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mardi 24 mars 2026

Néves & Dubois. Mystere en partie résolu. La maison Audouard qui les précéda

 


Cliquez sur toutes les photos pour les agrandir.

Ce beau et rare bracelet de Boucheron me pose beaucoup de questions, il est décrit par la maison Aguttes, selon Boucheron, comme étant de Néves et Dubois, mais quel Dubois ? puisque je ne trouve aucun renseignement sur Nèves.

Néves & Dubois, fabricants de bijoux à Paris, ont exercé vers 1863-1872.

Parmi les nombreux fabricants qui travaillaient pour les prestigieuses maisons de joaillerie parisiennes au milieu du XIXᵉ siècle, l’atelier Néves & Dubois demeure aujourd’hui très peu documenté. Quelques bijoux conservant leur poinçon permettent toutefois d’en restituer l’existence.

Le poinçon de maître fut insculpé le 11 mars 1863, sous le numéro de garantie 7264. Il se présente sous la forme d’un losange vertical portant les initiales N. D., accompagnées d’un caducée surmonté d’une étoile. L’atelier était installé 7, cour des Fontaines à Paris, une cour d’ateliers proche du quartier du Palais-Royal, alors l’un des centres les plus actifs de la bijouterie parisienne.


Un autre poinçon de Neves & Dubois que m'a adressé l'ami Varujan de la maison Gorky, bien net, le caducée, l'étoile au-dessus et les lettres ND, sur un bijou de Froment Meurice.



L’un des associés, Louis-Henri Dubois, bijoutier, se marie le 30 juillet 1864 à Paris (1er arrdt)  avec Nelli Rau, née à Londres. L’acte de mariage précise qu’il réside déjà cour des Fontaines, ce qui correspond très probablement à l’adresse de l’atelier. Sa mère Angélique Jeanne Audouard est présente à son mariage. Dubois appartient par alliance à une famille liée au milieu des orfèvres, car plusieurs membres de la famille Audouard – eux-mêmes orfèvres 172 rue Saint-Honoré – étaient présents comme témoins.  Voir l'acte de mariage en entier à la fin de l'article.

Ce qui  explique que ce fils de menuisier, marchand de bois et de fer, de par ses fiançailles avec sa future femme, soit devenu bijoutier. Il a épousé Nelli Rau  née Tower Hamlets  de  Londres.              Ce qui correspond à une communauté étrangère très présente dans la bijouterie parisienne.

Hypothèse: Dubois  n'étant pas du métier, il s'associera avec Charles Nèves, bijoutier professionnel.


Les Audouard sont connus à cette époque comme bijoutiers-joailliers et membres fondateurs de la société du progrès de l'art industriel.


Pour essayer de comprendre la suite de l'histoire de Nèves et Dubois, il faut partir de ses oncles .
Le plus connu fut Philibert-Honoré Audouard ,il naquit  le 28 fevrier 1818. 

La mort subite et précoce, à l'apogée de sa célébrité, de François-Désiré Froment-Meurice en février 1855, quelques mois avant l'ouverture de l'Exposition Universelle de Paris, était une tragédie. Son indomptable veuve, Louise Mainguet, «résistante aux pressions», était résolue à poursuivre ses activités jusqu'à ce que son fils, alors adolescent, puisse reprendre les rênes en 1866. L'une des raisons pour lesquelles  elle a réussi à le faire était la fidélité d'une équipe de bons artisans et associés réunis auparavant par son mari. Parmi ceux-ci se trouvaient cousins issus de germains, Louis et Philibert-Honoré Audouard, décrits par le jeune Emile Froment-Meurice comme «à la force de la certitude ... deux des plus anciens collaborateurs de son père». Selon les archives contemporaines, le successeur Louis (1814-1880) aurait souvent été responsable de la conception des œuvres alors que  le travail de bijouterie  était  dirigé par Philibert Audouard   

Je n'ai pu trouver a quelle date les frères Audouard commençèrent a travailler pour François Désiré Froment Meurice.
Il est difficile de dater leurs oeuvres pour Froment Meurice mais quelques exemples témoignent de la haute qualité de leurs travaux.



PHILIBERT-HONORÉ AUDOUARD POUR FRANÇOIS-DÉSIRÉ FROMENT-MEURICE - ANNÉES 1850 MAGNIFIQUE BROCHE BOUQUET DE ROSES
Elle porte au centre une grosse rose en ronde-bosse richement pavée de diamants taillés en brillant (taille ancienne). Les feuillages sont, eux, des pavés d'émeraude calibrés, les boutons de roses sont composés d'une pierre imitation sur un paillon de couleur rose. Le bouquet est réuni par un nœud de ruban, également rehaussé de diamants. Monture en argent et or jaune 18K. Poinçon de maître de Philibert-Désiré Audouard dans un écrin sabot signé Froment-Meurice.
On trouve également dans l'écrin, deux longues épingles en forme de bouquet de feuillages, articulées et rehaussées de diamants taille brillant et de perles fines. Monture en or rose 18K et argent.
Poids brut : 50,09 gr.Dimensions de la broche : 9,5 x 5,3 cm.Dimensions du motif des épingles : 4 x 2,1 cm.

La maison de ventes Tajan qui a revendu ces belles pièces a (fait rare) relevé le poinçon de maître et c'est Audouard, mais je pense que cela date plutot d'apres 1855.


On trouve également dans l'écrin, deux longues épingles en forme de bouquet de feuillages, articulées et rehaussées de diamants taille brillant et de perles fines. Monture en or rose 18K et argent. Poinçon d'un second maître orfèvre. Poids brut : 50,09 gr. Dimensions de la broche : 9,5 x 5,3 cm. Dimensions du motif des épingles : 4 x 2,1 cm.   

Le poinçon de Philibert-Honoré Audouard
forme : losange vertical (poinçon de maître français après 1838)
lettres : P H A
date d’insculpation : 6 mai 1844  Biffé en 1856 remis en service en 1857 
bureau : Garantie de Paris.
                                                                         

Les frères Audouard 
1. Philibert-Honoré Audouard
Bijoutier parisien actif environ 1844–1856.
Poinçon de maître enregistré le 6 mai 1844.
Spécialiste du travail de bijouterie et du montage des pièces dans l’atelier Froment-Meurice.
Il signe certaines montures ou pièces exécutées pour la maison Froment-Meurice (bracelets, broches, etc.).
Exemples d’œuvres attribuées ou signées :
Broche « bouquet de roses » diamant et émeraudes (vers 1850).
Bracelet ruban ajouré or, grenats et demi-perles.
Ces pièces portent parfois le poinçon d’Audouard mais l’écrin Froment-Meurice, ce qui montre bien la structure de production de la maison.
2. Louis Audouard
Frère de Philibert-Honoré.
Né en 1814, mort en 1880 (d’après les sources liées à Froment-Meurice).
Dans l’atelier, il aurait été plutôt responsable de la conception et du dessin, tandis que Philibert dirigeait le travail de bijouterie.


L'excellente maison de vent HVMC de monaco a revendu ce bracelet  et nous indique qu'il a été fabriqué par Audouard
BEAU BRACELET A TRANSFORMATION
en or jaune estampé et ciselé, centré d'un motif du "soir" détachable de trois médaillons à fond d'émail bleu appliqué de bouquets de fleurs d'argent serties de diamants de taille ancienne ou taillés en rose, articulés entre eux par des anneaux ciselés. Fermoir à glissière.
Vers 1850.
Poinçon de Maitre "AA" pour la Maison Audouard, associée de la Maison Froment-Meurice.
Dans un écrin à la forme portant au revers une étiquette endommagée de la Maison Froment-Meurice.
Diamètre : 6 cm environ.
Poids : 61,8 g (18k - 750/1000 et agt - 9925/1000).


Le motif central s'enlève pour laisser place à un motif de "jour" plus simple également émaillé dans une bordure ciselée présentant trois médaillons, chacun serti clos d'une opale.


Revendu par la maison Tajan, FRANÇOIS-DÉSIRÉ FROMENT-MEURICE - ANNÉES 1850
RARE BRACELET ANGELOTS FEUILLES DE LIERRE ET TULIPES
Il comporte au centre un très grand motif ovale en onyx incrusté d'initiales entrelacées en or jaune 18K. Il est entouré d'angelots retenant des petites perles fines. Entourage de feuilles de lierres émaillées vert et de tulipes sertie de rubis. Le bracelet lui-même est composé d'une frise de feuilles de lierre et de petites tulipes et quatre angelots aux grandes ailes.
Poids brut : 90,70 gr. Dimensions du motif central : 7,5 x 5,8 cm.Longueur totale du bracelet : 18,3 cm.
Largeur du bracelet : 2,9 cm.




BRACELETS MANCHETTES A PLAQUES MOBILES EN ARGENT ÉMAILLÉ ET ENFILÉES SUR UNE LANIÈRE DE CUIR par Louis et PhilibertAudouard ( 1858)

L'Impératrice était parée des diamants de la Couronne, et de grandes réceptions furent données pour fêter . les étrangers membres du Jury, ainsi que les principaux exposants de tous les pays. d'honneur à la suite de l'Exposition de 1878, où il était commissaire général pour son gouvernement: Citation de Henri Vever.

Henri Vever dans son Histoire de la bijouterie cite:
Voici l'un des extraits que nous envoie M. Froment-Meurice; on trouvera l'autre plus loin, à sa place chronologique : « Durant le cours de l'année 1854, alors que le soir, dégagé de l'agitation commerciale, groupait les siens autour de la lampe familiale, il (Francois-Désiré Froment-Meurice) prenait les bois légers sur lesquels s'ébauchaient dans la cire les délicates figures qui composent le petit ensemble de la Toilette de Vénus.» En même temps que sous ses doigts se modelaient ces fines statuettes exagérément longues, telles que l'orfèvre en avait puisé le goût dans l'atelier de Girodet, son esprit arrêtait tous les détails du petit tableau ; de la pointe de son pinceau, il fixait les tonalités des figures, des touffes de roseaux d'où elles émergent, des groupes de fruits et de fleurs qui décorent la partie inférieure du pendentif. Un autre soir, on choisissait les poires de perles qui terminent le bijou; on décidait que les deux frères Audouard, à la main si sûre, construiraient la charpente de bijouterie


Voici le pendant de cou "La Toilette de Vénus" de François Désiré Meurice, fabriqué par les Frères Audouard en 1854 .



C’est à la maison Froment-Meurice (poinçon de maître Philibert Honoré Audouard) que l’on doit ce bracelet manchette (18,5 x 3 cm) en or jaune, composé de six maillons articulés, gravés de croisillons
avec rubis  diamants roses, rangées de demies perles. Revendu par Art Valorem



Un miroir à main en argent doré, or émaillé et pierre dure, Louis et Philibert Audouard pour Froment-Meurice, Paris, vers 1856  argent, argent doré, émail, perles, héliotrope, verre, peluche Hauteur 29 cm, 11 1/2 po  Revendu par Sotheby's ci dessous l'histoire étonnante de ce miroir

Aimable-Jean-Jacques Pélissier (1794-1864), né à Maromme près de Rouen, fit une brillante carrière militaire après ses études à La Flèche et à Saint-Cyr. Officier énergique et réputé pour sa fermeté parfois jugée brutale, il servit surtout en Algérie. Sa renommée culmina durant la guerre de Crimée : en 1855, il prit le commandement des troupes françaises et remporta la victoire décisive avec la prise de la tour de Malakoff à Sébastopol. Napoléon III le nomma alors maréchal de France et duc de Malakoff. En 1858, il devint ambassadeur de France à Londres et épousa une cousine de l’impératrice Eugénie. Il termina sa carrière comme gouverneur général d’Algérie jusqu’à sa mort en 1864. Sa personnalité resta discutée : certains le jugeaient brutal, tandis que d’autres louaient son esprit et son caractère apprécié.

La mort prématurée de l’orfèvre François-Désiré Froment-Meurice en 1855 survint peu avant l’Exposition universelle de Paris. Sa veuve, Louise Mainguet, maintint l’atelier jusqu’à ce que leur fils Émile puisse en prendre la direction en 1866, Le miroir évoqué, probablement réalisé durant cette période de transition, porte ainsi les marques des frères Audouard. Des miroirs similaires furent présentés par Froment-Meurice à l’Exposition universelle de 1851 



c'est donc Henri Dubois qui s'installe dans les locaux de Audouard
Les Audouard, famille de bijoutiers installée 172 rue Saint-Honoré, apparaissent également 7 cour des Fontaines vers 1863. Cette cour d’ateliers, située près du Palais-Royal, était occupée par plusieurs fabricants travaillant pour les grandes maisons de joaillerie. C’est dans ces locaux que s’installe ensuite Louis-Henri Dubois, associé dans la maison Nèves & Dubois , ce qui confirme les liens familiaux entre les deux familles, car rappelons qu'il est par sa mère le neveu de Philibert Honoré Audouard

Le second associé, Charles Néves, reste pour l’instant plus difficile à identifier dans les archives. La rareté de ce patronyme en France laisse supposer une origine étrangère, peut-être portugaise, plusieurs artisans venus de la péninsule ibérique travaillant alors dans les ateliers de bijouterie parisiens.

Quelques bijoux permettent cependant d’illustrer l’activité de cet atelier. On connaît notamment un bracelet portant le poinçon de Néves & Dubois et conservé dans un écrin de la maison Boucheron, alors installée Galerie de Valois au Palais-Royal. Ce bijou, caractéristique du goût du Second Empire, associe perles fines et camée central.

D’autres pièces attribuables à l’atelier comprennent notamment un peigne en écaille et or orné de camées antiques, ainsi qu’un collier composé de camées montés en or. Ces bijoux illustrent le goût néoclassique très en vogue dans les années 1860, inspiré par l’Antiquité et les découvertes archéologiques.


Debut du texte recopié ci-dessous l'association entre Emile Froment Meurice et Louis Audouard et Philippe Audouard.

Cabinet de M. A. DURANT-RADIGUET,
avocat, rue Saint-Fiacre, 7.

Suivant acte sous signatures privées, fait quintuple à Paris, le deux mai mil huit cent soixante-deux, enregistré,

M. Émile FROMENT-MEURICE, négociant, demeurant à Paris, rue Saint-Honoré, 374,

M. Louis-Henri-Philippe AUDOUARD, négociant, demeurant à Paris, cour des Fontaines, 7,

M. Philibert-Honoré AUDOUARD, négociant, demeurant à Paris, cour des Fontaines, 7,

Suivant acte sous signatures privées, fait en cinq exemplaires à Paris le 2 mai 1862, enregistré, il a été formé entre Émile Froment-Meurice, négociant demeurant à Paris, 374 rue Saint-Honoré, et Louis-Henri-Philippe Audouard et Philibert-Honoré Audouard, négociants demeurant à Paris, cour des Fontaines, 7, une société destinée à l’exploitation du commerce de joaillerie, orfèvrerie et bijouterie, sous le nom de Maison Froment-Meurice. La société est constituée en nom collectif pour Émile Froment-Meurice et Louis Audouard, et en commandite pour les deux autres associés désignés dans l’acte.

Elle est établie pour une durée de dix années, à compter du 1er juillet 1862 pour finir le 30 juin 1872.

La raison sociale est : FROMENT-MEURICE et Cie

La gestion et la signature sociale appartiennent à Émile Froment-Meurice et Louis Audouard, seuls gérants responsables. Les décisions concernant les affaires de la société devront être prises d’un commun accord. Les engagements pris sous la signature sociale et dans l’intérêt de la société seront seuls obligatoires pour celle-ci.

La commandite du premier commanditaire est fixée à 150 000 francs, représentant la valeur du fonds de commerce de la maison Froment-Meurice que la société a pour objet d’exploiter.

La commandite du second commanditaire est fixée à 100 000 francs, fournis en marchandises.

Pour extrait :

E. Froment-Meurice
L. Audouard
P. Audouard




                                                      1864 dans le Monde Illustré


Composé de motifs quadrilobés et ciselés, à décor d'enroulements et de perles d'or, encadrés d'émail turquoise et noir, sertis de rubis taille ovale alternant avec des perles fines, des diamants tailles rose et ancienne, longueur 170 mm environ, poinçons français pour l'or 18K (750°/00), poinçon de maître,de Audouard poids brut 59,03 g; milieu du 19ème siècle. revendu par Sotheby's






1865 L'Empereur a autorisé Froment Meurice et Cie pour une garniture de cheminée en argent, pendule et vase executée pour SA le vice Roi d'Egypte. Les plans donné par son excellence Nubar Pacha, des dessins de Mrs Audouard associés de Froment Meurice.


CHARLES NEVES ET HENRI DUBOIS; Peigne articulé en or jaune 18 K (750/1000) à 7 dents en écaille de tortue, centré de trois camées ovales en agate : deux à buste de profil droit et gauche d'homme, l'un aux cheveux calamistrés, le second coiffé du bonnet phrygien dont les pans descendent dans le cou, entourant le troisième à décor de femme conduisant un bigé/char tenant les rênes dans la main gauche. Peigne réalisé au XIXᵉ siècle. Poinçon de maître des orfèvres Nève et Dubois et poinçon tête d'aigle. Dimensions: 12 x 8,5 cm Dimensions du camée central : 2,8 x 3,8 cm Dimensions de deux autres camées : 2,6 x 1,8 cm Poids brut : 48,7 g

 

Ce très beau peigne avait été revendu auparavant par Margaux Serrano, https://www.msencheres.com

Ce peigne de coiffure associe : une monture en or, de l'écaille blonde, trois camées antiques.
Le camée central représente un quadrige, tandis que les deux camées latéraux figurent des profils antiques.
Ce type d’objet est caractéristique du goût archéologique du Second Empire, très influencé par :
les découvertes de Pompéi et le goût néoclassique du Palais-Royal.


Margaux est une personne charmante et, à ma demande, elle m'adresse ce qu'elle avait noté à l'époque pour le poinçon : un caducée et les initiales N. D. C'est donc bien Néves & Dubois.

Vu de dos, la charnière qui permet l orientation du peigne sur la chevelure.


CHARLES NEVES ET HENRI DUBOIS
Bracelet camée
Il est orné d'un camée ovale sur agate à deux couches représentant le portrait d'un empereur romain dans un double entourage de petites perles et d'émail bleu. Le tour de bras articulé est composé d'une large frise de rinceaux et vases feuillagés entre deux bandes émaillées bleues.
Monture en or jaune.
Poinçon de Maître.
Poids brut : 46,6 g. 
Dimensions du motif camée : 3,8 x 3 cm
La maison Tajan qui l' a revendu le date de 1850, impossible puisque le poinçon ne date que de 1863, je préfère 1870 environ.

Dans les années 1850-1870, la joaillerie parisienne s’organise autour de quelques rues : Palais-Royal : la galerie de Valois, la galerie Montpensier, la galerie Beaujolais. Dans les rues voisines, rue Saint-Honoré, rue de Richelieu, rue Vivienne.

Les Cours d’ateliers : cour des Fontaines, passage du Saumon, passage des Panoramas.

C'est aussi dans la revue l'écrin de 1865 que: L'Empereur a autorisé la maison Froment-Meurice à lui présenter une garniture de cheminée en argent, pendule ! et vases, exécutée pour S. A. le vice-roi d'Egypte. Le travail de style égyptien, exécuté d'après un plan donné par S. Exe Nubar-Pacha, sur les dessins de . Audouard, associé de la maison, a mérité l'approbation de Sa Majesté.
Un article du Temps sur la statistique de l'industrie à Paris par la Chambre de commerce, contient, à l'article des objets de luxe, les lignes suivantes : « Ainsi les dix millions de postiches vendus aux belles Parisiennes ont bien quelque importance; les dix-huit millions de cuivre doré, de strass, de perles fausses, auxquels nos bijoutiers, sans rivaux dans le monde, savent donner une si grande apparence de vérité, n'attestent pas moins leur talent que la passion de briller, commune aujourd'hui dans toutes les classes. »


Philibert Honoré AUDOUARD pour François Désiré FROMENT MEURICE. Beau et large BRACELET ruban articulé en or jaune ajouré, serti de grenats, demi-perles et petits diamants taillés en roses. Travail français, milieu du XIXe siècle. Poids brut 44,11 gPoinçon du joaillier Philibert Honoré AUDOUARD, exerçant à Paris entre 1844 et 1856. Dans son écrin à la forme de la Maison FROMENT MEURICE, 372 rue St Honoré Paris (éclat à une améthyste). revendu par la maison d'encheres:  isabelle Goxe et Laurent Belaish


Dans le dictionnaire Verlet, Nèves & Dubois, sont notés "La Fantaisie" pas du tout, ce travail est d'une grande qualité.
Châtelaine en or, émaillée rouge et noir, retenant sur les côtés deux têtes de fauves, un cachet et une clé, au centre, une montre, signée F. MEURICE et numérotée 39958. La spatule en argent porte le poinçon de NEVES & DUBOIS.
Poids : 72 g.
Vers 1870, Second Empire.
Dans son écrin de la maison FROMENT MEURICE, 372, rue St-Honoré – Paris, chiffré N.D. Ref.: A3095

Ci-dessous le beau chiffre de la maison Froment-Meurice, écrin pour cette Chatelaine


Intérieur de la montre de la Chatelaine

Comme une multitude de fabricants de cette époque, Néves & Dubois a ravaillé pour plusieurs maisons de joaillerie, en particulier pour Fontana, Froment Meurice et Boucheron, réalisant des montures ou des bijoux complets ensuite vendus sous le nom des grands détaillants. 

Ce système de production, très répandu dans le quartier du Palais-Royal, explique que ces ateliers restent aujourd’hui souvent dans l’ombre des prestigieuses maisons pour lesquelles ils travaillaient.


En 1871, ils sont dans le Bottin. Le nom de la cour des Fontaines a changé:    Précédemment appelée 
« cour » ou « passage des Fontaines » et également « place du Palais-Royal », elle prend le nom de « place de Valois » par arrêté du 26 février 1867 ». Et Néves est noté Nève.

Les quelques pièces connues portant ce poinçon permettent néanmoins de restituer l’existence de cet atelier parisien actif dans les années 1860-1870, témoignant du rôle essentiel joué par ces fabricants dans la création de la bijouterie du Second Empire.


Henri Louis Dubois est décédé le 3 janvier 1904 à l'âge de 74 ans au 38 chaussée de l'Étang à Saint-Mandé, avec vue directe sur le lac de Saint-Mandé et du bois de Vincennes.


38 Chaussée de l'Etang

Acte de Mariage

Du trente juillet mil huit cent soixante-quatre, à deux heures du soir, se déroule l'acte de mariage de Louis-Henri Dubois, bijoutier, âgé de trente-cinq ans, né à Pontoise (Seine-et-Oise) le vingt juillet mil huit cent vingt-neuf, demeurant à Paris, rue Cour des Fontaines, 7, premier arrondissement. Il est fils majeur de Louis Dubois, marchand de bois, âgé de soixante et un ans, et de Angélique Jeanne Audouard, son épouse, sans profession, âgée de cinquante-six ans, demeurant à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), présents et consentants. Et de Nelli Rau, sans profession, âgée de dix-neuf ans,née à Tower-Hamlets (Angleterre) le vingt-trois février mil huit cent quarante-cinq, demeurant à Paris, boulevard Sébastopol, rive droite, onzième arrondissement. Fille mineure de Nicolas Auguste Rau,décédé, et de Jenny Hegette, veuve rentière demeurant à Bombon (Seine-et-Marne),âgée de quarante-neuf ans, présente et consentante.



jeudi 5 juin 2025

HELLUIN & MATTLINGER



Si vous rencontrez un sac semblable, il a été fabriqué par Helluin-Mattlinger pour Boucheron. 
Ci-dessous, le poudrier, peigne porte rouge à lèvres etc,  qui se trouve à l' intérieur du sac  Il a été revendu par Chiswik de Londres.


De forme rectangulaire, le couvercle est orné d'une grille ajourée en treillis, sertie d'or appliqué, d'une vigne fruitière accompagnée de trois hirondelles, le tout orné de treize rubis et sept saphirs sertis en serti clos. L'ouverture par un poussoir angulaire révèle un double miroir à ressort, la base à deux compartiments, deux porte-rouges à lèvres et un peigne en écaille. Livré dans son sac de transport d'origine en daim marron. Poinçon de maître H7M, poinçons d'essai signés à l'intérieur du couvercle. BOUCHERON – PARIS, numéroté 655. Longueur – 13,1 cm / 5,2 pouces Poids brut – 526 grammes / 16,91 ozt  


Plusieurs autres exemples de poudriers Boucheron fabriqués par HELLUIN-MATTLINGER, de cette taille sont connus, mais le présent lot se distingue par le travail en treillis et la composition plus densément peuplée de la grille en or qui, sur d'autres exemples, est sertie de moins de pierres, dont un exemplaire a été vendu chez Christie's New York, le 21 avril 2016,(7 500 $ )
A noter son poids en or il aurait fait près d un kg


Je n ai pu pour l'instant trouver  d'informations certaines sur Paul Helluin , mais Sur Robert Mattlinger, oui.


Il est né le 7 novembre 1896 à l'Ile des Pins en nouvelle Calédonie , sa mère était institutrice, elle s'appelait Agnès Cécile Hossenlop et son père Laurent Mattlinger etait employé administratif, il y a de grandes chances que ce soit au bagne.

Le bagne de Nouvelle-Calédonie, surnommé "la Nouvelle", est un ancien établissement pénitentiaire de type colonie pénale, en activité de 1864 à 1924. Situé sur les îles de Nouvelle-Calédonie dans l'océan Pacifique Sud, il a vu environ 21 000 prisonniers français de métropole être déportés de 1864 à 1897.
Répartis en trois catégories, les condamnés pouvaient espérer être libérés sans pour autant obtenir de retour en métropol
e.


Revendu par  Maitre Patricia Casini-Vitalis de Copage Auction.

HELLUIN-MATTLINGER Poudrier en argent et or jaune, le couvercle ajouré ouvrant à deux volets, à motif d'oiseaux, de papillons et fleurs avec pistils en cabochons de rubis synthétiques. Système d'ouverture en métal doré laissant apparaître un miroir et un compartiment à poudre. Le revers et l'intérieur à décor guilloché. Travail des années 1950 pour la maison Boucheron. HELLUIN-MATTLINGER, spécialiste des étuis et poudriers de 1935 à 1959. A travaillé principalement pour BOUCHERON et LACLOCHE). Poinçon MO sur toutes les parties. poids brut : 158,70gr. Dim : 7,7 x 6,2 cm.

Travail des années 1950 pour la maison Boucheron. HELLUIN-MATTLINGER, spécialiste des étuis et poudriers de 1935 à 1959. A travaillé principalement pour BOUCHERON et LACLOCHE). Poinçon MO sur toutes les parties. poids brut : 158,70gr. Dim : 7,7 x 6,2 cm.

Helluin & Mattlinger  ont été très discrets ils ont beaucoup travaillé pour Boucheron et Lacloche, mais ils n 'ont pas eu d'enfants que je sache,qui auraient pu nous délivrer quelques informations.


J ai trouvé qu'en 1915  son père était rentré en France  Métropolitaine et Robert Mattlinger habitait chez ses parents  11 rue du Poteau dans le 18 eme ardt de Paris. Ou a t il appris son métier?
A 19 ans, l'Armée sur sa fiche de recrutement indique qu' il est "dessinateur", plus tard cette appellation sera complètée par "Bijoutier Joaillier" Il mesure1 mètre 73 et a les yeux bleus
Il décèdera le 12-9-1975 a 78 ans.

Nous connaissons leur poinçon tel que l'écrit le ministère de la Culture.

Helluin et Mattlinger
Initiales
H et M
Adresse
24 rue du Sentier 
Fonctions et activités. Profession Fabricant Bijoutier,. Lieu d'activités 24 rue du Sentier, Paris (75)
Symbole (pour les orfèvres)  Le chiffre 7 Date d'insculpation (pour les orfèvres)
Mercredi, septembre 05, 1934
Numéro du registre de la garantie (pour les orfèvres)
808




Paul Helluin,  d'après l'excellente Claudine Seroussi , devait être plus jeune que Mattlinger et qu'il est né pendant la Première Guerre mondiale ou juste avant. Elle pense qu'il avait des liens avec des marchands et des bijoutiers qui étaient installés rue des Archives (n° 50 & 54) dans les années 1920 et au début des années 1930 et qui étaient dirigés par la veuve Helluin 
Mes recherches m ont  en effet amené à la vente d un fond de commerce de Bijouterie au 54 rue des archives a une dame Bertaux.


Apparemment il y aurait eu aussi Monsieur LOEB



Dans l Azur de 1936 ,  mais jusqu'à la fin de leur activité ce fut la publicité d'Helluin et Mattlinger tous les ans, ainsi que dans le Paris Bijoux .


Boîte poudrier en argent 800 millièmes vermeillé rose, à décor de rinceaux gravés et ajourés, intérieur à un compartiment à poudre avec couvercle (miroir manquant). Signée et numérotée BT N°875012 et 82.723. M.O. : HELLUIN et MATTLINGER . Années 1940-1950. Haut. : 8 cm - Larg. : 8 cm - Prof. : 1,1 cm - Poids brut : 165,3 g


Revendu par Boucheron
Boîte à peigne en argent 800 millièmes vermeillé, couvercle à décor floral habité d'oiseaux gravé, ajouré et ponctué de cinq rubis cabochons, intérieur à miroir et compartiment pour peigne (manquant). M.O. : HELLUIN et MATTLINGER  Années 1940-1950. Haut. : 10,3 cm - Larg. : 3,4 cm - Prof. : 0,8 cm - Poids brut : 89,2 g


Intérieur de cet boite à Peigne


BOUCHERON. Boîte poudrier ronde en argent 800 millièmes par endroits vermeillé, couvercle à décor floral gravé, ajouré et ponctué de quatre rubis cabochon, intérieur à miroir mobile double faces et compartiment à poudre avec couvercle. Signée. M.O. : HELLUIN et MATTLINGER (insculpation en 1934). Années 1940-1950. Diam. : 10 cm - Prof. : 1,5 cm - Poids brut : 167,1 g







BOUCHERON. Boîte poudrier en argent 800 millièmes par endroits vermeillé, couvercle à décor floral habité de papillons gravé, ajouré et ponctué de cinq saphirs taille ronde, intérieur à miroir mobile et compartiment à poudre avec couvercle. Signée et numérotée BT N°815012 et 80.175. M.O. : HELLUIN et MATTLINGER . Années 1940-1950. Haut. : 7,5 cm - Larg. : 5,7 cm - Prof. : 1,2 cm - Poids brut : 166,6 g et cidessous.



Nécessaire de beauté en argent 800 millièmes par endroits vermeillé, couvercle à décor d'un panier fleuri habité de papillons et d'oiseaux, décor gravé, ajouré et ponctué de douze rubis cabochons, intérieur avec miroir mobile, trois compartiments avec couvercle dont un à poudre et un à peigne (inclus) et un étui à rouge à lèvres. M.O. : HELLUIN et MATTLINGER (insculpation en 1934). Années 1940-1950. Haut. : 8,5 cm - Larg. : 12,9 cm - Prof. : 2 cm - Poids brut : 494,4 g Accompagné d'un étui sac du soir en suédine noire.  N°1




N°2


N° 3 poinçon HM

                                     N° 4 Accompagné d'un étui sac du soir en suédine noire.


Brevet pour un étui a Rouge à lèvres


Fume-cigarette en argent 800 millièmes vermeillé, cône retenant la cigarette à décor floral gravé, ajouré et ponctué de deux rubis taille ronde, rétractable, embout en bakélite noire. M.O. : HELLUIN et MATTLINGER . Long. : 6,7 à 9,2 cm - Diam. : 1,2 cm - Poids brut : 10,4 g

Paul Helluin et Robert  Mattlinger  ont beaucoup fabriqué pour Boucheron , et Vincent Meylan comme Gilles Neret  n'ont rien écrit sur eux.


Leur autre grand client tout aussi important que BOUCHERON fut LACLOCHE, plus précisément le dernier des Lacloche. Jacques Lacloche. En 1936, Jacques Lacloche a ouvert une bijouterie au 8 place Vendôme sous le nom de SARL Jacques Lacloche. La boutique SARL est restée ouverte avec Jacques Lacloche, neveu des frères Lacloche d'origine, jusqu'en 1966, date à laquelle il a fermé pour se consacrer à une carrière dans l'art contemporain.



Dans l'Azur de 1948 


Le commissaire priseur a noté "Minaudière de Lacloche" mais à cette époque le terme était encore déposé ,et des maisons aussi célèbres que "Kirby Bird" en ont fait les frais et perdu leur proçès. C'est donc un sac en soie brodé de fleurs, sur lequel est fixé une boite en métal doré et argent avec un fermoir serti de diamants qui cache une montre "Alti" Il est signé Jacques Lacloche , donc environ des années 1950.


Boite de beauté rectangulaire en vermeil et alliage d'or 375/1000°. Les motifs sont sertis de grenats. signé Lacloche Frères, mais de Helluin et Mattlinger.

Le nécessaire de beauté n'est pas passé de mode dans les années 1930. Au contraire. 
Dans les recueils de ventes de jacques Lacloche, il occupe des pages entières. Cependant, les 
délicates fleurettes qui ornaient les « vanités ›› une décennie plus tôt n`ont plus cours. Place à la
géométrie. C”est le langage de l'avant-garde. Le colifichet en or, parfois en argent, arbore des 
lignes nettes. Seuls quelques saphirs ou rubis calibrés - figure géométrique encore - apportent 
une touche colorée. La surface plane du couvercle de la boîte suscite les dessins abstraits les 
plus variés. travailler le métal guilloché ou gravé, l'orfèvre compose des droites, des diagonales, des triangles, des spirales, des chevrons, des quadrillages, des ondulations, des vibrations 
qui évoquent les ondes d`un poste de radio, des cercles qui rappellent les toiles abstraites d'un 
Fernand Léger ou d”un Robert Delaunay. Bref, du rythme. 
C”est l'atelier parisien Helluin-Mattlinger qui, pour jacques Lacloche, réalise poudriers, 
nécessaires, étuis à cigarettes. Ils se font aussi précieux à l`intérieur qu'à l`extérieur. Perfection dans l'agencement l Ilaccessoire de la coquette contient de quoi rehausser sa beauté - un miroir, un tube de rouge, de la poudre, parfois un peigne -, mais il accueille aussi une montre miniature, un briquet, quelques cigarettes et, déjà, un compartiment où loger liindispensable " faux sucre " .. Chaque chose à sa place.
 La revue Vogue apprend à ses lectrices l'art de porter ces " boîtes à vanités " C'est une habitude à prendre. On la tient comme un livre, comme un missel, dont elle a un peu le format. On la serre à pleine main. On peut la brandir, ou la manier, jouer avec elle, l'ouvrir. On peut la poser sur une table, sur le rebord d'une loge,  car elle est digne d'être admirée. ›› Alors que la belle se mire, elle attire les regards. "Les boîtes précieuses nous donnent donc une nouvelle contenance le soir"
Livre de Laurence Mouillefarine et Véronique Ristelhueber "Lacloche Joailliers


Vanity case or et rubis vers 1940 au Lyang Li Muséum, celui du bas est en or et saphirs 1938-1939, de Helluin Mattlinger  pour Lacloche.


Ce dessin et les suivants sont extraits de livres de commandes de Jacques Lacloche et d'études de bijoux, ils viennent des archives du fils du dernier des Lacloche, Francis Lacloche, et sont de Helluin Mattlinger.


1936


1937


1937


1938-1938- et 1936


1939-1938-1939

On peut ainsi constater une rupture avec ce qu'ils avaient fabriqué et continué à fabriquer pour Boucheron, pas de fleurettes, mais un dessin d'avant garde


Helluin-Mattlinger  pour Jacques Lacloche et ci-dessous la marque Lacloche gravée.




Poinçon carré pour un metal doré sur la pièce précédente.


J ai trouvé de nombreux brevets de leurs inventions , plusieurs ont été déposés en leur nom par la maison Boucheron. Celui-ci pour un briquet perfectionné, a été demandé en mars 1945 et publié le 22-5-1946

autre exemple : Boucheron déposant d'une invention de Helluin Mattlinger





1952


1953


1953


1954 pour systeme d'étui à rouge à lèvres


1954 Pour Poudrier




                                              Brevet de 1956 publié en 1958 3 pages de dessins


1960



1962


Robert Laurent Mattlinger est décédé le 12-09-1975 a Paris XVIII ème 

Si vous avez des documents sur ces deux  Joailliers méconnus, me les adresser à  richard.jeanjacques@gmail.com




Boucheron existe depuis 168 ans

 J'avais fait cet article en 2008 mais sous WordPress et, en le relisant, les photos avaient disparu, je le republie. Boucheron poursuit...