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vendredi 20 mars 2026

INDEX DES JOAILLIERS CONTENUS DANS CE BLOG

Ce blog est consacré à l’histoire des joailliers, bijoutiers et fabricants parisiens du XIXe et du début du XXe siècle.
Cliquez sur un nom pour accéder à l’article correspondant.
Cet index inclut également certains fabricants étudiés dans le blog "Courrier des lecteurs".

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Andrey Georges

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Augis

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Belperron Suzanne

Belperron Suzanne

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Bredillard Alexandre

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Brunet Georges Paul et La veuve

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Bruley Michel

C

Cabrilhac poinçon

Cabrilhac poinçon

Chaise Jules

Chaise Albert

Cardeillac orfevre

Louis Cartier

Cartier alliance 3 anneaux

Louis Cartier

Louis Cartier

Cartier Collier Bérénice

Cassandre Mouron

Cerf Isidore Van Cleef

Chabrolle Georges

Chaumet

Chambin Albert

Chanel les bijoux

Cocteau Jean

Col Léon

Christie's James

D

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David Etienne & Edgar

Debacq

Debut & Coulon

Delion

Deraisme Georges

Després Jean

Dreicer

Dreicer

Dubret

Dufrene

Duhamel

Dumont la saga

Dunand Jean

Dusausoy

Duvalet Maurice

E

EDYAD EDY Pochiet famille

Entremont,Renée Puissant

La tour Eiffel en diamants

Ehret Robert

Eschwege René

Espezel Numa et Camille

F

Fontana Charles et Frères

Fouilhoux

Fréchou Bernard

Froment Meurice Louise Mainguet

Emile Froment Meurice

G

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Gaucherand

Geller Moïse

Gonon Barthélémy

Grasset Eugène

Gross et Langoulant

Maison Guillot Freres et descendants

H

Hamelin Paul

Hardellet André

Hermes

Hermes chaine d'ancre

Herz Bernard

Hoffman

Hugo François

I

Iribe Paul

J

Janesich

Jensen Georg

K

<

Kirby-Beard

Koh-I-Noor

Koultacheff ou Tachef

Kramer

L

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Lambert Bijouterie

Laguesse Emile et Jules

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Malher Orfevre

➡ Marchak

Martel Hyppolyte

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➡ Mauboussin

➡ Mellerio

➡ Moissan

N

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➡ Niederman

➡ Nocq

O

➡ Orazzi

➡ Ostertag

P

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➡ Peyroula

➡ Picq

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➡ Porges

➡ Puiforcat

Q

R

S

Sellier Albert

T

U

V

Van Cleef & Arpels et René Bry

Vaubourzeix Georges

➡ Vautrin

➡ Vever

W

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➡ Worms

Y

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Z

➡ Zorra

jeudi 23 mars 2023

ASSCHER diamants : La taillerie de diamants de Versailles devenue Lycée. Une occasion perdue pour une industrie du diamant en France.

 Cet article est la suite de : https://www.richardjeanjacques.com/2023/02/1940-le-diamantaire-de-religion-juive.html


J aurais aimé recevoir des renseignements de la Ville de Versailles, mais !!!! 

Dans l' histoire des "Asscher" que j ai relatée dans mon article précédent, Joseph et Louis Asscher avaient créé une taillerie de diamants à Versailles, les travaux avaient dû démarrer en 1920.
Nous aurions pu,  dès 1407 à Paris,  devenir une place importante du diamant en Europe.
Guillebert de Mets était un copiste flamand du xve siècle, échevin de Grammont, né vers 1390-1391 et mort après 1436. Il est connu pour être l'auteur d'une Description de Paris (1434). Selon lui Hermann et ses artificieux "taillaient les diamants de diverses formes"
Puis vint Mazarin  qui vers 1640, adorait les beaux diamants en particulier "Le Grand Mazarin"qui est un diamant ayant notamment appartenu au cardinal Mazarin puis transmis à la royauté française au décès de celui-ci. Il a été porté par 4 rois, 4 reines, 2 empereurs et 2 impératrices.
C'est un diamant rose fantaisie de 19,07 carats.  
Il a orné le diadème de l’Impératrice Marie-Louise commandé par Napoléon Ier au joaillier François-Régnault Nitot.
En 1887, le gouvernement français a vendu aux enchères des objets appartenant à la Couronne de France, dont les diamants de la Couronne et notamment celui-ci. Il a appartenu au joaillier Frédéric Boucheron, puis à la famille De Wries.
Mazarin avait fait venir à Paris des spécialistes hollandais qui travaillèrent pour toutes les cours d'europe et auxquels Mazarin confia les 12 plus gros diamants de la couronne de France afin de les retailler.
Mais à la mort de Mazarin , cette petite industrie déclina et à la fin du XVIII ° siècle, il  ne restait que 75 lapidaires .
Le sieur Charles-Alexandre de Calonne, comte d'Hannonville, qui fut un magistrat, un économiste et homme politique, né à Douai en 1734 et mort à Paris en 1802, ministre et controleur général des finances de Louis XVI,  tenta de faire revivre cet art de la taille du diamant et soutint un étranger nommé Schabracq qu'il subventionna pour installer 27 meules au faubourg saint antoine.
Mais la révolution se chargea de couler cet ambitieux projet, et après 15 années ne restait plus que quelques diamantaires isolés sur la Capitale.

1921 Inauguration de l'Amsterdam à Versailles

Trois frères qui aimaient la France vinrent de Hollande, et pour les raisons que j ai expliquées dans mon article sur les Asscher , décidèrent de faire construire aux portes de Versailles (2 Kms 400 du Chateau de Versailles) une taillerie de diamants.
L'aspect extérieur du batiment ressemble à un chateau de style Hollandais, c'est celui ci qui fut inauguré en grand pompe en 1921 par le Ministre du Travail.


La presse de l'époque relata l'évènement dans de nombreux journaux

UNE FETE FRANCO-HOLLANDAISE  INAUGURATION PAR M. DANIEL-VINCENT D'UNE TAILLERIE DE DIAMANTS A VERSAILLES "L' Amsterdam" est une usine modèle qui dresse aux portes mêmes de Versailles une jolie demeure hollandaise; tous les Parisiens, tous les étrangers, en se rendant à la cité du roi, pourront admirer en passant cette fabrique moderne, qui est une réplique de la merveilleuse usine que MM. Asscher possèdent à Amsterdam. En l'honneur de l'inauguration, se trouvaient côté du ministre du Travail, le général Dubail, grand chancelier de la Légion d'honneur, le général Malleterre, M. Loudon, ministre des Pays-Bas, et tous les représentants de l'industrie diamantaire. La cérémonie cammença par la visite des ateliers où la lumière entre à fots, du réfectoire, des lavabos des ouvriers. Comme le disait AI. Le Guéric, secrétaire du syndicat des ouvriers diamantaires, " nous désirions un atelier, vous nous donnez un palais"
Mais Mrs Asscher ont pensé que cela ne suffisait pas de doter la France d'une taillerie de diamants unique, ils ont décidé que les apprentis seraient choisis parmi les orphelines de la guerre, poursuivant ainsi leur apostolat charitable.
M. Joseph Asscher parla de l'industrie diamantaire qui occupe en France plusieurs milliers d'ouvriers et qui va, désormais, en occuper un plus grand nombre. En termes exquis, Ie ministre des Pays-Bas, M. Loudon, donna la véritable signification de cette réunion, qui montrait  mieux que tous les discours, la profondeur, la sincérité de l'amitié franco-hollandaise. Il vanta les qualités de la femme française. Enfin M. DanielVincent, ministre du Travail, dit quelle importance le gouvernement français attachait à la création de cette usine modèle qui cimentait les bonnes relations entre la Hollande et la France. Au milieu des applaudissements il nomma M. Joseph Asscher officier de la Légion d'honneur. En vérité, ce fut là une belle fête de l'amitié franco-hollandaise et du travail.


Joseph avait déja été décoré , en 1912!!

1921 devint Officier


La revue "Nature" du 12 Novembre 1921


Revue "La Nature" Un Cliveur de la taillerie de Versailles

Les trois Asscher pour commémorer l'entente Franco-Hollandaise, vécue pendant la grande guerre de 1914-18 avaient décidé de réserver la plupart des emplois aux orphelins de guerre.
le journaliste de l'époque Jacques Boyer nous invite à visiter la taillerie  en nous arrêtant d'abord dans le bureau des experts qui examinent les diamants bruts, d'abord à l'oeil nu, puis à la loupe pour se rendre compte des "Crapauds" (expression très imprécise pour décrire les défaults dans le diamant)
Les diamants étaient marqués au pinceau par des signes particuliers, destinés à fournir des indications aux cliveurs ou aux scieurs.

Le diamant, très pointu,  apres avoir été assujetti à l aide d'un ciment fusible, à l'extrèmite d'un manche en bois, le cliveur disposait de manière identique, un diamant a travailler. Avec le premier il faisait une entaille dans la partie de la gemme qu'il désirait détacher et introduisait un couteau d'acier sur lequel il frappait un grand coup. Le diamant se fendait en deux, et le cliveur répètait autant de fois que necessaire cette opération. (Quelques fois, le diamant va se cliver en plusieurs morceaux)


Après le clivage du diamant venait le sciage, ici les rangées de machines pour scier les diamants.  Mais on sciait les pierres qui renfermaient beaucoup de défectuosités, mais que leur "sens " ne permet pas de cliver, car le fil à un sens. Le sciage se pratiquait  avec des rondelles circulaires en bronze phosphoreux ayant 6 à 8 centimètres de diamètre pour quelques dixièmes d'épaisseur,ensuite le sciage s'opèrait à une vitesse de rotation de 4 à 5000 tours 


Le Débrutage au tour

Après le clivage ou le sciage, les diamants subissaient le débrutage, premier polissage assez grossier qui s'opérait soit à la main, soit au tour. Dans le premier cas , le débruteur ou la débruteuse frottait l' un contre l'autre deux diamants enchassés comme pour le clivage à l extrémité d'un manche de bois.
Il fallait un effort considérable pour ce travail. Le Débruteur se mettait au dessus d'une petite boite destinée à receuillir la précieuse poussière produite par l' usure des deux diamants, bien que dans l usine versaillaise, on l'executait comme sur la photo ci-dessus le plus souvent à la machine, en plaçant le diamant sur un mandrin spécial, et l'ouvrier (re)appuyait l' autre diamant emmanché sur un grand burin et l'approchait de la gemme enchassée sur le tour. Il fallait s'arrêter quand le diamant avait acquis un brillant mat et une forme assez voisine de celle que le "polissage ou taille " acheverait de lui donner.


Une batterie de tours à scier le diamant


Le Polissage ou taille: les polisseurs (ses)

Restait le polissage, les polisseurs avaient besoin pour cela d'un outillage varié. Ils commençaient d'abord par mettre les diamants ebauchés dans des dopps. Sorte de petites cupules en cuivre soutenues par une tige de même métal et destinées à les maintenir dans une position fixe au cours du travail.

Au moyen d’une flamme de gaz, ils chauffaient dans chacune de ces coquilles métalliques un alliage de plomb et d'étain, puis, quand le bain entre en fusion, ils y enfoncaient la pierre a polir de maniere que la face à user emerge seule de la masse pâteuse. Dans les ateliers de la taillerie Versaillaise,, un sertisseur alimentait en dopps 4 à 5  polisseurs^, et il répetait la mme operation, environ 200 fois par jour. Aussi les poussieres de plomb qui impregnent constamment les doigts de ces ouvriers et les vapeurs qu’ils respirent pendant le chauffage de l'alliage métallique finissent par les intoxiquer. 
Le luxe engendre parfois des maux insoupconnés. Nos jolies mondaines en paradant au theatre ou dans un salon ne se doutent certes pas que leurs rivieres de diamants ont tué peut-étre le pauvre sculpteur de leur étincelant bijou!(Jacques Boyer en 1921)


Diamant brut dans son "Dopp" (copyright Charles Roussel)

En revanche, les polisseurs au plateau  ne risquaient pas leur santé oomme leurs camarades, surtout dans les locaux spacieux, clairs, et bien ventilés de la taillerie versaillaise. Confortablement assis devant un établi appelé a moulin » en termes techniques, ils commencaient par fixer la tige support du dopp dans une pince à vis speciale, puis ils pressaient la face de la gemme à tailler contre une meule horizontale en fonte de fer recouverte d'huile d'olives et de poussiere diamantée. Ce mélange s'infiltre petit à petit dans le metal de la meule et avec la poussiere microscopique provenant de l’usure de la pierre precieuse, constitue une sorte de "lime à diamant" qui, animée d'une vitesse de 2400 tours par minute, va assez vite en besogne. De temps en temps au cours de l'operation, chaque ouvrier devait verifier les resultats obtenus; il se servait  pour cela d'une loupe qui lui permettait de se rendre compte des stries produites par l'usure et qu’il lui fallait faire  disparaitre . Quand il jugeait le polissage d'une face achevée, il enlevait le dopp de sa pince et le repassait au sertisseur. Celui-ci le portait à  nouveau sur le bec Bunsen pour ramollir l’alliage qui emprisonnait le diainant, puis le ressertissait dans la masse pâteuse, en mettant au jour un autre plan de la pierre. 
Cette facette subissait alors un polissage identique et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait realisé la
forme desiree pour la gemme.










1928 dans la revue "La représentation diplomatique"


1929 dans la revue Le Génie Civil à propos du béton armé

CONSTRUCTIONS CIVILES
La taillerie de diamants de Versailles. -- En 1921, une importante société de diamantaires d’Amsterdam et de Paris a fait construire a Versailles, dans un quartier éloigné du centre, une taillerie de diamants analogue a celle d’Amsterdam appartenant à la meme maison, et constituant en meme temps un centre d’apprentissage pour ce métier trés particulier.
La Technique des Travauux décrit, dans son numéro de novembre, cet établissement construit sur les plans de M. Wybo, architecte parisien, dans des conditions qui satisfont à tous les desiderata de l’hygiéne du travail.
Le premier étage comporte une trés grande salle de taille, précédée d’une salle de sciage et de 
" débrutage"; au deuxieme étage sont une salle de taille plus petite, et une salle de débrutage mécanique. Les combles sont occupés principalement par le réfectoire et le local de récréation des apprentis; le rez-de-chaussée est consacré au logement du concierge, aux vestiaires, a des locaux accessoires; en sous-sol, on trouve une salle de coffres-forts des portes de sureté, des réservoirs et des pompes. L’ossature générale du batiment, en béton armé, est calculée pour une surcharge de 700 kg/m”, non compris le poids des machines, de facon a éviter des vibrations des planchers incompatibles avec la taille du diamant. Les fenétres jouent naturellement ici un role essentiel, et on leur a donné le maximum possible de surface.


Christophe Dubois, un sympathique lecteur de mes blogs, m'a adressé la photo d'une médaille , réalisée en 1934 à l'éffigie de Louis Asscher.


Arbre généanlogique de Louis Asscher


1931 dans les nouvelles de Versailles
Sous le titre : « Diamants et Diamantaires », notre distingué confrère Monsieur Ernest Raynaud vient de faire paraître dans le « Petit Journal » une série d’articles des plus intéressants sur les « marchands et sculpteurs de soleil ». Ecrits dans une forme attrayante et claire — comme un diamant — ces articles nous font assister à un captivant voyage dans un monde curieux et pittoresque, au cours duquel M. Ernest Raynaud, décrivant la vie et les mœurs de « ’ces habiles artisans, de ces commerçants actifs qui marquent des trésors », nous expose l’état de la crise mondiale qui sévit actuellement sur cette industrie et ce commerce de luxe ; il nous transporte à Amsterdam, « la capitale de la taille des pierres précieuses », à Anvers « la métropole de leur négoce », à Londres, à Bruges, .en Afrique du Sud, à Paris, à Saint-Claude, dans le Jura, le centre de là taille du diamant en France, ... à Versailles. Un de ces articles est en effet consacré à la Taillerie de Versailles dont nos concitoyens connaissent l’existence par la construction élégante élevée depuis une dizaine d’années avenue de Picardie. Grâce à l’amabilité de notre grand confrère la « Petit Journal » et à celle de M. Ernest Raynaud, nous mettons sous les yeux de nos lecteurs cet intéressant article :


VISITE A LA TAILLERIE DE DIAMANTS DE VERSAILLES Si les centres de la taille du diamant sont aujourd’hui Amsterdam, et Anvers, Paris, jadis, fut quelque temps, la capitale de cette industrie délicate. Mazarin y avait attiré un nombre de spécialistes flamands qui travaillèrent bientôt pour toutes les cours d’Europe. Le cardinal lui-même leur confia, poulies retailler, les douze plus gros diamants de la couronne. Mais après la mort de l’illustre prélat, les tailleries parisiennes perdirent leur prépondérance au bénéfice de Gand qui fut, à son tour, détrônée par Amsterdam. Cependant, la région parisienne a encore ses tailleries de diamants. Certes, elles sont moins vastes, elles sont moins belles que celles d’Amsterdam... et l’on n’y travaille pas davantage. C’est à se demander, pour peu que persiste la crise, actuelle, si ces ateliers ne devront pas être un jour transformés en des musées où l’on montrera aux écoliers des mannequins figés dans l’attitude hiératique de ces sculpteurs de soleil, dont l’art était légendaire au temps où l’on taillait encore le diamant... Ironie ? Mais non, regret sincère et que rend plus vif en moi le souvenir de la visite que j’ai faite à la taillerie de diamants qui dresse, sur la route de Picardie, à Versailles, sa fine silhouette- de château hollandais.

Hollandais?... Vous n’en serez pas étonné, je pense, quand vous saurez qu'elle a été édifiée par cette maison Asscher qui possède, dans la « Venise du Nord », la plus belle diamanterie du monde. MM. Asscher ont, en effet, tenté de renouer, sur le sol de l’Ile-de-France, la vieille tradition que les efforts de Mazarin, puis ceux de Calonne, ceux de Lelong-Brunet, en 1848. de Philippe aîné, en 1852, de Roulina, en 1860 et 1872, n’avaient point réussi à maintenir. C’est en 1921 que MM. Asscher inaugurèrent, en présence d’un ministre français, leur taillerie versaillaise à laquelle ils donnèrent le nom d’ « Amsterdam ». Ils prirent comme apprentis des pupilles de la nation à qui ils inculquèrent l’art délicat de la taille et qui sont maintenant d’excellents ouvriers et ouvrières. Ils créèrent en même temps, pour leur personnel, une maison d’habitation, un terrain de jeux et des cours de perfectionnement. Bâtiment élégant, avec sa façade en briques roses et blanches, sa grande porte dont deux lanternes à facettes encadrent le plein cintre, ses larges baies vitrées par lesquelles s’engouffre dans les ateliers la clarté cent pour cent du jour : telle se présente l’« Amsterdam ».

Si l’on ne savait point que l’on se trouve ici chez des Hollandais, on le comprendrait d’emblée, je suppose, dès le seuil franchi, tant tout ici est propre. Loin de moi, certes, d’insinuer que les maisons françaises ne le sont pas. Mais, et je ne suis pas seul à le dire, il y a un genre de propreté qui n’appartient qu’à la Hollande et qui fait, mon Dieu oui, que ce pays soit le seul au monde où l’on ne mépriserait point de coucher dans les étables tant elles y sont soigneusement entretenues. ... Donc, nous voici à l’intérieur de la taillerie de Versailles. En plus petit, et avec moins de salles, on retrouve ici la diamanterie-mère d’Amsterdam. Il n’est que la courtoisie du directeur qui ne soit point, ici... réduite à l’échelle. Celui-ci, M. Van Amerongen, issu de nombreuses générations de diamantaires amstellodamois, adore son métier et le plus grand plaisir qu’on lui puisse faire est de lui en parler. Comme j’étais précisément venu le voir pour cela, nous nous entendîmes très vite. j’ai dit tout à l’heure que nos diamanteries ne travaillaient pas ; Rectifions vite : elles travaillent au ralenti, pour autant que le leur permet la fameuse loi de réglementation de la production... pour autant que le leur permet, surtout, la loi plus sévère encore de la demande. Plus heureux qu’à Amsterdam, je visitai la taillerie versaillaise, alors que ses ouvriers l’animaient. C’est donc là que j’ai vu travailler le diamant. Les phases de la taille J’ai vu, tout d’abord, l’expert examiner à la loupe le diamant qu’on lui avait apporté, puis tracer dessus, à l’encre de Chine, les « fils de la pierre » qui indiqueront au cliveur la marche à suivre pour éliminer les crapauds, les impuretés. J’ai vu ensuite le cliveur, qui, avec son couteau d’acier et son petit marteau, partage la pierre suivant les indications qu’elle porte et dans le « sens » qui convient —- car le diamant, comme le bois, a un sens naturel. J’ai admiré le sang-froid et la maîtrise de cet ouvrier qui, d’un coup de marteau maladroit, pourrait briser une fortune. J’ai vu le scieur devant ses scies automatiques qui tournent à la vitesse prodigieuse de 3.600 à 4.000 tours a la minute. On scie les pierres qui ont de nombreux défauts mais que leur « sens » ne permet pas de cliver. Puis le débruteur qui modèle la pierre au tour, afin de préparer sa besogne au polisseur. Puis le polisseur. C’est lui le véritable tailleur du diamant. Jusqu’ici, la précieuse pierre est comme un être dont on a modifié. le corps mais auquel manque encore l’âme. Le polisseur va la lui insuffler en permettant au miraculeux pouvoir de réfringence de la pierre des dieux de produire ses effets de lumière. Le sertisseur monte la pierre sur le « dop » et le polisseur va ainsi pouvoir lui faire subir l’épreuve décisive, de la meule. Pour chaque face du diamant, il faut recommencer l’opération, et certains diamants ont 58 facettes! Un petit bain bouillant d’acide, et le diamant, enfin dégagé, de sa gangue de ténèbres, apparaît limpide, éblouissant, prêt, a être monté sur les griffes des bagues, des diadèmes ou des couronnes. Ernest RAYNAUD.



1937 dans la "Revue diplomatique"
Joseph Asscher est décédé à Deauville (Calvados), 20-08-1937

Dans mon article précédent 
J ai explique ce qui était arrivé pendant et après la guerre 39-45 à la branche Française, en Hollande, ce fut tout différent.
Seuls dix membres de la famille Asscher et quinze des cinq cents polisseurs ont survécu à l'Holocauste . Bien qu'autrefois la capitale mondiale du polissage des diamants, l'industrie du diamant en Amsterdam a été pratiquement anéantie pendant la guerre, y compris l'Asscher Diamond Company. Anvers s'est ensuite imposé comme un important centre de polissage de diamants.

En 1946, Joop et Louis Asscher ont été invités à utiliser leur expertise pour démarrer une nouvelle entreprise à New York , mais ils ont choisi de rester dans leur maison d'Amsterdam et de reconstruire l'Asscher Diamond Company. 


Sur le facebook de la ville de Versailles, j ai pu trouver cette photo et ce texte.
Ce bâtiment original était au départ une diamanterie construite en 1920 par des hollandais, les Frères Asscher, chargés quelques années plus tôt de tailler le célèbre Callinan, plus gros diamant jamais trouvé.
Proche de Paris, la société s’attachait à développer le rôle social, en employant et donnant une formation à des orphelins de la guerre et autres pupilles de la Nation. En 1953, le bâtiment est récupéré par la Ville de Versailles, suite à la faillite de l’industrie. Une école pour fille y est installée pour finalement devenir un lycée professionnel. 

J'aurais aimé que la Royal Asscher Company de Hollande me réponde sur l histoire de la maison en France et son rapport avec la maison Hollandaise. J ai expliqué comment Louis Asscher a sauvé l' entreprise française mais en Hollande il n en fut pas de même avec Abraham Asscher .
Après la guerre, Asscher et Cohen furent accusés par un jury d'honneur juif d'avoir contribué par leur adhésion à ce qui était arrivé aux Juifs néerlandais et il leur fut interdit à jamais d'exercer une activité dans une organisation juive.(Les evènements étaient de la plus haute gravité) Asscher entra dans une telle colère qu'il renonça à être membre de la communauté juive. Une des conséquences est qu'il n'a pas voulu être enterré au cimetière juif de Muiderberg, mais au cimetière de Zorgvlied à Amsterdam. Wikipédia.

Dommage , j'espère ne pas avoir fait d'erreurs.


J'ai fini par trouver l'acte de décès de Louis Asscher décédé le 14 septembre 1962 à Paris

Les cinquième et sixième générations de la famille Asscher en Hollande, sont à la tête d'une entreprise internationale. Edward Asscher, père travaille en collaboration avec sa fille Lita et son fils Mike.

En mars 2020, Edward Asscher a annoncé sa retraite de l'entreprise. Avec son départ, sa fille Lita Asscher et son fils Mike Asscher seront co-présidents du cabinet. 

En 1921 le journaliste Jacques Boyer écrivait :
Telles sont, rapidement resumées, les differentes operations qui s'executet actuellement dans les
ateliers de l'Amsterdam de Versailles à laquelle nous souhaitons de devenir bientôt  l'egale des puissantes tailleries neerlandaises. Puissent la plupart des diamants bruts de l’Afrique du Sud, du Bresil ou des Indes venir se debarrasser de leur gangue grossiere dans la ville, du Grand Roi et raviver leurs feux, grâce à l'habilete des tailleurs versaillais. '

Cela n'a pas duré et de nos jours, la taillerie est devenue un Lycée


Un complément, des questions , m'écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com :



lundi 21 novembre 2022

Fabricants de 1930 au travers de leurs publicités

 

Des publicités qui permettent de dater quelques fabricants qui exerçaient en 1930

Cela permet aussi d'ajouter des noms sur ce blog avec une seule ambition, que chaque visiteur trouve le professionnel qu'il cherche.


En 1911 Eugène Blum et sa femme Alice Levy fondent la marque Ebel, qui sont les initiales qui forment cette marque. Au début ils fabriquent des montres de luxe avec un régulateur exclusif, puis des montres de sport. Leur fils Pierre Alain développe cette marque à l'international au point d'intéresser  Investcorp qui reprend EBEL en 1994, qui revend à LVMH en 1999 avec Chaumet, acquis par Movado en 2004.


Dusausoy, extraordinaire Maison à laquelle j'ai consacré un long article :


Dusausoy un grand joaillier revendeur mais aussi un excellent publiciste, il s'adressait à toutes les clientèles étrangères même les rares, parlant l'espéranto qui se voulait la langue universelle
L'espéranto est une langue construite pour l'internationale, utilisée comme langue véhiculaire par des personnes provenant d’au moins 120 pays à travers le monde, y compris comme langue maternelle. N’étant la langue officielle d’aucun État, l'espéranto vise à établir un pont neutre entre cultures. 


Qui dans le monde ne connait cette grande maison? Fondée 100 ans avant



1930: Charles Garnier existait depuis 2 ans. Auparavant il était associé avec Fournier depuis 1924.Son poinçon est un trèfle, initiales C.G.


Louis Humbert Cerruti était né en Italie, mais naturalisé Français en 1928 son poinçon, initiale L.C. un rameau avec une feuille de chêne.



Cartier fabriqua pour Jean Patou un célèbre briquet en or ou argent, souvent émaillé, en vente dans les deux maisons, mais aussi le tube de Rouge à lèvres.


Gravé sous le pied aux deux noms




La maison Brunet fondée par Georges en 1885, puis nombreuses raisons sociales, mais en 1930, c'est Paul Brunet fils le poinçon, une ancre de marine et initiales Vve B & Fils


Les magnifiques médailles de Becker, je lui ai consacré un article https://www.richardjeanjacques.com/2019/07/edmond-becker-le-plus-grand-medailleur.html Son poinçon en 1930 était un bec et la lettre R, avec le statut de fabricant artiste


Les Garnitures de cheminées Baudin, complément important de toutes les cheminées françaises


Maison Baudet Freres & Cie, Premiere insculpation de poinçon en 1882, un petit âne et les lettres BAUDET, la fabrique se trouvait au Moulin à Tan, à Châteaudun, fabriquait des chaines, un grand spécialiste de bourses en cottes de maille en or et en argent, mais aussi des articles pour fumeurs et de bureau, primé sept fois à des expositions universelles avant 1900



Henri Heugas 41 rue des Francs Bourgeois, plus tard au 20 rue Le Pelletier. Son poinçon est insculpé le 16 juin 1924 le symbole 1000/100 et les lettres H.H. Repris par Suzanne Heugas en 1964. Fabriquait des chaines en or, des bracelets or, et pierres, des clips, des bagues, des colliers de joaillerie et fut aussi et surtout un créateur de modèles divers pour René Boivin


Aujezdsky

C'était son patronyme, il se nommait Aujezdsky, René, fabricant à Façon il obtint son poinçon le 14 mars 1921 fut biffé le 8 septembre 1959, et cessa d'exercer à la même date d'après Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales.


D'après le dictionnaire de Rémi Verlet voici son poinçon, en quelques semaines, j'ai constaté que les dessins de poinçons dans son ouvrage, très souvent, n'étaient pas fiables ;


Voici en effet son vrai poinçon, il convient donc de prendre les dessins du dictionnaire avec des pincettes. Mais c'est un énorme travail.


Augis fut fondée par Alphonse Augis eut son premier poinçon en 1910 jusqu'en 1980 Symbole : un coq et les lettres A.A. En 180 nouveau poinçon, un A stylisé et Sté A. En 1907 il va créer sa fameuse médaille d'amour, pour laquelle j'avais ecrit un article. Il se spécialisa dans les médailles religieuses et les insignes pour les sociétés. En 2012 il fut repris par Arthus Bertrand et des insignes pour les sociétés, et tous deux, pendant la guerre.......en 1942



Les Ateliers Ehret à Paris auraient eu l'exclusivité de la fabrication des francisques en or et de celles en or et diamants, alors que les insignes en bronze et émail étaient fabriqués par les établissements Arthus-Bertrand et Augis.



Elle se prénommait Anna, vous avez certainement rectifié de vous-même l'adresse "Foddés", du ministère de la culture , il s'agit de Saint Maur des Fossés dont l'histoire fut: 
Du nom de saint Maur, saint né à Rome au vie siècle apr. J.-C. Une abbaye Saint-Pierre-du-Fossé (la presqu'île étant sur un éperon rocheux, le fossé représentait le bas pentu vers la Marne) fut fondée au VII° siècle. Au IXe siècle les reliques de saint Maur furent apportées à l'abbaye. À la suite de miracles, les moines changèrent le nom de l'abbaye qui devint Saint-Maur-des-Fossés.



Quelle qualité de dessin publicitaire !!!, cette maison avait une page entière semblable dans l'Azur de 1930-31-32-33.
C'était une société crée par Etienne Encausse et Albert Krasker, au 32 rue coquillère le 8 octobre 1910. Ne pas confondre avec Aron ou Maurice Krasker. Le poinçon, Une tenaille et les lettres E&K
Ils travaillèrent pour Boivin, le poinçon fut biffé en 1963. Ils fabriquèrent de nombreux articles de haute joaillerie et des montres; par exemple cette Montre Boucheron, revendu par Maitre Tessier et Sarrou


Modèle Boule Montre de dame, en bakélite formant une boule montée sur une chaîne ajustable. Tour du cadran en or jaune 18K. Verre loupe. Cadran argenté signé Boucheron Paris, chemin de fer et heures bâtons et chiffres arabes peints. Aiguilles en acier bleui. Années 30/40. Diamètre de la boule : env. 22 mm. Poids brut : 31,8 g (Manque le remontoir). Ce modèle fut créé par d'Encausse et Krasker en 1936.


Mais aussi pour Van Cleef & Arpels


Montres Van Cleef et Arpels 1930 et aussi les Touch Wood



Herman Epelbaum, joaillier fabricant,32 rue d'Hauteville insculpa son poinçon le 9 décembre 1925 le poinçon Un lys et les initiales H.E. Poinçon biffé le 25 mars 1946 car il est décédé et sera remplacé par sa veuve, à cette date ils étaient installés au 7 boulevard Magenta à Paris.
Il fabriquait des bracelets en blancs et sertis et tous bijoux en blanc


En 1930  Flajoulot fabriquait des boites à musique, plus particulièrement des "oiseaux chanteurs", il figure d'ailleurs dans le Tardy des Horlogers. Son nom est une déformation (dans l'est surtout) de Flageolet, non du légume, mais de l'instrument de musique.


Félicien Moreau exerça d'abord 29 rue Charlot en 1906, comme chainiste. Son poinçon, le symbole 
était une salamandre avec les initiales FM
Il participa à l'exposition Coloniale de 1931
1930


Plus tard vers 1940 il fabriquera des bracelets dits "Tank"

Il ne cessa son activité qu'en mars 1950



Godard de la Roche, (En réalité Gustave GODARD) Bijoutier Joaillier, insculpe son poinçon le 2 juin 1920, puis le complète le 17 mars 1922, entre temps il avait fait l'objet d'une escroquerie classique au confié de bijoux.




Cette maison fut fondée en 1837 par Antoine Hardellet, En 1921, ce sont les frères Hardellet, 8 Eme dans le rang des descendants du fondateur. Deux freres jumeaux, né en 1881, leur poinçon, le symbole était une fève et les lettres H.F.  Ils créèrent la marque "NUPTIA" Hors concours à l'exposition universelle de Barcelone, d'Anvers en 1930, l'exposition coloniale de Paris en 1931 Diplôme d'honneur à Milan.
C'est le dernier, André (1911-1974) qui en tant que fils et neveu des frères Hardellet reprendra la maison.
Parallèlement, aimant l'écriture et la poésie, il devint célèbre avec une chanson, reprise pas Guy Béart, Patachou, etc. ; lisez mon article qui lui est consacré.


L'histoire de la maison Hermès est très riche :
Emile Maurice Hermès Fils de Charles-Émile Hermès et de sa femme Aline Fanny Le Pavec, il est, en tant que président de la Société Hermès, à l'origine du développement de la marque en dehors de l'univers équestre et de l'introduction de la fermeture Éclair en France.
Il est commissaire de la section équestre de l'Exposition universelle de 1900 de Paris
En 1930 pas encore de bijoux, pourtant cette publicité figure dans les annuaires professionnels ici "l'Azur"


La Maison Hermes insculpe son poinçon en décembre 1922 et commercialise des articles d'horlogerie. Mais aussi de l'orfèvrerie, couverts, petits objets en argent.

Orfèvre
auteurHermès, Emile
patronyme(s)Hermès
prénom (état civil)Emile
professionFabricant bijoutier de doré et d'argenté
initialesE.H.
symbolesun étrier
n° de garantie3810
n° de préfecture16949
date d'insculpation21 décembre 1922
lieu(x) d'activité75
 Paris
adresse de l'atelier21 rue Boissy d'Anglas


En 1978, Jean-Louis Dumas, petit-fils d’Émile Hermès, prend la tête de la maison, qu'il dirigera jusqu'en 2006. Il poursuit son développement en France et à l'international et développe les savoir-faire de la maison à d’autres secteurs comme le prêt-à-porter, l'horlogerie ou la bijouterie.  


Edmond Jaeger horloger de précision rue saint sauveur puis 103 rue Réaumur en 1907Il devient le principal fournisseur de Cartier. Il va prendre le contrôle de Le Coultre en Suisse. Cartier va prendre des participations dans les deux entreprises pour s'assurer de l'exclusivité des fabrications. C'est en fin novembre 1908 qu'il insculpe son poinçon : Un Sablier et les initiales E.J.



La Perle Manon faisait sa publicité autour des Perles Japonaises, sans les nommer, mais en mentionnant "REPRODUCTION EXACTE DE LA PERLE FINE" ce qui de nos jours tomberait sous le coup de la loi


Publicité de 1930de LACLOCHE, mais c'est une grande et longue histoire que j'ai raconté dans mes articles sur


La maison Lenfant, mon dernier article sur Bijoux et Pierres Précieuses, j'ai consacré l'article le plus long ayant existé à propos de cette Maison :





1930...mais auparavant :
« En 1800, le futur empereur qui n’est encore que premier consul, est de passage à Besançon. À cette occasion, un artisan horloger lui offre une montre au nom du consistoire israélite dont il est le président. C’est un personnage de roman qui porte calotte de velours et barbe abondante. (…) Lorsqu’il n’était pas penché sur ses montres, la loupe à l’œil, parcourait la plaine alsacienne, réparant les pendules ou vendant sa propre fabrication, mi-colporteur, mi-médecin d’horloges. L’hiver, il regagne son village, son atelier, son établi et prépare la saison suivante. (…). Mais notre homme, lui, restera fidèle à sa Franche-Comté natale. Il porte un nom qui, amputé de sa seconde syllabe, est aujourd’hui le plus populaire de l’industrie horlogère. (…) Il est l’ancêtre de tous les LIP qui, d’une petite entreprise de quinze personnes installées en 1868 par Emmanuel Lipmann dans la Grande Rue à Besançon, firent la plus puissante des manufactures françaises. »Éliane Maingot, La mesure du temps, montres et horloges

En 1867, Emmanuel Lipmann (1844-1913) fonde à 23 ans un atelier d’établissage dans la Grande Rue de Besançon sous l’enseigne « Comptoir Lipmann ». Ses deux fils, Ernest et Camille, reprendront par la suite l’atelier qui devient, en 1893, la « Société anonyme d’horlogerie Lipmann Frères ».
En 1931, la société devient « Lip S.A. d’Horlogerie »
Le poinçon de Maître est dans un losange vertical le nom LIP et au-dessous deux aiguilles de montres.

On se souviendra du conflit chez LIP ou un certain PIAGET n'avait rien à voir avec la célèbre marque de Montres "Piaget"


Pour la première fois de l'histoire, dans une entreprise, une « autogestion » prenant forme lorsque les ouvriers grévistes travaillent à leur propre compte et produisent des montres dans leurs usines, avant de les écouler lors de « ventes sauvages » 


Cette maison existait depuis longtemps d'après sa publicité, successeur de Schwister qui etait déja là,  dans les années 1850 avec un poinçon dont le symbole était une girafe :


Insculpation du poinçon en 1910, une branche de corail et les lettres M.B. puis Marius Macpherson 1923. Médaille d'Or à l'exposition de Londres en 1908

 orfèvre
auteurMacpherson, Marius
patronyme(s)Macpherson
prénom (état civil)Marius
professionFabricant bijoutier
initialesM.M.
symbolesune branche de corail
n° de garantie3880
n° de préfecture17033
date d'insculpation14 mars 1923
lieu(x) d'activité75
 Paris
adresse de l'atelier75 rue Turbigo


Publicité dans l'Officiel de 1930 de la maison Mauboussin


1930:Georges Mauboussin et Marcel Goulet-Mauboussin sont aux commandes, le poinçon de maître a pour symbole un buisson et les lettres G.M.  je lui ai consacré un article : 
https://www.richardjeanjacques.com/search?q=Mauboussin



Charles Murat avait fondé en 1850, sa première affaire à Saint Martin de Valamas dans l'Ardèche.
 En 1884 Charles voulant devenir Sénateur, confie sa maison, en société, à Georges Legros qui fondera sa maison en 1897 qui deviendra Bijoux G.L.
Charles reprend l'activité et insculpe de nouveaux poinçons losange et carré.


Le poinçon de Charles Une Mure avec deux feuilles et les lettres C.M.
Il obtint aussi un deuxième poinçon losange :  symbole une feuille de ronce et initiales C.M. Les récompenses vont s'enchainer a toutes les expositions universelles



Israel indique qu'il fabrique des bracelets en platine joaillerie riche, mais je n'ai pu trouver de poinçon à son nom, il était plus indiqué comme vendeur de montres en gros


J'ai écrit un article sur Gerson Niederman et sa fin tragique a Auschwitz. Sa femme après la guerre au prix de grandes difficultés reprendra l'affaire.

Niederman

Le poinçon de Niederman:  symbole : une fleche et les initiales G.N.


Publicité Omega dans l 'Azur mais aussi ci-dessous dans la revue Vogue en 1930


C'est Louis Brandt qui fonde cette maison en 1874 avec plusieurs marques dans son escarcelle, HELEVETIAN, JURA, PATRIA, CELTIC, LABRADOR, et aussi Audemars Piguet en 1875. Son neveu Paul Emile reprend l'affaire en 1903, un demi-siècle après Paul Emile fusionne avec la marque TISSOT. Fabriquait en Suisse et importait en France



Auguste Paillette qui avait fondé sa maison au 109 boulevard Beaumarchais le 15 avril 1924
Auguste Paillette était né à Rouen en 1891.
Cette même année 1924, Auguste s'installe au 1 rue saint Georges, à Paris


C'est en 1925 qu'il crée la société A&P Paillette & Cie, il reprend la maison Bourdier, voir mon article sur Paillette dans : https://www.richardjeanjacques.com/search?q=Paillette


De Lucien Pery à Van Cleef &Arpels   Lucien Pery était "gantier" Publicité de 1930.
Il devient bijoutier en 1877 64 rue du temple, C'est en 1910 qu'il s'associe avec Louis Carré pour créer Carré et Pery jusqu'en mars 1920, puis en 1927 il s'associe avec son fils Albert puis c'est au tour de Bernard Péry en 1955, sa fille vient aider le père et en 1975 Brigitte Péry est aux commandes.
Bien avant la guerre la maison Van Cleef & Arpels travaillait avec Pery,  Albert Pery rendit grand service à VCA en cachant au pied d'un arbre de son jardin, un stock de 10 kgs d'or . Il restitua cet or apres la guerre à Claude Arpels La maison VCA les tiendra en grande estime et finalement c'est en 2012 que Péry & Cie est reprise par Van Cleef & Arpels.
J'aurais aimé écrire l'histoire de cette maison 


J'ai eu le plaisir de la rencontrer chez elle, près de la Madeleine, dans ce bureau chargé de souvenirs.


J'étais venu en compagnie d'amis chinois de Pékin qui créaient leur musée à la gloire de la joaillerie dans lequel les français tiennent une place très importante :http://en.eastlangkun.com/Treasure



1930 Fabriquer des chaines d'huissiers en or était une bonne rente, et Gaston Potiron était à la fois fabricant et travaillait à façon au 34 rue de richelieu, il avait fait insculper son poinçon en 1920 un losange horizontal symbole un Potiron et les initiales  G.P.


C'est Janvier Quercia qui créera cette maison en 1899, il fabriquait de l'orfèvrerie, de la bijouterie, avec émaux, de la médaille puis en 1929, il crée la "maison du Briquet" il sera remplacé par son fils Marcel en 1936 le poinçon, une feuille de chêne et les initiales J.Q. 


René Robert en 1930 le design de l'affiche est bien d'époque. Je l'ai découvert il y a quelques années au cours de mes recherches sur Van Cleef& Arpels. Une belle carrière avant de tomber dans l'oubli.
Renée Rachel Puissant Van Cleef, la patronne de VCA depuis la mort de son père Alfred Van Cleef s'était séparée au début de la guerre 39/45 de son dessinateur fétiche, Rene Lacaze.
Renée Rachel anticipa l'aryanisation de la maison en vendant au comte de Leséleuc et elle dût quitter son entreprise. Il fallait déjudaïser Van Cleef et Arpels et l'administrateur de biens juifs René Bry engagea René Robert comme directeur artistique et chef d'atelier


Quelle publicité!!! Joseph Franconeri fabriquait de la "joaillerie indigène" 


Il en vendait beaucoup à la métropole. Son poinçon était insculpé à Alger : Un ressort de montre et les initiales M.F.


En 1930, ils fabriquaient des modèles extraordinaires pour Lacloche, Van Cleef, Ostertag, etc.
Leur maison a été créée en 1915 par Jean et Robert RUBEN. Ils étaient arrivés avec leur famille d'origine hongroise. Maison tellement importante que je leur ai déjà consacré un article : 

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En 1930 Sirakian travaillait déjà pour Van Cleef & Arpels, je crois que la maison avait été fondée par Carlo Zanen Sirakian, né à 1884 à Constantinople




Paul Solinski spécialiste de la chevalière massive ou estampée, il créa sa société en 1927 son poinçon, Une étoile à cinq branches et deux points avec comme initiales, P.S.
Comme beaucoup d'autres il fut radié de la garantie et du registre des métiers en 1943, mais bien avant sa maison avait été aryanisée par un administrateur provisoire nommé par les allemands, Mr Carette.


Dans cet article de 1932  Solinski habite au 7 rue de Paradis, il ira ensuite 56 rue chapon puis en 1935 au 26 rue des Gravilliers .
Je l'ai retrouvé dans l'Azur de 1948, il était revenu dans nos métiers.



Mais aussi la marque CYMA





1930 Publicité de Raymond Templier



Les établissements Georges Meyer dont bientôt la marque sera UTINAM, puis UTI
Son premier poinçon en 1911 : deux marteaux croisés et les initiales G.M.
Georges Meyer créera des modèles pour René Boivin et Lacloche,


Mes parents furent de bons clients de Mr Mayer que j 'ai connu lors de ses visites à Rouen


Publicité de Leon Vaguer , mais en 1930 c'est Maurice Vaguer et fils, qui lui ont succédé. Le poinçon un croissant au-dessus du nom et les initiales.

 orfèvre
auteurVaguer, Maurice
patronyme(s)Vaguer
prénom (état civil)Maurice
professionFabricant bijoutier
initialesM.Vaguer.
symbolesun croissant au-dessous du nom
n° de garantieC1891
n° de préfecture14029
date d'insculpation2 mars 1912
date de biffage20 avril 1961
lieu(x) d'activité75
 Paris
adresse de l'atelier41 rue Etienne-Marcel

Je leur ai consacré un long article
https://www.richardjeanjacques.com/2018/11/les-freres-vaguer-une-vie-de-joaillier.html




Une publicité Van Cleef & Arpels de 1930


C'était la mode du Touch Wood et cette montre Van Cleef & Arpels est de 1930


Tous les grands joaillier commerçants ont vendu du Verger, Verger Freres c'est à dire Georges et Henri Verger ont repris l'affaire de Fernand Verger en 1921 et en 1935 ce sera Verger Fils


La Veuve Legendre, veuve de Charles Legendre qui avait lui-même succédé à Ernest Legendre le poinçon avait été insculpé en 1911. 1930 Charles meurt, sa veuve reprend l'affaire et fait biffer son poinçon, mais a le même symbole un face à main ouvert, et les lettres Vve L.C.
Elle fabriquait aussi des couverts, de la coutellerie, des timbales, ronds de serviettes etc etc .

Un complément, une critique, écrivez moi a richard.jeanjacques@gmail.com!


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