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lundi 9 mars 2026

INDEX DES JOAILLIERS CONTENUS DANS CE BLOG

INDEX DES JOAILLIERS DU BLOG

⚠ Page en construction – l’index sera complété régulièrement.

Ce blog est consacré à l’histoire des joailliers, bijoutiers et fabricants parisiens du XIXe et début du XXe siècle. L’index ci-dessous recense les noms cités dans les articles. Cliquez sur un nom pour accéder à l’article correspondant. 

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C


D

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L

M

N . 

P

R

S

V

Z


L’index sera complété au fur et à mesure de la publication de nouveaux articles.

lundi 2 février 2026

Les Spinelles d'exceptions , les rubis balais, les synthetiques, les doublets.

Le plus célèbre des spinelles est certainement le rubis du Prince noir qui se trouve sur la couronne d'Angleterre.


En 1362, Pierre Ier de Castille s'empare de la pierre après avoir tué Abu Saïd, un prince maure, bref émir Nasride de Grenade.


En 1366, Pierre Ier de Castille (dit Pierre le Cruel) doit s'enfuir d'Espagne, chassé par son demi-frère Henri II avec l'aide des troupes françaises de Bertrand Du Guesclin et des Grandes compagnies. Pierre Ier se réfugie d'abord en Galice puis embarque pour Bayonne en Guyenne, sous protection anglaise. Le 23 septembre 1366, il signe le traité de Libourne avec Édouard de Woodstock — le Prince Noir — et Charles le Mauvais, roi de Navarre. Ce traité stipule que le Prince Noir et le roi de Navarre doivent apporter une aide militaire et financière à Pierre le Cruel pour la reconquête de son trône et recevoir des territoires en contrepartie ainsi que 550 000 florins d'or. En février 1367, l'armée anglaise est à Pampelune et arrive en avril à Nájera où elle bat l'armée d'Henri II. Mais Pierre le Cruel a plus promis qu'il ne peut tenir, et l'énorme « rubis » gros comme un œuf, est le seul gage qu'il peut offrir au Prince Noir. C'est ainsi que la pierre entre dans les joyaux de la monarchie britannique.
En 1415 La pierre du Roi est "vue" à la bataille d'Azincourt ; Henri V portait sur son casque d'armure une couronne remplie de pierres précieuses au milieu desquelles était le Rubis du prince noir. Pendant la bataille, le roi d'Angleterre est frappé sur son casque, il faillit en mourir, mais le spinelle est en partie cassé et perdu. Heureusement ou malheureusement pour lui, un prisonnier français nommé Gaucourt dit au roi qu'il sait où se trouve ce morceau du spinelle, et demande sa libération pour révéler l'endroit. Le Français va le retrouver mais ne sera pas libéré pour autant. 
Voir la suite sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rubis_du_Prince_Noir 



La couronne a été  refaite en 1838 pour la reine Victoria.  Pendant des siècles, de célèbres « rubis » des trésors royaux — dont le Rubis du Prince Noir et le Rubis de Timour — se sont révélés être des spinelles rouges, la distinction gemmologique entre corindon et spinelle n’ayant été établie qu’en 1850 siècle avec le développement des méthodes optiques.
Elle comprend 4 rubis dont le "Prince noir" placé au centre, 11 émeraudes, 16 saphirs (dont le saphir des Stuarts), 277 perles et 2 783 diamants (dont un des plus gros fragments du Star of Africa) ; le roi la porte pour le couronnement et l'ouverture du Parlement.
Ce spinelle se trouve sur le devant de la couronne impériale fabriquée pour le couronnement de George VI en 1937 par le joaillier de la Couronne Garrard & Co. Le spinelle n'est pas taillé, brut, juste poli, il présente une forme d’octaèdre irrégulier aux bords arrondis de 5 cm de long, avec une couleur rouge vif spectaculaire. Il y a un endroit où la pierre a été percée lorsqu'au début, elle était portée en pendentif. Ce "trou" a été bouché par un petit rubis véritable monté sur une sertissure.


Tableau comparatif — Spinelle, Rubis (Corindon) 


CritèreSpinelleRubis (Corindon)
Famille chimiqueOxyde (MgAl₂O₄)Oxyde (Al₂O₃ + Cr)
Système cristallinCubique (isométrique)Trigonal
Structure optiqueIsotropeAnisotrope
BiréfringenceNulle≈ 0,008
PléochroïsmeAbsentNet (rouge / rouge violacé)
PolariscopeToujours extinctionAlternance clair/sombre
Indice de réfraction1,718 – 1,738 (≈ 1,72)1,762 – 1,770 (≈ 1,76)
Dureté (Mohs)89
Densité (g/cm³)3,58 – 3,623,98 – 4,05
ÉclatVitreuxVitreux à adamantin
Inclusions typiquesMacles, cristaux octaédriquesSoies de rutile, fractures cicatrisées
TraitementsRaresChauffe très fréquente
Synthèse historiqueTrès courante (flamme)Fréquente
Confusion historiqueFréquemment pris pour rubis

La confusion historique avec le rubis vient du fait que :

IR du rubis (corindon) ≈ 1,76–1,77
IR du spinelle ≈ 1,72
Mais surtout : le spinelle est isotrope, le rubis est biréfringent et dichroïque. 
C’est un critère de séparation fondamental en gemmologie classique. Le spinelle n'a qu'une seule couleur dans tous les axes de la gemme alors que le rubis  a deux couleurs selon  les axes de la gemme.


Cliquez pour agrandir l image: J'ai la chance de posséder les 13 volumes de l' encyclopedie "Le Spectacle de la nature" en 13 volumes et c'est toujours interessant de voir comment était traitées les pierres précieuses en 1754  par exemple le Rubis


Mais aussi le rubis balais, le spinelle.


C'est un collier de Cartier,avec un bel ensemble de 17 spinelles,  émeraudes, perles, diamants. Le poids des spinelles est de 458,9 carats, sur le principal spinelle figure une gravure: AKBAR SHAH, BACHADUR  qui en Ouzbek  veut dire : AKBAR est un enfant. (collection Al Thani)


British Muséum
Broche ; or ; perles, saphirs, spinelles ; broche en forme de losange ornée de saphirs et de spinelles sertis rectangulaires ; trois perles à l'extrémité de l'épingle ; une perle à l'une des pointes du losange ; aucune perle aux deux autres pointes. Fin du Moyen age.


Couronne appartenant à la Parure de Rubis et Spinelle de Bavière. (Wikimedia Commons.)

Sarpech des Nizams d’Hyderabad — Ornement de turban ancien en diamants, spinelles, perles et émail, monté en or, argent et laque. Longueur : 26,7 cm. Daté du début à milieu du XIXᵉ siècle, avec un spinelle gravé plus ancien (1607–1608 et 1633–1634). Probablement fabriqué à Hyderabad.

Le sarpech (« plume de tête » en hindi) était un ornement de turban réservé aux empereurs et princes indiens, symbole suprême de la royauté. Issu de la tradition de la plume de héron (kalgi), il devient richement serti de pierres précieuses sous les empereurs moghols, notamment à partir du règne de Shah Jahan. Au XIXᵉ siècle, après l’interdiction des couronnes aux princes indiens, les sarpechs deviennent plus grands et plus somptueux, servant d’expression alternative du pouvoir royal.


Catherine II commanda pour son sacre une couronne surmontée du gros spinelle LAL de 414,30 carats qui était un don de l'empereur de Chine, mais la couronne ne fut pas prête à temps et ne servit la première fois qu'en 1797 à son fils Paul Iᵉʳ. Elle se trouve à l'heure actuelle au musée des Armures à Moscou.



Couronne impériale de Russie - Celle ci est une copie exacte, utilisant des pierres précieuses naturelles et de l'or blanc au lieu de l'argent.



Le Spinelle Carew

Aujourd'hui, le Victoria and Albert Museum (V&A) est le gardien du célèbre spinelle Carew.
Auparavant, cette pierre précieuse appartenait à Julia Carew, Lady Carew. Dans son testament (elle décéda en octobre 1922), elle légua le bijou à sa sœur, Jane Cory, pour la durée de sa vie, après quoi il devait revenir au South Kensington Museum, devenu depuis le V&A. Selon les informations fournies par sa famille, elle avait été acquise par un parent à Téhéran avant 1870.

Julia Carew l'avait reçu en cadeau de mariage de sa mère en 1888. La pierre, alors appelée rubis, avait été achetée à Téhéran par son oncle, Charles Alison, alors ministre britannique.
Cette pierre précieuse est un spinelle, une gemmologie proche de celle du rubis. Elle porte les noms ou titres des empereurs moghols Jahangir (r. 1605-1627), Shah Jahan (r. 1628-1658) et Alamgir (r. 1658-1707), l'ancien prince moghol Aurangzeb.


La pierre aurait été achetée à Téhéran par un parent de la très honorable Julia Mary, Lady Carew, quelque temps avant 1870. (Elle aurait été acquise en premier lieu par Monsieur Richard, auprès duquel elle aurait été achetée par M. Charles Alison, le grand-oncle de Lady Carew, qui était ministre britannique à la cour du Shah.)


Pendentif en forme de tête d'animal. Réalisé en bois et recouvert d'une mosaïque de turquoise et de malachite, fixée à l'aide de résine de pin. Les yeux sont en pyrite et en coquille de conque (Strombus) à rayures blanches et jaunes. La gueule ouverte est incrustée de pierres précieuses (grenat, béryl, émeraude, spinelle, zircon) et garnie de dents de requin, probablement postérieures.Ajouts. Deux zones sur le haut de la tête sont incrustées de perles, donnant l'illusion de sourcils, mais il s'agit probablement d'une modification ultérieure, peut-être pour masquer des dommages dus à la perte d'oreilles (?) initialement présentes à cet endroit. Les perles, les pierres précieuses et les dents sont maintenues en place par de la cire d'abeille. Une boucle de suspension, faite d'un anneau de coquillage blanc (Strombus), est fixée au sommet de la tête.  Azteque: de 1400 à 1520 British Muséum.



COLLIER IMPÉRIAL MOGHOL EN SPINELLES
Avec onze spinelles polies, pesant au total 1 131,59 carats, sur une chaîne à maillons en or jaune et un fermoir à crochet, probablement monté au XIXe siècle, 52,0 cm.
Trois des spinelles sont gravées. Deux portent le nom de l'empereur Jahangir, une porte les trois noms des empereurs Jahangir, Shah Jahan et Alamgir, également connu sous le nom d'Aurangzeb :

JAHANGIR SHAH AKBAR SHAH 1015 1607
JAHANGIR SHAH AKBAR SHAH 1017 1609
JAHANGIR SHAH AKBAR SHAH 1018 1610
ALAMGIR SHAHI 1070 1660
SAHIB QIRAN ... 1045 1636.

Veuillez noter que le poids des spinelles est de 51,91, 73,52, 74,28, 128,77, 160,37, 158,19, 164,09, 138,85, 73,35, 54,64 et 53,62 carats
. Accompagné du rapport n° Certificat n° 52831 du 12 novembre 2008 de l'Institut suisse de gemmologie SSEF attestant que les 11 perles de spinelle proviennent du Pamir et ne présentent aucune indication de traitement.
Revendu par la maison Christie's, tres interessant texte sur ce sollier : voir


Spinelle de l’Espoir (Hope Spinel)  un spinelle rose-rouge du XIXᵉ siècle considéré « exceptionnel » pour sa transparence et sa couleur.
Le grand spinelle octogonal, pesant 50.13 carats, à l'intérieur de vieilles griffes décoratives en diamant taille brillant et rose, encadré par de plus gros diamants taille brillant ancien, monté en argent et or, monté comme une broche / pendentif avec des raccords détachables, anciennement le pièce maîtresse d'un plus grand bijou, diamants d'environ 6.50 carats, raccord de broche détachable, dimensions de la broche 4.0 x 3.2 cm, enveloppé par Mallet, The Octagon Bath & 40, New Bond Street, Londres, une note épinglée à l'intérieur indique «Spinnel Ruby de Hope Collection »


Henri Philippe Hope (1774-1839) appartenait à une célèbre dynastie de riches marchands et de banquiers marchands. Les espoirs étaient également d'éminents collectionneurs et mécènes. L'entreprise familiale leur a donné un revenu énorme pour accumuler de vastes et extrêmement précieuses collections personnelles de tableaux, porcelaines, antiquités, sculptures, livres, bronzes et bijoux.


L’Imperial Spinel de Bulgari : un spinelle rose-fuchsia de 131,21 carats serti dans un collier spectaculaire de la collection Magnifica.
Découvert au Tagikistan, ce spinelle, le quatrième plus gros connu au monde, pèse 131,21 carats et orne la pièce maîtresse du collier « Spinelle Impériale », serti de diamants et d’émeraudes. Collection de Haute Joaillerie MAGNIFICA 2021 de Bulgari.


Petite énigme (pour moi) car certains attribuent à Jean-Baptiste Fossin la fabrication de ce diadème en 1810, il a été réalisé pour la Princesse Catherine Bagration (en Russe: Екатерина Павловна Багратион ) née Skavronskaya (7 Décembre 1783 - 21 mai 1857 ou 2 Juin 1857) C'était une princesse russe, mariée au général Pyottr Bagration. Elle était connue pour sa beauté, ses amours et ses comportements non conventionnels. Elle s'est mariée en 1800 mais a rompu définitivement avec son mari en 1805 et est partie à Vienne. Donc Fossin signait-il de son nom a cette date?
Les pierres roses de ce superbe diadème sont des spinelles.



Le diadème et la parure en spinelle proviennent de la célèbre princesse Catherine Bagration, nièce du grand prince Potemkine, qui épousa un membre d'une ancienne dynastie géorgienne-russe, connue pour sa beauté, ses liaisons amoureuses et son comportement anticonformiste lors de ses voyages à travers l'Europe. "Merci à https://royalwatcherblog.com/2024/05/08/bagration-tiara/  pour ces deux photographie.



Il pèse plus de 352 carats et jusqu'en 1851, était largement considéré comme le plus grand connu rubis dans le monde. Il a été présenté à la reine Victoria par la Compagnie des Indes orientales en octobre 1851 et fait depuis partie de la collection de la famille royale britannique. Le Timur Ruby a une histoire longue et colorée.

Timur était un dirigeant turco-mongol qui aurait acquis le rubis lorsqu'il a limogé Delhi en 1398. Il est resté en Inde pendant un peu plus d'un an, avant de retourner à Samarcande avec le rubis parmi son butin de guerre. La rubis a été hérité par son fils, Mir Shah Rukh, et plus tard son petit-fils, Mirza Ulugli Beg.
Pendant son règne, il y eut plusieurs guerres avec les Perses et après l'une d'entre elles, le rubis tomba entre les mains de Shah Abbas I de Perse, qui en 1612 donna le rubis en cadeau à son ami proche, Jahangir, l'empereur moghol de Inde. Jahangir avait son nom gravé sur le rubis, ainsi que celui de son père, Akbar. La légende raconte que lorsque sa femme préférée l'a réprimandé pour avoir défiguré un joyau aussi magnifique, il a répondu : "Ce bijou transmettra plus certainement mon nom à la postérité que n'importe quelle histoire écrite. La maison de Timur peut tomber, mais tant qu'il y aura un Roi, ce joyau sera à lui".

Le propriétaire suivant de la pierre précieuse était Shah Jehan, qui avait son nom inscrit dessus et l'a placé sur le trône du paon. Les propriétaires successifs du bijou ont continué à inscrire leurs noms jusqu'à Farukhsiyar, qui fut le dernier des empereurs de Delhi à inscrire son nom sur le joyau. Son successeur était Nadir Shah d'Iran, qui a attaqué Delhi en 1739.

I

Comme tant de joyaux célèbres de l'Orient, le Timur Ruby a voyagé en Angleterre parmi une collection de bijoux indiens provenant du Trésor de Lahore en 1849 lorsque la Grande-Bretagne a annexé le Pendjab à son empire. Les bijoux ont été exposés lors de la grande exposition au Crystal Palace en 1851, puis donnés à la reine Victoria.
La reine Victoria  admirait particulièrement ce qu'elle appelait «les merveilleux rubis» et, le 23 octobre 1851, écrivit dans son journal: «Ce sont des cabochons, non taillés, non sertis, mais percés. Celui est le plus grand du monde. , donc encore plus remarquable que le Koh-i-noor !"

En avril 1853, Garrards sertit quatre de ces soi-disant «rubis» dans un nouveau collier en or et émail incrusté de diamants «de conception orientale», avec quatre pendentifs en diamant également de Lahore. Au centre du collier se trouvait l'énorme pierre rose-rose de 352 carats que la reine Victoria avait remarquée. Deux mois plus tard, Garrards a ajusté le collier pour permettre à cette pierre d'être détachée pour servir de broche et d'alterner avec le diamant Koh-i-noor récemment recoupé.

Aujourd'hui, ce spinelle fait partie des joyaux de la couronne britannique et est monté sur un collier qui est conservé à la Tour de Londres. Comme beaucoup de grands spinelles historiques, il a été longtemps confondu avec un rubis jusqu'à ce que des techniques modernes de gemmologie révèlent sa véritable nature.


SPINELLE (RUBIS BALAIS) AVEC INSCRIPTION ROYALE  LNS 1660 J.
Spinelle taillé (rose foncé tirant légèrement sur le pourpre, légèrement velouté), perforé, gravé manuellement avec une pointe diamant et à l’aide d’une fraise . 
Hauteur 48 mm ; largeur 36 mm ; épaisseur 18 mm ; poids 249,3 carats 
Inscriptions : 
(1) Timouride : Ulugh Beg (avant 1449)
(2) Safavide : Shah Abbas I‘ (daté de AH 1026/1617)
(3) Moghole : Jahangir (daté de AH 1030/1621)
(4) Moghole : Shah Jahan (sans datation)
(5) Moghole : Alamgir [Awrangzib] (daté de AH 1070/1659-1660)
(6) Durrani : Ahmad Shah (daté de AH 1168/1754-1755)

Tiré de la revue "Le Trésor du Monde"  sur l' Al-Dabah collection au musée national du Kuweït.

LES INSCRIPTIONS ROYALES sur des gemmes apparaissent en Mésopotamie dès le 11° millénaire av. J.-C. Toutefois, la majorité des exemples anciens connus se rencontrent, semble-t-il, essentiellement à partir du 1 millénaire av. J.-C.
Il s’agit surtout d’agates de plusieurs couleurs, mais également de turquoises et de calcédoines bleues.

Cependant, les gemmes portant des inscriptions royales plus tardives (la plupart sont gravées au nom des empereurs moghols), bien qu’elles ne soient pas semblables, diffèrent peu par leur caractère et méritent d’être distinguées. Cette pratique, héritée de leurs ancêtres, les Timourides, perpétue une tradition déjà en vigueur au XIII siècle chez les souverains mongols. Les premiers exemples aujourd’hui connus des historiens d’art semblent indiquer que les souverains du Badakhshan en auraient peut-être été les initiateurs au Xi siècle (ou auparavant). Cette hypothèse semble plausible étant donné que se trouvaient sur leur territoire des mines de rubis balais (des spinelles rouges, de  loin les plus utilisés pour les inscriptions royales)

L'exemple le plus ancien que nous connaissons est la gemme citée plus haut, gemme qui fut gravée à plusieurs reprises sur une période de plus de cent ans. Elle porte le nom du Timouride Ulugh Beg
(mort en 1449)  Ce rubis balais comporte également l’unique exemple d’inscription au
nom d’un souverain safavide (Shah Abbas [“). On y trouve en outre le nom de trois empereurs moghols (Jahangir, Shah Jahan et Awrangzib) ainsi que celui du roi afghan Ahmad Shah. Cette pierre est très célèbre dans la littérature car elle 
fut offerte à Jahangir par Shah Abbas I" et des textes récents l'ont surnommée le « Rubis Timour ».



Ce Merveilleux Spinelle se trouve au Musée du Louvre à Paris La Côte de Bretagne est un spinelle gemme, couleur amarante, retaillé au XVIIIe siècle en forme de dragon. La patte de droite passe sous le cou de la créature alors que son membre senestre est replié sur le dessus d'un tronc.La paire d'ailes et la queue fléchée d'origine ont disparu après le vol de septembre 1792 du grand insigne de la Toison d'or de Louis XV dans lequel le dragon était serti.
La Côte de Bretagne est le cinquième des huit joyaux sélectionnés par François Ier le 15 juin 1530 pour constituer le fonds des joyaux de la Couronne de France. Il avait hérité du spinelle après le décès en 1524 de Claude de France, fille d'Anne de Bretagne et petite-fille de Marguerite de Foix qui est la propriétaire la plus ancienne connue de cette gemme.



Conçu comme une guirlande florale sertie de perles fines, ornée de seize plaques de jadéite sculptées semi-translucides de couleur vert pomme moucheté, de tourmalines roses et jaunes de formes variées, et rehaussée de spinelles rouges, vers 1910 . Revendu par Sotheby's


Spinelle en forme de perle: rose foncé tirant légèrement sur le pourpre, perforé et gravé manuellement avec une pointe diamant.


Plusieurs  exemples en Spinelle rouge avec inscriptions Royales

Ces inscriptions, comme celles des noms des souverains moghols, furent exécutées avec une pointe diamant (et non, comme pour les sceaux, à l’aide d’une fraise) qui assure une meilleure maîtrise du travail. La calligraphie, quand elle est agrandie, semble incarner de parfaites proportions à l'égal des grandes inscriptions architecturales contemporaines




Autre perle en spinelle  avec inscription Royale Moghole  vers 1606-1607
Voir le site très intéressant :https://daralatharalislamiyyah.com/en/home-page-en/


Sertie de deux spinelles en forme de coussin, de couleur bleue et rouge vif, pesant ensemble environ 4,65 carats, ornée jusqu'aux épaules de diamants taille brillant, montée sur or jaune 18 carats, signée Agapoff. Revendue par la maison Sotheby's



Les Spinelles synthétiques

Ce Spinelle de synthèse vendu par la maison:  https://www.gems-plus.com   a les mêmes caractéristiques physiques et chimiques que le Spinelle naturel. Mais il est fabriqué  en laboratoire selon le procédé Verneuil (fusion à la flamme). Sa couleur bleu intense est causée par un additif de cobalt lors de la fabrication , à ne pas confondre avec celles du verre au cobalt, pourtant de même couleur ou presque. 
Le Spinelle synthétique fabriqué par le procédé Verneuil a une teneur en magnesium plus forte que celle du spinelle naturel.

Depuis les années 20, le spinelle est produit de façon synthétique. Il sert à la fabrication de doublets (pierres dont une moitié est naturelle et l'autre synthétique ou du verre) et à l'imitation de nombreuses gemmes, notamment le grenat, l'améthyste, le zircon, le saphir, le rubis et, mais surtout celle de l'aigue marine.


Spinelle synthétique rectangulaire à pans coupés sur papier. Poids : 15 cts. voulant imiter et être vendu comme aigue marine


Bague Or Jaune et Spinelle Synthétique 
Bague en or jaune (18k), au centre un spinelle synthéthique bleu taille émeraude. Poids Brut : 8,90 g
Revendu par Savaje Paris

Combien de gens ai-je déçus en quarante ans parmi ceux qui m'ont amené les splendides "aigues marines" de famille, qui n'étaient en réalité que des spinelles bleus synthétiques. Celui ci-dessus est un Spinelle synthétique rectangulaire à pans coupés sur papier. Poids : 15 cts. revendu par la maison Rossini

"Mais Mr Richard, c’est impossible, je la tiens de ma grand mère"

Faites attention, de nombreux bijoux vendus en brocantes, chez les Antiquaires ou dans les salles des ventes comme "Aigues marines", ne sont que des spinelles synthétiques.



BAGUE SPINELLE SYNTHETIQUE, PAR SUZANNE BELPERRON
Sertie d'un spinelle synthétique de couleur verte, (avec les reflets de l'Or, il parait jaune) monture en or jaune
Poinçon de Darde & Cie revendu par la maison d'encheres Christie's

Le recuit que subit le spinelle synthetique pour réduire les tensions internes supprime les zones courbes d'accroissement et déforme les bulles de gaz "piégées " qui prennent des formes anguleuse




Les doublets saphir vert - saphir synthétique, récents, se vendent fréquemment, en Thaïlande notamment. Les triplets Les triplets, ou doublets sensu lato, sont constitués de deux lames cristallines incolores, réunies au niveau du rondis par une mince couche d'émail coloré qui donne sa couleur à la production ; ce sont notamment les doublets quartz-émail vert-quartz, les doublets spinelle synthétique-émail coloré-spinelle synthétique (de toutes couleurs, qui peuvent imiter toutes les gemmes : émeraude, topaze, améthyste,etc, etc (d'après Jean Paul Poirot l'un de mes professeurs de gemmologie avec Melle Level)

Depuis 1994 du spinelle synthétique de couleur rouge ou de couleur bleue est fabriqué en Russie par voie andryde et hydrothermale, son aspect est assez convaincant.


Fiche Technique

Nature et composition Famille : oxydes

Formule chimique : MgAl₂O₄ (spinel magnésien)

substitutions possibles : Fe, Zn, Cr, Co… responsables des couleurs

 Système cristallin

  • Cristallisation : cubique (isométrique)

  • Habitus : octaèdres, macles fréquentes (macle en “triangle” typique)

 Dureté

  • Échelle de Mohs : 8

    • Plus dur que le quartz (7)

    • Moins dur que le corindon (9)

 Densité (poids spécifique)

  • ≈ 3,58 – 3,62

    • Peut varier selon la composition (Fe, Zn, etc.)

 Propriétés optiques

  • Indice de réfraction (IR) : 1,718 – 1,738
    (souvent autour de 1,72)

  • Biréfringence : nulle (pierre isotrope)

  • Pléochroïsme : absent

  • Signe optique : isotrope (extinction constante sous polariscope)

 Éclat et transparence

  • Éclat : vitreux à légèrement adamantin

  • Transparence : transparent à translucide

 Couleurs

Très large palette :

  • Rouge (spinelle “rubis-like”)

  • Rose, violet

  • Bleu (souvent cobaltifère)

  • Orange, gris, noir

  • Incolore (rare)

 Comportement à la chaleur et traitements

  • Très stable

  • Peu sensible à la chaleur

  • Traitements rares (contrairement au corindon)

  • Nombreux spinelles synthétiques depuis le XIXe siècle (flamme, puis Verneuil)

 Inclusions typiques (naturel)

  • Cristaux octaédriques

  • Soies fines (rare)

  • Plans de macles

  • Empreintes de cristaux dissous

lundi 15 juillet 2024

Alfred Bernard MEYER : l'émail au service de la joaillerie, mais aussi de la peinture impressioniste

 De tous temps, les émailleurs on été associés aux Joailliers


Alfred-Bernard Meyer est né à Paris le 22 juillet 1832 dans le 8 eme arrondissement

Bernard alfred Meyer s'appelait Bernard Alfred BAUM (du nom de sa mère) à sa naissance, il est né en 1832 et ses parents n'étaient pas mariés, ils se marièrent le 6-6-1833 et les deux reconnurent Bernard Alfred comme leur enfant.
Son grand père était né en 1764 à Furth en Allemagne, il était Marchand.
Son père Bernard Meyer était né le 13 juin 1798 à Mulhouse, dans le Haut Rhin en Alsace,  et décédé avant 12 septembre 1853 Son père était dessinateur sur étoffe dans le Sentier. Alfred était destiné à la carrière de mécanicien. Mais ce métier convenait mal à sa faible santé. A 17 ans, à la mort de son père il se débrouille pour suivre des cours de dessins. Il est remarqué par le peintre Laemelin qui le conseille et est soutenu financièrement par l’ancien député Léopold Javal. Il se marie à 20 ans et pour faire vivre sa famille touche à tous les métiers et surtout à la décoration. Sur les recommandations de son maître le peintre Picot, il entre à la manufacture de Sèvres en 1858 où il devient céramiste. Il est vite séduit par les mystères du feu.


Le critique Littéraire Gustave Planche avait mené une campagne calomnieuse contre Froment Meurice qui n'était plus là pour se défendre, mais ......
Voici cette protestation, datée du [5 novembre 1855 : « Nous, soussignés, statuaires, sculpteurs, dessinateurs, ciseleurs, émailleurs, contre-maîtres et ouvriers, tous collaborateurs de M. Froment-Meurice, nous regardons comme un devoir et nous nous faisons une joie d'attester que, non seulement M. Froment-Meurice n'a, en. aucun temps, négligé de nommer ceux qu'il associait à son œuvre, mais qu'il s'est toujours et partout attaché à marquer la part et à faire ressortir le mérite de chacun de nous dans le grand ensemble de travaux qu'il dirigeait.
Ont signé : MM. Auguste Préault, statuaire; Geoffroy Dechaumes; Fossin, dessinateur-sculpteur; Wiese; Jules Cavelier, statuaire; Mme veuve Feuchères (pour feu Jean Feuchères, statuaire) ; MM. A. Fannière, sculpteur; J. Fannière, ciseleur; P. Rouillard, sculpteur; Jacquemart; Liénard, dessinateur-sculpteur; Soitoux, sculpteur ; Mulleret," ciseleur; Rambert, dessinateur-graveur; Riester, dessinateur et graveur d'ornement; Sollier, émailleur; Lefournier, émailleur; Honoré; Grisée, émailleur; Babeur; Colter; Meyer; Daubergue, ciseleur; Poux, ciseleur; Crosville, orfèvre; Frémonteil, orfèvre; Justin.


Quelle formation reçut Alfred Meyer , nous savons peu de choses, bien que le grand Falize ecrivait:

Alfred Meyer, fut admis à la manufacture de Sèvres en 1859,(il avait donc 27 ans) sur la recommandation de M.Picot et de M. Lefuel. 11 entra dans le service de M. Nicole, alors chef des travaux d'art. Meyer avait fait un peu de tout, il était rompu aux nécessités du travail, il connaissait, sinon l'émail, du moins la peinture sur porcelaine. C'est lui qui peignait ces scènes de chevalerie faites pour le commerce du bronze, qu'on a vues longtemps au Palais-Royal chez Leroy et qui sont restées comme des types démodés; il avait aussi fait chez Gillet et Brianchon des peintures sur lave émaillée pour Frascati. Enfin, dans divers ateliers, il avait collaboré à des peintures décoratives. C'était le fils d'un dessinateur et, détail assez curieux, c'est à M. Guichard, le fondateur de l'Union centrale et son premier président, que le père d'Alfred Meyer avait cédé son fonds et sa clientèle quand, en 1835, il partit pour Mulhouse, où l'appelait M. Kœchlin.

Alfred Meyer a participé à l'Exposition Universelle. en 1855 et 1867


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Un exemple de son travail en 1858 réalisé pour la Manufacture de Sèvres il était entré comme auxiliaire à la manufacture en 1858, Il s'en éloigne en 1862 pour enseigner l'émail à Claudius Popelin dit aussi Claudius Popelin-Ducarre1, né le 2 novembre 1825 à Paris, où il est mort le 17 mai 1892, c'était un peintre, émailleur, poète et traducteur français.
Alfred Meyer va travailler comme décorateur de 1863 à 1871.

Au fond de ce décorateur, un chimiste et un alchimiste sommeillent. Attiré par les œuvres des maitres anciens il cherche à retrouver les vieux procédés de fabrication des émaux. Le savant M. Riocreux, fondateur du musée de Sèvres l’encourage dans ses travaux. Il se passionne pour la couleur, ses travaux intéressent et suscitent la curiosité. Il perfectionne sa technique personnelle en imitant les émaux peints de Limoges.

Alfred Meyer fut donc engagé à Sèvres, mais il n'y fit guère que des travaux de décoration sur porcelaine. M. Regnault était au courant des essais d'émail sur cuivre que Meyer avait tentés chez ses amis M. et M Apoil. Ces essais consistaient dans l'emploi de paillons et d'émaux translucides, mais cela ne convint pas à la direction et les applications qu'on avait projeté de faire à l'atelier furént différées. Meyer ne put donc continuer ses travaux qu'en dehors de la manufacture, mais M. Riocreux l'encouragea. Salvétat lui fournit la série complète des émaux qu'il avait trouvés et lui communiqua ses formules. Il se procura chez Nocus les émaux qu'employaient les émailleurs du commerce et, en les mélangeant, composa des tons nouveaux.



Travail de décoration pour la manufecture de Sèvres en 1958
Ainsi donc, pendant qu'à la manufacture on s'acharnait à ne vouloir faire que de grands émaux décoratifs sur tôle, Mr Apoil et Alfred Meyer continuaient à exécuter, non pas seulement pour Pierrat l'antiquaire, mais pour Gueyton, pour Dotin l'émailleur, pour les bijoutiers et même pour un orfèvre de Londres, des émaux dont peu à peu la qualité devenait meilleure. Cela provenait de ce que, pour satisfaire aux exigences des truqueurs, on étudiait attentivement la façon des émaux anciens. C'est ainsi que Meyer acquit une certaine habileté et qu'obligé de satisfaire à tous les besoins du métier il apprit à préparer lui-même ses plaques, à composer ses émaux, à conduire son feu, à se passer de tout concours étranger; ce fut à cela surtout et à quelques raisons accessoires qu'il dut d'être choisi, quand on vint demander à Sèvres un artiste capable d'enseigner à peindre sur émail.
Et Alfred Meyer fut en somme détaché auprès de Popelin ainsi que l ecrit Falize
Celui qui cherchait n'était pas un débutant, mais un peintre exercé c'était Popelin il était élève de Picot et d'Ary Scheffer. Ce dernier avait été pour lui plus et mieux qu'un maître, il avait été l'ami, le conseil, et l'avait gardé jusqu'à la fin dans son intimité la plus étroite.
Il n'est pas douteux que c'est de leurs causeries que naquit leur curiosité pour ces émaux. Ils avaient été à Sevrés voir ensemble les essais d'émaux à la façon limousine et ils en comparaient les résultats aux vieux modèles du Louvre et de Cluny. Ne pouvait-on pas faire mieux? Il serait intéressant d'essayer soi-même, encore fallait-il savoir broyer les émaux, les poser, les cuire. C'est en 1862 que Claudius Popelin s'en fut trouver Regnault, qui était alors directeur de la manufacture. Regnault l'adressa à Riocreux, l'éminent conservateur des collections céramiques, et à Robert, le chef de l'atelier des peintres, qui tombèrent d'accord pour désigner Alfred Meyer comme le plus à même de remplir les conditions stipulées par Popelin.
Un congé régulier fut donné au peintre décorateur pour motiver son absence. Cl. Popelin se substitua provisoirement à l'administration en convenant du prix dont il paierait les leçons de Meyer. Ce fut un traité en bonne forme par lequel Alfred Meyer s'engageait à apprendre à Popelin les procédés d'émaillerie à la façon de Limoges et à lui donner tout son concours dans les travaux qu'il allait entreprendre.

La rupture éclata à la première exposition de l’Union Centrale lorsqu’un ami de Popelin réclama pour ce dernier l’honneur d’avoir retrouvé les secrets des anciens émailleurs. Les amis de Meyer protestèrent ainsi que d’autres membres du jury. La fin de la collaboration fut scellée.


1865

Belle broche en or 750 et argent 800 millièmes, composée d’un médaillon ovale orné d’une miniature peinte sur émail de style renaissance décorée d’une femme alanguie à l’antique dans un entourage de roses diamantées. La miniature signée A. Meyer ainsi qu’au dos, lui-même émaillé. Vers 1890. Poids brut : 9.60 g. Dim : 3.6 x 2.3 cm.
Ce bijou nous rappelle tout particulièrement le travail de la maison Boucheron. revendue par Thierry de Maigret.

Dans ses premières années, Alfred Meyer expose dans quelques expositions régionales, notamment à Toulouse (1862) et Lille (1866).
Meyer fait ses débuts au Salon en 1864. Il expose chaque année au Salon (et à son successeur la Société des Artistes Français) de 1864 à 1891. Il le fait presque chaque année sauf en 1873 +1879 +1887 +1889 +1890. (Remarque : Meyer n'était pas au catalogue du Salon-des-Refusés de 1873.) En 1866, il remporte une médaille pour la peinture sur email ( En 1868 / 69 / 70 / 74 / 75 / 82 / 83, il expose des « exemplaires »
https://www.impressionism.nl/meyer-alfred/.

Dans les années 1860 Falize avait fait appel à lui ainsi qu’à Popelin, Lepec et Grandhomme quand il remet à la mode les émaux limousins. Les émaux de Meyer ornent plusieurs pièces réalisées par Falize. A l’Exposition Universelle de 1867, Baugrand et Boucheron eux aussi présentent des bijoux décorés par Meyer.


Je n'ai pas trouvé de bijoux datant d'avant 1865, sauf peut-être cette montre Alfred Meyer : Pocketwatch, avec peinture sur émail, d'après Johanes Van Ceule (1690ca),


Belle boite émaillée Joseph-François Chauvin, Paris, vers 1865 , ronde, à décor de putti, d'après Alfred Meyer, et rinceaux sur fond translucide gris ou rouge vif, guillochée de rayons concentriques et grains, poinçon de maître, poinçon de contrôle français (tête de sanglier), 6cm., 2 3/8 in. (Sotheby's)


1866
Alfred Meyer Peinture émaillée aux grotesques et aux feuillages, dorée (1866), émail sur porcelaine (Sèvres), Victoria and Albert Museum, Londres.








1867
Vu dans les livres de commandes de la maison Boucheron : Le 27 juillet 1867 Boucheron reçoit une commande de bijoux par Ismael Pacha. Meyer fera un objet pour ce client.

1867
Dans la collection de Boucheron, on lui doit le très beau pendant d’oreille ornés d’un décor d’émail représentant une femme et son enfant en émail de Limoges référence 300 de 1866, ainsi que le médaillon n° 287 de 1873, le pendentif « Diane chasseresse » n° 290 de 1877 et l’entourage de boîte en émaux cloisonnés translucides sur argent n° 417 de 1880, hélas inachevé. Egalement des essais de travail sur émaux réalisés vers 1870.



Or, rubis, émeraude, perle naturelle, émail, pendentif-collier revendu par Sotheby's
Médaillon circulaire renfermant une miniature en émail de Limoges de Marie de Médicis en robe Renaissance et bonnet de veuve, le cadre en corde torsadée émaillée noire avec huit rubis à taille carrée, entouré d'une frise ajourée de palmettes émaillées en blanc et sertie de huit émeraudes à taille carrée, surmontée en or d'un « H » et suspendant un pendentif en perle naturelle mesurant environ 9,80 sur 7,60 mm, le revers du médaillon avec porte à charnière en verre transparent, avec une chaîne composée de tiges émaillées blanches alternant avec de petites perles et un fermoir serti de diamants taille rose, pendentif détachable, longueur 17 5/8 pouces, collier non signé, miniature avec les initiales dorées de l'artiste « AM », poinçon d'essai français. Avec un écrin moderne ajusté, avec deux tiges supplémentaires.

Alfred Meyer resta 12 ans à la manufacture de Sèvres. Il est révoqué en 1871 pour avoir participé aux actions de la commune avec son ami Courbet dans le cadre de la fédération des artistes de la commune.
Paradoxalement A Meyer mettra tout en œuvre pour sauver les œuvres du Musée de Sèves à l’approche des allemands dans Paris en mai 1871. C’est lui qui dirige les opérations de transfert des collections dans des lieux sûrs.


                                                                    1871-72


Bracelet « rigide » en or et argent, orné d’une miniature en émail polychrome, dans un entourage de diamants taillés en rose. Maître émailleur: ALFRED MEYER.
Poids: 22,4g. Vers 1870 Second Empire.

Il était un membre actif de la société des impressionnistes et, après sa dissolution (après la première exposition impressionniste de 1874), il s'associa à Pissarro et à d'autres pour créer un groupe alternatif, "l'Union", en août 1875, qui était structuré comme un syndicat plutôt que comme une société.

Dans la revue le LE JOAILLIER en 1874:
L'éclat et la dureté sont les conditions les plus recherchées des pierres précieuses et leur donnent la valeur.
Dans les émaux, si l'éclat peut être obtenu, il n'en est pas de même de la dureté.
L'émail n'a donc sa raison d'être, dans un bijou, que lorsqu'il représente une valeur artistique.
Un bijou composé de pierres fines et d'émaux est, pour nous, complet; il représente la combinaison variée des richesses de la matière unie à une valeur artistique sans laquelle il ne peut mériter ce nom.
Les bijoux qu'expose M. Boucheron sont bien exécutés, les modèles nouveaux sont purs de ligne et jolis de forme, garnis de brillants, ils sont d'une grande richesse.
Un encadrement semblable eût été nuisible à toute peinture, mais s'harmonise à merveille avec les émaux genre limousin, parce que l'émail, traité de la sorte, a beaucoup d'analogie d'aspect avec la pierre fine.
Les peintures sur émail sont d'une grande difficulté, parce qu'il faut joindre au talent de l'artiste des connaissances chimiques et physiques indispensables pour mener à bonne fin le travail. Le feu, dans de certaines conditions, peut altérer les objets. Les peintures que nous avons signalées dans la vitrine de M. Boucheron, et dont nous avons aussi rencontré des spécimens dans celle de M. Froment-Meurice, sont, nous dit-on, de M. Alfred Meyer. Nous disons peinture, mais nous croyons que ces oeuvres sont un mélange de sculpture et de peinture. Il y a des effets, dans ces objets, qui tiennent plutôt du bas-relief que de la peinture proprement dite.



1875



Photo adressées par la maiison Gorky à Paris


Aimablement réalisée par la maison Gorky à Paris

1875 Travail français de la seconde moitié du XIXe siècle, Emailleur Alfred MEYER Parure en or rose 750 millièmes et argent 800 millièmes, comprenant une Broche-Pendentif et une paire de boucles d'oreilles ornées de médaillons émaillés en grisaille et or sur fond cuivre de jeunes femmes drapées, l'entourage rehaussé de diamants taillés en rose et de perles fines bouton. Le médaillon de la broche est monogrammé "AM" et signé au revers "A. MEYER" AU REVERS. Les revers des médaillons du pendentif sont monogrammés "AM". Broche-Pendentif, à système amovible. Dimensions avec fermoir : 6x3,3cm. Poids brut : 18,7 g. Paire de boucles d'oreilles col de cygne pour oreilles percées. Dimensions : 3,4x1,8cm. Poids brut : 8g. P. Poids brut total : 26,7 g. Présenté dans un écrin en maroquin bleu marine signé "FROMENT MEURICE 372 rue St Honoré Paris", gravé "CB". Peintre et émailleur français, Alfred MEYER (1832-1904) fut primé pour ses nombreuses participations aux Expositions Universelles et Internationales de la seconde moitié du XIXe siècle. Après s'être fait connaître dans les domaines des arts décoratifs et de la peinture, il fut sollicité par de grandes maisons de joaillerie innovantes - telles que Baugrand, Boucheron, Falize, Froment-Meurice, Sandoz ou Vever - pour intégrer ses émaux dans leurs créations de bijoux. Inspirées de la Renaissance et de l'art du camée, ses créations en grisaille sont particulièrement remarquables. Reconnu comme un expert dans l'art de l'émail, il fut également professeur à l'Ecole Bernard Palissy, et publia en 1895 L'Art de l'émail de Limoges ancien et moderne. Bibliographie :  revente  Gros & Deletrez



En tant que secrétaire de l'Union, il intrigua notamment contre Monet.
Il joua un rôle clé dans l'organisation de la première exposition du groupe, qui s'ouvrit le 15 février 1877 au Grand Hôtel près de l'Opéra de Paris. Cependant, la plupart des peintres impressionnistes qui avaient rejoint le groupe s'étaient retirés avant et n'avaient pas exposé. L'exposition n'attira pas beaucoup d'attention et son engagement envers l'impressionnisme semble s'être estompé.


1978


ALFRED MEYER PEINTRE-ÉMAILLEUR - ANNÉES 1880
IMPORTANTE PARURE ÉMAUX À LA FAÇON DE LIMOGES "GRANDS PERSONNAGES DE LA RENAISSANCE"
La broche ornée d'un portrait de Marguerite d'Autriche et d'Allemagne inférieure "Margareta de Austria d.p. et Germania Inferioris Gvb "
Les boucles d'oreilles ornées d'un portrait de Diane et d'une princesse dans le style Renaissance.
Le collier est orné sur une très fine chaîne colonne en suivant depuis le fermoir :
d'un portrait de princesse dans le style Renaissance,
d'un portrait de Lucas Sytzinger "Aetatis suae LXXII 1554 - Lucas Sytzinger",
d'un portrait de "Walbourg de Nuenar contesse de Horne", au centre d'un portrait de l'Empereur du Saint-Empire romain germanique Charles Quint " Carolus V Imp. Aug 1518.
Un portrait de Maximilien futur Maximilien Ier d'autriche "Austr. Burgund. Maximilianus-Fr-c-Aes-T-DVX".
Un portrait de "Hans Holbein".
Un portrait d'Athéna casquée.
Le fermoir est orné d'un plus petit portrait de dame en costume Renaissance.
L'ensemble est intercalé de motifs triangulaires à très fines volutes d'or jaune portant une émeraude carrée et des perles fines en pampille. Ce motif est répété sur l'ensemble de la parure.
Dimensions de la broche : 7,3 x 3,9 cm.
Dimensions des boucles : 6,2 x 2 cm. (système à vis).
Dimensions du collier : 37,5 x 3,5 cm.
Toutes les miniatures sans exception sont signées Alf. MEYER.
Poids brut total : 125,81 gr.
Dans un écrin bombé à la forme marqué à l'intérieur du couvercle de MARTZ Succsr de LIOR, 2 rue de la Paix Paris. et Maison LEROY & Fils To the Queen 211, Regent street LONDON. (couvercle détaché). À l'intérieur un très petit bristol marqué "Mrs A Mr Lewis, Moray Lodge, Kensington".

Provenance :
Kate Lewis connue comme actrice sous le nom de Kate Terry avant 1867, date de son mariage avec le fondateur du United Arts Club puis par descendance.
Acquis par les collectionneurs, Sotheby's Londres, Juin 1999.


Dans un écrin bombé à la forme marqué à l'intérieur du couvercle de MARTZ Succsr de LIOR, 2 rue de la Paix Paris. et Maison LEROY & Fils To the Queen 211, Regent street LONDON. (couvercle détaché). À l'intérieur un très petit bristol marqué "Mrs A Mr Lewis, Moray Lodge, Kensington".



1880.
Dans le gout de l émail de Meyer:
UN BRACELET EN OR ET ÉMAIL, FRANÇAIS, VERS 1880 Conçu comme une série de sept profils circulaires en émail peints en grisaille avec des rehauts d'émail polychrome, représentant des bustes de personnages classiques ou des XVIe et XVIIe siècles, dont des bustes d'Artémis et d'Hermès, chacun dans un cadre de guirlande sinueuse, rehaussé de rubis taillés en rose, trois rubis manquant, poinçon de maître EM, poinçons de dosage français, quelques émaux signés MP et M. Puisoye, longueur 17,1cm Notes de bas de page Les profils de ce bracelet sont l'œuvre de la peintre miniature et émailleuse Marie Puisoye (1855-1942) qui fut l'élève de l'émailleur Claudius Popelin. Le joaillier français Lucien Falize est connu pour avoir travaillé avec de nombreux émailleurs indépendants qui approvisionnaient la joaillerie française et évoluaient dans les mêmes cercles. L'un de ces collaborateurs était Popelin. Il a appris son métier auprès d'Alfred Meyer


1880
BROCHE-PENDENTIF...
Broche-pendentif en or 18K (750‰), orné d’une miniature émaillée en grisaille représentant Fortuna rehaussée d’or, le fond pourpre, l’entourage orné de petites perles boutons. Travail du dernier quart du XIXe siècle. Dimensions : 3,8 x 2,5 cm environ. Poids brut : 9,8 g Le thème ainsi que le traitement (dessin, qualité du modelé et finesse du détail) sont à rapprocher des oeuvres émaillées d’Alfred Meyer (1832-1904) et notamment d’une plaque portée sur une vinaigrette (Katherine Purcell, « Falize, A dynasty of jewelers, Londres 1999, p. 175, fig. 253).





Travail français de la seconde moitié du XIXe siècle, Emailleur Alfred MEYER Parure en or rose 750 millièmes et argent 800 millièmes, comprenant une Broche-Pendentif et une paire de boucles d'oreilles ornées de médaillons émaillés en grisaille et or sur fond cuivre de jeunes femmes drapées, l'entourage rehaussé de diamants taillés en rose et de perles fines bouton. Le médaillon de la broche est monogrammé "AM" et signé au revers "A. MEYER" AU REVERS. Les revers des médaillons du pendentif sont monogrammés "AM". Broche-Pendentif, à système amovible. Dimensions avec fermoir : 6x3,3cm. Poids brut : 18,7 g. Paire de boucles d'oreilles col de cygne pour oreilles percées. Dimensions : 3,4x1,8cm. Poids brut : 8g. P. Poids brut total : 26,7 g. Présenté dans un écrin en maroquin bleu marine signé "FROMENT MEURICE 372 rue St Honoré Paris", gravé "CB".

Mr Tonnelot avait écrit que : « Ancien élève de Picot, aidé par le chimiste Salvetat, financé par Frédéric Boucheron, Meyer a réussi à retrouver l’art des émaux limousins, perdus depuis que Léonard de Vinci les avaient créés en 1516 pour François 1er. »


1882
Également connu sous le nom d'Alfred-Bernard Meyer (français, 1832-1904), émail de Limoges de la fin du XIXe siècle sur cuivre d'après une illustration du XVe siècle de Léonard de Vinci intitulée « Profil d'un guerrier au casque », signée par Meyer , dans un cadre recouvert de velours Dimensions hors tout : 11-1/4"hx 8-1/2"w Vue : 8-1/8"hx 5-/8"w
Provenance : Par descendance, familles Bishop, Peabody, Metcalf Artiste ou créateur Alfred B. Meyer


1885 Broche émail vendue par Fabian de Montjoye Paris



1885
ALFRED MEYER Collier en or 18K (750), articulé de maillons en ferronnerie sertis de diamants taillés en roses, scandés de miniatures polychromes émaillées représentant des personnages de profil en costume Renaissance entourés de diamants taillés en roses. Chaque miniature signée A.Meyer. Collier non signé. Travail du dernier quart du XIXe siècle. Longueur: 40cm environ. Diamètre d’un motif: 2,8cm environ. Poids brut: 124,3g


Ce collier et ces pendants d oreilles sont en or, les émaux sont de Alfred Meyer, chaque personnage peint appartient à la famille de Foix, ces bijoux signés"L.Falize 1887"


1890 composé de six panneaux ovales en émail peint représentant de gracieuses figures féminines dans le goût classique, chacun bordé de diamants et reliés par des motifs jumeaux ajourés en or à quatre feuilles avec des centres en diamant.
Contenue dans son étui en cuir marron d'origine, le couvercle satiné imprimé :
'Fic BOUCHERON, Médaille d'or Paris 1867. Gd Diplôme Vienne 1873, Médaille Philadelphie 1876. Grand Prix Paris 1878, Joaillier, Palais Royal.'
Les émaux sont d'Alfred Meyer




Broche pendentif ronde en or jaune (750) ornée d'un émail polychrome, à sujet de Minerve de pro l, signée M. Fin du XIXème siècle . Diamètre: 3,4 cm. Poids brut : 12,35 g. Alfred Meyer (1832/1904), grand émailleur.


Le M.E.T. a acquis cette oeuvre: Titre : Allégorie de la République française.
Émailleur : Alfred-Bernard Meyer (Français, Paris 1832–1904 Paris) Date : 1892
Technique : Émail peint sur cuivre, partiellement doré, Dimensions : Diamètre : 7 15/16 po (20,2 cm)
Crédits : Achat, Friends of European Sculpture and Decorative Arts Gifts, 1993

En 1895, Meyer publie « L’Art de l’émail de Limoges ancien et moderne ». Toujours en vente sur les grands sites et les libraires


1896


Contact de Jacqueline Meyer sa petite-fille avec Claudine Sablier Paquet archiviste de la maison Boucheron,, en novembre 2009, qui me conseille de lire un article biographique de la Gazette des beaux Art en nov 1897, dec 1897 et 1890.


En 1897 alors que Meyer est âgé et dans le besoin, il est soutenu par Arthur Maillet le fondateur de la revue L’Art Décoratif Moderne qui s’indigne que le Musée des Beaux-Arts refuse à cet artiste l’achat d’une pièce d’émail qui le sauverait de la déchéance. Le même A Maillet a les mots très durs contre l’Union Centrale qui encense les créations d’émail de Popelin et ignore délibérément Meyer.
Arthur Maillet remarque encore qu’Alfred Meyer n’est pas décoré (de la légion d’honneur), alors qu’en 1884 plusieurs amis de Meyer dont F Boucheron étaient intervenus pour qu’il ait cette décoration. Ses travaux, son talent, son mérite en faisant un parfait candidat. Malheureusement ce fut un échec, les croix ayant toutes été attribuées. Enfin en 1898, nouvelle tentative de ses amis pour lui faire attribuer cette fameuse croix. Les signataires de la lettre de soutien sont entre autres F Boucheron, Lalique, Falize, et également Puvis de Chavanne ainsi que E Garnier conservateur du musée de Sèvres. A ce moment le principal obstacle pour obtenir l’avis favorable de la commission est l’âge de Meyer que l’on estime trop vieux, les croix étant plutôt attribuées à de jeunes artistes.


Alfred Meyer (Paris, 1832 - Paris, 1904), émailleur et Auguste-Ambroise Lignereux, dit Saint-André de Lignereux (Jouy-le-Châtel, 1861 - Paris, 1936), relieur « La Vérité sur l’art décoratif moderne », vers 1898-99 Coffret destiné à contenir la revue L’Art décoratif moderne (Paris, 1894-1898) Coffret en bois gainé de cuir, l’intérieur tapissé de velours vert, le couvercle orné d’une plaque d’émail polychrome sur cuivre L’émail dédicacé et signé en haut à droite : « A Arthur Maillet / son ami / A. Meyer. » Le coffret en cuir titré en haut et à droite : « L’ART DÉCORATIF MODERNE » ; et signé en bas...

                                           
                                                     
1900 Ce ne sont pas les émaux des orfèvres que nous avons à juger avec M. Alfred Meyer, mais les émaux de peintres. Jadis on les classait parmi les arts du feu et c'est avec les céramistes qu'ils exposaient. Mais les auteurs du classement de 1900 ont pensé que leur concours était souvent demandé par les orfèvres, que c'est l'orfèvre qui a fait le premier des émaux limousins ​​et que leur place est au Louvre, à côté des orfèvreries et des gemmes. .marquée tout simplement dans la classe de la peinture, lorsqu'il s'agit d'une manifestation personnelle et non d'une collaboration où l' accessoire convient au principal.


1904 Le peintre émailleur Alfred Meyer vient de mourir à. Paris, a l'age de soixante-douze ans. (c'est, par l`importance de ses recherches et de ses decouvertes, un homme de haute valeur qui disparait: il était parvenu a reconstituer la palette des anciens émailleurs de Limoges et a retrouver leurs procédés d'exécution, et L. Falize, dans l`ètude qu`il publia en 1893 dans la Gazette des Beaux Arts sur La Renaissance des émaux peints, lui avait rendu un hommage mérité.
C`est à la manufacture de Sèvres, de 1856 a 1860,qu`Alfred Meyer découvrit les secrets des couleurs vitrifiables jadis employées par Léonard Limousin et par Bernard Palissy. Alfred Meyer, en etudiant les créations de ces artistes, en rechercha les élements et arriva finalement a trouver tous les émaux à coloration translucide propres à recouvrir les poteries. En 1862 il forma son premier et meilleur élève, Claudius Popelin, dont les succès promirent, dès le début, tout ce que tint le disciple a son tour.
Les honneurs n`enrichirent pas Alfred Meyer; du moins, ses travaux reçurent-ils les distinctions morales qu”ils méritaient. Professeur a l`école municipale Bernard Palissy, il voulut laisser par écrit les théories de son enseignement et l`indication de leurs modes d`application pratique. L”Union centrale des Arts décoratifs lui en facilita les moyens; il put ainsi, en 1895, publier L'Art de l'Émail de Limoges ancien et moderne, Traite pratique et scientifique, d'un style très clair, enrichi de quinze illustrations. C'est le manuel aujourd`hui, de tous les émailleurs français.


1904  son décès


En 1893 dans la Gazette des Beaux Arts


On m'a signalé comme faite en ce temps-là, à la manufacture, une coupe en émail de Limoges qu'avait signée Laemlin; je n'ai pas pu savoir si cette pièce avait été seulement dessinée par cet artiste ou s'il l'avait peinte et émaillée lui-même; j'en doute, quoiqu'on me l'ait affirmé, mais j'ai su qu'elle avait été longtemps conservée à Sèvres.

Un des élèves de Laemlin qui était intimement lié avec la famille Apoil et qui avait aussi travaillé dans l'atelier de Picot, Alfred Meyer, fut admis à la manufacture de Sèvres en 1859, sur la recommandation de M.'Picot et de M. Lefuel. 11 entra dans le service de M. Nicole, alors chef des travaux d'art.

Meyer avait fait un peu de tout, il était rompu aux nécessités du travail, il connaissait, sinon l'émail, du moins la peinture sur porcelaine. C'est lui qui peignait ces scènes de chevalerie faites pour le commerce du bronze, qu'on a vues longtemps au Palais-Royal chez Leroy et qui sont restées comme des types démodés; il avait aussi fait chez Gillet et Brianchon des peintures sur lave émaillée pour Frascati. Enfin, dans divers ateliers, il avait collaboré à des peintures décoratives. C'était le fils d'un dessinateur pour éton'es, et, détail assez curieux, c'est à M. Guichard, le fondateur de l'Union centrale et son premier président, que le père d'Alfred Meyer avait cédé son fonds et sa clientèle quand, en 1835, il partit pour Mulhouse, où l'appelait M. Kœchlin.

Alfred Meyer fut donc engagé à Sèvres, mais il n'y fit guère que des travaux de décoration sur porcelaine. M. Regnault était au courant des essais d'émail sur cuivre que Meyer avait tentés chez ses amis M. et M""= Apoil. Ces essais consistaient dans l'emploi de paillons et d'émaux translucides, mais cela ne convint pas à la direction et les applications qu'on avait projeté de faire à l'atelier furént différées. Meyer ne put donc continuer ses travaux qu'en dehors de la manufacture, mais M. Riocreux l'encouragea. Salvétat lui fournit la série complète des émaux qu'il avait trouvés et lui communiqua ses formules. Il se procura chez Nocus les émaux qu'employaient les émailleurs du commerce et, en les mélangeant, composa des tons nouveaux.Ainsi donc, pendant qu'à la manufacture on s'acharnait à ne vouloir faire que de grands émaux décoratifs sur tôle, M* Apoil et Alfred Meyer continuaient à exécuter, non pas seulement pour Pierrat l'antiquaire, mais pour Gueyton, pour Dotin l'émailleur, pour les bijoutiers et même pour un orfèvre de Londres, des émaux dont peu à peu la qualité devenait meilleure. Cela provenait de ce que, pour satisfaire aux exigences des truqueurs, on étudiait attentivement la façon des émaux anciens. 
C'est ainsi que Meyer acquit une certaine habileté et qu'obligé de satisfaire à tous les besoins du métier il apprit à préparer lui-même ses plaques, à composer ses émaux, à conduire son feu, à se passer de tout concours étranger; ce fut à cela surtout et à quelques raisons accessoires qu'il dut d'être choisi, quand on vint demander à Sèvres un artiste capable d'enseigner à peindre sur émail.

Celui qui cherchait n'était pas un débutant, mais un peintre exercé c'était Popelin il était élève de Picot et d'Ary Scheffer. Ce dernier avait été pour lui plus et mieux qu'un maître, il avait été IX. l'ami, le conseil, et l'avait gardé jusqu'à la fin dans son intimité la plus étroite.

Il n'est pas douteux que c'est de leurs causeries que naquit leur curiosité pour ces émaux. Ils avaient été à Sevrés voir ensemble les essais d'émaux à la façon limousine et ils en comparaient les résultats aux vieux modèles du Louvre et de Cluny. Ne pouvait-on pas faire mieux? Il serait intéressant d'essayer soi-même, encore fallait-il savoir broyer les émaux, les poser, les cuire. C'est en 1862 que Claudius Popelin s'en fut trouver Regnault, qui était alors directeur de la manufacture. Regnault l'adressa à Riocreux, l'éminent conservateur des collections céramiques, et à Robert, le chef de l'atelier des peintres, qui tombèrent d'accord pour désigner Alfred Meyer comme le plus à même de remplir les conditions stipulées par Popelin.

Un congé régulier fut donné au peintre décorateur pour motiver son absence. Cl. Popelin se substitua provisoirement à l'administration en convenant du prix dont il paierait les leçons de Meyer. Ce fut un traité en bonne forme par lequel Alfred Meyer s'engageait à apprendre à Popelin les procédés d'émaillerie à la façon de Limoges et à lui donner tout son concours dans les travaux qu'il allait entreprendre.

Et, dès l'été de 1863, un four d'émailleur est installé à Yerres, près deVilleneuve-Saint-Georges. dans l'habitation de M. Anquetil, le beau-père de Popelin. On est bien près de Paris, mais on n'y songe guère; la passion de l'émail possède l'artiste, il compose ses dessins, il broie ses couleurs, il charge ses plaques lui-même, les porte au feu; il ne se rebute à aucun des travaux d'atelier, il apprend à planer son cuivre aussi bien qu'à limer et à dresser l'émail, et en même temps il cherche, il compile de vieux ouvrages, il s'éprend de cet art nouveau au point d'en rechercher l'histoire; rien ne l'enchante plus que de sortir de la moufle une plaque où les rouges ont des tons de rubis et les verts des douceurs d'émeraude qui s'allient aux blancheurs modelées des chairs.

C'est ici qu'il faut expliquer comment et pourquoi Claudius Popelin était mieux préparé qu'aucun autre pour rendre à cet art du feu le style perdu, comment il était doué, quelle éducation il avait reçu, où il avait puisé la science qui manquait à ses émules. Popelin apporte une doctrine nouvelle et, dernier venu dans un art si absolu et si précis, il y détermine une évolution complète, il imprime sa personnalité à tout ce qu'il essaie et se fait, sinon le rénovateur de l'émail, du moins son historien, son ouvrier, son peintre. On peut lui préférer un autre artiste, mais personne ne contestera qu'il a jeté sur l'émaillerie un grand lustre, qu'il l'a fait aimer et qu'à ceux qui l'ont continuée après lui, il a rendu plus aimable et plus facile la pratique d'un art longtemps méconnu.

Généreux et bon, il a libéralement appris à tous les secrets du métier, à mesure qu'il les découvrait. Les leçons qu'il avait reçues, il les donnait publiquement. II ne se contentait pas d'écrire, il fit une conférence qui eut un succès éclatant et dans laquelle avec une grande sûreté de main il dessina et exécuta un émail devant ses auditeurs.

S'il ne fut pas à proprement parler l'inventeur ou le rénovateur de l'émail, il en fut le vulgarisateur ardent, convaincu, et nul n'a fait, dans les arts, dans les lettres et même auprès des gens du monde, une propagande plus utile. Si chaque atelier trouvait pour le servir un Claudius Popelin, les progrès du goût seraient prompts et nos arts en bénéficieraient A ce titre il convient d'étudier l'homme et son œuvre.

L. FALIZE.

Si vous avez des compléments? des images ? vous pouvez me les adresser à richard.jeanjacques@gmail.com

Mes remerciements à Madame  Claudine Sablier Paquet

Albert Chambin Joaillier indépendant de talent,, mais aussi éditeur du sculpteur Max Blondat

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