussi une forme d'investissement tangible et un moyen de diversifier leur patrimoine.
 Couverture contre l'Inflation : L'or et les pierres précieuses ont historiquement conservé leur valeur, voire augmenté, en période d'incertitude économique, ce qui en fait un placement judicieux.
 Portabilité et Discrétion : Contrairement à l'immobilier ou à de grosses sommes d'argent, les bijoux de haute valeur peuvent être transportés discrètement en cas de crise.

En conclusion, il est rare que la motivation soit unique. Pour un milliardaire, un bijou est souvent un achat multi-facettes : c'est un bel objet qu'il apprécie (goût personnel), un placement financier sûr (investissement), et un moyen d'afficher son succès dans son environnement (statut social/mimétisme).


Un commentaire, un complément d'information, m'écrire à  richard.jeanjacques @gmail.com


Néves & Dubois. Mystere en partie résolu. La maison Audouard qui les précéda

  Cliquez sur toutes les photos pour les agrandir. Ce beau et rare bracelet de Boucheron me pose beaucoup de questions, il est décrit par la...