Affichage des articles triés par date pour la requête Cadet. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête Cadet. Trier par pertinence Afficher tous les articles

vendredi 20 mars 2026

INDEX DES JOAILLIERS CONTENUS DANS CE BLOG

Index des joailliers et bijoutiers parisiens (XIXe–XXe siècle)

Index en cours d’enrichissement.

Ce blog est consacré à l’histoire des joailliers, bijoutiers et fabricants parisiens du XIXe et du début du XXe siècle.
Cliquez sur un nom pour accéder à l’article correspondant.

Cet index inclut également certains fabricants étudiés dans le blog "Courrier des lecteurs".

A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z


A

Anne Laurie Aitken
Andrey, Georges et Jacques
Aguttes, Georgette
Albert, Gilbert
Allard, Virginie
Argy-Rousseau
Arnould, Aimé

Arpels, Esther
Arpels, Louis
Aubert, Ange-Joseph
Arfvidson
Aucoc
Auger, Georges et Émile
Augis

➡ Augis


Authouart, Daniel


🔹 B 

Bablet, Paul
Barbary
Basset & Moreau
Baugrand, Gustave
Belperron, Suzanne
Beaudouin
Becker, Edmond
Bellin
Besnier
Bissinger & Levinger
Boehmer & Bassange
Bonte & Georges Pierre
Boucheron
Blondat, Max
Bonaz, Auguste
Boulon & Taragnat
Bourdier, Théodule
Boyvin, René
Bourguignon
Bouvet, René
Brandt, Paul-Émile
Bricteux
Bruck, Madeleine
Bry, René
Bruley, Michel

C

Cadet-Picard

Cardeilhac
Cartier
Casaulta
Cassandre
➡ Cellini
Chaumet
Chambin, Albert
Charbonnier, Jean
Clerc
Chanel
Cocteau, Jean
Christie's


🔹 D 

Dali
Debacq
Debeche, Gérard
Debut & Coulon
➡ De Lehendrick, Louis
De Martilly
De Perçin
Déraisme, Georges
Deribaucourt, Georges 
Descomps (Cormier dit Descomps)
➡ Després, Jean
➡ Duke, Doris
➡ Drais, Pierre François
➡ Dreicer
➡ Du Barry
➡ Dubret, Henry
➡ Dufrène, Maurice
➡ Duhamel
➡ Du Cerceau
➡ Dumas, Alexandre
➡ Dunand, Jean
➡ Dusausoy, Justin
➡ Duvalet, Maurice
➡ Duvaux, Lazare


🔹 E 

➡ Edy (famille Pochiet)
➡ Entremont, Claude
➡ Eiffel
➡ Hermelin, Michel
➡ Ehret, Robert Léon 
➡ Eschwege
➡ Espezel

🔹 G (corrigé)

➡ Gaillard, Lucien
➡ Gaillard, Jean-Michel
➡ Walska, Ganna 
➡ Gautrait
➡ Geoffroy & Eisenmann
➡ Gérard
➡ Ghiberti
➡ Giono, Jean
➡ Germain, Pierre
➡ Gonon
➡ Gould, Florence
➡ Granchez
➡ Grasset, Eugène
➡ Grollier de Servières
➡ Gross & Langoulant
➡ Grouvelle
➡ Gueyton
➡ Guillot Frères


🔹 H 

➡ Hamelin, Paul
➡ Hartz
➡ Hirtz, Lucien
➡ Hardellet, André
➡ Hebert
➡ Helluin & Mattlinger
➡ Hirné, Henri
➡ Hermès
➡ Hoffmann, Joseph
➡ Hope
➡ Houdin (dit Houdini) 
➡ Hugo, François


🔹 I 

➡ Iribe, Paul


🔹 J 

➡ Janesich
➡ Jacquemin
➡ Jacta
➡ Janisset
➡ Jensen, Georg

🔹 K 

➡ Koh-i-Noor
➡ Kirby Beard
➡ Kramer, François


🔹 L 

➡ Labitte
➡ Labarte
➡ Labouriau
➡ Lacaze, René
➡ Lalique, René
➡ Lacloche Frères
➡ Lafitte
➡ Laguesse, Émile 
➡ Lambert Frères
➡ Lavabre, Henri
➡ Leane, Shaun 
➡ Lefebvre
➡ Lemoine
➡ Lemonnier, Alexandre Gabriel 
➡ Le Roy
➡ Lenfant
➡ Le Saché
➡ Lesieur, Henri
➡ Le Turcq
➡ Level
➡ Levy
➡ Liénard, Paul
➡ Ligari
➡ Linzeler
➡ Lindon, Vincent
➡ Lion, Auguste
➡ Louart, Adrien
➡ Lyon-Alemand


🔹 M 

➡ Malher
➡ Marchak
➡ Marret
➡ Marzo
➡ Massin, Oscar
➡ Mazarin
➡ Mauboussin
➡ Maurois, André
➡ Mécan
➡ Mellerio dits Meller
➡ Meyer, Alfred
➡ Mignot, Daniel
➡ Moissan, Henri
➡ Montarsy
➡ Morel
➡ Mouron (dit Cassandre)
➡ Mourousi


🔹 N 

➡ Niederman
➡ Nitot, Marie-Étienne
➡ Nocq, Henry


🔹 O 

➡ Orazzi, Manuel
➡ Ostertag, Arnold


🔹 P 

➡ Paillet
➡ Picq, Henri Hector
➡ Perón, Eva
➡ Peyroulx
➡ Philippe
➡ Piel & Nanteau
➡ Ploujavy, Auguste
➡ Porges, Jules
➡ Prouvost
➡ Puiforcat

🔹 Q 

➡ Quercia


🔹 R 

➡ Rambour
➡ Puissant Van Cleef, Renée Rachel 
➡ Reza, Alexandre
➡ Richard, Jean-Jacques
➡ Rivaud, Charles
➡ Robert, René
➡ Robin
➡ Roettier
➡ Rothmuller
➡ Rouvenat
➡ Rubel


🔹 S 

➡ Saint-Girons, Agathe
➡ Sandoz
➡ Sasportas
➡ Savard
➡ Seligman
➡ Sellier
➡ Silberstein
➡ Sophie d’Espagne (correction)
➡ Soufflot
➡ Sterlé
➡ Stetten
➡ Strass
➡ Strauss-Allard
➡ Suau de la Croix


🔹 T 

➡ Teterger
➡ Taylor, Elizabeth
➡ Tecla
➡ Thesmar, Fernand
➡ Tiffany
➡ Templier, Raymond
➡ Tourrette, Étienne
➡ Trotain, Jean-Paul


🔹 U 

➡ (en cours)


🔹 V 

➡ Vaguer
➡ Van Cleef
➡ Van Cleef, Alfred
➡ Van Cleef & Arpels
➡ Varangoz
➡ Vaubourzeix
➡ Vautrin, Line
➡ Vigan, Albert
➡ Verger
➡ Vever
➡ von Bülow 
➡ von Cranach


🔹 W 

➡ Woeriot
➡ Wolfers
➡ Worms


🔹 X 

➡ (en cours)


🔹 Y 

➡ Yard, Raymond


🔹 Z 

➡ Zorra, Louis 

dimanche 19 octobre 2025

Le HOPE , le diamant du Roi Soleil, porte-il malheur ? Selon la légende



L’histoire commence en Inde, au XVIIᵉ siècle, dans la légendaire mine de Golconde, près d’Hyderabad source des plus beaux diamants du monde.

En 1668, le marchand français Jean-Baptiste Tavernier acquiert en Inde une pierre extraordinaire : un diamant bleu en forme de cœur d’environ 112 carats, qu’il nomme le « Diamant bleu de Tavernier ». Il le rapporte en France avec d’autres gemmes précieuses, et la pierre attire rapidement l’attention de Louis XIV.


 Planche des vingt diamants que Tavernier vendit à Louis XIV en 1669

Le roi achète le diamant en 1669 pour 900 000 livres et le fait retailler par son joaillier Jean Pitau. La gemme devient alors le célèbre « Bleu de France », de 67,1 carats, montée sur un ruban que le monarque porte lors de grandes cérémonies. Elle possède une couleur bleu-saphir admirable.

La rumeur veut déjà qu’elle ait porté malheur à Tavernier : son commerce l’avait enrichi, mais peu après son retour, il perdit sa fortune. Âgé, il repartit en Perse en 1687 en voulant emprunter pour la première fois la route du nord, puis la Russie. On raconta, souvent à tort,qu’il fut dévoré par des bêtes sauvages. En réalité, il mourut en 1689, emporté par une fièvre près de Moscou, où il fut enterré dans un cimetière protestant. C’est de là que commence la légende du diamant qui porte malheur.


Louis XIV ne conserva pas toujours le joyau pour lui : il l’offrit un temps à Madame de Montespan. Peu après, celle-ci perdit les faveurs du roi. Le souverain fit ensuite remonter la pierre dans un chaton qu’il portait au-dessus de son jabot.


Sous Louis XV, en 1749, le diamant orne l’insigne de la Toison d’Or. Le roi le porte durant son règne, sans que l’on rapporte de véritables drames liés à sa possession. Sous Louis XVI et Marie-Antoinette, il demeure dans le Trésor de la Couronne.


La reine finit néanmoins par le faire détacher du Trésor, pour le porter elle-même. La princesse de Lamballe, grande amie de Marie-Antoinette, le lui emprunte parfois à son tour. Toutes deux périssent tragiquement pendant la Révolution. la Reine sur l’échafaud, la princesse massacrée par la foule.


On arracha tout, et robe, et chemise, et nue, elle fut étalée au coin d’une borne, à l’entrée de la rue Saint-Antoine.

Selon diverses sources, le diamant bleu est transporté d’abord à Rouen, puis jusqu’à Londres. Certains auteurs, notamment le joaillier anglais E. W. Streeter, avancent qu’il aurait été retaillé en trois pierres : un coussin de 44,5 carats (le futur Hope), une poire de 6,5 carats (dite « Brunswick Bleu II ») et une pierre plus petite, dite « Pirie », aujourd’hui disparue. Cette version reste toutefois discutée.

En 1792, l'assemblée décida de vendre les diamants de la couronne de France et les joyaux furent transportés au Garde-Meuble National rue Saint-Florentin
Mais dans la nuit du 16-au 17 septembre, des voleurs pénétrèrent avec des échelles de corde dans la salle du premier étage ou les joyaux étaient enfermés une fois les armoires fortes crochetées
le “Bleu de France” est volé.  
C'est un recéleur nommé Cadet Guillot qui l'emporte à Rouen, puis de Rouen en Angleterre, à Londres. Selon diverses sources, il est transporté d’abord à Rouen, puis jusqu’à Londres. 
Certains auteurs, particulièrement le joaillier anglais E. W. Streeter, avancent qu’il aurait été retaillé en trois pierres : un coussin de 44,5 carats (le futur Hope), une poire de 6,5 carats (dite " Brunswick Bleu II " et une pierre plus petite, dite « Pirie », aujourd’hui disparue. Cette version reste cependant discutée.

Le diamant réapparaît environ vingt ans plus tard, à Londres, sous une nouvelle forme de 45,52 carats. Il transite ensuite entre plusieurs intermédiaires. On le retrouve alors chez un diamantaire d’Amsterdam, qui l’achète pour le retailler. Ce négociant, nommé Fals a un fils, une crapule, qui vole à son père les plus belles pièces de sa collection et s'enfuit.
Son père Mr Fals meurt de chagrin; et le fils, traqué par la police, va se suicider.

 L’un des intermédiaires, Francis Beaulieu, tombe gravement malade avant d’être payé. Comment un certain Beaulieu se retrouva possesseur du diamant ?  
 En tout cas Beaulieu l'avait vendu à Eliason,    Lorsque Eliason alla payer la somme, Beaulieu était mort et l'argent ne changea jamais de mains. Eliason se suicida quelques mois plus tard,  mais avant cela, il vendit le diamant (vers 1830) à Thomas Hope de Deepdene , dans le Surrey, membre excentrique d'une importante famille de banquiers qui lui donne son nom, Thomas Hope meurt en 1831
 Il semblerait que les joailliers londoniens Eliason et Françillon aient servi de prête-nom pour dissimuler l'origine effective du diamant, et donc qu'il s'agissait d'un recel.


Henry Francis Hope Pelham-Clinton

Le fils aîné de Thomas Hope, Henry Thomas Hope (1807-1862), en hérite : la pierre est exposée à Londres en 1851 durant la Grande Exposition, puis à Paris, durant l'exposition de 1855. En 1861, sa fille adoptive Henrietta, seule héritière, se marie avec un certain Henry Pelham-Clinton (1834-1879) déjà père d'un garçon : mais Henrietta craint que son beau-fils ne dilapide la fortune familiale, aussi, elle forme un « trustee » et transmet la pierre à son propre petit-fils, Henry Francis Hope Pelham-Clinton (1866-1941). Il en hérite en 1887 sous la forme d'une assurance-vie ; il ne peut ainsi se séparer de la pierre qu'avec l'autorisation du tribunal et du board of trustee. Henry Francis vit au-dessus de ses moyens et cause en partie la banqueroute de sa famille en 1897. Sa femme, l'actrice May Yohé, subvient seule à leurs besoins. Le temps que le tribunal l'autorise à vendre la pierre afin de l'aider à régler ses dettes, en 1901, May est partie avec un autre homme pour les États-Unis. 
Henry Francis Hope Pelham-Clinton revend la pierre en 1902 au bijoutier londonien Adolphe Weil qui la revend au courtier américain Simon Frankel pour 250 000 dollars.

May Yoké

 (le divorce fut prononcé en 1902). Peut-être la maléfique légende date-t-elle de ce moment. May Yoke écrivit souvent à Mrs McLean d'avoir ruiné sa vie, et de lui demander de le jeter afin de faire cesser ces maléfices.



le Hope acquis en 1901 par Simon Franckel, joaillier de New York, pour 141 032 dollars, fut revendu en 1908 pour 400 000 dollars à M. Habib, collectionneur espagnol habitant à Paris,


Paquebot "La Seyne"


Mr Habib part pour un voyage en extrême orient sur le Streamer La SEYNE des messageries maritimes qui fit Naufrage le 14 novembre 1909 à 30 miles de Singapour par abordage avec le vapeur ONDA de la British India. On comptera 101 morts, dont le baron et la baronne Deniczki et le commandant Joseph Couailhac. Sur les 61 rescapés, de nombreux sont gravement blessés par les requins venus attaquer les naufragés et responsables du grand nombre de disparus


M. Habib, marchand et collectionneur turc, fut parmi les victimes et on crut que le diamant fatal avait disparu avec lui. Des recherches furent faites ; on retrouva le coffre-fort du navire, mais il ne contenait pas de pierres fines. La pierre fatale, en effet, était restée en France, lequel dut s'en dessaisir en 1909 près du négociant parisien Roseneau.


Ce négociant le céda presque immédiatement à Pierre Cartier, lequel le vendit en 1911 pour 900 000 francs-or à la riche héritière américaine Mrs Evelyn Walsh McLean qui le porta jusqu'à sa mort en 1947. Elle disait que ce diamant ne lui faisait pas ressentir de malédiction, mais préférait "que ses amis et ses enfants ne le touchent pas".


Pierre Cartier

Evelyn MacLean le porte souvent — même pour promener son chien !  Mais sa vie est marquée par de nombreux drames : la mort de son fils, puis de son mari.
 le fils des McLean se donne la mort dans un accident de voiture et la sœur décède des suites d’une overdose de drogue. Quant au couple, la femme, Evalyn, décède à l’âge de 60 ans d’une raison qu’on ignore encore tandis que son mari, Ned, termine ses jours dans un asile où il meurt en 1947.


Harry Winston

Il fut vendu pour payer ses dettes avec tous ses joyaux , pour un million de dollars en avril 1949 au joaillier américain Harry Winston, de New York, qui l'offrit en 1958 à la Smithsonian Institution de Washington, l’expédiant par la poste dans une simple enveloppe assurée.

Depuis lors, le Hope est exposé au Musée national d’histoire naturelle, où il attire des millions de visiteurs chaque année. Il est aujourd’hui estimé à plus de 200 millions de dollars.

 

Les scientifiques ont établi que sa couleur bleue provient de traces de bore dans sa structure cristalline. Exposé aux ultraviolets, il émet une phosphorescence rouge orangé, phénomène inhabituel qui contribue encore à son mystère.


Abdul Hamid II

D'autres faits ont été rapportés telle l'abdication forcée du sultan turc Abdul Hamid II qui aurait tué divers membres de sa cour pour la pierre  Même les bijoutiers qui auraient manipulé le diamant Hope n'ont pas été épargnés par sa malveillance présumée : la folie et le suicide de Jacques Colot, qui l'aurait acheté à Eliason, et la ruine financière du bijoutier Simon Frankel, qui l'aurait acheté à la famille Hope, étaient liés à la pierre. Mais bien qu'il soit documenté comme un diamantaire français de la bonne époque, Colot n'a aucun lien enregistré avec la pierre, et les malheurs de Frankel se sont produits au milieu de difficultés économiques qui ont également ruiné beaucoup de ses pairs.

La légende inclut  François Beaulieu, qui reçut la pierre d'Hendrik mais mourut de faim après l'avoir vendue à Eliason.


Un prince russe nommé Kanitowski, qui la prêta à l'actrice française Lorens Ladue et la tua aussitôt sur scène, et fut lui-même poignardé à mort par des révolutionnaires ; Simon Montharides, précipité dans un précipice avec sa famille. Cependant, l'existence de seulement quelques-uns de ces personnages a été vérifiée historiquement, ce qui conduit les chercheurs à conclure que la plupart de ces personnes sont fictive.



Aujourd’hui, le diamant bleu Hope est bien plus qu’un joyau : c’est un symbole.
Celui d’un monde où la beauté et la fatalité se confondent, où la lumière la plus pure naît souvent de la part la plus obscure du destin.
De l’Inde des maharajas aux vitrines du musée de Washington, il a connu les rois, les révolutions et les ruines, sans jamais perdre son éclat.
Le Hope fascine toujours parce qu’il raconte l’éternelle histoire du pouvoir et du mystère.
Celle d’un diamant qui, au-delà de toutes les superstitions, semble vouloir nous rappeler une seule vérité. :
rien n’éclaire davantage le monde que ce qui a traversé l’ombre.

En réalité, beaucoup de ces récits sont inventés par la presse et les bijoutiers (notamment Pierre Cartier, qui sut habilement entretenir la légende pour mieux le vendre !).
 
Caractéristiques
Poids actuel : 45,52 carats
Couleur : bleu gris profond (Fancy Deep Blue)
Pureté : VS1
Origine : Inde (mine de Kollur, Golconde)
Particularité : phosphorescence rouge orangé après exposition à la lumière ultraviolette — un phénomène rare qui contribue à son mystère.


samedi 22 mars 2025

MAHLER, l'orfèvre cuillériste ou CADET-PICARD le bijoutier électricien, et un bijou mystère.


 La maison "Aguttes" met en vente  le 26 mars 2025 ce bracelet or 750/1000° et émaux et indique qu'il se trouve dans un écrin en forme "Mahler Palais Royal" , peu d'indications mais cela vaut la peine de s'y intéresser. Une Aphrodite avec deux chérubins


C'est pour moi le poinçon de Charles Malher  , je l ai retrouvé sur de nombreux couverts en argent massifs revendus ces dernières années.


De par son poinçon ,on sait qu'il a été fabriqué, grace à la tête d'aigle découpée, entre 1838 et 1847

Mais qui était Charles Mahler,
article: https://www.richardjeanjacques.com/search?q=froment+meurice

Il était de la famille des Froment Meurice, il suffisait de trouver qui sont les personnes inhumées dans ce caveau.

Caveau des Froment Meurice  
Jacques FROMENT-MEURICE 7 octobre 1864 - 15 décembre 1947 
Jeanne FROMENT-MEURICE 27 juillet 1878 - 29 juillet 1965

en gravure : Emile Froment-Meurice 21 mars 1837 - 15 avril 1913 
Berthe Froment-Meurice née Thomas Tassin de Moncourt 8 juin 1832 - 25 avril 1913
en gravure :
[illisible] MAHLER, né à Paris le 19 janvier 1868, mort le 30 août 1907 
Pierre MAHLER 30 juillet 1860 6 janvier 1935 
Madeleine WEILLER v ve de Pierre MAHLER 30 mars 1875 19 avril 1965 
Charles [illisible] MAHLER Né à Paris le 3 FÉVRIER 1786, mort le 21 décembre 1845 
François Désiré FROMENT-MEURICE né à Paris le 31 janvier 1801, mort le 17 février 1855 
Pierre [illisible] MEURICE né le 28 juin 1781, morté le 17 juin 1857 
Charles Pierre MAHLER né à Paris le 10 juillet 1825, mort [illisible]
Mélanie Françoise MAHLER née à Paris le 13 juin 1805, morte le 12 juillet 1889.
Louise Henriette MAINGUET veuve de François Désiré FROMENT-MEURICE née à Montreuil-sous-bois le 14 octobre 1817, morte à Paris le 21 février 1900 
Marie Françoise MEURICE née à Paris le 4 mai 1783, morte le 3 mars 1855 
Marie Cécile BARTHE veuve de Charles Pierre MAHLER né à Paris le 3 décembre 1837, morte à Dinard le 6 mars 1915 
Émilie Nathalie Froment née le 19 janvier 1810 morte le 7 février 1830 
Marie Emilie Elise Corrard, née le 12 novembre 1829, mortée le 29 avril 1859



Charles Salomon Mahler, avait épousé une soeur  de François Meurice.


Notre futur orfèvre est bien né le 3 février 1786 et décédé le 21 décembre 1845.Charles-Salomon Mahler est décrit comme un maître orfèvre parisien actif au début du 19e siècle. Insculpation et activité : Il a été insculpé en 1824 et son poinçon a été biffé en 1841. Son activité s'est étendue de 1816 à 1841.


Il avait succédé  en 1818 (il avait 32 ans) à Nicolas Castel-Gilbert qui déja, sur son poinçon avait un casque de profil comme symbole.
Retour en arrière

Il avait épousé  le 23-11-1816 Françoise Mallner, ( décédée le 22 octobre 1817 à Paris, 11éme (ancien),   à l'âge de 19 ans, inhumée le 24 octobre 1817 - Cimetière du Père Lachaise, Paris, 20éme
je note au passage que le père de Charles  était tailleur et qu'il habitait au 21 cour du Harley près du Pont neuf, sur l'ile de la Cité à Paris. Sur son acte de mariage il est écrit :Orfèvre:  et son poinçon  représente le symbole d'un casque Morion avec les initiales C.S.M. soit Charles Salomon Mahler.


Service de voyage français en vermeil du début du XIXe siècle.
Paris, vers 1816: revendu par Bonhams.
Composé d'une saleron à double cuve en verre taillé avec couvercle doré, d'un gobelet, de deux cuillères et de deux fourchettes, par Charles Salomon-Mahler, de deux couteaux, dont un de Joseph Antoine, l'autre avec une lame en acier remplacée, à crête, le tout dans un étui en cuir travaillé. Poids : 300 g.

Il va se remarier et épouser Mélanie Françoise Meurice: en 1823 elle était née née le 3 messidor an XIII (22 juin 1805) (samedi) - Paris, 75056, Paris, Ile-de-France elle est la fille de Pierre Jacques Meurice et de Marie Françoise Giroux qui de son premier mariage est la veuve de Jean François Froment. 
Pour s'y retrouver



Il change de poinçon le 19-02-1824,  un casque Morion et en 1833, les initiales C en haut et MAHLER en lettres majuscules au milieu. 
Le morion est un casque espagnol en usage en Europe aux XVIe et XVIIe siècles ouvert, issu du chapel de fer et proche du cabasset qui est issu de ce dernier. Il est caractérisé par sa haute crête.


Facture de Mahler datant de 1833  il est installé au 10 Quai des Orfèvres ou Cour de la Sainte Chapelle et le 11 novembre 1933 changement de poinçon de maître, C...MAHLER et casque Morion.


Et à mon avis, c'est le poinçon qui se trouve sur le bracelet or et émail  j'ai reçu un charmant accueil de la part d'une spécialiste de l orfèvrerie Louise Antiquités
https://www.louiseantiquites.com/


Mais aussi: 
https://www.creditmunicipal.fr/ventes-aux-encheres/catalogue-des-ventes/190628000/charles-salomon-mahler-epoque-louis-philippe-s/



Voici le poinçon qui se trouve sur le bracelet or et émail et les couverts qui précèdent.


Autres poinçons de Charles Salomon Malher


Cliquez pour agrandir sur ordinateur  



Il  me fallait un avis éclairé celui de Sandrine Tessier "meilleur ouvrier de France

Cher Jean-Jacques, bonjour,
Sauf erreur au vu des photos c'est ce qu'on appelle du champlevé.
Ils auront décaissé dans le métal la forme des personnages en laissant des cloisons de métal pour faire des délimitations (ex : coiffe de la femme, partie regravée de son instrument,…).
La partie gravée est alors remplie d'émail blanc, puis sur applique de la peinture pour faire tout décor des personnages.
Les températures de cuisson sont autour de 750/850 degrés Celsius.
Sur les photos, ils semblent que ce soit des plaques ovales qui ont été rapportées sur la structure du bracelet.
Rivetés ou vissées certainement. Je reste à votre disposition Cher Jean-Jacques si vous avez besoin de plus de précisions 
Excellent week-end,
Sandrine

Oui Sandrine c'est riveté.


Charles Salomon Mahler est décédé en 1845, ce serait Froment Meurice qui aurait continué l' exploitation de la maison dont a hérité Françoise Meurice. Sa femme Mélanie Françoise Meurice , veuve de Charles est décédée en 1889, on peut y voir aussi les noms de Charles François Mahler  et de Pierre François Mahler.
En 1907 C'est Auger ancien de chez  Froment Meurice qui reprendra cette même maison

Charles Salomon Mahler et sa femme habitaient au 52 rue du faubourg saint honoré à Paris

52 rue du Faubourg Saint Honoré

Je vous invite a lire un très bon article (une petite erreur, mais!!!!) de la Tribune de L'Art: 


J ai appris que Maitre Baratoux : baratoux@etude-baratoux.com : avait revendu un bracelet semblable  il il y a trois ans, il m'a très aimablement communiqué la fiche de l'époque , le bijoux ayant été expertisé par Caroline Thirion de Briel que je remercie pour leur contact

Bracelet rigide Napoléon III à trois médaillons émaillés et cabochons . Le médaillon central à décor d'une femme debout de profil vêtue à l'antique tenant une harpe, les deux médaillons de côté à décor de putti tenant les attributs de l'amour : couronne de fleurs, torche enflammée, arc et flèche. Les médaillons sont séparés par des fils d'or en volutes sommées de fleurs de lys agrémentées de cabochons : émeraude et pierre verte 74,78 g.

Diamètre 5,7 cm, hauteur du médaillon central 4,6 cm.

Fermoir à cliquet avec chaînette de sécurité.

Rapport de condition : petits enfoncements, rayures sur l'or, les émaux en bon état.

Poinçon têtes d'aigle et de rhinocéros. Joaillier : Vege.s en toutes lettres


J ai recherché un Maître dont le poinçon aurait été proche de l'observation, mais le poinçon était en partie effacé d'après l expert. Serait-ce OGEZ ? décédé en 1856 et qui fut repris par Auguste Germain Cadet Picard? Possible le poinçon est difficile à Lire



Il y a de petites différences entre les deux. Les angelots n'ont pas les jambes semblables, la flèche de cupidon, la couleur des nuages, la torche, les pieds , le tissus cache sexe, la Déesse ou Venus : l serre tête dans la coiffure différent, le tissus rouge sur la colonne la couleur du vêtement, la position du pied et du tissus sur le pied, mais le fabricant ne peut être que le même. Donc Mystère.



Marie (marie@legemmologue.com) m'envoie ce poinçon tres proche de celui de Mahler.

Mais la veuve Ogez et Cadet Picard sont intéressants pour avoir fabriqué un bijoux fonctionnant à  l'électricité avant 1860.


Des 1856 cette maison prend plusieurs brevets



En 1867  ils participent à l 'exposition Universelle sous Napoleon III


Dans les vitrines de moindre importance, signalons cependant, à titre de curiosité, des bijoux électriques d'une originalité presque effrayante, dont Trouvé, « ingénieur électricien », était l'inventeur, et qui étaient exécutés et exposés par Cadet-Picard. « Une pile de Volta en miniature, placée dans la poche, communique le mouvement à une foule de petits objets de toute nature, très joliment modelés et émaillés. C'est une tête de mort qui fait des grimaces horribles, un lapin qui bat du tambour, un oiseau ou un papillon qui agite ses ailes, le tout disposé en bijoux pour porter à la cravate, au corsage ou dans la coiffure. Est-il possible de faire un emploi plus bizarre d'une des découvertes les plus importantes des temps modernes ? » Dans ce genre de bijoux mécaniques et de haute fantaisie, Otterbourg fit, plus tard, des broches et des bracelets représentant ce qu'on appelait des jeux pyrrhiques. Deux disques de couleurs différentes, superposés et ajourés, étaient actionnés par un mouvement d'horlogerie que l'on déclanchait à volonté sous la pression du doigt, et qui, faisant tourner en sens inverse les deux disques coloriés, produisait un effet d'optique analogue aux rosaces multicolores et mouvantes des lanternes magiques. Ogez, rue de la Feuillade, fabriqua aussi des bijoux articulés : têtes de mort, pantins, le clown Auriol passant dans un cerceau ; de même, Robin père fit des tortues à la tête et aux pattes mouvantes1, des polichinelles, etc. Puis ce furent des bijoux comiques : poupées articulées, cocottes de papier en or, épingles à surprises, diables, singes coiffés d'un chapeau de gendarme, d'un shako, d'une toque de jockey, fabriqués par Brocard. 



Fabriqué par Auguste-Germain Cadet-Picard, qui a fabriqué et exposé des épingles électriques inventées par Trouve à l'exposition de 1866 à Paris. Lors de cette exposition, les bijoux à pièces mobiles alimentées par l'électricité ont suscité un vif intérêt. Le bijou est doté de bornes électriques qui, lorsqu'elles sont connectées à une pile dissimulée dans la poche de celui qui le porte, provoquent un mouvement des yeux et un claquement des mâchoires.

Détails Titre : Épingle à cheveux, Créateur : Cadet-Picard, Auguste-Germain, Date de création : 1866Lieu : Paris Dimensions : Hauteur : 9,2 cm, Largeur : 1,5 cm, Profondeur : 1,0 cm Support : Or et émail avec des étincelles de diamant

Épingle tête de mort en or, émail et diamants, par Trouvé et Cadet-Picard, vers 1870

Le crâne en or, rendu avec réalisme dans des tons crème, brun et noir, est orné d'une mâchoire articulée et d'yeux mobiles en diamant taille rose, d'un os en or à sa base, poinçon de maître, poinçon d'essai français, émail légèrement imparfait, longueur 9,1 cm

Provenance Ex-Cameo Corner, Bloomsbury

Cette épingle tête de mort est l'une des rares survivantes d'une série de bijoux électriques fantaisie inventés par Gustave Trouvé et fabriqués par Auguste-Germain Cadet-Picard. Trouvé était un scientifique talentueux, reconnu pour ses applications de l'électricité portable et son expertise en automatisation miniature. En 1865, à 28 ans, il breveta son invention d'une « pile lilliputienne portable » inusable. Cette pile de poche servait à alimenter une série d'épingles à pièces mobiles électriques, fabriquées en collaboration avec le joaillier Cadet-Picard.

Parmi les motifs figuraient un soldat frappant un tambour, un singe jouant du violon, un lapin jouant avec des baguettes sur un petit tambour, une sonnette électrosphérique, Arlequin et Colombine dansant un ballet, un singe à lunettes grimaçant, un colibri battant des ailes, un papillon voletant et un crâne, semblable à celui présenté ici, qui roulait des yeux et grinçait des dents. Une fois l'épingle fermement fixée à la cravate de l'homme, elle était fixée à une pile hermétiquement scellée dans sa poche de poitrine par un fil invisible. Pour animer son épingle à cravate, il tournait furtivement la pile de côté dans sa poche, surprenant ainsi son public..

 

 

 





1867 Dans l'Echo de la Vallée


1867 A l'exposition Universelle, Cadet Picart obtient une médaille de Bronze

Épingle tête de mort en or et émail, à la manière de Gustave Trouvé et Cadet-Picard, années 1870 or, émail revendu par la maison Bonhams.

Le crâne est modelé de manière réaliste et décoré d'émail crème et noir, la mâchoire articulée actionnée par une broche secondaire reliée par une chaîne de liaison en os émaillé, marques d'essai et de fabricant françaises indistinctes, émail imparfait.

Cf : Lot 15, 24 septembre 2015 Bonhams et Lot 106 16 décembre 2003 Sotheby's pour des exemples similaires de Skull stiuck pins de Gustave Trouvé.

Les épingles suscitèrent l'admiration à l'Exposition universelle de Paris en 1867 et furent décrites par Henri Vever comme des « joyaux d'une originalité presque terrifiante » ; en 1879, elles figurèrent dans un article détaillé de la revue scientifique française « La Nature ». En raison de la précision technique requise pour leur fabrication, ces épingles furent produites en très petit nombre et, dès 1891, elles étaient déjà des pièces de collection.

Un exemplaire presque identique se trouve dans la collection de bijoux du V&A de Londres, (voir plus haut) sous le numéro de musée M.121-1984. Un autre a été vendu lors de la vente aux enchères londonienne de « Bijoux », le 16 décembre 2003, lot 106. Un crâne fumant un cigare et portant un monocle en émeraude a été vendu lors de la vente londonienne de « Joaillerie fine », le 27 mars 1990, lot 14. Pour plus d'informations, voir : Henri Vever, « Bijoux français du XIXe siècle », (traduction de Katherine Purcell), Londres, 2001, p. 779-780 ; Clare Phillips, « Bijoux et joaillerie », V&A Publications, 2000, p. 91 ; Charlotte Gere et Judy Rudoe, « Bijoux à l'époque de la reine Victoria », Londres, 2010, p. 210-211 ; Kevin Desmond, « Gustave Trouvé, génie électrique français (1939-1909) », Londres, 2015.



Vever est président de l Chambre Syndicale de la BJO en 1875 et l'Assemblée accepte Cadet Picard comme membre


1875 dans l Almanach du commerce


1875 dans l Almanach du commerce


1876 Dépot de brevet pour un moteur électrique 


1878 dans le dictionnaire de poche , la liste des Joailliers dont Cadet Picard


1882 Cadet Picard est en faillite et à l'époque c'était terrible, tous les journaux le publiaient, le failli etait considéré comme un dirigeant dont la gestion était jugée à l'origine des difficultés de l'entreprise, il ne pouvait plus se réinstaller.



1913  Mais cela ne l'a pas empêché d'être pratiquement centenaire


Et puis, pour MAHLER je ne puis résister a vous présenter la moitié de mes Victor Hugo.



Car Victor Hugo a écrit sur lui  dans "Actes & Paroles", mais Mahler père ou fils????
A la reflexion je pense que c'est  Pierre Charles Mahler Chevalier de la Légion d'honneur 1825-1884 il était avocat

L'Événement, journal du soir est un quotidien français fondé à Paris le 30 juillet 1848 par Victor Hugo entre autres pour soutenir la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République. Le journal a paru jusqu'en septembre 1851 .Les cinq associations littéraires, dont Victor Hugo était le délégué à l'Assemblée, ayant réclamé son appui, on trouve la réponse à leur demande dans l'Événement du 1er août 1848 : 


« Le Comité de l'Intérieur a adopté ce matin à l'unanimité une proposition de M. Victor Hugo qui demande au ministre de l'Intérieur, sur les fonds votés récemment pour les secours aux lettres et aux arts, une somme de 25.000 francs destinée aux cinq associations littéraires qui existent à Paris ».

Nous venons de citer l'Événement du 1er août 1848, c'était son jour de naissance. Amis et ennemis disent volontiers que Victor Hugo avait créé ce journal et que, sous la signature de tel ou tel rédacteur, c'était sa pensée même qui se faisait jour. Il a fait justice de cette affirmation dans la lettre que nous reproduisons page 635 ; quant à la création du journal, nous tenons de Paul Meurice le récit des circonstances dans lesquelles l'Événement vit le jour.

Paul Meurice* et Auguste Vacquerie ** étaient, et cela avant même leur sortie du collège, admirateurs passionnés du poète, ils le sont restés toute leur vie ; voyant, en 1848, leur dieu attaqué furieusement par une certaine presse, ils rêvaient de le défendre, d'affirmer leur communion d'idées dans un journal ; mais il étaient loin de posséder les fonds indispensables au lancement des premiers numéros.

Paul Meurice fit alors part de ses désirs, de ses regrets à son demi-frère, l'orfèvre Froment-Meurice, et à son beau-frère, Charles Mahler ; tous deux s'engagèrent à assumer une partie des premiers frais ; diverses combinaisons furent alors envisagées, Victor Hugo les énumère dans cette lettre à Paul Meurice :

« Cher ami, plus j'y pense, plus je vois la situation embarrassante. Je crois pourtant qu'on peut s'en tirer. De notre côté je ne vois toujours que l'une de ces trois combinaisons :Ou une combinaison Goudchaux-Lachâtre (par tiers). Ou une combinaison Goudchaux et nous (meilleure).

Ou enfin votre combinaison de soixante parts à 750 francs, trente-une à nous. En ce cas je suis encore prêt, comme je vous le disais hier, à faire les 14.000 francs nécessaires pour les 19 parts miennes. Mais qui prendrait les 29 restantes ?
En tout cas, il serait utile de voir M. Goudchaux. Je ne le connais pas personnellement, mais si vous croyez que cela pourrait servir, je vous accompagnerais chez lui.
Voulez-vous venir manger ma côtelette ce matin ? Nous causerons. Venez à dix heures et demie. Nous aurons deux heures. Je suis forcé de sortir à midi et demie.

VICTOR H.
 

Il est probable qu'indépendamment de leur apport dans les « trente-et-une parts à nous », Froment-Meurice et Charles Mahler s'engagèrent pour quelques-unes des « 29 restantes » ; grâce à leur concours, l'Événement parut ; Charles Mahler, à partir du 4 septembre, signa même : L'un des propriétaires, gérant ; les deux fils de Victor Hugo firent leurs premières armes dans ce journal ; Paul Meurice et Auguste Vacquerie y bataillèrent à qui mieux mieux ; un groupe d'ardents écrivains se joignit à eux : Théophile Gautier, Théodore de Banville, Gérard de Nerval, Dumas fils, Mürger ; la réussite dépassa leur attente. jusqu'au jour où les fondateurs payèrent de la prison ce trop grand succès.

* Paul Meurice le frère de madame Mahler

**Auguste Vacquerie était le beau frère de Leopoldine Hugo qui se noya à Villequier sur la Seine.
Familier de Victor Hugo, beau-frère de Léopoldine Hugo. Rédacteur à L’Événement, journal quotidien paraissant matin et soir, du 30 juillet 1848 au 1er décembre 1851 et dont les points de vue se teintèrent progressivement de socialisme, il subissait une peine de prison au moment du coup d’État.
Il accompagna Hugo en exil à Jersey après le coup d’État du 2 décembre 1851 et y resta sept ans. Il y vivait en compagnie de sa mère Jeanne Arsène Charreau (1790-1868), de sa sœur Marie Arsène (1811-1882) veuve de Nicolas Lefèvre (1801-1842) et leur fils Ernest Lefèvre. Pendant son séjour il fit de nombreuses photos des occupants et visiteurs de Marine Terrace puis Hauteville house, résidences successives de la famille Hugo sur l’île de Jersey puis Guernesey.
Il fut, en 1869, l’un des fondateurs et rédacteurs du Rappel avec Albert Barbieux, Charles Hugo, Victor Hugo, Paul Meurice et Henri Rochefort.
Il était aussi romancier et auteur dramatique.
Durant toute la période de la Commune de Paris, il publia des éditoriaux hostiles à Versailles, attentifs à tous les efforts de conciliation et prônant la défense intransigeante de la République.
Il fut, en 1881, l’un des fondateurs de la « Ligue de l’intérêt public - Société protectrice des citoyens contre les abus » créée à l’initiative du docteur Edmond Goupil.
Exécuteur testamentaire de Hugo avec Paul Meurice, il supervisa les éditions posthumes du poète.



INDEX DES JOAILLIERS CONTENUS DANS CE BLOG

Index des joailliers et bijoutiers parisiens (XIXe–XXe siècle) Index en cours d’enrichissement. Ce blog est consacré à l’histoire des joai...