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lundi 5 octobre 2026

Zundel Lipec : histoire d’un fabricant de mallette de beauté luxueuses 1925–1950. De la Lithanie, à Sanary sur mer en France.

 


Merveilleux nécessaire de sac fabriqué par Zundel Lipec

Il y a quatre ans, j'avais répondu à Herbert Horovitz au sujet d'un poinçon.

https://richardcourrierdeslecteurs.blogspot.com/2022/03/lepec.html. Et suite à un échange avec l'excellente Céline David au sujet de son expertise concernant un poudrier signé Marchak, mais poinçonné et fabriqué par Zundel Lipec, elle notait dans son commentaire : "Merci à Jean Jacques Richard pour son blog si instructif !" Je suis retourné lire mon article et je me suis dit que je n'avais pas assez cherché.

On ne connait presque rien de lui, écrasé par les "Marques" qui l'ont fait si bien travailler, Ostertag, Weisager, Boucheron, Chaumet, Marchak, et autres maisons de la place Vendôme que je n'ai pas encore identifiées.

Qui était-il ? Et que sais-je de lui ? 


Zundel Lipec naît le 9 juin 1894 à Saulenaï, en Lituanie, alors province de l’Empire russe. Trouvé grâce au Journal officiel français Il s'agit d'un extrait du Bulletin des lois ou du Journal officiel de la République française listant les décrets de naturalisation ou d'admission à domicile.
« LIPEC (Zundel), ouvrier graveur, né le 9 juin 1894 à Saulenaï (Lithuanie), demeurant à Paris… »

Comme beaucoup d’artisans baltes, il appartient à une génération formée à la gravure sur métal, métier très répandu dans les communautés juives et lituaniennes de la fin du XIXᵉ siècle. La naissance de sa fille Judith, le 18 août 1918 à Kiew à l'époque en (Russie), prouve que la famille Lipec fuit les troubles de la révolution russe. Le même document précise :

« … ayant une fille mineure, Judith, née le 18 août 1918 à Kiew (Russie). »

Son épouse, Chaya Rafalson, née à Kiev en 1895, apparaît également dans les registres :

« RAFALSON (Chaya), femme LIPEC, née le 11 décembre 1895 à Kieff (Russie)… » 
Ce passage par Kiev est typique des migrations d’artisans d’Europe de l’Est vers Paris entre 1919 et 1925.
À partir de 1925, Lipec s’associe avec Grinchteyn. Un poinçon est alors inscrit le 29 avril 1925, portant une gerbe de blé et les initiales G. L. en date du 29-04-1925.


Concernant l’adresse, certains auteurs mentionnent le 7 rue Saint‑Denis, d’autres le 177 rue Saint‑Denis. Je retiens pour ma part la source la plus fiable : les Archives commerciales de la France, qui indiquent le 2 impasse Saint‑Denis.


Dans cet extrait, on voit clairement que Lipec vend son atelier à Grinchteyn, lequel simplifie ensuite son nom en Grinchten. Cela implique que Lipec était déjà installé avant 1925, d’autant plus qu’il avait été associé, un mois et demi, avec André Mondin.

L’association Mondin & Lipec est attestée par le poinçon M & L, insculpé le 6 juin 1923, au 107 rue La Fayette, avec pour symbole une pensée.

Mondin et Lipec (source de la garantie)
Initiales M & L
Localisation : 107 rue La Fayette
Profession : fabricant bijoutier joaillier
Personnes associées : Mondin et Lipec
Symbole : une pensée
Date d'insculpation 06/06/1923 
Numéro du registre de la garantie 
3939
Numéro du registre de la préfecture 17111
Date de biffage  23 juillet 1923

Après ce biffage très rapide, Lipec a vraisemblablement continué en travail à façon, à son compte, jusqu’à la revente de son atelier et au dépôt du nouveau poinçon en avril 1925.
Les registres de population et les poinçons permettent de fixer précisément son installation :
Garantie de Paris, Zundel Lipec (ZL), symbole : une gerbe de blé
Localisation
Paris ; 65 rue de Provence  75

Poinçon de maître : ZL – gerbe de blé.


Voici son poinçon de Maître qu'il a fait insculper en 1928 


Sous le poinçon de maître de Lipec, le poinçon de l'or 3ᵉ titre de 1919 à 1994 Le poinçon de l’or « tête d’aigle – 3ᵉ titre » est celui qui garantit l’or à 750 ‰. C’est un poinçon de titre qui est apposé par un bureau de garantie.

 Vers 1930, il installe son atelier au 59 rue Sainte-Anne à Paris.


Au recensement de 1931, lui et sa femme habitent à Juvisy-sur-Orge, Essonne, en Île-de-France. Il est noté : nationalité française et patron.

Il fait biffer son poinçon le 22 février 1950 pour Paris et va s'installer dans le Var. Il est pourtant toujours cité dans l'Azur en 1952 mais n'y fait plus de publicité.
En revanche dans le Paris Bijoux, il existe un Lipec Horloger habitant Villa Rissouletto à Sanary-sur-Mer.


Il semble que sa femme Chaya Rafalson, qui avait changé son prénom pour "Claire", soit décédée le 5 avril 1956.

Zundel Lipec décède en 1980 à 86 ans à Sanary-sur-Mer. Son fils Jacques décède l'année suivante.


Zundel LIPEC est inhumé dans le cimetière « Centre-Ville » (avenue du 2ᵉ Spahis à Sanary-sur-Mer) emplacement 6-0109 (carré des Figuiers). 

Claire Lipec, née en 1895, appartient à la famille de fabricants‑bijoutiers parisiens dont l’activité est attestée dès le début des années 1920. Elle apparaît dans les documents d’état civil et dans les sources funéraires comme membre du foyer Lipec installé à Paris, puis inhumée dans la sépulture familiale portant l’inscription « Famille Lipec ».
Elle décède le 5 avril 1956, date confirmée par la pierre tombale familiale où figurent également Zundel Lipec (1894–1980) et Jacques Lipec (1925–1981). Cette sépulture constitue l’une des rares sources directes permettant de fixer précisément la chronologie familiale, les archives administratives concernant les artisans joailliers étant souvent lacunaires pour cette période.


Lipec n’est pas seulement un sous-traitant d’Ostertag : il est l’un des plus importants fabricants de boîtiers précieux de Paris, actif pour les plus grandes maisons.

Voici la liste des maisons pour lesquelles il a travaillé, prouvée par les poinçons :

Ostertag

Plusieurs pièces : poudriers, nécessaires, boîtes à charnières perdues.

« Travail français, signé Ostertag Paris et poinçon de fabricant de Zundel Lipec. » 


Trousse de toilette Compacte, française, fabriquée à Paris pour Ostertag par Zundel Lipec. Or, argent, sertie de diamants et de rubis. 1940 : revendue par la maison Tajan


ARNOLD OSTERTAG - ANNÉES 1930



INCROYABLE PAIRE DE BOÎTES DIAMANTS
Elle comprend un NÉCESSAIRE et une BOÎTE en or jaune finement côtelé, les fermoirs formant des gradins symétriques ornés de diamants taille brillant (taille ancienne) et baguette. Les intérieurs dévoilent un miroir, un compartiment à poudre et un porte-rouge à lèvres pour le nécessaire et un miroir et un grand compartiment pour la boîte. Signés Ostertag Paris et poinçon de fabricant de Zundel Lipec.
Travail français.
Poids brut : 311,09 gr.
Dimensions : 6,2 x 7,4 x 1,4 cm (nécessaire) et 5,8 x 7,6 x 1,6 cm (boîte).
Provenance : succession de la baronne Gunhild Thyssen-Bornemisza de Kaszon.





Provenance : succession de la baronne Gunhild Thyssen-Bornemisza de Kaszon.
Revendus par la maison Tajan.
OSTERTAG
Mallette de beauté ou vanity case revendue par Maître Tajan. Rectangulaire en or jaune 18 k émaillé de rinceaux et enroulements feuillagés en champlevé, le couvercle appliqué d'un semi de diamants piriformes ou triangulaires, de rubis, de saphirs ou d'une émeraude gravés. Le pourtour en or gris ciselé de godrons, le poussoir invisible, l'intérieur comportant un miroir et deux compartiments à couvercle 
Vers 1935.


OSTERTAG Paris Étui en argent et or 750°/°° à décor deux tons de rayures. Signé et poinçon Maître Orfèvre ZL de Zundel Lipec Housse siglée Circa 1930, 11 x 8 x 1 cm. Poids : 183,8 g.


Weisager Paris




ANNÉES 1940 - WEISAGER PARIS
POUDRIER OR ET RUBIS SERTI INVISIBLE
Il est de forme carrée en or jaune finement strié, une agrafe pavée de rubis calibrés en serti invisible et une barrette de diamants taille brillant. Le bouton poussoir serti de rubis calibrés. L'intérieur dévoile un miroir et un compartiment à poudre. Travail français signé Weisager Paris et poinçon de fabricant de Zundel Lipec.
Poids brut : 172,32 g 
Dimensions : 7,4 x 7 x 1,1 cm. revendu par la maison Tajan

Boucheron


BOUCHERON
POUDRIER carré en or jaune (750 ‰) guilloché et monogrammé « SPM », ouvrant à « charnières perdues » sur un miroir (chocs) et un tamis. Poussoir serti de trois saphirs calibrés. Travail français.
Signé BOUCHERON. Vers 1940. Dans un étui en suédine beige.
Poinçon de maître du joaillier Zundel LIPEC.
Dim.: 7,5 x 6,9 cm. Poids brut : 126,3 g.


Signé BOUCHERON. Vers 1940. Dans un étui en suédine beige. 
Poinçon de maître du joaillier Zundel LIPEC.
Dim.: 7,5 x 6,9 cm. Poids brut : 126,3 g.

Chaumet


CHAUMET Briquet en argent 1ᵉʳ titre 950 ‰, de forme rectangulaire à décor de pointes de diamant, le couvercle serti de trois saphirs calibrés. Travail français, poinçon de l’atelier de Zundel Lipec

Marchak


POUDRIER EN ARGENT (950 millièmes) et or composé d’un miroir, d’un verre biseauté entouré d’argent sur un séparateur à poudre. Motif à fins godrons sur toute la surface, fermeture en or jaune 18k (750 millièmes) et plaque en or ornée des armoiries de la famille d’Huart. La famille d’Huart, ayant obtenu le titre de Chevalier du Saint-Empire au XVIIᵉ siècle puis de Baron au XVIIIᵉ siècle, est de noblesse belge, luxembourgeoise et française au blason « D’argent à une branche de houx de sinople feuillée de cinq pièces et fruitée de gueules de quatre pièces, mouvante d’une terrasse d’or enflammée de cinq pièces ». La devise est « Mon cœur comme mon houx arde » sous le blason.


Ces différents éléments sont repris sur le poudrier. Excellent état. Léger enfoncement sur l’un des côtés. 
Poinçon Minerve 1 indiquant un titrage d’argent très pur (950 millièmes). Poinçon de maître près du miroir R. [croix de vie] S pour Soubrenie Bois, 4 bis rue Saint-Sauveur à Paris. Poinçon de maître Z [gerbe de blé] L pour Zundel Lipec qui a travaillé avec les grandes maisons parisiennes, il semblerait qu’il aurait notamment apporté son expérience pour les charnières invisibles, les articulations et mécanismes de fermeture dont il aurait déposé les brevets d’invention auprès de l’Office de la propriété industrielle en France durant l’entre-deux-guerres. Objet signé Marchak suivi du numéro 53066. Merci à Jean-Jacques Richard pour son blog si instructif ! 
Dimensions : 6,7 x 7,8 x 1,5 cm. 
Poids brut : 125,6 g. 


Il semblerait qu’il aurait notamment apporté son expérience pour les charnières invisibles, les articulations et mécanismes de fermeture dont il aurait déposé les brevets d’invention auprès de l’Office de la propriété industrielle en France durant l’entre-deux-guerres. Objet signé Marchak suivi du numéro 53066. Dimensions : 6,7 x 7,8 x 1,5 cm. Poids brut : 125,6 g.  Le texte est de l'expert Céline David, En vente chez Jura Enchères le 23 novembre 2026.



En résumé le boitier est de Zundel Lipec, l'entourage de la glace en argent (Minerve) est de Soubrenie, ou de Raymond Soubrenie qui obtient son insculpation le 8 mars 1945 ou en juillet 1946 lorsque Raymond Soubrenie va s'associer avecMaxime Bois, et  ce poudrier est fabriqué par eux, pour Alexandre Marchak.



Marchak  Etui à cigarettes bicolore en or et rubis En or guilloché avec des coins en rubis taillés au carré, s'ouvre sur un miroir et un compartiment Or rose et blanc 18k Signé Marchak Paris, numéroté, avec la marque du fabricant pour Zundel Lipec 2.625 x 2.50 x 0.375 in ; Poids brut 90.5 dwts Cette oeuvre revendue chez Lot Art sera expédiée d'un marchand de  Lambertville, New Jersey.


MARCHAK Étui à cigarettes en argent (800/oo) et or jaune 18K (750/oo) à décor de rainures et de godrons, les tranches et le fermoir, agrémenté d'un cabochon de saphir  lisses. Signé et numéroté, porte le poinçon de M-O de LIPEC Zundel revendu chez Lot Art


Poudrier multifonction Art déco français en saphirs et diamants. Boîtier en argent godronné, orné de saphirs taille carrée et de diamants taille 8/8 ; s'ouvre pour révéler une montre, un briquet, un porte-rouge à lèvres, un étui à cartes et un compartiment à poudre. Argent et or rose 18 carats. Signé du poinçon de maître de Zundel Lipec. Dimensions : 3,375 x 2,75 x 0,75 pouces ; poids brut : 197,5 dwts. Vendu avec son écrin en velours. Cet objet sera expédié depuis Lambertville, dans le New Jersey.  Les saphirs présentent une teinte saturée et une bonne transparence. Diamants : 14 pierres, poids total estimé à environ 0,45 ct par mesure. Poinçons : « Déposé 39149 » et poinçons de garantie français. Revendu chez Lot Art

Rago Arts / ventes américaines



Mallette de beauté Art déco en argent et rubis synthétiques signée Zundel Lipec. Le boîtier et le fermoir sont sertis de rubis synthétiques taille rectangulaire ; l'intérieur comprend un miroir, des compartiments pour cosmétiques, un porte-rouge à lèvres et un peigne. En argent partiellement doré. Signée du poinçon de fabricant Zundel Lipec. Dimensions : 4,25 x 3,25 x 0,75 pouces ; poids brut : 206,3 dwts. Cet objet sera expédié depuis Lambertville, dans le New Jersey.  Porte les poinçons de garantie français.


Etonnant , ces rubis sont synthétiques ce qui ferait penser a une fabrication ayant eu lieu pendant la guerre 1939-1945 : revendu chez Lot Art

Je me suis permis de rectifier le texte de  Rago Arts en  Changeant" Minaudière" par Mallette de Beauté, car l'appellation Minadière est déposée par Van Cleef & Arpels, quant a l'appellation "Rubis synthétique" les règles de la CIBJO  l'interdisent et on doit ecrire "Corindon Synthétique"

Victoria & Albert Museum (Londres)


Poudrier  Or et argent ; le fermoir est serti de diamants et de rubis cabochons.
 Paris, 1930-1940 ; réalisé pour Ostertag par Zundel Lipec. 
Poudrier rectangulaire en or et argent orné de bandes de lignes verticales et de courtes lignes horizontales.Dimensions Hauteur : 8,1 cm Largeur : 6,5 cm Profondeur : 1,2 cm 
Marques et inscriptions Marqué :  « OSTERTAG PARIS »  'DÉPOSÉ 39113'
Poinçon « ZL »  pour Zundel Lipec. 
Ligne de crédit
La collection Bettine, Lady Abingdon, léguée par Mme TRP Hole



Autres

ANNÉES 1940 POUDRIER POISSONS Il est rectangulaire en argent, le couvercle à décor de vagues stylisées et de poissons en or rose 18K, les bulles rehaussées de petits diamants taille brillant et ronds. L'intérieur découvre un miroir et un compartiment à poudre. Fermoir orné de trois petits saphirs calibrés. Poinçon de fabricant de Zundel Lipec.  Poids brut : 160,33 gr. Dimensions : 6,1 x 7,5 x 1 cm. . Revendu chez Lot Art


Briquet en argent et or 18 carats (750 0/00) laqué crème. Le capuchon décoré de deux lignes de quatre rubis calibrés . Poinçon de maitre de l’atelier Zundel Lipec  . Poinçon ouvrage mixte Poinçonné en occasion au Hibou sur la partie extérieure et poinçon au sanglier à l’intérieur du briquet . C.1940. Hauteur : 6 cm Poids brut : 44,2 grammes.


C'est une boite à cigarettes émaillée, fabriquée par Zundel Lipec  très beau travail.

1960  Zundel , en retraite, dépose un brevet insolite.


Dispositif à gaz permettant de modifier la section de sortie des brûleurs à gaz par le simple remplacement de peignes calibrés en fonction des caractéristiques des gaz utilisés et des débits requis.

Si vous avez des documents le concernant, d'autres bijoux, écrivez à : richard.jeanjacques@gmail.com


jeudi 21 mai 2026

Ernesto Pierret: l’art de faire revivre les bijoux de l’Antiquité

Pierret est né à Paris, en France, mais il s'est installé et est devenu célèbre à Rome. Alors que Fortunato Pio Castellani (6 mai 1794 - 1ᵉʳ janvier 1865), dont il s'est inspiré, est le fondateur de l'atelier Castellani, spécialisé dans la restauration d'orfèvrerie étrusque, il ouvrit des succursales à Paris et à Londres à partir de 1853 lorsque Fortunato Pio Castellani confia sa direction à son fils aîné Alessandro.


Au XIXᵉ siècle, les découvertes archéologiques fascinent l’Europe entière. Les fouilles de Pompéi, d’Herculanum et les études consacrées aux civilisations antiques réveillent une passion nouvelle pour les arts du passé. Dans ce contexte naît un courant aujourd’hui appelé « renouveau archéologique », qui cherche à ressusciter les formes et les techniques de l’Antiquité. Parmi les joailliers qui participèrent à cet élan, un nom mérite une attention particulière : Ernesto Pierret.
Né à Paris en 1824, Ernesto Pierret s’installe très jeune à Rome, ville alors devenue un centre artistique majeur pour les amateurs d’archéologie et les voyageurs du Grand Tour. Il y apprend le métier d’orfèvre et développe rapidement une grande maîtrise technique. Plusieurs spécialistes pensent qu’il fut proche de l’environnement de la célèbre famille Castellani, dont les créations étrusques révolutionnaient alors la joaillerie italienne.
En 1846, il ouvre son propre atelier à Rome. Très vite, ses créations attirent l’attention des amateurs d’art ancien et des visiteurs étrangers. Dès le milieu du siècle, les guides destinés aux voyageurs mentionnent son nom parmi les joailliers romains les plus remarquables.


Palazzo Pierret,

Pierret se spécialise dans les bijoux inspirés de l’Antiquité, notamment des modèles étrusques. Il remet à l’honneur des procédés techniques extrêmement complexes, parfois oubliés depuis des siècles : granulation d’or d’une finesse remarquable, délicats filigranes, micromosaïques romaines ou encore montures inspirées des découvertes archéologiques.
Mais Ernesto Pierret ne se contente pas de reproduire les bijoux anciens. Là réside probablement sa singularité. Plutôt que d’imiter servilement les modèles antiques, il cherche à recréer leur esprit. Ses œuvres mêlent souvent inspiration historique et interprétation personnelle. Il n’est pas rare qu’il incorpore dans ses créations des éléments anciens véritables : monnaies romaines, intailles gravées, scarabées égyptiens ou pierres antiques.
Cette approche séduisait une clientèle cultivée, passionnée d’histoire et désireuse de rapporter d’Italie un objet évoquant la grandeur du monde antique. Les voyageurs du Grand Tour trouvaient dans ces bijoux bien davantage qu’un simple ornement : un souvenir artistique chargé d’histoire.



Sa signature broche vendue par la maison LEMPERTZ

Après son mariage avec Virginia Crespi, Ernesto Pierret acquiert un palais près de la place d’Espagne à Rome. Ce bâtiment, connu aujourd’hui sous le nom de Palazzo Pierret, porte encore le témoignage de son ascension sociale et artistique.
Bien que son nom soit resté moins célèbre que celui des Castellani, Pierret occupe une place essentielle dans l’histoire de la joaillerie italienne du XIXᵉ siècle. Son œuvre illustre parfaitement cette rencontre entre archéologie, savoir-faire traditionnel et imagination créatrice. À travers ses bijoux, il ne cherchait pas seulement à copier le passé : il tentait de lui redonner vie.
Aujourd’hui encore, les collectionneurs apprécient particulièrement ses créations, témoignages précieux d’une époque où la joaillerie se voulait aussi un dialogue avec l’Histoire.



Broche ronde en forme de disque, ornée de filigranes et de granulation de style néo-étrusque, revendue par la maison d'enchères LEMPERTZ : https://www.lempertz.com/



Comportant une plaque en micromosaïque représentant le buste d'un pharaon égyptien, entourée d'un cadre en or orné de granulation et de filigrane, suspendue par une tête de bœuf ornée d'une guirlande, poids brut d'environ 24 dwts, avec la marque du fabricant ; vers 1860. Revendue par Sotheby's

Ernesto Pierret,Antonio Carli et Antonio Civilotti produisaient également de magnifiques bijoux dans un style néoclassique. Si, à première vue, les colliers de style néoclassique produits à Rome à cette époque semblent très divers, ils sont en réalité tous caractérisés par une structure similaire : des chaînes en or ou des anneaux tressés auxquels sont suspendues des franges rayonnantes de pendentifs de formes variées, souvent disposés sur plusieurs niveaux. Ces pendentifs, fidèles à leurs prototypes hellénistiques, étaient souvent conçus comme des gouttes en forme d’amphore ou des motifs allongés en forme de graine, et ornés de perles et de granulés. D’autres modèles présentaient des gouttes décorées de camées ou d’intailles représentant des scènes mythologiques. Les joailliers travaillant dans ce style ne se contentaient pas de copier ou de réinterpréter des modèles du passé, mais intégraient également à leurs colliers d’authentiques fragments antiques, tels que des gemmes romaines gravées et des pièces de monnaie grecques ou romaines. Grenades, vignes fruitières, feuilles et baies, inspirées du monde classique, étaient également utilisées comme pendentifs. Les plaques en micromosaïque représentant les ruines archéologiques de Rome, encadrées de fil d'or ou de perles, étaient également très prisées.



Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord. Camée français. British Museum



Broche en or ornée d'une tête de bélier creuse entourée de fleurs fixées par des tiges individuelles traversant des perforations dans la base, bordée de cordages et de tubes d'or. De la gueule du bélier pend un anneau creux en forme de tonneau, auquel est fixé un pendentif serti d'une intaille en agate rubanée représentant une créature marine mythique. Tête de lion face à une tête de bélier. La monture, ornée d'un grainage, est flanquée de deux motifs à quatre pétales et se termine par trois grains de taille décroissante. Un poinçon d'orfèvre est apposé sur la tige de fixation et un compartiment vitré pour les cheveux se trouve à l'arrière. 


Cette pièce merveilleuse est au British Museum à Londres.


Fabriquée à Rome, vers 1870, par Ernesto Pierret (1824-1898).
Cette croix tridimensionnelle en or 18 carats est superbement conçue et fabriquée à la main dans le style Renaissance médiévale avec des éléments gothiques et Renaissance. La croix est embellie de saphirs, de rubis, de diamants taillés roses et de perles.
Via rubylane.com

Intaille sur agate représentant un Hoplite: L'hoplite (en grec ancien ὁπλίτης / hoplítēs) est un fantassin de la Grèce antique lourdement armé et organisé en phalange, par opposition au gymnète et au peltaste, équipés plus légèrement. Présent dans chaque cité-État à l'époque classique, il représente le soldat grec par excellence.
Or 18 k (750/1000°) Signé H. : 7,8 cm env. - Poids : 40,8 g


Au centre, un camée scarabée en lapis-lazuli, monté sur des ailes en or ornées de micomosaique bleue. Longueur 3¾ pouces  Signé Pierret  or 18 carats Vers 1860




 Le « Murray's Handbook to Central Italy and Rome » (1863) le décrit comme « l'un des plus grands artistes romains de bijoux étrusques ». 


Pendentif en or serti d'un camée en sardonyx représentant un buste de femme de style Renaissance, orné d'ovales de fil de fer et de minuscules perles. Poinçonné sur le bord.
Réalisé par : Ernesto Pierret Date de production : 1860 (vers ; cadre), 1826-1875 (camée)
or et sardonyx. Broderie de perles  Hauteur : 3,30 centimètres  British Museum.

Ce camée a été provisoirement qualifié de français en raison de l’utilisation d’un portrait de style Renaissance et d’une différence marquée dans sa réalisation par rapport au groupe romain documenté.
Ernesto Pierret travailla à Rome d’environ 1845 jusqu’après 1870. Le motif d’ovales en fil de fer et les perles constituent un motif de bordure caractéristique des camées. Ce même motif, serti de mosaïque, apparaît sur le pendentif à pièces de monnaie de Pierret, qui relève plus manifestement du « style archéologique ». 


Créé à Rome par l'atelier de renaissance archéologique d'Ernesto Pierret vers les années 1860, ce collier à franges en or 18 carats représente le style étrusque. Il se présente sous la forme d'une frange de feuilles effilées, densément superposées et légèrement chevauchantes, suspendues à une ligne de perles enfilées sur une chaîne en queue de renard. Ce collier en or raffiné et riche, d'une souplesse et d'une sophistication suprêmes, est à la fois facile à porter et important d'un point de vue historique. Il s'agit d'une pièce rare provenant d'un fabricant romain légendaire, qui s'adapte doucement au cou et à la clavicule.


Exemple de ce que certains appellent un poinçon de Pierret. C'est plutôt sa "marque". Il est en Italie et nous ne pouvons trouver notre système français de poinçons de maître.

Galerie Macklowe Notes du conservateur :
Bijoutier néo-révolutionnaire de renommée internationale, Ernesto Pierret (1824-1870) arrive à Rome de Paris en 1845 à l'âge de 21 ans. Il y ouvre son premier salon en 1857 sur la Piazza Firenze et s'installe bientôt au 36 Via dell' Umiltà, non loin des locaux de Castellani. Concurrent de premier plan des Castellani, son travail est souvent indiscernable, par son raffinement technique, son esthétique et sa valeur académique, de celui de la famille la plus célèbre. En 1865, Pierret déménage son entreprise et sa famille dans un ancien palais de la famille Vescovali, au numéro 20 de la Piazza Spagna, qui fait face à la fontaine "La Barcaccia" du Bernini. Situé à gauche de l'escalier espagnol, le palais porte encore le nom de Pierret dans les mosaïques au-dessus de l'entrée. Grâce à l'épouse de Pierret, dont le père était avocat du pape, la clientèle de Pierret a pu avoir une orientation plus conservatrice, ce qui lui a permis de segmenter une clientèle locale de luxe en dehors de celle de la famille Castellani, dont l'un des membres (Alessandro) était un nationaliste et révolutionnaire de premier plan qui était sous le coup d'un ordre de bannissement. Pierret, qui était polyglotte et peut-être - selon certains spécialistes - "moins exigeant" envers ses clients que les Castellani, proposait des bijoux dans les styles étrusque, hellénistique et byzantin. Le nom de Pierret est signé d'une plume appliquée, comme ici, ou d'un monogramme élaboré, rarement utilisé.


la fontaine de la Barcaccia de Bernini. Ernesto Pierret acquiert ce palais au XIXᵉ siècle après son mariage avec Virginia Crespi, issue d’une famille romaine influente. Son nom est resté attaché au bâtiment jusqu’à aujourd’hui. 
Ce qui est remarquable, c’est que le palais est bien plus ancien qu’Ernesto Pierret lui-même. Les premières mentions remontent à la fin du XVIᵉ siècle. Lorsque les célèbres escaliers de la place d’Espagne furent aménagés au XVIIIᵉ siècle, l’édifice fut transformé pour s’harmoniser avec le nouveau décor urbain. 

Au XIXᵉ siècle, le quartier de la place d’Espagne est un véritable foyer artistique. De nombreux artistes, écrivains et voyageurs français y résident. Ernesto Pierret, joaillier d’origine parisienne installé à Rome, s’inscrit parfaitement dans cette ambiance cosmopolite où l’archéologie, l’art et le goût du Grand Tour se rencontrent. 


Au XIXᵉ siècle, sous Pierret, l’immeuble est encore modifié : ajout d’un quatrième étage, terrasse panoramique et embellissements néoclassiques. Le palais prend alors l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. 


L’ascension d’Ernesto Pierret fut telle qu’il acquit un palais au cœur même de Rome, sur la Piazza di Spagna. Aujourd’hui encore, le Palazzo Pierret perpétue discrètement le souvenir du joaillier, dont le nom demeure inscrit dans l’un des quartiers les plus emblématiques de la ville éternelle.
C’est un très beau détail biographique : un joaillier devenu suffisamment reconnu pour laisser son nom gravé dans le paysage romain.


C'est désormais un hôtel : la Residenza Pierret, 20 Piazza di Spagna, Place d'Espagne, 00187 Rome, 
Excellente situation géographique — avec une note de 9,9/10 ! (note basée sur 427 commentaires)
Évaluée par les clients après leur séjour à l'établissement Residenza Pierret 
 https://www.booking.com/hotel/it/residenza-pierret.fr.html

Pendentif cruciforme en or orné d'un médaillon central en micromosaïque de verre représentant la Colombe du Saint-Esprit auréolée d'or. Les quatre bras sont sertis de mosaïque blanche, chacun incrusté d'une lettre grecque en or formant le mot NIKA, Un compartiment circulaire pour les cheveux est prévu à l'arrière.   British Museum



ERNESTO PIERRET - ANNÉES 1850-1860
BROCHE BÉLIERS ET CAMÉE Revendue par la maison Tajan
Elle est de forme ovale ornée d'un grand camée sur coquillage représentant le portrait d'une dame de qualité au chignon fleuri. Magnifique monture en or jaune 750/1000ᵉ à décor de béliers affrontés, moulures et petits dômes. Signé PIERRET.  Poids brut : 30,57 gr. Dimensions : 6,3 x 5,8 cm.


Sceau de bureau de vente Wartsky Londres : https://wartski.com
Un sceau de bureau en argent, en forme de harpe, aux cordes en or rose, au manche orné de feuilles de chêne, de glands et de perles d'or ciselé, à la caisse de résonance ajourée et ciselée, surmontée d'un buste de Psyché en cornaline sculptée, symbolisé par deux ailes de papillon en argent dans le dos. Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».
Signé : PIERRET

10 cm x 4,2 cm

Le récit d'Éros et Psyché apparaît pour la première fois à la fin de l'Antiquité dans L'Âne d'or ou les Métamorphoses de Lucius Apulée. L'histoire de Psyché devient une allégorie du voyage tumultueux de l'âme à travers la vie. Psyché est le mot grec pour « âme » ou « esprit ». Le papillon est un attribut à la fois de l'héroïne Psyché (la mortelle devenue immortelle) et de l'âme. On pensait que l'esprit s'échappait du corps au moment de la mort par la bouche, sous la forme d'un papillon. La harpe représente l'harmonie et la créativité, à l'opposé d'une arme, qui sert à verser le sang ou la violence. Le dieu de l'amour, Éros, est souvent représenté tenant un instrument de musique, symbole de l'amour vertueux, un rébus pour Amor Vincit Omnia (l'amour triomphe de tout). De l'union d'Éros et de Psyché naquit leur fille, Volupta (le Plaisir).


Le socle est monté sur une sardonyx en cornaline gravée d'une miniature de la harpe entourée de la devise « Je réponds à celui qui me touche ».


ATTRIBUÉ À ERNESTO PIERRET : BRACELET SCARABÉE EN OR, STYLE NOUVEL ÉGYPTIEN, CIRCA 1870
Composé de quatre scarabées sculptés, gravés et pivotants, finement travaillés, encadrés de bordures torsadées ornées de perles, chacun présentant un compartiment vitré au revers. Les scarabées sont reliés par des maillons cylindriques arqués, travaillés en filigrane. Monture en or. Longueur : 21 cm.


Les scarabées étaient des symboles importants dans la culture égyptienne antique, représentant le cycle de la naissance, de la vie, de la mort et de la résurrection. Ils étaient fréquemment intégrés aux amulettes et aux bijoux talismaniques de l'époque, témoignant de l'importance accordée à la notion d'au-delà dans cette culture. Les compartiments en forme de médaillon au revers de chaque scarabée sont typiquement victoriens par leur sentimentalité. Ainsi, ce bijou exquis est une alliance harmonieuse entre les motifs de l'Égypte antique et la culture victorienne moderne.



forme de croix, de style néo-byzantin italien, en or 18 carats et saphirs. Motif de croix grecque byzantine orné d'un décor en filigrane. Sertie symétriquement d'un saphir ovale (env. 2,74 ct, env. 8,85 x 6,84 x 5,28 mm) et de quatre saphirs taille coussin (env. 0,25 ct chacun) dans des montures coniques hautes. Fermoir et attache pour broche. Poinçons : « PIERRET ». 4,5 x 4,5 cm. Poids : 24,33 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1870.  Maison Lempertz


Dos de cette croix avec saphirs, à gauche la plaque de "PIERRET"


Pendentif en or 18 carats, émail et micromosaïque, de style néo-étrusque, avec chaîne. revendu par la maison ; Lempertz

Ce pendentif long en deux parties présente des motifs de croix grecques ornés d'émail turquoise, de filigranes et d'incrustations de micromosaïque. Il est accompagné d'une fine chaîne munie d'un fermoir en S. Signé et monogrammé « EP » au revers. Longueur totale du pendentif : 5,5 cm. Longueur de la chaîne : 41,5 cm. Poids total : 14,67 g.
Ernesto Pierret, Rome, vers 1860.

Orné de neuf intailles sculptées en cornaline, jaspe, agate rubanée, sardoine et jaspe, représentant la déesse Fortuna, des oiseaux assis sur un nid d'oiseaux, représentant Vénus, Achille dans le temple d'Apollon, un buste de gentilhomme avec la chouette de Minerve, Antilope, la déesse Victoria, la déesse Artémis, chacune dans des cadres en fil de fer et perles, entrecoupés de maillons noués, longueur environ 170 mm.


Suite d'intailles néo-étrusques. Intailles en onyx et or jaune, vers 1860. Avec l'aimable autorisation de Hancocks. https://hancockslondon.com/

Cette suite comprend un magnifique collier à pendentifs et un peigne à cheveux en écaille, tous deux ornés d'intailles circulaires en onyx nicolo représentant des figures classiques, entre des barrettes à centre floral. Les intailles du collier représentent diverses figures antiques, dont Cérès, Flore, Salacia, Minerve, Aphrodite et Bonus Eventus. Il ouvre son propre atelier en 1846 et, quelques années plus tard, un guide touristique de Rome de 1853 le décrit comme « l'un des premiers artistes romains spécialisés dans les bijoux étrusques ». Son travail est d'une très grande qualité et présente souvent des micromosaïques, des camées et des intailles, le tout intégré dans de magnifiques ouvrages en or, parfois très ornementés, avec des motifs typiques du renouveau archéologique et étrusque.


Bracelet de style « archéologique » par l'artiste Ernesto Pierret Lieu d'origine : Italie, Rome . Date vers 1865. Dimensions L : 7 1/2 po (19 cm) Or, rubis, émeraudes, diamants, camée d'agate.
Ligne de crédit Fonds de M. et Mme George M. Jones, Jr.
Musée de Tolède:  https://emuseum.toledomuseum.org/




Ernesto Pierret (1824-1898), ceinture à transformations pouvant se détacher en bracelet et collier, en or jaune à mailles alternées de perles de lapis-lazuli, milieu du XIXe siècle, l. 79 cm, poids brut 224,2 g.
Gazette Drouot

  
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret. Revendu par la maison Sotheby's


broche en or, agate et perle, pendentif revendu par la maison Sotheby's
Camée ovale en agate sculptée représentant Vénus et Cupidon, dans un cadre en or orné, entouré de perles, monté en broche et pendentif, le camée signé GA Girardet F. et G. Giniselli Inv., le montage signé Pierret.

cornaline, onyx, or Revendu par Sotheby's
Camée en cornaline et onyx représentant Bacchante tournée vers la droite, le cadre orné de granulation d'or, de disques et de volutes, le revers du montage portant le monogramme d'Ernesto Pierret.


Une remarque, une précision, un commentaire, m'écrire à richard.jeanjacques@gmail.com


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