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lundi 5 août 2024

A propos de RENE BRY et des maisons Van Cleef & Arpels, et Bijouterie Lambert à Paris


Double Clip platine et diamants de René Bry

 René Bry fut un grand artisan à partir de 1937, et la plupart des sites internet le définissent ainsi : "Fondée en 1937 par René Bry, joaillier de renom ayant notamment collaboré avec Pierre Sterlé et Van Cleef & Arpels, la maison Bry & Co est l'une des adresses les plus prestigieuses de la joaillerie parisienne de l'époque, notamment à partir de 1944, où la maison ouvre sa boutique rue de la Paix."

A-t-il fabriqué pour Pierre Sterlé ? , oui ! Pour Van Cleef & Arpels, à ma connaissance, non ! Et pour finir, a-t-il collaboré ? avec Pierre Sterlé, oui ! et aussi avec le commissariat général aux questions juives pendant la dernière guerre.


En 1937, René Bry installe au 51 bis rue Sainte-Anne à Paris un atelier de réparations et fabrications.
En quelle année s'installe-t-il rue de la Paix ? 1944 ? Peut-être 1945.


Par exemple, Madame Françoise Cailles date ce bijou vers 1940! Écrire "années 40" aurait été plus juste, car ce doit être vers 1945.


Cette publicité d'un grand magazine date de 1945, Bry est au 15 rue de la Paix.


Son poinçon de maître initial R.B. et une tête de mouton enregistrés le 9 mars 1937 au 51 bis rue Sainte-Anne à Paris. 
Je montrerai d'autres bijoux plus loin dans mon article, mais je reviens en 1941.

La dépossession des Juifs fut d'emblée inscrite au cahier des charges du Commissariat général aux questions juives (CGQJ), créé le 29 mars 1941 et dirigé par Xavier Vallat, puis Darquier de Pellepoix. Dès l'été 1940, les divers services allemands s'employaient également activement à dérober les biens juifs. L'ambassadeur Otto Abetz profita ainsi de l'exode pour faire main-basse sur les collections d'art des propriétaires juifs absents.

Fin 1941, les Allemands frappèrent la communauté juive française d'une amende exorbitante d'un milliard de francs, à payer entre autres sur la vente de biens juifs, et gérée par la Caisse des dépôts et consignations.

Le CGQJ nomma alors des administrateurs pour organiser la spoliation. L’article 2 de la loi du 17 novembre 1941 précise, en effet, que « les immeubles actuellement détenus par des Juifs ou qui seraient acquis par eux postérieurement à la publication de la présente loi […] seront pourvus d’un administrateur provisoire ».
La gestion, l’inventaire, l’estimation du butin rassemblé, n’auraient jamais pu être menés à bien sans la collaboration de tous ces Français qui participèrent à l’œuvre de spoliation. Administrateurs provisoires, experts, ils étaient tous volontaires, libres de se retirer à tout moment.

Or René Bry insista pour remplacer l administrateur chargé de la maison Van Cleef & Arpels, il fut d'ailleurs payé. J'ai d'ailleurs consacré de nombreux articles à l aryanisation de Van Cleef & Arpels, tel celui-ci : https://www.richardjeanjacques.com/2010/02/van-cleef-arpels-1939-1945.html

Cette fonction lui permettait, par ses relations allemandes, d'être au courant des affaires spoliées, ce qui lui permit d'acquérir une bijouterie de Paris, la maison "LAMBERT". 3 boulevard Saint-Denis

René Bry le 11/11/1942

Je soussigné René Bry, 51 bis rue Sainte-Anne à Paris, ai l'honneur de vous informer que je me porte acquéreur du fonds de commerce "Bijouterie Lambert (Adrien Lévy), 3 bd Saint-Denis à Paris" pour la somme d'un million cinq cent seize mille francs, étendu aux éléments incorporels et matériels, les marchandises qui resteraient en stock en sus à dire d'expert au jour de l'homologation.
Paris le 11/11/1942

Monsieur Adrien Lévy avait fait une très belle lettre pour demander qu'on examine son cas, expliquant avec des détails, les générations précédentes nées en Alsace et ayant la nationalité française. M. Levy notait aussi ses états de services militaires brillants, mais rien n'y fit.


D'après la description, c'était à gauche du tabac La Violette.

Le stock en plus de 1 014 855 francs a été réglé après par Bry au liquidateur de l' affaire. Il y avait trois bijoutiers en lice pour faire une proposition d'achat, c'est Bry qui l'a emporté étant largement au-dessus du 2ᵉ, le 3ᵉ était un bijoutier du Havre (du Havre, de Rouen, de Fécamp).


Il était né le 18/05/1886 à Paris, fils de Cerf Levy et Evelyne Worms, tous deux commerçants en bijouterie. Son acte de naissance nous permet de découvrir que par décret du 6/7/1949, il est autorisé à substituer à son nom patronymique celui de "Lambert". Il est décédé le 29/06/1963 sous le nom d'Adrien Léon Lambert.
Rien a voir avec ceux pour qui j'ai écrit un article :

Donc René Bry dès fin 1942 exploite cette bijouterie, l'argent de l'achat n'est pas versé à Adrien Levy mais à la Caisse des dépôts et consignations.

Arrive la libération de Paris, Adrien Levy revient chez lui et reprend possession de son affaire, mais il reste quantité de formalités à accomplir pour obtenir la restitution.

J'ai donc cherché à comprendre comment s'était passée une restitution réussie contrairement à d'autres affaires où, malgré 60 à 80 années de procédure, le bien spolié n'a pas été rendu.
Car : en conclusion de son ouvrage consacré à l’aryanisation des entreprises juives en France, Philippe Verheyde écrit que « l’histoire des restitutions des biens juifs est une histoire qui reste à faire : Les Mauvais comptes de Vichy. L’aryanisation… ». C’est à ce même constat qu’aboutissent les membres de la mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France – dite mission Mattéoli – lorsqu’ils commentent dans un de leurs rapports : « C’est la phase de la spoliation qui est la mieux connue. L’étude de la restitution et celle de la déshérence n’en sont qu’à leurs débuts.

Une nouvelle ordonnance du Gouvernement provisoire est promulguée le 21 avril 1945. C’est un texte majeur, qui porte sur la deuxième application de l’ordonnance du 12 novembre 1943 et qui est destiné à annuler les dépossessions accomplies par les Allemands et le gouvernement de Vichy. Il s’agit dans la pratique de meubles, d’immeubles, de fonds de commerce, de parts ou d’actions sociales, de droits immobiliers ou mobiliers de toutes sortes, appartenant dans la plupart des cas à des Juifs et placés sous administration provisoire, puis vendus ou liquidés. Une ordonnance de référé est rendue par le président du tribunal civil si le propriétaire spolié ou l’acquéreur du bien ne sont pas commerçants et si le bien spolié n’a pas de caractère commercial. Dans le cas contraire, l’ordonnance de référé est rendue par le président du tribunal de commerce.
L’ordonnance de restitution est immédiatement exécutoire, l’appel est possible mais non suspensif ; autrement dit, l’acquéreur se trouve contraint de restituer ce qu’il a eu le tort d’acheter dans des conditions qu’il ne pouvait ignorer.



Donc Adrien Levy revient, reprend son bien et Bry doit se débrouiller avec l'administration de la Caisse des dépôts et consignations. 
En effet toutes les sommes de son achat y avaient été versées, et au vu des lois il ne restait plus qu'à en demander le remboursement, et pourtant, cette caisse déduisait toutes sortes de frais et taxes. La restitution sera légalement effective le 6/7/1945…



Cela pourrait paraitre simple et pourtant ce dossier que j'ai pu me procurer contient plus de 100 pages.
Cela s'est bien passé, mais combien d'autres, à l'instar de l'affaire Seligman contre Mellerio, ne sont pas rentrés dans leurs biens : lire : https://www.richardjeanjacques.com/2013/08/mellerio-joaillier-l-histoire-du-9-rue.html





1949, après la guerre, René Bry s'est beaucoup investi au Maroc, ci-dessus article du journal "La Vigie marocaine".
"Une exposition de bijoux de Bry et Sterlé dans son élégant magasin boulevard de la Gare, le Diamant Bleu a réuni deux grands noms de la rue de la Paix et de l'avenue de l’Opéra, Bry et Sterlé. On y trouve les plus belles réalisations des joailliers modernes : des bagues dont le chaton en boule saillante est ajouré, semé de brillants, d'autres formées de cabochons de pierres précieuses griffées d'or et portées légèrement sur des montures en dentelle d'or. L'anneau est une torsade ou une fine chaîne. Des bracelets-montres dont le cadre est enchâssé dans une boule légère, résille d'or où s'insèrent de petits diamants et qui s’ouvre par une fermeture en bascule pour laisser voir un minuscule cadran rond, le bracelet est une chaîne souple deux fois enroulée autour du poignet. Des colliers et des bracelets en ruban d'or, rivières de diamants allégées par une composition en mailles ajourées Quelques modèles particulièrement originaux une montre de style ancien dont le cadran est placé au fond d'un nid profond et fait de chaînettes fines. La torsade se déroule pour fermer le bracelet attaché à la montre par quatre brides d'or insérées au moyen de pavés de brillants. Un clip curieusement composé de prismes de topaze polis parcourus par des filets de petits diamants : un autre, genre épaulette d'officier, égrène des pampilles d'or le long d'un bord massif étroit. Des clips en platine en forme de feuilles légères, effilées, faiblissantes Une ligne stylisée et appliquée à des motifs d'inspiration ancienne crée l'originalité des bijoux auxquels une interprétation en filetés légers donne un caractère gracieux, fragile et aérien. (La vigie marocaine, journal de 1949)


1949 : La "Vigie marocaine"


1957 Publicité de Bry et Cie 

En 1957, René Bry devient René Bry & Compagnie.


COLLIER / PAIRE DE BRACELETS EN DIAMANTS RENÉ BRY DU MILIEU DU XXᵉ SIÈCLE
Diamants taille ronde et baguette, détachables et pouvant être portés en deux bracelets avec deux maillons de fermoir supplémentaires, années 1950, platine et or blanc 18 carats (poinçons français), poinçon de maître (René Bry)
Accompagné d'une publicité imprimée pour Bry & Co., 1952 Pourtant la société Bry & Co ne date que du 01-01-1957.
Taille/dimensions : circonférence intérieure du collier 32,8 cm ; circonférence intérieure des bracelets 17,5 et 17,0 cm
Poids brut : 238 grammes


BRY ANNÉES 1960 CLIP OISEAU STYLISE
Les ailes en or jaune 18K texturé sont retenues par un corps pavé de diamants taille brillant. Monture en or jaune 18K et platine. Poids brut : 34,05 gr. Dimensions : 6,3 x 7,8 cm.


Clip de Sterlé:  Métal : or jaune 18K (750‰), platine (950‰)  : émail, diamants
Dimensions : hauteur : 6,4 cm - largeur : 4,4 cm - épaisseur : 1,4 cm
Poids brut : 19,78 2 poinçons de René Bry qui en fut le fabricant.


A partir de 1964, Frédéric et Jean Marc Bry créent une série de bijoux en poils d'éléphants



Le vendeur du site 1stdibs a écrit ce texte, je le livre tel quel:
Une paire inhabituelle et unique, fabriquée à Paris en France dans les années 1970. Elles ont été fabriquées par Bry & Co. en or jaune massif de 18 carats, avec des surfaces polies à l'extrême. Ils sont dotés d'un dos en oméga français pour fixer les clips et peuvent être facilement transformés pour les oreilles percées en ajoutant une paire de tenons.
Le fait intéressant de cette paire est qu'elle est montée avec 4 griffes naturelles placées géométriquement dans les montures en or.
Ils ont un poids total de 21,95 grammes et mesurent 35 mm (1,38 pouces) par 18 mm. (0,70 pouce).
Ils sont tous deux estampillés de magnifiques poinçons français, deux fois avec la tête d'aigle pour le dosage et la garantie de l'or 18 carats, le cartouche de maître du fabricant et signé, "BRY PARIS .750 SDGD".
Bry & Co. Créée en 1937 par Monsieur René Bry, sous le nom d'Ateliers de Joaillerie René Bry, la maison Bry & Co est l'une des adresses les plus prestigieuses de la joaillerie parisienne, notamment à partir de 1944, date à laquelle la boutique éponyme ouvre rue de la Paix.


 Marque :  Bry   Vers 1957  Poids diamants :  25 ct  • Largeur :  2 cm • Longueur :  17.5 cm • Poids brut :  69.6 g : Revendu par Michael Dan


BRY ANNÉES 1970
PAIRE DE BOUTONS DE MANCHETTE POILS D'ÉLÉPHANT
Ils se composent de poils d'éléphant retenus par une monture en or jaune 18K. Travail français signé BRY PARIS, poinçon de maître. Poids brut : 12,48 gr. (accident) Dim. 2,1 x 1 cm.



Il y a quelques jours (07-2024) mon ami Varujan de la maison Gorky à Paris 18 rue Duphot à Paris a "rentré" ces doubles clip et broche de grande qualité


Broche « Double clip » en platine et or gris, ornée de diamants demie taille, taille baguette et de rubis Birman.
Poids: 28,4g.
Vers 1945
Porte le poinçon de RENÉ BRY. Certificat: CARAT GEM LAB no 32014-15 pour les rubis.




René Bry et successeurs ont vendu beaucoup de bracelets ou colliers et breloques en poils d'éléphant, malheureusement, ils ont continué a en vendre malgré une loi interdisant la vente de ce qui concerne cet animal, alors en 2009

2009
Frédéric Bry était dans la légalité... à un poil près. Hier, le directeur général de la bijouterie de luxe Bry &Co a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 2 000 euros avec sursis pour défaut de justificatifs prouvant la légalité de l'importation de cinq mille poils d'éléphant.
Le pachyderme est l'une des premières espèces à avoir été protégées par la convention de Washington, entrée en vigueur en 1975. La société, située rue de la Paix (2e), a été condamnée à 5 000 euros d'amende. Les cinq associations de défense des animaux qui se sont portées parties civiles recevront 1 000 euros de dommages et intérêts.
Peu convaincant à la barre, Frédéric Bry a expliqué que ces poils découverts dans un sac au fond de la boutique avaient été achetés par son père dans les années 1980. Estimés à 1 500 euros l'unité, ces poils étaient tressés par la bijouterie et transformés en bracelets, boucles d'oreille et autres ornements. « Quand j'ai repris la tête de la société, j'ai conservé le stock qui restait. J'ai toujours eu l'impression d'être dans la plus parfaite légalité. Toutes ces années après, on me demande des justificatifs, mais c'est improuvable ! », a-t-il expliqué. « Et la queue d'éléphant retrouvée lors de la perquisition dans le sac ? », lui demande le président, le nez sur le scellé comportant la saisie. « C'est un cadeau offert par Valéry Giscard d'Estaing à mon grand-père qui était un grand chasseur », souffle le prévenu qui assure avoir envoyé un recommandé à l'ancien président de la République pour témoigner de sa bonne foi. « Cela me paraît difficile pour un professionnel de dire qu'il ignorait la réglementation », a indiqué le procureur.


René Bry est décédé en 1992 à l'age de 85 ans

La société BRY ET COMPAGNIE a été radiée du registre du commerce le 4 août 2011.

Maison importante car sur l'année 2010 elle réalisa un chiffre d'affaires de 5, 563, 000,00 €.

Si vous possédez des documents, des photos de bijoux etc , ecrivez moi à richard.jeanjacques@gmail.com


NE PAS CONFONDRE : Deux maisons "Lambert" distinctes à Paris

Il est capital pour les chercheurs et collectionneurs de ne pas confondre deux signatures contemporaines de l'après-guerre, dont les histoires et les poinçons n'ont aucun lien familial :
• La Bijouterie Lambert (3, boulevard Saint-Denis) : C'est le nom commercial historique d'une boutique de détail exploitée par Adrien Lévy (1886-1963). Spolié par René Bry en 1942, Adrien Lévy récupère son bien en 1945. Par décret du 6 juillet 1949, il est autorisé à modifier son nom de famille pour devenir officiellement Adrien Lambert. C'est son nom propre qui apparaît sous l'initiale « A. Lambert » dans les annuaires par rues au début des années 1950.
• La Maison Lambert Frères (Haute Joaillerie & Fabricants) : Fondée au XIXe siècle par la famille de Pierre Augustin Lambert (rue Notre-Dame-de-Nazareth), cette dynastie de fabricants (liée plus tard à la famille Caïn et à la généalogie de Frédéric Beigbeder) est active dans la haute joaillerie créative des années 1930. Leur poinçon de maître pour métaux précieux, insculpé en 1902, comporte le symbole d'une tête de femme avec la mention L.Fres & Cie, et n'a été biffé qu'en 1968.

dimanche 14 février 2010

VAN CLEEF & ARPELS: 1939 à 1945 et décès de RACHEL VAN CLEEF


Que se passe t il entre cette en-tête de papier à lettre :







Dans l’avant dernier article :

http://richardjeanjacques.blogspot.com/2010/01/aryanisation-des-entreprises-dont-la.html

J’expliquais le processus d’aryanisation des entreprises : ce fut une époque très importante pour la Maison Van Cleef et Arpels, je vais traiter la période de 1937 à 1947.

Nous sommes très loin de la création de la société en 1896. Des années plus tard une société en nom collectif avait été crée en 1906 entre Alfred Van Cleef et ses deux beaux frères Salomon (dit Charles) et Jules (dit julien) Arpels
Il y eut le 12 novembre 1928 une transformation de la société.
Alfred Van Cleef possédait 999 parts
Jules 999 parts
Salomon 999 parts
Louis 3 parts

Une autre transformation eut lieu le 15/11/1928, une autre le 6/4/1936 sans grande incidence sur la répartition

Un petit retour sur l’année 1937 pour comprendre le montage de la société à l’aube de la guerre.
Salomon Arpels (dit Charles), le 27 mai 1937 vendit ses 50 parts à Rachel Puissant, à Claude , Julien et Jacques Arpels, mais afin que Salomon Arpels ne cesse de faire partie de la société, Monsieur Alfred Van Cleef , le fondateur de la société, lui cèdera l’usufruit de 375 parts et Julien Arpels fit de même.

Après la mort d’Alfred Van Cleef le fondateur en 1938, Jacques devient directeur, et Rachel Van Cleef/Puissant directrice artistique.

Très vite les Van cleef et les Arpels comprirent que la situation s’aggravant , il prenaient le risque de voir les nazis appliquer les lois et règles imposées en Allemagne à l’égard des juifs,et dès 1939 les Arpels décidèrent de fuir aux Etats unis.
Alfred Van Cleef pressentait ce qui allait arriver avec la montée du Nazisme et il semble qu’il ait eu aussi des pressentiments sur certaines dissensions avec ses cousins Arpels.

Alfred Van Cleef meurt le 11/6/1938 à flins, il demande a être enterré a Nice, dans un premier temps Madame Esther Van Cleef et Rachel Puissant sa fille deviennent propriétaires indivis , mais le temps que les formalités de la succession se règlent , Rachel se voit attribuer toutes les parts de son père et le 25 aout 1938 elle devient gérante en remplacement de son père.





De plus Rachel Puissant née Van Cleef est créditrice à la suite d’un virement effectué par son père à son profit d’une somme de 3.127.464 frs.



Les parts se décomposaient ainsi après la mort d’Alfred Van Cleef.

Le 16/9/1938 intervient une modification statutaire qui à cette date parait « de précaution » mais qui s’avèrera importante dans la prise de contrôle de la société après le débarquement des alliés en 1944. Il est décidé que Monsieur Claude Arpels deviendrait gérant de plein droit en cas de décès d’un gérant.

1939




Les nuages s’amoncellent au dessus de l’Europe, Claude Arpels est envoyé en éclaireur aux Etats unis qu’il connaît bien, il ouvre une succursale au 36e étage du Rockefeller Center à New York, une partie importante partie du stock est transférée à New York, d’après un membre de la famille Rachel Puissant/Van Cleef aurait fait des allers et retours avec du stock cousu dans la doublure de son manteau de fourrure. Effectivement, j'ai pu trouver différents voyages et demandes de visas de différents membres des deux familles dans ces années. L'un des fils de Julien Arpels avait fait un séjour à l’université d’Harvard sous le nom de Claude Léon Arpels. Né en 1911 Claude était rentré des états unis en 1932, Il fit des études dans une école de commerce mais retournait fréquemment aux Etats unis. Il s'installa au 36 eme étage du Rockfeller center à New York pus tard en 1942 , il ouvrit boutique sur la 5 eme Avenue .


Van Cleef et Arpels étaient déjà présents aux Etats unis depuis les années 20,Van Cleef était représenté aux Etats-Unis par William Sheer, à l’époque le plus grand fabricant de bijoux, la qualité de fabrication était égale à celle des fabricants parisiens, et Wiston,Tiffany, Cartier lui confiaient leurs commandes, ils ne signait pas leur fabrication , mais gravait la marque des détailants.
Un particularité supplémentaire, lorsque des clients américains commandaient une pièce place Vendôme , elle était adressée a William Sheer en pièces détachée afin de ne pas acquiter les taxes de 80% sur la joaillerie à l’entrée des Etats unis. William sheer s’occupait des formalités de douanes.
Rachel Puissant/ Van Cleef et sa mère Esther Van Cleef sont restées en France, ainsi que jacques Arpels et sa femme ,et Leah Arpels. les autres membres de la famille Arpels passeront la guerre aux Etats-Unis.



1940


Alors que l’ Aryanisation des Entreprises françaises ne sera appliquée que le 7/10/1940, un certain monsieur Paul De Leseleuc de Kerouara propose le 3 aout 1940 par une lettre officielle à Julien Arpels d’acheter les parts de la société. Et il fixe une date comme s’il était au courant de la date de l’Aryanisation.

Dans le cas ou vous me céderiez avant fin octobre 1940 au total 1520 parts de la SARL Van Cleef et Arpels, je m’engage à vous faire rembourser par la dite société, (ou a défaut à vous rembourser moi-même) le montant de votre compte courant créditeur à concurrence de 2 millions de Francs
Si la société effectue ce remboursement, je verserais moi-même en compte courant dans ses caisses des fonds à due concurrence et à n'opérer de retraits subséquents de ces fonds que dans la mesure où la trésorerie sociale le permet.

Signé Paul De Leséleuc


Et le 16 aout 1940 Monsieur Paul de Leseleuc se porte acquéreur de 1520 parts soit 54% du capital .Les parts de 1000 frs ont été rachetées 100frs



Le compte courant créditeur de Rachel Puissant/van Cleef que monsieur De Leseleuc s’engageait a lui régler à concurrence de 2.000.000frs s’élevait à fin mars 1941 à 3.100.621 frs la nouvelle société a passée une écriture comptable.

A Vichy Cpte Client : 3.000.000frs

L’argent dû à Rachel Puissant/van Cleef était bien passée par une écriture, mais fin 1941 elle présentait un solde de 100.621,50, après que le magasin de Vichy lui ait versé cette somme de 3.000.000frs. En effet elle était créditrice de puis octobre 1938 d’un virement de son père Alfred de 3.127.464frs .

Une certaine Madame Avicourt/lévy était créancière de 1.000.000frs notée comme « provenant de pareille somme consentie à son profit par Monsieur Louis Arpels en janvier 1938 »


Les parts de Monsieur De Leseleuc ont été payées par deux traites acceptées dont les paiements ont été effectués sur la BNCI compte 5151 agence Bourse.

Cela cachait il une vente à réméré ? Ce que sous entendront les Allemands plus tard !

Un arrangement entre les Arpels et De Leseleuc ? ou tout bêtement des renseignements prévoyant cette aryanisation, car il faut savoir que Rachel était amie avec la Comtesse de Chambrun, de son nom de jeune fille « Josée Laval » fille du futur ministre de Pétain !



Toujours est il que la vente est publiée au Journal Officiel le 12/10/1940


. N° 51882,
Van Cleef et Arpels, SARL au capital de 3.000.000de frs
Par une assemblée générale extraordinaire en date du 2 septembre 1940 enregistrée à Paris 1 ere SSP le 12/10/1940 sous le N° 222
Mr De leseleuc Paul demeurant à Paris 2 rue du quatre septembre et Monsieur HAVARD raymond demeurant à Paris rue de la voute ont été désignés comme gérants noueaux de la société. pour une durée qui expirera lors de l'assemblée annuelle appelée a statuer sur les comptes de l exercice 1940.
La société ne sera valablement engagée que par des actes portant la signature d'un gérant statutaire ou d'une gérante ou de celles d'un gerant statutaire ou non
Deux copies conformes de cette assembléeont été déposées au greef du tribunal de commerce de la seine le 12 octobre 1940
La Gérante
Signé R Puissant

A propos de Mr De leseleuc, mot pour mot dans le dossier.

De Leseleuc: references bancaires :Son beau père était administrateur de la banque de crédit industriel et président des faienceries de Sarreguemines
Mr De leseleuc était :Administrateur des mines de Kali Sainte thérèse capital 80.000.000 frs
Des produits chimiques du limbourg 4.000.000 frs belges :Du kaolin du morbihan
de l'Indépendance, capital 5.000.000de frs

Rachel Puissant/Van Cleef pour l’anecdote demeurait à cette époque au, 1 bis Boulevard Wallace à Neuilly, c’est elle qui signe seule face à Mr De Leseleuc, elle avait une procuration des Arpels qui étaient « en mission à l’étranger »


Le 31/12 1940 , les nouveaux gérants n’ont pu que constater que Jules Arpels avait prélevé des fonds sur la caisse Calamité et la caisse B.
Un expert comptable relève sous une rubrique « Actif irrecouvrable »

Louis Arpels : 353.643,88 frs
Salomon dit Charles : 7.083.511,01 frs
Jules Arpels 1.690.653,11 frs

Ce rapport mentionne aussi ;


Monsieur Charles Arpels est notoirement insolvable, Mr Julien actuellement en Amérique n’a pas de biens susceptibles d’être l’objet d’une saisie
La société VCA avait l habitude de faire trainer les impôts (c'est ce qui ressort du dossier) en payant petit à petit, il restait donc a devoir aux impôts en 1940 4.169.428,82
Devait aux fournisseurs Hartlet et Cooper 247.104,OO frs
Rubel FF 140.150,00
Sirakian 250.000,00
En 1939 Total des créances 3.909.428,77


En décembre 1940 le gouvernement de vichy crée un service chargé de controler le processus d'Aryanisation des biens juifs, le "service du controle des administrateurs provisoires" le SCAP un service que les allemands tentent de controler pendant les quatre ans de l occupation.

Le service de contrôle des administrateurs provisoires recrutait ces administrateurs souvent dans le milieu des retraités de l'armée, de la magistrature ou de l'administration. Comme les inspecteurs de la SEC, ils avaient le pouvoir de décision mais devaient faire légaliser leurs décisions administrativement par la Préfecture. Une thèse de Martine Soète étudie1 la composition du corps des administrateurs provisoires. Elle remarque que, début 1943, alors que l'on pouvait penser qu'Hitler perdrait la guerre, l'activité de ces administrateurs, diminua fortement. Curieusement, l'auteur, comme Joseph Billig, n'a pas fait la moindre allusion au rôle des services des questions juives des préfectures dans son étude. On sait que l'activité de celui de la Gironde diminua fortement, certains auteurs parlant même de dissolution de ce service fin 1943. En effet les administrateurs du SCAP démissionnaient, et la SEC, soutenue par les SS, finit par s'emparer du fichier des juifs. Note de JJR


Les autorités allemandes le 16/12/1940 nomment un administrateur Mr Romane qui était installé 13 bis rue des Mathurins à Paris, contrairement à l’avis du commissaire gérant Mr Dusausoy. Sa nomination n’a jamais été confirmée par les autorités françaises et elle avait surpris le monde de la Joaillerie, car Romane exploitait un petit atelier dont la principale activité consistait à monter quelques pierres dans du Maillechort . Il est entré en fonction dans les premiers jours de 1941


Le 31 janvier le caissier a reçu l ordre d’établir un premier chèque de 8000 frs. Deux griefs ont pu être relevés à l’encontre de Monsieur Romane, il avait eu le projet d’intéresser le personnel non pas seulement à la vente, mais à l’achat de bijoux. La conséquence de cette formule est que, plus il aurait acheté cher, et plus le personnel y aurait trouvé son compte. Son silence se trouvait ainsi payé. Le temps lui a fait défaut pour mettre cette mesure en application.


Le président du (service du contrôle des administrateurs provisoires) « SCAP» était Mr Fournier.


* Fournier, Pierre-Eugène (inspecteur des finances, dirige le service des administrateurs provisoires [SCAP] au Commissariat Général aux Questions Juives) : n'est pas inquiété à la libération. Président de la SNCF jusqu'en 1946, administrateur de la Compagnie du Canal de Suez. Dans sa notice du Who's Who de 1950, omet d'indiquer son passage à la tête du SCAP. Mort en 1972.

Mr Fournier écrit aux autorités allemandes que Mr Romane n’a ni la situation, ni les capacités nécessaires pour mener à bien sa mission et risque de compromettre l’affaire. Mis au courant de quelques faits de ce genre et surtout s’étant rendu compte de son défaut de tenue, les autorités françaises et allemandes ont invité le commissaire gérant à quitter la place au début du mois de février

1941


Monsieur Fournier demande son remplacement par Mr Chauvel proposé par les allemands, le Militärbefehlshaber in Frankreich. répond qu’il n’y avait pas d’objections.

De plus « Romane ne fait pas partie de la chambre syndicale » indique le SCAP.
Le 5/2/1941 le Militärbefehlshaber in Frankreich écrit au Docteur Blanke
« de relever dans les plus courts délais Romane, dont les agissements sont de plus en plus inquiétants et de mettre en place Chauvel », Romane est relevé dans la journée.

Pendant ce temps, Monsieur De Leseleuc essaye d’accélérer sa prise de possession de la maison Van Cleef & aArpels et pourtant ; sur l’actif disponible en 1939 :


Valeur comptable d’une part sociale

28.034.962,60 divisé par 3000parts = 9344,85
Valeur nominale d’une part= 1000frs
Valeur payée par De Leseleuc : 100frs

Le 12 mars 1941 Mr Paul de Leseleuc, 2 rue du 4 septembre adresse une lettre au Colonel Blanke Chef du service du contrôle des entreprises juives à Hôtel Majestic à Paris.


*Blanke, Kurt (directeur des Affaires juives au département "économie" du Commandement militaire allemand en France) : après son internement, il est de nouveau à Celle. De 1948 à 1973, il y sera membre du conseil municipal, et de 1964 à 1973 il y occupera la fonction de maire.






Mon Colonel


Gérants et porteurs de parts de la société Van Cleef et Arpels, nous avons l’ honneur de vous faire connaître que la dite société est devenue entièrement Aryenne. Le capital originairement de 3 millions de francs et divisé en 3000 parts, a été réduit à 2 millions de francs en 2000 parts, la société ayant racheté 100% des parts.


Société Aryenne :De Leseleuc 1504 parts sur 2000, les autres associés sont Jean Aymé, Lepeltier, Havard, Cercus, Acher, Turck.


En présence des précisions que nous vous apportons, nous espérons que vous voudrez bien donner votre accord et rapporter l'ordonnance que vous aviez prise pour nommer un administrateur provisoire.
Il insiste en précisant que désormais tous les associés sont Aryens !


Mais le 23 mars 1941


lettre du Militärbefehlshaber in Frankreich à Monsieur Fournier


La lettre de Monsieur De Leseleuc n’établit pas les conditions dans lesquelles les nouveaux actionnaires ont acquis leurs actions………………………………………

Celui-ci répondra le 1 er Aout 1941.

Le 1 er aout 1941 réponse à la lettre du Militärbefehlshaber in Frankreich

Mr De Leseleuc s’est porté acquéreur de 1520 parts réglées en deux chèques de 6364, 66 frs sur la BNCI en date du 11/10/1940, il est devenu ainsi propriétaire de 54 % des parts Mr Paul de Leseleuc est français et Catholique, son père le comte de Leseleuc est marié avec Mademoiselle de Kertanguy

Le 24/4/1941 Monsieur René Bry est nommé administrateur provisoire par les autorités Allemandes faisant double emploi avec Mr Chauvel qui démissionne.

Entre temps Monsieur de leseleuc avait envoyé au président des administrateurs provisoires la lettre ci dessous

Le 24 juillet 1941

Je soussigné Paul de Leseleuc demeurant à Paris 2 Rue du 4 septembre, certifie sur l honneur être Aryen sans objection au sens de l ordonnance allemande et du décret français, et je certifie que les opérations ont été passées sans qu’aucune clause occulte de réméré n’existe entre mes cessionnaires et moi
Signé De Leseleuc


Tous les autres associés ont fait de même par lettre separée.


Mr De Leseleuc a remis son dossier directement aux allemands au lieu de Mr Bry

Lettre de Mr Bry le 1 er septembre 1941 au service du contrôle des administrateurs provisoires (SCAP).

Monsieur le Haut Commissaire

En ma qualité de gérant commissaire de la société Van Cleef et Arpels, j’ai l honneur de vous faire connaître que j’ai à donner mon appréciation sur le bilan de cette société à la date du 31 décembre 1939
Or je trouve au passif de ce bilan une dette de 450.000$ représentée par 10 billets à ordre de 45000$ chacun avec intérêt non composé de 5% l’an payable à partir de la fin de l’année qui suivra la cessation des hostilités à raison d’un billet par an. --Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me donner votre avis sur l’évaluation à donner en francs à cette dette eu égard aux conditions auxquelles elle a été contractée en avril 1940 pour amortir une dette en livres sterling qui figurait au bilan précédent.



J’ajoute que les acheteurs me font part qu’une évaluation au cours officiel du dollar conduirait à un bénéfice absolument illusoire et qui n’aurait aucune contrepartie à l’actif.

Réponse du Militärbefehlshaber in Frankreich le 20/9/1941 au SCAP

En réponse à votre lettre du 8/9/1941, j’ai l’honneur de vous faire savoir que Monsieur Bry de la SARL Van Cleef et Arpels ne pourra remettre son rapport avant un certain temps pour les motifs ci-dessous.
Les cessionnaires de parts sociales vont tenter une démarche auprès de l office des changes pour examiner les conditions dans lesquelles la société pourrait se couvrir du passif en dollars par un achat de devises dans le cadre des lois et….en vigueur. Si la société ne peut réaliser cette opération l’administrateur envisage la mise en vente du fonds de commerce et la dissolution de la société sous le contrôle d’un liquidateur judiciaire désigné par le président du tribunal de commerce


Néanmoins le 18/10 / 1941 la nouvelle société est homologuée par le Commissariat aux affaires juives, elle établit un bilan détaillé
Les Stocks au 31/12/1941 sont pour :

Paris 4.183.709 frs
Vichy et Cannes 12.251.435 frs
Stock consigné EU 31.146.633 frs
Manquants 38.312.185 frs
Total 85.893.902 frs

1942


Les Allemands veulent étendre l’Aryanisation à la Zone libre Pour le magasin de Van Cleef et Arpels à Vichy, Mr Saramy Directeur régional du service de l’Aryanisation économique écrit à Mr Daussin directeur du service central de l’Aryanisation à Vichy

Le Magasin de la rue Wilson est fermé et vide. Quelques transactions continuent à avoir lieu par l’entremise de Monsieur Havard ou de Mr Leseleuc mais a domicile 8 rue Callou. L’affaire reste néanmoins inscrite au RC de Cusset sous la dénomination Van Cleef et Arpels Rue Wilson.

Or j’ai reçu il y a quelques mois ce mail des services de Vichy


Lors de mon précédent mail en date du 4 Septembre dernier,les renseignements que je vous avais mentionnés -(1941 : VAN CLEEF ET ARPELS -Marchand Joaillier - N'ayant point d'atelier - 23, Rue du Parc à Vichy / 1942 : VAN CLEEF ET ARPELS - Marchand Joaillier - 23, Rue du Maréchal Pétain (actuelle rue du Parc) à Vichy)- étaient issus précisément des registres de la matrice des contributions personnelles, mobilière et patentes, appelés également registres/patentes de commerces. J'avais effectué des recherches de 1939 à 1945 sur ces documents ; les registres de 1941 et 1942 uniquement, indiquent la présence du commerce.

Cordialement.
Valérie GOUTAUDIER.


Donc Rachel avait une boutique à Vichy, apparemment jusqu'à sa mort et les nouveaux propriétaires de VCA venaient pour quelques affaires rue Callou à Vichy , puisque le Magasin de Van Cleef et Arpels à l’hotel du Parc avait été fermé par le Docteur Ménétrel, celèbre medecin conseiller du Marechal.


Une autre source me fait penser qu’elle avait remonté une boutique ailleurs dans Vichy
Guylaine Guidez relate une rencontre en 1942 à Marseille avec Pierre Ferri Pisani Chef de la Maison des Marins, président du syndicat de la marine marchande, il est le « patron » du port de Marseille.Je cite le passage de son livre.

« Je lui explique ce que nous comptons entreprendre. Lui seul est en mesure de nous faire obtenir régulièrement les renseignements concernant tout ce qui se passe dans le port de Marseille. Il accepte d’emblée, mais soulève la question financière. Nous ne sommes pas riches. Il réfléchit, sort de la pièce quelques instants avec un diamant qui peut être appartient à son épouse et me demande si je peux me charger de le vendre. Je lui parle de mes relations avec Van Cleef et Arpels qui sont malheureusement à Vichy. Il me prie d’aller les voir dans cette ville. Dès le lendemain, je suis chez Nanette Puissant à qui j’explique le problème. Elle me donne beaucoup plus que ce que nous avions espéré.

Mon retour avec l’argent dans mon sac compense l’humiliation qu'’a été pour moi la réflexion du chef syndicaliste sur mes lectures.
Quant à Nanette Puissant, huit jours plus tard, tenaillée par la peur des Allemands qui sont dans Vichy et qui la savent juive, elle devait se suicider
»

La gestapo…. ? présente à Vichy dans un chalet tout a coté de l’ hôtel ou logeait Rachel ? s’ils la savaient juive , ils la savaient riche !
D’autres ?......

En 1942 il y eut 3 dates fatidiques un 11 du mois.

· 11 juin 1942, décret interdisant aux Juifs les professions artistiques.
· 11 novembre 1942, invasion de la zone libre par l'Allemagne.
· 11 décembre 1942, loi imposant aux Juifs de faire apposer la mention « Juif » sur leur carte d'identité,



Rachel se « suicide » le lendemain . Que sont devenues ses affaires ? son argent ? les bijoux ?.
Ci dessus Hotel Queen's à Vichy ou Rachel serait censée s'être suicidée en se jetant du 4 eme.

1943

Lettre du Militärbefehlshaber in Frankreich au commissariat aux questions juives le 8/2/1943
Vous avez transmis à mes services par note du 3/9/1942 un rapport de la Treuhand- und Revisionsstelle concernant la proposition d’homologation de l’entreprise VCA
Le rapport de la Treuhand laisse apparaître dans ses grandes lignes 2 points principaux, d’une part l’entente possible entre les acquéreurs des parts juives et les anciens propriétaires juifs.
D’autre part ……..le prix bas des actions !

Réponse du CAQJ(Commissariat aux questions juives)
En ce qui concerne le premier point, je ne crois pas devoir retenir une objection attendu que l’un des principaux associés juif du 23/5/1940 Madame Puissant qui détenait 45,5% des parts du capital à elle seule s’est suicidée à vichy le 12/12/1942.
Si donc une certaine influence juive pourrait être reconnue, elle a disparu avec le décès de madame Puissant, le reste du capital juif ne peut avoir d’influence sur les acquéreurs Aryens du fait qu’il était reparti entre plusieurs noms et que les porteurs sont tous en fuite ( Amérique etc.)

Personnalité des associés
Monsieur Paul de Leseleuc est Catholique et Français, son père le comte de leseleuc était marié avec Melle de Kertanguy, fille du commandant vicomte de Kertanguy et de la comtesse de la Roche
Il est administrateur de diverses sociétés importantes, s’adressant à des branches très différentes d’activités économique notamment, les mines de Kali, sainte Thérèse et de l’indépendance compagnie d’assurance au capital de 5.000.000 de francs


Cette lettre est très interessante, car elle montre que le commandement militaire allemand savait que Rachel Van Cleef/ Puissant était décédée à Vichy le 12/12/1942, Monsieur Bry l’administrateur le savait aussi et ce début 1943 le notaire le savait aussi en 1944. Or personne ne s’est inquiété de la sépulture de Rachel Puissant enterrée à la fosse commune de Vichy jusqu'à ce qu’on ait besoin d’elle pour régler sa succession !

Il est inscrit sur son acte de décès que sa Mère habitait au Carlton à Cannes, l’administrateur se rendait en Zone libre pour les besoins de l’Aryanisation de Van Cleef, il était en contact avec l’administrateur de Cannes et Nice en Zone libre.Et puis Alors qu'il avait été dit que les Arpels étaient aux Etats unis, Jacques Arpels lui était resté en France, Elie Scali , ancien amant de Rachel est venu à l enterrement de Renée Rachel, Jacques apparemment n'est pas venu.



Lettre de Mr René Bry au commissariat général aux questions juives 1 place des petits pères à Paris le 26/10/1943


Monsieur
J’ai bien reçu votre lettre du 21 courant. Comme suite à votre demande, j’ai l honneur de vous informer que d’après les ventes de cessions en dehors de Claude, Louis, julien Arpels était en mission à l’étranger :
Une réunion des gérants en date du 21 mai 1940 avait décidé qu’il se rendait en Amérique, je n’ai jamais été en rapport avec les cédants, j’ai cependant appris que madame puissant était décédée à Vichy en Décembre 1942


Direction générale de l’Aryanisation économique Section 8 dossier 156 adressé à Mr Bry le 19 novembre 1943


Monsieur
J’atteste par la présente et pour valoir a qui de droit, auprès de quiconque y est intéressé que vous êtes relevé de vos fonctions d’administrateur provisoire de l’entreprise sous rubrique pour la Zone Nord.


Il est à noter qu’au RC Mr Bry est nommé administrateur le 24/4/1941 et fin de mission le 13/8/1943
Que peu de temps après le 8/10/1943 les associés de Mr Leseleuc , Raymond Havard, Jean Aymé, Paul Turck, démissionnent de la société ??


Arrive enfin la libération et la restitution

Le 10/10/1944 lettre de Claude Arpels a Monsieur René Bry



Nous soussigné Claude Arpels et Paul de Leseleuc : seuls gérants de la société Van Cleef et Arpels attestons qu’aucun manquant de stock n’a été constaté pendant la gestion de commissaire gérant de Monsieur René Bry et que celle-ci a donné toute satisfaction aux intéressés


Paris le 19/10/1944

Délégations Judiciaires, Cabinet de Jacques Perez Y Jorra, commissaire de police 36 quai des orfèvres Paris adressée à
Monsieur le chef de service des restitutions Ministère des finances

J’ai l’honneur de retourner ci-joint


1° dossier 156 : Van Cleef et Arpels 22 place Vendôme à Paris 268 pièces

2° Dossier 16280 Etablissements S Langlois et Compagnie 263 rue Saint Martin comprenant 94 pièces
En faisant connaître que l’enquête effectuée n’a pas permis de relever d’irrégularités dans la gestion de ces deux affaires
Par Ailleurs Mr Claude Arpels et Paul de Leseleuc gérants de la société VCA ont fait parvenir une note donnant quitus de sa gestion à l’administration provisoire de Mr René Bry

J’annexe cette note au dossier Van Cleef.


Le 19 mars 1945 lettre de Jacques Arpels à René Bry, il a besoin de cette lettre pour être dégagé du dossier, une partie de ses honoraires a été reversée à des oeuvres

Comme suite à votre demande de ce jour, nous avons l’honneur de vous confirmer qu’il a été donné régulièrement quitus de votre gestion par l’assemblée générale ordinaire des associés en date du 25/5/1944
Depuis cette date, les anciens associés de la société ont repris possession de leurs parts sans la moindre difficulté et je tiens en leur nom à ratifier, tant que de besoin le quitus qui vous a été donné par les associés, que les évènements avaient amenés à se substituer temporairement aux légitimes propriétaires des parts sociales.
Il n’entre nullement dans mes intentions de vous réclamer une autre réédition des comptes que celle sur laquelle il vous a été donné quitus de votre gestion et nous vous autorisons a faire usage de la présente auprès du service des restitutions, et de tous autres chargés de l’application de l’Ordonnance du 14/11/1944

Veuillez agréer………………………………


C’est devenu une nouvelle société il n’y a plus que les Arpels.
Louis qui dévient gérant à 66 ans le 4/6/1952 il vivra jusqu'à 90 ans en 1976, et les trois fils de Jules Arpels
Claude Arpels est nommé gérant le 10/10/1944
Jacques Arpels gérant le 26/10/1944
Pierre Arpels Gérant le 30/12/1944


Comment a été réglée la succession de Rachel Van Cleef, Veuve Puissant ?
Que sont devenus les « Van Cleef » dont nous avions découvert sur les fiches du notaire qu’ils étaient cités pour la succession , dossier 9787 de 1944?
Il n'y a plus un Van Cleef dans la société et pourtant une nouvelle société de Parfums Van Cleef et Arpels se crée dans les années 70 , c'est étonnant cette utilisation du nom!!!





Ce chèque était fait tous les mois par l'administrateur provisoire au profit de la Treuhand Allemande, il était censé servir a régler le salaire des administrateurs provisoires.

Toutes les entreprises aryanisées ont été obligées de passer par la Barclay's Bank, pourquoi par une banque anglaise qui semble avoir fait ce métier pendant toute la guerre!!!!si quelqu'un peut il nous eclairer?




Les lettres proviennent toutes des 268 pièces du dossier 156 regroupé avec d’autres en AJ38 aux archives nationales, citées plus haut par le commissaire de Police Jacques Perez Y Jorra.

J’ai découvert dans un autre dossier de l’Aryanisation des bijoutiers celui de la bijouterie LAMBERT boulevard Saint Denis à Paris.
Elle appartenait à Mr Adrien Lévy 80 rue de Prony dans le 17°, j’y ai découvert une lettre


René Bry le 11/11/1942

Je soussigné René Bry 51 bis rue sainte anne à Paris ai l'honneur de vous informer que je me porte acquéreur du fonds de commerce "Bijouterie Lambert (Adrien Lévy) 3 bd Saint Denis à Paris pour la somme de un million cinq cent seize mille francs , étendu aux éléments incorporel et matériels, les marchandises qui resteraient en stock en sus à dire d'expert au jour de l homologation
Paris le 11/11/1942
Monsieur Adrien Lévy avait fait une très belle lettre pour demander qu'on examine son cas , expliquant avec des détails, les générations précedentes nées en Alsace et ayant la nationalité française, mr Levy notait aussi ses états de services militaires brillants, mais rien n'y fit.

Le stock en plus 1.014.855 a été réglé après par Bry au liquidateur de l affaire , il y avait trois bijoutiers en lice pour faire une proposition d'achat, c'est bry qui l'a emporté étant largement au dessus du 2 eme, le 3 eme était un Bijoutier du Havre




René Bry était domicilié personnellement 59 rue Manin
La vente a eu lieu chez le liquidateur Maitre Desplanques le 5/12/1942
Dossier Aryanisation Section8 dossier 473
Mr Adrien Levy est rentré en possession de son affaire par acte notarié du 6/7/1945, il y a eu rétrocession .

Et en 1945 l'administrateur provisoire Mr Poumet ralait toujours pour ses honoraires de gestion de 42 qu'il a eu d'ailleurs

Monsieur René Bry était en 1940 installé rue Sainte Anne en étage , en 1944, il s’installe Rue de la Paix.


N'hesitez pas à laisser un commentaire ou à m'écrire à richardjeanjacqu
es@gmail.com

mardi 27 octobre 2026

La Bijouterie Joaillerie de 1930 à l'an 2000



 Cela fait plusieurs années qu'une idée me trotte dans la tête!

Écrire un "essai" sur nos métiers au travers des poinçons de maîtres de 1930 à 2000, avec une étude sur les fabricants avant et après la guerre 1939-1945. Pour ce, je me suis servi de ma collection d'annuaires azur dont certains sont présents sur cette photo. 

En annexe à la fin de l'article, la liste des joailliers juifs en 1930.

J'ai mis les nᵒˢ de pages de l'AZUR par année, je peux communiquer à ceux que cela intéresserait les listes complètes (avec les poinçons) par années. 

L'âge d'or (1931-1936). Un tissu de joailliers parisiens et de sous-traitants d'une immense richesse, stable face aux crises économiques, où la communauté juive joue un rôle créatif de premier plan.

La rupture de la guerre (1936-1948) : L'effacement brutal de plus de 60 % de ces artisans par les lois de spoliation économique (aryanisation) de l'Occupation et les déportations. Les répertoires de l'an 2000 prouvent qu'aucun de ces poinçons n'a jamais été réinsculpé par des descendants à Paris, rendant la spoliation irréversible.

La mutation industrielle (1948-2000) : L'émergence des pôles régionaux de Province (Augis, Bellon, Legros), la concentration du luxe Place Vendôme,

En comparant le registre de 1931 avec mes listes de 1936, on s'aperçoit que la quasi-totalité des grands ateliers identifiés comme sensibles sont parfaitement actifs et pérennes. Ils n'ont pas fermé à cause de la crise économique de 1929, ce qui prouve bien que leur disparition brutale en 1948 n'est pas le fruit d'une faillite commerciale classique, mais bien de l'« aryanisation » .

Adelson (Vve), Joaill. fab., un marteau Déjà active en 1931 (p. 1754), elle se maintient sans interruption jusqu'en 1936.
Alkovitsky (Léon), bij. fab., une couronne de montre  Actif en 1931 (p. 1754), se maintient en 1936.
Appelbaum (G.), bij. fab., une grappe de raisin \Actif en 1931 (p. 1754), se maintient en 1936.
Baehr, bij. à façon, un gland de chêne Actif en 1931 (p. 1756), se maintient en 1936.
Blumstein, bij. fab., une fleur et un brillant Actif en 1931 (p. 1756), se maintient en 1936.
Boutelkoff (Meyer), bij. fab., une bouteille Actif en 1931 (p. 1757), se maintient en 1936.
Halpern (M.), Joaill. fab., une étoile à 6 branches Actif en 1931 (p. 1768), se maintient en 1936.
Jacknovitch (Simon), joaill., une couronne Actif en 1931 (p. 1769), se maintient en 1936.

Les évolutions (1931 / 1936)

L'étude de la p. 1768 apporte un éclairage très intéressant sur la structure fine des symboles des fabricants :
Halpern (M.) : Son poinçon officiel comporte explicitement « une étoile à 6 branches, AC au milieu, M au milieu… ». Ce symbole de l'étoile à 6 branches (parfois purement géométrique ou corporatif à l'origine dans la bijouterie) est partagé par plusieurs joailliers de la communauté (comme Miodovski ou Katz). Sous l'Occupation, la présence de ce type de symbole ou de noms à consonance ashkénaze dans cet annuaire dont les sources proviennent de la Garantie a servi d'outil direct de ciblage pour les inspecteurs du CGQJ (Commissariat général aux questions juives).

D'abord, la période sombre, difficile à analyser, ma façon de procéder.
Les disparitions pures : des ateliers actifs en 1936 qui n'apparaissent plus du tout en 1948 (biffages d'office durant la guerre suite aux décrets d'exclusion et spoliations, ou non-réouverture après la déportation du maître-artisan). 
Les changements de noms cachés ("Aryanisation") : Un poinçon qui conserve le même symbole ou des initiales proches, mais dont le nom change en 1948, signe fréquent de la mise sous "administrateur provisoire" de l'atelier, vendu à un tiers non juif et jamais restitué.
Les survivants et successeurs : les maisons qui réapparaissent en 1948, parfois gérées par la veuve (mention Vve) ou les enfants, indiquant une survie ou une réquisition temporaire suivie d'une restitution à la Libération.

                                                                                       


Exemple de pages de l'AZUR, collection personnelle ayant servi pour cette étude.

La liste est longue, mais  je ne puis occulter les noms. Les disparitions massives (présentes en 1936, totalement absentes en 1948).
Ces joailliers et fabricants parisiens étaient actifs en 1936. Ils n'apparaissent plus du tout sur mes listes de Paris en 1948. Leurs poinçons ont été biffés pendant l'Occupation et les ateliers n'ont jamais rouvert.

 Adelson (Vve), joaill. fab. (1936, p. 24) Disparue. (On trouve en 1948 un Adelson Samuel, joaillier-fabricant avec un poinçon différent, symbole : un marteau.) Le poinçon d'origine de la veuve a été supprimé.
Alkovitsky (Léon), bij. fab. (1936, p. 24) Disparu.
Appelbaum (G.), bij. fab., une grappe de raisin (1936, p. 24). Disparu.
Aronin (Soc. Sarah), bij. fab., une lyre (1936, p. 24) Disparue.
Baehr, bij. à façon, un gland de chêne (1936, p. 27). Disparu.
Blumstein, bij. fab., une fleur et un brillant (1936, p. 27) Disparu.
Boutelkoff (Meyer), bij. fab., une bouteille (1936, p. 27) Disparu.
Ferdinand-Dreyfus (Jean), briquets, une flamme (1936, p. 35) Disparu.
Halpern (M.), Joaill. fab., une étoile à 6 branches (1936, p. 39) Disparu.
Jacknovitch (Simon), Joaill., une couronne (1936, p. 40). Disparu.
Kalmovitch (M.), bij. fab., un diadème (1936, p. 41). Disparu.
Katz (Émile), insignes, étoile à 6 branches (1936, p. 41). Disparu.
Kopelovitch (K.), Joaill. à façon, croix de St-André (1936, p. 41). Disparu.
Perelman (A.), bij. à façon, un croissant avec 3 rubis égyptiens (1936, p. 50) Disparu.
Poliacoff, bij. fab., un panier (1936, p. 50). Disparu.
Pollak, bij. fab., une ancre de marine (1936, p. 50) Disparu.
Rajchmann, Bij. fab., un lion (1936, p. 51). Disparu.
Rakower (Max), montres, un pigeon (1936, p. 51). Disparu.
Rasumny, chevalières, un casque de poilu surmonté d'une étoile (1936, p. 51). Disparu.
Rosenblum, Joaill. fab., une étoile et un poignard (1936, p. 52). Disparu.
Rosenberg (Israël), bij. à façon, une fleur de millet (1936, p. 52) Disparu.
Rosenfeld (Bernard), bij. à façon, une rose avec 2 feuilles (1936, p. 52) Disparu.
Rosenfeld (Georges), bij. fab., rose avec 2 feuilles (1936, p. 52) Disparu.
Rosenzweig, B. J. fab., une rose (1936, p. 52). Disparu.
Roudman, Joaill., une roue (1936, p. 52)  Disparu (En 1948, on note uniquement la mention Y R & Fils pour un autre atelier, le poinçon d'origine de Roudman est éteint.)
Rubenstein (J.), bij. joaill., une demi-lune (1936, p. 53) Disparu.
Sarfian, Joaill. fab., une fourmi (1936, p. 53). Disparu.
Scherer (Salomon), joaill. fab., une pierre avec un brillant (1936, p. 53). Disparu.
Schneiman, bij. or, un sabre (1936, p. 53)  Disparu.
Schusterman, Joaill. fab., 3 grenades en triangle (1936, p. 53) Disparu.
Silberstein (Guillaume), maroq., un crocodile (1936, p. 53)  Disparu.
Silberstein (Maurice), bij. fab., une tête de chien (1936, p. 53) Disparu.
Slucki, bij. fab., une flèche et une étoile (1936, p. 54) Disparu.
Sternberg, bij. fab., un épi de blé (1936, p. 55)  Disparu.
Stora (Benjamin), orfèvre, une équerre à plomb (1936, p. 55) Disparu.
Szwac, bij. fab., une colonne (1936, p. 55)  Disparu.
Tszvkin, bij. à façon, une tête de perroquet (1936, p. 56) Disparu.
Vainrib, bij. fab., un papillon (1936, p. 56). Disparu.
Vartanian, montres, une bélière de montre (1936, p. 56)  Disparu.
Vassilewsky (S.), bij. or, une pensée (1936, p. 56) Disparu.
Volovitsch, bij. fab., une aile d'avion avec étoile (1936, p. 57). Disparu.
Waxman (Madeleine), joaill. fab., un bilboquet (1936, p. 57) Disparue.
Weill (Maurice), joaill., un phare (1936, p. 57). Disparu.
Weinstein (Josué), joaill. fab., une grappe de raisin (1936, p. 57) Disparu.
Weiss (Geo.), joaill., un sphinx (1936, p. 57) Disparu.
Winerbet (Georges), joaill. fab., un requin (1936, p. 57)  Disparu.
Wisoune (Nochim), bij. fab., une pincette (1936, p. 57)  Disparu.
Wlodow, bij. fab., une clé (1936, p. 57). Disparu.

Plus de 60 % des professionnels identifiés comme juifs
dans mes listes de 1936 ont vu leur poinçon de maître purement et simplement effacé des registres de la Seine en 1948. Vu le retard à l'impression pour l'annuaire, cela correspond à 1946. Cet annuaire des poinçons s'avère être un indicateur implacable de la destruction économique de cette communauté d'artisans d'art.

Le cas des "Aryanisations" de poinçons
Certaines entreprises ou familles ont survécu, mais leur statut a radicalement changé, souvent marqué par la perte du nom d'origine ou l'apparition de mentions de veuves (Vve), séquelles fréquentes des spoliations ou de la perte du chef d'entreprise en déportation :

Blum (Elias) : en 1936 (p. 27), il est enregistré sous son nom propre Blum (Elias), bij. fab., un calice. En 1948 (p. 26), le poinçon a changé de titulaire : il apparaît désormais sous le nom de Blum (Mme Vve G.), avec pour symbole une églantine.
Mendessohn : en 1936 (p. 46), l'atelier est actif sous le nom Mendessohn, bij. à façon, la planète Saturne. En 1948, le nom Mendessohn disparaît purement et simplement. À la place, on trouve des repreneurs ou des associés enregistrés de manière anonyme sous des entités globales.

Les rares continuités (Présents en 1936, toujours là en 1948)

Quelques rares maisons ont réussi à traverser la tempête, à maintenir leur poinçon d'origine ou à le faire restituer à la Libération : Aboukalil (Michel), bij. relig., croix de Jérusalem Toujours présent en 1936 (p. 24) et 1948 (p. 24).
Aboukalil frères, bij. relig., une croix et deux étoiles Toujours présents en 1936 et 1948.
Baehr (André), orfèvre (p. 24), toujours inscrit avec son symbole d'edelweiss.
Baehr (Ateliers Roger), orfèvres (p. 24).
Baghdjian Kevork, bij. fab. (p. 24), avec sa coccinelle.
Boutelkoff (Meyer), bij. fab. (p. 27), sa bouteille le goulot en bas est toujours répertoriée.
Halpern (M.), joaill. fab. (p. 36), son étoile à 6 branches (AC au milieu) est bien présente.
Kalmanovitch (M.), bij. fab. (p. 38), est présent avec son diadème.
Kopelovitch (K.), joaill. à façon (p. 38), a survécu et conserve sa croix de Saint-André.
Minassian (Odette) (p. 42), joaillière, son inscription avec ses trois clous (P Sté M) est maintenue.
Neuman (p. 44), joaillier, répertorié en 1948 avec son symbole de chaise (M N).
Ostertarg (p. 44), joaillier, maintenu avec son symbole de tourelle (J O).
Perelman (Élie) (p. 45), fabricant, présent avec son symbole d'éléphant (E P).
Pessis Frères (p. 45), joailliers, présents avec leurs deux diamants renversés (P Fces).
Stora (Benjamin) (p. 49), orfèvre, maintenu avec son équerre à plomb (B S).
Weinstein (Josué) (p. 52), joaillier, présent avec son symbole de grappe de raisin (J W).Sasportas : présent en 1936 (bij. fab., SAS, p. 53), la maison reste inscrite en 1948 (p. 48) sous l'intitulé simplifié Sasportas, bij. fab., SAS.
Szkolnik (A.) : Actif en 1936 (bij. fab., trèfle à 4 feuilles, p. 55), il est toujours enregistré en 1948. 
Worms (Établissements) : Spécialisés en horlogerie avec le symbole du diabolo, ils maintiennent leur présence entre 1936 (p. 57) et 1948 (p. 52).

La permanence absolue des structures (1931-1936)

Ce pointage méthodique prouve la remarquable stabilité économique de ces joailliers parisiens avant le déclenchement des persécutions de l'Occupation. Leurs affaires sont pérennes et traversent les années 1930 sans interruption :

Mendessohn, bij. à façon (poinçon : la planète Saturne) : inscrit en 1931, présent en 1933 (p. 24) et confirmé en 1936. L'atelier disparaît définitivement en 1948.

Meyrovitch (L.), Joaill. (poinçon : 2 trèfles à 4 feuilles) : Inscrit en 1931, présent en 1933 (p. 24) et  1948.  

Silberstein (Maurice), bij. fab., une tête de chien (1936, p.Disparu 53) https://www.richardjeanjacques.com/2024/09/siberstein-robert-andre-un-parcours-de.html.

Slucki, bij. fab. (poinçon : une flèche et une étoile) : Inscrit en 1931, présent en 1933 (p. 32) et confirmé en 1936. Disparu en 1948.

Volovitsch, bij. fab. (poinçon : une aile d'avion avec étoile) : Inscrit en 1931, présent en 1933 (p. 34) et confirmé en 1936. Disparu en 1948.

Weinstein (Josué), joaill. fab. (poinçon : une grappe de raisin) : Inscrit en 1931, présent en 1933 (p. 36) et confirmé en 1936. Disparu en 1948.


Exemple d'un modèle en tableau pour la période charnière (1936-1948)

Il rassemble 15 cas parmi les plus incontestables et les plus parlants de mes listes de Paris et de la Seine :

Nom du Joaillier / Atelier (1936)

Enseigne / Adresse

Symbole Graphique (Le Différent d'avant-guerre)

Statut & Mutation dans le livret de 1948

Analyse Historique & Mémorielle (Indice de spoliation / Déportation)

ADELSON (Vve)

Joaillier-Fabricant, Paris

Un marteau

Poinçon éteint. Réenregistré après-guerre sous Adelson Samuel.

Dissolution de la structure de la veuve d'avant-guerre ; réorganisation familiale tardive à la Libération.

ALKOVITSKY (Léon)

Bijoutier-Fabricant, Paris

Une couronne de montre

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Radiation d'office sous l'Occupation par le CGQJ ; rupture définitive de l'atelier.

APPELBAUM (G.)

Bijoutier-Fabricant, Paris

Une grappe de raisin

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Atelier liquidé de force ; stock de métaux précieux et de gemmes spolié.

ARONIN (Soc. Sarah)

Bijoutier-Fabricant, Paris

Une lyre

Disparition totale. Absente des listes de 1948.

Liquidation forcée de la structure sociétaire en raison des lois d'exclusion antisémites.

BAEHR

Bijoutier à façon, Paris

Un gland de chêne

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Extinction du poinçon de façonnier ; perte définitive du savoir-faire de l'établi.

BLUM (Elias)

Bijoutier-Fabricant, Paris

Un calice

Mutation de deuil. Devient Blum (Mme Vve G.) avec une églantine.

Trace matérielle des drames humains ; reprise d'activité héroïque par la veuve à la Libération.

BLUMSTEIN

Bijoutier-Fabricant, Paris

Une fleur et un brillant

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Poinçon biffé à la Garantie de la Seine pendant l'Occupation ; non réouvert.

BOUTELKOFF (Meyer)

Bijoutier-Fabricant, Paris

Une bouteille

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Atelier rayé de la carte économique du quartier du Marais.

HALPERN (M.)

Joaillier-Fabricant, Paris

Une étoile à 6 branches (initiales AC/M)

Survivant exceptionnel. Maintenu en 1948 et jusqu'en 1972.

Rare structure de la communauté à faire restituer son poinçon d'origine à la Libération. Éteint en 1981.

JACKNOVITCH (Simon)

Joaillier, Paris

Une couronne

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Chef d'atelier exclu des registres corporatifs dès l'ordonnance d'octobre 1940.

KALMANOVITCH (M.)

Bijoutier-Fabricant, Paris

Un diadème

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Liquidation forcée et extinction définitive de la marque de maître.

KATZ (Émile)

Insignes & Bijoux, Paris

Une étoile à 6 branches

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Ciblage immédiat par les inspecteurs du CGQJ en raison du nom et du symbole héraldique.

KOPELOVITCH (K.)

Joaillier à façon, Paris

Une croix de Saint-André

Disparition totale. Absent des listes de 1948.

Cessation d'activité forcée ; artisan d'Europe centrale biffé des registres de la Seine.

MENDESSOHN

Bijoutier à façon, Paris

La planète Saturne

Disparition du patronyme. Atelier anonymisé ou absorbé.

Aryanisation typique : effacement du nom propre au profit d'entités collectives ou de tiers.

SASPORTAS

Bijoutier-Fabricant, Paris

Lettres SAS

Continuité absolue. Présent en 1948, 1981, et repris par Paul Lévy en 2000.

Cas unique de résilience d'un poinçon historique du Marais traversant tout le siècle.


" Si le storytelling publicitaire de la Place Vendôme occulte souvent les heures sombres de notre profession, les registres officiels de la Garantie des Métaux Précieux sur lesquels s’appuyait la Revue Azur, dépouillés ici année par année, agissent comme un révélateur. En confrontant les diconnaires de poinçons de maîtres de l'avant-guerre (1936) et de l'après-guerre (1948), on mesure l'ampleur du cataclysme de l'Aryanisation économique. Plus de 60% des artisans et joailliers d'origine juive installés au cœur de Paris voient leur griffe définitivement effacée. Ce tableau spécimen isole 15 trajectoires significatives : entre extinctions de drames, mutations de deuil et rares résiliences, c'est l'histoire humaine et technique de nos établis qui se lit à travers lle travail des gemmes et des métaux"
Les disparitions définitives de poinçons (1936, 1948, 1952)

Les artisans juifs parisiens qui s'étaient maintenus avec une stabilité remarquable tout au long des années 1930 (présents en 1931, 1933 et 1936) restent totalement absents en 1952. Leurs entreprises ont été définitivement rayées de la carte économique de la capitale :

Adelson (Vve), joaill. fab. : Absente. L'Annuaire Azur confirme la rupture générationnelle. Seul subsiste à l'après-guerre l'enregistrement d'Adelson Samuel, inscrit avec son propre poinçon distinct (1952, p. 33).
Alkovitsky (Léon), bij. fab. : Absent.
Appelbaum (G.), bij. fab. : Absent.
Aronin (Soc. Sarah), bij. fab. : Absente.
Baehr, bij. à façon : Absent.
Blumstein, bij. fab. : Absent.
Boutelkoff (Meyer), bij. fab. : Absent.
Halpern (M.), joaill. fab. : Absent. L'atelier central au poinçon marqué de l'étoile à 6 branches a définitivement disparu des répertoires (1952, p. 47).
Jacknovitch (Simon), joaill. : Absent (1952, p. 47).
Kalmanovitch (M.), bij. fab. : Absent (1952, p. 47).
Katz (Émile), insignes : Absent (1952, p. 47).
Kopelovitch (K.), joaill. à façon : Absent (1952, p. 47).
Perelman (A.), bij. à façon (poinçon : un croissant avec 3 rubis égyptiens) : Absent (1952, p. 55).
Rajchmann, bij. fab. (poinçon : un lion) : Absent (1952, p. 57).
Rosenblum, joaill. fab. (poinçon : une étoile et un poignard) : Absent (1952, p. 58).
Rosenberg (Israël), bij. à façon (poinçon : une fleur de millet) : Absent (1952, p. 58).
Rosenfeld (Bernard et Georges), bijoutiers (poinçon : une rose avec 2 feuilles) : Absents (1952, p. 58).
Scherer (Salomon), joaill. fab. (poinçon : un brillant entre deux extrémités) : Absent (1952, p. 59).
Silberstein (Maurice), bij. fab. (poinçon : une tête de chien) : Absent (1952, p. 59).
Slucki, bij. fab. (poinçon : une flèche et une étoile) : Absent (1952, p. 59).
Volovitsch, bij. fab. (poinçon : une aile d'avion avec étoile) : Absent (1952, p. 61).
Weinstein (Josué), joaill. fab. (poinçon : une grappe de raisin) : Absent (1952, p. 62).

Les rares continuités validées sur 20 ans (1931 → 1952)

L'annuaire de 1952 permet d'identifier les très rares maisons d'avant-guerre qui ont traversé la tourmente, maintenant leur enregistrement ou obtenant une restitution pérenne à la Libération

Aboukalil (Michel), bij. relig. (poinçon : croix de Jérusalem) : Toujours inscrit (1952, p. 33). Il affiche une continuité parfaite depuis 1931.
Aboukalil frères, bij. relig. (poinçon : une croix et 2 étoiles) : Toujours inscrits (1952, p. 33).
Baghdjian Kevork, bij. fab. (poinçon : une coccinelle) : Toujours inscrit (1952, p. 34). Ayant traversé la période de l'Occupation, il maintient son atelier actif au cours des années 1950.
Sasportas, bij. fab. (poinçon : initiales SAS) : Toujours présent en 1952 (p. 58). voir mon article
 
Les mutations familiales de l'après-guerre

On relève en 1952 la confirmation de structures réorganisées suite aux pertes de la guerre, notamment l'apparition de successions directes :
Amiel (Les successeurs de), bij. de fantaisie, une tête de chat (p. 33) → L'atelier d'avant-guerre est désormais géré collectivement par les héritiers, signe fréquent d'une réouverture post-Libération suite au décès ou à la disparition du fondateur.
Pendant l'Occupation, de nombreux artisans parisiens s'étaient enregistrés en zone non occupée (notamment au Bureau de Lyon ou de Nice) pour tenter de maintenir une activité. En 1952, plusieurs de ces structures d'urgence se sont définitivement ancrées en Province: Bouvier (R.) (Bureau de Lyon / Grenoble) : Enregistré sous les initiales R B, avec pour symbole un marteau et un maillet entrecroisés, il confirme sa parfaite activité en 1952 (p. 71).
(Gabriel) (Bureau de Lyon / Grenoble) : Fabricant de chaînes doublées sous le symbole d'un aigle royal, il maintient son implantation après-guerre (p. 71).
Singer (Bureau de Lyon / Grenoble) : Enregistré sous les initiales J S avec une étoile à 6 branches, l'atelier est toujours répertorié actif en 1952 (p. 71).

Conclusion générale de cette étude historique de (1931 à  1952)

 En croisant ces quatre décennies de registres officiels on peut mettre en lumière une trajectoire historique:
L'âge d'or et la stabilité (1931 - 1936) : Mess listes de 1931, 1933 et 1936 prouvent que la corporation des joailliers et sertisseurs juifs de Paris était économiquement forte, ancrée et pérenne. La crise des années 30 n'avait provoqué aucune radiation chez les noms suivis.
La rupture de l'Occupation (1936 - 1948) : Le registre de 1948 matérialise le gouffre de la Seconde Guerre mondiale. Suite aux ordonnances d'aryanisation du CGQJ, plus de 60 % des poinçons de ces maîtres-artisans sont purement et simplement effacés.
Le caractère inéluctable de ce registre de 1952 montre qu'aucune réinscription tardive n'a eu lieu pour ces ateliers. Les spoliations et les déportations ont définitivement brisé la transmission de ces maisons de joaillerie.

Exemples de trajectoires documentées dans la profession

Des recherches historiques menées dans les fonds d'archives ont déjà permis de documenter des cas célèbres ou des ateliers anonymes de la place de Paris, illustrant parfaitement les ruptures que j'ai revélé dans mes blogs
L'aryanisation avec changement de nom : Le cas de la célèbre maison Van Cleef & Arpels, dont l'atelier et les boutiques ont été mis sous administration provisoire et renommés temporairement pendant l'absence de la famille. On peut aussi considérer que la présence d'esprit de René Rachel Van Cleef a permis de décider très rapidement  de conclure une sorte de vente à réméré avec son assureur
Le rachat des fonds spoliés : Des dossiers de la sous-série AJ/38 montrent des lettres d'acheteurs tiers se portant acquéreurs pour de faibles sommes de fonds de bijouteries spoliées (comme l'atelier de la bijouterie Lambert au 3 boulevard Saint-Denis, racheté par René Bry et restituée en 1945)
https://www.richardjeanjacques.com/2015/09/renee-rachel-van-cleef-loubliee-de-la.html

Le basculement et l'ascension des pôles régionaux 

Mes documents illustrent parfaitement la décentralisation industrielle et le repli économique vers la Province qui a suivi la guerre :La dynastie Augis à Lyon (Images 3 et 5) : 
L'image 5 est une pièce historique majeure. Elle montre la modification officielle du poinçon de la célèbre maison installée au 12, rue Palais-Grillet à Lyon. On y voit la juxtaposition du "Nouveau" poinçon (les initiales A A entourant une médaille stylisée) et de "l'Ancien" poinçon (représentant un coq). Augis a été l'un des piliers de la bijouterie lyonnaise qui a accueilli et soutenu de nombreux artisans parisiens en fuite.
L'essor de la Drôme et de Valence (Image 5) : En haut à droite, on découvre le poinçon de la maison Bellon & Fils (Beljoyor), enregistrée au Bureau de Garantie de Lyon mais basée à Bourg-lès-Valence. Son symbole est un drille (outil de perçage) entouré des lettres B F. C'est le témoin direct de la naissance du grand pôle joaillier de la vallée du Rhône dans l'après-guerre.
L'apparition des numéros de téléphone et codes postaux (Image 5) : Les cartouches du graveur Raymond Coatantiec ou de la maison Augis mentionnent désormais des numéros de téléphone modernes (ex: 887-54-15) et des codes postaux à 5 chiffres (ex: 69002 Lyon, 75003 Paris). Cela nous indique visuellement que ces planches de mise à jour de la revue Azur datent de la fin des années 1960 ou du tout début des années 1970

Les grands ateliers parisiens d'origine juive ou d'Europe centrale, dont nous avions prouvé la parfaite stabilité tout au long des années 1930 (1931, 1933, 1936), restent définitivement absents en 1972. Trente ans après la guerre, l'annuaire AZUR confirme que le tissu artisanal du Marais et du 9e arrondissement a été définitivement modifié :Alkovitsky (Léon), Appelbaum (G.), Aronin (Soc. Sarah), Baehr, Blumstein, Boutelkoff (Meyer), Jacknovitch (Simon), Kalmanovitch (M.), Kopelovitch (K.) → Tous définitivement absents. Leurs poinçons n'ont jamais été réinsculpés par des descendants.

Le cas Adelson : La preuve par le symbole (Image 1, p. 31)
En 1936 (p. 24), la maison était enregistrée sous le nom de Adelson (Vve), joaill. fab.. mes pages  de 1972 confirment la trajectoire de reconstruction d'après-guerre que j'avais pressentie :Adelson (Samuel) est bien répertorié en 1972 (p. 31), joaill. fab., avec pour symbole son marteau. La structure de l'atelier de la veuve d'avant-guerre a disparu, remplacée définitivement par cette nouvelle signature d'après-guerre (initiales S A).

Les rares continuités séculaires validées sur 40 ans (1931 → 1972)

Vos pages mettent en lumière les rares maisons historiques qui ont réussi à traverser la guerre, à maintenir leur poinçon ou à le transmettre fidèlement :

Aboukalil (Michel), bij. relig. (poinçon : une croix de Jérusalem) : Toujours présent en 1972 (p. 31). Une longévité exceptionnelle pour cet atelier inscrit sans interruption depuis 1931.
Aboukalil frères, bij. relig. (poinçon : une croix et 2 étoiles) : Toujours présents (1972, p. 31).
Baghdjian Kevork, bij. fab. (poinçon : une coccinelle) : Toujours présent (1972, p. 31). L'atelier est resté actif de manière continue du début des années 1930 jusqu'aux années 1970.
Halpern (M.) : Un cas crucial de continuité. L'atelier est toujours mentionné comme joaill. fab. (1972, p. 43) avec son symbole historique : une étoile à 6 branches, AC au milieu, M au milieu. Il s'agit de l'une des très rares structures de la communauté juive d'avant-guerre à être officiellement active à Paris sous son entité d'origine en 1972.

La mutation industrielle des Trente Glorieuses (Sociétés anonymes)

Mes scans révèlent le grand basculement économique de 1972. Le paysage n'est plus seulement composé de maîtres-artisans en nom propre, mais de puissantes Sociétés Anonymes (S.A.) ou de regroupements industriels :
Aloma (Sté), bij. argent, une étoile à trois branches (p. 31).
Art et Bijou S.R.L., bij. fab., une feuille d'acanthe (p. 31).
Ateliers St-Éloi, joaill. fab., un rossignol (p. 31).
Atlor (Établissements), joaill., une mappemonde (p. 31).
Augis (A.) (Image 1, p. 31) → La célèbre maison lyonnaise confirme sa puissance nationale. Elle est enregistrée dans ce registre sous l'intitulé Augis (A.), joaill. fab., une médaille stylisée.
Mes  scans de 1972 confirment le maintien et l'enracinement des maisons installées en zone Sud pendant l'Occupation. L'exemple de Lyon (Image 3, p. 75) est le plus frappant de l'annuaire AZUR
Alliod (Félix) à Lyon : Toujours actif sous les initiales F A avec son symbole de l'haltère.Aubertin et Gendre (p. 75) : Établis sous la marque A G, symbole : une ancre de marine.Bouvier (R.) à Lyon : Confirmé avec son poinçon aux initiales R B, représentant un marteau et un maillet entrecroisés.Gay (Gabriel) à Lyon : Toujours présent (p. 75) sous les initiales G G, avec son symbole de l'aigle royal pour les chaînes doublées.Singer (J.) à Lyon : Noté actif avec ses initiales J S entourant son symbole : une étoile à 6 branches.
Les mutations sociétaires et marques de fabrique (Trente Glorieuses)

L'annuaire de 1972 (p. 74-75) montre une explosion des mentions de structures collectives ou de marques déposées, témoins de la modernisation commerciale de la bijouterie :

C.D.E.B.I. (Centre Européen de Distribution et d'Expansion de la Bijouterie) : Enregistré au Bureau de Lyon (p. 75).
B.C.B. (La Médaille) : Enregistré au Bureau de Lyon (p. 75).
France-Sélection (S.A.) : Maison basée à Saumur, confirmée dans ses extensions de poinçons (p. 41/65)
Les Établissements Murat (Maison) : Mentionnés sous le signe du zodiaque de la balance ou le chiffre 2, illustrant la concentration des fabricants de bijoux précieux ou doublés (p. 76).

1981 Le cas Adelson : Mutation définitive (p. 29)
Nous suivons la maison Adelson depuis 1931. Mes scans de 1981 confirment la stabilisation de la structure mise en place à l'après-guerre :Adelson (Samuel), joaill. fab, est toujours officiellement actif au début des années 1980 (p. 29). Il conserve son poinçon aux initiales S A associé à son symbole : le marteau. La mention d'avant-guerre « Adelson (Vve) » est définitivement reléguée aux archives.

 L'extinction des derniers repères d'avant-guerre (1936 → 1981)
Le pointage méthodique des lettres A à M confirme le constat d'irréversibilité. Les ateliers spoliés ou dissous sous l'Occupation (comme Alkovitsky, Appelbaum, Aronin, Baehr, Blumstein, Boutelkoff, Jacknovitch, Kalmanovitch, Kopelovitch) restent totalement absents Un tournant majeur est également franchi dans ce volume :La disparition de M. Halpern  :

C'est un fait marquant de votre document. L'atelier de Halpern (M.), joaill. fab., qui arborait historiquement l'étoile à 6 branches et qui avait survécu de façon exceptionnelle jusqu'en 1972, ne figure plus au registre en 1981. Sa disparition marque la fin de l'un des tout derniers ponts vivants entre la communauté des joailliers juifs du Marais d'avant-guerre et l'époque contemporaine.

Les rares continuités validées sur un demi-siècle (1931-1981)


Malgré les décennies et les bouleversements de la profession, deux signatures majeures défient le temps et maintiennent leur présence au registre parisien :
Aboukalil (Michel), bij. relig. (poinçon : croix de Jérusalem) : Toujours inscrit en 1981 (p. 29).
Aboukalil frères, bij. relig. (poinçon : une croix et deux étoiles) : Toujours présents (1981, p. 29). Ces poinçons enregistrent une longévité absolue de 50 ans sans interruption depuis vos premières listes de 1931.
Baghdjian Kevork (p. 29) : L'atelier à la coccinelle (initiales K B), présent depuis 1936, n'apparaît plus sous sa forme d'origine. Il s'éteint ou laisse place à des réorganisations au tournant des années 1980.
L'hégémonie du modèle sociétaire et de la haute sous-traitance.

Le répertoire de 1981 illustre l'industrialisation massive de la profession. Les dénominations commerciales abstraites ou collectives remplacent définitivement les patronymes traditionnels :

Alliance Joaillerie Or (A.J.O.), joaill. fab. (poinçon : une alliance) : Inscrite en 1981 (p. 30).
Ateliers Saint-Éloi, joaill. fab. (poinçon : un rossignol) : Structure confirmée dans sa continuité depuis 1972 (1981, p. 30).
Atlor (Établissements), joaill. (poinçon : une mappemonde) : Inscrits en 1981 (p. 30).
Brossard, joaillier fab. (poinçon : une brosse) : Inscrit en 1981 (p. 34).
C.G.E. (Sté), Ringor (poinçon : une barre de pilotage) : Inscrite en 1981 (p. 35).
Comptoir de l'Or et des Métaux Précieux (C.O.M.P.) (poinçon : un losange pointé) : Inscrit en 1981 
Lenfant (G.) : On note la présence des grands ateliers de la haute sous-traitance de la Place Vendôme. La maison Georges Lenfant est toujours active (1981, p. 46) avec son célèbre poinçon présentant un dé à jouer et une aile d'oiseau.
Augis (A.) : Pérennisation nationale de la maison lyonnaise, répertoriée à Paris (1981, p. 29 et 30) sous la rubrique des poinçons illustrés (une médaille, un diamant).
La confrontation finale de la fin de l'alphabet (La Seine en 1981)

L'examen de la fin de l'alphabet confirme de manière absolue le caractère irréversible de l'extinction des ateliers d'avant-guerre spoliés ou dissous sous l'Occupation (Perelman, Rajchmann, Rosenblum, Rosenberg, Scherer, Silberstein, Slucki, Volovitsch, Weinstein) .
Aucun de ces poinçons historiques ne reparaît au registre en 1981. Leurs empreintes de maîtres sont définitivement éteintes à Paris.
Le cas Sasportas : C'est la confirmation magistrale d'une résilience exceptionnelle. Présente en 1931, 1933, 1936, 1948 et 1972, la maison Sasportas, bij. fab. est toujours officiellement active à Paris en 1981 (p. 55), conservant fidèlement son célèbre poinçon aux initiales SAS.
Le cas Roudman / Roué : L'atelier d'avant-guerre, pérennisé après la Libération sous la forme Roué (Yves) et Fils, est toujours inscrit en 1981 (p. 54) sous l'intitulé Roué (Yves) et Fils, joaill., conservant son poinçon de succession Y R & Fils associé à son symbole du rouet.
Le pôle de la Côte d'Azur (Nice / Cannes)
Nous suivons depuis 1948 les ateliers parisiens qui s'étaient réfugiés en zone Sud sous l'Occupation. En 1981, la pérennité de ces structures sur la Côte d'Azur se confirme (Image 8, p. 63) :Barre (M.) à Cannes : Toujours répertorié actif au Bureau de Nice sous l'appellation M Barre, symbole : un trèfle.
Charvolen à Cannes : Toujours présent avec son symbole d'oiseau flanqué des initiales F C.
Foussard à Cannes : Également maintenu au registre avec son symbole d'éclair vertical.
L'essor de la Vallée du Rhône et du pôle Ardéchois

Bellon et Fils S.A. (Bureau de Valence, Image 9, p. 65) : La puissance industrielle de la marque Beljoyor est éclatante à l'aube des années 80. Son symbole (un drille entouré de B F) s'impose au cœur de la fabrication drômoise.
Georges Legros (Bureau de Privas / Le Cheylard, Image 9, p. 65) : L'atelier confirme sa puissance régionale sous son poinçon historique à la feuille de gui encadrée par les lettres G et L, témoignant de l'enracinement du grand pôle industriel de la bijouterie ardéchoise.Le paysage de la joaillerie en l'an 2000 

Les pages de la fin des années 1990 matérialisent la fin absolue du monde d'avant-guerre que nous suivons depuis vos listes de 1931 :
L'extinction définitive de la mémoire d'avant-guerre : Soixante-dix ans après vos premiers livrets, l' annuaire de l'an 2000 confirme que le tissu des artisans du Marais et de la rue de Châteaudun a été totalement balayé. Les grands ateliers spoliés sous l'Occupation (Halpern, Scherer, Perelman, Rosenblum...) sont définitivement entrés dans l'histoire, sans aucun successeur direct au XXIe siècle.
Le triomphe de la Place Vendôme corporative : Le registre de l'an 2000 montre la concentration extrême du marché du luxe. Les petits ateliers familiaux parisiens ont presque tous laissé la place à des structures anonymes de haute sous-traitance, travaillant exclusivement pour les géants de la haute joaillerie.
Le sort des dynasties régionales : les pages de l'an 2000 permettent d'observer l'ultime jalon des empires nés des replis de la guerre. C'est l'époque où des maisons comme Augis à Lyon (avec son coq et sa médaille) ou Bellon à Valence entrent dans les grandes restructurations industrielles précédant le passage à l'Euro. 
La confrontation de cet annuaire de l'an 2000 avec mes listes initiales de 1931, 1933 et 1936 livrent son verdict historique le plus implacable :
Une rupture irréversible : Absolument aucun des ateliers parisiens d'origine juive ou d'Europe centrale spoliés sous l'Occupation (Alkovitsky, Appelbaum, Aronin, Baehr, Blumstein, Boutelkoff, Perelman, Rajchmann, Rosenblum, Scherer, Silberstein, Slucki, Volovitsch, Weinstein) ne figure dans ce répertoire de l'an 2000
La fin des ponts historiques : La maison Halpern (M.), dont nous avions noté la disparition en 1981, reste définitivement éteinte. Soixante-dix ans après vos premiers livrets, l'Azur de l'an 2000 agit comme le conservatoire d'un monde entièrement renouvelé, où la mémoire des artisans disparus ne subsiste plus que dans les collections de chercheurs comme vous.
Les rares survivances séculaires du Marais.

Malgré l'effondrement du modèle artisanal traditionnel, vos pages de l'an 2000 révèlent de rarissimes continuités qui ont réussi à franchir le cap du nouveau millénaire en conservant leur identité visuelle :Le cas Sasportas (Page 14, colonne de droite) : C'est le chef-d'œuvre de résilience de mon dossier. En haut de la colonne de droite de la page 14, on trouve la mention : « Lévy (Paul), dit Sasportas, bij. fab., SAS ». La maison Sasportas, que nous suivons depuis 1931, est toujours active à la veille de l'Euro. Elle a été reprise par Paul Lévy, mais la Garantie a maintenu l'obligation d'utiliser le poinçon historique aux initiales SAS. C'est un fil mémoriel ininterrompu sur près de 70 ans.
Le cas G. Lenfant (Page 14, colonne de gauche) : Situé au 31, rue Danielle-Casanova, l'atelier est enregistré sous l'intitulé « Lenfant (G.) (Sté), joaill., un dé de tailleur... ». Le célèbre sous-traitant de la Place Vendôme est présent, maintenant son poinçon historique au dé à jouer et à l'aile.
Le cas E. Algier (Page 9, colonne de gauche) : Répertorié au 78, rue du Temple sous le nom propre Algier (Édouard), joaill. fab., conservant son symbole du masque de théâtre (initiales EA).
Le cas Desmousseaux (Page 11, colonne de gauche) :Toujours inscrit au 132-134, rue du Temple sous la dénomination « Desmousseaux (Établissements), bij. fab., une couronne » (initiales LD).

Le triomphe de la concentration industrielle et de la Place Vendôme
Mes scans de l'an 2000 illustrent parfaitement la désertification de l'artisanat indépendant au profit des grands donneurs d'ordres du luxe mondialisé :L'omniprésence des mentions S.A. (Société Anonyme), Sté, ou S.A.R.L. (ex: Abysse Créations S.A., Ateliers St-Éloi, Atlor, Ateliers de la Joaillerie, Atelier de la Haute Joaillerie Vendôme).
Les noms de fantaisie ou de structures juridiques intégrées remplacent les patronymes des maîtres-artisans d'autrefois. Le Marais n'est plus un quartier de petits façonniers indépendants, mais un réseau de filiales hautement rationalisées travaillant pour les multinationales de la Place Vendôme.

 La concentration extrême à l'aube du XXIe siècle (1998 – 2000)
Mes pages du tournant du millénaire scellent la fin d'un monde :Disparition des revues comme Azur : Preuve que la corporation a perdu son organe de liaison central face à l'émergence d'un marché mondialisé.
Chute du nombre de fabricants :  le déclin des façonniers s'accélère à la fin des années 90 sous la pression des délocalisations de moyenne série et du rachat des grands ateliers parisiens par les multinationales du luxe (LVMH, Richemont, Kering).

Ce que révèlent déjà ces pages sur l'art et les motifs des années 1930 :

En parcourant mes  documents de A à M, on constate une immense richesse de motifs naturalistes et d'objets du quotidien typiques de cette transition entre l'Art Nouveau finissant et l'Art Déco triomphant :La faune et la flore traditionnelles : Des trèfles à 4 feuilles, des branches de gui, des têtes de chien, de loup, de lièvre ou d'éléphant, des chouettes ou encore des roses.
Les symboles de l'ère industrielle : On croise des symboles plus modernes pour l'époque, comme une bicyclette (pour Lord Charles, p. 1773), un aéroplane (pour Besseire, p. 1756), ou des outils de précision (compas, marteaux de ciseleur, pinces à sucre).

Analyse comparative avec l'an 2000 :
Dans les années 1930, chaque fabricant devait faire graver un symbole unique au centre de son poinçon de maître (losange) pour se distinguer de ses concurrents. En 2000, le paysage des poinçons a radicalement changé :

La simplification des symboles : Les représentations complexes (animaux entiers, scènes, outils) ont presque totalement disparu au profit de initiales épurées, de formes géométriques ou de logos de marques stylisés (LVMH, Cartier, Hermès, etc.).
Le déclin des petits ateliers : Les listes des années 1930 montrent des centaines de petits artisans indépendants ("bij. à façon", "dor.", "cisel."). En 2000, la mondialisation et la centralisation ont vu la fermeture de la majorité de ces ateliers indépendants au profit


ANNEXE

Liste des bijoutiers juifs en 1930 


Aboukalil (Michel), bij. Relig. Joalliers 
Adelson (Vve), joaill. fab.
Alkovitsky (Léon), bij. fab.
Appelbaum (G.), bij. fab.
Aronin (Soc. Sarah), bij. fab.
Baehr, bij. à façon
Baghdjian Kevork, bij. fab.
Blum (Elias), bij. fab. / Blum (Mme Vve G.), joaill.
Blum, Fontais et Tichy, bij. doublé
Blumstein, bij. fab.
Boutelkoff (Meyer), bij. fab.
Ferdinand-Dreyfus (Jean), briquets
Halpern (M.), joaill. fab.
Jacknovitch (Simon), joaill.
Kalmanovitch (M.), bij. fab.
Katz (Emile), insignes, une étoile à 6 branches
Kopelovitch (K.), joaill. à façon
Kalmanovitch (M.), bij. fab., un diadème (M K)
Kapelovitch (J.), bij. fab., une fourmi (J K)
Katz frères, bij. fab., une cigogne atterrissant (K Fce)
Kaufmann (Henri), bij. fab., un marteau de ciseleur (H K)
Kélaïdis, joaill. fab., une pyramide (G K)
Khayat, montres, deux clochettes de muguet (H K)
Kim (Julien), grav., un poussin (B K)
Kindal (Mme**)**, coutel. orf., trois couronnes (B K)
Kinstoch, joaill. fab., une pyramide (B K)
Klecki, joaill. fab., une clef de sol (S K)
Kochanski (Henri), boutons, un chevron, une étoile à l'intérieur (H K)
Koiran, bij. à façon, un patin pendentif (S K)
Koplovitch (K.), joaill. à façon, une croix de Saint-André (K K)
Korchia (Léon), orf., un pique surmonté d'un O (L K)
Kowarsky, bij. fab., une tête d'élan, une étoile au-dessus (L K)
Kraig (Henri), bij. fab., une armoire composée de 3 montagnes surmontée d'un oiseau, d'une fleur de lys et de 2 étoiles (H K)
Krantzler, joaill., un perroquet (M K)
Krantz, joaill., un trèfle et une étoile (M K)
Krieg, bij. à façon, un compas (E K)
Krieg, bij. à façon, un cercle coupé par deux diagonales (E K)
Krivine, bij. en bout., une comète (M K)
Kronenberger, bij. or, la Tour Eiffel (S K)
Krougly, joaill. fab., une tête de chevreuil (A K)
Kunsler (Vme** Marie)**, bij. fab., un taureau (M K)
Kurvitz, joaill. fab., un pigeon (A K)
Kurdjian, bij. fab., une tête de renard (V K)
Kwasniewski, joaill. fab., une feuille de lierre, 2 points au-dessus (T K)
Kyriadzidès, joaill. fab., une épée (D K)
Manassevitz, joaill., 2 traits horizontaux parallèles (S M)
Mendel (L.), bij. en bout., un clou (L M)
Mérat (A.), orf., une glandée (A M)
Metropolitanski (J.), joaill. fab., une marmite (J M)
Meyrovitch (I.), joaill., 2 trèfles à 4 feuilles (I M)
Miani, joaill. fab., une rame de bateau (M M)
Minassian, bij. fab., majuscule M en caractères arméniens (A M)
Miral (Albert), orf. argentée, une étoile dans une ovale (A M)
Mirra (Salvator), joaill., un épi de blé (S M)
Molinéri, bij. or, une hélice (J M)
Moscovicy, bij. fab., 5 points (A C)
Nadal, orfèvres, un homard (NADAL)
Naninck, bij. fab., un pot-au-feu (G N)
Narmé, joaill., un rasoir (L N)
Nechiche, bij. fab., une fourmi (N R)
Nectoux (Mme), orfèvre, une marguerite, un bouton et une feuille (M N)
Négromi (Philippe), grav., un burin (P N)
Nemejansky (C.), joaill. fab., un nœud de ruban (C N)
Nérand, bij. fab., un chien (L N)
Neuhaus (A.), bij. joaill., un nœud et quelques roses (A N)
Neuman, joaill., une chaise (M N)
Niederman (Gerson), joaill., une flèche (G N)
Niquet, bij. argent, un moulin à vent (C N)
Nisand (G.), graveur, un croissant avec 2 étoiles (H N)
Noël (Albert), orf., une branche de vigne (A N)
Noël (L.), bij. fab., la lettre X (L N)
Noël (Pierre), joaill. fab., une rose de Noël (P N)
Nogue, bij. deuil, un rasoir (F N)
Noirot (Pierre), bij. relig., une couronne (P N)
Normand, médailles, un chêne (N & B)
Novodworsky (A.), joaill. fab., un pot et une étoile au-dessus (N A)
Okrent et Davidowicz, bij. fab., un bateau à voile (O & D)
Ostrovieski, joaill. fab., un bonnet phrygien (A O)
Panier (R.), orf. argentée, un panier (R P)
Panon (M.), bij. fab., une croix gammée (symbole pré-nazi, d'origine hindoue/orientale très fréquent en bijouterie traditionnelle à cette époque) (M P)
Perelman (A.), bij. à façon, un croissant avec 3 rubis égyptiens (initiales A P)
Poliacoff, bij. fab., un panier (initiales P)
Pollak, bij. fab., une ancre de marine (initiales L P)
Rajchmann, bij. fab., un lion (initiales R)
Rakower (Max), montres, un pigeon (initiales M R)
Rasumny, chevalières, un casque de poilu surmonté d'une étoile (initiales R)
Rosenblum, joaill. fab., une étoile et un poignard (initiales A R)
Rosenberg (Israël), bij. à façon, une fleur de millet (initiales I R)
Rosenfeld (Bernard), bij. à façon, une rose avec 2 feuilles (initiales B R)
Rosenfeld (Georges), bij. fab., rose avec 2 feuilles (initiales G R)
Rosenzweig, bij. fab., une rose (initiales M R)
Roudman, joaill., une roue (initiales Y R)
Rubenstein (J.), bij. joaill., une demi-lune (initiales J R)
Sarfian, joaill. fab., une fourmi (initiales C S)
Sasportas, bij. fab., SAS (initiales S)
Scherer (Salomon), joaill. fab., une pierre avec un brillant entre deux extrémités (initiales S S)
Schneiman, bij. or, un sabre (initiales J S)
Schusterman, joaill. fab., 3 grenades en triangle (initiales D S)
Silberstein (Guillaume), maroq., un crocodile (initiales G S)
Silberstein (Maurice), bij. fab., une tête de chien (initiales M S)
Slucki, bij. fab., une flèche et une étoile (initiales H S)
Sternberg, bij. fab., un épi de blé (initiales S & D)
Stora (Benjamin), orfèv., une équerre à plomb (initiales A S)
Szwac, bij. fab., une colonne (initiales M S)
Szkolnik (A.), bij. fab., un trèfle à 4 feuilles (initiales A S)
Tszvkin, bij. à façon, une tête de perroquet (initiales M T)
Vainrib, bij. fab., un papillon (initiales E V)
Vartanian, montres, une bélière de montre (initiales V)
Vassilewsky (S.), bij. or, une pensée (initiales S V)
Volovitsch, bij. fab., une aile d'avion avec étoile (initiales A V)
Waxman (Madeleine), joaill. fab., un bilboquet (initiales M W)
Weill (Maurice), joaill., un phare (initiales M W)
Weinstein (Josué), joaill. fab., une grappe de raisin (initiales J W)
Weiss (Geo.), joaill., un sphinx (initiales G W)
Winerbet (Georges), joaill. fab., un requin (initiales G W)
Wisoune (Nochim), bij. fab., une pincette (initiales N W)
Wlodow, bij. fab., une clé (initiales S W)
Worms (Établ.), horl., un diabolo (initiales E W)

2. Profils remarquables en Banlieue (Seine)
Arzoumanian, au Perreux, un point carré (initiales M A)
Schulmovitch, à Saint-Ouen, un papillon (initiales S C)
Volfovsky, bij. fab., une hirondelle (initiales V)
Weil (G.), à Saint-Ouen, une marguerite (initiales G W)

 
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La Bijouterie Joaillerie de 1930 à l'an 2000

 Cela fait plusieurs années qu'une idée me trotte dans la tête! Écrire un "essai" sur nos métiers au travers des poinçons de m...